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D’après notre correspondant en Algérie, Abdallah Naceri, le tribunal criminel de Bouira à l’Est d’Alger a condamné huit trafiquant de drogue à 20 ans de prison et ce après leur arrestation en possession de 500 kg de cannabis ramenés du Maroc et destinés à la Tunisie.

D’un autre côté, l’accusé principal a été condamné par contumace à la peine capitale.

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Le Dinh Tho, one of the three drug smugglers at the court in Lang Son Province on Thursday. Photo by VnExpress/Binh Minh.

The judges Thursday found Nguyen Xuan Chi, 46, Le Dinh Tho, 46, and Trieu Thi Van, 49, guilty of trafficking 1,050 grams of heroin and 36,000 pills of synthetic drugs from Lang Son to capital city Hanoi in August 2017.

The police had detected the drugs hidden in boxes of longans when checking a car driven by Tho.

They later arrested Van and Chi. The three were members of a gang that smuggled drugs from Vietnam’s Son La Province on the Lao borders to Hanoi en route to China.

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Speaking to reporters at a press conference in Tehran on Tuesday, Brigadier General Momeni highlighted Iran’s major role in the global campaign on illicit drugs and said, “According to United Nations statistics, 75 percent of the world’s opium seizures, 61% of morphine seizures and 17% of heroin seizures take place in the Islamic Republic of Iran.”

In 2017, Iran seized 21 tons of heroin while only about 4 tons of the illicit drugs were captured in entire Europe, he noted.

The official said that annually, 800 tons of narcotics are captured in Iran, adding that the Islamic Republic is combating “this sinister phenomenon” with all its might.

Brigadier General Momeni went on to say that other countries can also fight illicit drugs more powerfully but they do not do so.

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Este jueves fueron detenidas siete personas supuestamente involucradas en el ingreso de más de una tonelada de cocaína a la Base Aérea de Manta, hecho registrado en septiembre pasado.

En este caso, tres militares que permitieron la entrada de la droga en un camión fueron detenidos y sentenciados a 17 años de prisión. El alcaloide iba a ser trasladado a Centroamérica en un avión que tenía capacidad para tres toneladas.

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Nice-Matin révèle samedi que l’ubérisation de la société a gagné le trafic de stupéfiants sur la Côte d’Azur. Répondant à une forte demande, les dealers usent maintenant des réseaux sociaux notamment pour livrer de la drogue au domicile de leurs clients. Une étude sur ce phénomène va être lancée à Nice par l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

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Deux fonctionnaires de police du 18e arrondissement de Paris, dont l’un a été incarcéré, ont été mis en examen vendredi pour « trafic de stupéfiants » et « corruption », a annoncé, samedi 15 juin, une source judiciaire.

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C’est un pavé dans la mare que devrait lancer le 20 juin le Conseil d’analyse économique (CAE).

Ce très sérieux aréopage d’économistes, rattaché à Matignon et dirigé par Philippe Martin, un proche d’Emmanuel Macron, doit publier une note pour défendre la légalisation du cannabis. Ses auteurs, Emmanuelle Auriol et Pierre-Yves Geoffard, issus des prestigieuses écoles d’économie de Toulouse et de Paris, estiment qu’elle permettrait « à la fois de lutter contre le crime organisé, de restreindre l’accès au produit pour les plus jeunes et de développer un secteur économique, créateur d’emplois et de recettes fiscales ».

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La police a arrêté à Zurich deux personnes qui transportaient de la drogue. Elle a saisi deux kilos de cocaïne, cachés dans la voiture d’une Polonaise de 32 ans et d’un Espagnol de 36 ans.

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La route du Sud

L’interception par la marine canadienne de trafiquants présumés d’héroïne, en mer d’Arabie, en janvier 2014.

LS D. BARD/MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE/REUTERS

La moitié de la production afghane transiterait par le Pakistan voisin. Une partie est consommée sur place – à moins de 1 euro le shoot -, le reste poursuit son chemin par des circuits complexes en direction de l’est (Inde, Extrême-Orient) ou de l’Afrique. Depuis quelques années, d’importantes saisies effectuées dans l’océan Indien, à proximité des côtes orientales du continent africain, ont démontré l’émergence de cette « route du sud ». Ainsi, en mai et juin 2015, les forces navales de la coalition internationale Task Force 150 ont récupéré 1,5 tonne d’héroïne à bord de sept bateaux au large de la Tanzanie.

Les anglophones surnomment cette voie d’exportation « the smack track » en argot américain, « la piste de l’héro ». En fait, il s’agit d’un ensemble de routes aériennes et maritimes reliant le Pakistan et l’Iran, d’un côté, aux pays du Golfe et à l’Afrique de l’Est, de l’autre. Seule une partie de la drogue est destinée à la consommation régionale, estimée à quelque 2,6 tonnes d’héroïne pure.
« Les zones de transit finissent toujours par devenir des lieux de consommation, explique Olivier Maguet, de Médecins du monde. Les narcos ont besoin d’intermédiaires locaux, qui peuvent être rémunérés en nature. Ces derniers cherchent alors à attirer de nouveaux consommateurs et à créer un marché sur place. »

La voie aérienne, la plus courte et la plus rapide, n’est pas la plus sûre: les aéroports disposent de moyens de détection plus systématiques et plus performants que les ports. Ainsi, les saisies se sont multipliées ces derniers temps dans le « hub » aéroportuaire des Emirats arabes unis (EAU), où transitent d’importants volumes de fret aérien, ainsi qu’au Qatar ou au Kenya.

Mais la très grande majorité des cargaisons d’héroïne parvient en Afrique par voie maritime.

Principaux points de départ: le port de Karachi, au Pakistan, et la côte sud de l’Iran, dans la région du Makran. La « came » traverse l’océan Indien cachée dans des conteneurs à bord de cargos ou sur des boutres, des caboteurs traditionnels à coque en bois. Ces bateaux, appelés dhows en arabe, sillonnent la mer Rouge et l’océan Indien. La plus grosse saisie effectuée sur un boutre date d’avril 2014: en plein océan, une frégate de la coalition navale internationale arraisonne un bateau faisant route entre le Pakistan et la Tanzanie.

A bord, 1032 kilos d’héroïne, dont la pureté avoisine les 60%. Une prise dont la valeur s’élèverait à plusieurs centaines de millions d’euros sur le marché européen. Au total, en 2014, près de 4 tonnes de cette drogue ont été interceptées par les navires de surveillance, soit le double de l’année précédente. Mais quelles quantités échappent aux contrôles? Plusieurs dizaines de tonnes, assurément.

Une fois débarquées sur le continent africain, les cargaisons sont stockées dans des entrepôts, fragmentées et reconditionnées en plus petites unités, souvent de 10 à 20 kilos. Puis la marchandise reprend sa route par rebonds successifs. Pour une part par voie aérienne, vers d’autres pays africains ou l’Europe. « Les vols d’est en ouest d’Ethiopian Airlines, d’Emirates Airline et d’Etihad Airways [EAU], par exemple, sont très surveillés », relève un bon connaisseur des filières.

La drogue circule aussi par la route. Soit vers l’Afrique centrale, via l’Ouganda. Soit vers le sud, à travers le Malawi et le Mozambique. Etape suivante: l’Afrique du Sud, où le port industriel de Durban fait office de carrefour. Une partie des stupéfiants poursuit alors son voyage en bateau, en contournant le cap de Bonne-Espérance; l’autre emprunte les vols internationaux à destination de l’Europe.

« L’Afrique tout entière est devenue une cible prioritaire pour les trafiquants d’héroïne, tant pour le transit que pour la consommation locale », souligne Pierre Lapaque, représentant pour l’Afrique centrale et de l’Ouest de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

« Le marché européen est saturé, poursuit cet ancien commissaire de police français, aujourd’hui en poste à Dakar, au Sénégal. Le continent africain, lui, va voir sa population, déjà très jeune [40% des habitants ont moins de 15 ans], doubler d’ici à 2050. Une véritable classe moyenne, de plusieurs centaines de millions de personnes, est en train d’émerger. Avec leur approche commerciale du crime, les narcos veulent mettre la main sur ce secteur très alléchant. » .

Ce scénario touche de plein fouet l’ouest du continent. En quelques années, les saisies d’héroïne et d’autres opiacés y ont largement augmenté. Avec un épicentre: le Nigeria, dont les gangs contrôlent la réception et le « reroutage » des produits dans la région.

Au-de là de Lagos, tous les grands ports du golfe de Guinée sont concernés, de Cotonou (Bénin) à Lomé (Togo) et Abidjan (Côte d’Ivoire). Faute de moyens de contrôle suffisants, et sur fond de corruption endémique, des colis de 20 à 100 kilos d’héroïne dissimulés dans un conteneur de 20 tonnes se faufilent sans peine entre les mailles du filet.

Une fois à terre, l’essentiel de la drogue prend la direction du nord, pour être acheminée vers les rives de la Méditerranée, puis l’Europe. Comme la cocaïne ou les méthamphétamines, l’héroïne emprunte alors les traditionnelles routes caravanières à travers l’immensité sahélo-saharienne. Certains tronçons – via Tombouctou et Gao, dans le nord du Mali, Agadez, au Niger, Sebha dans le sud-ouest de la Libye – sont contrôlés par des mouvements armés, notamment des groupes « hybrides », où narcos et djihadistes s’associent, voire se confondent.

