Coke en stock (LXXIV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie ( part 2)

Publié: 17 novembre 2014 par Marc Fievet dans NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS
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Coke en stock (LXXIV) : la CIA, l’héroïne … et l’Australie (2)par morice
lundi 17 novembre 2014

Si la première surprise de cette longue enquête a été constituée par le type même d’avion saisi, et sa provenance originelle, une deuxième nous attendait avec la personnalité d’un de ses deux pilotes. Car contrairement à ce qu’on avait pu apprendre dans les premières heures de son arrivée, le petit Swearingen ayant traversé le Pacifique ne l’avait pas fait avec le pilote déclaré à son arrivée en Australie. Mais avec un autre lascar, dont la personnalité se révélait plus que surprenante…

Un trajet assez étonnant

Notre si reconnaissable Swearingen provenait du même lot d’avions destinés à devenir « invisibles » ou d’être repeints en gris neutre pour les C-130, sans aucun signe distinctif extérieur, comme j’ai pu vous le dire dans un article précédent . Des avions destinés aux opérations « discrètes » de la CIA !!! D’où les suspicions légitimes le concernant sur ses liens avec la CIA, dès son apparition en Australie, sur ce petit aérodrome peu connu. Un avion discret, lui aussi, que ce Merlin IIIA, qui, selon le journal australien (voir plan du trajet ci-desssus), avait fait un drôle de périple avant de rejoindre l’Australie : parti de Punta Gorda en Floride, via le Missouri et le Texas, puis la Californie (avec un arrêt à Tracy) et l’état de Washington, et l’Alaska (faisant un arrêt à Cold Bay, « un village de 108 habitants, un seul magasin et un hôtel et une seule piste d’atterrissage », note le journal), en volant ensuite vers Hawaii (à Hilo), les îles Marshall, Guam et les Philippines avant de longer la côte Est de l’Australie ! Le journal découvrant autre chose encore, de beaucoup plus intéressant à propos du mystérieux avion : l’Aero Club de l’Oregon (Oregonian Aeroclub LLC) où il était censé être inscrit n’existe même pas dans l’Etat d’Oregon, il n’a aucun site web, et pas davantage de contact !!! Le pilote, Bernard Stevermuer (ici à droite se rendant au tribunal), avait pourtant laissé cela comme adresse, dans sa fiche de pilote. L’homme, instructeur de parachutisme de 43 ans aurait acheté 400 000 dollars australiens l’appareil et l’aurait rapatrié lui-même de Floride( du moins c’est ce qu’on pensait). Il existe bien un Oregon Flying Club, mais il ne connaît pas l’appareil : les rédacteurs du journal australien l’ont contacté et on leur a répondu par la négative ! Tout cela en affichant pourtant une adresse, une simple boîte postale fictive, à l’évidence, située à Wilmington, dans le Delaware ! Un avion inscrit de nul part qui aurait fait un périple pareil (durant deux mois de vols en sauts de puce, sauf vers le centre du Pacifique !), mais pour quelle raison précise ? Le pilote, en tout cas, avait de l’argent sur lui (beaucoup d’argent) : « il souhaitait en effet démarrer une activité sur l’aéroport », en allongeant d’emblée 1,5 million avait-il dit à la police, étonnée de la somme, dont il aurait réglé la première traite avec 300 000 dollars en liquide. D’autres billets auraient été découverts dans sa voiture. Selon la police australienne, deux sociétés avaient financé son avion : Mortgage Kingdom et Five Dock. Inconnues au bataillon, elles aussi. La seconde est le nom d’une banlieue de Sydney ! Comme complice australiens, on lui a vite trouvé un joueur de poker Darren Rispen, surnommé « Buzz », et Yousseff Sammak, dit « Joey », un artisan décorateur de magasin en avec son entreprise « JB Shopfitters »… deux trafiquants de bien faible envergure pour s’allier à un tel trafic, manipulant une telle…billetterie.

