COKE en STOCK (CCXLV): le chaĂźnon manquant du trafic et retour sur Marbella đŸ‡Ș🇾

Publié: 14 avril 2019 par Marc Fievet dans DEA (USA), DNRED, Guardia Civil, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, OCRTIS, Policia, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA
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Il venait de quitter un endroit oĂč la mafia russe commençait Ă  prendre la main sur le trafic en MĂ©diterranĂ©e. PrĂ©curseur de pas mal de techniques innovantes, aujourd’hui rĂ©pandues chez les trafiquants, il avait choisi en effet de s’installer dans l’üle mĂȘme de Margarita, point nĂ©vralgique du dĂ©part de la drogue vers l’Europe comme on l’a vu. RepĂ©rĂ© bien tardivement, faute au manque de participation Ă©vident de la police vĂ©nĂ©zuĂ©lienne avec qui il avait signĂ© cette sorte de pacte de non agression en lui accordant pas loin de 2 millions de dollars pour qu’elle se taise, l’homme est aujourd’hui de nouveau en fuite, ayant rĂ©ussi paraĂźt-il Ă  s’échapper sur un « petit avion » dont on a peut-ĂȘtre bien retrouvĂ© la trace, impliquĂ© comme il se devait dans un autre trafic decoke
 l’affaire aboutissant Ă  nouveau au final en GuinĂ©e-Bissau, autre paradis pour trafiquant comme on le sait, et avec la redĂ©couverte d’un autre avion, un jet, qui avait fait en 2009 la une des journaux
 un Gulfstream IIB, comme celui par lequel nous avons dĂ©marrĂ© cette mini-sĂ©rie, comme pour boucler une ronde
 sans fin vĂ©ritable.

Trois affaires sur le dos pour Llorca

Revenons plutĂŽt et encore une fois (la derniĂšre, promis !) Ă  Marbella dans les annĂ©es 70 (2) car c’est lĂ  que tout a dĂ©butĂ©, comme on l’a dit Ă  l’épisode prĂ©cĂ©dent, avec un personnage incroyable Ă©voquĂ©, aujourd’hui toujours en fuite, et qui est en fait en quelque sorte le saint patron du trafic entre les Colombiens, la Guyana, les Antilles avec l’üle Margarita et les mafieux espagnols ou siciliens. La pierre philosophale du trafic qui perdure depuis 40 ans !!! Son nom, JosĂ© Manuel Carlos LLorca Rodriguez, (appelĂ© communĂ©ment Carlos Llorca) Ă©tait en effet apparu aprĂšs l’affaire du Libera (cf l’épisode prĂ©cĂ©dent) dans trois gros dossiers compromettants : « l’OperaciĂłn Malaya », contre la corruption gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  Marbella et les constructions incontrĂŽlĂ©es qui avaient rapidement tout dĂ©figurĂ© lĂ -bas (3). Il faisait aussi dans le bĂ©ton et c’était un as du genre, versant en douce jusqu’à quatre millions d’euros en commissions Ă  Juan Antonio Roca, l’ancien responsable de l’urbanisme de la municipalitĂ© de Marbella (4) ! Rien qu’avec la rĂ©habilitation d’un immeuble Ă  Manresa, il avait empochĂ© 1 100 millions de pesetas (6,6 millions d’euros) !!! Sa sociĂ©tĂ© Pharus Ă©tait alors dĂ©jĂ  liĂ©e au narcotraficant italien Luigi Protani, impliquĂ© dans le trafic massif de coke comme on l’a vu. Llorca avait ensuite Ă©tĂ© citĂ© dans l’opĂ©ration « Ballena Blanca », Ă©galement contre le blanchiment d’argent, avec comme inculpĂ© Aki Kujala, et dans « l’OperaciĂłn Troika », oĂč Ă©taient apparus deux mafieux russes – Ă  gauche leurs gros bras-, Gennadi Petrov (ci-dessous Ă  droite), un ancien boxeur (et son gang « Malyshevsky » et Yaznarov (Alexander) Malyshev, Ă  Astapa. Dans ce sens aussi c’était un pionner en quelque sorte : Ă  Marbella, les deux mafieux russes, que jusqu’ici tout opposait violemment, avaient fait la paix des braves, le premier Ă©tant le redoutable chef du Gang Tambov. Gennadi Petrov ayant surtout mis un pied en Espagne grĂące Ă  ses relations avec la soeur du roi Juan Carlos. Pour The Atlantic, c’est un « gangster de la MĂ©diterranĂ©e »  Lors de son arrestation, avaient Ă©tĂ© saisis 307 000 dollars en espĂšces, 23 voitures de luxe, et 12 millions d’euros lui appartenant avaient Ă©tĂ© gelĂ©s dans des comptes bancaires. En 2001, Petrov avait achetĂ© un yacht de 3,5 millions d’euros baptisĂ© « Sasha » dĂ©clarĂ© valant 700 000 euros mais qui s’était fait redresser de 500 000 par le fisc espagnol qui connaissait son montant rĂ©el (5) ! On avait aussi remontĂ© avec lui jusque Michael Rebo, installĂ© Ă  Berlin et spĂ©cialiste blanchiment de l’argent du trafic de drogue (6). A l’époque, au sein de la mafia russe, le nom Oleg Deripaska circulait dĂ©jĂ . (7) Juste avant la perquisition, le Monde raconte « qu’à la mi-octobre, l’attention des policiers a Ă©tĂ© attirĂ©e par un incessant va-et-vient de caisses, transportĂ©es vers un jet privĂ© stationnĂ© sur l’aĂ©roport de Palma de Majorque-Son Sant Joan. Il n’en fallait pas plus pour lancer la perquisition et ordonner la saisie des caisses en partance pour la Russie. » Derispaka qui possĂšde trois jets, des 
 Gulfstream, mais trois G-550, immatriculĂ©s M-ALAY, M-UGIC et le plus ancien, le M-SAWO. A savoir inscrits dans l’üle de Man !!

