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Le trafic de drogue attire les groupes terroristes en raison de sa rentabilité élevée, de risques relativement faibles, ainsi que du peu de barrières à l’entrée sur le marché. 

Le trafic renfloue les caisses, et les liquidités peuvent ensuite être utilisées pour l’achat d’armes, la formation de nouvelles recrues, la propagande et pour d’autres objectifs.

Il arrive moins fréquemment que les barons de la drogue connaissent une situation « inverse » en s’engageant dans une campagne de terreur à l’encontre des autorités publiques qui menacent leurs activités – au Mexique notamment. Selon les chercheurs, de cette situation naît ainsi une alliance stratégique entre terroristes et narcotrafiquants. Les premiers peuvent assurer la protection des routes, tandis que les seconds permettent d’utiliser leurs ressources logistiques dans la préparation d’attentats ou d’interventions armées.

Les effets indirects du trafic de drogues sont pourtant les plus forts. Les régions où sont produits les narcotiques connaissent également une consommation active. L’Etat consacre alors de grandes ressources pour lutter contre ce fléau, pour la réhabilitation des toxicomanes et pour le développement économique et sanitaire de régions « dangereuses ».

Cela se fait souvent au détriment de l’éducation – ce qui peut pousser une population pauvre et mécontente dans les bras des extrémistes. En plus de ces effets délétères, des actions dures et violentes sont souvent commises par les forces de sécurité dans leur tentative d’éradiquer les cultures de narcotiques.

Les dépenses en énergie et en ressources, pour s’opposer au trafic de drogues, privent les forces de sécurité de la possibilité de combattre efficacement les groupes radicaux.

… qui ne s’applique pas vraiment en Asie centrale!

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Le trafic de drogue,moteur du terrorisme en Asie centrale ?

Alors que certaines agences des États-Unis ne se lassent pas de souligner les importants revenus que représentent le transport et la vente de narcotiques pour les organisations terroristes, des scientifiques s’opposent à cette vision, pointant les différences fondamentales existant entre les groupes terroristes et les groupes de narcotrafiquants, à la fois dans leur forme et dans les buts qu’ils poursuivent.

Les politologues américains Maria Omelicheva et Lawrence Markowitz ont décidé de sortir des sentiers battus. 

Pour élucider l’implication réelle du commerce d’opiacés afghans sur les activités terroristes en Asie centrale, ils se sont appuyés sur les statistiques régionales et les renseignements des systèmes d’information géographique. Leur travail « Le trafic de drogues impacte-t’il le terrorisme ? Les opiacées afghans et la violence terroriste en Asie centrale » (« Does Drug Trafficking Impact Terrorism? Afghan Opioids and Terrorist Violence in Central Asia ») est paru dans les pages du journal universitaire Studies in Conflict & Terrorism en septembre 2017.

D’ordinaire et selon le cas général, les organisations terroristes ne s’occupent pas délibérément du trafic de drogue, mais prennent plutôt le contrôle d’un business florissant sur « leur » territoire. Le Hezbollah et les Talibans en sont des exemples. Les deux organisations sont localisées dans des régions où des champs de stupéfiants sont cultivés depuis de nombreuses décennies et dont le réseau international de distribution, qui s’est intensifié depuis les années 2000, opère désormais indépendamment de leurs objectifs politiques.

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Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Fergana News.

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