FRANCE (Aero-narcotrafic): grand guignol à Punta Cana (6) en passant par La Môle

Publié: 25 décembre 2015 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, DNRED, Douane française, Drogues, Narcotrafic INFOS, OCRTIS, Police, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
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On va (enfin) se pencher sur les protagonistes de l’affaire autres que les deux pilotes qui ont retenu notre attention jusqu’ici. Avant de revenir sur le cas Castany – via notre deuxième série « Coke en Stock »- , je vous propose d’étudier de plus près le passager du vol stoppé à Punta Cana, « agent immobilier en Roumanie« , ou plutôt son patron, l’homme n’étant visiblement qu’un faire-valoir. Avec Franck Colin, en  détention provisoire à Marseille depuis plus de deux ans et demi, on  change de registre, en effet et on découvre un drôle de milieu qui brasse énormément d’argent facile, ce qui a pu lui brûler les doigts, à l’évidence. C’est le milieu des boîtes de nuit, où l’on sait que des produits illicites circulent. Celui de la jet-set, mais aussi celui de l’argent vite fait et de la frime, celui des gens partis de rien et devenus des stars : des chanteurs, des footballeurs, autour desquels tourne une faune peu recommandable de profiteurs. Chaque roi de la nuit a sa cour, et comme fou du roi et organisateur de spectacles un homme qui semble avoir oublié son nom de famille, et qui est devenu le mentor de Franck Colin, vers qui convergent tous les regards de la justice française, qui le soupçonne d’être en grande partie à la base des vols douteux… sans jamais en avoir fait partie lui-même, mais en prenant grand soin à suivre leur déroulement. Le propre des plus intelligents, disent les spécialistes… mais pour ça, il nous faut repasser par la Môle, d’abord… ou expliquer un peu la faune des boîtes de nuit tropéziennes ou de la capitale… ce qui prend un peu de temps, il est vrai. 

oe-idxIl serait temps en effet, après toutes ces aventures antillaises, de revenir en métropole. A St-Trop, par exemple, ou plus exactement, à la Môle, ce petit aérodrome devenu point obligé de la jet-set par la volonté de Cochonou… ou plutôt par celle de qui vient de fêter le 8 août 2014 ses 50 ans d’existence. Michel Reybier, le mystérieux patron de Cochonou, des jambons d’Aoste et de la marque Justin Bridou (entre autres). Celui  (1) qui prête régulièrement son avion à Gérard Depardieu (qui emprunte aussi ce lui de Gérard Bourgoin, le « roi du poulet »). Reybier reconverti depuis dans le vin haut de gamme et ses 9,82% de parts dans la société autrichienne d’aviation Global Jet Austria (GJA) fondée en 2005 (à droite le Falcon OE-IDX de Global Jet Austria). L’homme qui avait mis fin également en 2003 à l’activité publique de l’aéroport varois avec un sentante sans appel : «  »les lignes régulières et le service public n’étant pas des activités rentables  » Un habile tour de passe-passe qui a permis de privatiser le site (2). En 2013, l’aérodrome, qui avait multiplié les atterrissages de jets privés, est tombé sous la coupe de la société Aéroports de la Côte d’Azur, « 2ème société aéroportuaire française après Aéroports de Paris (aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et Paris-Orly) en termes de trafic commercial avec 11,2 millions de passagers en 2012 et 2ème également après Paris-Le Bourget en termes d’aviation d’affaires avec environ 42.500 mouvements en 2012, annonce aujourd’hui qu’elle a acquis 99,9% des actions de la société Aéroport du Golfe de Saint-Tropez (AGST) appartenant au groupe Reybier, actionnaire majoritaire depuis près d’une quinzaine d’années ». On aurait pu s’attendre avec cette reprise en mains à une sécurité accrue… comme l’indiquait le nouveau directeur en octobre 2013 (ne serait-ce qu’en raison du flux d’été, par exemple) :  « de nombreux évènements obligent à réajuster les mesures de sécurité sur ce site qui compte en 2012, 6658 passagers pour 8065 mouvements. « Depuis les attentats du 11-Septembre, explique Pierre Fourques, tous les avions de plus de 15 tonnes sont contrôlés. Nous disposons aussi d’un poste inspection filtrage avec rayon X ». Le tonnage maximal autorisé sur cet aéroport est de 44 tonnes. Les plus petits modèles seraient donc épargnés ? Pas forcément, nous assure-t-on. Car même s’il n’y a pas de bureaux permanents sur cet aéroport pourtant international, des « contrôles aléatoires » de l’Inspection générale de l’aviation civile ; des douanes (Fréjus); et de la gendarmerie des transports aériens (Nice) sont régulièrement effectués ». Aie : des contrôles « aléatoires » seulement, a-t-on bien lu ; voilà qui réjouit d’emblée notre ami Marc Fievet… loin d’être persuadé de l’efficacité des douanes en général , et à la Môle en particulier. Un discours tenu en octobre, alors qu’en mars de la même année le Falcon de SN-THS venait déjà de se faire pincer… lui qui était bien connu sur place, pourtant… pour de nombreux voyages qui posaient question aux enquêteurs de la Gendarmerie.

