Archives de la catégorie ‘MAFIA’

Rocco Morabito, un Italien recherché depuis plus de vingt ans par la justice de son pays pour trafic de drogues et activités mafieuses, a été arrêté dimanche dans un hôtel de Montevideo, a annoncé le ministère uruguayen de l’Intérieur. Morabito, «membre de la Ndrangheta, la mafia calabraise, est recherché par l’Italie depuis 1995» et une notice rouge a été émise contre lui par Interpol pour avoir appartenu de 1988 à 1994 à une organisation criminelle dédiée au trafic international de drogues, a précisé le communiqué du ministère.

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http://www.journaldemontreal.com/2017/09/03/uruguay-un-italien-recherche-depuis-1995-arrete-a-montevideo

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El jefe de la mafia rusa Kemerovo ha sido detenido en Mijas (Málaga), donde se había refugiado para protegerse de la guerra de bandas desatada en Estonia, donde la red mafiosa había extendido de tentáculos.

Vyacheslav Gulevich dormía con un hacha y un machete bajo la almohada de su casa malagueña, ya que sabía que sus rivales habían mandado ya a España un sicario para matarlo.

Vyacheslav Gulevich

El detenido había llegado a España tras el asesinato, en septiembre de 2016 del jefe de los jefes de las mafias de Estonia, Nikolai Tarankov, el hombre que controlaba la obshack o caja común de la delincuencia organizada dedicada a todo tipo de negocios (tráfico de armas, tráfico de drogas, extorsiones, prostitución, trata de seres humanos…).

« Su poder era reconocido desde los años 90, presidiendo las denominadas shodkas, a las que asistían los 15 ‘ladrones en ley’ más influyentes. Tal era su poder que dichas reuniones eran conocidas en el ámbito delictivo como La mesa redonda”, reza la nota en la que el Ministerio del Interior detalla la operación conjunta de la Policía Nacional, la Guardia Civil y la Policía de la República de Estonia.

leer mas: https://politica.elpais.com/politica/2017/08/08/actualidad/1502179337_708651.html

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Des millions d’euros seraient blanchis chaque année en Allemagne par la mafia italienne, qui exploite les failles du droit dans ce pays alors que les Allemands, convaincus que la mafia n’existe plus, se croient hors de danger.

Dix ans se sont écoulés depuis le massacre à Duisbourg entre les représentants de deux clans mafieux, le pire attentat jamais commis en Europe par la Ndrangheta, la mafia calabraise. Les Allemands, convaincus que la mafia n’existe plus, se croient aujourd’hui hors de danger, mais il n’en est rien.

«La mafia est toujours là pour blanchir l’argent», a prévenu David Ellero, chef du département d’Europol pour la lutte contre les crimes économiques et les crimes contre la propriété, intervenant lors d’une conférence organisée à l’ambassade italienne par l’association «Mafia? Nein Danke!» (Mafia, non merci!).

Et de souligner que l’Allemagne était un vrai paradis pour le blanchiment d’argent, vu sa législation par trop clémente en la matière.

Un autre participant à cette conférence intitulée «Pour la liberté et la sécurité: comment réprimer le crime organisé en Europe», Andreas Frank, spécialiste de la prévention du blanchiment d’argent auprès du Bundestag et du Conseil européen, est du même avis.

«En Allemagne, le risque d’être dénoncé est nul», a expliqué l’expert, ajoutant que, selon les données officielles, le volume de l’argent blanchi en Allemagne chaque année dépassait 100 millions d’euros, alors que les sommes réelles pourraient être bien plus importantes.

Les spécialistes insistent sur l’adoption en Allemagne de lois plus dures, ainsi que sur la conjugaison des efforts en Europe, car tant que la mafia persécutée en Italie trouvera refuge en Allemagne, rien ne changera.

«Celui qui ne veut pas se réveiller un jour sous la dictature, doit lutter contre le blanchiment d’argent, car la mafia, qui se soucie avant tout de son influence politique et économique, ne cesse de recruter dans ses rangs des représentants de ces deux sphères que sont la politique et l’économie», a relevé M.Frank.

L’ancien chef de la police criminelle de Berlin Bernd Finger a signalé pour sa part les liens qui existent entre le terrorisme islamiste et les crimes mafieux.

