AFRICA đŸ‡ȘđŸ‡č (Ethiopie-Somaliland): sur les chemins globalisĂ©s du khat, cette « amphĂ©tamine » de la Corne de l’Afrique

PubliĂ©: 21 juin 2019 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, AFRIQUE, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, ASIE, Djibouti, Ethiopie, EUROPE, Khat, MADAGASCAR, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, OCEAN INDIEN, UK
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Un mĂącheur de qat (khat) Ă  Sana’a, Yemen, janvier 2009. Ferdinand Reus /Wikimedia, CC BY-NC-SA

Par CĂ©line Lesourd – Anthropologue, CNRS (Centre Norbert Elias), Aix-Marseille UniversitĂ© (AMU)

°°°°

« Brest, France, 18 mars 2019 : Suite Ă  “une information reçue”, de bon matin, les forces de l’ordre procĂšdent Ă  une perquisition dans un logement du centre-ville. Un “trafiquant” est interpellĂ© et placĂ© en garde Ă  vue, il reconnaĂźt les faits : ces six derniers mois, il aurait achetĂ© quatre kilos de feuilles de khat sur Internet puis les aurait revendues en petits sachets. Pour un bĂ©nĂ©fice total de 150 euros ». (Lu dans Le TĂ©lĂ©gramme du 18 mars 2019)

Prier, se détendre et couper la faim

À l’origine mastiquĂ© par les Ă©rudits et dignitaires religieux musulmans des citĂ©s de l’est Ă©thiopien, le khat a ensuite Ă©tendu sa treille dans les campagnes pour stimuler la priĂšre des croyants mais aussi pour encourager au travail, couper la faim et offrir le temps, tout en mĂąchant, de discuter et se dĂ©tendre, entre hommes.

En suivant les routes de l’islam, l’arbre et ses feuilles cabotent de comptoir en comptoir sur les pistes du commerce caravanier vers Djibouti, la Somalie le Somaliland (des pays consommateurs mais non producteurs) ou le Kenya. En empruntant les voies maritimes, il s’implante aussi au YĂ©men puis aux Comores et Madagascar oĂč il dĂ©barque au dĂ©but du XXe siĂšcle.

Les chemins du khat, Éthiopie, 2001. Lemessa Dessacha, Author provided

Depuis une trentaine d’annĂ©es, le public de mĂącheurs – qui se fĂ©minise – s’étend en suivant les diasporas de la Corne de l’Afrique. Ainsi, le bouquet euphorisant poursuit sa route toujours plus loin, toujours plus vite – aux États-Unis, en Europe, en Australie et plus tardivement en Chine – en composant dĂ©sormais avec les diffĂ©rentes rĂ©glementations nationales en vigueur.

Prohibitions

« 24 aoĂ»t 2015 : Golfe d’Oman, Sultanat d’Oman, 1 300 bouquets saisis par la douane ».

Le comitĂ© de la pharmacodĂ©pendance de l’OMS n’inscrit cependant pas le catha edulis dans la « Convention des Nations unies sur les psychotropes de 1971 ».

En effet, seules deux des principales substances actives contenues dans les feuilles de khat, et non les feuilles elles-mĂȘmes, sont visĂ©es par cette convention : la cathinone (inscrite au tableau I) et la cathine (tableau IV) – qui partagent les propriĂ©tĂ©s des amphĂ©tamines de synthĂšse mais dont les effets, « naturels », sont beaucoup plus faibles.

Un client achĂšte du khat Ă  Harlesden, au nord-ouest de Londres, en juin 2014, quelques jours avant son interdiction et classification C parmi les drogues et substances illicites par le gouvernement britannique.

Justin Tallis/AFP

Il appartient donc Ă  chaque État de lĂ©gifĂ©rer : la France l’interdit en 1957, la Chine trĂšs rĂ©cemment en 2014 alors que d’autres pays, comme l’Autriche, ne le prohibent pas.

Pourtant la consommation et le commerce des feuilles demeurent dans un rĂ©seau d’initiĂ©s. Des Éthiopiens, Somaliens, Kenyans et YĂ©mĂ©nites, du Danemark au Minnesota comme dans le quartier londonien de Camden, mĂąchent pour adoucir l’exil.

D’autres s’étourdissent :

« Pour les hommes, je te parle de nos pĂšres, c’est le seul moyen de se reposer et de se relaxer [
]. À Londres, le week-end, la seule chose qu’ils veulent c’est khatter, ĂȘtre entre eux, comme s’ils n’étaient pas lĂ  [
] Pour eux, le khat c’est ĂȘtre un Somali, faire comme un Somali, mĂȘme loin [
] ». (A., Dire Dawa, Éthiopie, avril 2013)

Un nouvel ennemi Ă  abattre

Cette méfiance envers le khat répond à des considérations sanitaires : sur le long terme, la consommation de khat provoquerait, selon les études, insomnies, troubles de la sexualité, dénutrition, augmentation des risques de cancer de la bouche et de la gorge.

