« Trafic de drogues. Comment la douane déjoue-t-elle les nouvelles stratégies des trafiquants ? ».

Publié: 6 octobre 2014 par Marc Fievet dans DNRED, Douane française
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dnredLa troisième édition de ce rendez-vous, qui s’est tenu devant une enceinte pluridisciplinaire de plus de 80 invités, a été consacrée à un exposé assuré par Erwan Guilmin  (interview video en bas de page), directeur en charge de la Direction des opérations douanières (DOD). La DOD, qui relève de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), est spécialisée dans la lutte contre les grands réseaux internationaux de fraude.

En introduction à l’exposé, Danièle Jourdain Menninger, présidente de la MILDECA, a rappelé le principe des Rencontres, qui est de permettre la diffusion et le partage des connaissances sur différents sujets de société liés aux drogues et aux conduites addictives entre les partenaires de la MILDECA provenant d’horizons professionnels variés, et leur lien thématique avec le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017.

L’intervention assurée par Erwan Guilmin relève précisément de l’une des grandes priorités affichées dans le plan gouvernemental : renforcer la sécurité, la tranquillité et la santé publiques au niveau national et international en luttant contre les trafics et contre toutes les formes de délinquance liées aux consommations de substances psychoactives.

L’exposé d’Erwan Guilmin a plus spécifiquement porté sur l’action de la douane française en matière de lutte contre les nouvelles formes de trafics de drogues. En collaboration avec les autres services concernés (police, gendarmerie…), cette action a pour finalité de lutter contre les grands trafics, en saisissant les drogues, en appréhendant les trafiquants, en remontant les filières, puis en transmettant l’ensemble de ces éléments aux services judiciaires.

L’intensité des trafics peut être appréciée au regard des quantités saisies. Parmi les faits marquants, les résultats de la douane en 2013 (en tenant compte des saisies réalisées par des services étrangers sur information de la douane française) montrent une augmentation des saisies de l’ordre de 260% pour le cannabis, de 57% pour la cocaïne, de plus de 900% pour le khat et de 16% pour le tabac de contrebande.

La présentation d’Erwan Guilmin a permis d’illustrer les évolutions de la logistique des organisations criminelles qui tirent profit de l’intensification des échanges commerciaux, propice à la dissimulation de flux illicites, et diversifient leurs modes d’acheminement.

Le vecteur routier est ainsi exploité dans toute sa diversité pour l’acheminement des drogues : si les véhicules légers et les go fast continuent d’être employés couramment, l’une des évolutions notables consiste en la dissimulation de grosses quantités dans du fret commercial, comme l’illustre la saisie douanière de 6,8 tonnes de résine de cannabis effectuée par les douaniers du Perthus en 2013 dans un semi-remorque en provenance d’Espagne.

Le vecteur maritime, que ce soit dans le fret ou la plaisance, est également mobilisé de façon croissante par les trafiquants. Ce mode d’acheminement présente l’avantage pour les organisations criminelles de pouvoir convoyer des volumes importants. L’efficacité de la lutte contre le trafic en mer requiert une coopération internationale des services concernés. De nombreuses saisies d’envergure ont ainsi été réalisées, ces dernières années, par des services étrangers sur information ou repérage préalable de la douane française, comme l’arraisonnement en Méditerranée d’un navire tanzanien chargé de 20 tonnes de résine de cannabis en 2013.

Les organisations criminelles exploitent également toutes les opportunités qu’offrent les vecteurs du commerce moderne, à l’instar d’Internet. Le trafic de médicaments s’est ainsi développé sur la toile de façon significative au cours de la période récente. Erwan Guilmin a rappelé, à ce titre, que la moitié des médicaments vendus sur Internet est contrefaite.

M. Guilmin a conclu en montrant que les méthodes d’investigation des services douaniers évoluent constamment afin de faire face à la sophistication croissante des moyens de dissimulation employés par les trafiquants, et au recours permanent à de nouvelles modalités d’acheminement des drogues.

Ces évolutions portées par la douane s’inscrivent en pleine cohérence avec l’approche équilibrée que vise à promouvoir le plan gouvernemental en matière de lutte contre les drogues, articulée autour du continuum réduction de l’offre / réduction de la demande

SOURCE: http://www.douane.gouv.fr/articles/a12202-drogues-comment-la-douane-dejoue-les-nouvelles-strategies-des-trafiquants

Les missions de la douane, Erwan GUILMIN

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