afflelou aircraftCar lorsque les quatre larrons se font mettre à part à terre au sortir de leur avion  (ici en photo prise le 29 août 2011 à Biarritz-Anglet-Bayonne devant le Gulfstream de CDT VENTURES GROUP LLC) bourré de 700 kilos de coke, cela fait des mois qu’ils sont suivis, car un étrange manège a été repéré autour du même avion… et des mêmes pilotes. C’est cela que l’on retient aujourd’hui : ça a toujours tenu autour de la même équipe !!!  Tout d’abord au Bourget, le 9 décembre 2012, où le Falcon revient déjà de Puerto Plata, attendu de pied ferme par un douanier venu de Toulon, François Xavier-Manchet. L’homme est plutôt nerveux, et il a fait ouvrir des grilles pour que des berlines emportent au plus vite de lourdes valises descendues de l’avion. A bord, il y a les (mêmes) pilotes Fauret et Odos, mais aussi, déjà, Nicolas Pisapia, l’homme de main transparent de Franck Colin. Tout est suivi et filmé : les gendarmes sont sur la piste d’un trafic et cherchent à effectuer un flagrant délit, en laissant faire le trafic pour laisser croire aux trafiquants qu’ils agissent impunément. La présence d’un douanier de Toulon, François Xavier-Manchet, les intrigue : renseignement pris, c’est celui qui est en poste… à la Môle. Il n’a logiquement rein à faire au Bourget ! Et c’est le grand copain de Colin, que les enquêteurs soupçonnent d’être le chef du réseau de trafiquants. Les gendarmes du Golfe de Saint-Tropez ont en effet reçu un courrier anonyme en date du 7 janvier 2013 dans lequel son nom était cité. Elle indiquait que Xavier-Manchet avait aussi rédigé une déclaration douanière de 500 000 euros,  antidatée, faite au nom de… Franck Colin. Les gendarmes retrouveront chez le douanier 30 000 euros en espèce, dont l’intéressé justifiera la présence, selon son avocat. A la même époque rappelons-le, un autre Falcon le petit Falcon 10 de SN-THS (enfin pas le sien exactement) fait des aller-retours tour aussi étranges à St-Trond en Belgique, notamment le 10 décembre 2012, où des valises toujours aussi lourdes ont été déchargées et mises dans de grosses limousines, entrées elles aussi sur l’aérodrome. En somme, le même scénario, qui se répète. Le même Falcon qui voyage aussi vers la Roumanie comme j’ai déjà pu le montrer dans cette série.

aeroport plataIl y aurait donc plusieurs « points de départ de la drogue » en République Dominicaine ? C’est à Puerto Plata (à gauche l’aéroport Gregorio Luperón de la ville) également que Liana Guillon, lors de son voyage de noces, s’était retrouvée avec de la coke glissée dans son sac, le 29 avril 2012. Avec pas moins de 11 kilos !!! En  juin 2008, ou Céline Faye et Sarah Zaknoun avaient passé dix-huit mois de détention au même endroit… de quoi sérieusement alerter les services français sur des complicités dominicaines à Puerta Plata, il me semble, non ? L’affaire terrible et traumatisante de Liana Guillon montre comment la justice française aurait pu s’y prendre avec les pilotes ; condamnée à 8 ans là-bas, son rapatriement à été négocié avec les autorités dominicaines. Elle a été rapatriée le 15 août 2014 pour être incarcéré en France, en accord avec les juges dominicains (et deux ans de négociation !). Elle en est (enfin) sortie le  mercredi 21 janvier 2015 de la prison de Fresnes, bien traumatisée, obligée des porter un bracelet électronique : la fin du cauchemar pour elle. « Malgré sa libération tant désirée, la Française garde toutefois un goût d’amertume. Elle n’a toujours pas réussi à faire reconnaître l’innocence qu’elle clame depuis le début de sa terrifiante histoire. Alors que Liana Guillon et son mari venaient de profiter de leur “lune de miel” en République dominicaine, tout a basculé le 29 avril 2012 : ils ont été arrêtés juste avant d’embarquer dans l’avion du retour vers Paris, après la découverte de 11 kilos de cocaïne dans leur bagage à main. La suite est un cauchemar : pas l’ombre d’une enquête, aucune audition du couple – ce qui viole les droits élémentaires de la défense – pas de réelles expertises, beaucoup d’incohérences dans les éléments à charge, et finalement Liana Guillon condamnée à une lourde peine de huit ans de prison ferme pour trafic de drogue international. Autre décision surréaliste, le mari, Christophe, a été libéré au bout de cinq mois, tout simplement parce que seul le nom de son épouse était inscrit sur le bagage ». Le plus étonnant, dans l’affaire Air Cocaïne, c’est que le comité de soutien à Odos et Fauret n’a pas une seule fois fait allusion à ce cas-là. Alors qu’elle même avait bénéficié d’un comité fort efficace, qui avait relayé son sort auprès du ministère des affaires étrangères. En 2007, déjà, certains fourreurs faisaient été de bien étranges pratiques à l’aéroport de Puerta Plata. Même chose ici à Samana, ou le bakchich était quasi obligatoire selon des touristes. Le fameux Royaume de Danemark où tout est pourri…

geisse-rochMais il y a mieux encore, quand le système déboule jusqu’en France, avec « l’affaire des deux ripoux de la PAF« , arrêtés le 25 janvier 2015 en plein « flag » : ils venaient de « réceptionner » deux passeurs et leurs valises contenant 39 kg de cocaïne, en provenance de… Puerta Plata. « Au cours de leurs auditions » raconte le Parisien  « Clément Geisse, un gardien de la paix de 38 ans (ici à gauche, fort actif sur le net, il était aussi inscrit à des castings de figurant !), et Christophe Peignelin, 51 ans, brigadier-chef, affectés au terminal 2A de l’aéroport, ont reconnu avoir sécurisé, « à une dizaine de reprises », l’arrivée de « mules » transportant entre 40 et 60 kg de cette même drogue dans leurs bagages. Des passeurs de nationalité française, de retour de Punta Cana, principale station balnéaire du pays. Selon nos informations, les deux policiers auraient mis en place leur trafic début 2011. Au volant d’une voiture sérigraphiée, un des deux fonctionnaires se rendait sur le tarmac de l’aéroport afin de récupérer les mules directement à leur descente d’avion avec leurs bagages. Il leur permettait ensuite de contourner l’ensemble des contrôles de sécurité et notamment ceux des douanes, avant de les exfiltrer discrètement de l’aéroport. Les deux policiers assuraient ensuite la livraison de la drogue dans un endroit discret et déterminé à l’avance avec le commanditaire présumé de ces multiples importations. Ce dernier, Kamel Berkaoui, 39 ans — sérieusement blessé par balle au cours de son interpellation par un policier –, remettait également un téléphone portable « de guerre », à usage unique, aux policiers peu scrupuleux, avant chaque arrivée de ses passeurs (lire encadré). « Ces portables servaient aux fonctionnaires et aux passeurs afin qu’ils puissent se retrouver à la descente de l’avion, assure une source judiciaire. Les policiers corrompus ont avoué avoir perçu 80 000 € par couple de passeurs et jusqu’à 180 000 € pour un trio. Près de 500 kg de cocaïne ont ainsi pu être acheminés par cette filière et les deux agents de la PAF ont touché près de 500 000 € chacun en échange de leur précieux service », assure la même source ». Le dénommé Berkaooui se faisait appeler « Virenque« , on ne se demande même pas pourquoi !