Mais les enjeux sĂ©curitaires sont Ă©galement forts. Il y a d’une part la war on drugs impulsĂ©e par les États-Unis – dont on sait qu’elle a fait plus de morts que les drogues elles-mĂȘmes.

D’autre part la lutte mondiale contre le terrorisme se profile : l’argent du khat financerait des groupes terroristes en Somalie. Une liaison d’autant plus dangereuse qu’elle n’est pas Ă©tayĂ©e. La presse amĂ©ricaine ou britannique interrogent ainsi de façon souvent insidieuse, les liens entre khat et terrorisme. Le khat est donc cet ennemi supposĂ© qui guette, dehors.

« Des gangs somaliens ont terrorisĂ© les gens Ă  Lewiston, dans le Maine, oĂč la population africaine a grimpĂ© de plus de 600 pour cent, en un court laps de temps. L’immigration frauduleuse continue. La SĂ©curitĂ© intĂ©rieure ne fait rien [
]. Quand je pense Ă  ce khat qui y est envoyĂ©, surtout en cette pĂ©riode oĂč on cĂ©lĂšbre l’anniversaire du 11 septembre 2001, je ne peux pas m’empĂȘcher de me demander ce qui est importĂ© d’autre que les honnĂȘtes citoyens ne peuvent mĂȘme pas imaginer ». (Marietta Daily Journal, 4 avril 2012)

Mais le khat n’incarne-t-il pas – surtout ? – cet ennemi qui guette du dedans ? En effet, nombre de [propos recueillis sur le khat] font ressac sur les immigrĂ©s, le bruit et l’odeur des hommes [« Ă  la peau sombre »).

« Ici [Ă  Xiaobei, quartier de Canton] les gens ont peur de la police [
]. Si tu es noir, pour la police, c’est une certitude que tu vends de la drogue ou que tu en prends [
]. La semaine derniĂšre j’ai fĂȘtĂ© mon anniversaire dans un club [
] avec mes amis, des Éthiopiens surtout, la police a dĂ©barquĂ©, ils nous ont tous forcĂ©s Ă  pisser dans des tubes [
] » (A., Ă©tudiant, Guangzhou, Chine, juillet 2018).

ExpĂ©dier du khat, c’est jouer au billard en plusieurs bandes

Pour dĂ©jouer les contrĂŽles et atteindre la clientĂšle de mĂącheurs, les commerçants de Dire Dawa doivent sans cesse redĂ©ployer leurs rĂ©seaux et trajectoires. Ils expĂ©dient par avion vers des pays europĂ©ens oĂč le khat est autorisĂ© et prĂ©voient ensuite son acheminement avec chauffeur et voiture Ă  travers les territoires de prohibition pour rallier les marchĂ©s de Londres ou d’Oslo
 ExpĂ©dier du khat, c’est jouer au billard en plusieurs bandes.

« Il faut repĂ©rer des nouvelles destinations, rĂ©pĂ©ter, c’est risquĂ©, il faut changer tout le temps les itinĂ©raires. On repĂšre, on envoie un ou deux personnes en reconnaissance sur place, on leur envoie le colis dans leur hĂŽtel, ils tournent, ou avec une boĂźte postale, on essaie, et ensuite on change [
]. On a fait ça pour Guangzhou [Canton], ça a bien marchĂ©. » (D., Dire Dawa, Éthiopie, fĂ©vrier 2015)

Or, les dĂ©lais d’acheminement doivent ĂȘtre trĂšs rapides, c’est-Ă -dire moins de 48 heures avant que ne flĂ©trissent les effets stimulants des feuilles fraĂźches. À destination des États-Unis, les commerçants recourent aux services express de Fedex/UPS ou empruntent les liaisons aĂ©riennes, avec valises en soute, en amĂ©nageant une escale pour tromper la vigilance des douaniers face aux arrivages directs « from Ethiopia » d’emblĂ©e connotĂ©s « khat ».

L’évĂšque Stanley Karuru offre des priĂšres devant une botte de khat Ă  l’église AIPCEA Ă  Igembe (Kenya) pays particuliĂšrement touchĂ© par l’interdiction d’exportation de khat au Royaume-Uni en 2014. Tony Karumba/AFP

Lyophilisé et réhydraté au Coca-Cola

Il est Ă©galement possible d’affrĂ©ter un container au dĂ©part du port de Djibouti. Avec dĂ©tour, par HanoĂŻ. Direction la Chine, pour noyer le khat dans le trafic qui met le cap sur les États-Unis. Plus modestement, et plus frĂ©quemment, tout un chacun peut aussi prendre le chemin de la poste de Dire Dawa et envoyer son colis, toujours en ricochet.