«La mafia italienne, mais aussi des mafieux d’autres pays, se livrent essentiellement à la vente et à la contrebande d’armes et de matériel militaire aux islamistes et à d’autres groupes terroristes. Il s’agit tout simplement d’un business très rentable», a indiqué l’expert.

Hôtes de marque à cette conférence, les ministres allemand et italien de l’Intérieur, Thomas de Maiziere et Marco Minniti, se sont prononcés eux aussi en faveur d’un renforcement de la coopération dans la lutte contre le crime organisé.

«L’Allemagne veut puiser dans l’expérience italienne en la matière», a déclaré M. de Maiziere.

LIRE Plus: https://fr.sputniknews.com/international/201707161032250150-mafia-italie-allemagne-blanchiment-argent-conference/

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Le 4 juillet, la police italienne a mené une opération d’envergure contre la mafia calabraise. Vingt-quatre familles du sud du pays étaient visées. Pour «Libération», Fabrice Rizzoli, auteur de «la Mafia de A à Z», revient sur ces arrestations, sur les activités de la mafia calabraise, ainsi que sur l’implantation des mafias en Europe.Encore plus réel que la série italienne Gomorra tirée du livre (2006) de Roberto Saviano, condamné à mort par la Camorra, et qui vit depuis sous protection policière. Mardi 4 juillet, quelque 1 000 carabiniers débarqués par hélicoptères, avec des chiens et des spécialistes de la recherche de bunkers pouvant servir de cachette pour les chefs mafieux, ont été déployés avant d’arrêter 116 membres de la ‘Ndrangheta (la mafia calabraise) visés par des mandats d’arrêt. L’opération a permis de mettre à jour les nouvelles structures de l’organisation, dont des sortes de tribunaux supposés résoudre les conflits internes entre les divers clans. Active depuis le milieu du XIXe siècle, la tentaculaire ‘Ndrangheta dépasse désormais sa rivale sicilienne Cosa Nostra sur le plan du chiffre d’affaires comme sur celui des effectifs. Entretien avec Fabrice Rizzoli, auteur de la Mafia de A à Z.

Qu’est-ce que la ‘Ndrangheta ? Quelles sont ses activités ? Selon une étude de l’institut italien Demoskopika, elle serait aussi rentable que la Deutsche Bank et McDonald’s réunis…

La ‘Ndrangheta est tout simplement la mafia italienne la plus puissante. Elle est considérée comme numéro un, aussi bien en nombre d’affiliés [ils seraient au nombre de 60 000, ndlr], qu’en termes de revenus : près de 40 milliards d’euros par an. Originaire de Calabre dans le sud de l’Italie, elle opère dans tout le pays et même ailleurs en Europe, au Canada, et en Australie, mais aussi en Amérique Latine où elle a établi de véritables narco-comptoirs. 

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http://www.liberation.fr/planete/2017/07/07/en-italie-des-milliers-de-mafieux-sont-en-prison-et-12-milliards-saisis-tous-les-deux-ans_1582092

Près d’une tonne de drogue -quelque 520 kilos de cocaïne et 450 de haschich- et des biens d’une valeur de cinq millions d’euros ont été saisis en Allemagne, Italie, Portugal, Espagne et au Royaume-Uni, indique Europol.

« Les revenus de la drogue étaient blanchis via des réinvestissements dans la restauration, l’import-export d’alimentation, le commerce de métaux précieux et véhicules, et le football« , selon Eurojust, tandis qu’un porte-parole de la garde civile espagnole évoquait des maisons de jeux, des sociétés de location de voitures ou des boutiques d’achat-vente d’or.

lire plus: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170705.AFP6707/operation-europeenne-antimafia-au-moins-30-arrestations.html

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Les carabiniers de Naples ont réussi à  mettre hors jeu un des membres important de la Camorra ‘Contini’.

Ce camorriste était recherché depuis 2011. 

Considéré comme le « Broker », une des pièces principales dans le trafic  de drogue au départ d’Espagne et des Pays-Bas, Antonio Cella, 45 ans, avait été condamné en 2015 à 10 ans et 11 mois pour narcotrafic.

