Archives de la catégorie ‘Narco-logistique’

Le faux coup d’Etat en Bolivie, expliqué hier, fomenté par des opposants liés à des groupes extrémistes hongrois nous force quelque peu à aller chercher un peu plus loin dans des archives ce qui pourrait expliquer cette dissidence particulière et manipulable comme on vient de le voir. Pour cela, il faut se plonger dans quelques ouvrages plein d’enseignements, et s’intéresser de près à un autre cas pendable, celui de l’assassinat gratuit d’un naturaliste, qui avait révélé surtout la présence armée de narco-trafiquants dans un nombre importants de sites comportant des pistes d’atterrissage. Et tout un système instauré du temps de Banzer, ses généraux les plus proches étant les pires narco-trafiquants de l’époque. La Bolivie, en réalité est toujours malade, intoxiquée par ce très lourd héritage dont elle ne peut se défaire…

Retour historique avec un peu de littérature à la clé

Pour cela il nous faut revenir quelques années plus tôt au pays… et au trafic de drogue, étroitement lié à la politique on le sait en Bolivie, avec, pour nous aider, un peu de littérature. Un premier ouvrage indispensable nous explique les attenants et les aboutissants de cette mafia de la coke en Bolivie dans les années 90; là où en fait tout à démarré, y compris le trafic aérien, c’est ça le point fondamental. Un phénomène qui perdure et auquel a dû se confronter Evo Morales, à se demander aujourd’hui si sa décision d’interdire le territoire aux agents de la DEA américaine n’est pas le fait d’une pression de ces trafiquants ou de leurs descendants…

C’est le livre « Bolivia and Coca: A Study in Dependency » de James Painter, paru en 1994 (ici à droite) qui nous éclaire sur la question. Selon James Painter, les têtes d’affiche du trafic dans les années 80 en Bolivie étaient, je cite, Bismarck Barrientos, Gerardo « Yayo » Rodriguez, William Pato Pizarro, et Hugo Rivero Villavicencio, tous alors étaient des collaborateurs de Jorge Roca Suarez, alias « Tête en paille » (car il se teignait les cheveux en blond). Ensemble, ils formaient le clan de Los Techos. Le frère de Roca, Jose Luis Roca Suarez s’était fait arrêter, fait remarquer Painter, un nombre incalculable de fois dans le Chapare… et s’en était sorti le même nombre de fois : cet homme bénéficiait de protections en haut lieu (celles du gouvernement Banzer, donc). Selon Painter, la DEA demandera la tête, pour les extrader, de trois membres de la famille : la mère de Roca (Blanca Suarez de Roca) son frère, Rafael et leur sœur Asunta Beatriz, sans les obtenir. « Tête de paille » était lui le leader du clan de Santa Ana, qui comportait Hugo Rivero Villacencio, un fermier au ranch immense, et un chanteur nationalement connu, Oscar Roca Vasquez (genre larmoyant, photo à gauche lors d’un show TV, on peut l’entendre ici) qui était aussi le cousin de Jorge Roca Suarez. A l’évidence, le groupe trafiquait avant tout par voie aérienne. « Techo de Paja » s’était déjà entouré de pilotes, notamment d’Erwin Guzman, qui avait la particularité d’être un ancien officier de la Fuerza Aérea Boliviana, formée on le sait sur les Cessna achetés par Banzer. Le clan avait des liens avec les Cartels de Medelin et de Cali, dont ils distribuaient la production avec leurs avions. Selon la DEA américaine, la réputation du clan de Santa Ana était celle du plus violent gang existant, le plus acharné à produire de la coke, mais aussi le plus entreprenant, cherchant à en diversifier la distribution en se tournant directement vers les USA, mais aussi vers l’Europe (déjà !!!) : en somme, ils voyaient plus loin déjà que les Colombiens : ils avaient compris que le tout n’était pas de produire uniquement. Un raid en 1991 (décrit ici) avec force hélicoptères et hommes en armes s’attaquera au réseau, raid qui se soldera par la saisie 17 petits avions, pas moins, utilisés pour transporter de la cocaïne, dans une première phase, et de 18 autres avions trouvés à l’aéroport de Santa Ana et qui étaient été utilisés pour le même trafic.