« Je ne connais pas le gars aux États-Unis mais il connaĂźt un gars de Dire Dawa qui m’appelle [
]. Moi, j’envoie d’abord au Kenya, j’ai un ami lĂ -bas [
] qui envoie en Chine [
] c’est pour effacer les traces, Dire Dawa, ils savent que c’est le khat [
] et de la Chine, le gars envoie aux États-Unis [
]. Le gars des États-Unis connaĂźt le gars de Chine et le gars de Dire Dawa [
]. Moi, je connais que le gars au Kenya et celui de Dire Dawa [
] ». (Conversation dans un salon de khat, Dire Dawa, Éthiopie, avril 2014)

Dans ces deux derniers cas – container de 20 pieds ou boĂźtes Ă  chaussures – la lenteur du transport impose alors de lyophiliser la marchandise : le khat est prĂ©alablement sĂ©chĂ©, rĂ©duit en poudre (Ă©tiquetĂ© « hennĂ© » ou « thĂ© ») et, Ă  son arrivĂ©e, il est rĂ©hydratĂ© au Coca-Cola.

« On ne fait pas les colis pour devenir riche, c’est la famille lĂ -bas qui a besoin aussi de cette rentrĂ©e d’argent. Ce sont les femmes lĂ -bas, surtout, qui nous demandent d’envoyer le khat, elles le vendent et avec le bĂ©nĂ©fice, elle nous aide ici, participent aux dĂ©penses de la famille. » (Conversation dans un salon de khat, Dire Dawa, Éthiopie, avril 2013)

Ces stratĂ©gies de contournement Ă  l’international ont un coĂ»t financier et la probabilitĂ© accrue de tout perdre dĂ©courage de plus en plus et notamment ceux qui n’ont pas les moyens de prendre des risques. Il leur resterait alors le commerce transfrontalier et local. Quoique


À Madagascar, les fermiers et paysans aussi cultivent le khat.

En Éthiopie : une manne financiùre à contrîler

Si le khat suit des chemins qui l’emportent au loin, rappelons toutefois que la premiĂšre destination d’exportation des feuilles cultivĂ©es dans l’est Ă©thiopien est le Somaliland, oĂč 60 000 kilos sont exportĂ©s quotidiennement en toute lĂ©galitĂ©.

Une entreprise privée, la 571, gérée par un couple éthio-somaliland, exerce un monopole grùce, notamment, à sa flotte de livraison : 25 camions ISUZU FSR (contenance de 8 tonnes au moins) et deux Antonov basés sur le tarmac de Dire Dawa.

La seconde destination, tout aussi autorisĂ©e, est celle de Djibouti oĂč chaque jour, 15 000 kilos y sont expĂ©diĂ©s lĂ©galement.

Aujourd’hui quatre grandes compagnies « privĂ©es » (mais non sans lien avec l’État parti) et une centaine de licences attribuĂ©es – majoritairement Ă  des hommes – trustent la filiĂšre en partenariat avec une sociĂ©tĂ© relais djiboutienne (la SODJIK) qui rĂ©alise en moyenne, Ă  la revente, un chiffre d’affaires annuel de 32,8 millions de dollars.

Cette « rationalisation » du secteur de l’exportation au dĂ©but des annĂ©es 2000 – Ă  l’ùre du « libĂ©ralisme politique » et de la « libĂ©ralisation Ă©conomique » – permet Ă  l’État Ă©thiopien de contrĂŽler une partie des revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par le khat ; de faire Ă©merger ses propres figures de la rĂ©ussite ; de limiter la prolifĂ©ration d’outsiders locaux qu’il lui serait plus difficile d’identifier, de taxer et de surveiller. Et ce d’autant plus que dans cette rĂ©gion orientale, mĂącher ensemble dans l’intimitĂ© des salons serait associĂ©, vue du Palais, au complot et Ă  la contestation sociale.

De plus, favoriser quelques entreprises fidĂ©lisĂ©es permet Ă  l’État de manƓuvrer politiquement dans cette rĂ©gion oĂč des fronts de libĂ©ration ont contestĂ©/contestent le pouvoir de l’autoritĂ© centrale. Ainsi l’un de mes informateurs me rapporte Ă  propos d’un des gros distributeurs de khat de la ville :

« Tu distribues le khat, tu fais de l’argent, tu deviens riche alors le gouvernement vient vers toi [
]. Ils veulent [
] que tu te prĂ©sentes aux Ă©lections pour eux. C’est avec le khat qu’on gagne les Ă©lections ici Ă  Dire Dawa et dans l’Ogaden ». (L., Dire Dawa, mars 2015).

