Archives de 25 décembre 2014

Banques et cocaïne : là aussi j’avais raison

Amusant parfois de voir la presse tradtionnelle tomber des nues, et même parfois aussi les sites d’information classiques. Lors de la capture du narcotrafiquant « El Chapo » (Joaquim Guzman Loera), espérée depuis longtemps (c’est un des plus grands barons de la drogue qui avait réussi à s’échapper de prison il y a 13 ans) cette presse a enfin fait le lien entre les banques et son organisation mafieuse. C’est tout d’abord Rue89, qui le 22 février découvre que l’organisation tentaculaire du malfrat… en daignant (enfin) regarder le copieux rapport de la DIA, qui date alors déjà d’avril 2012. Puis c’est le Parisien, qui reprend le 26 le même dossier sous un titre phare : « 82 000 français piégés par « El Chapo« … qui repose sur le fait que le trafiquant de drogue, lié à des banques de blanchiment avait permis à ces dernières d’annoncer des profits records en peu de temps. Or, à bien regarder, tout cela je vous l’avais décrit en détail dans plusieurs articles ici… et j’étais même allé un peu plus loin, car aujourd’hui encore les journalistes auront été bien frileux… en n’allant pas enquêter plus loin que le bout de leur nez et en ignorant un homme inscrit dans une banque américaine et qui avait demandé de lui sortir de quoi acheter deux gros porteurs (d’occasion !) pour aller déverser en Afrique de l’Ouest des tonnes de cocaïne (à la suite d’un premier vol réussi de tri-réacteur bourré de coke). Retour sur une bonne nouvelle (la presse mainstream finit par informer, mais avec deux ans de retard) et une mauvaise (ce n’est pas pour autant qu’elle poursuit plus loin ses investigations, alors que tous les éléments sont devant son nez). Retour sur le mal actuel de la sur information mal digérée, ou de l’embouteillage des rédactions par des choses sans aucun intérêt…. personne n’a cherché à aller plus loin, encore une fois, alors que tout était là, visible, depuis des années…

Revenons tout d’abord sur les 82 000 personnes en France grugées … de gens qui, après avoir bavé devant des promesses d’investissement à rendu maximal viennent de s’apercevoir que derrière le baron de la drogue se cachait aussi un Madoff bis qui les a bernés. Des personnes qui ne retrouveront pas un copek de leurs mise de départ : « et pour cause, Evolution Market Group (EMG), la société offshore panaméenne qui gérait plusieurs de ces sites comme Finanzas Forex ou Crown Gold, travaillait pour le compte du cartel mexicain Sinaloa, dirigé par… Joaquin Guzman, le grand baron de la drogue mexicaine. Le cartel aurait ainsi blanchi près de 150 millions d’euros préalablement extorqués à de petits investisseurs désireux de se soustraire au fisc, donc peu enclins à porter plainte. Cette arnaque à échelle mondiale reposait sur le modèle de la « pyramide », utilisé notamment par l’homme d’affaires américain Bernard Madoff, condamné à 150 ans de prison en 2009. Selon ce montage financier frauduleux, les intérêts des plus gros investisseurs étaient honorés grâce à l’argent des nouveaux entrants, premières victimes en cas de tarissements des liquidités » écrit le journal, citant le cas d’une spéculatrice bernée…. fondatrice depuis de l’association Recours Escroqueries International (ARCES International), qui espère fédérer ceux qui se sont fait avoir, aidée par l’avocat américain Francis Boyer. Comme le rappelle le journal, comme la plupart avait placé là ses économies pour échapper au fisc français, on peut difficilement attendre qu’ils se mobilisent ou même se nomment eux-mêmes… dans la crainte d’être alpagués au retour par le fisc… pour évasion fiscale dissimulée.

Pire encore en effet, rappelle le Parisien  : « les autorités américaines pourraient être tentées de fermer les yeux sur l’escroquerie en échange d’informations sur le marché de la drogue, selon un avocat défendant les intérêts de quatre Français ». Américaines, car le jugement sur les banquiers délictueux nous y mène, en Floride exactement, à Orlando, où l’on ne joue pas aux jeux d’argent que dans les Casino, semble-t-il. C’est l’article précédent qui nous en dit un peu plus sur l’arnaque. Cela commence par un « depuis deux ans, le gouvernement américain était en possession de la cartographie détaillée des réseaux contrôlés par Joaquin Guzman »... un document de l’Institut for Defense Analyses (qui était visible partout, et que la presse n’a donc pas regardé)… dans un article du 24 février, que le Parisien a donc lu attentivement, on était un peu plus précis… avec le cas d’un français ayant versé de l’argent sur un compte au fameux rendu mirifique, dans une banque de la Wells Fargo, dans le Nevada : « le 7 février 2008, Jean-Marie V. effectue un « petit » virement de 22 000 dollars sur un compte ouvert par la société Crown Gold auprès de la banque Wells Fargo, à Carson City, Nevada. Il en fera d’autres. A la même destination : 32 000 dollars le 20 février, puis 15 000 le 11 mars. Au total, le malheureux et son épouse vont jouer plus d’un million de dollars (environ 740 000 euros) sur l’autel de l’argent vite perdu ». Plus précis en effet, puisque l’article cite les quatre dirigeants de la banque et du système Crown Gold, à savoir Germán Cardona, Daniel Fernandes Rojo Filho, Pedro Benevides (écrit aussi Benavides) et Heriberto Pérez Valdés.

Selon Rue89, tout aurait été découvert le « vendredi 22 août 2008 », jour où « des enquêteurs américains travaillant pour la DEA (la police anti-drogue américaine) font une découverte spectaculaire sur des comptes ouverts en Arizona par le Brésilien Rojo Filho et l’Américano-Portugais Benevides, établis en Floride. Leur société holding, DWB, est active dans les secteurs du « global trading », de la finance, de l’énergie, de l’aviation et du commerce de l’or. L’enquête met à jour un magot : il y a là quelque 42 millions de dollars (un des comptes contient à lui seul 24 millions de dollars) ; 9 voitures de luxe ; et 294 barres d’or ». La Floride conduisant… aux banques Wells Fargo et Wachovia : « l’enquête américaine a démontré que près de trente sociétés et dix banques seraient impliquées dans le dossier EMG/DWB. Rien qu’entre décembre 2007 et mai 2008, environ 189 millions de dollars (139 millions d’euros) – provenant d’investissements dans les produits d’EMG – ont été déposés auprès de la banque Wells Fargo. De l’argent blanchi a aussi été retrouvé chez Wachovia« . La Banque dont la faillite frauduleuse (et le rachat par Wells Fargo) avait été étouffée par le paiement d’une grosse amende au gouvernement US, qui, visiblement, ne désirait donc pas qu’on vienne davantage mettre le nez dans ses trafics de cocaïne masqués, comme je vous l’avais déjà expliqué. « Un an plus tard, l’hebdomadaire britannique The Observer indiquait qu’entre 2004 et 2007, Wachovia aurait permis à Sinaloa d’ainsi blanchir 378 milliards de dollars (277 milliards d’euros), soit un tiers du produit national brut du Mexique » ajoute l’article. Les sommes sont si colossales qu’elles ont dû effrayer les journalistiques inquisiteurs, ce doit être ça sans doute !

C’était au final un vieux système pyramidal classique, en fait, chacune des nouvelles recrues harponnée par les offres alléchantes de rendement financier élevé, en cooptant d’autres, seuls le sommet de la pyramide touchant les dividendes, avec comme mise de départ… l’argent de la drogue ! Du blanchiment « new style » en quelque sorte, effectué par ces banquiers fort peu scrupuleux !!!. Or, je vous avais également parlé en détail de l’un d’entre eux, le fameux… Pedro Jose Benavides Natera. C’est un article de « The Ledger » de février 2008 qui m’avait intrigué, citant alors un des banquiers en question et indiquant surrtout à quoi lui avait servi l’argent blanchi (à acheter des avions transporteurs de coke !)  : « les trafiquants de drogue remettaient de la trésorerie en vrac à des centres d’échanges de devises à Mexico, où il y avait « des contacts de confiance. » Selon un prix fixé, le transfert d’argent servait de relais intermédiaire pour alimenter (« bourrer ») des comptes bancaires aux Etats-Unis supervisés par des gens qui étaient également « arrosés » pour régler leurs frais. Ensuite l’argent était utilisé pour acheter des avions pour le trafic de cocaïne. « La raison principale de l’existence des comptes « tampons » (intermédiaires) étant de dissimuler la véritable source de l’argent », a déclaré l’agent du FBI Michael Hoenigman dans sa déposition sous serment ». Bref, dès 2008, on savait.. ; si on cherchait à se renseigner. Les trafiquants de drogue avaient déjà mis un pied dans des banques, qui lessivaient à tour de bras leur argent sale !

Au point que les trafiquants pouvaient être comparé à d’autres entrepreneurs légaux, car eux aussi faisaient fructifier leurs revenus à l’aide de systèmes bancaires dévoyés : « en Septembre 2006, un bimoteur King Air E90 a été acheté dans ce cadre parce qu’il était « une plate-forme préférée pour le transport de la cocaïne en provenance du Venezuela au Guatemala ou vers la République dominicaine », dit la déclaration sous serment du FBI. « Cet avion a été acheté légalement auprès d’une société de Miami et envoyé au Venezuela. Le compte Benavides à la Commerce Bank était la plupart du temps resté inactif entre janvier 2005 et mai 2006, avec un solde moyen d’environ 1500 dollars. Mais, soudain, ses dépôts de bureaux de change mexicains ont bondi de plus de 430 000 dollars au cours des mois suivants et l’argent a été suivi comme ayant servi à acheter le King Air. Charles Intriago, un ancien procureur fédéral qui suit les questions de blanchiment d’argent en tant qu’éditeur de Moneylaundering.com, dit que les trafiquants considèrent que c’est du « business malin » consistant à utiliser l’argent provenant des utilisateurs américains de la drogue, pour la plupart pour réinvestir dans l’entreprise par l’achat de nouveaux avions transportant des drogues ». L’avion cité était le Beech King Air E-90 numéroté N1100M (*). Un autre appareil de Benavides, le N391SA (de Skyway, société paravent de la CIA installée à St Petersburg en Floride), sera saisi au Nicaragua sous fausse identification (N168D) vous avais-je dit dès le mois de mars 2011…. et que dès le mois de janvier déjà, j’avais évoqué le rapport entre Wachovia et Viktor Bout, celui qui pouvait faire transiter des quantités phénoménales de coke en une seule fois, grâce à des avions gros porteurs. La banque avait été suivie de près par un trader consciencieux, Martin Woods, qui s’était étonné de ses transactions vous avais-je précisé. Benavides avait acheté… 11 appareils !
J’avais tout précisé ici-même voici deux ans : « Woods avait raison de soupçonner la Casas de Cambio mexicaine. En mai 2007, la US Drug Enforcement Agency avait saisi 11 millions de dollars que Wachovia détenait dans des comptes bancaires à Miami au nom de Casa de Cambio Puebla. L’agence avait déclaré que les fonds avaient été perdus dans une affaire pénale qui reste toujours complètement hermétiquement fermée près de trois ans plus tard. En Novembre 2007, les autorités mexicaines avaient fermé Puebla et arrêté son directeur, Pedro Alatorre Damy, comme étant le cerveau financier du cartel de Sinaloa au Mexique. Le gouvernement mexicain avait déclaré qu’Alatorre avait financé une force aérienne effective de transport de drogues, y compris un DC-9 capturé avec cinq tonnes de cocaïne à bord et un Gulfstream II qui s’était écrasé dans la péninsule du Yucatan, avec plus de trois tonnes de cocaïne à bord ». Voilà, on y est… la découverte du trader est primordiale : elle nous ramène à la fois à ça, et à la fois à ça aussi. Aux transferts de drogue marqués du sceau de la CIA, et au rôle trouble de l’état de Floride et de ses aéroports comme plaques tournantes. Une banque, gestionnaire de l’argent d’un des cartels de drogue ? On croît rêver, et pourtant ! » avais-je écrit. Comme j’avais précisé et expliqué la méthode employée. « La même que celle pour le trafic d’armes. C’est en effet à Skyway Aircraft Inc qu’appartenait le DC-9 retrouvé à Mexico avec 4,5 tonnes de drogue à bord, portant des logos d’une administration américaine… aux dernières nouvelles, Parts Enterprises LLC essayait toujours de revendre son Beech E-90 N-1100M saisi par les douanes à Puerto Plata la Union en République Dominicaine, bourré de drogue… un des onze appareils de Pedro Benavides Natera. Tout le système a donc depuis été mis à jour. Des firmes américaines et des banques financent le trafic, et il est impossible que cela puisse échapper à la CIA, qui y est partie prenante. » Cela fait plus de deux ans que les lecteurs d’Agoravox savaient ce qui se tramait au Mexique, et que les banques avaient fait fortune en dissimulant les apports des trafiquants de drogue, au point que certains ont pu dire qu’à un moment, en 2008, ce sont ces trafiquants qui leur ont évité la faillite !
Bref, la presse mainstream avait exactement les mêmes documents en sa possession que moi. Et n’a jamais pour autant, comme aujourd’hui encore, et c’est flagrant, relié tout le montage aux avions commandés par Viktor Bout pour effectuer le trajet Colombie (ou plutôt Vénézuela)- Afrique de l’Ouest, en l’occurrence le Mali avec le 727… j’avais en effet écrit ceci : …« dans l’acte d’inculpation américain le concernant, on relève cette étrange manipulation financière, au sein de deux banques US, l’une à New York et l’autre à Salt Lake City, via des comptes approvisionnés au Kazakhstan, à Chypre et en Russie pour un total en dépôt de 1,7 million de dollars, pour acheter… un 727 et un 737, en plusieurs versements, au même prix que celui évoqué par les barons de la drogue lors de leur déposition de Monrovia. Acheté à deux firmes de Floride. Deux sociétés américaines, liées à des banques… américaines. A 275 000 dollars environ, le prix moyen à ce jour d’un quadriréacteur ou d’un triréacteur de cinquante ans en état de vol… ou un biréacteur un peu plus récent, quitte à ne s’en servir que pour un seul voyage : nous revoilà au tout début d’une autre histoire, débutée, je vous le rappelle en plein désert du Mali. Avec un antique 727, sacrifié sur place faute d’avoir réussi à redécoller. » Durant son procès rapidement escamoté, pas un seul mot sur les transferts de cocaïne, rien sur ses comptes bancaires chez Wachovia… en Floride, à New-York ou au Texas et à Salt Lake City dans l’Utah.

Pourtant, il y avait de quoi en parler : « le dernier acte d’accusation du procureur chercherait à saisir les comptes présumés de M. Bout chez Wachovia, l’International Bank of Commerce (une des plus grandes banques du Texas !), la Deutsche Bank, et à l’Israel Discount Bank of New York (installée aussi à Miami  !), selon le New York Daily News. Les transferts d’argent ont forcé une interdiction des États-Unis s’opposant à faire des affaires avec M. Bout, qui aurait caché son nom derrière une société écran, Samar Airlines, lors de l’achat de deux Boeing ». Car il fallait bien trouver un lien avec les états-unis, et on a prétexté l’achat par Bout d’un Boeing 727-200 et d’un Boeing 737-200 pour cela au nom de Samar Airlines au Tajikistan, à l’été 2007. « La plus récente mise en accusation alléguée était que M. Bout et son partenaire syro-américain Richard Ammar Chichakli avaient demandé environ 1,7 millions de dollars à des banques aux États-Unis pour acheter deux avions Boeing en Amérique » vous avais-je dit le 31 janvier 2011. « L’acte d’accusation allègue que les transferts d’argent pour Samar ont été faits à partir de comptes bancaires situés à Chypre et liés à Bout à travers une entité appelée Holdings Limited Wartrex et « une banque à New York », ainsi que des fonds venant du Kazakhstan sur des comptes à Salt Lake City Utah pour Aviation Company en Floride. Les accusations de fraude listent 6 virements spécifiques en 2007 allant de 52.000 à 339,977 dollars ». Samar Air, au Tajikistan, est installé à l’aéroport de Khudzhand… rue Lénine et possède comme avion des B-727, Il-76, An-12 et des AN-26. y est aussi installé JSC Atlant-Soyuz Airlines, société qui a créé un Joint Venture avec Evergreen International Airlines … la société qui détient l’ex-base de la CIA, la Marana, en Arizona, haut lieu des maquillages d’avions. »… Et pas un média pour suivre le fil de la trace bancaire dans le dossier Viktor Bout, dont pas un journal n’a relaté en détail la tenue du procès.

La découverte de 82 000 français grugés par El Chapo va peut-être au moins servir à rouvrir le dossier du cheminement de la drogue de l’Amérique du Sud vers l’Afrique de l’Ouest via des avions achetés en série par un individu enfin nommé aujourd’hui (Pedro Jose Benavides Natera), c’est déjà cela. Mais je doute fort qu’on aille plus loin, à voir comment le dossier d’Air Cocaïne a été enterré depuis. Les pilotes prétendus se sont échappés, les responsables français relâchés par le pouvoir gâce à des décisions abracadabrantesques, un baron de la drogue espagnol a reçu la clémence gouvernementale alors qu’il était l‘auteur d’un meurtre avéré… bref, les journalistes sont complètement passés à côté d’une des plus grandes affaires de ces dernières années. Faute de recul, faute d’intérêt, faute de… flair. Espérons que l’arrestation d’El Chapo incite quelques-uns à réouvrir la boîte de Pandore du système bancaire et de l’argent de la drogue.

(*) lire ici sur le 1100M :

http://www.agoravox.fr/tribune-libr…

on y évoquait déjà les liens entre el-Chapo et les banques mexicaines avec Pedro Alfonso Alatorre Damy (« El Piri ») comme homme de main.