Et un pilote qui l’est tout autant…

Rebondissement le 10 juillet ; lors de l’interrogatoire de Stevermuer, ce dernier avouait ne pas avoir fait le périple annoncé, et simplement s’être rendu aux Philippines pour chercher l’avion. Selon lui, c’est David Baddams, présenté comme le pilote de la société « Snow Goose International », qui avait traversé le Pacifique jusqu’aux Philippines et non lui. à bord du Swearingen. Une série d’échanges retrouvés sur Facebook confirmait rapidement les faits. Or selon le propre site de Snow Goose, « Baddams est un ancien pilote de la Navy possédant 40 ans d’expérience, dont celle du Sea Harrier, du BAE Hawk (deux avions anglais et non américaines) et du Douglas A4 Skyhawk ». Une société jeune, très jeune, puisque créée en 2013 et dont le seul pilote était… Baddams. Etrange société ! Sur le site annonçant le convoyage du Swearingen, on pouvait lire cette phrase particulière : « from departing Seattle to Guam, the aircraft was monitored by United States Air Traffic and then by Philippines Air Traffic into Clarke Field. At all times the aircraft flights were planned and approved by the appropriate authorities. Communication was always maintained by HF radio in accordance with international requirements », pour attester du vol dans les règles de l’appareil… et en disculper complètement le convoyeur. Rien en revanche sur l’autre rôle oublié par David Baddams, en fait le directeur des ventes pour Britten Norman-Pty Ltd, installé à Daedalus Airfield, Lee-on-the-Solent, dans l’Hampshire, qui avait annoncé il y a quelque temps la vente d’Islander à turbines « pour un nouveau client situé dans la région Asie-Pacifique », avec des avions construits désormais en… Roumanie. Rien non plus sur le résultat d »une plainte déposée par David Baddams et jugée le 8 avril 2013 sur un litige concernant un équipement de surveillance à bord d’un Britten-Norman de surveillance aérienne équipé par Airborne Australia Pty Limited de façon inadéquate, dont Baddams avait demandé le retrait. Et rien non plus de la part de la presse si peu inquisitrice pour retrouver sur le net la mise en vente d’une tourelle MX-15 HDi, ancien appareil de démonstration de chez L3 Wescam, rédigée à son nom !!!! Car l’engin vaut une fortune (ici elle équipe un AT-6 Hawker Beechraft de l’armée américaine, vu à Farnborough…et là elle est accrochée sous le MC-27J « Gunship » Praetorian…). A peine si on avait noté encore que le site internet cité par l’auteur de l’offre présentait une adresse fort particulière : c’est « Airborne Surveillance (US) Inc », dont l’adresse est à Coral Gables, dont on sait que c’est depuis toujours le fief… de la CIA !!!

Un pilote militaire et commandant d’escadrille de guerre !

Baddams, aujourd’hui paisible (?) retraité, n’a rien d’un dilettante : il a été en effet commandant de guerre d’une escadrille de Harrier, comme s’en souvient un de ces pilotes dans le magazine Classic Aircraft, lors du retrait de l’avion VTOL mythique (ça sert d’avoir des archives, voyez) :… « Pour un pilote, c’était presque le rêve ultime », dit Chris de sa première tournée avec l’escadrille 800, au début de ce qui était censé avoir lieu un déploiement aux Etats-Unis. « À la fin de 1998, Dave Baddams était notre commandant, lorsque nous sommes allés lors d’une soirée au restaurant avec les nouveaux pilotes. C’est quand alors l’Irak apparaissait dans les zones d’exclusion aérienne. Il nous a dit :« Hé, ne vous souciez pas de ce que vous entendez dans la presse, nous allons encore en Amérique, et puis le lendemain, il s’est avéré que le secrétaire à la Défense s’est levé au parlement et a envoyé le navire vers le sud » . Voilà un commandant qui était bien au courant de ce que les politiciens lui avaient promis de faire mais se gardait bien de le dire à ses hommes ! Histoire de les ménager ? « Nous souhaitions tous aller à gauche, vers l’Irak, plutôt qu’à droite, vers l’Amérique. ……. « Le navire était là pour faire un travail. Pour fournir la puissance de l’air de la mer et sur la terre, nous avons monté à bord, et pendant les deux ou trois premiers mois, nous étions a fond en train de délivrer une puissance aérienne sur place. Au cas où, nous emportions un couple de missiles air-air AMRAAM (Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile). Nous nous sommes entraînés avec l’escadron pendant que nous nous dirigions vers l’Irak, en développant les tactiques que nous utiliserions là-bas, nous avons terminé en mars 1999, et sur ​​le chemin du retour la guerre du Kosovo a débuté . Comme nous sommes revenus à travers le canal de Suez, nous avons tournés à droite plutôt qu’à gauche. Tout le monde dit qu’ils se souvient de leur première tournée, mais pour moi, c’était était juste une grande période de six mois, tous à bord du navire [c’était l’Invincible]. ……. « [Au Kosovo] nous devions travailler notre façon de faire, d’abord au cours de sorties de nuit en partant du navire. (…) Lorsque nous sommes finalement davantage sortis pendant la journée, c’était très pratique d’aller jusqu’au dessus de Skopje et de voler vers un camion-citerne de temps en temps pour obtenir le plein d’essence (…). …… Nous opérions généralement dans la zone de 30 000 à 40 000 pieds – et ça tapait quand quand on atteignait juste en dessous des 40, mais avec un couple de missiles AMRAAM emportés, on pouvait quitter le navire sans être inquiété à 35 000 pieds (…)  » Une seule photo résume le personnage : elle est légendée ainsi… « le capitaine David Baddams sur le point d’être catapulté avec un chargement complet de missiles AMRAAM « live ». « Ce fut la seule fois que l’avion a été lancé avec cette charge et, malgré ce que des rumeurs avaient pu propager il n’y a pas eu de problèmes avec la capacité « bring-back » (de retourner à pleine charge) malgré des températures ambiantes élevées »… et c’est cet homme qui est venu livrer… le petit bimoteur suspect !!! Voilà un bien étrange retraité des deux Navy qui apparaît sur scène !