Les femmes, ces aventuriĂšres quotidiennes du khat

Si le secteur se rĂ©organise, la contrebande aussi : de Dire Dawa au Somaliland, 30 000 kg transiteraient par jour, tandis que 3 000 kg passeraient en douce vers Djibouti. Si le contrĂŽle de l’État n’est pas sans faille, si les trafics demeurent, ce sont en revanche ses acteurs qui changent peu Ă  peu.

« Il y avait une majoritĂ© de femmes sur les trains [
], je dirai 80 % de femmes, surtout des femmes issas et oromos [
] elles se faisaient taxer Ă  chaque station, dĂšs Dire Dawa, mais personne ne les empĂȘchait de faire leur business, tout le monde y participait, on y gagnait tous [
] sans la contrebande, Dire Dawa serait morte ». (J., Dire Dawa, fĂ©vrier 2014)

En effet, des annĂ©es 1970 au dĂ©but des annĂ©es 2000, ce sont les femmes qui embarquaient Ă  bord des trains vers Djibouti avec du khat frais et redescendaient Ă  Dire Dawa avec des produits de consommation courante (boĂźtes de sardines, vĂȘtements) bravant la rĂ©pression policiĂšre et les abus de pouvoir des hommes.

« Il Ă©tait impĂ©ratif pour ces commerçantes de coopĂ©rer avec le personnel du chemin de fer [
]. Oui, les gars les aidaient parce qu’ils avaient couchĂ© avec elles [
]. » (H., Dire Dawa, avril 2013).

Aux dĂ©cisions politiques de rĂ©organisation de la filiĂšre d’exportation (qui profitent Ă  certains hommes, et bien moins aux femmes) s’ajoute celle de mettre fin Ă  la circulation du train vers Djibouti.

Pour les commerçantes, ce coup de sifflet marque la fin du voyage et le repli sur les petits et grands marchĂ©s de khat locaux oĂč, derriĂšre leurs Ă©tals, elles exercent le monopole de la vente de proximitĂ©.

Pour l’’heure les femmes rĂ©sistent d’autant mieux que les reprĂ©sentations sociales font encore rimer la vente du khat au fĂ©minin. Cette spĂ©cificitĂ© genrĂ©e de l’activitĂ© est volontiers justifiĂ©e par la division sexuelle du travail, par la soi-disant inadĂ©quation fĂ©minine au ruminage, par les qualitĂ©s essentialistes attribuĂ©es aux femmes mais, plus encore, par la corrĂ©lation entre l’effet que suscite la vendeuse et celui « sensuel » que procure le bouquet au mĂącheur qui maintient les dames comme vendeuses et les messieurs comme clients.

Mais, pour combien de temps encore ce pré-carré ?

Devantures d’étals vendant du khat Ă  Djibouti, mai 2015. Carl de Souza/AFP

Une autre mondialisation

TantĂŽt flĂ©au Ă  Ă©radiquer, tantĂŽt or vert qui fait vivre une rĂ©gion entiĂšre, le khat peut ĂȘtre lu comme une marchandise ambivalente qui change de statut, de valeur et de matĂ©rialitĂ© car ses circonvolutions Ă  l’international l’exposent Ă  l’altĂ©ritĂ©, aux diffĂ©rents bastions moraux. À la confrontation des normes. Aux rapports de pouvoir.

Ainsi, loin de Davos et de Wall Street, il y a ces resquillages permanents de commerçants qui continuent d’alimenter les marchĂ©s internationaux ; il y a aussi ces consommateurs qui continuent Ă  se repaĂźtre Ă  travers le monde, quelles qu’en soient les consĂ©quences – puisque devenir un citoyen modĂšle ne serait pas compatible avec le masticatoire ; il y a enfin ces anciennes contrebandiĂšres sĂ©dentarisĂ©es qui doivent composer avec une potentielle confiscation des hommes.

L’ouverture d’une nouvelle ligne de train entre l’Éthiopie et Djibouti en 2018 bĂ©nĂ©ficiera-t-elle aussi aux vendeuses de khat ?

Suivre la marchandise khat propose donc de s’immerger dans une autre mondialisation, non pas celle des grandes entreprises transnationales, mais celle plus « discrĂšte », celle dite « par le bas », pour en cerner certains des enjeux Ă©conomiques et politiques. Entre l’intime et le monde, entre connexions et dĂ©connexions, il convient d’entendre aussi ce que les hommes font du khat et ce que le khat, sur un marchĂ© globalisĂ©, fait aux hommes. Et plus encore, aux femmes.

L’auteure vient de publier Puissance khat, Vie politique d’une plante stimulante aux Ă©ditions PUF.

 

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