En 1991, on en était déjà à ce qui est à nouveau décrit en 2014, 2015, 2016, 2017 (les dates des « visites « des hangars de narco-avions) !!! Cela fait bientôt trente ans que c’est ainsi dans le secteur, à croire que rien n’a bougé depuis !!! Pire, ça a même surtout augmenté !!! Or, en 1982, la DEA estimait déjà la production de cocaïne de Suarez à une tonne de pâte de cocaïne par mois (équivalent à entre 5 et 9 millions de dollars par mois), et sa production annuelle estimée plutôt à vingt tonnes ! Ses laboratoires clandestins étant dispersés à Yepacaní, Puerto Villaroel et dans la zone de Portezuelo (tous dans la région du Beni), tout étant dirigés depuis Santa Cruz.

 

L’Histoire, en ce sens est implacable : le trafic n’a donc jamais cessé depuis !!!

 

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http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxciv-la-decouverte-et-la-chute-des-fournisseurs-davions-29/

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Le Mozambique est devenu une plaque tournante du trafic de l’héroïne vers l’Europe, au point que cette drogue est « probablement » devenue son deuxième produit d’exportation, affirme une étude.

« Le trafic a augmenté jusqu’à 40 tonnes ou plus [au Mozambique], ce qui en fait une source d’exportation majeure qui contribue jusqu’à hauteur de 100 millions de dollars par an [85 millions d’euros] à l’économie locale », écrit le journaliste et analyste Joseph Hanlon, grand connaisseur du Mozambique et auteur de l’enquête avec le projet européen Enact. « Avec une valeur de 20 millions de dollars par tonne, l’héroïne est probablement sa première ou sa deuxième source d’exportation après le charbon », poursuit le membre de la London school of economics.

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https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/07/05/le-mozambique-nouvelle-plaque-tournante-du-trafic-d-heroine_5326495_3212.html

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Et puis il y a les cas inattendus dans cette longue quête. Celle, par exemple, d’une ONG d’origine allemande qui s’était retrouvée au cœur d’un scandale et d’une polémique, après qu’un article au vitriol du Der Spiegel ait montré que ses locaux au Paraguay, au lieu d’abriter un centre de formation, hébergeaient une maison close.

On retrouve en effet en 2011 dans un champs du Chaco un de ses avions mêlés aussi à un transfert de cocaïne. Ou plutôt ses vestiges, car l’appareil a été incendié après son atterrissage, et semble-t-il par les policiers arrivés sur place. Laissant entendre une belle collusion entre ces derniers et les instigateurs du trafic… Encore une fois, on va donc s’approcher du pouvoir, en l’occurrence cette fois-là le ministre de l’intérieur de l’époque, dont l’ambition débordante ne semble pas pour autant calmée depuis…

Un drôle de récit pour commencer

On repart cette fois en arrière au Paraguay, où a été signalé le 8 avril 2011 la chute d’un énième appareil dans le Chaco, à Toro Pampa exactement, une région d’élevage, notamment de taureaux. C’est à 90 kilomètres à peine à l’ouest de Fuerte Olimpo, à la frontière avec le Brésil, donc. Nous revoici au cœur du triangle décrit dans les épisodes précédent: Paraguay-Brésil et… Bolivie, car l’avion qui venait de se poser semble bien en provenir.

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Ici, je vous parle depuis des années maintenant du trafic incessant de cocaïne par avions. Il en existe un autre, peut-être plus spectaculaire encore, celui par sous-marins, ou des engins semi-submersibles dont le dessus affleure l’eau, dont un site remarquable évoque tous les modèles et toutes les capacités. A l’évidence, ce genre d’engin est fait pour transporter bien davantage de cocaïne qu’un petit Cessna. Jusqu’ici en effet les deux n’avaient pas de lien direct. Sauf depuis le 17 mars dernier, ce qui est tout récent, où l’on a découvert les deux engins différents au même endroit. Un cas particulier, donc, mais qui nous ramène vers un autre cas pendable, celui d’un président de pays toujours recherché à ce jour par Interpol pour trafic de cocaïne. Celui du Guyana, Dési Bouterse, dont je vous avais déjà parlé ici également… lors de l’histoire de l’avion découvert à Yupukari, qui s’apprêtait à s’envoler chargé comme une mule il semble bien…

Un avion volé…

On revient un peu en arrière et on commence le 6 novembre 2002, avec un Cessna 210 qui se trouvait alors dans un aérodrome privé à Presidente Castelo Branco (à 26 km de Maringá, c’est au Brésil).

L’appareil appartient à un éleveur brésilien, appelé Ivo Maia Sobrinho, 59 ans, qui vit dans la municipalité de Naviraí (à droite les hangars de son hacienda). Trois hommes armés et cagoulés déboulent ce soir-là, vers 19h, prennent en otage le gardien mais aussi ses proches du gardien et attendent… l’arrivée de deux autres membres de la bande. L’idée est de voler

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