ferrari douanes goodPlus inquiétant encore, le fait que l’un des deux douaniers (Clément-Roch Geisse) frimait tant qu’il aurait dû être placé auparavant sous surveillance (il arrivait au boulot en Maserati ou en Ferrari – la photo est du JDD – et postait celle-ci sur son compte Facebook !), et que les deux petits malins avaient accès aux fichiers de la police des douanes pour s’assurer de leurs « mules » : « les enquêteurs de l’OCRTIS et de la PJ de Versailles ont également établi que Clément Geisse, originaire de Bordeaux (Gironde), fasciné par le monde de la nuit, et un temps propriétaire d’une rutilante Ferrari et d’un petit bateau, avait été approché, en 2010, par Kamel Berkaoui, au cours d’une soirée dans un restaurant chic de la porte de Saint-Cloud, dans le XVIe arrondissement parisien. Un premier voyage, à vide, entre la République dominicaine et la France, avait ensuite été rapidement organisé pour vérifier la « fiabilité » des deux policiers. Le tandem prenait aussi la précaution de vérifier le nom des mules qu’il était chargé de réceptionner dans le Fichier des personnes recherchées (FPR) afin de s’assurer qu’elles n’étaient pas placées sous surveillance ».  On notera les coup du « voyage à vide » qui rappelle beaucoup celui de … Quito du trio de SN-THS. Lors de l’enquête, il n’y avait pas eu que Puerta Plata de cité, et l’enquête avait débuté dès 2011… mettant logiquement la police au courant d’un trafic sur place : ‘l’office des Stups qui s’intéressait à des déplacements suspects vers Punta Cana. Et la PJ parisienne qui enquêtait sur l’origine des quelque 500.000 € retrouvés dans le coffre de la Peugeot de Berkaoui, lors d’un contrôle inopiné à Paris en 2011. » En somme, pendant quatre ans on avait su, la Ferrari était visible sur Facebook, et rien n’aurait été fait ni tenté pour empêcher le trafic ??? Car on baignait en plein monde de truands, l’air de rien, avec  « Virenque »: « il est soupçonné d’avoir écoulé une partie de la cocaïne importée de République dominicaine auprès d’un certain James Hornec, membre de la famille des frères du même nom, présentés comme des parrains de la pègre parisienne »avait précisé le Parisien. Si depuis 2011 les policiers se doutaient d’un trafic d’une telle intensité à partir de vols commerciaux classiques, pourquoi n’ont donc t-ils pas surveillé cette « commande » d’avion privé vers les deux lieux de « départ » connus de la drogue, qui plus est avec une société d’aviation qui n’a jamais traversé l’Atlantique ? Avouez que ça ne tient pas debout ! Un douanier toujours bien mis raconte la radio Europe 1, qui ajoute une information passée inaperçue ailleurs : « ce dernier, d’allure toujours très soigné, selon des témoignages recueillis par Europe 1, affichait toujours un bronzage impeccable et faisait même retoucher ses uniformes pour qu’ils lui aillent parfaitement. Un policier avec beaucoup d’entre-gens, bien connu à Roissy, qui était également un fêtard invétéré, noctambule averti et d’ailleurs neveu d’un des rois de la nuit en France ». L’homme s’appelle en effet Clément Roch-Geisse, et il serait le neveu d’un autre Roch… dont on va entendre parler un peu plus loin…

pict aeroRappelons en effet qu’à ce moment-là, ce Falcon 50 d’Afflelou n’a jamais traversé l’Atlantique pour SN-THS (photo à gauche PICT-AERO), de même que Fauret et Odos (Fauret, lui, a été engagé quelques mois auparavant seulement : en juin 2012 seulement !). Un deuxième voyage à lieu fin février 2013, … avec toujours le même trio à bord, mais il se pose à Quito, où les pandores locaux font une descente qui semble refroidir les ardeurs des jet-setters et l’avion revient à vide, les douaniers français recevant de leurs collègues les photos de la fouille de l’appareil, qui n’a rien donné. Le troisième vol… les policiers et douaniers français sont aux taquets : cette fois, c’est sûr c’est la bonne, et tout est prêt pour coffrer tout le monde : au Bourget, mais aussi à Versailles, où l’avion, est un temps annoncé au retour,… et à la Môle. Le 26 mars, 6 jours après l’annonce de l »arrestation des 4 français à Punta Cana, les gendarmes vont cueillir chez lui Franck Colin, signe que tout était prêt déjà et que l’arrestation dominicaine les a pris de court : il était visiblement dans le collimateur. Lors de son interpellation il réclame de pouvoir accéder à son coffre-fort de la Société Générale : les policiers refusent. Il leur affirme que c’est pour « l’alimenter de 4 700 euros ». Selon lui, son coffre contiendrait  352 000 euros, provenant de « ses revenus immobilier en Roumanie » (on va voir lesquels un peu plus loin) mais la police n’en trouvera que 95 000. Lors de l’enquête, on découvrira que les trois vols n’avaient pas été réglés, ni par Pisapia, ni par Colin en tout cas : rien n’apparaît dans la comptabilité de SN-THS. Le premier vol pour Puerto Plata a bien été  pris en charge par CAPS SA, mais c’est par une société luxembourgeoise qui appartient à… Fabrice Alcaud ! SN-THS, qui a ce moment-là n’a plus un sou (cf  l’affaire du Falcon US loué) avance l’argent d’un voyage plus que douteux : quels est le but caché de la manœuvre ? Qu’espère en retour SN-THS ? Au passage, On apprend en revanche que Castany aurait touché 3000 euros pour chacun des trois vols…. pour les avoir apportés comme « broker ».

