Archives de 22 août 2019

Enrique Canon
Vendredi 02 août, le directeur des douanes uruguayennes a rendu le tablier.

Cette démission intervient après des saisies répétées de cocaïne, en Europe, en provenance d’Uruguay.

La première saisie a été opérée en France, à bord d’un jet privé venant d’Uruguay.

L’avion transportait 603 kilos de cocaïne découverts à l’aéroport de Mulhouse-Bale.

Deux mois plus tard, une saisie record a eu lieu au port de Hambourg, en Allemagne. La quantité de 4.5 tonnes de cocaïne a été découverte dans un conteneur transporté
par le navire Grande Benin de l’armateur italien, Grimaldi Lines. Dans le manifeste, il était inscrit que c’est du soja qui était dans le conteneur.

En lieu et place, la douane allemande a trouvé 211 sacs noirs dans lesquels étaient bien rangés au total 4200 blocs de cocaine.

Le navire Grande Benin de l’armateur italien, Grimaldi Lines

La marchandise chargée depuis Montevideo, en Uruguay, devait être livrée à Anvers, en Belgique où le navire Roro Grande Benin était attendu le 17 juillet.

C’est l’affaire de trop qui aura décidé le chef de la douane uruguayenne à démissionner.

La faiblesse des contrôles des services de douane sous son autorité a été mise à nu par ces deux découvertes.

L’Uruguay est l’un des rares pays de l’Amérique du Sud à ne pas produire de la cocaïne, mais depuis quelques années, c’est une voie utilisée par les narcotrafiquants pour transporter leur marchandise vers le continent européen.

Source

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Le 14 octobre 2018, cinq des généraux algériens au cœur du pouvoir réel, récemment limogés, ont été incarcérés pour « enrichissement illicite ». Un séisme politique difficile à comprendre du fait de l’opacité du régime.

Habib Souaïdia, ancien lieutenant de l’armée algérienne et auteur du livre La Sale Guerre (2001), donne à Algeria-Watch des informations essentielles pour le déchiffrer.

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Les policiers semblaient visiblement bien renseignés et avaient intercepté la marchandise dans la soirée du 10 mai.

Plusieurs véhicules dont un poids lourd ont été arrêtés, alors que le convoi se dirigeait sur l’A36 en direction de Paris.

11 tonnes de résine de cannabis avaient été découverts.

Quatre personnes dont un homme de nationalité italienne ont été interpellés et ont été placés en garde à vue.

L’enquête avait débuté en 2017. La JIRS de Nancy bénéficie de dispositifs novateurs en matière d’enquête (infiltrations, sonorisations, équipes communes d’enquête entre plusieurs pays) Spécialisés dans ces matières techniques, les
magistrats bénéficient du soutien d’assistants spécialisés. La JIRS de Nancy, juridiction travaillait donc sur ce dossier de trafic international de stupéfiants.

L’enquête a mis à jour un trafic d’ampleur en place entre le Maroc, l’Espagne, la France et la Belgique. Des sociétés de transport de fret étaient impliqués, expliquait la JIRS de Nancy, précisant que les services de la Direction Centrale de la Police Judiciaire avaient travaillé avec leurs homologues au Maroc et en Espagne.Le travail entre les polices des trois pays a permis de recueillir des éléments importants pour la suite de l’enquête.

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A l’époque des faits, Aviseur international était resté très discret sur cette importante saisie en écrivant:
« Onze tonnes de cannabis ont été saisies dans le secteur de Besançon (Doubs), vendredi 10 mai, a appris France 3 de source proche de l’enquête, lundi 13 mai.  »

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Depuis, il y a eu l’assassinat de Samir Labdazi sur le parking de son centre de contrôle auto à Kingersheim, et il est temps aujourd’hui d’être un plus précis en décryptant cette saisie importante de mai 2019.

Le décryptage de NS 55

Les services officiels sont aveugles et sourds sans les informateurs qui pullulent dans ce milieu de la narcodistribution.

Parmi ces informateurs, il y en a toujours qui sortent du lot en proposant des quantités importantes, et alors, après avoir vérifié, puis recoupé les infos et enfin analyser la situation avec les membres de la JIRS, les services régaliens dédiés à la lutte anti-stups décident parfois de donner le feu vert à une opération surtout si celle-ci promet d’être profitable en matière de communication auprès du grand public.