LIRE

(1) revoir les cinq épisodes précédents parus ici (de CCXL à CCXLV, de 240 à 44, celui du jour étant le 245). Une premiÚre parution nous avait fait oublier le « L » du chiffrage, pardonnez-nous !

(2) Le premier hĂŽtel de Marbella Ă©tait une ancienne ferme dĂ©tenue par une famille d’aristocrates, celle du Marquis d’Ivanrey
 dont la famille Ă©tait allemande d’origine. C’est racontĂ© ici par Christopher Clover, Directeur GĂ©nĂ©ral de Panorama Properties, la premiĂšre agence mobilitĂ© du lieu: « C’était en 1946, environ sept ans aprĂšs la fin de la Guerre Civile espagnole, Marbella Ă©tait alors un petit village de moins de 10 000 habitants et avec une histoire trĂšs intĂ©ressante. Au cƓur du village se trouvait (encore actuellement) l’ancien chĂąteau arabe construit au IXe siĂšcle et entourĂ© de ruines romaines qui sont encore visibles aujourd’hui, tout au long de la ville (
) À cette Ă©poque, les terrains les plus Ă©tendus appartenaient Ă  cinq familles : Juan et Enrique BelĂłn, Juan Lavigne et Juan Lima, toutes originaires de Marbella, Elvira Tallefer et son mari Salvador Guerrero de MĂĄlaga (c’est Ă  elle qu’on doit le nom d’Elviria), et Norberto Goizueta de Navarra (l’éventuel fondateur de Guadalmina). La majoritĂ© des champs Ă©taient louĂ©s et cultivĂ©s par des paysans. L’activitĂ© Ă©conomique principale en ce temps-lĂ  Ă©tait l’agriculture et l’extraction miniĂšre du fer et du graphite (
) Le premier Ă  promouvoir la ville de Marbella fut le versatile et Ă©clectique aristocrate espagnol Ricardo Soriano Sholtz von Hemensdorff, Marquis d’Ivanrey, qui acheta en1943 la propriĂ©tĂ© El Rodeo, d’une Ă©tendue de 220 000 m2 (22 hectares) Ă  son ami Norberto Goizueto, qui possĂ©dait de son cĂŽtĂ© une immense parcelle de 350 hectares dans la zone. En 1945, Ricardo construisit et ouvrit les portes du premier hĂŽtel de style “motel” amĂ©ricain Ă  Marbella, l’HĂŽtel El Rodeo, et invita plusieurs de ses amis Ă  visiter la rĂ©gion. En 1946, son neveu, le prince Alfonso von Hohenlohe et le pĂšre d’Alfonso, le prince Maximiliano Egon von Hohenlohe-Langenburg, visitĂšrent Marbella pour la connaĂźtre en personne. Le pĂšre d’Alfonso Ă©tait un aristocrate allemand trĂšs connu, dont la famille datait du VIe siĂšcle. Sa mĂšre, la marquise de BelvĂ­s de las Navas, Ă©tait Ă©galement connue en Espagne, et son parrain Ă©tait le roi d’Espagne, Alfonso XIII. Sa lignĂ©e, unie Ă  la vision pionniĂšre de son oncle Ricardo, poussa Alfonso Ă  continuer de promouvoir les idĂ©es de son oncle. Autrefois, rejoindre Marbella depuis Malaga prenait deux heures en voiture sur une terrible route cĂŽtiĂšre Ă  double sens. Alfonso et son pĂšre arrivĂšrent Ă  Marbella dans une vieille Rolls Royce Ă©quipĂ©e d’un moteur qui, en raison de la pĂ©nurie d’essence durant ces annĂ©es de l’aprĂšs-guerre, avait Ă©tĂ© transformĂ© pour fonctionner avec des gaz produits avec du charbon » (Une rolls-Royce Ă  gazogĂšne !!) (
) Ils tombĂšrent tellement amoureux de Marbella, et spĂ©cialement de ce domaine, qu’ils revinrent l’annĂ©e suivante pour l’acheter. Alfonso et son pĂšre construisirent une magnifique maison dans leur nouvelle propriĂ©tĂ©, et avaient pour habitude d’y inviter leurs amis. La ferme originale de la propriĂ©tĂ© fut rapidement transformĂ©e en un club social en plus de bar-restaurant, qui Ă©tait frĂ©quentĂ© par les habitants de la rĂ©gion
et c’est ainsi qu’est nĂ© le “Marbella Club » (