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Narco-terro­­riste ?

En décembre 2009, Harouna Touré et Idriss Abdel­­rah­­man, des passeurs du nord du Mali, ont fran­­chi les portes du Golden Tulip, un hôtel d’Ac­­cra, la capi­­tale du Ghana. Ils étaient là pour rencon­­trer deux hommes qui leur avaient offert l’op­­por­­tu­­nité de gagner des millions de dollars en trans­­por­­tant de la drogue à travers le Sahara. Touré portait un dashiki et Abdel­­rah­­man des guenilles et un turban, qui cachait une partie de son visage. Ils ont donné un pour­­boire aux gardes à l’en­­trée et ont salué Moha­­med (un radi­­cal liba­­nais) dans le hall d’en­­trée. Moha­­med les a conduits dans une chambre d’hô­­tel pour rencon­­trer David, trafiquant de drogue et membre des Forces armées révo­­lu­­tion­­naires de Colom­­bie, ou FARC. « Hola Colom­­biano », a lancé Touré en entrant. Abdel­­rah­­man, qui voulait appe­­ler David « 007 » en espa­­gnol, s’est trompé et a dit « 477 » à la place. David, qui portait un pull à manches courtes et un bermuda, a ri et leur a offert des bouteilles d’eau.

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Crédits : DEA

Touré et Abdel­­rah­­man venaient de Gao, une ville recu­­lée et aride du nord du Mali qui est depuis long­­temps utili­­sée comme plaque tour­­nante de produits de contre­­bande, des immi­­grants aux ciga­­rettes. Ces dernières années, la région a aussi été le théâtre de conflits violents entre plusieurs groupes de nomades insur­­gés, y compris les membres d’Al-Qaïda au Magh­­reb isla­­mique (AQMI). Au cours de mois de contacts télé­­pho­­niques et de rendez-vous, David et Moha­­med ont répété à Touré que les FARC avaient 30 000 guérille­­ros en guerre avec les États-Unis, et qu’ils souhai­­taient travailler avec al-Qaïda, orga­­ni­­sa­­tion avec laquelle ils parta­­geaient cet ennemi commun. « Ce sont nos frères », a dit Moha­­med. Et d’ajou­­ter : « Nous avons la même cause. » Touré a alors expliqué qu’il avait des liens avec l’or­­ga­­ni­­sa­­tion : il était à la tête d’une compa­­gnie de trans­­port et four­­nis­­sait, en échange de la protec­­tion de ses camions, de la nour­­ri­­ture et du carbu­­rant à Al-Qaïda.

Pour­­tant, David restait scep­­tique. Il devait s’as­­su­­rer que l’en­­tre­­prise de Touré était à la hauteur de la mission. Les FARC, pour qui ce marché est syno­­nyme d’enjeux consi­­dé­­rables, étaient prêts à payer Touré et Abdel­­rah­­man à hauteur de 3 000 dollars le kilo, en commençant par un premier trajet test où ils devraient trans­­por­­ter 50 kilos de drogue vers Melilla, une ville auto­­nome espa­­gnole située sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Des char­­ge­­ments dix fois plus consé­quents suivraient si le premier voyage se dérou­­lait sans accro, a précisé David. « Si tu as fini, c’est à mon tour de parler », lui a répondu Touré. Il a dit à David et Moha­­med qu’il était fati­­gué de tout ce « blabla ». Il avait des ouvriers tout le long du circuit de contre­­bande, qui s’éten­­dait du Ghana au Maroc. Abdel­­rah­­man, que Touré avait présenté comme chef de la milice malienne, a indiqué qu’il avait engagé un chauf­­feur entre­­te­­nant des liens avec Al-Qaïda. Ces derniers avaient aussi soudoyé un haut gradé de l’ar­­mée malienne, qui les aide­­rait à traver­­ser la fron­­tière sans être contrôlé. David était rassuré. « Je veux qu’on conti­­nue de travailler ensemble, car nous ne faisons pas ça pour l’argent – nous faisons ça pour notre peuple », a-t-il dit. Deux jours plus tard, Touré et Abdel­­rah­­man sont retour­­nés au Golden Tulip pour collec­­ter leur premier paie­­ment. Oumar Issa, un ami de Gao qui était aussi impliqué dans leur plan, atten­­dait dans un deuxième hôtel pour rece­­voir sa part. Au lieu de cela, les trafiquants se sont retrou­­vés nez à nez avec les poli­­ciers ghanéens.

Il s’est avéré que David et Moha­­med n’étaient pas des trafiquants de drogue mais des infor­­ma­­teurs infil­­trés de la Drug Enfor­­ce­­ment Admi­­nis­­tra­­tion (ou DEA, l’Agence améri­­caine de lutte contre les drogues).

Quelques jours plus tard, Touré, Abdel­­rah­­man et Issa ont été remis à la DEA et jetés dans un jet privé avant de s’en­­vo­­ler pour New York, où ils ont été traduits en justice devant un tribu­­nal fédé­­ral. Les trois trafiquants ont été incul­­pés — en vertu d’une dispo­­si­­tion peu connue du Patriot Act datant de 2006 — pour narco-terro­­risme, un crime commis par des délinquants violents, qui ont un pied dans le terro­­risme et l’autre dans le trafic de drogue. ulyces-narcoterror-02 À l’an­­nonce des charges, Preet Bharara, l’avo­­cate améri­­caine du District sud de New York, a déclaré : « À mesure que les terro­­ristes s’im­­pliquent dans le trafic de drogue, ils nous four­­nissent davan­­tage d’op­­por­­tu­­ni­­tés de les neutra­­li­­ser et de suppri­­mer les finan­­ce­­ments desti­­nés à leurs futures actions. » Cette affaire est la première pour laquelle la dispo­­si­­tion sur le narco-terro­­risme a été utili­­sée contre Al-Qaïda. Les suspects corres­­pondent préci­­sé­­ment à ce profil hybride de délinquants, pour lequel la loi, qui ne néces­­site pas que les acti­­vi­­tés incri­­mi­­nées se soient dérou­­lées aux États-Unis, a été créée.

Michele Leon­­hart, qui était direc­­trice de la DEA à l’époque des faits, a renché­­rit : « Les arres­­ta­­tions d’aujourd’­­hui sont une nouvelle preuve du lien direct entre des orga­­ni­­sa­­tions terro­­ristes dange­­reuses, parmi lesquelles Al-Qaïda, et les trafics de drogue inter­­­na­­tio­­naux qui alimentent leurs acti­­vi­­tés. »

Tandis que l’af­­faire des Maliens pour­­sui­­vait son cours, ses défauts sont toute­­fois deve­­nus évidents. Les préve­­nus appa­­raissent davan­­tage comme des hommes malchan­­ceux que comme des crimi­­nels endur­­cis, des amis d’en­­fance qui pensaient que les infor­­ma­­teurs de la DEA les rendraient riches. « Ils nous mentaient. Et nous leur mentions nous aussi », m’a confié Touré depuis la prison. La juge Barbara Jones, qui a super­­­visé les dernières étapes de la procé­­dure, a déclaré : « Il n’y a aucune impli­­ca­­tion des suspects ou des infil­­trés… ni dans les acti­­vi­­tés d’Al-Qaïda ni dans celles des FARC. » Un autre juge a vu, quant à lui, autant de problèmes avec le statut qu’a­­vec la valeur de l’af­­faire. « Le congrès a adopté une loi qui tente de relier le monde entier », me dit-il. L’enquête est encore aujourd’­­hui citée par la DEA comme un exemple des exploits améri­­cains en matière de sécu­­rité natio­­nale. Depuis que les mesures sur le narco-terro­­risme ont été adop­­tées, la DEA a pour­­suivi des dizaines d’af­­faires qui corres­­pon­­daient aux crimes prévus par la loi. L’agence, qui a reven­­diqué des victoires face à Al-Qaïda, le Hezbol­­lah, les tali­­bans et les FARC, a insti­­tué le narco-terro­­risme au rang de menace préémi­­nente contre les États-Unis.

À chaque succès supposé, la DEA a fait pres­­sion sur le Congrès pour faire augmen­­ter ses finan­­ce­­ments. En 2012, Michael Braun, ancien­­ne­­ment chef des opéra­­tions de l’agence, a, lors de son témoi­­gnage devant les parle­­men­­taires améri­­cains, fait état des liens entre les terro­­ristes et les trafiquants de drogue : « Après 37 années passées dans la police et le secteur de la sécu­­rité, croyez-en ma parole, ils parlent sans aucun doute affaires et partagent les ensei­­gne­­ments de leurs expé­­riences. »

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Le trafic de drogue finance-t-il le terro­­risme ?

C’est sans doute vrai. Dans de nombreuses régions, notam­­ment en Colom­­bie et en Afgha­­nis­­tan, il existe des preuves probantes de la colla­­bo­­ra­­tion entre terro­­ristes et barons de la drogue.

Mais un examen appro­­fondi des affaires pour­­sui­­vies par la DEA a révélé de nombreuses simi­­li­­tudes avec le cas des Maliens. Lorsque ces pour­­suites ont été inten­­tées, les seuls éléments de preuve d’un lien entre le trafic de drogue et le terro­­risme ont été mis en évidence par la DEA au travers d’in­­for­­ma­­teurs qui étaient rému­­né­­rés plusieurs centaines de milliers de dollars pour inci­­ter leurs cibles à parti­­ci­­per à des mises en scène de complots narco-terro­­riste.