C’est vrai, il faut toujours justifier de sa raison d’être. Et puis nos politiques adorent poser devant des trophées !

Tous ont encore en mémoire les exploits de François Thierry de l’OCRTIS, exploits réalisés grâce au concours de Sofiane Hambli.

L’énarque faussaire Erwan Guilmin

Oui, ça s’est mal terminé avec cette putain de saisie du Boulevard Exelmans par les DOD-DNRED d’Erwan Guilmin. Encore un, celui-là, qui aurait mieux fait de ne pas s’exciter…

Bis repetitat placent

Sur Mulhouse, justement, il y a un des anciens ‘associés’ de Sofiane qui a profité des leçons apprises en devenant d’abord un informateur privilégié de policiers mulhousiens. C’est primordial pour qui veut se remplir les poches d’ avoir les contacts pour informer sur l’activité de concurrents dérangeants. Samir Labdazi n’a pas d’état d’âme lorsqu’il décide de devenir un tonton. Ça fait partie du job! Et puis, les flics, ça sert au moins, croit-il, pour éviter d’être ennuyé par des incarcérations toujours pénibles.

Samir Labdazi organise donc pour ses amis policiers une grosse opération.

La JIRS entre en jeu

D’abord, d’abord il y a le procureur, enfin un substitut au sein de la JIRS qui va mettre en place la couverture juridico administrative. Le chargement du cannabis aura lieu au Maroc, et bien, contact est pris avec le procureur général du roi à Casablanca pour que ce dernier couvre l’opération au Maroc en évitant que le camion soit contrôlé.

Les services du procureur du Roi de Casablanca préviennent donc policiers et douaniers qu’une cargaison importante de haschich transportée sur un poids lourd ne devra en aucun cas être interceptée.

Mais des douaniers marocains laissent fuiter qu’ils ont reçu l’ordre de ne pas intervenir sur une grosse cargaison destinée à la France, en prévenant des expéditeurs de cannabis.

« C’est vrai, c’est dangereux pour tout le monde! On ne peut plus faire confiance à personne ! « 

De signaux de fumée en moyens plus sophistiqués de communication, la nouvelle se répand dans tout le rif et les quelques producteurs-expéditeurs qui ont participé à la constitution de cet envoi commencent à prendre peur.

Le transit du territoire espagnol n’est qu’une promenade seulement surveillée par les hommes de l’UDYCO.

Et l’opération de l’interception se déroule en deux temps avec une première vague d’interpellations du côté de l’Ile-Napoléon (Mulhouse-Sausheim) où une tonne de cannabis avait été livrée.
La seconde vague d’interpellations s’est déroulée sur l’autoroute A36 en direction de Paris, dans le secteur de Besançon.

En conseil restreint, les producteurs lésés vérifient que c’est bien Samir Labdazi l’organisateur…

Et décision est prise de le supprimer du marché en lui faisant subir un ultime préjudice. La mort est votée à l’unanimité !

Le temps de trouver quelques sicaires compétents et Samir à donc été exécuté.

Dans le même temps, le commissaire divisionnaire Thierry de Maria , directeur adjoint DRPJ grand est, repense que « Travailler sur une organisation criminelle reste très compliqué… »

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L’homme décrit dans l’épisode précédent, Iyad ag Ghali, nous a conduit directement en Algérie, où il est à l’évidence protégé.

Une Algérie en pleine ébullition aujourd’hui, dont l’origine est aussi la découverte, en juin 2018, d’un gigantesque trafic de cocaïne au sein même des plus hautes instances du pouvoir, à savoir l’armée. Une coke omniprésente qui ronge tout le pays.
Nous ne sommes pas loin d’un Cartel de Los Soles (1) à la tête du pays, comme on s’en doute, depuis des lustres et de l’épisode mémorable d’Ahmed Zendjabil, décédé en 2012 (2).

Le pays, c’est sûr, est aussi malade de la drogue, à défaut d’une corruption rampante présente partout, ce qui profite aux trafics
comme on le sait (quelques dinars versés et on ferme les yeux côté police).

Un pouvoir aujourd’hui complètement dépassé qui évoque beaucoup le Venezuela, en fait, la faim ou l’exode massif en moins.

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