FRANCE 🇫🇷: le rĂ©sumĂ© de la première semaine du procès Air CocaĂŻne en bref

Publié: 23 février 2019 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, Blanchiment, Cocaïne, DEA (USA), DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, Justice, Narco-logistique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, OCRTIS, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
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Par Eric Marmottans

Le procès de l’affaire Air Cocaïne qui s’est ouvert lundi devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, a atteint sa vitesse de croisière.

En attendant la reprise des débats ce lundi, retour sur les temps forts de la première semaine.

Lundi : deux absents avec de bonnes excuses

Comme annoncé la veille dans Var-matin, deux des onze accusés ont bénéficié d’une dispense. Ils seront jugés ultérieurement.

Nicolas Pisapia, le passager unique des vols suspects est empêché de quitter la République dominicaine avec une condamnation à 20 ans de prison au-dessus de la tête.

L’apporteur d’affaires Alain Castany – qui a mis en relation le client avec la compagnie aĂ©rienne – vient de subir une lourde intervention chirurgicale.

Sur les bancs de la défense, on réclame un renvoi de l’ensemble du procès au nom du « droit à un procès équitable ».

La cour rendra sa décision à l’issue des débats.

Mardi : un premier coup de théâtre

Les avocats du commanditaire prĂ©sumĂ©, Ali Bouchareb, font la dĂ©monstration que l’une des pièces Ă  conviction n’a pas Ă©tĂ© saisie au domicile barcelonais de leur client, contrairement Ă  ce que soutenaient les enquĂŞteurs. Cette note manuscrite – sur laquelle est inscrite l’adresse d’une station-service du Muy, lieu supposĂ© d’une première livraison de valises – a Ă©tĂ© retrouvĂ©e au domicile d’un autre individu, jamais inquiĂ©tĂ© dans l’affaire Air CocaĂŻne… Cette pièce avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par erreur ou nĂ©gligence par la justice espagnole.

Mercredi : la piscine d’un accusé

Un enquêteur du service national de la douane judiciaire (SNDJ) témoigne à la barre.

Me Antoine Vey, l’un des avocats des pilotes, l’interroge sur la fameuse piscine que Pascal Fauret a indiqué faire construire, dans un SMS présenté comme une pièce à charge.

« Les dĂ©marches ont Ă©tĂ© faites en amont, reconnaĂ®t le tĂ©moin, cette piscine n’a aucun lien avec cette affaire. » Me Thierry Fradet, avocat de François-Xavier Manchet, douanier toulonnais soupçonnĂ© d’avoir usĂ© de sa qualitĂ© pour aider au trafic, obtient Ă©galement des concessions sur les motivations de son client : « C’est quelqu’un qui aime rendre service (…) Il n’a pas reçu d’argent. »

Jeudi : l’amertume des pilotes

La cour d’assises aborde notamment le procès de Saint-Domingue, à l’issue duquel les pilotes ont été condamnés à vingt ans de prison. « Ce procès était un peu comme celui-là, on se demandait ce qu’on faisait là », commente Pascal Fauret. « Tout se passait bien pour nous, explique Bruno Odos, on n’avait pas l’intention de partir en pensant que la vérité serait faite. » Les deux pilotes avaient fini par fuir la République dominicaine sans attendre leur procès en appel.

Vendredi : une guerre des polices

La semaine se clĂ´t sur le tĂ©moignage d’un policier de l’office de rĂ©pression des trafics illicites de stupĂ©fiants (OCRTIS), qui avait fini par ĂŞtre dessaisi, pour « manquement Ă  la loyautĂ© », au profit de la gendarmerie et de la douane judiciaire. Cette dĂ©cision – rare – a Ă©tĂ© prise après que la juge d’instruction a dĂ©couvert en mai 2014 qu’un accusĂ©, Fabrice Alcaud (actionnaire de la compagnie aĂ©rienne en cause) Ă©tait fichĂ© comme « indic » depuis mars 2013.

« La veille de son interpellation, le 2 septembre 2013, j’avisais (par tĂ©lĂ©phone) la magistrate du statut de M. Alcaud », contredit l’enquĂŞteur. « Je suis formel. » Quant au manque de coopĂ©ration dont auraient fait preuve les policiers de l’OCRTIS vis-Ă -vis des gendarmes qui leur ont succĂ©dĂ© (« ils nous ont mis des bâtons dans les roues », « ils n’ont pas Ă©tĂ© coopĂ©ratifs », « on n’a pas reçu [certaines pièces] », selon un militaire de la section de recherches), le policier – comme ses collègues entendus la veille – oppose un dĂ©menti aussi catĂ©gorique.

La juge d’instruction devrait être entendue par la cour le 22 mars.

Source

https://www.nicematin.com/faits-divers/la-premiere-semaine-du-proces-air-cocaine-en-bref-301121

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