La DEA défend vive­­ment l’ef­­fi­­ca­­cité de ces opéra­­tions d’in­­fil­­tra­­tion, affir­­mant qu’elles sont un bon moyen pour iden­­ti­­fier en amont les crimi­­nels qui consti­­tuent une menace pour les États-Unis.

Lou Milione, un haut fonc­­tion­­naire de l’agence, m’a confié que « l’une des choses dans lesquelles la DEA fait son affaire, c’est le fait que la quasi-tota­­lité de nos enquêtes sont proac­­tives. »

Mais Russell Hanks, un ancien haut diplo­­mate améri­­cain, qui avait un accès direct aux cibles de la DEA lorsqu’il offi­­ciait en Afrique de l’Ouest, m’a expliqué : « La DEA a fourni à ces hommes tout ce dont ils avaient besoin pour commettre un crime, puis a dit : “Regar­­dez ce qu’ils ont fait.” » Et d’ajou­­ter : « Ce n’était pas du terro­­risme ; c’était de la mani­­pu­­la­­tion de personnes fragiles, dans des pays écono­­mique­­ment faibles, afin de faire gonfler le nombre d’ar­­res­­ta­­tions. »

Prêts à tout

Le 11 septembre 2001, lorsque le vol 77 d’Ame­­ri­­can Airlines a percuté le Penta­­gone, les agents de la DEA ont été parmi les premiers à réagir, se préci­­pi­­tant depuis leur siège, situé à moins de 800 mètres de là. Dans son livre Infil­­tré, Edward Follis, ancien agent fédé­­ral de la DEA, se souvient comment lui et des dizaines de ses collègues « se sont préci­­pi­­tés… pour reti­­rer les corps, mais il n’y avait pas de corps à reti­­rer. »

L’agence avait des avant-postes dans plus de soixante pays à travers le monde, plus que tout autre orga­­nisme fédé­­ral de répres­­sion. Et elle comp­­tait envi­­ron 5 000 infor­­ma­­teurs et sources confi­­den­­tielles. Michael Vigil, qui était la tête des opéra­­tions inter­­­na­­tio­­nales de la DEA à l’époque, m’a expliqué : « Nous avons appelé toutes les sources que nous pouvions trou­­ver, nous avons cher­­ché des infor­­ma­­tions sur ce qui s’était passé, qui était respon­­sable, et s’il y avait des plans d’une autre attaque immi­­nente. » Il a ajouté : « Depuis la fin de la guerre froide, nous avions vu des signes qui lais­­saient penser que les groupes terro­­ristes commençaient à dépendre du trafic  drogue pour leur finan­­ce­­ment. Après le 11 septembre, nous étions sûrs que cette tendance allait se propa­­ger. »

ulyces-narcoterror-04Mais d’autres agences de rensei­­gne­­ment ont vu les sources de la DEA comme de simples trafiquants de drogue – et les trafiquants de drogue ne connaissent rien au terro­­risme.

Un ancien enquê­­teur du minis­­tère de la Justice en charge du blan­­chi­­ment d’argent m’a dit qu’il n’y avait aucune preuve réelle qui soutienne les affir­­ma­­tions de la DEA. « Ce qu’il s’est passé après le 11 septembre, c’est que de nombreuses ressources – finan­­cières — ont été trans­­fé­­rées de la DEA vers la lutte contre le terro­­risme », dit-il. « L’agence ne veut pas être le parent pauvre dans cette affaire. »

Le narco-terro­­risme, m’a dit l’an­­cien enquê­­teur, « est devenu un moyen effi­­cace pour la DEA de justi­­fier son exis­­tence. »

La Maison-Blanche s’est ainsi avérée plus récep­­tive aux requêtes de la DEA. Juan Zarate, ancien conseiller adjoint à la sécu­­rité natio­­nale, affirme dans son livre Trea­­su­­ry’s War que le président George W. Bush voulait que « tous les éléments de la puis­­sance natio­­nale » puissent contri­­buer à l’ef­­fort pour « empê­­cher une autre attaque de frap­­per nos côtes ». Quelques mois après les atten­­tats du 11 septembre, lors d’un rassem­­ble­­ment d’or­­ga­­ni­­sa­­tions de lutte contre la drogue, Bush a déclaré : « Il est impor­­tant que les Améri­­cains sachent que le trafic de drogue finance les actes terro­­ristes. Si vous renon­­cez à la drogue, vous rejoi­­gnez la lutte contre le terro­­risme en Amérique. »

En février 2002, le Bureau de la Maison-Blanche chargé de la poli­­tique natio­­nale de lutte contre la drogue a trans­­formé le message du président en une série de spots de préven­­tion diffu­­sés durant le Super Bowl. Au lieu d’in­­for­­mer sur les dangers liés à l’usage de stupé­­fiants illi­­cites – du genre « Ceci est votre cerveau sous drogues » —, les publi­­ci­­tés mettaient l’ac­cent sur le fait que les drogues aidaient les terro­­ristes à « tortu­­rer le père de quelqu’un » ou à « assas­­si­­ner une famille ». Au cours des sept années qui ont suivi, les ressources finan­­cières allouées à la branche inter­­­na­­tio­­nale de la DEA ont augmenté de 75 %. Jusque-là, la plus grande parti­­ci­­pa­­tion étran­­gère de l’agence avait été réali­­sée au Mexique et dans la région andine de l’Amé­­rique du Sud, le plus grand produc­­teur mondial de cocaïne et berceau des guérillas marxiste – dont les FARC en Colom­­bie et le Sentier lumi­­neux au Pérou. Les deux groupes ont émergé dans les années 1960 et au début des années 1970, peu avant les rébel­­lions paysannes. Ils ont commencé à taxer les produc­­teurs et les contre­­ban­­diers de coca pour finan­­cer leur expan­­sion. La DEA a vu dans ces orga­­ni­­sa­­tions des exemples de la manière dont les moti­­va­­tions crimi­­nelles peuvent empié­­ter, et même prendre le dessus, sur l’idéo­­lo­­gie. À présent, l’agence se concen­­trait sur l’Af­­gha­­nis­­tan, qui avait été l’un des plus grands produc­­teurs d’opium dans le monde jusqu’en 2000, date à laquelle les tali­­bans ont déclaré la culture du pavot contraire à l’is­­lam et l’ont aussi­­tôt bannie. Presque immé­­dia­­te­­ment après la chute des tali­­bans, les agri­­cul­­teurs du pays ont commencé à replan­­ter du pavot dans leurs champs ; la DEA a averti du fait que les nouvelles cultures pouvaient deve­­nir une source de reve­­nus pour finan­­cer les attaques d’Al-Qaïda. « La DEA a été infor­­mée par plusieurs sources que Ben Laden a été impliqué dans le finan­­ce­­ment et a faci­­lité le trafic d’hé­­roïne », décla­­rait Asa Hutchin­­son, l’ad­­mi­­nis­­tra­­teur de la DEA, lors d’une audi­­tion au Capi­­tole en mars 2002.

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Crédits : Strat­­for

Hutchin­­son a ainsi cité plusieurs groupes d’in­­sur­­gés, origi­­naire des pays produc­­teurs de drogue du monde entier, et notam­­ment les FARC, le Sentier lumi­­neux et le Parti des travailleurs du Kurdis­­tan (PKK) en Turquie, dont l’est du pays était depuis long­­temps tenu pour être un lieu impor­­tant du trafic de drogues. L’an­­cien admi­­nis­­tra­­teur a égale­­ment mentionné des éléments de preuves recueillis par la DEA qui laissent à penser que la zone fron­­ta­­lière entre le Para­­guay, le Brésil et l’Ar­­gen­­tine – qui abrite une large et pros­­père commu­­nauté de busi­­ness­­men arabes – est deve­­nue une source de fonds pour le Hamas et le Hezbol­­lah. La DEA, avec le soutien du Congrès, a instauré le Coun­­ter-Narco-Terro­­rism Opera­­tions Center (Centre d’opé­­ra­­tions de lutte contre le narco-terro­­risme), un centre d’en­­traide pour tout rensei­­gne­­ment terro­­riste glané par ses agents à travers le monde. L’agence a rouvert son bureau à Kaboul, fermé depuis l’in­­va­­sion sovié­­tique en 1979.

Celle-ci a rassem­­blé des offi­­ciers de police origi­­naires de 19 pays d’Asie et d’Eu­­rope pour parti­­ci­­per à un projet d’échange d’in­­for­­ma­­tions appelé « opéra­­tion de confi­­ne­­ment », qui visait à stop­­per les flux d’hé­­roïne et d’opium afghans.