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/banques-et-cocaine-la-aussi-j-148560

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DEA

In the trenches with a DEA Agent; 13 questions for retired drug fighter turned author

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Michael Vigil spent 31 years as a U.S. Drug Enforcement Administration agent. He was in Mexico and Colombia much of that time, going after major Latin American drug traffickers. On occasions, he sat just feet from the biggest drug boss of them all, Colombia’s Pablo Escobar.

DEAL, by retired Drug Enforcement  Administration agent Michael VigilVigil recently published his memoirs in a book titled “Deal,” which is available here  on amazon.com. His story in many reveals aspects of the  U.S. fight to take on drug cartels. He did so from the jungles of Colombia to the streets of the United States, and takes readers along the way.

Vigil retired from the DEA a decade ago as the chief of international operations and still keeps his hand in matters as an international consultant. He is regularly consulted and quoted by news media as an expert.

He discusses his book below by answering 13 questions on a range of topics, from his book, to what should be done better to take on drug cartels to his thoughts on pot legalization.

1. What is the greatest thing you hope to offer with this book? What do you want people to understand now that they might not have understood before?

I wrote the book to leave a legacy behind to those silent warriors who have operated in the shadows at great risk to their lives and secondly to educate U.S. citizens as to the insidious nature of these transnational drug organizations that generate so much violence not only in their countries but here in the United States.

2. What was the toughest aspect of writing this?

The most difficult thing about writing the book was just getting started. Once I did that, the pages continued to pile up and before I knew it, I had about 200 type-written pages. I would only work on the book on the weekend because I have a full-time job.

3. I am sure you have gotten some thank yous for what you have written and a few people who were less than happy. What has been the reaction? Any surprises?

The feedback on the book has all been positive.  Everyone who has read the book has stated that they could not put it down because it was so interesting. I received a lot of phone calls from old friends that I had not seen in maybe 20 or 30 years who purchased the book and said they were fascinated.  They had no idea of the magnitude of global drug trafficking and the ramifications it has in the United States. There were a lot of DEA agents who called me and they were ecstatic I had written the book and talked about the exploits of DEA agents working not only here in the United States, but abroad. I got a call from General Leonardo Gallego, who was a general with the Colombian National Police. He said (the book) needed to be done given my extensive experience in combating international drug trafficking.

4. The biggest and certainly most famous drug lord of all time was Colombia’s Pablo  Escobar. What do you personally recall of him?

 Pablo Escobar was a psychopathic killer who had absolutely no regard for human life.  It was his mission to eliminate anyone who stood in his way.  I sat very close to him at soccer matches and he and his hit men looked like a regular street gang.  He always wore blue jeans, immaculate white tennis shoes and cheap shirts.  He was a horrific scourge to his country and also to the U.S. He left a legacy of horrific violence in Colombia becasue he actually paid the now defunct subversive organization known as the M-19 to attack the Palace of Justice where they ended up killing most of the supreme court judges. He is also the one who paid to have Carlos Galan killed. He was going to be the next president of Colombia . He also had Rodrigo Lara Bonilla killed. He was a minister of justice, equivalent to our attorney general. He had  him killed because Lara Bonilla denounced him during a parliament meeting and said he was  drug trafficker. He also put a bounty of $700 for each police officer killed in Medellin. He played the Robin Hood, but the fact of the matter is that he was probably the most violent and treacherous drug lord that the world has ever seen. This guy took it took to a higher level than any other trafficker around the globe.

5.  You have put a lot of people in prison. Who is one that you will never forget? What became of him?

That trafficker had to be Juan Ramon Matta Ballesteros, the Honduran source of supply to the infamous Guadalajara Cartel.  He was involved in the killing of DEA Special Agent Enrique “Kiki” Camarena.  I captured him in Cartagena, Colombia.  He is in a maximum security prison in the U.S.  He actually congratulated me for capturing him. That evening we put him on an Avianca flight from Cartagena to Bogota. I was sitting across the aisle from him on the plane. He reached over to shake my hand and said, I want to congratulate you, you are the only one who was able to capture me and they have been after me for 20 years.

6. Who is the biggest drug trafficker in the world right now?

One of the biggest drug traffickers in the world has to be Ismael “Mayo” Zambada who assumed command of the Sinaloa Cartel after the capture of (Joaquin) Guzman.  He is the sole remaining old guard capo in Mexico. Most of the major capos in Mexico have either been imprisoned or killed, so Mayo Zambada is the only major drug trafficker who remains at large. I would say he is probably up in the mountains in Sinaloa. Chapo Guzman would still be free if he has stayed up in the mountains. It is very hard to launch an operation out there because they give money to the local towns people in the area, so they get protection from them. Anybody who comes in and is not from there, they pass the word. If you do a helicopter assault, they will have at least 15 minutes to get away because they will hear the choppers. I would say 95 percent of the most significant drug traffickers Mexico has spawned have come from Sinaloa.

7. Among the most famous DEA agents is Enrique “Kiki” Camarena? What do you see as his legacy? How did his death change everything? Some say that is when the U.S. decided to take the gloves off?

Kiki Camarena left a legacy of commitment, courage and sacrifice.  After he was kidnapped and killed, the DEA began a worldwide manhunt and all of those responsible were arrested and sent to prison. Basically we put a lot of pressure on Mexico and we received a lot of assistance from the head of customs.  What he did was basically close down the border and forced the Mexican government to move forward diligently in terms of trying to capture the people who were responsible and recovering the body of Kiki Camarena. It got very nasty because there were some Mexican federal police that were involved. The found out Rafael Caro Quintero was going to leave from the Guadalajara airport in a Lear jet. Some of the DEA agents went there with the federal police. They observed Rafael Caro Quintero speaking with a Mexican police comandante. Some phone calls were made and he was released. We found out later that he wrote a check for quite a lot of money to the federal police and was allowed to escape. He fled Mexico and went to Costa Rica, but we captured him. It was very difficult because Camarena was one of our own. We will hunt criminals who kill our agents. We will chase them through heaven and hell.

8. What simple advice would you have for whoever next takes over as the head of the DEA? I assume there will be a new one with the coming change at 1600 Pennsylvania Avenue?

I would tell the new administrator to be decisive and promote the” best of the best” to command positions.  We cannot be risk averse and be unwilling to wade into controversy.  It is pure unadulterated leadership. Apart from that, we need to expand our working relationships with foreign governments and share information so that we can have a broader and more significant impact on these international drug cartels. In my day, you developed personal relationships with foreign security forces. This resulted them giving you a lot more resources and work with you much closer. I think that for some agents it is an 8 to 5 job. It can’t be that way.

We need to continue to work closely with our Latin American partners in the exchange of information.  Intelligence driven operations are critical.  We also need to provide them with training, equipment, and ensure that they have adequate laws to address transnational criminals.

9. With the latest national elections, recreational marijuana will be legal in four states and Washington, D.C. How does that impact you? What do you think of this? You have spent a lot of time in the nation’s capital. 

The legalization of marijuana is a tragic decision for the U.S.  It is not a harmless drug and is highly addictive.  Legalization of drugs in other countries has had a very negative impact. The legalization taking place across the United States is a very well funded endeavor. They take advantage of the  people who don’t that understand marijuana is a potent drug.  When I came on with the DEA in the early 1970s the THC levels were like .08 to 1.3 at that time. Now the marijuana is being genetically engineered so those THC levels now exceed 30 percent. The thing is that marijuana is a hallucinogenic drug. A marijuana cigarette has four times the carcinogens of a regular tobacco cigarette. It has proven to be a gateway drug for use of other harder drugs such as cocaine, methamphetamine and heroin.

10. What do you expect it will feel like the first time you cross paths with someone legally smoking a joint?

I would be disgusted because we are setting a poor example to our youth.  We also send a conflicting message to our international partners who lose hundreds of security personnel to eliminate drugs and we in turn are legalizing them.

11. What role do you see the U.S. drug user as having in the narco chaos in Mexico? Many people consider swaths of country to have no rule of law. Do you agree?

Money used to purchase drugs fund the violence in Mexico and the U.S. Drug profits are used to purchase weapons and corrupt the very fabric of the country.  There are large areas in Mexico that are under the control of cartel leaders.  The rule of law has eroded in those geographic areas. When you take a look at some of the areas there, the only authorities that exist are the state and local police which are highly corrupt and work closely with the drug traffickers. I think it is driven by greed. They are paying them much more money than state governments. They are easily corrupted and take the money.

12. We have all heard many horrifying stories out of Mexico in the last several years. Perhaps none is as brutal as the 43 missing students? What do you think happened to them?

Unfortunately, I am of the opinion that the 43 students were killed by drug traffickers and corrupt police in the area of Iguala, Guerrero.  This is a major black eye to the government of Mexico.  As a as a result of the disappearance of those 43 students, they have dug up mass graves in the area, but DNA analysis indicates these were other individuals who were killed and not the students. They are still not able to locate the bodies of the 43 students. I think eventually they will find them in another mass grave. These criminals are very brutal.

13. What is it going to take for Mexico to return to the times of old, when things were generally peaceful and the drug traffickers kept a lower profile?

Mexico needs to do a top to bottom dismantling of the cartels operating on their soil.  They also need to extradite the leaders to the U.S., which effectively removes them from their criminal infrastructure. They have to do a better job of ensuring those operations are (intelligence) driven rather than haphazard. They have to expand the sharing of information with federal Mexican authorities. Obviously that would be with individuals who are vetted, that can be trusted. You don’t want it to be done with everybody. You don’t want them to compromise the investigations.

source: http://blog.chron.com/narcoconfidential/2014/11/in-the-trenches-with-a-dea-agent-13-questions-for-retired-drug-fighter-turned-author/#28230101=0

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Coke en Stock (LXX) : au Panama, les radars de Berlusconi et un drôle d’avion

Comme on a pu le voir hier, le Panama est un lieu de passage obligé de la cocaïne andine, et le pays est surtout devenu le lieu du blanchiment d’argent, les banques panaméennes lessivant visiblement à tour de bras depuis des décennies. La présidence qui vient juste de se terminer n’avait pas aidé vraiment à éclaircir la situation, embarquée dans une sombre histoire de fourniture de radars et d’hélicoptères italiens où le nom de Silvio Berlusconi est apparu. Comme est apparu aussi le nom de Seldon Lady, ce responsable de la CIA en Italie qui avait fui le pays après y avoir été condamné pour avoir embarqué un responsable islamiste et l’avoir fait torturé (en Egypte, et via la Roumanie). Lady a été remis aux autorités américaines et non extradé, preuve des liens entre l’équipe de Berlusconi et la CIA. Des liens entre le Panama et les USA qui conduisent à la réactivation d’une ancienne base militaire devenue par coup de baguette magique centre de recherches anti-drogues. Un endroit où un drôle d’avion a été aperçu… un appareil qui connaîtra un drôle de sort également, ce que nous verrons une prochaine fois. D’abord, je vous propose de regarder d’un peu plus près les côtes du pays….

Le Panama voit donc passer des centaines de petites embarcations près de ses côtes et se fait survoler par des avions se rendant de la Colombie au Costa-Rica, au Honduras (où l’on tue plus qu’en Irak), au Nicaragua, davantage épargné semble-t-il, au Guatemala ou au Salvador, voire au Mexique. Pas un n’échappe au trafic. D’où l’idée présidentielle de se munir de radars, qui viennent comme une évidence comme première arme anti-drogue en ce qui le concerne. Le pays a donc décidé d’en acheter… et d’hélicoptères rapides, également, pour poursuivre en mer les go-fast marins des trafiquants. Et les voilà qui arrivent enfin, ces fameux radars le 24 octobre 2011 : il y en a 19, accompagnés de 6 hélicoptères Agusta dernier cri (des Agusta Westland AW139). Des engins italiens, comme les fameux radars, construits par Finmeccanica. Au total, il y en a pour 250 milllions de dollars (et même 333 millions si l’on compte vraiment tout, paraît-il). Et un beau scandale à la clé, qui mouille directement le président milliardaire Martinelli, via son ministre de la sécurité Jose Raul Mulino et son ministre du Budget Alberto Vallarino, car le contrat ne prévoyait pas que cela : outre de généreux pots de vin, les maçons italiens avaient aussi été sollicités pour construire… des prisons (bâties par Svemark, via un contrat à 200 millions de dollars) ! Au milieu de cet énorme scandale, Valter Lavitola, qui se retrouve aujourd’hui accusé d’extorsion de fonds en complicité avec Giampaolo Tarantini et sa femme, envers l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi. Tarantini n’étant autre que l’homme d’affaires qui a fourni des prostituées pour les orgies qui avaient eu lieu au Palais Grazioli sous le nom de soirées « bunga-bunga » (tenues à la résidence de Berlusconi). D’où l’inquiétude de l’opposition panaméenne sur le choix de ce matériel purement italien qui va se révéler… inadéquat.

C’est l’ancien candidat à la présidentielle panaméenne qui avait mis le feu aux poudres en révélant en décembre 2011 les mails échangés entre Lavitola et Adolfo De Obarrio, le plus proche conseiller de Martinelli (en photo, Lavitola au milieu de Martinelli et Berlusconi). L’affaire s’était tassée quelque peu, mais elle avait resurgi en avril 2012 avec la découverte de nouveaux documents bien plus embarrassants : “une partie de l’argent a été remis directement au Président panaméen, dans une valise », révèlait le texte, qui précisait même le tarif : en deux paiements, « un de 530 000 euros et le second de 140 000 »... le Corriere insistant en affirmant que c’était à l’époque où Lavitola avait été reçu avec faste au Panama. Sur les 333 millions du contrat, 10% auraient été versés en commissions… à Berlusconi ou à ses amis… et au président panaméen, ainsi qu’à des proches, tel Rogelio Oruna, lepresentant de l’IBT Group, l’argent ayant transité semble-t-il entre les mains de Frankie Francisco Martinelli, le propre cousin du président. Ce dernier rejetant en masse les accusations en parlnt de « soap opera » à propos du scandale, selon lui orchestré par l’influent journal La Prensa. Qui révélait aussitôt un voyage impromptu en Sardaigne tenu du 18 au 21 août 2011, avec Martinelli, deux de ses ministres et un membre de la Cour Suprême, avec leurs épouses respectives.

L’affaire se résumant ainsi selon 20 minutes : « Valter Lavitola et un entrepreneur de Bari, Giampaolo Tarantini, sont soupçonnés d’avoir fourni à l’ex-chef du gouvernement italien des call-girls pour des nuits torrides entre juillet 2008 et avril 2009. Ils sont en outre soupçonnés d’avoir extorqué plus de 800 000 euros à Silvio Berlusconi pour mentir à la justice sur les agissements de ce dernier. A l’origine, Valter Lavitola et Giampaolo Tarantini espéraient en échange de la mise à disposition de prostituées décrocher des contrats avec des colosses publics comme Finmeccanica. Ces contrats étaient tombés à l’eau par la faute de l’une des « escorts », Patrizia D’Addario, qui a tout raconté à la justice. Huit personnes sont poursuivies dans le cadre de ce scandale, distinct du Rubygate, pour incitation et exploitation de la prostitution au bénéfice de Silvio Berlusconi. Enfin, depuis lundi, un autre chef d’accusation pèse sur Valter Lavitola. Soupçonné d’avoir remis au président du Panama et des membres de son gouvernement des pots-de-vins versés par des entreprises italiennes pour la réalisation de prisons dans ce pays, il est poursuivi pour « corruption internationale »« . Le problème n’étant pas que celui des pots de vins versés : les radars achetés à prix d’or, avec ou sans « escort-girls » à la clé, mais ils étaient surtout largement sous-dimensionnés avait révélé la presse panaméenne. C’est « SELEX Sistemi Integrati » la société – une filiale de Finmeccanica – qui a fournit 19 de ses radars Lyra Série 50, qui ont une portée d’environ 48 kilomètres pas plus, un peu moins de 30 miles. Dans quelle mesure seront-ils capables de « voir » au large des côtes, ces radars basés au sol, voilà la question, . Ils ne fournissent pas une couverture suffisante pour recouvrir la totalité de la côte, car s’ils vous garantissent des clichés de l’ensemble de la couverture du littoral, il y aura encore de vastes zones à découvert, » dont profiteront, invariablement, les trafiquants pouvait-on conclure ! Radars inefficaces et pays corrompu : voilà qui n’aide pas vraiment pour faire baisser le trafic de drogue ! Rien ne s’arrangeait, dans le pays !