) . GrĂące Ă  Alfonso, son pĂšre, sa mĂšre et son oncle Ricardo, une grande quantitĂ© de gens visitĂšrent la zone (et le Marbella Club), et nombreux furent ceux qui ne trouvaient pas de logement. Le flux de visiteurs Ă©tait tel que, en 1953, Alfonso dĂ©cida de construire, Ă  cĂŽte de la ferme originelle, un petit hĂŽtel de 18 chambres distribuĂ©es autour d’un patio central, semblable aux populaires “motels” des États-Unis qu’il avait dĂ©couverts lors de ces rĂ©cents voyages. Il dĂ©cida de l’appeler l’HĂŽtel Marbella Club. L’hĂŽtel ouvrit ses portes au public en 1954 et attira immĂ©diatement le tourisme de qualitĂ©. En 1955, le Comte Rudi von Schönburg, parent d’Alfonso, venait d’obtenir son diplĂŽme Ă  l’universitĂ© Swiss Hotel Management University de Lausanne, et s’unit Ă  Alfonso comme directeur de l’hĂŽtel. Encore actuellement, le Comte Rudi joue toujours un rĂŽle important au Marbella Club et au sein du Groupe, oĂč on peut le rencontrer chaque jour. » La ferme originelle existe toujours, et a Ă©tĂ© transformĂ©e en restaurant et bar principal de l’HĂŽtel »  (
) Afonso ne douta pas Ă  inviter toute la jet-set du moment au premier hĂŽtel de luxe de la Costa del Sol. Marbella devint immĂ©diatement l’endroit Ă  la mode de toute l’Europe. Dans les annĂ©es soixante, de nombreuses cĂ©lĂ©britĂ©s visitaient dĂ©jĂ  Marbella et l’HĂŽtel Marbella Club assez frĂ©quemment. La plupart d’entre elles achetĂšrent des parcelles pour construire leurs maisons, parfois directement Ă  Alfonso. Parmi ces “grands noms” se trouvait JosĂ© BanĂșs, qui vint Ă  Marbella en 1962 (l’auteur omet de dire que c’est un poche de Franco) et acquit les terres de l’actuel Puerto BanĂșs et Nueva AndalucĂ­a (Ă  cette Ă©poque de nombreuses personnes considĂ©raient que sa vision Ă©tait “dĂ©traquĂ©e”), Jaime de Mora, Manolo Lapique, Ignacio Coca – fondateur de Los Monteros et du Club de Golf Rio Real – et d’autres grands noms tels que les von Thyssen, Princess von Bismark, la famille FĂŒstenberg, Mel Ferrer et Audrey Hepburn, le Duc et la Duchesse de Windsor, le Prince Rainier de Monaco et Grace Kelly, Ava Gardner, Cary Grant, Laurence Olivier, Guy de Rothschild, Terry von Pantz, Deborah Kerr, Jimmy Stewart, Teddy Kennedy, Jean Negulesco et de nombreux autres
 Ă  rappeler que tout se passait alors sous la dictature de Franco ! Dans les annĂ©es 80, ce sont les Ă©mirs qui vont plutĂŽt se pointer : la Famille Royale saoudienne ou Akram Ojjeh, (du Groupe d’entreprises TAG) le Prince Salman, frĂšre du prince hĂ©ritier Fahad, oui le fils aĂźnĂ© du Prince Fahad, le Prince Faisal Bin Fahd mais aussi Sheik Zayed bin Sultan Al Nahyan, l’Émir d’Abu Dhabi et PrĂ©sident des Émirats Arabes Unis, la famille Marzook venue du KoweĂŻt ; Rafic Harriri, (ah tiens voici le Premier Ministre du Liban !) ; le Sheik Kamal Mouaffak Bin Jamil Al Midani, qui finira par racheter le complexe de luxe de Puerto BanĂșs en 1979, bĂąti au bout du terrain de l’hĂŽtel, sans oublier Adnan Khashoggi , le roi de la fĂȘte Ă  l’époque (il est dit qu’il dĂ©pensait alors 250 000 dollars par jour !) qui arrivait en DC8 ou Ă  bord de son immense yacht, le Nabila (revendu Ă  Donald Trump !) !!! Sa villa immense, avec zoo et stand de tir, Ă  Marbella s’appelait Al Baraka ! Ci-dessus ses 4 moyens de transport : les yachts Khalida (le plus petit) et le Nabila; son DC-8 particulier (VR-CKA) et un DC-9 immatriculĂ© VR-CKE baptisĂ© « Omaria » avec devant le Hughes 500 destinĂ© Ă  a fille.