En 2004, la plupart des membres d’Al-Qaïda ont fui l’Af­­gha­­nis­­tan, et l’at­­ten­­tion de la DEA s’est tour­­née vers les tali­­bans, dont les agents pensaient que la drogue – émanant du pays — suivait le même schéma que celui des guérillas telles que les FARC. La DEA a mis au place des réseaux d’in­­for­­ma­­teurs et des opéra­­tions d’in­­fil­­tra­­tion visant les trafiquants liés aux insur­­gés. L’agence, qui n’avait jamais jusqu’a­­lors joué un tel rôle dans une zone de guerre, a eu besoin du soutien de l’ar­­mée, qui n’était pas dispo­­sée à inter­­­ve­­nir. Edward Follis, l’an­­cien agent de la DEA, m’a confié que la plupart des comman­­dants mili­­taires améri­­cains avaient pointé du doigt l’agence, quali­­fiant son action de « viola­­tion inten­­tion­­nelle et flagrante ». Selon lui, le Penta­­gone « ne pouvait pas aller au-delà de l’idée de captu­­rer ou de tuer des combat­­tants enne­­mis ». Plus tard cette année-là, la DEA a porté l’af­­faire devant John Mackey, conseiller d’in­­ves­­ti­­ga­­tion répu­­bli­­cain au Comité sur les rela­­tions inter­­­na­­tio­­nales de la Chambre des repré­­sen­­tants. L’an­­cien agent du FBI était en charge de la lutte contre la drogue auprès de Henry Hyde, président du Comité et éminent répu­­bli­­cain de l’Il­­li­­nois. Les actuels et anciens employés du Congrès se souviennent que Hyde n’était pas très inté­­ressé par les ques­­tions de la lutte contre la drogue, ce qui a laissé à Mackey le champ libre pour prendre les devants. « Vous savez comment fonc­­tionne le Congrès », m’a dit un ancien membre du person­­nel. « On y trouve des tas d’in­­con­­nus non élus qui exercent une influence énorme sur des sujets obscurs. Mackey était l’un d’entre eux. » Sous l’im­­pul­­sion de Mackey, les légis­­la­­teurs répu­­bli­­cains ont fait pres­­sion sur le Penta­­gone pour qu’il soutienne les opéra­­tions de la DEA en Afgha­­nis­­tan. Follis raconte que la DEA a reçu des dizaines de millions de dollars de fonds supplé­­men­­taires, lui permet­­tant d’aug­­men­­ter signi­­fi­­ca­­ti­­ve­­ment le nombre d’agents dans le pays, qui sont passés de deux à plus de quarante, et de déve­­lop­­per ses propres forces spéciales, connues sous le nom de FAST – Foreign-Deployed Advi­­sory and Support Team, les équipes de soutien et de conseil déployées à l’étran­­ger. Elles ont mené à bien des raids sur des bazars à opium et des labo­­ra­­toires d’hé­­roïne.

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Le FAST à l’en­­traî­­ne­­ment
Crédits : DEA

L’agence a égale­­ment iden­­ti­­fié une cible afghane très impor­­tante, Haji Bashir Noor­­zai, un trafiquant d’opium qui entre­­te­­nait des liens étroits avec le chef des tali­­bans, le mollah Omar. En 2004, le président Bush a placé Noor­­zai sur la liste des barons de la drogue les plus recher­­chés de la planète. Mais dans la mesure où la plupart de l’opium et de l’hé­­roïne expor­­tées par Noor­­zai atter­­ris­­sait en Europe de l’Est et non aux États-Unis, il était diffi­­cile pour la DEA de le pour­­suivre. Mackey a fait de nombreux voyages avec l’agence en Afgha­­nis­­tan, et a averti le Congrès que des gens comme Noor­­zai allaient « passer à travers les mailles du filet à moins que nous n’élar­­gis­­sions notre mode de réflexion sur eux ». Début 2005, John Mackey a aidé à rédi­­ger une loi qui confé­­re­­rait à la DEA le pouvoir de traquer les trafiquants de drogue partout dans le monde, dans le cas où ce trafic serait lié au terro­­risme. Lorsque Hyde a présenté le projet de loi, il a tenu à atti­­rer l’at­­ten­­tion de ses collègues sur sa portée : « Ce projet de loi établit clai­­re­­ment que, même sans lien direct États-Unis, si ces drogues servent de support ou de soutien à une orga­­ni­­sa­­tion terro­­riste étran­­gère, les produc­­teurs et les trafiquants peuvent – et doivent – être pour­­sui­­vis pour “soutien maté­­riel au terro­­risme”, que les substances illi­­cites soient desti­­nées ou non à entrer aux États-Unis. »

La loi a été adop­­tée en 2006. Mais des inter­­­ro­­ga­­tions chez des fonc­­tion­­naires du minis­­tère de la Justice sur son appli­­ca­­tion ont retardé d’un an sa mise en place. Certaines auto­­ri­­tés se sont inquié­­tées du fait que des procu­­reurs trop zélés pour­­raient être tentés d’uti­­li­­ser la légis­­la­­tion sur le narco-terro­­risme contre les adoles­­cents toxi­­co­­manes arrê­­tés avec de l’hé­­roïne afghane en leur posses­­sion. Follis, qui ne plai­­san­­tait qu’à moitié, m’a confié : « Le champ de la loi était si large que vous pouviez incul­­per un sand­­wich à la morta­­delle. » Cepen­­dant, lorsque les fonc­­tion­­naires du minis­­tère de la Justice ont proposé d’ajou­­ter des éléments de langage à la loi pour défi­­nir plus stric­­te­­ment la notion de terro­­risme, Mackey a hésité. « Il n’y a pas besoin de préci­­ser ce que nous enten­­dons par “terro­­risme” », a-t-il dit. « Vous le recon­­nais­­sez quand vous le voyez. » ulyces-narcoterror-07Dans les années qui ont suivi, la DEA a attiré deux marchands d’armes parmi les plus recher­­chés du monde, Monzer al-Kassar et Viktor Bout, dans des complots liés à la drogue avant de les arrê­­ter, respec­­ti­­ve­­ment en Espagne et en Thaï­­lande. Un ancien haut fonc­­tion­­naire de la DEA m’a expliqué que, malgré le fait que Kassar et Bout n’avaient pas été accu­­sés de narco-terro­­risme, l’au­­to­­ri­­sa­­tion élar­­gie dont béné­­fi­­ciait la DEA pour enquê­­ter lui a donné les moyens de pour­­suivre les trafiquants. David Raskin, ancien procu­­reur prin­­ci­­pal du District sud de New York, a salué ces arres­­ta­­tions. « Ce ne sont pas les trafiquants de drogue à propre­­ment parler », a déclaré Raskin à propos de Bout et Kassar. « Mais c’étaient mani­­fes­­te­­ment des mauvaises personnes. Et la DEA a reculé ses limites. »

En 2008, la DEA faisait partie de ladite commu­­nauté du rensei­­gne­­ment des États-Unis, qui regroupe les orga­­nismes mili­­taires et civils les plus impor­­tants de l’es­­pion­­nage améri­­cain depuis 1981. Michael Braun, qui est large­­ment consi­­déré comme l’ar­­chi­­tecte du programme afghan, a déclaré aux jour­­na­­listes : « Au cours des 18 derniers mois, j’ai briefé plus de géné­­raux à trois et quatre étoiles que l’agence n’a pu le faire au cours des 35 dernières années. » Il a ajouté : « Nous obser­­vons de plus en plus de connexions qui nous font dire qu’Al-Qaïda est impliqué dans le trafic de drogue. » Certaines des enquêtes de l’agence l’ont conduite en Afrique. Compre­­nant de larges zones de terri­­toire lais­­sées sans aucun contrôle, un longue histoire de guerres civiles et une montée en puis­­sance des groupes djiha­­distes, parmi lesquels Boko Haram et AQMI, le conti­nent était perçu par le Dépar­­te­­ment de la Défense comme le nouveau front dans la guerre contre le terro­­risme. La DEA a iden­­ti­­fié l’Afrique de l’Ouest comme étant un impor­­tant point de tran­­sit pour la cocaïne sud-améri­­caine. Comme en Afgha­­nis­­tan, la plupart des drogues étaient desti­­nées au marché euro­­péen. Mais la DEA soute­­nait que l’argent de ce busi­­ness finis­­sait dans les mains de terro­­ristes. Lou Milione m’a indiqué que les trafiquants de drogue colom­­biens qui avaient été arrê­­tés en Europe de l’Est avaient reconnu avoir trans­­porté, avec l’aide de passeurs arabes, des drogues à travers le Sahara, le long des routes qui chevauchent les terri­­toires occu­­pés par AQMI. « Si quelque chose tran­­si­­tait dans cette région, AQMI devait être impliqué », a déclaré Milione.