Rien, car le président avait entre temps (et dès 2010) forcé la dose du libéralisme avec la loi N°30, surnommée « loi chorizo » provoquant une autre violence : « cela avait pris des jours à la société civil pour découvrir tout ce que comportait le document législatif, mais beaucoup étaient devenus furieux après l’avoir fait, en particulier, en ce qui concerne les dispositions de la loi anti-travail. Selon le chapitre 2, article 12 de la loi 30, « les employeurs ne sont pas obligés d’extraire de leur temps de travail des travailleurs pour qu’ils effectuent des réunions ordinaires ou extraordinaires. » Le chapitre 2 développant que lors d’une grève, les contrats de travailleurs en grève peuvent être suspendus, et que les entreprises peuvent même embaucher des remplaçants temporaires ». Le résultat ne s’était pas fait attendre : « Peu de temps après le passage du projet de loi, la Bocas Fruit Company, une filiale de Chiquita Brands, a annoncé qu’elle ne pourrait plus percevoir de cotisations syndicales, romptant le contrat qui avait fait avec le Syndicat des travailleurs des bananeraies de l’industrie (SITRAIBANA) et provoquant l’indignation parmi les es membres du syndicat ? Débutée le 2 juillet, la grève des travailleurs de 48 heures s’est rapidement transformée en un affrontement de 10 jours de division et, finalement violents entre Bocas et ses employés majoritairement indigènes. Lorsque Bocas a condamné la grève comme illégale, et annoncé un report de la rémunération et menacer de licencier ceux des travailleurs qui auront participé à la manifestation, les manifestants sont descendus dans les rues furieux (…) Dans l’ensemble, la correspondance officielle du gouvernement a décompté trois morts et plus de cent quarante blessés, mais des sources extérieures estiment que le nombres de victimes, en réalité, étaient considérablement plus élevé .. En mars de cette année, l’Organisation des Nations Unies a condamné le gouvernement panaméen pour son usage répété de la violence de la police et de la discrimination raciale à l’encontre de ses communautés autochtones. Malheureusement , le rapport de l’ONU n’avait apparemment pas d’effet visible, car d’innombrables civils, dont beaucoup étaient des indigènes , ont été aveuglés ou laissés dans un état critique en raison de la propension de la police à la violence »… L’ancien patron de supermarché souhaitait peut-être diriger ses citoyens comme ses caissières. Le 29 juin 2010, plus de 10 000 manifestaient à Panama City… contre les décisions de Martinelli. Bref, une violence inattendue était apparue du fait de décisions purement gouvernementales…

Et entre temps, les liens entre Martinelli et la DEA américaine s’étaient fortement grippés, nous avait appris en décembre 2010 le New York Times dans un article parlant de la défiance croissante de dirigeants sud-américains vis à vis des méthodes de l’anti-drogue US, qu’ils contestaient de plus en plus. Wikileaks avait révélé les documents compromettants. « La D.E.A. fait face à des pressions encore plus intense l’année dernière en provenance du Panama, dont le président de droite appuyée, Ricardo Martinelli, a exigé que l’agence lui permettent d’utiliser son programme d’ écoutes téléphoniques – connu sous le nom de Matador – pour espionner ses ennemis politiques de gauche qu’il croyait capables de comploter pour l’assassiner. Les États-Unis ont refusé, selon les câbles révélés, en reprochant que M. Martinelli, un magnat de supermarché, « ne fasse aucune distinction entre objectifs légitimes de sécurité et ses ennemis politiques », déclenchant ainsi des tensions qui durent depuis des mois. M. Martinelli, qui selon les câbles posséderait un « penchant pour l’intimidation et de chantage », a riposté en proposant une loi qui aurait mis fin au travail de la DEA avec des unités de police spécialement contrôlées (…) Et quand les Etats-Unis ont repoussé ces tentatives – telle celle de déplacer le système Matador dans les bureaux du procureur général politiquement indépendant – M. Martinelli a menacé d’expulser l’agence de drogue du pays en disant que d’autres pays, tel Israël, seraient heureux de se conformer à ses demandes de renseignements. Finalement, selon les câbles, les diplomates américains se sont interrogés sur ce qu’étaient les motivations de Martinelli. Voulait-il vraiment que la D.E.A. intervienne pour perturber les coups d’état présumés de ses adversaires ou était-il en essayant d’empêcher l’agence d’apprendre la corruption qui régnait parmi ses parents et ses amis ? Un câble a affirmé que le propre cousin de Martinelli a aidé à passer en contrebande des dizaines de millions de dollars provenant de la drogue passée par le principal aéroport de Panama chaque mois Un autre notait qu’ « il n’y a aucune raison de croire qu’il y aura moins d’actes de corruption au sein de ce gouvernement qu’avec le gouvernement précédent. « 

Voilà donc le pays pas davantage protégé des intrusions, en tout cas. Question avions, vous-ai-je dit précédemment, c’est un fort particulier qui nous intéresse au Panama. Revenons pour cela quelques années en arrière avec la décision de la part des Etats-Unis de retirer leurs bases militaires du pays. C’est en effet en 1999, à la suite du traité Torrijos-Carter que les USA ont décidé de quitter la base d’Howard, laissée aux panaméens (le canal lui-même étant restitué le 31 décembre 1999), le Southern Command allant s’installer à Miami. C’était le pivot des opérations de déstabilisation des pays d’Amérique du Sud. toutes les opérations de « cover-up » passaient par elle. C’est par elle par exemple qu’étaient passés les avions de l’Operation Blue Spoon devenue Operation Just Cause pour aller arrêter Noriega, une opération effectuée par des agents de la DEA. On y voyait atterrir et décoller des Corsair II mais aussi de gros porteurs à réaction, les C-141 Starlifters ou les C-5 Galaxy. Lors de l’Operation, deux F-117 effectueront leur première sortie armée. Officiellement, donc, les américains n’étaient plus sur place depuis 15 ans : ils s’étaient carrément installés en Colombie, au prétexte du « Plan Columbia » pour lutter contre la cocaïne, mais aussi pour surveiller son trafic en Golfe du Mexique, au Honduras, au Salvador, en République Dominicaine, au Belize, à Curaçao et Aruba, à Antigua et dans les Bahamas., la Quatrième Flotte de la Navy étant déployée en soutien. Comme le perçoivent certains, le déploiement d’un nombre conséquent de militaires us en Grande Caraïbe est bien plus une question de stratégie commerciale et de l’idéologie qu’une lutte véritable contre la drogue. Le Vénézuela, particulièment visé, étant l’objet d’une surveillance aérienne assidue à ses frontières.

La mort tragique de Torrijos dans un accident d’avion (selon l’économiste John Perkins elle aurait été provoquée par les USA !) va progressivement remettre en cause le traité signé par Jimmy Carter. Son successeur immédiat, Ernesto Perez Balladares puis surtout Mireya Elisa Moscoso Rodríguez (de 1999 à 2004) changeront la donne, Mireya en montrant une toute autre façon de voir, devenue essentiellement pro-américaine : six jours avant de quitter le pouvoir, elle graçiait en effet les terroristes Luis Posada Carriles, Gaspar Jimenez, Pedro Remon et Guillermo Novo Sampol, capturés au Panama pour avoir tenté d’assassiner Fidel Castro lors de sa visite au Sommet ibéro-américain au Panama. Un geste jugé scandaleux par beaucoup. Si c’est le propre fils de Torrijos qui devient président en 2004, les relations avec les USA ne se détériorent pas pour autant et l’élection de Ricardo Martinelli renoue davantage les liens. Ce dernier souhaite en effet ouvertement se rapprocher des USA pour qu’ils forment ses policiers pour lutter contre le trafic de drogue. C’est ainsi que l’ancienne base d’Howard s’était retrouvée sous Martinelli à nouveau utilisée au nom de la guerre à la drogue, le Panama ayant signé entretemps plus de 700 contrats d’aide pour lutter contre la drogue avec des agences américaines liées au Defense Department depuis 1999. Howard avait été rebaptisée « Multinational Counternarcotics Center » mais personne n’était dupe, à voir ce qui s’y pose depuis comme appareils.

D’autant plus que des bavures apparaissent dans ce déploiement de forces. Ainsi en mai 2012, où un erreur tragique sera vite enterrée par la presse. Les gens de la DEA ayant la gâchette bien facile, semble-t-il. « Le 11 mai, une unité anti-drogue de la DEA-hondurienne conjointe installée sur la Forward Operating Base de Mocoron lancée contre des présumés trafiquants de drogue tôt le matin dans la région de la côte Miskito. Dans l’obscurité avant l’aube, les artilleurs des hélicoptères et des soldats sur le terrain auraient tiré sur un bateau sur les rives de la rivière Patu, tuant quatre des passagers à bord. Il a été découvert plus tard que le bateau était tout simplement un navire de passagers, et il existe des preuves et une enquête crédible qui indique que les passagers n’étaient pas été impliqués dans le trafic de drogue. Le jugement hâtif, cependant, et la manière est dans lequel les rapports de presse ont au début utilisés des sources anonymes « officielles » qui caractérisaient le peuple Miskito en termes généraux comme étant des criminels, fait écho à une autre victime de la guerre de 30 ans contre la drogue : la vérité » écrit fort justement Larry Birns, directeur du Council on Hemispheric Affairs.

La « guerre à la drogue » étant aussi celle de la désinformation et de la manipulations des esprits, la presse US étant sur la sellette : ‘l’opération douteuse a présenté un nouveau modèle de tactiques de contre-insurrection sur la base de l’interdiction de drogues développée et perfectionnée par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les méthodes utilisées dans l’opération ne devraient pas venir comme une surprise, car il y avait des signes qu’un changement significatif de la méthodologie, conçu pour apporter la guerre aux trafiquants au Honduras , a participé à la décision. Dans un article du New York Times du 5 mai 2012 , « Les leçons de l’Irak Aide US Combat une guerre contre la drogue au Honduras ,  » Thom Shanker rapportait que la DEA américaine a récemment mis en place trois opérations avancée sur des bases – Mocoro de Puerto Castilla, et El Aguacate en régions éloignées du Honduras afin de mettre en œuvre les « missions de faible taille, avec un nombre limité de troupes, des partenariats avec des militaires et de la police étrangère forces qui prennent la tête des opérations de sécurité, et des objectifs étroitement définis, visant des insurgés, des terroristes ou des groupes criminels qui menacent les intérêts américains ». Selon Shankar, l’objectif de la base d’opérations avancée Mocoro était la Côte Miskito décrite comme une zone  » rouge/chaude  » pour le trafic de drogue. Les Miskitos , cependant, ont protesté contre l’attaque, et refusé d’être caractérisés comme des criminels ; ils auraient ainsi été naturellement disposés à prendre des dommages collatéraux de ces opérations, ou être accusés à tort de complicité. Au lendemain de la tuerie , un certain nombre de Honduriens et certains responsables américains anonymes ont dénigré la culpabilité sur les passagers du bateau ; le porte-parole du Département d’Etat et l’ambassade des États-Unis au Honduras ont affirmé que les agents de la DEA n’ont joué qu’un  » rôle consultatif  » à la mission. Des  » fonctionnaires  » anonymes des États-Unis immédiatement transmis un texte justifiant les dommages collatéraux, ou pour mettre de côté les euphémismes et être franc, le meurtre de deux femme enceintes et leurs deux enfants, et en blessant plusieurs autres qui étaient sur ​​le bateau de passagers sur les rives de la la rivière Patu. Par exemple , dans un article le 17 mai , le journaliste du Washington Post William Booth se réfère à l’anonymat des agents représentant les organismes d’application de la loi, et les diplomates qui ont été informés de la mission « Ces fonctionnaires anonymes ont monté une affaire contre l’innocence des victimes : « Les responsables américains ont déclaré qu’il n’était pas inhabituel pour les autorités locales de travailler avec des contrebandiers et ont également déclaré ils se demandaient pourquoi les civils innocents seraient sur ​​l’eau au milieu de la nuit .  » Le même jour , le journaliste du New York Times Damien Cave cité ces fonctionnaires anonymes comme disant  » Il n’y a rien dans le village local qui puisse être inconnu , une surprise ou un mystère à ce sujet. Qu’est-ce qui s’est passé, c’est que , pour la première fois dans l’histoire de l’Ahuas , application de la loi hondurienne a perturbé le trafic de stupéfiants . Avant même que l’armée hondurienne a eu l’occasion d’enquêter , le président hondurien Porfirio Lobo est allé vilipender les communautés de la côte Miskito :  » Nous avons un problème dans la côte Miskito parce que la communauté se range en masse pour défendre les trafiquants de drogue en raison de leur situation car ils vivent dans la pauvreté structurelle. «  Comme pour l’Irak et l’Afghanistan, la guerre à la drogue s’accompagne bien d’une guerre de l’information ! C’est bien le même schéma et ce sont bien les mêmes méthodes d’intoxication !!!

Des radars incapables de distinguer en tout le départ de bateaux de pêches porteurs de cocaïne, capables de traverser l’Atlantique malgré leur état déplorable comme le raconte ici SenegalInfos : « et ce n’est pas fini : le 07 juin 2008, plus grosse prise encore avec l’arraisonnement au large du vieux cargo Opnor, en très mauvais état (il datait de 1961 !), battant pavillon panaméen, véritable épave flottante de 412 tonnes, intercepté avec 3,7 tonnes de cocaïne à bord par la marine espagnole, visiblement très bien renseignée : il s’apprêtait à descendre tout son chargement via des pirogues sur le rivage, au même endroit, sur la plage de M’bour, décidément haut lieu du trafic dans le pays. Le bateau était parti du Venezuela, mais avait fait un détour par le Antilles néerlandaises. Son capitaine est hollandais et à bord il dispose de quatre marins ghanéens. Dès 2008, certains tirent donc la sonnette d’alarme au Sénégal : la circulation de la drogue y est devenue en à peine deux années dantesque ! ».  Le navire poubelle naviguant toujours en 2011, comme on le constater ici à La Palmas le 23 février… un navire couvert de rouille atterrissant au large de Mbour, où un juteux commerce de crevettes était en place : en fait de crevettes, l’une des fermes aquacoles sénégalaises dissimulait des tonnes de coke !!! Une ferme construite avec… des aides européennes, les trafiquant étant assez adroits pour berner tout le monde ! Avec au milieu du trafic, Walter Amegan, « échappé » de Mauritanie, qui croisait tranquillement à Saly Stéphane Alzraa, dont l’autre ami s’appelle Michel Neyret. Amegan ayant été relâché à Nouakchott suite à un procès tenu début 2010 où étaient venus plaider en sa faveur deux ténors : Jacques Vergès et Eric Dupond-Moretti, pas moins !!! A Sally, il croisait aussi le « correspondant téléphonique » de Nerey, à savoir Gilles Tepie. « Un trafiquant qui s’échappera in extremis de la traque de Neuilly portant sur la livraison de 110 kg de coke, grâce à un coup de fil donné par Michel Neyret en personne, cela on le sait, aujourd’hui, les faits sont là (et décrits aussi dans notre épisode précédent) » avais-je écrit en novembre 2011. Ce monde est bien petit, en fait !!! Comme l’avait aussi dit Paris-Match : « Pourquoi donc Neyret aurait-il été, seul, en vacances, au contact de deux trafiquants internationaux de cocaïne ? Quel rôle aurait joué Albert dans cette rencontre ? Mais surtout que serait venu donc faire dans ce rendez-vous un des protagonistes de l’affaire des 111 kg de cocaïne de Neuilly ? » soulignait l’hebdomadaire… découvrant comme beaucoup les ramifications d’un énorme trafic.

Mais Martinelli le sait, en fin de second mandat, il ne peut pas se passer des USA à moins d’embarrasser son successeur, qu’il espère de droite comme lui, bien sûr. Alors pour se montrer conciliant avec les USA ; il va leur faire un cadeau. Quelque chose de rare, puisqu’il s’agît d’un agent de la CIA… et pas n’importe lequel (…) « le 17 Juin un ancien agent de la CIA à Milan, en Italie, Robert Seldon Lady , a été arrêté au Panama en vertu d’un mandat d’Interpol . Lady et d’autres agents de la CIA avaient initialement été poursuivi en Italie pour leur rôle dans l’enlèvement illégal d’un musulman, Hassan Mustafa Osama Nasr, et de l’avoir envoyé dans le cadre du programme de restitutions extraordinaires de l’administration Bush dans l’Egypte de Hosni Moubarak, où il avait été torturé ». Voici qu’on retrouvait une vieille connaissance d’Agoravox avec Seldon Lady ! « Au moment de la déclaration de culpabilité devant la juridiction italienne, les 22 agents de la CIA n’étaient déjà plus en Italie. La condamnation de 9 ans de Lady, réduite à 6, avait déclenché l’intervention d’Interpol. Dans des circonstances normales , le Panama aurait dû l’envoyer en Italie pour y purger sa peine, mais à la dernière minute, le gouvernement de Martinelli a envoyé aux États-Unis à la place , où il allait retrouver la liberté et de l’impunité. Les Autorités italiennes exprimant leut frustration avec le Panama qui ne leur offrait même pas une raison valable pour ne pas extrader Lady » (*)

Au Panama, déboulent donc d’étranges engins, avec l’accord des américains qui les fournissent. « Les projets prévus par le Pentagone pour le Panama comprennent l’utilisation de drones de Stark Aerospace, une division d’Israel Defense Industries, ainsi que d’une mise à niveau vers les champs de tir. Stark est une petite entreprise basée dans le Mississippi dont l’activité principale est la production de drones y compris la surveillance non armée sur des véhicules ou un drone armé « Hunter » a-t-on pu lire. Cela a-été utilisée pour des missions de bombardement en Afghanistan et en Irak. Les champs de tir pollués étant mis à jour… Des terrains devenus une épine dans traité du canal dans la fin des années 1990 parce que des dizaines de milliers d’explosifs (dont certains mêlés à des produits chmiques) ont été laissés sur les zones de tir réel sur les rives du canal. Le nettoyage fait, on s’aperçoit qu’un autre avion fort particulier fait des visites régulières de la base d’Howard. Il ressemble à un avion civil, c’est un bimoteur DDHC-8-202Q blanc et bleu foncé, fabriqué à cinq exemplaires seulement et utilisé par le US Air Force Special Operations Command (AFSOC). L’avion a un double… chez les garde-côtes : équipés d’un radar de recherches Raytheon SeaVue 1022 sour le ventre et d’une tourelle vidéo Wescam 16DS, il s’apppelle DHC-8-202 « Coastwatch » ; un modèle repris par le United States Customs and Border Protection/Office of Air and Marine. Chez les militaires, l’un des jumeaux de l’AFSOC, le N355PH, a connu une drôle de fin : envoyé au Mali, il s’y est écrasé bêtement le 19 novembre 2009 à Tarakigné … son pilote ayant oublié de faire le plein !!! A son propos, le communiqué gêné de l’AFRICOM révélera une perle, en parlant de « 9 personnes à bord », blessées… et « 3 passagers seulement ». Ce qui faisait un « équipage » de 6, montrant que 4 personnes au moins à bord s’activaient à autre chose que piloter l’appareil ! Un superbe avion-espion, à vrai dire. Bourré d’électronique, valant… 7,2 millions de dollars pièce. Des avions immatriculés en « N » mais qui n’ont pas vraiment de propriétaire : à l’AFSOC ils volent pour le Special Operations Squadrons – l’ancien 318th SOS, devenu 524th SOS – au sein du 27th Special Operations Wing de la base Cannon AFB, mais n’ont pas pour autant de désignation militiaire… demeurant des appareils détenus par des sociétés privées… fantômes. De simples boîtes aux lettres, la plupart du temps. Les cinq exemplaires sont en effet censés appartenir en effet à une obscure société de leasing située à Wilmington, dans le Delaware. Sous deux appelations différentes : « Win Win Services LLC » et « Bam Leasing LLC« , pour ajouter à l’imbroglio. Voilà qui sent fort les opérations secrètes !