Tout converge donc vers Franck Colin, donc, dont le début de carrière nous replonge… dans le Var et les truands du coin et pas des moindres, ce qui vaut une large explication, qui va prendre un peu de temps en fait.  Car évoquer Franck Colin, au dossier judiciaire vierge à ce jour, il faut le noter, c’est revenir sur ce qui a pu l’influencer, et là, on ne comprend pas grand chose si on n’a pas suivi ces vingt cinq dernière années dans le sud de la France ainsi que dans le milieu des plaisirs de la jet-set, à Paris comme à St-Trop. Précisons bien que les personnes citées qui vont suivre n’ont rien à voir à priori avec l’affaire de Punta Cana, et qu’elles ne servent qu’à préciser le décor et l’ambiance générale qui baigne tout cette opération. Evitons les procès d’intention ridicules. Mais attachez vos ceintures, car ça risque d’être long. L’histoire de Franck Colin est en effet étroitement liée à ce milieu, et ce, dès son adolescence : « Frank Colin en sait quelque chose, lui qui, avant de connaître la fortune, a été videur de boîte de nuit. À 17 ans, déjà, il jouait les portiers pour Louis régnier, dit Loulou, le caïd local qui régnait à l’époque sur les nuits varoises. Quelques années plus tard, il transportera même les enveloppes des recettes des clubs pour le successeur de Loulou, Jean-Louis Fargette, surnommé savonnette pour sa propension à échapper à la justice... » Fargette, celui que Louis Régnier a fait entrer à la Bande des Trois Canards à Paris, où l’on trouvait par exemple Auguste Ricord (3)… de la French Connection. (Ricord Ricord-Auguste– ici à droite- aurait financé son « exfiltration » à lui vers l’Argentine grâce à l’argent de la carlingue, la gestapo française, installée rue Lauriston – la Carlingue, dirigée par Henri Lafont, de son vrai nom Henri Chamberlin) . Son surnom lui venait effectivement de sa science à éviter de se faire prendre. C’est aussi lui qui va prendre en grippe la députée FN Yann Piat, qui à l’Assemblée était membre de la commission d’enquête sur les tentatives de pénétration de la mafia et qui sera assassinée le 25 février 1994. Elle avait déjà quitté le FN après le jeu de mot sinistre de JM Lepen sur Durafour. Dans une lettre posthume, elle dénonçait le rôle néfaste de Fargette et de ses concurrents politiques. La mort de Piat (à gauche les enquêteurs sur la route des Oiseaux où elle a été exécutée) route piatverra ensuite un autre commanditaire que Fargette, Gérard Finale, le patron du bar Le Macama et deux de ses hommes de main Marco di Caro et Lucien Ferri, arrêtés le 15 juin 1994. Mais certains dont un journaliste du Canard Enchaîné, qui sera plus tard évincé du palmipède, évoquent des problèmes immobiliers varois, dont l’extension de l’aérodrome de Toulon-Hyères… en citant comme source  un obscur » général », soi-disant « ancien de la Direction du renseignement militaire« . Pure coïncidence, lors de l’enquête, il fait le dire, on a appris que « l’ancien pilote de chasse Pascal Fauret s’était lié d’amitié avec Bruno Odos, l’autre pilote impliqué dans l’affaire Air Cocaïne, sur la base aéronautique de Hyères dans les années 80 ». Colin, lui est déjà passé du côté « sécurité :  dès l’âge de 21 ans, il avait déjà créé une société de bodygards, appelée « Caméléon », qui affiche avoir eu comme clients les politiques Philippe Douste-Blazy et Charles Millon et comme vedettes George Clooney ou Mike Tyson… mais aussi de Jean-Roch, « le roi de la nuit« , le propriétaire du Bash, puis du VIP Room, sur les Champs-Élysées (on le voit ici en plein…. play-back raté). Le VIP room, un club qui existe aussi à St-Trop, et qui a des drôles de supporters… et le célèbre Jean-Roch, dont tout le monde a oublié le nom de famille !!!

Avec le fameux « Jean-Roch » (photo « 20 minutes »)boite de nuit roch, perçu comme son modèle, on revient également et en effet à la French Connection et à la France, via un livre bourré d’informations sur le milieu, « Parrains du siècle, destins et déclins » de Bruno Aubry qui nous évoque ici la famille de « Jean-Roch », dont son père, Nedo Pedri, originaire de Piazza al Serchio, en Toscane était aussi une « figure du milieu toulonnais«  comme on disait alors. Ce dernier est mort assassiné le 6 décembre 1982, au volant de sa Golf GTI à Piaza village toscan (dans une biographie édulcorée de « Jean-Roch », on peut lire « Alors qu’il a 16 ans, son père décède accidentellement » de plusieurs balles, ce qui peut plutôt surprendre !)…. Nedo a été en fait abattu en fait par les hommes de Fargette, justement, alors en cavale en Italie (4). « Nedo Pedri possède des brasseries fameuses, Le France et La Frégate, un garage, un salon de coiffure, des flippers et une ou deux sociétés financières. lediableA sa table réputée fort gastronomique, il invite volontiers de nombreux notables de la région. Il a une façade légale mais aussi des activités moins avouables qui lui ont fait croiser la route des voyous. Il est ainsi très proche d’un autre Toulonnais, également lié aux Régnier, Jean-Claude Kella, – ici à gauche- un ex de la French Connection, tombé aux Etats-Unis dès 1971 et dont le nom reviendra comme un leitmotiv dans plusieurs gros dossiers de trafic de stupéfiants. caprice2Nedo voit aussi de temps en temps Gilbert Hoarau  dit Le Libanais, un membre important du milieu marseillais, ou Roch Orsini, frère de Jean Orsini, autre grand trafiquant de came. » nous dit Alain Leauthier dans son livre  « Mort d’un voyou ». Fichier, on avait oublié tout çà, à ne jamais entendre que « Jean-Roch » et non…. Pedri. Kella, mort à Nice le 8 juillet 2014, surnommé « Le Diable », ami de Francis le Belge, et de  Louis Cirillo, l’envoyé de la famille mafieuse  Genovese, il faut le savoir, a passé 25 ans de sa vie en prison, dont une grande partie aux USA, avant de revenir… à Toulon (pour y écrire un livre passionnant, « l’Affranchi « ) ! L’homme du Caprice des Temps, premier grand voyage de la French Connection, de Marseille à la Floride !