Fin 2008, Derek Maltz, qui diri­­geait alors la divi­­sion « opéra­­tions spéciales » de la DEA, a été convié à une réunion de hauts diri­­geants du Penta­­gone fraî­­che­­ment établis en Afrique. « Je ne voulais pas que ces gars-là pensent que j’étais juste un simple agent de la DEA venu pour leur parler des drogues », m’a confié Maltz. « J’étais là pour leur parler d’un problème de sécu­­rité natio­­nale. Et je voulais qu’ils sachent dès le départ que j’en faisais une affaire person­­nelle. » Maltz, un homme chauve et costaud, a commencé sa présen­­ta­­tion par une série de photo­­gra­­phies. La première montrait les tours jumelles en flammes. La seconde était une photo de son frère, Michael, ancien membre d’une équipe de sauve­­teurs para­­chu­­tistes de l’Air Force, qui faisait un signe de la main fière­­ment. La troi­­sième photo montrait une ligne d’hé­­li­­co­­ptères station­­nés sur un aéro­­drome en Afgha­­nis­­tan. Il y avait un vide là où aurait dû se trou­­ver un héli­­co­­ptère – celui de Michael. Il avait été tué en 2003, alors qu’il était en service. « Vous les gars, vous êtes formés pour partir en mission et larguer des bombes sur l’en­­nemi », a dit Maltz dit à l’as­­sem­­blée d’of­­fi­­ciers. « Mais parfois, c’est impos­­sible. Et c’est là que la DEA entre en jeu. Nous avons d’autres façons de mettre les bad guys hors jeu. »

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Des combat­­tants d’AQMI dans le Sahel

Les maîtres du désert

Harouna Touré est né dans un petit village d’éle­­veurs maliens appelé Bamba, il était le plus jeune des neuf enfants de la famille. Ils vivaient entas­­sés dans un abri composé d’une pièce, faite de bois et de boue. Son père était un ouvrier agri­­cole qui construi­­sait des maisons, des puits et élevait des chèvres. Harouna est allé à l’école pendant quelques années avant de rejoindre son père au travail. Dès qu’il a été assez grand pour conduire, Touré, qui était carré et avait des yeux noirs expres­­sifs, a démé­­nagé à Gao. Il a commencé à travailler avec son frère aîné, Alma­­tar, qui était à la tête d’une flotte de camions qui trans­­por­­tait des marchan­­dises et des personnes à travers le Sahel, une région semi-aride située à la fron­­tière du Sahara qui sépare le sud et le nord Mali. L’en­­droit grouille d’un commerce non régle­­menté datant du XVe siècle. Les routes étaient réduites au strict mini­­mum, et conduire 60 kilo­­mètres pouvait prendre une jour­­née entière. « Quand vous arri­­vez au bout, vous avez mal de la tête aux pieds », m’a raconté Touré. Mais il aimait ça. « Pour moi, c’était amusant parce que chaque jour était diffé­rent », dit-il. « Je pouvais rencon­­trer de nouvelles personnes et voir de nouveaux endroits. » Gao est une ville sordide qui abrite une centaine de milliers d’âmes au bord du fleuve Niger, l’ar­­tère prin­­ci­­pale de la région pendant la saison des pluies. Touré m’a raconté que gérer une entre­­prise dans le Sahel était, par défi­­ni­­tion, une acti­­vité « presque » légale. Lui et son frère trans­­por­­taient de la nour­­ri­­ture, du carbu­­rant, des maté­­riaux de construc­­tion, des ciga­­rettes et des travailleurs bangla­­dais – la plupart d’entre eux arri­­vés dans le pays sans papiers et sans avoir été contrô­­lés. Les conduc­­teurs voya­­geaient dans des convois armés pour se proté­­ger, ainsi que leurs cargai­­sons, des bandits. Ils devaient aussi payer les mili­­taires, les commu­­nau­­tés tribales et les milices ethniques armées qui contrô­­laient le terri­­toire le long du chemin. Touré m’a expliqué qu’il n’a jamais eu affaire à al-Qaïda ou à ses agents lors de ses voyages, mais il a traversé le terri­­toire d’autres groupes armés. « Parfois, il fallait leur donner de l’argent, de la nour­­ri­­ture ou du carbu­­rant », dit-il. « Si vous ne faisiez pas, vous vous expo­­siez à de gros problèmes. »

Pendant un certain temps, la situa­­tion a souri à Touré. Il a monté une entre­­prise de construc­­tion qui gérait de petits projets au sein des commu­­nau­­tés qui bordaient la route des camions. Il employait des dizaines de personnes et gagnait assez d’argent pour voya­­ger jusqu’à Paris et payer le pèle­­ri­­nage de sa mère à La Mecque. « Je me déplaçais si vite que les gens m’ap­­pe­­laient “le maire” », dit-il. Mais il a accepté de nouveaux chan­­tiers sans avoir été payé pour les précé­­dents, et il s’est endetté. Fin 2008, il avait une femme et deux enfants. En plus de quoi il prenait en charge le trai­­te­­ment de son frère Alma­­tar, devenu diabé­­tique et dont le pied avait été amputé. ulyces-narcoterror-09-1Au même moment, la DEA a commencé à plani­­fier ses opéra­­tions en Afrique de l’Ouest. Parmi les prin­­ci­­pales cibles de l’agence figu­­rait AQMI, qui avait récem­­ment commis un atten­­tat au bureau des Nations Unies à Alger et avait, à plusieurs reprises, enlevé des touristes étran­­gers, des diplo­­mates et des jour­­na­­listes pour obte­­nir une rançon. Mais les actions de terrain – dans cette région — n’avaient rien de compa­­rable avec celles menées en Amérique latine, où la DEA comp­­tait nombre d’em­­ployés sur une zone allant de Tijuana à la Terre de Feu. Les opéra­­tions sur le conti­nent afri­­cain ont été super­­­vi­­sées en grande partie depuis Rome. L’unité de narco-terro­­risme en charge de la région était basée à Chan­­tilly, en Virgi­­nie. Et l’agence manquait si cruel­­le­­ment d’agents fami­­liers des dialectes afri­­cains qu’a été contrainte de s’ap­­puyer sur des infor­­ma­­teurs, rému­­né­­rés seule­­ment si leurs rensei­­gne­­ments donnaient lieu à des pour­­suites. (Les porte-paroles de la DEA nient le fait que des indics ont été payés en fonc­­tion de leurs infor­­ma­­tions, et que sa conduite en Afrique était diffé­­rente de celle qu’elle obser­­vait sur d’autres conti­­nents.) « Nous avions d’im­­por­­tantes lacunes dans nos connais­­sances », m’a confié un ancien fonc­­tion­­naire de la DEA en charge du rensei­­gne­­ment. Pour autant, il ajoute : « Dès que nous avons commencé à faire circu­­ler de l’argent dans la rue, on est passés de 0 à 100 en deux secondes. » Moha­­med faisait partie des infor­­ma­­teurs payés par la DEA. Les agents me l’ont décrit comme un homme d’af­­faires liba­­nais qui entre­­tient des liens avec les commu­­nau­­tés arabes d’Amé­­rique du Sud et d’Afrique de l’Ouest. Il a reçu plus de 300 000 dollars pour son rôle dans l’af­­faire des Maliens.

En septembre 2009, une enquête sur un complot indé­­pen­­dant a conduit Moha­­med à Oumar Issa, un Malien à la carrure impo­­sante, souriant, les traits angu­­leux, qui travaillait comme ouvrier agri­­cole et chauf­­feur dans le port de Lomé, au Togo, une autre plaque tour­­nante du trafic en Afrique de l’Ouest. Moha­­med a confié à Issa qu’il cher­­chait quelqu’un qui pour­­rait aider un groupe de riches Colom­­biens à faire tran­­si­­ter de la drogue du Ghana vers l’Es­­pagne en passant par le Mali. Issa a répondu : « Je connais des gens qui ont un pied dans la brousse. » C’est alors qu’il s’est rendu au Mali pour cher­­cher Touré. Les deux hommes étaient amis depuis l’ado­­les­­cence, mais quand Issa a abordé la ques­­tion du trans­­port de drogue, Touré a dans un premier temps décliné l’offre. Issa, qui s’était éloi­­gné de l’is­­lam, était connu pour être un alcoo­­lique notoire. Touré ne voulait rien avoir à faire avec la drogue, prin­­ci­­pa­­le­­ment pour des raisons reli­­gieuses. Et il ne pensait pas se sortir sans encombre de la situa­­tion propo­­sée par Moha­­med. Les contacts de Touré n’étaient pas prêts à traver­­ser le Sahara. Quant à Al-Qaïda, Touré m’a expliqué qu’il n’au­­rait jamais pu travailler avec eux. « Ils traitent les Noirs comme des esclaves. »

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Accra, au Ghana
Crédits : Andrew Lyon

Mais Touré raconte qu’Issa l’a imploré de reve­­nir sur sa déci­­sion. « J’ai pensé que si je pouvais me conten­­ter de toucher l’argent, tout irait bien. Je pour­­rais prendre un nouveau départ », m’a-t-il dit. Il a enrôlé Idriss Abdel­­rah­­man, qui vendait des pièces d’au­­to­­mo­­biles sur un marché en plein air à Gao. Ensemble, m’a expliqué Touré, les trois hommes ont mis au point un système aussi élaboré que celui de la DEA. Alors que les infor­­ma­­teurs préten­­daient faire partie des FARC, Touré, Issa et Abdel­­rah­­man ont égale­­ment fait mine d’ap­­par­­te­­nir à un réseau crimi­­nel qui entre­­te­­nait des liens avec Al-Qaïda. D’après Touré, l’objec­­tif était d’ame­­ner les trafiquants à leur verser une partie de l’argent avant l’opé­­ra­­tion, puis de dispa­­raître dans le nord du Mali. Ce dernier précise qu’il était évident que les trafiquants n’avaient jamais mis les pieds au Mali, aussi n’a-t-il pas été très diffi­­cile de les berner.