Il avait tenté de redémarrer une nouvelle vie en Pologne depuis 4 ans, en vain.

Source: http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/ContentItem-291cedcd-01ff-4fe9-8acf-44f91df6441a.html

http://mobile.marigliano.net/articolo.php?ru_id=1&sr_id=26&ar_id=50788

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Deux meurtres sont élucidés par les plaidoyers de cinq membres d’un gang de rue

«Jamais deux sans trois . Envoie le troisième. Je commence à y prendre goût…»

C’est le message texte enthousiaste qu’Olivier Gay expédiait à son patron après avoir participé à son deuxième meurtre en neuf jours , le 31 janvier 2013, au sein d’une bande de sous-traitants à qui la mafia montréalaise confiait ses règlements de compte.

 

 

 

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Olivier Gay, Stanley Minuty, Kevin Tate, Léonard Faustin Étienne et Édrick Antoine

Mais jeudi, Gay et quatre autres membres d’un gang de rue — Stanley Minuty, Kevin Tate, Léonard Faustin Étienne et Édrick Antoine — d’allégeance rouge se sont reconnus coupables de complot. Le premier écopera de 18 ans de pénitencier et les autres se retrouveront à l’ombre pour des périodes variant entre 16 et neuf ans si le juge Guy Cournoyer entérine les suggestions des procureurs, mercredi prochain.

 

LIRE la suite: http://www.journaldemontreal.com/2017/06/15/mafia-montrealaise-deux-meurtres-resolus-cinq-accuses-plaident-coupable

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L’ancien parrain de la mafia sicilienne, Totò Riina surnommé « la bête », a « le droit de mourir dignement », a estimé la Cour de cassation italienne, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle sortie de prison et suscitant des réactions outrées.

Par  Marcelle Padova

Le « boss des boss », dit « la belva » (la bête), remis en liberté? En publiant le 5 juin dernier un arrêté qui établit que le parrain de Cosa Nostra, Totò Riina en personne, en prison depuis 24 ans, a droit à une « mort décente » en dehors des murs de sa geôle de Parme, la Cour de cassation italienne a mis le pays sens dessus dessous. 

 »Lorsqu’on se sent fort, on peut être indulgent même avec les criminels« . Et de citer le juge Giovanni Falcone, assassiné il y a juste 25 ans, qui fut capable lors du « maxi procès » de 1987, d’éviter une condamnation hâtive d’un autre boss, Luciano Liggio, parce qu’il ne trouvait pas les preuves de culpabilité « totalement convaincantes ».

Lire

http://m.nouvelobs.com/monde/20170607.OBS0386/le-parrain-de-la-mafia-peut-mourir-dans-la-dignite-l-italie-choquee.html#

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سردار رحیمیTEHRAN

Speaking to the Tasnim News Agency, General Hossein Rahimi said in an operation mounted early on Wednesday morning, the law enforcement forces managed to kill Khodabakhsh Balouch, a notorious outlaw who was behind the deaths of several polices officers in the province.

He further highlighted two other operations in the cities of Iranshahr and Saravan in Sistan and Balouchestan over the past 24 hours and said two major drug rings were smashed in the operations.

The commander added that seven members of the drug rings were arrested and four tons of illicit drugs and some weapons and ammunition were also seized from the smugglers.

Police and security forces have been quite successful in ensuring security in the province despite its long borders with Pakistan and Afghanistan, harsh weather and vast desert areas.

Iran, which has a 900-kilometer common border with Afghanistan, has been used as the main conduit for smuggling Afghan drugs to narcotics kingpins in Europe.

Despite high economic and human costs, the Islamic Republic has been actively fighting drug-trafficking over the past three decades.

The country has spent more than $700 million on sealing its borders and preventing the transit of narcotics destined for European, Arab and Central Asian countries.

The war on drug trade originating from Afghanistan has claimed the lives of nearly 4,000 Iranian police officers over the past four decades.

source: https://www.tasnimnews.com/en/news/2017/05/10/1403683/police-seize-4-tons-of-illicit-drugs-kill-wanted-criminal-in-southeastern-iran

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«Il a été arrêté suite à une demande de la justice italienne», a confirmé Folco Galli, porte-parole de l’Office fédéral de la justice (OFJ), contacté lundi par la Tribune de Genève. «Il était recherché pour purger sa peine, notamment pour trafic de drogue. Entendu samedi, il s’est opposé à son extradition. L’Italie va donc nous soumettre une demande formelle d’extradition», a précisé M. Galli. En attendant, cet homme de 39 ans est incarcéré à la prison genevoise de Champ-Dollon.