caprice grande

44On a oublié en effet que le vrai nom du prince des nuits de St-Trop et de Paris est Jean-Roch Pedri (ou lui fait tout pour ne pas que ça remonte à la surface). A peine le père disparu, les deux fils vont profiter des règlements de compte entre caïds, éliminant à la fois Fargette et la députée Yann Piat, visiblement trop curieuse, pour faire fructifier leurs boites de nuit de la Côte d’Azur, devenues de plus en plus juteuses. « Si la réussite des frères Pedri junior provoque quelques jalousies, aucun nuage ne jointe à l’horizon. À Cannes, l’Hysteria fait le plein lorsque EIton John en personne vient y jouer du piano debout. Viendra le tour de stars internationales comme Vanessa Paradis, Mickey Rourke, Madonna ou Johnny Hallyday. « Jean-Roch » se fait un prénom, loin de ses racines italiennes : il devient le boss des nuits françaises. Le discockey roule sa bosse « all around the world » mixe à l’Amnesia de Boudou à Miami. Plus tard, les deux frères Pedri inaugurent le Bash, une boîte parisienne où se retrouvent les stars du ballon rond, nouvelles icônes d’un fool business dont les agents, comme Jean-Luc Barresi, Luciano D’Onafrio ou Alain Migliaccio (en photo ici avec Zidane, dont il affirme être le « grand frère »), sont les éminents représentants. Ils créent la marque VIP (Virtual In Paris) qui leur permettra d’ouvrir des discothèques et de réaliser des soirées au festival de Cannes sous le même label. »  C’est donc ça, le modèle de Franck Colin (à droite une photo de soirée au VIP de Cannes en 2005) ! benzema veyronComprenez qu’avec une telle formation, on puisse avoir quelques doutes, aujourd’hui, sur sa personne !!!

Colin a baigné très tôt et très jeune dans cette ambiance de boîtes de nuit branchées où l’on sait que de la drogue circule, même si on s’en défend, et où aussi l’argent coule à flots, et où l’on rencontre toute sorte d’individus, dont des sportifs, ceux aux salaires faramineux, qui drainent derrière eux une faune interlope qui les dépasse. Il faut savoir, par exemple, que l’agent de footballeurs Migliaccio, cité dans l’ouvrage, qui est aussi l’agent d’un dénommé Zidane, a été condamné à cinq ans de prison et 13,6 millions d’euros d’amende par la justice espagnole, et qu’il est ensuite réfugié en Suisse (après avoir habité aux Baléares). A la presse, en juin 2015, il déclarait « ne pas se cacher »... il décrit ici son rôle «  J’ai inventé ce métier au début des années 80. A l’époque, il existait des impresarii qui prenaient des joueurs et qui les mettaient d’Amérique du Sud en France ou d’ex-Yougoslavie en Suisse. Ils pzidanerenaient leur commission et ne s’occupaient de rien. En 82, lorsqu’il y a eu le scandale des caisses noires de Saint-Etienne, j’ai demandé aux joueurs qui les conseillaient. Il n’y avait personne. J’ai alors créé un cabinet qui s’occupait vraiment de la carrière du joueur et pas seulement de le placer. C’est un métier qui demande énormément de déplacements. Je me suis installé à Lyon. » Cela ne l’empêche pas d’être à la fois lucide… et cynique  : « on le dit, parce qu’à la fin de leur carrière, ils ont une situation financière meilleure. Mais avant, ils gagnaient aussi moins. Désormais, n’importe quel international gagne 2 millions d’euros net au minimum. Avec un contrat de quatre ans, cela fait 8 millions. Cela permet de fm775TfF_YfzuUCsMtfKFeIQaire plus d’une connerie. Il faut que le joueur soit vraiment léger pour perdre tout son argent. » Et des « légers », Dieu sait s’il y en a, pourtant : en photo le désormais fameux Karim avec sa Bugatti Veyron (son prix est de 130 fois une Renault Clio) un de de ses nombreux trophées automobiles ! Et Dieu sait dans quoi ils investissent leur argent, ni à qui exactement ils le confient !!! L’entourage des footballeurs, tout un poème…  à un point qui dépasse l’entendement, avec leurs amis des cités jamais lâchés (un exemple simple ici (4))… En 2012, une enquête du très sérieux cabinet allemand Schips Finanz révélait que « la moitié des footballeurs européens finissent ruinés » : « le train de vie dispendieux des athlètes (achats de maisons, voitures de luxes, bijoux) n’expliquerait pas tout. La faillite de certains seraient plus souvent le fait de mauvais placements, d’investissements désastreux, de divorce coûteux et de la mauvaise influence d’agents et des conseillers peu scrupuleux.gulfstream 200 Bernie Kosar ex-star de la NFL (du football américain) raconte qu’au temps de sa splendeur sur les terrains de football américain, il faisait vivre de 20 à 25 familles avec son seul salaire. En 2009, treize ans après la fin de sa carrière, Bernie Kosar a tout perdu, jusqu’à sa splendide propriété« . En France, Bruno Bellone, garçon fort sympathique, surnommé « Lucky Luke », auteur de but magnifiques (et des plus chanceux !) avait -hélas- inauguré la descente aux enfers d’un sport, en perdant  tout. Son manager est parti un jour en lui laissant 5 millions de francs d’ardoises diverses et douze années pour s’en remettre :  » oui, un ami intime de mon père en qui j’avais entièrement confiance, m’a mal conseillé. Au final, de mauvais placements financiers m’ont fait perdre tout ce que j’avais gagné dans ma carrière. Pourtant, j’avais anticipé les choses, je ne voulais pas me retrouver sans rien après ma carrière. Et je pensais avoir fait les bons choix. J’ai passé douze années à manger mon pain noir ». Chez les footballeurs, les jets sont plus rares que les voitures, sauf chez CR7 (Christian Ronaldo) très fier de présenter récemment à la presse son nouveau joujou : un Gulfstream 200 Galaxy, (Astra Galaxy, avec l’aide de Yakolev !)) d Israel Aircraft Industries, immatriculé EC-KBC (ci-dessus à droite), n° de fabrication 145, un jouet – d’occasion – , ex  TAG Aviation Espana et ex Executive Airlines. Il été revenu en Espagne en février 2015. L’engin, un des 250 construits, vaut 23,5 millions de dollars neuf, la presse annonçait en novembre dernier 19 millions. Gag ultime, en 2011, un petit malin se faisant appeler « Cesar », (« Cesar Arevalo ») avait déjà tenté de le vendre et l’annonçait à 16 millions seulement, « avec 500 000 pour l’intermédiaire« … CR7 se serait-il fait… berner ? Le jour de sa livraison à TAG, en 2008, l’avion avait fait des siennes, et le lendemain encore avec de faux messages d’alerte.. en provenance des moteurs. Les pilotes, dont un commandant venu des Boeing 707 de l’armée, avaient été mis en cause dans le rapport final en ayant mal calculé le poids de l’avion au décollage.