Le 6 octobre 2009, Touré et Moha­­med se sont rencon­­trés pour la première fois, dans une chambre d’hô­­tel au Ghana. D’après la vidéo de l’en­­re­­gis­­tre­­ment fourni par la DEA, Moha­­med, un homme de grande taille dont la bedaine dépas­­sait de sa cein­­ture, a sorti une carte et proposé un itiné­­raire. Touré lui a retiré des mains et il a proposé un autre chemin. Touré a dit à Moha­­med que pour ce voyage, la note serait salée. « Il y a des isla­­mistes, des gars barbus ; ils sont dans la brousse », a-t-il expliqué. « Tu dois donner un petit quelque chose à leurs chefs. » Moha­­med, qui préfé­­rait les appe­­ler « nos frères », a dit : « Lais­­sons-les prendre autant d’argent qu’ils veulent pour baiser les Améri­­cains. » Il a ajouté : « Tu paies Al-Qaïda pas vrai ? » Touré a hoché de la tête. « Vous payez tout ça. » Moha­­med deman­­dait plus de garan­­ties. Il a dit à Touré qu’il invi­­te­­rait un chef des FARC à les rejoindre au Ghana s’il rame­­nait un repré­­sen­­tant d’Al-Qaïda. Pour jouer le rôle de David, le chef des FARC, la DEA a envoyé Walter Rami­­rez, un trafiquant de drogue déjà condamné origi­­naire de Detroit qui travaillait comme infor­­ma­­teur pour l’agence depuis près de dix ans. Touré a quant à lui invité Abdel­­rah­­man pour jouer le rôle du chef d’une milice affi­­liée à Al-Qaïda.

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L’ar­­ri­­vée de la police ghanéenne
Crédits : DEA

La DEA affirme que, lors des réunions suivantes, les Maliens ont apporté de nombreuses preuves de leurs connexions avec Al-Qaïda. Les retrans­­crip­­tions sont diffi­­ciles à suivre. Pour autant, le sujet d’Al-Qaïda a clai­­re­­ment été évoqué à plusieurs reprises, et souvent par les indics qui cher­­chaient à obte­­nir des décla­­ra­­tions pouvant incri­­mi­­ner leurs inter­­­lo­­cu­­teurs. À une occa­­sion, Moha­­med a donné l’ins­­truc­­tion aux cibles de l’enquête de s’adres­­ser de façon plus agres­­sive s’ils voulaient persua­­der David de faire le deal. « Je lui ai dit que vous étiez des guer­­riers », a déclaré Moha­­med. « Faites-le sentir quand vous parlez pour que je puisse le répé­­ter. Vous compre­­nez ? » David a brandi une liasse de billets. « Tu m’as dit que vous aviez besoin d’ache­­ter un camion, n’est-ce pas ? » a-t-il demandé à Touré. « Voilà 25 000 dollars pour que vous puis­­siez l’ache­­ter. » Moha­­med a suggéré que la marque de confiance de David méri­­tait un retour d’as­­cen­­seur. « Vous devez connaître notre pouvoir », a déclaré Touré. « Vous devez être au courant nos réseaux. » « C’est ça », a dit Moha­­med. « Voilà ce qu’il veut. » Plus tard, il a demandé aux Maliens s’ils étaient vrai­­ment « les maîtres du désert ». Abdel­­rah­­man est inter­­­venu : « Nous avons les voitures, le pouvoir et les armes. » Touré a ajouté : « Nous avons des bandes. Nous avons des bases. Nous avons des armes. Nous avons tout. »

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

source

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La douane belge a intercepté cette semaine au port d’Anvers, lors d’un contrôle de routine, un conteneur avec une quantité importante de cocaïne.

Plus de 3.000 kilos de cette drogue ont été découverts, qui avaient pour destination les Pays-Bas, selon la police de La Haye.

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On a parlé avec un ex-policier qui a plus d’une mission d’infiltration derrière la cravate.

Illustration par Mathieu Rouland

Quand on parle d’infiltration, d’agent double, d’agent secret, on pense tout de suite à James Bond. Être un beau monsieur qui aime allonger de belles madames et qui sait se servir de plein de gadgets super technologiques. Mais est-ce que c’est vraiment ça, l’infiltration?

Je suis allée prendre un café avec Robert*, un policier à la retraite, pour lui soutirer des informations sur la vie d’infiltrateur. L’homme a plusieurs années d’expérience, et comme un pro, il esquive toutes les questions trop pointues à son goût.

VICE : C’est quoi la différence entre un agent double et un agent d’infiltration?
Robert : De nos jours, y a les Mister Big. C’est une méthode d’enquête, pour approcher un criminel quand on est convaincu qu’il a fait un meurtre. On envoie un gars qui infiltre son entourage pour essayer de le faire parler.

Le gars l’approche, peu importe les moyens, soit comme chum, comme ami, dans le but ultime, dans six mois ou un an, de le faire parler. Il lui paye la traite, l’amène dans les restos, lui paye des affaires, lui offre des opportunités de faire de l’argent et c’est comme ça qu’on voit si le gars est croche un peu. Ça, c’est un agent d’infiltration.

Alors qu’un agent double, c’est presque tout le temps relié aux stupéfiants. Un gars undercover qui va acheter de la drogue, pour essayer d’entrer dans un réseau. C’est un peu ça la différence.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire de l’infiltration?
Faire de l’infiltration, ça te permet de patauger dans un genre de vie criminelle, sans y être complètement. Voir des affaires, tout en étant correct. J’irais pas jusqu’à dire que j’ai déjà rêvé de ça, mais je regarde mes amis quand j’étais jeune, j’aurais pu mal tourner… et y a le challenge de passer inaperçu dans ce milieu-là. Avoir 18, 20 ans, je suis pas certain que je retournerais dans la police. Ça apporte beaucoup, mais t’es toujours dans le négatif. T’as une vie familiale ‘fuckée’. Les horaires, c’est pas terrible. Le seul avantage, c’est que tu peux sacrer ton camp de bonne heure, avec une bonne pension.

La formation pour faire de l’infiltration, ça ressemble à quoi?

À l’époque, après la formation de policier, t’avais un mois de formation supplémentaire pour faire de l’infiltration. C’est pas assez, ça te prépare pas. Comment agir dans telles et telles situations, comment changer ton identité, comment te faire une deuxième vie… L’école, ça sera jamais comme être sur le terrain.

Est-ce qu’il y a des cours de jeu?
Non. T’improvises. T’embarques dans ton personnage pis tu t’arranges pour être prêt à réagir sur un 10 cennes.

C’est quoi les qualités que ça prend pour faire de l’infiltration?

Confiance en soi, être fonceur, mais il faut que tu sois allumé, parce que tu sais jamais qu’est-ce qui va se passer. Qu’est-ce que je fais icitte? Si je me fais poser telle question, qu’est-ce que j’vais dire? C’est comme un jeu d’échec, il faut que tu penses 15 coups d’avance. Le hamster roule tout le temps. T’es jamais tranquille à regarder les nuages.

Qu’est-ce que tu fais, pour pas te mélanger dans tes histoires?
À force de te forger des histoires, tu deviens bon menteur. Faut que tu les croies, tes menteries, parce qu’il faut que t’en parles, que tu t’imagines que tu l’as vraiment fait. Il faut que ça sorte tout seul quand tu en parles. Pis si on reparle la fin de semaine d’après, il faut revenir sur le sujet. Le danger, c’est que ça devienne pas clair dans ta tête, c’est plus difficile de convaincre les autres pis plus facile de te mélanger dans tes histoires. Ça fait que tu finis par croire tes histoires. C’est fucké, hein?

Combien de temps dure chaque mission?
T’es rarement là plus que deux ans, après ça, on t’envoie ailleurs. Tu retournes pas tout de suite en bleu [en uniforme], tu vas dans une section un peu à l’abri au début.

As-tu déjà eu peur pour ta vie?
[Long soupir] C’est arrivé, mais on dirait que j’ai fait une croix là-dessus. Je pourrais pas te conter quand j’ai eu peur parce que j’ai comme tassé ça de mon existence. Des fois, t’es tout seul dans un party avec des gens, tous criminalisés, pis sont pas comme toi pantoute. T’es bien entouré, par contre, t’as toujours le SWAT et des enquêteurs pas loin. Je me suis jamais senti abandonné, mais tu sais jamais comment ça peut tourner. Ça a comme un peu fucké ma vie… Encore aujourd’hui, quand je vais au restaurant, j’ai le réflexe de regarder partout, je vais en arrière, je m’assois toujours pour voir la sortie… Même chose quand je vais au centre d’achat, je pense à beaucoup de choses avant de choisir où je me stationne.

As-tu des anecdotes drôles?

Des fois, tu peux être dans un restaurant, pis là, t’as quelqu’un de ton autre vie qui vient te voir. Tu fais semblant de pas le connaître, alors qu’il vient te voir et qu’il t’appelle par ton prénom. « Je te connais pas, je t’ai jamais vu. T’es fucké. J’ai jamais fait ça. »

Ça peut te mettre dans la merde, j’imagine?
Je m’en suis bien tiré, mais c’est sûr qu’après, tu te fais poser des questions. « Comment ça qu’il t’appelle par un autre nom? » Les gars sont pas fous. Tu patines, pis t’es heureux d’avoir déjà pensé à tes portes de sortie.

As-tu déjà été découvert ?

Non. Personne ne s’est aperçu de ce que je faisais en mission, et, par la suite, j’ai jamais reconnu des visages que j’avais vus par le passé, pis qu’il n’aurait pas fallu que je reconnaisse.

Si ça arrive, comment il faut réagir?
Mettons que ça m’arrive demain matin, je suis retraité, c’est moins pire que si je me faisais voir en uniforme. Ça se peut que j’ai changé de vie pis que je me tienne tranquille. Quand tu patrouilles en uniforme, c’est là que c’est dangereux, parce que c’est assez dur de dire que t’es pas dans la police.