Un pilote étonnant, très lié à l’armée anglaise et australienne

Pas plus sur un rapport dithyrambique signé Baddams encore sur l’achat de F-35 par l’Australie, comme appareils pouvant utiliser sans problèmes les « Canberra-class LHD »… Sur Prune, qui semblait ne pas avoir flairé l’oiseau, on découvrait alors que notre homme avait bien été effectivement un pilote de la Navy australienne jusque 1984 (il avait dû s’éjecter à 21 ans d’un Skyhawk du VF805 Squadron (N°13-154906 -A4G 885), le 21 octobre 1980, après que son sabot de catapulte (*) se soit mal engagé sous son train avant, sur le pont du Melbourne – la séquence avait été filmée- **) date à laquelle il était passé sur la Navy anglaise, et qu’il avait commandé ensuite le Naval Air Squadron 800 anglais (démobilisé en 2004) sur de multiples fronts, notamment en Irak, à partir de l’Invincible et sur le Golfe, ainsi qu’au Kosovo… avant de former au Hawk Production Flight Test la plupart des 33 moniteurs de BAE Hawk, ou bien qu’il avait en août dernier encore servi de soutien logistique aérien au Nuship Landing Helicopter Dock (LHD) Canberra durant ses essais dans le port de Philippe Bay… Bref, un ancien militaire resté bien proche de ces derniers, aux talents multiples, taxé de « Top Gun-type fighter pilot extraordinaire » dans Prune, et encore très lié à l’armée et la marine, visiblement… Top Gun ? Oui, car c’est comme ça aussi que s’intitule l’organisation australienne regroupant des « as » pour faire découvrir le monde du jet à des civils novices, à bord d’un L-39, d’un bon vieux Jet Provost MK5 ou d’un CJ6A Nanchang, le pendant chinois du Yak 52 d’acrobatie (secousses assurées !). Avec au milieu de nos vétérans notre livreur de Swearingen, un peu plus bedonnant… pour 595 dollars, la sortie la moins chère… (en Nanchang bien sûr !). C’est un grand fan de l’aviation anglaise, en effet : il a été le premier le 23 octobre 1996, par exemple, à faire revoler pendant 58 minutes une belle restoration de British Aerospace d’un des premiers chasseurs embarqués à réaction anglais, construit en 1954, le superbe Sea Hawk WV908… avant de le voir repartir à Yeovilton. Drôle de pilote, donc, pour un drôle d’avion !!!

Car c’est ce vétéran confirmé, sinon un as, qui aurait servi de convoyeur pour un avion si petit, grâce à une société d’un seul membre actif (et une secrétaire)… spécialement créée pour l’occasion ? Etrange choix ! Avec ce pilote hors pair venu livrer aux Philippines un tel avion, on changeait déjà de catégorie là : qui aurait pu, dans un cartel de trafiquants, convaincre un tel pilote de venir livrer un tel avion âgé et délicat à piloter (il a été l’objet de plusieurs crashs dus à sa « susceptibilité » de vol)… alors qu’il avait encore des liens évidents avec l’armée ou la police ??? Et de le faire livrer là-bas et non en Australie même, n’était-ce pas pour lui éviter de graves ennuis s’il se faisait prendre au pays des Kangourous ? La drogue, avait-elle été chargée avant, ou après son arrivée aux Philippines ? Non décidément, cela ne semblait pas être une banale saisie de drogue, l’arrivée de ce petit bimoteur en terre australienne !

