Archives de la catégorie ‘Douane française’

CAE Aviation (Luxembourg 🇳🇱), dont les avions traquaient les pirates dans le sud de l’océan Indien, effectue-t-il des missions au-dessus du Sahel?

Pour mémoire, c’est CAE qui avait mis à disposition de la DGSE l’avion espion appartenant à la France qui s’est écrasé le lundi 24 octobre 2016 dans la matinée à l’aéroport de Malte avec cinq passagers à bord.

Dix secondes. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’envol du Fairchild SA227 « Merlin IV » et l’impact avec le sol le 24 octobre 2016 sur l’aéroport de Luqa, à Malte.

Les 5 français en mission pour les services secrets étaient en route pour une opération de reconnaissance en Libye.

Aucune information n’a été donnée sur l’objectif exact de la mission, ni sur les raisons du crash.

L’avion en question, un Fairline Merlin, immatriculé N5577MX 🇺🇸, avait été racheté aux USA avant d’être modifié par des experts français pour servir dans les missions d’espionnage. Il avait déjà été utilisé dans le sahel pour des missions du même genre.

A Paris, le ministère de la défense avait refusé de préciser la destination de l’avion ou l’objet de sa mission de reconnaissance. Le gouvernement maltais a annoncé à l’époque dans un communiqué que les dépouilles de cinq hommes français avaient été retrouvées sur le lieu du drame.

Parmi les cinq personnes à bord, trois relevaient « du ministère de la défense » – elles travaillaient pour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) – et deux étaient des salariés d’un contractant privé, la société luxembourgeoise CAE Aviation, qui détenait l’appareil, a précisé le ministre.

La DGSE ou la DNRED de la Douane Française ?

Les trois employés de la DGSE ou de la DNRED intervenaient-ils lors de missions de renseignement pour repérer les routes de trafics. C’est ce que le gouvernement maltais avait affirmé dans un premier temps: « le vol faisait partie d’une opération de surveillance menée depuis cinq mois par les douanes françaises pour repérer les routes de trafics d’êtres humains et de drogues en particulier ».

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Les stupéfiants auraient transité par le train de nuit Paris-Briançon avant d’être acheminés à Gap.

Un nouveau coup de filet dans le milieu des stupéfiants à Gap (Hautes-Alpes), deux semaines après la saisie record de 80 kg de drogue découverts dans le box d’un immeuble du quartier du Forest d’Entrais.

Dans cette affaire, un Gapençais a été mis en examen et écroué.

Une information judiciaire a été ouverte. L’enquête est pilotée par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).

Dissimulée dans le placard d’une chambre d’hôtel

Le mardi 9 avril en fin d’après-midi, deux individus sont interpellés par la police alors qu’ils se rendent dans une chambre d’hôtel de Gap. Leur complice présumé arrive à s’enfuir. Les policiers avaient découvert plus tôt, dans plusieurs sacs entreposés discrètement, dans le placard de la chambre d’hôtel, 31 kg de résine de cannabis et 1 kg de cocaïne. Les deux individus qui s’apprêtaient visiblement à réceptionner la drogue sont placés en garde à vue ; un troisième le lendemain, l’homme qui les aurait conduits en voiture ; et un quatrième le surlendemain, celui qui est soupçonné d’avoir réservé la chambre d’hôtel. Reste à savoir si l’un d’entre eux était la « mule » chargée de transporter la drogue depuis Paris vers les Hautes-Alpes.

source

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Le train bleu en 1966

En d’autres temps, c’était le « Train Bleu » qui était utilisé par des mules pour monter à Paris l’héroïne savamment raffinée sur Marseille.

Ces mules étaient insoupçonnables et dans ces années là, pas de « chiens douaniers » pour provoquer des catastrophes… par des saisies inopportunes! La ‘mule’ arrivait à Saint Charles avec sa valise pris en charge par un porteur…

Ce qui était courant à l’époque, et après un passage au wagon-restaurant, la mule rejoignait son compartiment couchette de première classe! A Paris, encore un porteur, qui prenait alors en charge le bagage jusqu’à la voiture de la mule qui l’attendait sagement à la Gare de Lyon.