Lire

http://mobile2.lematin.ch/articles/5935a907ab5c371c13000001

http://mobile2.24heures.ch/articles/593589faab5c375eaa000001

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Résultat de recherche d'images pour "aeroport d’Hô Chi Minh-Ville"Les autorités vietnamiennes ont démantelé un immense réseau de drogue. De nombreux laboratoires mobiles de fabrication d’ecstasy y étaient reliés. Au total, 15 personnes ont été arrêtées et près de 9 millions de dollars de marchandises ont été confisqués.

Avec notre correspondant à Hô Chi Minh-Ville,  Frédéric Noir

Deux cents kilos d’ecstasy, 25 kilos de méthamphétamine, 440 000  dollars en liquide, sept voitures et d’autres marchandises saisies. La police d’Hô Chi Minh-Ville vient de frapper un grand coup dans sa lutte contre le trafic de drogue.

Les photos des suspects, une quinzaine au total, s’affichent en première page de la plupart des journaux vietnamiens. D’après la police, le laboratoire de fabrication de la drogue n’était pas situé dans un endroit fixe. Par mesure de précaution, les trafiquants changeaient régulièrement de lieu et les produits chimiques nécessaires à la confection de la drogue étaient entreposés dans une autre cache à l’abri des regards.

lire: http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170603-vietnam-coup-filet-historique-le-milieu-drogue

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Dien Bien (VNA) – Anti-drug forces from Vietnam’s northwestern province of Dien Bien and Laos’ Oudomxay province have uncovered a major drug ring in Oudomxay.

At 8:00 pm on June 1, the two sides coordinated to arrest two drug traffickers and seize 30 cakes of heroin, 160,000 synthetic pills, and 37 million KIP (4,500 USD).

READ: http://en.vietnamplus.vn/vietnam-laos-bust-major-drug-ring/112731.vnp

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Vietnam cops bust gang using mobile labs to make ecstasy

HANOI: Vietnamese cops have smashed a multi-million-dollar drug ring that pumped out ecstasy pills from mobile labs, police and state media said Friday, in what could be the country’s largest ever narcotics bust.

Fifteen people were arrested including the alleged ringleader Van Kinh Duong, who used live video or social media to monitor his labs as they moved house-to-house to evade authorities in Hanoi and Ho Chi Minh City.

The labs churned out ‘E’ and other synthetic drugs, according to Cong An Thanh Pho Ho Chi Minh City on Friday, the southern hub’s official newspaper.

Photographs showed bins full of white powder, cooking flasks and scales, along with suitcases stuffed with ecstasy pill packets.

READ MORE: http://www.thesundaily.my/news/2017/06/02/vietnam-cops-bust-gang-using-mobile-labs-make-ecstasy

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Par Eric Denécé – 03-10-2012

Dans une démocratie, il est indispensable de s’interroger sur l’utilité et l’efficacité des services de renseignement et de sécurité, d’autant qu’ils ont longtemps échappé à tout contrôle et à toute évaluation.

 

Que valent véritablement nos « services » ?

Nous permettent-ils de conduire efficacement notre politique étrangère et nos interventions extérieures ? Nous protègent-ils efficacement du terrorisme et de l’agressivité nos concurrents politiques et économiques ?
Il convient de regarder la réalité en face : si les services français sont d’un niveau honorable – essentiellement grâce à la qualité des femmes et des hommes qui les composent – et s’ils ne commettent pas plus de bévues que les autres, force est de reconnaître que nous ne sommes pas les meilleurs au monde dans cette discipline. D’autant que nos agences sont largement sous-dimensionnées par rapport à celles des autres Etats occidentaux. Nos effectifs et nos budgets sont en effet de loin inférieurs à ceux du Royaume Uni ou de l’Allemagne, pays aux responsabilités internationales équivalentes à celles de la France.
A qui la faute ?