Comme lieu de transit (idéal !), un ancien aérodrome militaire US abandonné

Une enquête plus poussée sur le lieu d’atterrissage de l’ineffable Baddams nous donne une piste supplémentaire très intéressante. L’aéroport cité par le journal local comme étant celui « d »Angeles » aux Philippines, pose en effet, lui aussi, sacrément question, comme étant la dernière étape avant l’Australie. Car ce n’est autre en réalité que le Diosdado Macapagal International Airport, l’aéroport alternatif au Ninoy Aquino International Airport de Manille. Et c’est un aéroport civil un peu spécial, car il utilise en fait les terrains de l’anciennne Clark Airbase de l’US Airforce, hébergeant durant la guerre du Viet-Nam les Phantoms du 405th Fighter Wing, fermée en 1991, en raison de l’éruption du Mount Pinatubo (ici à droite les cendres la recouvrant), et aujourd’hui le seul aéroport philippin utilisant deux pistes parallèles. Une base militaire historique, installée pendant la seconde guerre mondiale, déjà. En 1973, la même base hébergeait deux squadrons de C-130E de les 21st Tactical Airlift Squadron et 776th Tactical Airlift Squadron (ici un énorme Galaxy venu se poser sur la base). La base, très peuplée (15 000 personnes !) étrangement, hébergeait aussi un club fermé de membres de la société des Chevaliers de Columbus… on ne peut plus réactionnaires. Autre particularité du site : située dans un creux, on ne distingue alentour que la queue des appareils les plus imposants s’y posant. Une discrétion à utiliser pour les modèles plus petits… comme celui venu de Floride ! (ici la visite guidée des vestiges de l’ancienne base militaire, un lieu idéal pour y dissimuler un trafic avec ces bâtisses abandonnées envahies par la jungle !). On trouve aussi sur place de vieilles bestioles volantes elles aussi abandonnées, ou en décrépitude, tels le 727-200 de Magestic (RP-C7110, ex Braniff), une firme américaine (on voit atterrir ici à Clark et ici en décoller le 21249, ex Express.net) et le 737-200 d’Air Philippines (RP-C8007). Parmi de véritables épaves, on remarquera surtout le B727-23F (RP-C5353) de Pacific East Asia Cargo, un Boeing sous numéro de fabrication 19131, qui présente un superbe curriculum, avec pas moins de 33 enregistrements différents depuis 1966, dont la fameuse « Wilmington Trust Company », en 1995, devenu le ZS-NPX de Phoenix Airways et Safair (toutes deux d’Afrique du Sud) la même année. Or la Wilmington Trust Company, avait justement acheté le Gulfstream V immatriculé N126CH, un avion de rendition (sous les labels N379P, N8068V et N44982), le 18 août 2006, pour le revendre sous l’immatriculation VH-CCC chez Crown, à Melbourne… la firme étant un paravent complet de la CIA !

Une deuxième base US à proximité

Mais il y avait autre chose, sur cette gigantesque base. Dans les clubs et bars autour, une prostitution tout aussi gigantesque et son corollaire habituel : le trafic de drogue, l’héroïne étant la plus répandue. La base ressemblait plus à un lupanar qu’à autre chose, au point qu’en 2010, une fois les militaires partis, il fallu songer à un programme d’aide à la reconversion des malheureuses filles qui vendaient leurs charmes (pour 200 pesos soit 26 dollars la passe), appelé Renew Foundation. Au milieu de cela, de très jeunes filles, évoquant également jusqu’à une prostitution enfantine. Deux bases US étaient atteintes par le fléau : « Clark et Subic également servi pendant de longues années un symbole de la commercialisation des femmes philippines comme « artistes » et « filles de l’accueil  » – euphémismes pour la prostitution, comme beaucoup de femmes d’un certain nombre de régions défavorisées du pays qui ont été séduites, trompées ou attirées dans le glamour des villes axée sur les cultures étrangères qu’ont apportées les bases et installations américaines » note Catwap (Coalition Against Trafficking in Women). On ne saurait mieux décrire l’endroit ! Dénonçant aussi, par la même occasion la présence d’une deuxième base, sous-marine celle-là, celle de Subic, qui connaissait les mêmes turpitudes.