Ratatiner ainsi un engin de plus de 7 millions de dollars montre à quel point l’armée américaine se fiche pas mal de la formation de ses propres pilotes, ou plutôt qu’elle fait confiance à de drôles de loustics, le plus souvent des « contractants » le mot poli pour dire mercenaires. A un point tel que l’expérience désastreuse est pleinement reproductible : ce qu’un autre crash sidérant va démontrer avec éclat, celui de l’exemplaire N356PH, frère jumeau du précédent, qui s’écrase le 5 octobre 2013 en Colombie dans des conditions rocambolesques : or il avait décollé, justement, de la fameuse base d’Howard, et c’est cela aussi bien sûr qui nous intéresse, et que l’on verra un peu plus tard si vous le voulez bien…

(*) l’élection récente de son ex-second laisse envisager des liens renoués avec les américains, lasseés de la corruption de la famille Martinelli : « M. Varela, âgé de 50 ans, avait aidé M. Martinelli, un magnat de la grande distribution, à conquérir le pouvoir il y a cinq ans et avait été élu à la vice-présidence. Les rapports entre les deux hommes s’étaient rapidement dégradés et M. Varela avait rompu avec le président Martinelli en 2011. Il avait toutefois conservé son poste de vice-président après la rupture, mais perdu son portefeuille de ministre des relations extérieures. M. Varela est alors devenu un des critiques les plus acerbes du président sortant, l’accusant de dérive autoritaire et de corruption. Des rumeurs, venant selon lui de la présidence, l’ont associé à un réseau mafieux de blanchiment d’argent. L’ambassade des Etats-Unis à Panama a démenti que son visa américain ait été annulé« … Visiblement ce n’étaient pas que des rumeurs !

source:http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxx-au-panama-les-151366

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Coke en Stock (LXIX) : au Panama, « la guerre à la drogue » mène aussi au « reggaeton »

La cocaïne, pour beaucoup, est ancrée dans le milieu du show-biz. Le Panama, terre de passage de la coke remontant vers le Mexique, ne va pas faillir à la réputation, en laissant entrevoir tout un pan de musique particulière et locale en faire un commerce lucratif.

On y trouve bien sûr aussi des avions remplis de coke, mais ce sont plutôt les petits navires et les véhicules terrestres (voire des chevaux !) qui dissimulent et apportent ou font transiter les sachets de drogue dans le pays. Un pays qui est aussi célèbre pour autre chose ; le blanchiment d’argent, tant les banques panaméennes représentent un havre de paix pour les dépôts illicites, et ce depuis un bon nombre d’années maintenant. Beaucoup d’individus s’étant créés des comptes bancaires discrets dans le pays : on trouvera même des hommes politiques français, venus il y a bien longtemps y déposer le fruit de pots de vins de transactions secrètes de ventes d’armes avec les pays du Golfe (*). Place au Panama, dont l’étendue des difficultés va nous demander à lui seul quelques épisodes…

Géographiquement, comme le Costa-Rica, le Panama est une terre de passage. Au sortir du Venezuela, en direction du Costa-Rica, ou davantage encore de la Colombie, qui le jouxte, les contrebandiers peuvent aisémernt écouler par voie terrestre pour le second et par petits bateaux pour le premier la cocaïne produite dans les Andes. C’est pourquoi donc les journaux locaux abondent de prises terrestres ou côtières, pour de petites ou moyennes quantités en général, mais extrêmement nombreuses. Le pays qui avait connu une période florissante du trafic de drogue pendant la période Noriega, l’ancien informateur de la CIA,  sombre à nouveau dans les mêmes travers.

Là aussi, on ne manque pas d’imagination, pour faire passer la drogue à bord de véhicules ou d’esquifs, voire des moyens plus tradtionnels comme des chevaux (ici à gauche surpris en 2001 à la frontière avec leurs sacs de coke attachés ; (chevaux et un seul cavalier, pour 14 sacs et 341 kilos !). Voire cachée dans des pneus, des containers prêts à partir pour la Hollande, ou la Belgique, un plein de crevettes congelées, un ULM, l’entourage d’un bagage, un faux-fond de remorque de camion, celui d’un bateau, des bidons à bord d’un navire avec dedans de la cocke dissoute, un réfrigérateur de bateau, dans des villas, la mangrove, des melons ou des citrouilles, du plantain, un semi-submersible ou… même des implants mammaires ! Dans les aéroports du pays, les prises sont très fréquentes (ici avec le logo du trafiquant emprunté à Nike !) Un rapport de 2012 sur la criminalité indique qu’on s’y étripe, certes, mais « pas davantage qu’aux Etats-Unis« , par armes légères type pistolet et non par tirs d’AK-47 propres au grands gangs d’Amérique Centrale. Les arrestations portent surtout sur des « kidnappings express » à savoir une prise d’otage de quelques minutes d’un particulier venant de retirer de l’argent à un distributeur, l’homme étant vite relâché. Le pays étant équipé depuis longtemps de banques ultra-modernes. Bref, nous ne sommes pas au Mexique où les têtes coupées jonchent les trottoirs et les cadavres de journalistes trop curieux sont pendus à l’envers à des arches de pont (bien qu’il y ait aussi des règlements de compte et des photos de cadavres exsangues dans les rues), mais cette relative « quiétude » (?) cache un système bien particulier comme on va le voir maintenant : on y dissimule beaucoup de choses, comme ce trafiquant dans son pick-up à bascule, qui, extérieurement ne payait pas de mine en effet avant que la police ne le découvre. Le plutôt discret Panama dissimule bien son jeu en effet, avec son président milliardaire. Un président élu en 2009 qui a fait ses études à Académie militaire de Staunton (Virginie, États-Unis), puis à l’Université de l’Arkansas et enfin à l’INCAE (Instituto Centroamericano de Administración de Empresas) de San José (au Costa Rica) ; et qui a fait ensuite fortune dans une chaîne de supermarchés (Super 99)  : voilà qui le destinait naturellement à se sentir très proche des USA, semble-t-il. Comme on va le voir, ce n’est déjà plus si évident…

Car le pays et sa capitale sont redevenus au centre même d’un gigantesque trafic de drogue ininterrompu. « Panama City est l’endroit où la mondialisation réunit le « marché noir » (« black market »). « Le canal de Panama est un point du commerce mondial central dans l’hémisphère occidental. Quelques 12 000 navires traversent le canal chaque année. Panama City et les environs environnantes sont également un goulot d’étranglement pour le commerce du marché noir entre la Colombie et le reste du monde. Des centaines de tonnes de cocaïne passent de la Colombie à travers le territoire souverain du Panama sur leur chemin aux États-Unis, en Europe et au-delà. Des dizaines d’options pour les entreprises sont offertes pour les opérations de blanchiment d’argent et de transit sur ​​les terre, l’eau et dans l’air qui donnent trafiquants la latitude dont ils ont besoin pour rester en avance sur l’application de la loi ». La capitale est essentiellement touchée :  « Panama City est le foyer de l’une des plus grande concentrations de banques dans les Amériques, faisant du pays un centre mondial de blanchiment d’argent (…). Les Entreprises colombiennes constituent la majorité des entreprises les plus prospères de Panama, la plupart, sinon la totalité étant situées dans la ville de Panama. Beaucoup de Colombiens possèdent là une la terre de vacances ou des plantations, et constituent une partie des milliards de dollars colombiens investis dans l’éducation du Panama son industrie, son commerce et de sa finance » notait déjà avec justesse en 2006 l’ISN de Zurich. Le moyen de transport privilégié de la drogue, localement utilisé étant souvent le bateau  : « des bateaux rapides, conçus avec des coques longues en forme de V et entraînés par une combinaison de moteurs de forte puissance, peuvent se déplacer à des vitesses qui atteignent environ 150 kilomètres par heure dans les eaux calmes, à 90 km / h en eau agitée, et de maintenir 47 km / p dans des creux de 1,5 à 2 mètres.  Ces bateaux ont aussi énorme capacité de transport et peuvent facilement transporter des charges de plusieurs tonnes de cocaïne. Étant donné la nature géographique de la côte caraïbe du Panama, et la quantité relative de l’éloignement sur ​​la longueur du Panama , il n’est pas surprenant que la plupart des victimes de la traite cocaïne de la Colombie vers l’Amérique centrale et le Mexique passent le long de cette route ». L’article étant intitulé « le Panama, un paradis pour trafiquants (**) ».

Le 1er janvier 2001, un bateau rapide de 32 pieds (10 mètres) avec 1 tonne de coke avait été intercepté à Colon, un deuxième le sera le 8 juillet : long cette fois de 63 pieds (19 mètres), il contenait 14 fûts de 55 galons (208 litres chacun) de cocaïne liquide (2912 litres !). L’Intaka, c’était son nom avait navigué de Carthagène, en Colombie en partance vers le Honduras. 4 jours avant, un autte navire, un petit cargo, le Fifita 500, avait été intercepté avec 1,8 tonne de cocaïne à bord. L’idée forte du paradis n’avait pas changé en 2013… De petits bateaux équipés de hors bords passant toujours le long des côtes, comme ici en décembre 2013 avec l’Elfamfre, repéré par le patrouilleur panaméen 306, alerté par un avion de surveillance, en décembre 2013 dans l’archipel de Las Perlas avec 132 kilos de coke à bord. des petits navires repérés par des avions de surveillance… américains : « le 30 novembre (2013), dans le cadre d’une mission de la Joint Inter -Agency Task Force-South (JIATF-S), un bureau de contrôle aérien et maritime qui regroupe1 200 agents fédéraux d’exploitation et possède 30 emplacements, air et mer, ainsi que 260 avions et 290 navires,   note l’article, un avion P- 3 TLR, affecté au Centre des opérations de sécurité nationale de l’air (NASOC – JAX) de Jacksonville, en Floride a localisé et poursuivi une cible de surface d’intérêt (STOI) sur environ 230 miles nautiques au sud-ouest de Panama City. La STOI a été localisé et suivi jusqu’à ce que l’équipe d’arraisonnement de la Marine des États-Unis est arrivé sur les lieux Le 2 Décembre, le FOII-S a confirmé la saisie de 1012 kilos de cocaïne à bord de la STOI ».

Peu d’avions, donc, dans le trafic, sauf 14 d’un coup : ceux saisis à l’Albrook Flight School lié au National Naval Air Service (SENAN).dont le directeur, Isaac Mosquera, se retrouve accusé le 28 mai 2011 d’être un trafiquant. Son école servait de paravent à tout un réseau : en plus de l’école de vol, également lié à cette affaire ont été saisis 17 véhicules, plus d’une douzaine d’avions sept armes à feu et certaines résidences » Javier Caraballo procureur anti-drogue du Panama affirmant que  » dans ce trafic de drogue de ce réseau international ont participé de manière directe certains des membres de la famille et des parents des élèves de l’école de pilotage ainsi que les citoyens mexicains et colombiens, même si elles n’ont pas connu de participation directe à l’école, ils l’ont été dans les faits « . Le réseau international de trafic de drogues utilisait l’école d’aviation situé dans Albrook comme couverture, écrit Panama America. Le 13 février 2013déjà, Wikileaks avait lié l’école aux Farcs, relayant un mail alarmant de la Stratfor. Mais un autre circuit d’avion va nous intéresser davantage. Celui qui aboutit à la gigantesque lessiveuse à blanchiment d’argent qu’est en fait le pays.

Pas d’avions à répertorier ? Et bien si, mais ce ne sont pas ceux que l’on a relevés dans les épisodes précédents. Ils sont tout autres en effet. Commençons d’abord par une visite bien anodine d’un petit jet privé en mai 2011. « L’avion immatriculé N-551MF qui est entré dans le pays la semaine dernière en provenance du Honduras avec 2,3 millions de dollars en espèces a bord a fait la même opération à trois reprises plus tôt, selon une source judiciaire citée hier . Selon la source, les occupants de l’avion avaient un contact qui était un employé dans le service des douanes du Panama, ce qui leur a permis d’amener de l’argent dans le pays dans des valises, livrées au Panama, puis plus tard pour sortir du pays. Le deuxième Procureur antidrogue du Panama a identifié certains des suspects comme étant les honduriens Alan Fonseca et Astrid Robles , et les colombiens Andrés Bejarano et Wilmer de Jesús Cárdenas. Les pilotes américains, Kenneth Lee Chonoski et Carl Jeremy Moody, ont essayé de se faire passer pour des représentants du gouvernement des États-Unis. L’identité de leur contact panaméen qui a travaillé à la douane n’a pas encore été révélé« . Étrange histoire : l’avion aurait donc ainsi véhiculé plus de 800 millions de dollars… en espèces, vers une banque… panaméenne, qui ne semblait pas non plus avoir été fort regardante sur sa provenance, donc. Mais ce n’est pas tout poursuit le journaliste : « l‘avion américain avec le numéro  N-551MF sur la queue est un Bombardier Learjet 55. Il appartient à Blakenergy Aviation Llc , 5629 Fm 1960 Rd W, Houston,Texas. J’ai appelé la compagnie et là première fois ils m’ont dit « aucun commentaire » et puis « tout le monde est parti déjeuner, rappelez plus tard  » c’est ce que j’ai fait. Environ une heure plus tard, j’ai parlé à quelqu’un de l’entreprise – pas David Blake – qui m’a expliqué qu’ils possédaient bien l’avion et il qu’il était bien sur leurs liste, , mais la personne à que j’ai parlé à dit ne pas savoir les détails opérationnels de ces vols ou des affrètements de l’entreprise (…) les deux pilotes américains qui ont été arrêtés – Kenneth Lee Chonoski et Carl Jeremy Moody – ne sont pas des employés de Blakenergy Aviation LLC, mais plutôt seulement les pilotes engagés pour piloter un avions affrété . C’est en quelque sorte comme une entreprise de location de voitures. Toute personne ayant un permis de conduire peut louer et conduire la voiture, et si elles le font quelque chose d’illégal avec cette voiture ce n’est alors pas nécessairement la faute de la société de location de voitures » .

OK, pourquoi pas. Mais une autre information vitale est apparue entre temps : un agent de la DEA aurait balancé l’affaire sur le dos des deux pilotes pour qu’on ne découvre pas la sienne, qui était en effet totalement… illégale, selon certains informateurs. La DEA était dans le coup ! C’était donc forcément un des passagers, l’agent qui portait les 2,3 millions de dollars dans ses bagages ! On n’y croît pas trop, pour autant, jusque l’affaire prenne de l’ampleur au point d’avoir un communiqué gêné d’Eric Holder, alors en pleine tourmente « Fast and Furious », un autre coup tordu (ou affaire « Gunwalking », or « letting guns walk », des armes de la police américaine -2000 exemplaires- retrouvées chez des trafiquants mexicains, soi-disant pour pouvoir mieux les « pister » selon l’administration US !). Holder se retrouvant obligé de faire une intervention au Sénat lors d’une audition houleuse. Les panaméens avaient il est vrai d’abord et assez vite rendu l’avion, mais en gardant les deux pilotes, laissés… libres, mais avec interdiction de quitter le pays ; ce n’est que 18 mois après qu’ils avaient pu le faire... « C’est peut-être vouloir dire aussi que trois passagers de l’avion demeurent emprisonnés, y compris l’agent informateur de la DEA qui a enfreint la loi et a été pris, mais qui a essayé de se sortir du pétrin en disant qu’il travaillait pour le gouvernement américain » note le sarcastique blog.chron.com. American Jet International avait réglé leurs salaires pendant leur détention. Ils avaient risqué 12 années de prison là-bas. Y avait-il donc un agent de la DEA impliqué dans l’affaire ? Les faits qui vont suivre vont avoir tendance à appuyer la forte présomption. Dans la guerre déclarée à la drogue, les agents de la DEA ont pris bien souvent des allures de militaires !

Eric Holder aurait donc dû en effet davantage regarder les avancées de l’enquête panaméenne. Car des agents de la DEA, il y en avait partout dans le pays. Parmi les personnes arrêtées, il y avait un promoteur de spectacles de « reggaeton », avait relevé la presse colombienne  : « la filiale panaméenne du promoteur possède des bureaux à Punta Pacifica, où ont également été saisis 180 000 dollars. Cette entreprise avait embauché plusieurs jets privés, qui devaient se rendre en Amérique Centrale et avait monté des spectacles au Panama et les organisaient, dans le genre de chanteurs de « reggaeton ». L’ organisation criminelle avait été détecté en février de cette année, suite à une alerte internationale. Samedi matin six policiers panaméens sont allés à l’avion directement moment de l’atterrissage au Panama, en provenance de l’aéroport de Toncontin au Honduras. Témoins de la nervosité des occupants, ils trouvaient les valises pleines d’argent dans un compartiment à bagages de l’avion » (selon La Critica). Le blog ajoutant son commentaire fort bien pesé sur le blanchiment par entreprise de spectacle interposée : « un des meilleurs moyens de blanchir de l’argent de la drogue est par le biais de sociétés écrans qui cherchent à générer honnêtement de grandes quantités d’argent (liquide). Un club de striptease, par exemple, qui ramasse (du liquide) à la porte. Comment peut faire un vérificateur ou un inspecteur pour savoir si il empoche 50 000 dollars sur un vendredi soir, ou plutôt 500 000 dollars ? Cela ressemble à un concert, ou à la promotion d’événements d’entreprise, qui feraient un grand pas vers le blanchiment d’argent. Nous avons eu un concert et c’était un grand succès – nous sommes arrivés à 500 000 dollars dans un spectacle. Sauf s’il y a quelqu’un comptant les têtes avec une calculatrice à la main, comment pourront-ils jamais savoir que le spectacle ait perdu de l’argent, et que la « recette » vient vraiment de là ou de l’argent de la drogue blanchie ? Quoi qu’il en soit, je suis sûr que les enquêteurs et détectives sont extirper tous les détails sur ce-cas là… » Peut-être que le procureur général des États-Unis (Attorney General) n’y connaîssait t rien en spectacles, ou encore moins au reggaeton ??? Qui sait ? Ou avait-il plutôt du mal à avouer que la DEA y jouait un jeu pervers ?