L’ombre de la French planait sur le Train Bleu

À peine condamné dans l’affaire du Combinatie, Nick Venturi *, tout en aidant Gaston Defferre, continue de faire « des affaires », notamment outre-Atlantique. Les parrains français trafiquent l’héroïne. Ils font venir la drogue de Turquie, ils la transforment dans des laboratoires autour de Marseille et l’envoient à leurs « cousins » mafieux de Cosa nostra aux États-Unis. C’est la fameuse « French Connection ».

Nick est épinglé dans un rapport d’un agent des narcotics américain datant du 6 février 1962, où il est cité comme étant un des principaux chefs du réseau. Cette thèse est reprise par un rapport du Congrès américain sur « le crime organisé et le trafic illicite de drogues » de 1964. Lui et son frère Jean sont cités dans des fiches détaillées. Jean Venturi ferait l’intermédiaire, profitant de son statut de représentant chez Ricard au Canada. Mais faute de preuves, ils ne peuvent être confondus.

*Dominique Venturi, dit « Nick » Venturi, né en 1923,  se comporte en vrai résistant durant la Seconde Guerre mondiale. Il aide même Gaston Defferre à s’emparer du journal Le Petit Provençal en août 1944, qui sera rebaptisé Le Provençal. Porte-flingue du maire de Marseille, il est soupçonné de contrebande de cigarettes et surtout de trafic d’héroïne en direction de l’Amérique du Nord, mais pas que vers l’Amérique. Le Sénat américain le présente même comme l’un des parrains de la ‘French Connection’ avec son frère Jean Venturi, officiellement représentant de la marque Ricard au Canada. Ricard…Vous avez dit Ricard!

Nick est mort le 6 avril 2008.

HSBC, la banque des narcos, avec comme « Internal audit » François Mongin un ancien DG de la Douane Française.

Au milieu du bottin mondain des Français de « SwissLeaks » et autres financiers d’al-Qaida et trafiquants d’armes possédant un compte à la banque HSBC à Genève, celui de Jean-Christophe Rapetto pouvait passer totalement inaperçu. Né en 1966 à Marseille, dirigeant de sociétés, il n’a eu que des broutilles à expliquer à la justice. Elle ne lui a infligé que dix mois avec sursis pour « recel du produit de blanchiment de fraude fiscale » en 2013. Certes, il est le petit-fils de « Nick » Venturi, considéré comme l’un des derniers grands parrains du milieu corse de Marseille et de la French Connection. Mais, comme il l’a dit lui-même, « il ne s’est pas posé de question sur la provenance des fonds détenus par son grand-père, lequel était taisant sur ses affaires ».

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Il faut voir la vidéo (3′)!

CLIC ICI

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Aviseur International

Et qui nous prouve que les 7 tonnes de cannabis saisies Bd Exelmans ont bien été brûlées ?


L’absence du Boss de la DNRED lors de la venue de François Hollande accompagné de son fidèle Michel Sapin, le ministre des Finances, en lieu et place du Ministre du Budget Christian Eckert me rend perplexe.

Bien sûr Hélène Crocquevieille, la directrice générale des douanes, avait répondu présente.

Jean Paul Garcia n’a t-il pas refusé de cautionner cette visite qui n’était qu’un coup de pub récupéré par les «politiques» toujours prêts à se mettre en valeur!

M’interpelle aussi le fait que l’on est saisi une telle quantité de cannabis sans avoir pu arrêter les narcos. Il suffisait de planquer autour de ces véhicules…Mais là, la tâche était peut-être trop dure pour nos encagoulés douaniers.