Une deuxième base toute proche, elle aussi investie par la CIA

Subic était devenue une base Clark-bis en réalité, à partir de 1991 : « la CIA a perdu son énorme installation de télécommunication à la base aérienne Clark – la station de radio et relais régional lorsque le Sénat philippin a rejeté le 16 septembre 1991, la base du traité proposé pour son renouvellement. Avant 1970, déjà, selon un ancien agent de la CIA, la tentaculaire base navale de Subic a été le site du groupe « Opérations Chine »de la CIA et l’agence a même construit 100 maisons modernes et coûteuses, un grand immeuble de bureaux de deux étages et un grand entrepôt à Subic Bay « . (Smith, 1976) « Une ancien officier de la CIA, Janine Brookner, qui était en poste à Manille a décrit la ville de la capitale des Philippines comme « un lieu terrible » pour les agents de la CIA qui passaient beaucoup de temps dans les bars, les spectacles érotiques et les maisons closes. Ce fut parce que, selon elle, la procédure standard pour de recrutement d’objectifs de la CIA était « mettez les saoul, faites les baiser, et ensuite enrôlez-les à l’Agence (…) « Vous prenez soin d’eux », rappelle Brookner, « et ils vous racontent leurs peurs et les cauchemars … Je suis sympa avec les personnes tombées spus ma dépendance ». En fait, ses objectifs, en particulier les responsables du gouvernement philippin de haut rang, elle leur avait souvent fait des avances. » (Starobin, 1997).

Subic, située à quelques encâblures de là

Or à Subic bay, en 2006, les responsables de la ville, du Subic Bay Metropolitan Authority, avait été joint par Gary Jackson, alors le président de… Blackwater, qui désirait y installer une base pour ces mercenaires, une installation au nom de Satelles Solutions Inc, groupe philippin formé pour l’occasion par une subdivsion de Greystone, elle-même société dans le giron de Blackwater. Selon les documents d’enregistrement de Satelles, Greystone Ltd devait contrôler la société avec un total de 10,4 millions en actions souscrites. Chez le reste des actionnaires, ceux qui avaient souscrit des actions sont Mary Grace Agoncillo, Frances Yuyucheng, Clarisse Oben-Evangelista, Romeo Redelicia et Ramberto Saavedra. Un total de 294 000 dollars devaient été recueillis auprès de la société pour la location de la propriété. La société s’était engagée à investir 200 000 dollars et prévoit d’embaucher 20 employés initialement. Selon le SBMA, la société serait d’utiliser un champ de tir existant à l’intérieur du Freeport temporairement jusqu’à ce qu’elle se trouve un endroit approprié ». Mais en 2007, le Virginian Pilot indiquait que la controverse avait forcé Blackwater à abandonner ses plans pour Subic Bay : « Les plans de la société militaire privée basée à NC Moyock, pour ouvrir une branche asiatique aux Philippines ont été mis au rebut …« Nous ne poursuivons plus une installation aux Philippines, a dit Anne Tyrrell, un porte-parole de l’entreprise. Les plans de l’entreprise pour un centre de formation jungle des compétences de survie sur le site de l’ancienne base navale américaine de Subic Bay ont suscité des craintes, suite à une enquête d’un membre éminent du Sénat philippin l’été dernier ».

De bien étranges investisseurs

A noter que parmi ceux prêts à investir figurait pourtant un général, Ramberto Saavedra, des forces armées des Philippines. Mais aussi Romeo Redelicia, le directeur de Yes International Resources Ltd, (à droite une annonce de Yes Cameroun) une compagnie de recrutement de travailleurs installé à Winnipeg, aux USA. Chose surprenante, on retrouve également notre homme comme « consul général » de l’étrange « dominion du Melchizedek »… « une micronation créée en 1986 par Evan David Pedley et son fils Mark Logan Pedley afin de favoriser à grande échelle le blanchiment d’argent » nous apprend Wikipedia ! Une escroquerie caractérisée, qui perdure depuis… 1995 au moins ! Le schéma de fonctionnement étant du type Ponzi, dûment démontré et dénoncé dès 1998 par la Securities and Exchange Commission américaine. Que venait faire cet investisseur dans cette galère ? Dans le groupe de partenaires de Blackwater, on trouvait pourtant une spécialiste des investissements, Frances T. Yuyucheng, de chez Romulo, une société philippine regroupant pas moins de 90 avocats d’affaires ! Que peut-il donc y avoir autant de pourri, à ce point, au royaume des Philippines, à ne pas s’apercevoir à ce point de ce qu’on préparait à Subic Bay ? Jackson sera poursuivi et condamné en 2013 à plusieurs mois de probation et une amende de 5000 dollars pour violation de la législation sur les armes, une peine bien allégée par rapport à ce qui avait été annoncé auparavant. Le cas avait été exemplaire… pour démontrer les liens étroits unissant Blacckwater à la CIA : « mais dans le cas enterré par la Cour fédérale, les avocats de la défense ont fait valoir que les accusés avaient acquis secrètement les armes au nom de la CIA, et ne devraient donc pas être poursuivis, pour avoir suivi les indications du gouvernement. La défense a présenté des témoignages d’anciens fonctionnaires de la CIA qui ont dit qu’ils savaient que Blackwater avait agi selon direction de l’agence, et ont déposé des requêtes en documents et des preuves du rôle de la CIA dans le deal d’armes effectué. Le ministère de la Justice a nié que le C.I.A. avait joué un rôle dans la direction des achats d’armes de Blackwater, et a cherché à bloquer la défense d’avoir accès aux fichiers de la CIA ».. révélait le 21 février 2013 le New-York Times. Blackwater avait agi, et agi toujours, selon les ordres de la CIA. Aux Philippines, c’était donc bien un terrain d’entraînement de la CIA qui devait être établi à Subic Bay ! Déjà, en 1989, la presse l’avait annoncé : « aux Philippines, la CIA s’est trouvée une seconde maison »… cela devait conduire à une créature voisine de celle de Ben Laden, en la personne d’Abu Sayyaf… qui a fait depuis allégeance à l’Etat Islamique !