Pour le 66e anniversaire du frĂšre de la reine Fabiola de Belgique. on avait comptĂ© devant la villa 31 Rolls-Royce. La chanteuse d’opĂ©ra corĂ©enne Kimera Ă©tait venue pousser la chansonnette devant le Cheikh Mohamed Ashmawi, grande figure extravagante du lieu qui voyageait en BAC-111 personnel ou Jetstar. Son gros birĂ©acteur arc-en-ciel VP-CMI Ă  l’intĂ©rieur rose (?) a Ă©tĂ© revendu Ă  des mexicains du Grupo Adelac pour devenir XA-ADC. Il promĂšnera en 2006 l’équipe de NBA des San Antonio Spurs (ici Ă  gauche). Il est devenu ensuite XA-CMG. puis XB-KQL en 2009 et a fini par ĂȘtre stockĂ© Ă  Toluca en 2012 (il y Ă©tait toujours en 2016). L’homme on le sait, un marchand d’armes, a Ă©tĂ© mĂȘlĂ© Ă  l’affaire des Contras via l’affairiste Manucher Ghorbanifar et Ă  celle d’ Imelda Marcos, la (riche) veuve du prĂ©sident des Philippines, Ferdinand Marcos. Selon Seymour Hersh, dĂšs 2003, Khashoggi dans un entretien avec Richard Perle, Ăąme damnĂ©e des Bush, aurait Ă©voquĂ©, dĂ©jĂ , l’invasion prĂ©vue de l’Irak !!!!