A nos politiques de tout bord, qui n’ont jamais compris à quoi pouvaient servir les services. Depuis toujours, le pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche, manifeste une profonde incompréhension et une véritable défiance à l’égard du renseignement. En conséquence, il s’attache à neutraliser les services ou les cantonne dans des missions indignes de leurs capacités, par peur des échecs et des scandales.
Cette attitude est liée à un travers culturel national profond. En France, l’espionnage a mauvaise presse. C’est une activité infamante et perfide, aux antipodes du sens de l’honneur auquel nous nous référons si souvent, à défaut de toujours le mettre en pratique. La profession est tolérée, mais honteuse, un mal nécessaire en somme. Surtout, les élites françaises, confinées dans les certitudes que leur a conféré un diplôme obtenu vers l’âge de 25 ans, ne considèrent guère que l’information soit utile, puisqu’elles savent ! Et quand on sait, on ne demande pas ! Dès lors, le renseignement est perçu comme un facteur inutile, ou pire dérangeant, lorsque les faits viennent remettre en cause leur vision du monde et leur « supériorité » intellectuelle.
La conséquence de ce désintérêt est que les capacités du renseignement national ont toujours été sous-dimensionnées et sous-utilisées. Si les services chargés de protéger le pays contre les ingérences étrangères ou les institutions démocratiques contre les extrémismes n’en ont pas trop souffert, le renseignement extérieur a été le plus souvent livré lui-même, sans directives. Il a parfois du les inventer lui-même, ce qu’une démocratie ne saurait accepter. Or les professionnels le savent bien : rapporter aux autorités des informations qu’elles n’ont pas demandé ne les convainc pas de l’utilité des services…
Pire, depuis le 11 septembre, nous sommes entrés dans le règne de la « sécurité spectacle ». Les dirigeants actuels ne sont préoccupés que par une chose : qu’aucun attentat ne vienne perturber leur mandat et compromettre leur réélection. Les autres sujets ne comptent pas, car leurs effets ne se mesurent pas à l’aune d’une échéance électorale. Aussi, depuis 2001, nos services – DCRI et DGSE – ont été conduits à se polariser quasi exclusivement sur la lutte antiterroriste et la libération d’otages, alors que ce ne sont là que deux menaces parmi d’autres.
Par exemple, en matière de renseignement extérieur, peu de choses sont faites pour discerner l’avenir et l’anticiper, afin de promouvoir ou de défendre nos intérêts nationaux à moyen terme : décrypter l’évolution chaotique du monde, identifier de nouvelles menaces avant qu’elles ne prennent forme, garantir notre libre accès aux marchés mondiaux et aux ressources naturelles rares, etc. La politique étrangère française étant de moins en moins autonome – nous sommes aujourd’hui dans un suivisme total des positions américaines – la DGSE est conduite à faire des « grands écarts » pour le moins paradoxaux : en Libye comme en Syrie, au prétexte légitime de renverser des dictatures, des officiers du service forment des combattants djihadistes et participent au soutien logistique de leurs mouvements. Ces actions ont lieu en collaboration étroite avec l’Arabie saoudite et le Qatar, pays qui ont toujours soutenu Al-Qaeda et auprès desquels le régime de Bachar al-Assad, malgré ses défauts évidents, est une démocratie avancée…
Sur le plan intérieur, la focalisation antiterroriste amène à négliger la lutte contre l’espionnage politique et économique étranger, qui reste bien réel. En particulier, nos services ne travaillent plus contre nos alliés, ce qu’eux ne se privent pas de faire, en particulier les Etats-Unis, en opérant, au mépris des lois diplomatiques, dans nos banlieues mêmes. Plus grave, les nouvelles menaces émergentes (agroterrorisme, écoterrorisme, etc.) sont insuffisamment suivies. Suite à la réforme de 2008, plus des deux tiers des ex-RG ayant rejoint la SDIG[2] ont quitté ce service en raison du manque de moyens et de la réduction du périmètre de leurs missions. En effet, ces policiers sont chargés de surveiller les mosquées radicales et les groupes politiques extrémistes. Mais dès qu’un individu est soupçonné d’activisme, c’est la DCRI qui reprend le dossier. En outre, le travail de la SDIG est peu valorisé au sein de la Sécurité publique, à laquelle elle a été rattachée.
Ceux qui aiment positiver rappelleront qu’il n’y a jamais eu autant de réformes majeures du renseignement français – une dizaine – que sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Mais pour quel effet ? L’affaire Merah a mis en lumière l’échec de la réforme du renseignement intérieur. Si la fusion de l’ex DST et de l’ex DCRG paraissait pertinente par bien des aspects, elle a été faite en dépit du bon sens et n’a contribué qu’à déplacer la frontière entre les deux spécialités. La non-intégration de la totalité des RG dans le nouvel ensemble a affaibli la qualité du maillage territorial qui a fait pendant longtemps le succès de notre sécurité intérieure.
Pour ne rien arranger, nos services sont parfois pris en flagrant délit d’incompétence, comme l’a cruellement souligné Le Canard Enchaîné, mettant en lumière la destruction, par la DCRI, d’une note confidentielle concernant l’attentat perpétré, le 18 juillet dernier en Bulgarie, contre des touristes israéliens, avant qu’elle ne parvienne à son nouveau directeur. Certes, quelques semaines auparavant, celui-ci avait tancé ses troupes quant à la médiocrité des papiers qui lui parvenaient.
Cet épisode malheureux est doublement significatif. D’une part de la démotivation d’une grande part des cadres du renseignement intérieur. D’autre part, de la résistance de la confusion des rôles entre administrations : ce n’est pas la mission de la DCRI d’informer les autorités sur ce qui se passe à l’étranger. Elle n’a ni la ressource humaine ni les moyens de le faire : sa « cécité » en cette occasion n’a donc rien d’anormal. Cette mission revient à la DGSE et, en l’occurrence, les intérêts français n’étaient pas directement visés.