La révélation

Le 14 mars suivant, Erik Prince, l’ancien PDG de Blackwater, plutôt amer, vidait son sac devant la presse : « le travail de Blackwater a commencé avec la CIA lorsque nous avons fourni les instructeurs et les installations spécialisées dont l’Agence manquait », a dit Prince au reporter Eli Lake. « Dans les années qui ont suivi, la société est devenue une extension virtuelle de la CIA, parce qu’on nous a demandé maintes et maintes fois d’effectuer des missions dangereuses, que l’Agence, ne pouvait ou ne voulait pas effectuer en interne. »[La] CIA a couramment utilisé Blackwater pour des missions dans le monde entier, » expliquent les avocats de l’entreprise dans des documents de la défense. « Ces efforts ont été faits en vertu des contrats écrits et non écrits et au travers de demandes occasionnelles. À de nombreuses reprises, la CIA a payé Blackwater rien que pour son assistance. Blackwater a également utilisé et recruté des officiers et agents de la CIA et fourni une couverture aux officiers et agents de la CIA opérant dans des missions secrètes et clandestines. À bien des égards, Blackwater, ou dans certaines parties de Blackwater, étaient une extension de la CIA ». Au moins, désormais c’était clair. Blackwater n’était que le bras armé de la CIA !

Des tueurs recrutés

Parmi les choses que ne voulait plus faire la CIA… il y avait ce qu’avait dénoncé la commission Church : des assassinats. Selon « The Terrifying Background of the Man Who Ran a CIA Assassination Unit »de Conor Friedersdorf (2012) « l’implication présumée d’un enquêteur fédéral, Enrique Prado dans sept meurtres, lorsqu’il il était en charge de meurtres secrets confiés à une société privée. C’était l’un des plus grands secrets de l’ère post-11 Septembre : peu de temps après les attentats, le président Bush a donné la permission à la CIA de créer une unité d’assassinat top secrète pour trouver et tuer des agents d’Al-Qaïda. Le programme a été maintenu par le Congrès pendant sept ans. Leon Panetta et le législateur on en a parlé en 2009, et ont révélé que la CIA a engagé la société de sécurité privée Blackwater pour aider à l’exécuter. « Le mouvement a été historique », dit Evan Wright, journaliste du National Magazine Award Qui a écrit « la série Generation Kill ». Il semble avoir marqué la première fois que le gouvernement des États-Unis a confié un service d’assassinat secret à une entreprise privée ». Sachant comment la CIA avait financé les mêmes activités en Amérique du Sud, pendant des décennies, ça devenait un peu plus clair, alors, de trouver de l’héroïne à cet endroit…

(*) les catapultes montées sur les porte-avions australiens étaient plus courtes que les américaines, et ne faisaient que 28 m de long. Pour y remédier, on avait ajouté un peu de pression de vapeur, mais le décollage y demeurait plus risqué que sur les porte-avions US.

(**) et amplement documentée, comme ici sur cinq pages (?) dans le magazine de la Navy australienne sous le titre « The rescue of SBLT David Baddams « , vue d’un Wessex Mk 31B de sauvetage .

SOURCE: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxiv-la-cia-l-158784

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