cap d'agdeDes boites de nuit dont les propriétaires sont pour beaucoup des inconnus, car ils préfèrent rester eux-mêmes dans l’anonymat. La boîte « Amnesia » était celle de… André Baudou. Elle a été fermée un temps pour des affaires de stupéfiants. Si ce nom ne vous dit rien, voici quelques explications salutaires : « Avant de devenir le Beau-père de Smet, André Boudou était un inconnu du grand public. Dans les années 1970, il crée une société de promotion immobilière, participe au développement de la station balnéaire du Cap d’Agde, haut lieu du naturisme en France, et ouvre le Petit Liberty’s en 1974. Associé à Jacky Bonnieu, qui deviendra une autre figure de la nuit de la région montpelliéraine, Boudou fait de la boîte de nuit un lieu incontournable de la fête, grâce notamment à ses nombreux amis issus du monde du rugby, de la tauromachie et des clubs de motards. Bonnieu, de son côté, ouvre Le Liberty’s Beach, qui, selon les témoins de l’époque, inaugure la mode de nouveaux établissements de luit, aux dance floors immenses et aux intimes recoins. Surfant sur l’aménagement de la station balnéaire, amnesai miamiun chantier qui a débuté en 1969 sous l’égide de l’architecte Jean le Couteur, Jacky Bonnieu joue son va-tout et crée I’Amnesia en 1986, un temple du disco pouvant accueillir quelque 2 000 personnes sur une piste à ciel ouvert. Quatre ans pIus tard, ayant pour projet d’investir le milieu de la nuit de Montpellier et les plages privées, Bonnieu, qui connaît personnellement Johnny Hallyday, vend ses parts à Boudou avec lequel il fut naguère associé.  amnesia miami2En 1992, Boudou ouvre une deuxième Amnesia à Miami, la plus grande discothèque des États-Unis, dit-on. Installé depuis une quinzaine de mois en Floride, il a pris le temps de sonder le marché et d’investir dans la démesure à ciel ouvert. Pourquoi l’Amérique ? Pour des raisons personnelles, assure-t-il, pour s’éloigner de la France, « ce pays que je voyais devenir communiste depuis l’élection de Mitterrand ». Laeticia, sa fille, débute une carrière de mannequinat, pendant que son fils Grégory se prépare à assurer la relève ». On note ailleurs que l’Amnesy avait aussi des actionnaires :  « d’après « Aujourd’hui en France », 95 % du capital de cette société française est détenu par des actionnaires anonymes, basés dans des points de chute aussi exotiques que Tortola aux Caraïbes ou Nuie dans le Pacifique, via deux sociétés luxembourgeoises« , Ah tiens, Tortola… dans les  Îles Vierges britanniques (on se rapproche de St-Martin !)…

Chez Franck Colin, interrogé sur l’origine de ses revenus en liquide, l’explication est simple : « comment des sommes de cash si importantes peuvent-elles circuler en France ? Et ce, sans éveiller la curiosité des autorités ? En garde à vue, Franck Colin, un brin provocateur, donne quelques éléments de réponse. Le mis en cause raconte comment il gagne de l’argent en réglant, pour le compte de clients fortunés de Russie, du Koweït, ou des Émirats, leurs dépenses en espèces : banque« Ça pouvait être des maisons à 300 000 euros le mois, une quinzaine de voitures à 200 000 euros le mois, une soirée en discothèque à Saint-Tropez à 150 000 euros avec 200 et quelques bouteilles de Dom Pérignon ou du Cristal Roederer », fanfaronne-t-il. Et d’ajouter lors d’une autre audition : « Au port de Saint-Tropez, chaque été, vous avez des yachts, des vrais de 50, 60, 80 mètres, qui arrivent avant leur propriétaire et qui restent pour la saison. Quand ils arrivent, les bateaux, il y a 80 % de chances qu’il y ait du cash à l’intérieur, de 300 000 à 2 millions de dollars. Pour les avions, c’est pareil. Et, si je ne me trompe pas, il existe une loi qui oblige la venue d’un douanier pour compter les billets en vue d’une déclaration. » Des propos confirmés par son ami douanier, François Xavier-Manchet : « C’est la réalité, il m’est arrivé des dizaines de fois de faire ça. »  Des monceaux de billets acceptés tels quels par les Banques, semble-t-il, c’est ça le plus étonnant : à quoi sert donc Tracfin ???  Le magazine Le Point le confirme, en affichant un surprenant mail en provenance de la Société Générale, sa banque attitrée, qui affirme qu’il est bien devenu le « propriétaire de supermarchés en France et en Roumanie« … En fait de Roumanie, nous verrons bientôt que c’est dans un autre pays, en réalité : la presse n’est pas allée vérifier ces affirmations, pas plus que la banquière chargée du compte