Ce même reggaeton avait pourtant déjà subi un choc en juillet 2011 avec le raid contre le temple de la musique, le quartier défavorisé de la Perla à Puerto Rico où cette musique était née. Puis en octobre avec l’arrestation d’un maître en la matière, en République Dominicaine voisine  : « considéré comme l’homme de Puerto Rico le plus important du trafiquant de stupéfiants, c’est un personnage clé dans l’une des plus grandes affaires de blanchiment d’argent de la République dominicaine qui vient d’être été condamné à la réclusion à perpétuité dans un établissement fédéral mercredi dernier. Le journal San Juan relate qu’ Angel Ayala Vazquez a été reconnu coupable en avril de complot en vue de distribuer des drogues, après avoir été accusé d’importation de cocaïne en provenance de Colombie et de lavoir ‘expédiée aux États-Unis, et de la vendre à Puerto Rico. Il avait été arrêté en Juin 2010, après une enquête d’une durée de sept ans. Considéré par certains une version moderne de Robin Hood, connu aussi comme « Angelo Millones,  » Ayala avait souvent promu des chanteurs de reggaeton et offert des concerts de Noël, ou lancé des projets de logements publics (…).  En fait, il avait arrosé pendant des années le genre musical et ses vedettes les plus connues. « Les membres du populaire groupe Wisin et Yandel ont été appelés comme témoins lors de son procès (parmi ceux qu’il avait promus, il y avait aussi eu tout une brochette d’artistes, dont Don Omar, Hector El Father, Gilberto Santa Rosa, Elvis Crespo, Aventure et Sean Paul : en 2009 déjà Don Omar et Wisin et Yandel – ici à droite- avaient déjà été traduits devant un tribunal fédéral de San Juan lors d’une enquête sur certains paiements en espèces reçus en chantant dans un concert de Noël en 2008. Les sommes se montaient à 12 000 et 16 500 dollars en espèces pour les artistes) 

L’homme chez qui on venait chanter était en effet devenu immensément riche, grâce à la cocaïne : « ses propriétés saisies à ce jour et ceux qui pourraient être confisqués à l’avenir pourraient se monter à 100,8 millions de dollars, selon les autorités, fabriqués à partir des relations d’Ayala pendnt une durée de 15 ans. Il avait été ramené en République Dominicaine où son associé , José Figueroa Agosto, alias « Junior Capsule » avait été au centre de la plus grande affaire de blanchiment d’argent de ce pays, avec huit personnes condamnées, condamnées pour certains jusqu’à 15 années de prison » avait expliqué Dominican Today le 26 octobre 2011. On avait calculé que pendant la période, dans le dans le domaine de Bayamón, dans le centre de l’île, il avait importé plus de 9 tonnes de cocaïne ! Et encore, on semblait être fort loin des comptes ! La drogue était acheminée par avion par avion des American Airlines, à New York ou à Orlando de 2000à 2006. Un témoin (plutôt accusé venu à charge) parmi les 65 appelés au procès, Torres Rodríguez expliquera que chaque semaine était envoyés deux à trois lots et que chaque voyage emportait entre 120 à 300 kilos de cocaïne.. « En un mois, ils pouvaient envoyer dans ce temps donné 5 000 kilos de cocaïne, » a-t-il dit ». Ayala avait arrosé partout… jusqu’aux Etats-Unis où ses largesses avaient attiré d’autres personnesParmi les individus prises dans la tourmente, Livan Hernandez, l’ancien lanceur de base-ball des Washington Nationals (de 2005 à 2006), qui avait vu son nom porté sur une Porsche, une Lamborghini et une salle de gym contenant un studio d’enregistrement, une échoppe de barbiere et un garage de réparations automobiles appartenant à Ayala. Avec son plein accord. Au procès, « on a montré qu’il existe des athlètes professionnels qui ont participé pour donner leurs noms, comme d’autres qui ne sont pas des athlètes professionnels », avait alors déclaré Pedro Janer , directeur adjoint à l’Agence fédérale Île de la lutte antidrogue (DEA). « Et aujourd’hui on va enquêter en profondeur, de façon beaucoup plus grande, qui portera sur les entités qui régissent le sport professionnel pour voir quelles sanctions administratives peuvent être prises à leur encontre « , a déclaré Janer, désireux d’en finir avec cette gangrène de l’attirance de l’argent issu de la drogue.. ; comme écho, en décembre 2011, un juge colombien, Joaquin Torres avait souhaité bannir le reggaeton pour apologie des drogues dans les chansons. Pour des sociologues, ce n’est qu’une sous-culture issue des quartiers les plus défavorisés… où la drogue est présente partout dans la vie quotidienne.

Le reggaeton, ces paroles obscènes, ses clichés sur les filles et les grosses voitures, et ces idoles, était déjà depuis plusieurs mois sinon plusieurs années dans le collimateur de la justice US en fait : en juillet 2012 alors que les deux pilotes américains étaient toujours prisonniers au Panama ; la presse évoquait une drôle de scène, vécue à Puerto-Rico cette fois encore : « trois étoiles Portoricaines de reggaeton ont été inquiétées par les États-Unis après leur participation récemment au mariage d’un trafiquant de drogue présumé en Colombie qui avait été présumé mort », a déclaré jeudi un fonctionnaire fédéral. Le Chanteur Arcangel et le duo Jowell & Randy étaient parmi les sept artistes portoricains présents au mariage que l’US Drug Enforcement veut interroger, a dit Pedro Janer, un agent spécial agissant en charge de la division des Caraïbes de la DEA. » Nous allons certainement examiner la question, a-t-il dit.  » Ce type était un trafiquant de drogue notoire. « Les artistes assistaient à la fête de mariage d’une semaine de Camilo Torres, qui est surnommé  » Fritanga » d’après un plat typique colombien de viande rôtie. Les autorités colombiennes ont débarqué dans la fête fin juin, quelques heures après le mariage et arrêtéTorres, qui avait selon Janer pris une nouvelle identité après que quelqu’un a déposé un faux certificat de décès pour lui en 2010. La fête avait eu lieu sur l’île de la côte de la Colombie de Mucara dans les Caraïbes, au large,avec des soirées à thème, des feux d’artifice et une jeune mariée en bikini ». La surprenante arrestation en plein mariage avait été fimée par la police, avec le bruit d’un hélicoptère tournant autour…

La fête du narco-trafiquant prétendu mort avait dit-on coûté 1,4 million de dollars. « La DEA veut savoir comment les artistes en question étaient arrivés-là, combien ils ont été payés et comment ils sont arrivés en Colombie, entre autres choses.  » Ce mec était un trafiquant important, et de trouver là sept gars de Puerto Rico, même si Ils affirment qu’ils travaillaient ou de faire le show, c’est très bien, mais ce n’est pas le lieu typique « , a déclaré Janer. Uka Green, un publiciste pour Arcangel et sa société de gestion, Pina Records, a déclaré que les agents de la DEA se sont invités à interroger toute personne qui a été à la noce ». Arcangel participera fin juillet à une émission de télévision où il tentera (fort maladroitement) de s’expliquer sur sa présence à la fête. Prudent, il avait amené Edwin Prado, son avocat. « Il a dit qu’aucun de ceux qui étaient présents qui connaissaient leur performance n’était au courant de leur financement. Pina Records a publié sa propre déclaration niant que quelqu’un travaillant pour Archangek avait identifié comme un agent de police des États-Unis, comme le prétendaient pourtant pendant le raid les médias colombiens. Un homme qui a répondu au téléphone pour Vallejo Enterprises, une société d’organisation de spectacles du duo de reggaeton Jowell & Randy, a refusé de commenter et dit qu’elle ne savait pas si quelqu’un voulait faire une déclaration. Janer dit qu’il pourrait demander à l’ IRS et au bureau du procureur des États-Unis de l’aide, Avec Département du Trésor de Puerto Rico , si la DEA décide d’enquêter pleinement sur le cas . Il est rare pour les chanteurs ou autres artistes d’être directement mis en cause pour des liens de trafic de drogue à puisque ce sont les promoteurs et les gestionnaires qui sont impliqués pour les négociations directes et signent les contrats , a précisé Janer. » La chose est , à quel moment ne l’artiste ou le gestionnaire de l’artiste se rendent pas compte que c’est de l’argent de la drogue et que les gens derrière elle sont les trafiquants de drogue ?  » je l’ai dit .  » C’est ce qu’ils prétendent, qu’ls ne savaient rien ». Mais que faisaient donc trois policiers de la DEA au mariage de « Fritanga » s’inquiète Wyss, chef du bureau américain du Miami Herald et des journaux McClatchy …intrigué par le genre d’intervention et au courant de l’affaire de la valise pleine d’argent. le 29 avril 2013, « Fritanga » était finalement extradé aux USA. La DEA avait suivi une bonne piste, semble-t-il, mais en s’y prenant très mal. Et en participant ouvertement à son blanchiment, exactement comme le FBI a fourni de faux explosifs à des terroristes pour mieux pouvoir les arrêter après !

Mais cela n’expliquait pas encore le passage au dessus du pays d’un autre avion….car au Panama, la guerre à la drogue en cache une autre, en fait. C’est ce que nous étudierons un peu plus tard plus en détail, avec une incroyable histoire encore ; si vous le vouez bien…

(*) L’argent de la vente d’armes à L’Arabie Saoudite, en 1994, dont les trois frégates Sawari II de classe La Fayette était géré par société française d’exportation de matériel militaire et aéronautique (SOFMA), société appartenant à l’État, qui reversait des commissions en général de 6,25 % : mais pour l’ Arabie Saoudite, le contrat d’un total de 3,2 milliards de francs le taux était monté à un incroyable 18 % de taux de versements en sous-main, trois fois plus. « Ce très beau marché est signé en 1994 par l’Etat français à travers son office, la Société française d’exportation de matériels avancés (Sofresa). Il porte sur près de 20 milliards de francs à l’origine, 28 milliards avec la troisième frégate. Fait exceptionnel, deux ans après la signature, la France va secrètement revoir l’architecture du contrat sur un point essentiel : les commissions, qui à l’origine s’élèvent à 18 %, y compris la rémunération de la Sofresa (1 % pour les frais de fonctionnement), soit un montant de 5 milliards de francs » raconte Libération. Dont deux 2% destinés directement au prince Sultan Ibn Abdulaziz, ministre de la Défense du pays, et 1% pour le prince Fahd, (le chef de la marine saoudienne) ! Tout avait transité par deux sociétés, Pilny et Chesterfield, immatriculées au Panama. Parmi les intermédiaires, on trouvait outre François Léotard, Nicolas Bazire, directeur du cabinet du premier ministre Edouard Balladur et grand ami de Nicolas Sarkozy et Thierry Gaubert, dont on retrouvera la trace plus tard en Colombie… avec une étrange et grande villa régulièrement visitée par des gens comme Olivier Dassault, venu en Falcon 10 F-GTOD. «  Quand Chirac devient président de la République en 1995, il demande à son Ministre de la Défense, Charles Millon, d’enquêter sur les rétro-commissions qui ont lieu dans le cadre des ventes d’armes. Ils sont convaincus que des rétro-commissions ont eu lieu dans le cadre de ces contrats. Dans le contrat Sawari II, le montant des commissions, légales jusqu’en 2000 s’élève à 18%. Quant aux rétro-commissions, destinées à alimenter la campagne de Balladur, elles atteignent 87 millions d’euros selon Médiapart » précise Marianne…. une campagne gérée par… Nicolas Sarkozy !

(**) http://www.panama-guide.com/index.p…

Laura Chinchilla aurait-elle compris le jeu malsain qui existe depuis plus de 50 ans dans la région avec une CIA omniprésente qui vit du trafic, en renvoyant en terre d’origine en quelque sorte le butin amassé ?

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Coke en stock (LXVIII) : le Costa Rica et le chargement mystère

 Car rien n’est résolu en fait, et le pays est devenu en dix années (sinon en trente si l’on compte qu’il a toujours servi de repli aux plus gros trafiquants qui y faisaient construire leurs immenses villas) l’annexe de deux gros états narco-trafiquants, leur base arrière ou leur nouveau terrain de jeux, dont on connaît les ravages meurtriers, au Mexique notamment : « les dépenses de la sécurité intérieure au Costa Rica sont en augmentation en réponse aux cartels, en hausse de plus de 120 pour cent depuis 2006. Pourtant, le pays se caractérise toujours par les initiés comme « un point de départ « pour les deux mafias les plus importantes sur le continent :. Les Colombiens et les Mexicains ». Cela ne devrait pas surprendre personne. Retour en 1985, le fondateur du Cartel de Guadalajara, Rafael Caro Quintero (ici ses propriétés), vient d’être capturé par la DEA dans son manoir près de l’aéroport international du Costa Rica. La présence de cartels de la drogue au Costa Rica est un problème vieux de plus de trois décennies, et pourtant il a été relativement rarement et sporadiquemet attiré l’attention des médias. Sans armée de l’air, les violations territoriales air par les cartels sont monnaie courante. Les avions peuvent transiter l’espace aérien du Costa Rica avec toute impunité. L’Institut de drogue du Costa Rica a quintuplé le nombre de cas de trafic de drogue au cours de la dernière décennie. Près de 30 ressortissants mexicains sont en prison au Costa Rica (…) Ce n’est pas seulement la cocaïne et de la marijuana en plus. Il y a maintenant l’ecstasy, et des armes lourdes (y compris des lance-roquettes), des héliports, des laboratoires de transformation de cocaïne, etc »… En 2010, 128 tonnes de cocaïne ont été transportées sur la terre à travers le pays, presque autant qu’au Nicaragua (140 tonnes) et beaucoup plus qu’au Panama (80 tonnes), Belize (10 tonnes ), ou au Salvador (seulement 5 tonnes). Les drogues se cachent à l’intérieur de tous les types de matériaux en transit entre les pays, y compris des blocs de marbre, des requins congelés (même Sea Sheperd a pu le constater !), et des camions-citernes de produits chimiques. » Voire des sous-marins (ou semi-submersibles) sur les côtes, tel celui-ci arraisonné à Puntarenas le 17 septembre 2008.