Enfin la douane a refilé la continuation de l’enquête à l’OCTRIS… Alors tous les espoirs sont permis.

Que…

Voir l’article original 61 mots de plus

NARCOTRAFIC 🇪🇺 (Opération Dinero 🇺🇸): la DNRED 🇫🇷 savait-elle que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait aussi pour la DEA?

Publié: 14 avril 2019 par Marc Fievet dans AFRIQUE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, BAN, Canada, Cocaïne, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), HM Customs Excise (UK), INFOS, INTERPOL, Justice, MAFIA, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pays-Bas, Police, Saint-Martin, Santo Domingo, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, USA, Venezuela
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Celle concernant un homme connu historiquement, mêlé à l’assassinat de JFK, et la «main » de la CIALucien Conein qui avait, on vient de l’apprendre seulement, comme relation directe à Miami Carlos Hernandez Rumbaut, trafiquant notoire, mêlé aux exilés cubains de Miami. « Le monde de la drogue qui supprime les stupéfiants !!! les intermédiaires sont appelés à contrôler les transactions, et d’ énormes sommes d’argent sont manipulées par un manque total de scrupules entraînant de la corruption ou en caressant dans le sens du poil celui qui fait obstacle aux transactions. Il n’est pas étonnant que le gouvernement, et les responsables des stupéfiants se tournent si souvent comme assistance vers des figures aussi détestables que le commerce lui-même. Un argument pourrait être opposé comme quoi un autre type de personne pourrait en toute sécurité fonctionner efficacement dans un tel environnement. Mais comme un homme est affecté par la société qu’il entretient, ici ce sont des fonctionnaires et leurs responsables qui se retrouvent retournés par les informateurs qu’ils emploient. L’histoire de Carlos Hernandez Rumbaut, un des « Deacon « un informateur, montre jusqu’à quel point une telle alliance peut aller ».

Nota les « Deacon »  étant les infiltrés choisis par Richard Helms en personne, le directeur de la CIA, à l’époque comme l’écrivent, page 28, Peter Dale Scott et Jonathan Marshall dans « Cocaine Politics: Drugs, Armies, and the CIA in Central America ». Rumbault avait été recruté en 1969 après avoir été pris à trafiquer à Mobile, en Alabama, avec 467 livres de marijuana.  Il était plus tard devenu le garde du corps du président costaricain José Figueres Ferrer.  Installé à Mexico, Rumbaut sera payé 1400 dollars la semaine, par la DEA, comme informateur.

Pour Marc Fievet aucun doute :  Rumbautl travaillait bien pour la CIA !

SOURCE

David May, l’attaché du DEA à Paris en 1994, au cours des nombreuses réunions de travail en compagnie des douaniers Christian Gatard, Jo LeSquert et Hervé Maignier de l’échelon DNRED de Nantes, oubliera de préciser que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait pour eux.

 

Pourtant, les 100 000 dollars que Carlos Hernandez Rumbaut avait prêté à Claudio Pasquale Locatelli pour finaliser la préparation du M/Y Poseidon sortaient directement de l’ambassade des Etats-Unis à Madrid.

 

Photo prise par le BAN (Douane française)

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Pour information

Dans les quelques 3 000 pages que le gendarme Fournier a donné à Marc Fievet, seules preuves auxquelles il eut accès, il s’avère qu’il n’y avait aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandes Rumbaut en place à Montréal au moment des faits.
Marc Fievet a eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, il a pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.