500 000 euros  en liquide ? La somme rappelle un autre événement, qui touche cette fois à la vie politique : le 10 mai 2015, à Orly, Christophe  Letchimy, un martiniquais est intercepté. L’homme se prétend travailler dans le bâtiment. On ne sait s’il construit lui aussi des supermarchés, mais il a dans ses bagages 582 000 euros en billets. « Le 14 mai, une information judiciaire est ouverte pour « blanchiment de trafic de stupéfiants en bande organisée », « importation de stupéfiants », « trafic de stupéfiants » et « association de malfaiteurs ». Le lien avec la drogue a été établi grâce à un test qui révèle que les billets de banques trouvés dans la valise ont été en contact avec de la cocaïne, mais aussi de l’héroïne » indique 1ere Outremer. L’article précise qu’en ce cas, l’individu exercerait une autre fonction dans la nébuleuse du trafic de drogue : « de source policière, on qualifie cette affaire d’inhabituelle. En temps ordinaire, dans les affaires de drogues, ce sont généralement les convoyeurs qui se font interpeller, mais cette fois, l’homme arrêté pourrait être un « collecteur », celui qui récupère l’argent généré par la vente de la drogue. 582.000 euros, cela représente environ 20 kilos de cocaïne vendu en Europe. Selon les spécialistes, le collecteur est rémunéré au forfait ou au pourcentage de la somme transportée ».  Voilà qui n’est pas sans rappeler le courrier anonyme du  7 janvier 2013 reçu par les gendarmes de La Môle… . « L’homme âgé de 38 ans, entrepreneur en bâtiment, s’appelle Christophe Letchimy. Il n’est pas le neveu de Serge Letchimy, président du conseil régional de Martinique, bien qu’il ait, selon certaines sources, prétendu le contraire lors de son arrestation » a-t-on pu lire ici. Le démenti viendra vite, non sans humour, par le véritable neveu (le nom Lechtimy étant très répand là-bas). Mais peu de temps après, raconte L 1ere une  deuxième affaire survient, qui « commence  il y a huit jours après l’arraisonnement d’un voilier avec 86 kilos de Cocaïne, et 18 arrestations. Les deux martiniquais impliqués portent eux aussi  des noms connus : Séminor et René-Corail. L’un est le fils du conseiller général PPM de Fort de France, l’autre un parent vraiment très éloigné du  maire des Trois-Ilets. Cette affaire remonte jusqu’à la mafia italienne. Xénio Séminor est actuellement mis en examen et incarcé. Selon les autorités, les deux affaires n’ont aucun lien l’une avec l’autre. » Le conseil régional de Martinique, déjà dans la tourmente, n’avait pas besoin de çà en plus, visiblement.

Car on est loin d’en avoir fini avec ce milieu de noctambules qui semble avoir exercé une profonde influence sur le jeune videur de boîte toulonnais devenu serial entrepreneur à l’étranger.. Je vous propose de creuser un peu plus l’idée bientôt…. pour mieux cerner encore le problème. Celui de la fascination pour ce qu’on vient à peine d’aborder…

(1)  « Faut-il, pour allonger la piste de l’aérodrome de la jet-set, détourner le cours de la Mole? Dans l’arrière-pays de Saint-Tropez (Var), du côté de Cogolin, le projet des gestionnaires du site – une société basée au Luxembourg, elle-même détenue par une autre, sise aux îles Vierges et que préside l’industriel français et résident suisse Michel Reybier (autrefois propriétaire des saucissons Justin Bridou) – agite les conseils municipaux et les associations locales de défense de l’environnement.  L’aérodrome, qui avait un temps ouvert une ligne internationale saisonnière avec Zurich et Genève, accueille environ 7 000 vols par an. Il doit se conformer aux nouvelles normes de sécurité, impliquant une plus longue piste. Point d’allongement, point de Suisses. Conséquences néfastes sur l’eau potable, les crues ou les espèces rares: les opposants s’inquiètent, jusqu’à brandir le caractère rural mis en avant par le schéma de cohérence territoriale, défini par les collectivités. Et de rappeler que le local servant d’aérogare fut édifié sans permis de construire.  La rencontre chez le sous-préfet de Draguignan, le 20 juillet, n’a rien donné de concret. «Les gestionnaires de l’aérodrome connais- sent depuis longtemps ces normes, ils auraient déjà pu penser à sa reconversion», suggère l’association de défense de la Mole-Cogolin. En mars 1997, l’aviation civile avait interdit la piste à tout aéronef de plus de 5,7 tonnes et/ou plus de 10 passagers. Deux mois plus tard, un arrêté ministériel fermait bien le site à la circulation aérienne publique, mais l’ouvrait aux pilotes professionnels et aux 5,7 tonnes agréés. Détenteur, depuis dix ans, d’une délégation de service public, l’aérodrome bénéficie d’une subvention (383 000 euros en 2005) représentant 30% de son chiffre d’affaires. Est-elle utilisée au mieux du service public, s’interroge-t-on alentour? » lisait-on dans l’Express du 10 août 2006. Aujourd’hui tout est rentabilisé : ces riches propriétaires qui louent leurs propres avions  louent aussi leurs propriétés  !

(2) lire ici le texte paru dans le Canard Enchaîné au sujet de la Môle :

st trop caneton

(3) « Il sera arrêté en 1972 à Asunción au Paraguay en compagnie de Christian David dit « Le beau Serge » pour ensuite être extradé aux États-Unis où il purgera une lourde peine de prison. Il sera condamné à 22 ans de prison et il en purgera 10. Peu après sa sortie, en 1983, il retournera au Paraguay. Il y mourra en 1985′′ selon Wikipédia. Il apparaît aussi ici : http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/cadavres-dans-le-placard-de-Charly-7-.pdf

Extrait : « Le « Vieux » s’était entouré de vrais durs… Épluchons la liste des membres du gang en 1970 : Ricord donc, condamné à mort pour ses activités aux côtés de la Gestapo en France ; Lucien Sarti, recherché pour le meurtre d’un policier belge ; Christian David condamné à mort par contumace ; André Condemine, recherché, lui aussi, pour le meurtre d’un policier ; Jean Leonardi, recherché pour homicide ; François Chiappe, recherché pour deux assassinats, et Michel Nicoli, un truand français ancien membre du SAC. Naturellement, dans toutes les grandes villes d’Amérique latine, la vaste toile d’araignée tissée avec patience qu’était le réseau Ricord possédait ses correspondants. Affluant de tous côtés, l’argent était investi dans les restaurants et night-clubs de Buenos Aires, Sâo Paulo ou Caracas; »