(3) dans un long texte dĂ©gotĂ© ici, on explique de façon savoureuse cette corruption effrĂ©nĂ©e lors du mandat surtout de l’ineffable Vicente Gil, proche ami de jeunesse de Franco : « La semaine a Ă©tĂ© chargĂ©e pour le juge Miguel Angel Torres Segura, le jeune magistrat chargĂ© de l’opĂ©ration «Malaya». Le week-end dernier, les principaux protagonistes de l’affaire, la mairesse de Marbella, Marisol YagĂŒe, sa dĂ©putĂ©e, Isabel Garcia Marcos, et le consultant en planification de la mairie, considĂ©rĂ©s comme le cerveau derriĂšre la corruption au sein de l’autoritĂ© locale, Juan Antonio Roca, ont tous Ă©tĂ© interrogĂ©s et envoyĂ©s en prison sans caution (Roca a Ă©copĂ© de 12 ans de prison et est sorti rĂ©cemment, le 14 mars 2018 !). Le juge a dĂ©crit YagĂŒe comme une « marionnette », alors que l’homme qui tirait vraiment les ficelles Ă  la mairie de Marbella Ă©tait Juan Antonio Roca. Alors que le maire – qui, selon des sources, n’a pas exclu la possibilitĂ© de dĂ©missionner – a Ă©tĂ© inculpĂ© de corruption, de perversion du cours de la justice et de trafic d’influence, la liste de crimes prĂ©sumĂ©s de Roca comprend tout cela en plus du blanchiment d’argent, de la fraude, de la prix, dĂ©tournements de fonds et atteintes Ă  l’environnement. (Ce dernier fait rĂ©fĂ©rence Ă  sa collection d’animaux exotiques empaillĂ©s). Isabel Garcia Marcos, dirigeante de l’opposition socialiste et critique fĂ©roce de Jesus Gil avant de rejoindre les anciens « Gilistas »), partage la cellule de YagĂŒe et est accusĂ©e de corruption et de modification des prix .(
). L’opĂ©ration « Malaya » contient tous les ingrĂ©dients du complot d’un feuilleton amĂ©ricain des annĂ©es quatre-vingt. En fait, les scĂ©naristes auraient probablement trouvĂ© certains dĂ©tails trop exagĂ©rĂ©s pour ĂȘtre crĂ©dibles. L’idĂ©e des deux femmes glamour qui jadis Ă  la barre de la mairie partageaient dĂ©sormais une cellule dans la prison d’AlhaurĂ­n a laissĂ© tout le monde imaginer les dialogues entre ces quatre murs, l’une espĂ©rant une visite de son mari de seulement trois semaines et l’autre lorsque les 57 points laissĂ©s aprĂšs une opĂ©ration de liposuccion rĂ©cente seraient supprimĂ©s. La dĂ©lĂ©guĂ©e principale, Isabel GarcĂ­a Marcos, a expliquĂ© une partie des 370 000 euros trouvĂ©s en espĂšces chez elle comme Ă©tant des cadeaux de mariage. La famille de la maire de Marisol YagĂŒe avait prĂ©cĂ©demment rapportĂ© avoir eu un kyste retirĂ© du dos, mais aprĂšs de nombreuses spĂ©culations, la nature esthĂ©tique de son opĂ©ration a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e. Les similitudes avec un complot « Dynasty » ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Il suffit de regarder l’incroyable fortune du prĂ©tendu chef, Juan Antonio Roca. Dans l’une de ses nombreuses propriĂ©tĂ©s, la police a dĂ©couvert 30 vieilles voitures d’une valeur comprise entre 30 000 et 48 000 euros et un certain nombre de voitures de collection. En outre, 103 chevaux de race pure et 100 taureaux figurent sur la liste, ainsi que de petites demeures seigneuriales, une dans un domaine de Murcie avec son propre hĂ©liport et une autre ornĂ©e de tĂȘtes en peluche de girafes, d’élĂ©phants et de rhinocĂ©ros, sans oublier les 275 Ɠuvres d’art. Comparez cela Ă  l’image d’un Roca en faillite qui est arrivĂ© Ă  Marbella Ă  la fin des annĂ©es 80 dans un Seat Panda. C’était avant qu’il ne soit choisi comme disciple de Jesus Gil, le « parrain » dĂ©cĂ©dĂ©, dont l’ombre plane toujours sur son ancien territoire (rĂ©Ă©lu 3 fois, et banni aprĂšs pour 28 ans, il a aussi Ă©tĂ© pendant 16 ans le dirigeant de de l’AtlĂ©tico Madrid, tout en ayant les mĂȘmes qualitĂ©s intellectuelles qu’un Trump aujourd’hui, ce dernier imitant ses frasques, casquette comprise !). La deuxiĂšme personnalitĂ© fĂ©minine, Isabel GarcĂ­a Marcos, qui Ă©tait onze ans le pire ennemi de JesĂșs Gil, (qui avait fondĂ© on le rappelle le parti GIL
 ou Grupo Independiente Liberal) partage maintenant une cellule avec un de ses disciples. « Ce sera la seule zone verte restante Ă  Marbella lorsque vous aurez terminĂ© », a-t-elle dĂ©clarĂ©, Ă  Gil, tenant une plante en pot. Elle semble maintenant avoir aidĂ© Ă  accomplir sa prophĂ©tie. » Aujourd’hui elle n’est plus loin du compte