Le problème étant l’inconséquence de certains états, tels le Mexique : c’est ainsi par exemple que le fameux Raphael Quintero arrêté en 1985 condamné au Mexique à 40 ans de prison en 1989 a été libéré en 2013 en raison d’une « erreur technique » (?) … et s’est retrouvé à nouveau aussitôt fiché comme recherché par Interpol : ce qui a eu le don d’exacerer la DEA américaine, toujours convaincue, témoignages à l’appui que c’est bien lui l’assassin de son agent « Kki » Camarena après une séance de tortures. La CIA se chargerait sur le long terme de favoriser ses anciens amis ??? « Quintero qui aurait de se cellule continué à faire fructifier son empire immobilier. En octobre, le département du Trésor américain a annoncé qu’il a étendu ses sanctions »contre l’empire financier de Caro Quintero à inclure 20 entités et un associé individuels avec les entreprises en cheville avec. « En prison, Caro Quintero a continué son alliance avec les organisations de trafic de drogue mexicains et utilisé un réseau de membres de la famille et des personnes avant d’investir dans sa fortune illicite, ostensiblement dans des entreprises légitimes, et des projets immobiliers dans la ville mexicaine de Guadalajara », le Département du Trésor des États-Unis a affrimé dans son annonce le 31 octobre. Les sanctions des États-Unis »interdisent à quiconque de faire des affaires avec les entreprises associées avec Caro Quintero, celles que le ministère du Trésor des États-Unis a identifié dans sa liste de désignation ». Il n’empêche : comment a-t-on pu faire pour le remettre en liberté ? C’est au niveau des Etats que ça se joue, à ce stade, chez ce genre de trafiquants !!! La preuve en étant un courrier, adressé au Président de la République mexicaine et signé de Quintero lui « conseillant » de ne pas chercher à le retrouver…
Et la plaie est grande, en effet. Aucun endroit n’échappe plus à la dissimulation de drogue, même pas les parcs nationaux, note le Costa Rican Times : « Avec un tel manque de surveillance, il est plus facile pour les bateaux entrant à marée haute dans la mangrove de King Beach, dans le Parc National Manuel Antonio, dans l’Aguirre, à Puntarenas, pour cacher de la drogue, ou des bateaux pour y faire le plein. Ses actions sont présentes dans une section de 11 km de plage entre l’embouchure de la rivière Naranjo et autres rivières qui forment Savegre et Portalón. Carlos Martinez, chef des forces de sécurité d’Ahmed, a déclaré dans une tournée des plages de King Beach, le mercredi 4 juillet 2012, a détectés sept sites où ont été amarré des bateaux. Il a dit également trouvé des bidons en plastique, recouvert de traces de colle et un tube noyé dans le sable pour économiser l’eau. Pour Martinez, Ce site était un camp de trafic de drogue. King Beach a une superficie de 1294 hectares et fait partie de Manuel Antonio depuis 2000″.
« C’en est fini du paradis Costaricain » (à gauche la paradisiaque Santa Elena) note un journal conservateur US : « à la mi-2013, un quotidien national rapportait la relation claire entre la drogue et l’augmentation des taux d’homicides (soit le double de celui des Etats-Unis) et d’autres crimes violents. Un rapport 2013 du Département d’État des États-Unis a également noté la faiblesse de la lutte contre les cartels de la drogue au Costa Rica de la part de ses forces de sécurité. Le Cartel de Sinaloa au Mexique a une présence bien établie dans le pays, comme le font le Cartel du Golfe, la Familia Michoacana, et les Zetas. Le tourisme international du Costa Rica nourrit aussi l’industrie de la drogue en plein essor en raison du « tourisme de la drogue » venu de l’Amérique du Nord ou d’origine européenne. Les États-Unis maintenant patrouillent les cieux et les eaux du Costa Rica, tout en offrant également des millions de dollars dans la formation et l’équipement, pour tenter de répondre à l’influence croissante des Cartels. La population carcérale a augmenté de plus de 50 pour cent depuis 2006, et le taux d’incarcération au Costa Rica est juste derrière ceux du Salvador et du Panama en Amérique centrale »L’auteur chiffrant les revenus de la drogue à 4.5 milliards de dollars, soit 20% du PIB du pays. On peut raisonnablemet parler d’échec gouvernemental à ce stade : celui aussi de la présidente Laura Chinchilla. On notera au passage l’intérêt pour les USA de « placer » des formations pour policier, dans lesquelles excellent des sociétés privées contractantes du Pentagone : on songe à Xe, ex Blackwater, devenue « Academi » à l’entreprise de l’infâme Bernard Kerrick sponsorisée jusqu’au bout par G.W.Bush. Tant qu’il y a du gâteau à partager… Academi serait présent aujourd’hui en... Ukraine, via sa filiale Greystone Limited.
Le pays serait-il à la dérive ? Un événement troublant le laisse penser en effet :« Il y a même des connexions entre la présidente du Costa Rica Laura Chinchilla et les trafiquants de drogue potentiels  » note un auteur qui se risque à une constatation provenant d’une bien trouble affaire, en effet. Un scandale véritable en fait, qui coûtera son poste à Mauricio Boraschi, à la tête du service de sécurité présidentiel (et aussi de la lutte antidrogue !), au ministre des Communications, Francisco Chacon et à l’aide personnelle de la présidente, Irene Pacheco, tous démissionnés comme fusibles, visiblement. En mars 2013, pour se rendre aux funérailles au d’Hugo Chavez, la présidente du Costa-Rica monte à bord d’un jet privé, en compagnie de son mari et du ministre des affaires étrangères Anabel Gonzalez. Coût du vol : 60 000 dollars. Elle réutilise le même appareil quelque temps plus tard pour une escapade privée au Pérou cette fois, pour se joindre au mariage du Vice Président Luis Liberman (elle aura le lendemain un entretien avec le président Ollanta Humala). Or le jet privé immatriculé N93CW, un Cessna 525B Citation CJ3 affrêté par THX Energy (dirigé par Carlos Arturo Espinos, aux capitaux canadiens) mais appartient de fait à Gabriel Morales Fallon, venu déguisé sous le nom de « Gabriel O’Falan » comme propriétaire, qui est suspecté d’avoir des liens avec le trafiquant de drogue Luis Carlos Ramirez, alias « Chupeta, » arrêté au Brésil en 2008. Chinchilla renverra vite l’accusation, en affirmant qu’effectivement elle ne savait rien de la provenance de l’appareil, loué pour l’occasion. Un avion qui avait ses habitudes, ayant volé à 26 reprises auparavant vers Fort Lauderdale, la Republique Dominicaine, le Nicaragua, et la Colombie, qui avait gardé à la FFA comme nom de propriétaire Thorneoloe, la firme à l’origine de THX Energy !
On en restera là… jusqu’à ce que des journalistes plus curieux remontent un peu plus l’écheveau. Ainsi le site qui découvre avec effarement que derrière l’appareil se dissimule une vieille histoire, qui a déjà coûté la vie à un journaliste, retrouvé « suicidé » : Gary Webb, celui qui avait osé le premier posé le pied sur le nid de frelons des relations cocaïne-CIA en amérique centrale. Selon Webb, en effet l’un des membres de la firme de pétrole canadienne THX Energy, David Scott Weekly, était à la fois un membre de la CIA et un trafiquant de cocaïne surnommé…“Dr. Death.” Selon Webb toujours, Weekly était l’homme-clé du réseau de Danilo Blandon installé en Californie du Sud pour supporter les Contras. Weekly pour cela était en cheville directe avec Eugene Hasenfus ; dont l’avion (un C-123 Provider) avait été abattu au dessus du Nicaragua. Voilà qui sentait fort le souffre, comme liaisons douteuses, une impression confirmée de bien étrange manière encore, avec une photo prise subrepticement au Daniel Oduber Quiros International Airport dans la province du nord de Guanacaste. L’arrivée surprise d’un drôle d’avion à cet endroit, en effet ; un énorme C-17 siglé AMC (de l’Air Mobility Command, donc) numéroté 77178 (le « Spirit of Delaware »), le dernier de la production, mis en service en 2008, dans l’armée américaine, venu tout spécialement de Dover chercher le 27 juillet 2013 pas moins de 23,7 tonnes de cocaine destinées à être « détruites » à Miami, en Floride. Autrefois appelée la “Capitale de la Cocaine dans le Monde« , rappelle Hopsicker qui en rate rarement une ! Le 3 mai précédent, Barack Obama avait eu un entretien avec Chinchilla, il faut le rappeler : y avait-on évoqué la venue du gros porteur de l’AMC ? On peut raisonnablement le penser. Il y en avait pour 1,65 milliard de dollars à la revente (au prix moyen de 70 euros le gramme) ! Le Costa-Rica, officiellement n’ayant pas d’incinérateur assez grand pour supprimer deux années de saisies de cocaïne. Drôle d’excuse ! Ou plutôt en avait un, mais qui était hors service, et celui d’une cimenterie de Cartago n’avait pas réussi à détruire le lot. Ceci pour la raison officielle donnée à cet étrange transfert : même dans d’autres pays, confronté au même casse-tête, on ne déploie pas un gros porteur pour ça : on met les sacs par terre, on arrose d’essence et on met le feu. Et tout brûle à l’air libre : pas besoin d’incinérateur spécial pour ça (en photo, 23 tonnes brûlées ainsi au Mexique) !!! Au Panama, le 24 avril dernier on a ainsi détruit 8 tonnes de drogue, en majorité de la cocaïne : et le Costa-Rica n’aurait pas su le faire pour 24 ??? Pourquoi donc cet avion et ce transfert ? Le hic, en effet, c’est que les deux magistrats en charge du sort de la cocaïne saisie dans le pays n’avaient pas été informés de l’arrivée du gros porteur américain (décidée le 4 mai ?)… parmi les deux, Carlos Chinchilla, le président du Criminal Affairs Committee of the Supreme Court au Costa Rica !  Bizarrement, l’avion américain ne repartira pas directement en Floride, mais volera jusqu’ au Nicaragua puis au Honduras avec toute sa cocaïne encore à bord… (pour y faire quoi, c’est bien tout le problème de ces deux détours !).
Laura Chinchilla, dépassée par l’ampleur du trafic a ostensiblement souhaité l’aide américaine, dit le Huffington Post sous la plume de Nikolas Kozloff, auteur de « Hugo Chavez : Oil, Politics and the Challenge to the U.S ». (Palgrave Macmillan, 2007), dans un remarquable article : « dépassé, le gouvernement Chinchilla s’est tourné vers l’administration Obama pour qu’il finance des opérations de la Garde Côtes, donne des bateaux d’interception et offre de la formation à la police et des engins spéciaux comme des lunettes de vision de nuit . En outre, les américains ont payé la formation la police du Costa Rica avec les autres forces d’opérations spéciales de l’Amérique latine, et un exercie annuel Dirigé par l’US Southern Command ». Bref, qu’il mène une guerre à la drogue… dont la présidente ne semble plus persuadée aujourd’hui. Elle l’avait certes souhaitée, au départ, mais constate aujourd’hui que ça mène au pire : « malgré une telle collaboration, la NSA pourrait suspecter Chinchilla de vouloir changer son soutien à la répression draconienne de Washington sur le trafic de drogue, et pourrait aussi croire que de garder un œil sur le chef du Costa Rica était aussi politiquement opportun. Récemment, de nombreux gouvernements latino-américains ont exprimé leur frustration avec la stratégie militaire de l’administration Obama, et le Costa Rica ne fait pas exception. En effet , Chinchilla a déclaré que la légalisation de la drogue en Amérique centrale mérite un débat « sérieux » , même si cela va contre la l’opposition des États-Unis.  » Si nous continuons à faire ce que nous avons alors que les résultats sont pires aujourd’hui qu’il y a 10 ans et nous pourrions nous retrouver n’importe où comme le Mexique ou la Colombie, a-t-elle dit . Cela, ajoute Chinchilla, même si l’administration d’Obama veut continuer la guerre contre la drogue ; « les gens d’Amérique centrale ont le droit d’en discuter  » Parce que « nous payons un prix très élevé.  » L’auteur décrivant derrière « l’opportunité » américaine un désir surtout… de mieux espionner un voisin encombrant. L’encombrant Vénézuela, pour ne pas le citer, via l’intermédiaire du Panama qui fait tampon et admet tout les survols lui aussi. « En plus de combattre la guerre contre la drogue en Amérique latine, la NSA a un agenda politique plus large, dans la région. Comme je l’ai expliqué dans un article récent, l’agence d’espionnage des États-Unis a mené l’espionnage de haut niveau sur le Venezuela, y compris le catalogage des appels téléphoniques et l’accès à l’Internet. Selon les rapports, la NSA a recueilli des informations sur tout, des achats militaires vénézuéliens à l’industrie pétrolière de la nation sud-américaine. Irrité par les informations , le président vénézuélien Nicolas Maduro a dit que les Etats-Unis ont  » créé un système mauvais, à moitié orwellien, qui a l’intention de surveiller les communications du monde ».
 Laura Chinchilla aurait-elle ainsi négocié quelque chose avec les américains (une moindre pression de la NSA ?), en transférant chez eux les prises de deux années de cocaïne ? A-t-elle eu envie d’abandonner cette fameuse guerre à la drogue qui en serait en fait une autre  ? Aurait-elle compris le jeu malsain qui existe depuis plus de 50 ans dans la région avec une CIA omniprésente qui vit du trafic, en renvoyant en terre d’origine en quelque sorte le butin amassé ? Qu’il serait temps pour elle de penser le problème autrement, comme le suggérait hier encore Ian Birrell dans The Independent, à propos notamment du haschich ? Ecrivant que « plus d’un milliard de dollars ont été gaspillés par une réponse punitive à une volonté de prendre de planer »… ??? Rappelant que la Colombie, l’Equateur, le Guatemala, le Mexique et l’Uruguay le souhaitent. « Ce dernier sera le premier pays à légaliser le cannabis », remarque Birrell. Ce sont pourtant parmi les pays les plus endommagés par les drogues, alors que les gangs ennemis se battent sur les bénéfices provenant de la cocaïne et de l’héroïne et son transport en Amérique du Nord et en Europe. Ce commerce cancéreux se dirige maintenant à travers l’Afrique de l’Ouest également ; c’était l’une des raisons de l’effondrement récent du Mali, comme elle a favorisé la corruption et financé les militants islamistes, lorsqu’on regarde clairement la façon dont cette guerre contre la drogue se retourne sur le développement« . La « guerre à la drogue est un échec patent. Il serait temps de voir le problème autrement, commencent à penser d’autres chefs d’états que celui de la Bolivie… favorable à la libéralisation et à la dépénalisation.
L’incinération des 23,7 tonnes de cocaïne aurait eu lieu le 29 juillet et aurait duré 5 heures d’affilée, selon les américains qui n’en montreront aucune image. Le journal Costa Rica Star révélera qu’aucune autorisation officielle de survol du territoire costaricain n’avait été accordé pour ce vol ! Un transfert express de près de 24 tonnes de coke dont on ne sait donc quasiment rien de ce qui lui est effectivement advenu une fois rapatrié en Floride ! Quel accord secret passé entre Barack Obama et Laura Chinchilla a pu aboutir à ce très, très étrange transfert ???
Demain, ou après-demain, nous nous rendrons au Panama, où d’autres problèmes sont apparus. Le pays vient tout juste de changer de président… en choisissant un conservateur, Carlos Varela. Pas sûr qu’il trouve la solution, lui aussi, pour son pays, devenu le pays-phare du blanchiment d’argent… sous tous ses prédécesseurs.
(*) « En vue de l’assemblée générale des Nations unies sur le problème de la drogue en 2016, les experts de la LSE appellent de leurs voeux un changement radical de paradigme : accepter que la « stratégie d’un monde sans drogue a échoué » et qu’il est impossible « d’éradiquer » purement et simplement sa consommation. « C’est un grand pas de fait », selon Pierre Kopp, professeur à Paris I et à la Paris School of Economics : « Enfin, les États-Unis (chantres du prohibitionnisme, NDLR) ont compris que leur croisade contre la drogue n’a pas fonctionné. »

Finie, la stratégie « taille unique » de répression portée par Washington. Désormais les experts plaident pour une réponse « coordonnée et multilatérale ». « Il sera désormais beaucoup plus facile d’agir avec des politiques adaptées, conscientes des différences régionales, plutôt que d’appliquer une même politique globalisante », commente Pierre Kopp.

Une politique qui a largement fait les preuves de son inefficience, n’étant pas parvenue à freiner le marché des narcotrafics, qui génèrent encore annuellement environ 300 milliards de dollars de chiffre d’affaires (2e commerce derrière celui des armes, NDLR). Et ce, malgré les sommes colossales englouties dans la répression et dans la lutte contre les cartels : à eux seuls, les États-Unis dépenseraient plus de 50 milliards de dollars (budget du gouvernement central et des États) chaque année. En France, on parle de plusieurs centaines de millions d’euros ». 

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxviii-le-costa-rica-151384

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Coke en stock (LXVII) : le Costa Rica sur la (très) mauvaise pente

Notre étude des flux de cocaïne trouve en Amérique Centrale un terrain d’études intéressant à plus d’un titre. Nous nous arrêterons quelques épisodes à cet endroit, une zone de passage obligatoire des champs de production vers les consommateurs. Parmi ces pays, le Costa-Rica, repris en mains en 2010 par une femme, Laura Chinchilla, qui a promis durant sa campagne électorale de s’attaquer au problème. Vaste programme, étant donné que le pays est… dépourvu d’armée, et que sa police a besoin de formation, ce que s’est empressé de lui fournir les Etats-Unis, ravis d’y voir un moyen d’influer sur sa politique. Comme on va le voir sur deux épisodes, la présidente va vite déchanter… après une période de répression intense, marquée par un rappel historique compromettant, celui de la création d’un bon nombre de terrains d’atterrissages clandestins par les américains eux-mêmes, pendant la période des Contras, sous l’ère Reagan. Un rappel plutôt douloureux…

C’est comme d’habitude un crash d’apparence anodine révélé par la presse qui révèle l’ampleur du trafic dans le pays. « Le 10 Octobre 2010, un petit avion Piper Navajo (en fait un Piper PA-28-180 Cherokee Arrow monomoteur, immatriculé TG-CEB) s’est écrasé dans une rivière peu après le décollage de l’aéroport de Tobian Bolaños, situé juste à l’extérieur de la capitale du Costa Rica, San Jose. Bien que la mort de l’un des deux passagers à bord était à noter, l’information la plus importante était la cause de l’accident : les ailes de l’avion étaient trop lourdes en raison de l’excès de poids (nota : l’avion contenait 177 kilos de drogue, de la cocaïne, dissimulée dans ses ailes). « L’accident a été rien de plus qu’une note d’ailleurs, dans la guerre sans fin contre la drogue. Au Costa Rica, cependant, il a fait les manchettes des journaux. La découverte de l’avion – et son contenu de substances illicites – avait en effet beaucoup plus personnifié la transition dans la nature du rôle du Costa Rica sur le marché du trafic de drogue sur le continent américain ». Ce jour-là, on venait de découvrir un trafic qui durait depuis au moins les années 2000. Car en une dizaine d’années tout avait changé : le pays alors épargné par le trafic était devenu l’annexe à la fois de la Colombie et du Mexique. Selon certains, le Mexique avait en effet depuis « colonisé » le Costa-Rica, question drogue. Sur place, les deux pilotes s’appelaient Otto Monzon del Cid qui a perdu une jambe dans l’accident et Maximo Ramirez Cotton, l’homme décédé, un troisième étant vite retrouvé : Ruben Martinez, originaire du Chiapas, condamné lui aussi depuis à 20 ans pour trafic de drogue. Le premier nommé étant l’employé du troisième. En fait ; l’organisateur du réseau qui durait depuis des années. En cherchant dans le hangar de l’avion, les enquêteurs avaient trouvé les outils pour modifier les ailes et tout un nécessaire pour préparer les sachets de drogue, et dans la maison de Martinez, les produits chimiques pour préparer la cocaïne à partir de la base. L’appareil aux ailes alourdies avait heurté des lignes téléphoniques en bout de piste pour aller s’écraser dans le fleuve à proximité. Les costa-ricains découvraient avec lui l’ampleur d’un trafic qui n’était pas totalement insoupçonné, à vrai dire, tant de nombreuses alertes ces dix dernières années l’avaient fait entrevoir.