(4) « Quand Karim Benzema rentre au bercail, il crèche chez son frère, Gressy, au Terraillon, dans l’appartement où il a grandi. Les gosses du quartier considéré par les policiers lyonnais comme « le plus dur de la région » se regroupent alors pour contempler et toucher la dernière voiture grand luxe du footballeur. La Ferrari, surtout, les a impressionnés. En 2011, après avoir tourné dans sa cité toute la nuit, Karim Benzema abandonne le bolide, réservoir vide, au pied des immeubles. Il ne reviendra jamais la chercher ». « A Lyon, il n’hésite pas à s’arrêter en double file pour aller s’acheter une montre à la bijouterie de luxe Maier. Les gens klaxonnent, en vain… « Il aime les boîtes où on rencontre que des mecs bizarres », explique un connaisseur de la nuit lyonnaise, « il reste un gamin de la rue ». Les responsables de l’Imprévu, une boite de nuit située à Massieux, à une trentaine de kilomètres de Lyon, le savent bien -. La place devant l’établissement lui est réservée »… (…) Mal conseillé, mal entouré, « Karim Benzema est déconnecté de la vie réelle et pense que tout s’achète », commente un journaliste sportif »...

Le problème de l’international Benzema étant son entourage proche, qui a déjà été pincé en go-fast après avoir déjà été condamné une première fois : « Si Karim Benzema s’est retrouvé mis en examen dans l’affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, c’est, semble-t-il, en grande partie à cause de son entourage, en particulier un ami, également proche de son frère Gressy, un certain Karim Zenati. Ce dernier pourrait avoir servi d’intermédiaire entre les maîtres-chanteurs et Karim Benzema. L’attaquant du Real Madrid a grandi avec ce jeune homme (32 ans), dans le quartier de Bron-Terraillon, dans la région lyonnaise. Mais lorsque Benzema s’épanouit dans une carrière de footballeur, Zenati plonge, lui, dans la délinquance. Arrêté suite à un braquage en 2003, il est condamné à en 2006 à huit ans de prison. Il est également impliqué, en 2009, dans une affaire de transport de cannabis sur l’autoroute A7. Malgré ses démêlés judiciaires, les liens d’amitié entre les deux hommes ne se sont pas rompus. Benzema aurait ainsi rendu visite à Zenati en prison, selon lemonde.fr. »

Extrait d’un post de 2009  : « Au terme de d’une longue à garde à vue dans les locaux de la PJ de Lyon, deux individus interpellés sur l’autoroute A7 à bord d’une voiture revenant d’Espagne et chargée de 210 kg de cannabis, ont été présentés au parquet samedi en fin de matinée. Mis en examen pour détention et transport de stupéfiants ainsi que pour association de malfaiteurs, ils ont été placés sous mandat de dépôt. Une décision qui n’étonne pas leur défenseur Me David Metaxtas au vu de l’infraction et de leurs antécédents mais qui pose pour lui le problème de l’origine même de l’intervention de la DIPJ. Il entend déposer une requête en nullité auprès de la chambre de l’instruction dès ce lundi. Car tout débute avec un appel anonyme à l’hôtel de police le 17 novembre en début d’après midi. Un mystérieux informateur indique qu’Osman Tutak, 27 ans demeurant à Meyzieu et son ami Karim Zenati, 26 ans, résidant à Bron s’apprêtent à partir pour l’Espagne à bord d’une Audi TT blanche immatriculée en Allemagne. le dispositif se met en place et c’est parti pour une longue filature. Les enquêteurs de la DIPJ laissent le véhicule passer la frontière et le reprennent en chasse quelques heures plus tard à son retour sur le territoire national. C’est en pleine nuit sur une aire de station-service de Porte les Valence qu’ils décident d’intervenir. Les deux comparses ont le temps de prendre la fuite. S’engage alors une folle course poursuite sur une trentaine de kilomètres et se solde par l’interpellation des fuyards roulant depuis un moment avec une roue crevée. Ils n’étaient pas porteurs d’armes mais dans le coffre étaient bien rangés dans des sacs en jute, des « valises marocaines » dans le jargon, deux cent kilos de résine de cannabis. Assurément une opération réussie. D’autant que les malfaiteurs sont loin d’être des inconnus de la justice malgré leur jeune âge. Osman Tutak se trouvait en libération conditionnelle. En effet, il a été condamné en janvier 2006 à dix ans de réclusion par la cour d’assises du Puy de Dôme pour sa participation à un braquage commis le 2 décembre 2002 au préjudice d’une bijouterie de Clermont-Ferrand. Ce jour-là, un véritable commando de cinq personnes originaires de la banlieue lyonnaise n’a pas fait dans la dentelle. Tandis que deux hommes maintenaient en respect les passants avec un fusil à pompe, trois autres s’engouffraient dans le magasin pour gazer le personnel, défoncer les vitrines à coups de masse et faire main basse sur les objets de valeur. L’équipe a longtemps été soupçonnée par les gendarmes du Rhône de faire partie du gang des « enturbannés » à lui l’on a prêté pas moins d’une vingtaine de hold-up en moins d’un an. Karim Zenati n’est pas en reste question casier judiciaire. Il a été condamné en mars 2006 à 8 années de prison pour une série de braquages commis avec trois autres complices de son quartier de Bron -Teraillon. Les faits s’étaient déroulés au cours de l’hiver 2003 au préjudice d’une demi-douzaine de supérettes du Rhône, de la Loire et de l’Isère. Des attaques éclairs commises avec des armes de gros calibres. Tutatk et Zenati viennent de replonger en optant pour une délinquance moins violente mais sans doute plus lucrative ».

GhostofMomo

un bon document sur les mafieux corses
sur la Môle
quelques uns des visiteurs de la Môle
Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.
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