Marc Fievet précise que:
Le mercredi vingt-deux octobre 1997, les gendarmes Degresley et Fournier sont venus me rendre visite au pénitencier de Springhill en Nouvelle Ecosse et m’ont rapporté une partie de mon dossier de défense. Le reste sous quinzaine me diront-ils Degresley me demande d’agir sur le capitaine du Pacifico, Jürgen Kirchhoff, détenu dans le même établissement pour qu’il supprime son appel. J’accepte, pour que personne ne se méprenne sur mon appartenance à la DNRED.
A ma demande, Jürgen Kirchhoff, le capitaine propriétaire du cargo Pacifico se désistera, pourtant les avocats de Kirchhoff étaient sûrs de faire casser le jugement de la saisie du M/S Pacifico qui étant illégale reste illégale.
La « légalisation » de la saisie du M /V Pacifico en Eaux Internationales n’avait pu intervenir qu’en utilisant la seule jurisprudence créée par la saisie en haute mer du M/V Poseidon, décrétée légale par le juge Devonshire dans le jugement de Mills.
La GRC a déjà récupéré le montant de la vente du Pacifico, obtenue après dessaisissement du juge Alex Deschenes qui ne voulait pas légaliser cet acte de piraterie. Pourquoi se compliquer la vie, ici au Canada, comme ailleurs, quand un juge ne veut pas enfreindre la loi, il suffit d’en changer! Le nouveau juge canadien Roger McIntyre se verra offrir un voyage à Londres pour rencontrer le juge Devonshire pour conforter la décision qu’il doit prendre et demander au juge Devonshire d’ajouter dans le jugement de Mills, le narco anglais condamné pour la saisie « légale » en haute mer du Poseidon afin que cette dernière soit utilisée comme jurisprudence. La « pression » qu’il a de la GRC est très forte puisque le fils du juge Roger McIntyre est poursuivi par la GRC pour trafic de stupéfiant.
Pour récompenser la docilité et la soumission de ce juge acceptant la collusion, les poursuites contre le fils du juge McIntyre seront abandonnées.

Le Narco trafiquant Carlos Hernandez-Reumbeaut, toujours incarcéré à Renous, plaide non coupable sur les charges sur lesquelles, moi Marc Fiévet, l’agent infiltré, j’ai dû plaider coupable. Il ne craint plus qu’un seul témoignage: mon témoignage. Les Autorités canadiennes, par le sergent Degresley et le gendarme Fournier, m’informent que Carlos Hernandez-Reumbeaut a émis des menaces de mort sur ma famille si  je me décidais à témoigner contre lui.

Ils utiliseront le service de sécurité de la prison de Springhill, N.S, pour me faire parvenir ces menaces. Ces menaces seront également transmises à l’ambassade de France d’Ottawa, Ambassadeur Loïc Hennekinne[1] et aux Douanes françaises.
Le consul général de France à Moncton, Monsieur Olivier Arribe me confirme ces menaces et me dit lors d’une visite, que ces menaces ont été prises très au sérieux par les Autorités françaises.

[1] En 2000, par courrier, le secrétaire général du Quai d’Orsay qu’est devenu Loîck Hennekinne, me dira qu’il n’avait plus souvenir des menaces transmises par les gendarmes canadiens…

[1]  Mills: Narco anglais impliqué dans l’affaire Poseidon

Carlos Hernandes Rumbaut acquitté….

Carlos Hernandes Rumbaut, le présumé co-dirigeant d’un complot pour importer 5,5 tonnes de cocaïne au Canada, qui a été acquitté lundi à Bathurst, est en route pour Montréal où Immigration Canada décidera de son sort. L’avocat de Carlos Rumbaut, Scott Fowler, a indiqué à Radio-Canada que les autorités avaient placé son client dans un avion lundi soir à Moncton sans que celui-ci puisse le contacter. L’homme a cependant été pris d’un malaise à bord de l’appareil et les autorités ont dû opter de faire le trajet jusqu’à Montréal en automobile. Rumbaut n’a pas été libéré immédiatement après son acquittement car Immigration Canada affirme qu’il est techniquement au pays illégalement.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/16/16662.htm

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Redécouverte d’une vieille connaissance au passage

A feuilleter les témoignages de l’époque, on a de quoi parfois se dire que c’est une histoire sans fin ce trafic, et que la quête au super-trafiquant passe parfois par de bien étranges pratiques.