Un autre personnage retrouvé par un journal d’investigation ajoute en effet du poids à cette tendance lourde : un ancien politicien véreux, condamné lu aussi pour trafic de drogues et devenu depuis… avocat des trafiquants : « Leonel Villalobos boit un jus d’orange, regarde son téléphone portable et salue les voisins à chaque fois qu’il passe par la cafétéria à quelques pâtés de maisons de chez lui. Il a la même attitude amicale que celle qui lui a permis son ascension fulgurante en tant que politicien. C’ est un ancien membre du Congrès, un ancien vice-ministre de la sécurité, un ancien secrétaire du Parti de la libération national , et un ancien candidat à la présidence. Cette occasion a été perdue il ya 16 ans quand ont la trouvé avec 1,5 kilos de cocaïne dans une maison au nord de la capitale. J’étais avec une femme avec qui j’ai prévu d’envoyer plus de 30 kilos de drogue aux États-Unis. J’étais tombé dans un piège tendu par la police en septembre. J’ai été accusé de collaboration avec l’homme d’affaires Ricardo Alem (ici à droite), qui est aujourd’hui dans une prison de Miami, et avec qui j’ai organisé un réseau de trafic de drogue entre la Colombie, le Panama et le Costa Rica. J’ai été condamné à 12 ans pour trafic de drogue (…) Une fois que j’étais libre , je suis devenu « l’avocat des narcos . » La majorité de ses clients sont des Costariciens , suivi par les Mexicains et les Colombiens. » Quand je suis allé en prison, j’ai obtenu un diplôme en droit. Quand je suis sorti , je suis devenu avocat. Je suis spécialisé dans la défense de tous ceux qui sont prisonniers « , ajoute l’avocat d’une voix dramatique ». En réalité, il savait très bien à qui il avait à faire avec Ricardo Alem : en 1990 … ce dernier avait été condamné à 15 ans pour blanchiment d’argent, quand la police américaine avait trouvé 760 000 dollars dans une valise de son partenaire en affaires, mais la décision avait été annulée. Il avait été ensuite à nouveau arrêté à l’hôtel Holiday Inn à Miami le 5 avril 1995 pour trafic de drogue et condamné à 13 ans de prison pour avoir dissimulé de la cocaïne dans des sacs de café. Ayant fini sa peine dès 2007 ; il était à nouveau arrêté le 9 août 2008 au Costa Rica pour avoir fait passer de la cocaïne en Europe et au Guatemala. Il avait fini la totalité de sa peine huit mois auparavant seulement ! En 2010, Il est condamné par le tribunal de Goicoechea à la peine maximale de 20 ans pour crime de trafic international de drogue. Une peine promise par la nouvelle présidente du pays : Laura Chinchilla, élue le 7 février 2010 sur un programme très conservateur alors qu’elle se prétendait « démocrate » : elle avait fait campagne entre autres contre le trafic de drogue qui ronge le pays et promis « ving ans » ferme à tous les trafiquants épinglés.

Aurait-elle réussi son pari ? La presse fait cas pourtant d’un autre avion trois années plus tard. Le 16 décembre 2013, un autre avion notable est saisi à son atterrissage par la police du pays. L’appareil était suivi depuis son décollage. C’est un bimoteur d’affaires, dont les pilotes sont guatémaltèques, l’avion provenant de Cali, en Colombie. Un homme âgé de 51 ans et son fils en sont les pilotes. A bord, il y a environ une tonne de cocaïne, répartie dans 51 sachets de plastique noir empaquetés pesant chacun 23 kilos. Selon les renseignements le jet appartiendrait à une chaîne de magasins connue au Guatémala. Interrogé, l’homme d’affaires guatémaltèque propriétaire concerné, Javier Hernández Ramos (qui se dit par ailleurs très pieux !) affirme aussitôt qu’il louait effectivement l’avion pour une période de cinq ans à une société domiciliée au Panama. Il dira à plusieurs reprises dans les médias de son pays qu’il ne connaissait pas ce que faisait l’avion et ne voyageait plus avec lui depuis l’année dernière.

Voilà qui n’était pas sans rappeler ce qu’on a appris du fameux jet du lunettier français Alain Afflelou, en République dominicaine, qui lui aussi avait recours à une société de location (SN-THS ), qui a fait faillite depuis, ses deux pilotes connaissant actuellement les déboires qu’on leur connaît, se disant ne pas avoir été mis au courant du contenu des valises qu’on amenées jusqu’en cabine (il y en avait plein l’avion !). Amenées par deux personnes, à savoir Alain Castany, et son homme de main Nicolas Pisapia, qu’ils affirment par ailleurs ne pas connaître plus que cela, n’ayant été que des employés d’une entreprise de location de jets qui depuis a disparu… (d’où leurs problèmes actuels : j’ai écrit un article à ce sujet – « Coke en stock (LXIV)« – depuis passé aux oubliettes, l’enquête étant alors toujours en cours !). Un trafic suivi depuis plusieurs mois avait noté Le Parisien : « à des milliers de kilomètres de Punta Cana, plus près de chez nous, d’autres enquêteurs s’intéressent de près à ces « VIP de la coke ». Depuis le mois de janvier, un juge d’instruction de Draguignan (Var) mène des investigations sur un curieux jet privé et ses non moins étonnants passagers qui ont été aperçus à plusieurs reprises sur le petit aéroport de la Môle-Saint-Tropez, avec les soutes remplies d’énigmatiques valises. Des deux côtés de l’Atlantique, les trafiquants au Falcon étaient donc suivis de près. » Un douanier (récemment libéré mais mis en examen) étant aussi de la partie, paraît-il (il crie depuis son innocence). Un trafic direct entre Saint-Domingue et les plages de St-Tropez ou la faune de ses boîtes de nuit, souvent parisienne : « l’aéroport de La Môle aurait vu se poser ce Falcon 50 ( F-GXMC,), « cinq ou six fois en 2012 », apparemment pour des vols intérieurs » précise le 26 mars Var-Matin… un troisième larron, Franck Colin, étant interrogé depuis par la juge d’instruction Christine Saunier-Ruellan chargée de l’affaire : « le mis en examen affirme avoir été approché par un potentiel investisseur – un Russe rencontré à Saint-Tropez en 2012 – ui souhaitait organiser un vol, pour ses propres affaires, entre la France et l’Amérique du Sud. Colin assure avoir présenté cet homme qu’il « connaît peu » à « son » pilote Alain Castany. Ce dernier aurait alors organisé le vol ». Voilà la mafia russe qui entre en scène !

Au Costa Rica, en revanche Laura Chinchilla a-t-elle tenu ses promesses électorales de lutte contre la drogue ? On serait tenté de le croire, à voir les derniers mois de l’année 2013 toute une série d’arrestations de trafiquants et la mise à jour d’une énorme organisation purement costaricaine de trafic de cocaïne. L’avion du Costa Rica s’était posé lui sur un terrain d’atterrissage privé à Limon, sur la côte caraïbe. Ce jour-là, les autorités du pays semblent avoir mis la main sur le sommet de l’iceberg qu’ils cherchaient, un peu comme les juges français, car depuis plusieurs mois il manquait un élément à leurs différentes captures de trafiquants et surtout de matériels et d’une véritable et lourde infrastructure. Selon le Costa Rica News (NETC), le 8 octobre 2013, dans une zone de jungle près de la frontière avec le Nicaragua, la police avait ainsi trouvé un camp de base de trafiquants disposant d’un héliport, d’un véhicule tout-terrain et des armes, dont 17 fusils AK-47, un lance-roquettes, trois fusils M – 16, divers chargeurs, et plus de 1000 cartouches de munitions. Le 3 novembre qui suivait, dans la région montagneuse de Pococí Asturies, toujours dans la province de Limón, c’est un deuxième camp de trafiquants qui est déniché, où l’on avait retrouvé 48 000 dollars en espèces, cinq fusils AK-47, un revolver, un pistolet, et deux passeports honduriens : la police y avait arrêté le lendemain deux suspects : un pilote d’hélicoptère colombien nommé Ramirez Sanchez, et un au Costaricain nommé Vega Jiménez. L’endroit investi en décembre au Limón, était carrément une ferme de 300 acres avec trois héliports, et des réserves de carburant mais aussi des bidons contenant des résidus de produits chimiques tels que l’acide acétique, utilisé pour traiter la cocaïne. Les différents lieux visités par la police étant Tortuguero, Limón, Parismina, Guácimo et San Rafael de Siquirres où avait été arrêté Marín Navarro, alais “Pellejo”, soupçonné d’être le responsable du tratic. L’usage de nombreux hélicoptères et la découverte d’aussi nombreux hélipads montre à l’évidence que les autorités avaient affaire à une grande organisation mafieuse, très sctructurée. Que le pouvoir en place n’aurait donc pas su juguler.

Des trafiquants déployant effectivement de gros moyens, c’est le moins que l’on puisse dire. L’avion saisi sur l’aérodrome privé de Pandore, dans la Vallée de la Estrella, est en effet un superbe Beechcraft King Air F-90 daté de 1980 immatruculé TG-HOS, très bien entretenu, valant encore 1,2 million de dollars sur le marché. « La police a déterminé qu’il avait décollé de La Aurora, au Guatemala, a destination de Libéria , à une vitesse moyenne de 240 noeuds , avec au moins quatre passagers, puis après plusieurs minutes, il a pris la direction de Cali , en Colombie, où chargé la cocaïne sans passagers. Puis il s’est envolé vers Juan Santamaría, qui était sa destination ; mais il a fait entretemps une escale dans la Vallée de la Estrella , qui n’était pas dans le plan de vol et apparemment n’a pas été signalé. Il a disparu de l’écran radar quelques minutes ». On découvrira aussi que le pilote était un ancien de l’armée guatémaltèque : selon un proche de l’enquête, le pilote était le capitaine Barrientos Cruz, pilote de 737 et de DC-3 (un ancien avion militaire), sans doute de la Force Aérienne du Guatemala, son lieu d’origine. L’homme affiche plus de 12 000 heures de vol dans son dossier et quatre atterrissages à Tobias Bolaños le second aéroport de la capitale du Costa-Rica, entre 2012 et 2013. Tandis que son fils, également pilote, venait de faire ses premières heures de vol solo. En attendant leur procès, la Cour pénale de Limón leur impose illico trois mois de détention préventive, et ils se retrouvent accusés du crime de trafic international de drogue, risquant désormais 20 ans de détention eux aussi. Au final, le Beechcraft en très bon état est récupéré au Juan Santamaria International Airport, par les garde-côtes du pays, pour en faire un avion de surveillance maritime sous le numéro MSP020 ! Une bonne affaire !

Tout va donc mieux dans le meilleur des mondes, Laura Chinchilla (ici à gauche), une fois élue, ayant semblé tenir ses promesses, puisque la police costaricaine semble s’être beaucoup activée en fin d’année 2013… Le 23 décembre 2013, en effet, la police détaille ainsi ses dernières opératons dans le pays.« Les autorités du Costa Rica ont annoncé 17 raids menés par la police le contrôle des drogues élite dans les provinces des Caraïbes de Limón et Cahuita ainsi que des endroits de la capitale San José le 17 décembre, dont il se vante d’avoir entraîné le démantèlement de la plus importante opération de narco- trafic dans la pays à ce jour – ayant des liens avec la Colombie et la Jamaïque en tant que fournisseurs de cocaïne et de cannabis , et en Europe en tant que destination de l’exportation. Le Procureur général Jorge Chavarria a déclaré que parmi les 12 personnes arrêtées, il y avait deux officiers de la Force publique dont un de la police nationale du pays, et un fonctionnaire de la Banque du Costa Rica qui a facilité le blanchiment d’argent. Le réseau aurait été dirigé par Rivas Bonilla Alias ​​ »Tito » ou  » Patró « , qui encourt devant la loi pour au moins trois ans avec les dénonciations de son ami à la police. Chavarría a dit que c’était le réseau le plus grand jamais géré par les Costaricains, à la place des réseaux colombiens ou mexicains opérant dans le pays . « L’histoire change », a déclaré Chavarría. « Nous avons maintenant des groupes du Costa Rica qui veulent être des entrepreneurs dans les drogues : les propriétaires de la drogue, en gérer l’organisation et indiquer les routes à prendre. » Voilà qui ternissait un peu l’image de la nouvelle présidente : durant le début de son mandat, le trafic au lieu de régresser, n’avait donc cessé d’augmenter. Et il s’était surtout… nationalisé !

Il faut dire qu’il y a un antécédent historique sérieux à ces atterrissages d’avions bourrés de coke, qui repartent en direction d’autres pays. Des terrains improvisés au Costa Rica, il y en a en effet un qui s’en souvient très bien. Surtout celui de Potrero Grande (ci-dessus), une piste de 1,6 km de long située à 15 km au sud de la frontière du Nicaragua, dans la péninsule de Santa Elena, au nord-est de la province de Guanacaste. Là où se posait régulièrement Robert “Tosh” Plumlee, un des pilotes vétérans de la CIA de l’opération des « Contras », à bord de son C-123 : il estime aujourd’hui avoir transporté dedans pas moins de 30 tonnes de cocaïne lors de ses nombreuses excursions dans le pays, direction ensuite la Floride, sous couvert de la CIA. Derrière le trafic il y avait le chef de cartel mexicain Rafael Caro Quintero, qui se déplaçait lui en Grumman Gulfstream, acheté avec l’argent blanchi. Quintero, fortement soupçonné d’être le responsable du meurtre d’un agent de la DEA trop curieux, Enrique Camarena, sauvagement assassiné après tortures, et qui, pourtant donc, travaillait tranquillement pour la CIA : « selon Héctor Berrellez, le principal enquêteur en 1985 de la DEA dans le cas de l’agent Enrique « Kiki » Camarena enlevé, torturé et assassiné, Caro Quintero apparut à la porte de l’avion avec une bouteille de champagne et en criant aux agents de la DEA « Mes enfants, la prochaine fois apportez donc plus d’armes.  » Caro Quintero a été transporté au nord de Sonora par le pilote du Costa Rica Warner Lotz – un autre employé sous contrat de la CIA, d’après Plumlee – pour voir son frère Miguel Lotz, avant que le patron du cartel ne s’envole vers son ranch de Veracruz. Plumlee dit que j’attendais là pour emmencer Caro Quintero à travers la frontière au Guatemala, où un autre pilote, Luis Carranza, lui s’est envolé vers le Costa Rica« . La CIA avait déjà structuré tout un trafic, avec aires d’atterrissages et hangars à traitement de la coke voici plus de 30 ans. Selon certainsn c’était Miguel Ángel Félix Gallardo, lié à Juan Matta-Ballesteros ; le véritable assassin de Camarena : or lui aussi bénéficiait de la protection de la CIA ! En fait, tous étaient liés entre eux : « travaillant avec la famille Caro Quintero, il est considéré comme un pionnier parmi les narcos mexicains pour avoir mis en place des filières avec les trafiquants colombiens dans les années 1980. Il travaille notamment avec le cartel de Medellín de Pablo Escobar, par l’intermédiaire de son associé le chimiste hondurien José Ramón Matta Ballesteros. Félix Gallardo vend ensuite la coke à Pablo Acosta Villarreal, qui lui fait traverser la frontière vers les États-Unis par Ojinaga (Chihuahua). L’organisation de Gallardo regroupe de nombreux trafiquants promis à un avenir célèbre : Ernesto Fonseca, qui se fit remarquer dès le milieu des années 1950 ; Rafael Caro Quintero ; Juan José Esparragoza ; Amado Carrillo Fuentes, envoyé à Ojinaga pour contrôler le transport de cocaïne ; Héctor Palma Salázar, Joaquín Guzmán » nous rappelle à point nommé Wikipedia… les trafiquants, s’ils avaient dû trouver un exemple, n’avaient eu à regarder que les activités de la CIA dans le pays dans les années 80…

Oubliée la période précédente, la présidence du pays semblait donc avoir pris en main le sujet. En apparence, seulement, notent certains observateurs attentifs, car face à l’ampleur du sinistre, il reste beaucoup à faire, le pays étant en train même de devenir… un narco-état, selon les mêmes : « cet échec dans le domaine fiscal peut être le sujet chaud de débats électoraux actuels, mais sans doute le plus grand dilemme du pays est ce qui est réapparu – avec de plus en plus victimes – dans le commerce de la drogue. Au cours des dernières années, le Costa Rica a connu une activité accrue des Cartels à l’intérieur de ses frontières, car les organisations de trafiquants profitent de la menace minimale dûe à la baisse des effectifs de l’armée. Durant la présidence de Chinchilla, le gouvernement du Costa Rica a saisi plus de 40 tonnes de cocaïne et, comme je l’ai dit dans un article précédent, les saisies d’autres drogues et les découvertes de présumées usines de transformation des cartels et ses entrepôts ont été abondantes en 2013. Qu’est-ce que cette augmentation montre vraiment, cependant, c’est toute la gravité de la question plutôt que l’activité réele de la part du gouvernement pour tenter de résoudre le problème« , note Andrew Woodbury du Panam post, dans un article intitulé « la désastreuse présidence de Chinchilla ». Confronté à des problèmes de budget depuis toujours, le pays a en effet décidé de faire l’impasse sur ses forces armées : il ne possède même pas d’aviation, son armée ayant été abolie en 1948 par son président José Figueres Ferrer ! Seule une garde civile a été réinstallée en 1996 ! C’est dire à quel point le pays peut constituer un lieu de passage sans soucis pour les trafiquants !!! Au point de devenir une sorte de sport national développant des facultés rares d’imagination : celui de la dissimulation de cocaïne, comme ici avec cette étonnante prise du le jeudi 30 janvier 2014 où Les trafiquants de drogue avaient soigneusement caché pour plus de 740 kilos de cocaïne dans 58 boîtes métalliques, visibles ici au centre de la photo au milieu du tas de ferraille à l’arrière d’une camionnette traversant le pays ! Les paquets portant les effigies d’un scorpion bleu, la face rieuse bien connue du net ou une moto Yamaha : le tampon de trois fabriquants différents ! Pas un jour ou presque sans l’arrestation d’une camionnette traversant le pays avec de la coke à bord !

