AFGHANISTAN: la DEA claque 86 millions de dollars pour ne pas détecter un seul pavot !

Publié: 10 février 2017 dans INFOS

La DEA américaine est une bien étrange entreprise.  Et sa guerre à la drogue bien singulière.  Je vous en avais déjà trouvé des exemples surprenants, tel celui de cet avion de surveillance qui s’était emplafonné la côte du Panama en volant trop bas de nuit, son pilote, un mercenaire muni de lunettes de visée nocturne… étant borgne ! Aujourd’hui, un nouvel épisode vient s’ajouter à une gestion pour le moins chaotique.  C’est celle d’un autre avion tout aussi singulier, puisqu’il a coûté au total la bagatelle de 86 millions de dollars en pure perte.  L’appareil n’a jamais servi à quoi il était destiné, et on songe aujourd’hui à l’envoyer à la ferraille.  Il faut dire que son aménagement à plus tenu du saccage pur et simple qu’à autre chose.  Au départ, il avait été acheté… 8 millions seulement ! 

Le texte de l’audit sur la gabegie daté de mars 2016 est long à lire, mais il est riche d’enseignements et accablant pour l’organisme d’Etat américain.  C’est avant tout l’histoire, la énième, d’une dérive sans fin conduisant à des dépenses indues, qui ont continué sans contrôle et qui se sont accumulées pendant au moins quatre années avant que quelqu’un se décide à tirer la sonnette d’alarme pour arrêter les frais.  Au départ, le projet appelé Global Discovery consiste à munir un avion bimoteur de senseurs et d’équipements de bord pour détecter les champs de pavot afghans et les surveiller, ainsi que les dealers.  L’engin doit ressembler pour ce faire aux Dash 8 jusqu’ici utilisés, et une enveloppe de 5,8 millions de dollars est envisagée pour le choisir.  Contre toute attente, c’est un avion de fabrication européenne qui est choisi, un avion d’occasion puisqu’il s’agit d’un ATR-500.  




Au départ, il était en effet officiellement préconisé « un avion 1) pouvant accueillir 4 membres d’équipage et 42 passagers; (2) offrant une ouverture de chargement; (3) certifiée par la Federal Aviation Administration (FAA) ; et en (4) présentant un état de service avec tout au plus 25 000 heures de temps total sur la cellule et l’un ou l’autre des deux moteurs. La DEA avait estimé dépenser 5,8 millions de dollars pour l’achat de l’avion et avait reçu six offres de deux sociétés différentes. Les offres reçues par la DEA comprenaient des offres pour deux ATR 42-300 qui pouvaient être modifiés en 320, deux ATR 320 déjà utilisés et deux ATR 500 de même facture ». Note le rapport, qui remarque tout de suite que c’est l’avant-dernière offre qui est retenue, alors qu’elle présente un prix supérieur d’un montant  atteignant 8,572 638 millions, annoncés durant l’année fiscale 2008 : 3 millions de dollars de plus que prévu à l’origine !  L’avion retenu obtenu avec un (petit) rabais de 16,327 dollars auprès du vendeur est l’ATR-500 N°549, la firme qui a remporté le marché ayant aussi proposé le N°139 (le ZS-OSN de Pelican Air Services datant de 1989, un type 320).  



Lire

http://www.centpapiers.com/en-afghanistan-la-dea-claque-86-millions-de-dollars-pour-ne-pas-detecter-un-seul-pavot/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s