Une autre regrettable caractéristique française est la nomination d’hommes non spécialistes à la tête des services. A l’exception notable des deux derniers directeurs de la DCRI, les responsables des administrations du renseignement ont toujours été choisis pour leur méconnaissance du métier et pour leur allégeance au président. Cela est particulièrement vrai pour la DGSE, un peu moins pour la DST où quelques préfets d’expérience ont été nommés. De même, rares sont les officiers généraux nommés à la tête des services militaires – DRM et DPSD – à disposer d’une vraie expérience du renseignement. Or, le renseignement, comme tous les métiers, est une activité de professionnels expérimentés. Nommerait-on un inspecteur des finances à la tête d’un porte-avions ou un ambassadeur dans un commissariat ? 

Non ! C’est pourtant ce que nous faisons avec les services.

Dernière illustration en date, la nomination d’un diplomate – d’excellente réputation au demeurant – comme directeur du renseignement (DR) de la DGSE. Or le DR est l’un des principaux responsables de ce service, en charge notamment de la recherche. C’est donc à un professionnel des opérations clandestines que le poste aurait du être confié[8]. Cette nomination, qui a surpris en interne, est une erreur de casting complète.
L’une des conséquences néfastes de ces pratiques et de la politique de « sécurité spectacle » est la politisation des services de sécurité, incarnée par Bernard Squarcini, l’ex directeur de la DCRI, et par l’affaire de Toulouse, dans laquelle a pu être observée l’ingérence des plus hautes autorités politiques dans une affaire qui aurait du normalement être conduite par le procureur de la République local.
On notera enfin que la nouvelle commission du Livre Blanc, mise sur pied par le président de la République, chargée d’identifier les menaces à vingt ans et de construire notre politique de sécurité, ne comprend pas un seul expert du renseignement dans ses rangs. Cela en dit long sur l’importance accordée à la discipline.
Pour autant, les services secrets français sont-ils « nuls » ?

Certes non. Mais, nous pourrions mieux faire, alors que nous nous contentons du minimum ! Le renseignement n’est ni de droite ni de gauche. Mais son mépris et sa mauvaise utilisation sont également partagés par les deux composantes de notre classe politique.

En ce domaine, point d’alternance : plus cela change, moins cela change !

Source & plus:
http://www.cf2r.org/fr/editorial-eric-denece-lst/le-mepris-du-renseignement-un-mal-francais.php

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