 

Nous n’en avons pas encore fini avec le Costa-Rica, où le trafic perdure malgré les arrestations médiatiques des grosses opérations policières menées par à-coups, un pays qui révèle également une incroyable histoire aux retentissements importants, ce dont je vais vous parler demain seulement, si vous le voulez bien…

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxvii-le-costa-rica-151196

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Coke en stock (LXVI) : le Pérou, ou le retour aux sources, 30 ans après
PAR morice

Notre tour du monde de la cocaïne et de son trafic est loin d’être terminé. Un pays, le Pérou, à vu sa production de cocaïne augmenter ces dernières années. Mais il a vu aussi une véritable avalanche de petits avions lui tomber dessus. Pour une raison que vous allez découvrir aujourd’hui et qui est liée à ce que j’avais pu dire dans un épisode précédent de cette saga sans fin qui nous vu visiter déjà pas mal de pays andins et d’Amérique Centrale. Le Pérou retombe dans ses vieux démons des années 80, et sa police s’active essentiellement aujourd’hui à tenter de détruire une à une les pistes clandestines d’atterrissage qui fleurissent sur les bords de ses fleuves comme des champignons (hallucinogènes ?). Étude de détail des moyens utilisés par les trafiquants devenus tous accros aux petits Cessna monomoteurs, l’avion idéal pour leur type de trafic…

« Dans les années 1980 et 1990, des avions transportant de la cocaïne parsemaient le ciel de Pérou. Maintenant, ils sont de retour : le Département d’Etat américain dit que de petits avions sont maintenant le « principal moyen de transport de la cocaïne » hors du pays, en remplacement du transport maritime. Dans son rapport annuel sur les stupéfiants publié plus tôt ce mois-ci, le Département d’Etat estime que plus de 180 tonnes ont été exportées de cette manière en 2013. » 180 tonnes transportées par avion, sachant que ceux utilisés transportent en moyenne à peine 300 kilos : il y aurait donc dix vols par semaine sinon davantage dans le secteur !

En fait, l’histoire du retour des avions de transport de drogue péruviens est assez affligeante, car elle correspond à une volonté de l’Etat de ne plus abattre les avions supposés en transporter après la terrible méprise de 2001, ou un avion péruvien avait abattu le petit Cessna transformé en hydravion appartenant à un pasteur américain et sa famille (voir ici l’histoire). La mère et la fille avaient été tués, le père et son fils de six ans avaient survécu par miracle. Le ciel redevenu libre, les trafiquants en avaient aussitôt largement profité pour rétablir leurs routes aériennes habituelles. Une photo saisissante des rives de l’Ene, utilisées par les trafiquants, prise par l’excellent IDL-Reporteros, montre pas moins de 10 pistes tracées au sol parmi les arbres et les buissons. Des pistes manifestement fabriquées par des engins mécaniques, des bulldozers. On distingue beaucoup de pistes de présentes, car dès que l’une est utilisée une ou deux fois, voire trois ou quatre au maximum, les trafiquants en changent pour éviter la détection parfois quelques centaines de mètres seulement d’une plus ancienne abandonnée..

Mais avant d’aller plus loin, retournons d’abord un peu en arrière avec une étrange tentative ayant pour sujet une compagnie d’aviation particulière : celle qui fait visiter les vestiges des intriguantes pistes de Nazca, seules clairement visibles d’avion. Début avril 2010, on a tenté de passer une étape supérieure semble-t-il encore en augmentant la taille de l’avion transporteur et en lorgnant sur une belle bête de somme aérienne  : « Un avion léger moderne (il date de 2005) a disparu jeudi dernier avec neuf personnes à bord, il a été détourné par des trafiquants de drogue qui l’ont utilisé pour voler 500 kilos de drogue à travers le pays déclare le quotidien de Lima « El Comercio ». Selon l’article du journal et selon la police, c’est un gang criminel qui avait été comploté depuis mai dernier pour voler un avion assez grand pour transporter 500 kilos de chlorhydrate de cocaïne en provenance de la jungle de la vallée du Huallaga. Pour ce faire, dit le rapport dit ils ont pris un avion Cessna Grand Caravan moderne de la société Aerodiana (immatriculé OB-1922P), qui fournit des vols touristiques sur les célèbres lignes de Nazca et qui n’a pas encore été localisé ».   Le 27 du même mois, on obtient quelques nouvelles, nettement plus rassurantes : les otages ont été relâchés. « le pilote et le co-pilote (Francisco Curto Villacorta, et Jorge Ríos Pérez en photo ici à droite) d’un petit avion qui a disparu, il y a trois semaines sur un vol touristique au-dessus des lignes de Nazca au sud du Pérou ont contacté leurs employeurs pour dire que des passagers ont détourné l’avion et les ont pris en otage, a indiqué la compagnie tournée Aerodiana. L’équipage a téléphoné siège social de l’entreprise autour de 17h00 a déclaré mercredi un porte-parole Aerodiana à la radio RPP. Le pilote et le co-pilote de l’appareil ont dit que leurs ravisseurs les ont libérés près de la ville de Puerto Maldonado, dans une région de la jungle située à 1600 km (994 miles) au sud-est de Lima. » Le 12 août 2010, on avance d’un grand pas en découvrant l’identité des kidnappeurs, retrouvés à Lurin près de Lima… mais à ce jour, l’appareil n’a toujours pas été revu nulle part ! Le Grand Caravan 208 sera le seul du genre qui aura tenté les trafiquants, qui semblaient avoir vu trop… grand, semble-t-il. Au Pérou, la scène la plus courante est en effet celle de militaires s’affairrant autour d’un avion de narcotrafiquant de type Cessna de plus petite taille ayant atterri en bord de fleuve….toujours  » préparé » de la même façon : son intérieur est vidé complètement, ne laissant qu’un siège au pilote et c’est tout, ce qui lui permet d’emporter jusqu’à 300 kilos de drogue.

Depuis 2012, en effet, il en a plu du ciel, des petits avions au Pérou ! Abandonnés les coûteux bimoteurs pour longs voyages transatlantiques, aux fuselage vidé de ses sièges, vus dans les épisodes précédents de cette série, ou même le trop grand Cessna 208 (pourtant encore rêvé par les trafiquants selon La Republica), les avions qui viennent se poser depuis des mois sur les pistes artisanales péruviennes sont tous des momonoteurs de la galaxie des petits monoplans à aile haute Cessna, provenant le plus souvent… de Bolivie, venus se charger en coke au Pérou. Ils effectuent des sauts de puce, en Cessna, lors de voyages qui ne dépassent jamais 5 heures d’affilée, emportant en moyenne 300 kilos de coke maximum à la fois. Et ce, plusieurs fois par semaine, avec de petits avions le plus souvent volés sur des aéroports locaux, voire achetés une bouchée de pain sur le marché florissant de l’occasion, crise oblige. En décembre 2013, l’armée péruvienne notait en avoir détruit vingt de pistes clandestines, servant à des avions se dirigeant vers la Bolivie ou le Brésil.. une des photos montrant une des pistes ; située dans le district d’Oxapampa, près du fleuve du même nom, dans le bassin du Tigre et du Chanchamayo, avec un hélicoptère de la police posé en bout de course, dans ce territoire, une ancienne colonie austroallemande conduite au XIX ème par Enrique Böttger Treu.

En fait, il en a plu comme à Gravelotte, des Cessna depuis ces deux dernières années surtout. Le 26 avril 2012, par exemple, un aéronef immatriculé CP-1942 est retrouvé par la police sur une piste d’atterrissage clandestine à San Ignacio de Putina Punco, à Sandia. C’est un Cessna 206 Stationair, qui appartient à la société bolivienne Salinas Rodríguez selon son enregistrement. Un avion volé, manifestement. Les habitants de la région avaient remarqué la présence de l’avion sur la piste atterrissage et avaient averti les forces de police et le procureur de la province Le lendemain, alors qu’un dispositif de sauvegarde était mis en place par le procureur anti-drogue Juliaca, ce dernier ne pouvait que constater de sérieux manquements à ces ordres : l’un des cinq arrêtés près des pistes avait réussi à stocker des paquets de drogue et de l’argent dans des huttes à proximté pour les charger dans un véhicule et disparaître ! « Le bureau du procureur a ouvert une enquête afin de déterminer les responsabilités «  avait alors noté El País, plutôt dépité. Le problème étant en effet dans ces régions l’assistance apportée par les populations le plus souvent pauvres, qu’arrosent de dollars les trafiquants dès qu’ils se sentent surveillés ou pris au piège.

 Le 17 septembre 2012, à Oxapampa, les autorités déclaraient cette fois avoir saisi 350 kilos de cocaine hydrochloride à bord d’un avion. Le pilote, après un échange de tirs avec l’armée, avait réussi à s’enfuir dans la jungle. L’appareil était aux couleurs de la Bolivie, portant le numéro CP-2677. A bord, 350 kilos de pâte de cocaïne, retrouvée près d’une piste de montagne, dans 12 sachets plastiques noirs. L’appareil avait manifestement raté son atterrissage : couché au sol, il arborait en effet de sérieux dommages à l’hélice, au train d’atterrissage et sur son aile gauche. Les autorités affirmant alors que la drogue était produite par l’organisation du Sentier Lumineux, qui avait donc pris le même chemin que les Farcs, sans pour autant le prouver. Le 22 septembre encore, nouvel arrivage : le directeur de la police nationale du Pérou, prévient ce jour-là ses homologues boliviens .Un avion léger enregistré en Bolivie sous le numéro CP-2721, vient de se poser près de la ville de Santa Rosa, dans la région d’Ucayali : on a retrouvé 194,90 kg de cocaîne à bord. Le pilote bolivien a été arrêté ainis que quatre personnes sur place. « Ont été aussi saisis quatre fusils, un téléphone satellite et un GPS« , note-t-il. Les trafiquants utilisent toujours les mêmes recettes, donc que celles évoquées depuis le début de cette (longue) série.

En mars 2013, un nouveau Cessna est découvert, un modèle 206 encore, immatriculé CP-2783, dans la municipalité de district de Puerto Bermudez Chorrillos, à nouveau dans dans la province de Oxapampa près de Pasco, la police saisit 325 kg de cocaïne dans encore cet avion d’origine bolivienne. Sont arrêtés le pilote bolivien et son guide péruvien, ayant à bord un fusil d’assaut AKM (une Kalachnikov) et un pistolet 12 mm. Sept véhicules et leurs propriétaires qui attendaient l’arrivée de l’appareil sont également découverts. En décembre, c’est à nouveau un…. Cessna, intact, qui se retrouve pris dans le filet des agents spécialisés de rbigade anti-drogue exécutant une opération conjointe qui a permis d’intervenir piste d’atterrissage clandestine dans le village de Boca Quintora, appartenant à la province de Puerto Inca. Sont arrêtés trois trafiquants y compris un pilote brésilien cette fois, âgé de 63 ans, avec 119,25 kg de cocaïne à bord et des armes à feu. L’avion était un Cessna 206 Stationair, immatriculé CP-2683. Les trafiquants sont devenus les meilleurs représentants du monomoteur de la firme US !

 Le 22 septembre 2013, une opération de poursuite de trafiquants tournait mal à Satipo, un soldat se noyant lors de l’opération : son groupe venait juste de découvrir un avion clandestin, dissimulé sous des bâches plastiques, et venait de réussir un atterrissage près de la rive de Ene, à Paquichari. En novembre qui suit, le 24, c’est un autre appareil du même type qui se posait à nouveau, son pilote bolivien se faisant cette fois descendre une fois son avion posé après avoir tenté de résister semble-t-il, ou avoir essayé de s’échapper. Le 26, c’est encore un autre immatriculé CP-1800 avec 370 kilos de coke à bord qui débarque.  Un pilote bolivien de 52 ans en descend : Ángel Roca Rivera. Le 18 octobre 2013, un énième Cessna immatriculé CP-2782 se vautre à Puerto Cocos, en tentant de se poser sur une piste visiblement trop étroite, découpée à la machette ou au bulldozer dans une bananeraie, il y plie sa roue avant. Les pilotes ont fui et ont  abandonné l’appareil avec encore à bord 143 kilos de cocaïne. En avril dernier toujours, la police péruvienne avait intercepté le pilote Hugo Quiroz qui s’était posé avec 300 kilos de drogue à bord de son avion sur une piste de brousse : c’était à bord d’un Cessna Stationair bolivien bien entendu, le CP-1847. Des dizaines de fois, s’est donc répété le même scénario, avec des appareils fort voisins. Le journal La Republica de novembre 2013 fait alors les comptes : « de six à huit avions ont réussi à infiltrer le drapeau bolivien en territoire péruvien sans aucun problème et à atterrir sur des pistes clandestines pour transporter entre 350 et 500 kilos de drogue fabriquée dans la vallée de la rivière Apurimac Ene et du Mantaro. Jusqu’à quatre tonnes en 24 heures, selon les calculs officiels de la Vraem ». Le journal la Republica fait une remarquable infographie répertoriant les 36 points d’atterrissages répartis sur la région de Pichis Palcazu : on ne peut plus parlant (ci-dessous).

Force est donc de constater que le trafic des années 80-90 a repris donc, mais dans l’autre sens note l’excellent Insight Crime : « non plus vers la Colombie, comme dans les années 80, mais plutôt vers le sud, en Bolivie. En 2012, Pichis Palcazu est devenu le centre d’échange pour la cocaïne en provenance de la VRAE, pour « Valle del Río Apurímac y Ene » et Huallaga. De la banlieue de Ciudad Constitucion une augmentation du trafic de l’augmentation des avions légers a été établie, au départ de la cocaïne principalement vers la Bolivie et le Brésil. Un pourcentage d’avions dédiés à la production dans le VRAE ont déménagé vers les domaines habituels de bétail d’élevage de la Bolivie, avec la mise en place là-bas de laboratoires, pour cristalliser la base de la cocaïne, car les composants chimiques y sont moins chers et plus accessibles. Ces cartels ont commencé à exporter les drogues vers la Bolivie en avion à partir de Pichis Palcazu, où il y a peu de présence de la police et aucun du Sentier Lumineux. Cette année, le pont aérien s’est consolidé. Les expéditions de cocaïne sont déplacées en avion léger boliviens, trois à quatre vols par jour. Entre mai et décembre 2012, 59 avions légers ont décollé de Ciudad Constitucion, chacun chargé avec une moyenne de 300 kilos de drogue. Cela signifie une exportation de 17,7 tonnes de cocaïne. Cette année, 58 avions légers (17,4 tonnes de cocaïne) ont été détectés dans la même région en quatre mois seulement au cours du début de l’année, a révélé IDL – Reporters dans  » Le Retour des vols de drogues, » en juillet dernier. Au même moment, les anti-drogues de l’agence du Pérou (Dirandro ,pour son sigle en espagnol) a lancé une vaste opération dans le Pichis Palcazu, en faisant sauter toutes les pistes clandestines qu’il pouvait trouver. C’était la même approche utilisée au début des années 80 et ça s’est arrêté tout aussi rapidement ». Au rythme auquel avait démarré l’année, la région devrait fournir environ 50 tonnes de coke annuellement !

Pour empêcher cela, de faire sauter les pistes, comme a décidé de le faire le gouvernement péruvien suffit-il ? Certains pensent que non, au rythme où de nouvelles se créent. Aussi une réflexion fait son chemin, face à cette incroyable recrudescence du trafic aérien de la cocaïne : c’est bien sûr de songer à réactiver les autorisations de tirs, le Pérou s’étant équipé de redoutables avions de type « COIN » pour effectuer la tâche : ses fameux Tucanos. « Le gouvernement du Pérou a annoncé vendredi qu’il examine la possibilté son armée d’abattre à nouveau les avions de trafiquants de drogue présumés, trois jours seulement après que son voisin de Bolivie a déclaré qu’il permettrait son armée de l’air de le faire » indique le Wall Street Journal le 25 avril dernier. « Le Pérou a suspendu le programme en 2001 après que l’armée ait accidentellement abattu un Cessna civil transportant une famille de missionnaires américains, tuant une femme et sa fille de 7 mois. La tragédie a conduit à la critique internationale de la politique effectuée par le Pérou et par des pilotes péruviens, avec l’aide logistique américaine. Mais aujourd’hui, le Pérou est devenu le plus grand exportateur de cocaïne d’après le « tsar antidrogue » du pays Carmen Masias, qui incite le gouvernement à augmenter sa guerre contre les trafiquants de cocaïne et leurs itinéraires de contrebande ». Le pays est dans l’attente des reprises des pouruites par avion, donc. « La semaine dernière, le congrès péruvien a approuvé un projet de loi qui permettrait à l’armée d’agir en tandem avec la police dans les opérations antidrogue dans une région importante productrice de drogues du Pérou central. Pour le moment, l’armée joue plus un rôle de soutien. Le Président Ollanta Humala n’a pas encore signé le décret d’autorisation (…) En 2013 , 110 pistes ont été détruites, comparativement aux six de 2012, d’après les autorités ». Le Pérou est devenu selon l’ONU le premier producteur de cocaïne au monde en 2013, dépassant la Colombie. « C’est le retour aux mauvais jours des années 90 où le pays produisait 60% de la production mondiale », affirme Inside Crime, qui cite quatre « bonnes » (ou mauvaises ?) raisons pour se maintenir en tête que je résume ainsi :

1) le plan d’éradication à coup de Round Up Monsanto de la coca en Bolivie montre ses effets. En fait plus rien ne pousse sur place, obligeant les paysans à déménager !

2) Les producteurs péruviens ne sont pas affiliés à un mouvement comme les Farcs et le Sentier Lumineux ne recrute plus : ils agissent indépendamment, et c’est donc aussi beaucoup plus difficile à contrôler. Et le gouvernement n’a pas de stratégie claire contre eux.

3) le pays est faible institutionnellement et manque totalement de transparence : il arrive au 38eme rang sur 100, aux côtés du Liberia et du Burkina Faso. Un pays rongé par la corruption : les deux précédents présidents Toledo et Garcia sont l’objet d’enquêtes sur leurs malversations.

4) des cartels transnationaux agissent désormais et celui de Sinaloa par exemple et particulièrement bien installé au Pérou. L’arrivée sur place d’une mafia russe n’est pas une surprise, conclut l’auteur.

Au vu de ces quatre conditions, hélas, il n’est pas sûr que la réactivation seule des poursuites d’avion bourrés de drogue par les chasseurs Tucanos de l’armée péruvienne (ici une poursuite colombienne de 2007) résolve tous les problèmes, loin s’en faut ! Comme pour ses voisins, dont nous verrons juste après ici même d’autres exemples sidérants, la solution n’est peut-être plus déjà dans la seule répression…songent les politiques, dépassés par l’ampleur du trafic.

source: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxvi-le-perou-ou-le-151195#commentaires

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