(4) Ça a bien changĂ© depuis en effet
 « C’est que le petit cercle des dĂ©buts s’est nettement Ă©largi. Pour ne pas dire totalement dissous dans le flot des vacanciers. Reprise Ă©conomique aidant, ils Ă©taient 7 millions, en 1999, Ă  avoir goĂ»tĂ© au sable de ses plages, dont 700 000 pour le seul mois d’aoĂ»t. Cette annĂ©e, Marbella en attend 8 millions au total. Une vĂ©ritable explosion! Bien loin de s’en plaindre, la ville fait tout pour entretenir le phĂ©nomĂšne. Depuis dix ans, elle inaugure chaque annĂ©e de nouvelles infrastructures: promenade maritime, ronds-points flambant neufs, trottoirs Ă©largis, parkings en sous-sol et mĂȘme une autoroute ».

« VotĂ© en mai dernier, avec deux ans de retard, le budget municipal de 1999 a atteint un record de 911 millions de francs. Dont, et c’est rĂ©vĂ©lateur, 50 millions rĂ©servĂ©s aux seules infrastructures urbaines (amĂ©nagement et construction), 16 millions Ă  l’éclairage et 62
 Ă  la propretĂ©. Jour et nuit, 500 balayeurs remettent la ville Ă  neuf. CĂŽtĂ© sĂ©curitĂ©, Marbella n’y va pas, lĂ  non plus, de main morte. En plus des 197 agents de la police nationale et des 87 gendarmes, 368 policiers municipaux veillent sans relĂąche sur les vacanciers. ExcĂšs de zĂšle? Sans doute, mais les touristes en redemandent: le nombre de sociĂ©tĂ©s de sĂ©curitĂ© privĂ©es est en plein essor. Ancien para et grand admirateur du gĂ©nĂ©ral Franco, JosĂ© Perna Calderon dirige l’une d’elles, Franjus Security. LancĂ©e il y a douze ans avec 7 agents, elle en compte aujourd’hui 374. Ici, on ne plaisante pas avec l’argent du tourisme. « Dernier vestige du «paradis» – trĂšs Ă©litiste – d’antan, le

Marbella Club est, finalement, un hĂŽtel comme les autres (ici Ă  droite quelques ratages immobiliers abandonnĂ©s). Princes et princesses ont beau peupler la lĂ©gende de Marbella, la ville ne leur appartient plus. Le parfum du jasmin a fait place Ă  d’autres odeurs, moins subtiles, mĂȘlĂ©es d’huile solaire, d’essence et d’argent sale. Ses nouveaux princes roulent en coupĂ© Mercedes. «La ville est toujours un paradis, mais d’abord celui des investisseurs!» ironise JosĂ© A. Nieto, prĂ©sident de l’association des professionnels du tourisme de Marbella. » Ci-contre, Marbella aujourd’hui : Ă  gauche la villa du tycoon norvĂ©gien John Fredriksen devenu chypriote pour payer moins d’impĂŽts, le roi du pĂ©trole, le dirigeant de la plus grande flotte mondiale de pĂ©troliers. C’est la 71 eme fortune mondiale avec 14,3 milliards de dollars !