Tu dis quoi à ta blonde?
Tu la laisses. Tu peux pas faire ça avec une femme pis des enfants. C’est trop long, c’est pas comme si tu faisais ça une semaine ou deux. Tu peux pas cacher ça à ta blonde pendant trois ans… que tu fais une « autre affaire », que tu vis « dans un autre appartement » avec une « autre fake madame ».

Comment tu développes de vrais liens avec les gens?

T’en as quasiment pas. Même ma mère ne savait pas ce que je faisais.

Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te faire une blonde « dans une autre vie »?
Une fréquentation, mais pas une blonde.

Est-ce que c’était dans le but d’obtenir ou d’apprendre quelque chose?
Non, pour le fun. C’est pour ça que ça a duré le temps d’une rose. Le danger, c’est de tomber en amour pour vrai pis d’oublier le but premier de ta mission. Faut mettre les distractions de côté. Le risque est trop grand quand tu deviens intime avec quelqu’un.

Est-ce qu’ils vous apprennent comment vous protéger de ça?
J’ai jamais eu de cours là-dessus. Tu l’apprends sur le tas. Tu gardes tes distances.

Quand tu arrives sur une mission, tu pars avec quoi comme information?
Ça dépend toujours, c’est du cas par cas. Des fois, on laisse ça à ta discrétion, des fois c’est des scénarios préétablis. On t’embarque dans un personnage pis on te dit quoi faire. Mais t’as toujours un bon dossier sur les voisins, les fréquentations du gars, plein d’autres affaires.

À qui on ne devrait jamais faire confiance?
Tu te fies juste à toi. Dans la vie, pis surtout dans ce milieu-là. Tu devrais pas faire confiance à personne. Sur Facebook, oui tu peux mettre des jokes, mais ce que tu manges, où, avec qui, pis où tu vas faire tes commissions l’après-midi, le moins possible.

Est-ce que dans le cadre de ton travail tu as déjà posé des actes illégaux ?
Oui, mais je peux pas te dire jusqu’à quel point. Qui n’a jamais fait des affaires illégales? Boire une bière dans un parc, c’est illégal.

C’est quoi tes outils pour te détacher de ces vies-là et rester sain d’esprit ?
Il faut que tu te trouves des passions en dehors de ça pour essayer d’oublier cette vie-là.

Zoé Lamontagne est sur internet ici et .

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En France, certains dossiers sont classé « SECRET DÉFENSE » et par exemple, à la Douane française, la lâcheté de François AUVIGNE, un DG énarque et inspecteur des finances, laissera NS 55 DNRED, un de ses agents infiltrés plus de dix ans en taule.  lire
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Michel CHARASSE, le ministre du Budget d’alors

À la suite de la création du GAFI (groupe d’action financière), en juillet 1989 lors du sommet de l’Arche, la France s’est dotée, en 1990, d’une législation, en constante évolution, permettant de lutter contre le blanchiment d’argent à l’intérieur de ses frontières et dans un cadre international.

A cette occasion, elle a mis en place des outils structurels de lutte contre le blanchiment.

Deux organismes ont été créés en mai 1990, l’un placé auprès du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie (traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins – TRACFIN) chargé du volet préventif du dispositif, l’autre placé au sein de la direction centrale de la police judiciaire (OCRGDF), en charge du volet répressif de la lutte contre le blanchiment.

Sur un plan préventif, la loi instaure une véritable collaboration entre les pouvoirs publics, le secteur bancaire et financier et les professionnels du chiffre (commissaires aux comptes, notaires, huissiers…) et du droit (avocats) en matière de lutte contre le blanchiment (obligation de déclaration des opérations portant sur des sommes susceptibles de provenir de certaines infractions – trafic de stupéfiants, fraude communautaire, corruption, activités criminelles organisées, participation au financement du terrorisme- et obligation de vigilance).

TRACFIN a pour mission de recevoir les déclarations de transactions suspectes (ou déclarations de soupçons) provenant des professions assujetties. Ces déclarations sont analysées et dès qu’elles semblent révéler une opération de blanchiment réprimée par la loi, TRACFIN a transmet le dossier au procureur de la République du lieu de commission de l’infraction.

Sur un plan répressif, la législation a constamment évolué pour aboutir en 1996 à la création d’un délit général de blanchiment qui concerne l’ensemble des crimes et des délits y compris la fraude fiscale à l’exclusion des contraventions et au principe du renversement de la charge de la preuve en matière de trafic de stupéfiants et d’association de malfaiteurs (après qu’il soit établi que le train de vie des mis en cause dans ces infractions n’est pas en conformité avec leurs revenus déclarés).

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L’office central de lutte contre le crime organisé

Logo OCLCO

L’OCLCO, créé par le décret du 6 mai 2006, est compétent en matière de lutte contre les groupes criminels quelles que soient leurs activités illicites. Il s’investit particulièrement dans la répression du grand banditisme et des trafics d’armes et de véhicules volés ainsi que dans la recherche des fugitifs.

Pour accomplir ses missions, l’OCLCO s’appuie sur trois brigades :

– la brigade nationale de répression du banditisme et des trafics;
– la brigade de recherche des fugitifs;
– la brigade de recherche et d’intervention nationale.

Il anime et coordonne l’action des 12 brigades de recherche et d’intervention (BRI) mises en place au sein des DIPJ et des DRPJ et chargées des recherches visant à détecter, surveiller et interpeller les auteurs et complices d’actes relevant de la grande criminalité.

Dans son domaine de compétence, il initie ses propres enquêtes sur l’ensemble du territoire national et peut également assister ou agir en co-saisine avec un service de police ou de gendarmerie.

Il met à la disposition d’autres services des groupes spécialisés en matière de rapprochement analogique des modes opératoires et de téléphonie cellulaire avec exploitation en temps réel de données.

Cet office constitue pour la France le point central dans les échanges internationaux:

– il centralise les demandes de recherches sur le territoire émanant des pays étrangers;
– il entretient des liaisons opérationnelles avec les services spécialisés des autres pays et avec les organismes internationaux en vue d’obtenir toutes informations relatives aux recherches ;
– il contribue, au niveau national, à l’animation et à la coordination des travaux préparatoires aux réunions des enceintes et organismes internationaux auxquels il participe.

De manière plus précise, son domaine de compétence recoupe:

Le grand banditisme :

Les homicides commis entre malfaiteurs, les extorsions, y compris lorsqu’elles accompagnent un enlèvement de personne, les vols qualifiés, les évasions violentes et les associations de malfaiteurs en liaison avec ces infractions.

Les établissements bancaires, la bijouterie-joaillerie-horlogerie-orfèvrerie, le transports de fonds restent les cibles traditionnelles du grand banditisme qui se tournent vers d’autres objectifs présentant un faible risque : délinquance de proximité, grande distribution, … 

La recherche des malfaiteurs en fuite :

L’office est chargé de la recherche et de l’arrestation des auteurs présumés, des témoins défaillants ou importants d’une infraction faisant l’objet d’une enquête judiciaire, des personnes à l’encontre desquelles est décerné un mandat judiciaire et qui font l’objet d’un ordre de recherche émanant de l’autorité judiciaire ou d’une décision de condamnation à une peine privative de liberté sans sursis émanant d’une juridiction de jugement et des personnes évadées au sens des articles 434-27 à 434-29 du code pénal.

Les trafics d’armes :

L’office est chargé d’animer et de coordonner la lutte contre les infractions relatives à la fabrication, la détention, le commerce et l’emploi illicite d’armes, de munitions, de produits explosifs et de matières sensibles (nucléaires, biologiques, chimiques), quel que soit le domaine d’activité : criminalité organisée, terrorisme, délinquance dans les zones sensibles.

Les trafics de véhicules volés :

Une augmentation régulière depuis 2007, de la quantité de véhicules volés non retrouvés (80 000 environ par an), ainsi qu’un nombre de véhicules volés qui tend à stagner, voire à diminuer atteste de la permanence des réseaux de trafics de véhicules.
En 2009, 167 697 véhicules ont été dérobés (+ 3,9 % par rapport à 2008) et 84 696 véhicules ont été retrouvés.

Le continent africain, l’Afrique de l’ouest et le Maghreb ainsi que les Balkans et les pays Baltes constituent les principales destinations des véhicules et des pièces détachées volés.
Ces vols génèrent parallèlement un trafic de documents administratifs falsifiés ou contrefaits.

Les trafics de documents volés, falsifiés ou contrefaits :

La répression de ces trafics organisés doit s’attacher notamment à en neutraliser les sources. Si les officines traditionnelles de fabrication de faux documents tendent à disparaître, de nombreux délinquants poursuivent leur activité grâce aux nombreuses facilités offertes par les progrès informatiques.

Les vols à main armée commis en vue de l’appropriation de documents administratifs vierges ont cessé depuis 2005 grâce aux actions préventives menées par la police judiciaire en direction de ses différents partenaires (préfectures, consulats de France à l’étranger, imprimerie nationale, transporteurs mais aussi, par la mise en place des passeports électroniques (2006) et nouveaux certificats d’immatriculation (2009), produits et remplis directement par l’imprimerie nationale.

Depuis 2008, on observe cependant une tendance à la contrefaçon à «large spectre» de documents ou pièces administratives permettant de constituer frauduleusement en préfecture ou en mairie des demandes de délivrance de documents authentiques. Il s’agit de l’obtention indue, véritable fraude intellectuelle.

