FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (DNRED – Justice – Police – PĂ©nitentiaire): chez ces gens lĂ , on ne pense pas, monsieur, on ne pense pas, on « dalloze »!

Publié: 27 novembre 2018 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, CELTIC, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Gendarmerie, Guardia Civil, HM Customs Excise (UK), NARCOTRAFIC, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Extrait de l’Archipel des Soumis – journal de dĂ©tention

Mardi 4 janvier 2005

Long appel Ă  GĂ©rard Estavoyer qui continue Ă  me dire que le maximum est fait, mais reconnaĂźt qu’à ce jour, les rĂ©sultats ne sont pas au rendez-vous!

Ici Ă  Nice avec GĂ©rard lors du « Narcotour »

Long courrier Ă  GĂ©rard Estavoyer, le patron de la DNRED et…envoi d’une copie Ă  Madame Sophie ClĂ©ment, vice-prĂ©sidente chargĂ©e de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris.

Mon cher GĂ©rard,

Pour faire suite Ă  notre conversation tĂ©lĂ©phonique de ce mardi 4 janvier 2005, tu trouveras ci-aprĂšs la nouvelle date de fin de peine, suite Ă  l’application de textes de la Perben 2 qui a pris effet Ă  partir du 1er janvier 2005, basĂ©e sur l’article 207 II de la loi n° 2004-204 portant adaptation de la justice aux Ă©volutions de la criminalitĂ©. Cette nouvelle date m’a Ă©tĂ© communiquĂ©e ce jour Ă  18 H 00 par un ASP premier surveillant de l’Administration pĂ©nitentiaire et elle est Ă  ce jour fixĂ©e au 18 mai 2013.

IncarcĂ©rĂ© depuis le 23 septembre 1994 pour des actions directement liĂ©es Ă  mon infiltration, parfaitement connue par la DNRED et par le DEA dans l’organisation Locatelli, aucun fonctionnaire de la pĂ©nitentiaire et de la « Japerie » locale ne semble ĂȘtre intĂ©ressĂ© par l’anomalie que je reprĂ©sente pour cette condamnation de vingt ans qui, aprĂšs rĂ©duction de peine, ne verrait ma sortie qu’en 2013 et pour Jean Marie Landais, le directeur de la division 2 du CD de Val de Reuil, tout baigne ! Ah oui, tous les mafieux, les trafiquants, les terroristes, lorsqu’ils prennent dix ans, c’est dĂ©jĂ  beaucoup et trĂšs souvent pour eux, la confusion, c’est automatique. Franck Perletto, pour le trafic de cocaĂŻne avec le BrĂ©sil….ACQUITTÉ ! Son frĂšre, pour la mĂȘme affaire : 8 ans pour association de malfaiteur. A Toulouse, en 1996, ce furent trois mafieux italiens qui sortirent libre aprĂšs relaxe ! Pour moi l‘agent infiltrĂ© NS 55 ? Pas infiltrĂ© dans une minable organisation d’un quartier de la Courneuve, mais dans une multi nationale du crime, vous fĂ»tes incapables aux Douanes françaises de rĂ©clamer du bon sens et le rĂ©sultat ce fut 20 ans sans prendre en compte l’intĂ©gralitĂ© de mon temps de dĂ©tention ! Et, maintenant, les Douanes françaises sont incapables de trouver un magistrat Ă  la chancellerie pour rĂ©ellement se pencher sur ma situation! De qui se fout-on ? Y faut atterrir maintenant ! Me traiter de la sorte, c’est dĂ©montrer que l’Etat de droit, c’est vraiment pas sensĂ© ! Comme je te l’ai dit au tĂ©lĂ©phone, ça fait plus de dix ans que je suis incarcĂ©rĂ© et que vous n’ayez mĂȘme pas rĂ©ussi Ă  me faire obtenir une permission pour NoĂ«l alors que j’y avais droit…Ca ne passe pas ! Que vous m’ayez fait plaider coupable, et fait revenir dans ce pays sans ĂȘtre capable aujourd’hui de traduire dans les faits les engagements faits par Christian Gatard au Canada… Je ne digĂšre pas ! Tu sais que si j’étais restĂ© au Canada, je serai libre ! Ce onziĂšme NoĂ«l passĂ© loin des miens parce que la chancellerie a dit que c’était de la faute aux accords franco-canadiens ! Je ne digĂšre pas ! L’attitude de Laurent Le MESLE qui dĂ©commanda au dernier moment le rendez-vous qu’il avait accordĂ© Ă  mon avocat alors qu’il Ă©tait encore conseiller technique Ă  l’ElysĂ©e. Je ne digĂšre pas !