(5) Selon le New-Yorker, « À un moment donnĂ©, Petrov a appelĂ© un haut responsable de la justice Ă  Moscou pour se plaindre de ce qu’un chantier naval russe avait pris du retard dans la construction du nouveau yacht commandĂ© par Petrov. Selon un compte rendu espagnol confidentiel de la conversation, le responsable russe a promis d’aller voir le constructeur de navires avec certains de ses « garçons » et de lui montrer « beaucoup d’affection ». Quelques jours plus tard, une autre Ă©coute Ă©lectronique espagnole a surpris deux associĂ©s de Petrov en train de rire. Comment ça, les forces de sĂ©curitĂ© auraient laissĂ© le constructeur de navires se faire terroriser ? Le yacht Ă©tait de retour Ă  l’heure. Lors de centaines d’appels tĂ©lĂ©phoniques interceptĂ©s au cours de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dant l’arrestation de Petrov en 2008, les enquĂȘteurs espagnols ont Ă©coutĂ© le chef de la mafia bavarder avec de puissants hommes d’affaires, des criminels notoires et des hauts responsables du gouvernement de Vladimir Poutine. Au cours d’un voyage en Russie, Petrov a appelĂ© son fils pour lui dire qu’il venait de rencontrer un homme qui se rĂ©vĂ©lait ĂȘtre le ministre russe de la DĂ©fense, et pour annoncer qu’ils avaient rĂ©glĂ© un accord foncier, la vente d’avions et un stratagĂšme. pour investir dans des entreprises Ă©nergĂ©tiques russes. « Voulez-vous rejoindre le gouvernement? », A racontĂ© un blagueur Ă  Petrov lors d’une conversation suivie par des enquĂȘteurs espagnols. « J’ai achetĂ© une valise pour stocker tous les pots-de-vin que vous obtiendrez. » Petrov semblait apprĂ©cier l’ironie, mais se disait trĂšs satisfait du contrĂŽle politique continu de Poutine ».

(6) la puissante Mafia russe inquiĂ©tait trĂšs sĂ©rieusement les espagnols et Ă  juste raison, car elle touchait directement au sommet du pouvoir russe : « dans une rencontre Ă  Londres avec le procureur anti-mafia espagnol JosĂ© Grinda, Litvinenko a affirmĂ© que les mafias russes, Ă  l’instar de leurs oligarques, Ă©taient presque organiquement liĂ©es Ă  l’État. Le systĂšme de favoritisme en vertu duquel les deux parties avaient pris racine dans une alliance que Poutine et d’autres anciens combattants du KGB avaient Ă©tablie avec des personnalitĂ©s de la pĂšgre Ă  Saint-PĂ©tersbourg, au dĂ©but de sa carriĂšre politique, a dĂ©clarĂ© Litvinenko. Le partenariat avait Ă©voluĂ© Ă  mesure que Poutine consolidait son pouvoir et que les criminels russes Ă©largissaient leur portĂ©e. « La thĂ©orie de Litvinenko Ă©tait que Poutine et les services de renseignement ont pris le contrĂŽle des groupes criminels, les ont manipulĂ©s et assimilĂ©s », a dĂ©clarĂ© Grinda dans une interview. Grinda, un bourreau de travail barbu avec un sens de l’humour aride, a persuadĂ© Litvinenko de tĂ©moigner contre les truands en Espagne. Mais seulement quelques mois plus tard, le tĂ©moin potentiel a Ă©tĂ© tĂ©moin de la mort presque angoissante, aprĂšs avoir Ă©tĂ© empoisonnĂ© par des matiĂšres radioactives, introduite chez lui par deux hommes soupçonnĂ©s d’avoir Ă©tĂ© embauchĂ©s par le FSB. Une enquĂȘte britannique a par la suite conclu que l’opĂ©ration avait probablement Ă©tĂ© approuvĂ©e par Poutine lui-mĂȘme, en reprĂ©sailles des accusations de Litvinenko contre des responsables russes et de sa coopĂ©ration avec les services de renseignement britanniques et espagnols. Des photographies de journaux de l’ancien espion cadavĂ©rique, regardant de son lit d’hĂŽpital, ont secouĂ© les Espagnols. Mais la preuve qu’il aurait pu ĂȘtre tuĂ© sur ordre du gouvernement russe a donnĂ© une nouvelle crĂ©dibilitĂ© Ă  leur travail ».

(7) citĂ© dans l’enquĂȘte de Mueller sur les agissements des russes avec Trump
 le deux personnes en cause Ă©tant Adam Waldman, l’envoyĂ© d’Oleg Deripaska, chez qui Manafort travaillait. Waldman Ă©tant en mĂȘme temps le conseiller de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres russe, inamovible depuis 2004. L’enquĂȘte de Mueller vient de se clore, mais les investigations montrent bien que des contacts ont eu lieu avant les Ă©lections. Trump s’est rĂ©joui un peu vite des rĂ©sultats, il semble bien, car c’est son patrimoine dont on va dĂ©sormais parler, ou de ses dissimulations d’impĂŽts ou de ses faillites Ă  rĂ©pĂ©tition


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