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Giuseppe Cortese, membre de la Ndrangheta, âgé de 53 ans, est présenté, ce vendredi matin au parquet général de Dijon (Côte d’Or) dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen

Tellement surpris, la moutarde ne lui est même pas montée au nez

Tout s’est joué dans le plus grand secret pour déjouer les informateurs de la mafia qui noyaute la police et toute la société transalpine.

Mardi, à 3 heures du matin, les policiers italiens transmettent l’ordre d’arrêter cet homme à l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) à Nanterre (Hauts-de-Seine) et indiquent que Giuseppe Cortese, connu pour faire partie de cette association mafieuse et spécialisée dans la finance du trafic, vient de passer en France pour se rendre en Suisse. Grâce à une géolocalisation de son portable, le suspect est repéré en Bourgogne.

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Interdit de séjour en Loire-Atlantique, un jeune de 19 ans a été interpellé, mardi 11 juin à Vannes, avec du cannabis, sur les lieux du trafic de stupéfiants à Kercado. Il a été jugé vendredi après-midi 14 juin, devant le tribunal correctionnel de Vannes. Il a été condamné à deux ans de prison.

Pour le procureur, François Touron, le Nazairien de 19 ans, qui comparaît, ce vendredi 14 juin, devant le tribunal correctionnel de Vannes, est doublement coupable. Coupable de s’être livré au trafic de stupéfiants et coupable d’avoir continué, malgré sa mise en examen, malgré son placement en détention puis une fois à l’extérieur: « Vous avez fait le choix de vous investir dans une organisation criminelle, dans une économie clandestine. Vous avez fait ce choix et vous l’avez réitéré alors même que vous étiez en détention. »

Les faits – pour lesquels le jeune homme était jugé, ce vendredi 14 juin, en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Vannes – remontent au 11 juin. Ce jour-là, le prévenu, sorti de prison un mois plus tôt, est interpellé rue de Kerarden, à Vannes, alors qu’il se trouve en présence d’autres jeunes, tout de noir vêtu, à un endroit connu pour être un point de vente de stupéfiants.

« Quand la police est arrivée, je n’ai pas essayé de fuir, ni de courir, explique Medhi Clarke, dans le box. L’interpellation s’est bien passée. » Le jeune homme assure que les dix barrettes de résine de cannabis trouvées sur lui (54 g) étaient destinées à être remises à « un homme cagoulé », pour le compte duquel il aurait dû ensuite faire le guet. Une journée qui devait lui permettre de rembourser une dette : « l’achat d’un téléphone en prison », d’une valeur de 340 €.

À son domicile, les policiers retrouveront trois autres barrettes et 215 €. « Le cannabis, c’était pour ma consommation personnelle, et l’argent liquide, mon pécule en sortant de maison d’arrêt. »

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La Unidad de Análisis de Riesgos (UAR) del puerto de València, integrada por funcionarios de Aduanas y la oficina de análisis e investigación (Odaifi) de la Guardia Civil han intervenido otros 234 kilos de cocaína recién llegada de Suramérica a bordo de un contendor que, en esta ocasión, traía bebidas de malta desde la República Dominicana.

Con este nuevo gancho perdido ya es más de medio tonelada la cocaína decomisada en el puerto valenciano en este mes de junio. De hecho, solo siete días separan este cargamento del anterior, descubierto el día 4 cuando el único detenido de esa causa, un camionero, trataba de salir del recinto portuario con 270 kilos de cocaína ocultos entre las cajas de piña que aseguraba llevar como carga.

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FRANCE 🇫🇷: pourquoi se drogue t-on ?

Publié: 15 juin 2019 par Marc Fievet dans Narcotrafic INFOS

Il est toujours difficile de savoir réellement pourquoi une personne se drogue.

Les raisons qui poussent à expérimenter une drogue ne sont pas les mêmes que celles qui amènent à renouveler cette consommation, voire à en devenir dépendant.

Pour s’amuser et se détendre ?

Lorsqu’une personne prend une drogue, elle s’attend à ressentir des sensations plaisantes et à en tirer un bénéfice. Ainsi, beaucoup de personnes n’hésitent pas à boire de l’alcool pour se détendre et se sentir bien avec les autres. Certaines peuvent consommer de la drogue lorsqu’elles vont dans des soirées, dans le même but de s’amuser et d’éprouver du plaisir. Ces usages récréatifs de drogues ou d’alcool sont le plus souvent ponctuels.

Pour faire des expériences différentes ?

C’est la recherche de sensations et la prise de risque qui motivent alors l’usage de drogue. Par exemple, un adolescent peut prendre une drogue uniquement pour éprouver une nouvelle sensation. Son but est d’aller au-delà de ce qu’il ressent habituellement. Dans la grande majorité des cas, ces expérimentations ne sont qu’une phase de la vie. Elles se terminent sans dommage et sans qu’une quelconque dépendance ne s’installe. Cependant, elles représentent des prises de risque importantes, surtout lorsque c’est la maximisation des sensations qui est recherchée.

Pour faire face à des problèmes ?

L’objectif peut être de s’échapper de la réalité. La drogue est utilisée comme un anesthésiant des pensées, des sentiments, des émotions, de la souffrance. Les usagers disent souvent qu’ils utilisent la drogue pour « oublier » ou pour « décompresser ». L’anxiété, les problèmes relationnels, les traumatismes du passé et le mal-être ressenti sont souvent à l’origine de ces usages. Ces consommations sont propices à ce qu’une dépendance s’installe et que la situation de l’usager se dégrade. Mais elles peuvent aussi n’être qu’une période difficile de la vie dont la personne finit par se sortir.

Pour appartenir à un groupe ?

On peut également se droguer par conformisme, « pour faire comme les autres », parce que c’est un signe d’appartenance au groupe. Parfois, l’usage de drogues est même valorisé pour être « plus cool ». Pour les jeunes en particulier, le souci de reconnaissance peut également jouer négativement : on se drogue alors par rébellion, pour se distinguer des autres, en premier lieu de ses parents mais plus globalement des adultes. Ils cherchent ainsi à se forger une identité qui leur est propre.
Pour améliorer ses performances ?

Être performant, en forme, avoir de l’énergie, tenir face à la pression des examens, du travail sont autant de raisons évoquées pour faire usage de drogue. Le consommateur, n’ayant souvent pas conscience de se droguer, se convainc que sa réussite dépend de cette consommation. Si ces conduites dopantes sont banalisées, voire valorisées, elle n’exclut pas le risque de dépendance.

Quelles qu’en soient les raisons et les modes de consommation, l’usage de drogue n’est pas sans risque.

Source

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Ils sont soupçonnés d’avoir racketté des dealers, revendu de la drogue et blanchi l’argent gagné par ce biais.

D’après les informations obtenues par Les Jours de source judiciaire, deux policiers de la brigade
anticriminalité du
XVIIIe arrondissement de
Paris ont été mis en examen ce vendredi pour association de malfaiteurs, corruption passive, trafic de stupéfiants, blanchiment, faux en écriture publique, vol, détournement de fichiers, violation du secret professionnel et recel.

Interpellés mardi 11 juin à six heures du matin, ils ont passé 72 heures en garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avant d’être présentés à une juge d’instruction parisienne.

Le principal suspect, Karim M., est un brigadier de 45 ans qui aurait fait plusieurs allers-retours entre la France et l’Algérie pour y dissimuler le produit du trafic.
Le deuxième policier est âgé de 38 ans.

Deux autres suspects, qui ne sont pas fonctionnaires de police, ont également été mis en examen. Le parquet a requis la détention provisoire contre ces quatre personnes. Ce vendredi soir, les débats devant le juge des libertés et de la détention sont toujours en cours.
D’après nos informations, au moins un autre policier de la BAC du même arrondissement a également été placé en garde à vue cette semaine, avant d’être remis en liberté et convoqué ultérieurement.
L’Inspection générale de la police nationale enquêtait depuis plusieurs mois sur les policiers impliqués, une information judiciaire ayant été ouverte en octobre 2018. L’IGPN a notamment sonorisé un véhicule de service pour pouvoir retranscrire les conversations qui s’y tenaient…

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Un réseau de trafiquants de cocaïne destiné à alimenter le quartier de la gare de Périgueux démantelé par la police.

Les arrestations se sont faites en deux temps, le 11 mai et le 4 juin. Sept personnes sont sous les verrous.

C’est un travail conjoint de la police judiciaire et de la sécurité publique qui a permis de venir à bout de ce trafic.

Les policiers surveillaient depuis longtemps un homme de 38 ans domicilié à Toulon après être passé par Périgueux. Le 11 mai dernier, il a livré un kilo de cocaïne à un transporteur de 34 ans qui l’a acheminé jusqu’à Périgueux. La drogue était cachée dans un passage de roue de sa voiture. Les policiers ont arrêté le destinataire dans le quartier Saint Georges. Ils ont trouvé chez lui 200 grammes de cocaïne de plus et 20 000 euros en espèce. Un client de 28 ans lui aussi du quartier Saint Georges a également été interpellé. Des emballages vides ont été retrouvés dans son appartement.

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Aux États-Unis, où 33 États ont légalisé l’usage thérapeutique du cannabis, ce secteur multiplie les offres d’emploi. Il est en quête de profils de plus en plus qualifiés – et de respectabilité.

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