Pourquoi les numĂ©ros de tĂ©lex transmis Ă  J.P. Garcia Ă  Madrid et qui permettaient de dĂ©montrer que dans le Var comme Ă  New York des « gens Ă©tablis » Ă©taient en contact avec un bateau chargĂ© de 32 tonnes de cannabis afghan, n’ont jamais servi Ă  rien. Est-ce que je risquais de dĂ©ranger des notables de la politique varoise en connexion avec Pasqua lui-mĂȘme? Pourquoi, alors que Locatelli Ă©tait connu par la DNRED des dizaines de mois avant que je l’infiltre… Christian Gatard ne m’a pas informĂ© du danger et m’a laissĂ© aller au casse pipe avec ma famille. Pourquoi ? Y avait-il aussi des ripoux chez les flics français comme il y en avait tant chez les Espagnols, que ces « fonctionarios » soient de la Guardia civil, de la Policia, du SVA ou du CESID. (C’est pas moi qui le dit, c’est David May lui mĂȘme qui ne voulait pas dĂ©clarer mon action par manque de confiance envers les autoritĂ©s espagnoles.) Ou une fois encore, chacun jouait-il dans sa cour de rĂ©crĂ©ation au mĂ©pris de l’essentiel ? Et puis, c’est quand mĂȘme pas un aviseur qui allait donner des ordres Ă  des services officiels…

Comme je te l’ai dit aussi, moi, je n’ai pas de cagnotte, ni de comptes en banque confortables qui m’attendent Ă  la sortie aprĂšs avoir doublĂ© le dĂ©pĂŽt initial, par intĂ©rĂȘts cumulĂ©s, comme certains dĂ©tenus rencontrĂ©s ici, qui, bien que ne payant pas les parties civiles auxquelles ils furent condamnĂ©s, relativisent leur temps carcĂ©ral par ce profit bien rĂ©el. Moi, je n’ai pas de parties civiles et, puisque je n’en paye pas, la seule chose que fait le JAP, c’est de me « sucrer » des remises de peine. Et il faudrait que je dise bravo ! Non, franchement, je ne digĂšre pas ! Dans mon histoire, le seul profit bien rĂ©el, ce fut pour la DNRED, que ce soit en matiĂšre d’informations et aussi du faible coĂ»t de mon action. N’oublie pas que je n’ai pas reçu un franc des Douanes françaises dans les deux derniĂšres annĂ©es de mon action. Pas un franc! ExceptĂ©, un dĂ©fraiement de dix mille dollars remis par David May du DEA en juin 1994. Tout le reste, je l’ai payĂ© avec l’argent que voulait bien me donner Locatelli. Alors, quand j’apprends qu’à l’école des douanes, des instructeurs osent dire que je suis milliardaire… C’est ignoble ! C’est vrai que pour expliquer l’incapacitĂ© des Douanes françaises Ă  me sortir des cloaques de la pĂ©nitentiaire française, c’est prĂ©fĂ©rable d’expliquer aux futurs douaniers que je suis un narco. Je n’ai pas pu faire de cagnotte, ni crĂ©er des comptes en Suisse, au Liechtenstein, Ă  Gibraltar, au Luxembourg ou Ă  Monaco et l’enquĂȘte effectuĂ©e par les autoritĂ©s anglaises, et poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme par ses trĂšs performants perfides du Custom Excise, ne permit que de dĂ©montrer que je n’avais fait aucun profit du trafic de drogue. Non, pour moi, rien de tout ça, car aprĂšs avoir infiltrĂ© et fait tomber toutes les opĂ©rations auxquelles je participais en infiltrant, je n’ai pas un sou, seulement une promesse d’embauche chez mon fils Franck, qui monta son entreprise avec l’argent que lui prĂȘta sa mĂšre, aprĂšs avoir constatĂ© qu’en juin 1994, je n’avais mĂȘme pas les 50 000 francs dont il avait besoin Ă  l â€˜Ă©poque pour dĂ©marrer. Je n’avais d’ailleurs pas non plus le moyen de payer l’opĂ©ration que j’avais subie dans une clinique de Malaga et c’est Locatelli lui mĂȘme qui Ă©tait venu rĂ©gler l’addition de plus de 100 000 Francs. Oui, moi le supposĂ© numĂ©ro 2 du narcotrafic mondial, je n’avais mĂȘme pas 10 plaques, comme disent les initiĂ©s, pour payer mes frais d’hospitalisation et je n’ai, aujourd’hui que l’urgentissime besoin de travailler pour pouvoir assumer ma famille. Mais faudrait-il encore que je sois libre ! Mon Ă©pouse attend avec impatience de pouvoir vendre l’appartement qu’elle habite Ă  Fuengirola pour continuer Ă  assumer l’éducation de mes deux derniĂšres filles de 17 et 14 ans que je n’ai pas vues depuis 5 ans et seulement 27 minutes dans l’enceinte de l’infĂąme prison de Fresnes ! Non GĂ©rard, je ne peux pas digĂ©rer, et, tu peux imaginer ma colĂšre froide lorsque, ici, dans mon centre de dĂ©sinsertion des Vignettes, je constate que le directeur Landais, un produit parfaitement formatĂ© par l’ENP, Ă©prouve presque des difficultĂ©s Ă  comprendre que je ne sois pas d’accord avec une telle gestion judiciaire d’une sanction, rĂ©sultante directe de mon action, et qui, lorsque je lui annonce le refus de mon transfert par le service parisien de Laure de Choiseul, ne put que trouver normal cette dĂ©cision… C’est normal puisque chacun oeuvre dans son petit coin au mĂ©pris du bon sens ! La solution, c’était la GrĂące prĂ©sidentielle, me dira-t-il, mais vous savez bien que … Et puis, c’est vrai, que je crĂšve dans sa taule ou ailleurs, c’est pareil pour ses points de retraite. La seule chose importante dans la vie professionnelle, pour ce mĂ©thodique et scrupuleux exĂ©cutant, c’est que sa responsabilitĂ© ne puisse ĂȘtre engagĂ© ! Qu’il soit illĂ©gitime que je continue Ă  rester incarcĂ©rĂ©… Pour lui, comme pour le JAP, c’est pas vraiment trĂšs important.

Pour revenir Ă  l’objet de ma lettre traitĂ© dans le premier paragraphe, naturellement, avec ces nouvelles donnes dues Ă  l’application des textes de la Perben 2, ma date de libĂ©ration conditionnelle possible s’en trouve ramenĂ© de plus de onze mois. L’Art. D.526 du C.P.P. prĂ©cise que « Le cas des condamnĂ©s ayant vocation Ă  la libĂ©ration conditionnelle doit ĂȘtre examinĂ© en temps utile pour que les intĂ©ressĂ©s puissent Ă©ventuellement ĂȘtre admis au bĂ©nĂ©fice de la mesure dĂ©s qu’ils remplissent les conditions de dĂ©lai prĂ©vu par la loi. » devrait alors permettre de demander l’étude de ma demande de libĂ©ration conditionnelle sachant qu’un dossier a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© instruit il y a plus de deux ans Ă  Nantes avec toutes les visites mĂ©dico-psychiatriques et enquĂȘtes effectuĂ©es, surtout si les autoritĂ©s judiciaires de cette juridiction voulait m’accorder le bĂ©nĂ©fice de ce qui est prĂ©vu Ă  l’ Art. 721-3 du C.P.P. sous forme d’une rĂ©duction de peine exceptionnelle pouvant aller jusqu’au tiers de la peine prononcĂ©e ; alors ne devrait plus ĂȘtre un problĂšme, de me faire Ă©largir.

C.pr.pĂ©n., art. 721-3 nouveau Nature: RĂ©duction de peine exceptionnelle Quantum: Jusqu’au tiers de la peine prononcĂ©e

Conditions :

  • 187 de la loi du 9 mars 2004, entrant en vigueur le 1er janvier 2005
  • Texte applicable aux condamnĂ©s dont les dĂ©clarations faites Ă  l’autoritĂ© administrative ou judiciaire antĂ©rieurement (SIC) ou postĂ©rieurement Ă  leur condamnation ont permis de faire cesser ou d’éviter la commission d’une infraction mentionnĂ©e aux art. 706-73 et 706-74 c.p.p.
  • Octroi par le tribunal d’application des peines selon les modalitĂ©s prĂ©vues Ă  l’article 712-6.

Encore faudrait-il que le ministĂšre public fasse la demande auprĂšs du JAP, seul habilitĂ© Ă  accorder ce type de rĂ©duction de peine, suite Ă  une demande que la DNRED est seule habilitĂ©e Ă  rĂ©clamer auprĂšs du parquet gĂ©nĂ©ral, puisque la DNRED est la seule autoritĂ© française Ă  pouvoir attester que j’ai bien continuĂ© Ă  donner des informations aux autoritĂ©s amĂ©ricaines, italiennes et françaises postĂ©rieurement Ă  l’opĂ©ration sur le Pacifico organisĂ©e par les Canadiens et antĂ©rieurement Ă  mon arrestation et ma condamnation sans jamais avoir tentĂ© de faire un « deal » avec ces autoritĂ©s que je pensais encore servir alors qu’elles ne faisaient que m’utiliser comme un kleenex.

Je te renouvelle tous mes vƓux, trĂšs Ă©goĂŻstes ceux-la, pour qu’enfin, en 2005, les propos de soutien que tu m’assures Ă  chaque appel trouvent enfin une traduction effective dans une levĂ©e d’écrou. Toujours bien cordialement,

Marc Fievet – NS 55 DNRED

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