Car à ma grande surprise, au détour du compte-rendu de l’opération Ballena Blanca en date du 13 mars 2010 (le raid de la police datant de 2005 on le rappelle), il y a donc dix années, voici ce que j’ai trouvé comme nom bien connu cité : « l’opération Ballena Blanca a été découverte en mars 2005 avec l’arrestation de cinquante personnes de nationalités différentes pour leur implication présumée dans un réseau qui aurait blanchi à Marbella plus de 250 millions d’euros et dont les ressources ont été mobilisées par 350 millions de personnes. et plus de 250 fermes.  La vérité est que, parmi toutes les accusations portées, la plupart ont été démis de leurs fonctions et 19 seulement ont été condamnés à des peines allant de trois ans d’emprisonnement à 15 ans d’emprisonnement pour le principal impliqué, Fernando del Valle. Différents accusés liés au cabinet d’avocats Fernando del Valle de Marbella seront assis sur le siège. Le bureau du procureur anticorruption accuse cet avocat, ses employés et ses clients de former un réseau de sociétés de criblage pour blanchir de l’argent obtenu illégalement et cacher les véritables propriétaires de cet héritage. Le ministère public estime que les fonds prétendument blanchis et placés dans un lieu sûr dans des paradis fiscaux s’élèvent à 12 millions d’euros.  

Le trafiquant franco-algérien Sofiane Hambli (ici à droite), qui siégera sur le banc, fait partie des clients de Del Valle. Del Valle fait face à une demande fiscale de 15 ans de prison et une amende de 37 millions d’euros ». Le même Hambli  écopera en 2011 de trois années de prison.  Oui, vous avez bien lu : en 2005, déjà, on avait repéré comme accusé d’un trafic en Espagne « l’un des plus grands trafiquants français de haschich du xxie siècle » selon Wikipedia qui le présente ainsi : « en juin 1997, alors âgé de 22 ans, Sofiane Hambli est l’un des principaux revendeurs d’un réseau fournissant en haschisch marocain la région alsacienne, il échappe aux gendarmes lors de l’opération « Paco68 » et se réfugie en Espagne. Il s’installe alors dans la ville andalouse de Marbella, circule en voitures de luxe et investit dans l’immobilier ».  

Voilà un jeune homme qui a démarré tôt dans le « métier » !!!  Arrêté en Espagne en 2002 et extradé en France, pour y être incarcéré, il avait vu sa peine bizarrement passer de 8 à 5 ans… pour ne même pas en profiter vraiment, puisqu’il avait réussi à s’évader l’année suivante de sa prison de Metz, pour être finalement repris en 2006… et pour en ressortir dès l’année suivante « ayant purgé sa peine de cinq ans » (?) selon sa biographie… puis de nouveau repartir en Espagne, et se refaire pincer en 2009 à…  à Puerto Banus !!!  Sidérant parcours !  Voilà un homme qui a de la suite dans les idées, en tout cas.  Ou la même obsession pour le même « métier » !!!

Tout une suite d’étranges arrestations-libération qui laissent plutôt pantois….

Le reste vous le savez, je suppose :  c’est lui qui est cité dans une drôle d’affaire d’informateur (c’est lui bien sûr) qui mouille depuis des mois maintenant François Thierry, le patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis).

Et quand je dis « mouiller » c’est une grosse fuite d’eau (ou de coke liquide ?) qui s’est répandue depuis, une affaire dont le blog de Marc Fievet (dont je ne saurais trop vous recommander la lecture) nous tient au courant régulièrement, car cela fait des années qu’il décrit ces manœuvres tortueuses qui ne sont pas à l’honneur de la République.

On a retrouvé par exemple dans les contacts de Thierry le fameux Chacal, celui des… GAL, on y revient (9) ! Mais Pour en rajouter encore, il faut savoir que malgré le fait qu’il ait été condamné en Espagne, il était bien revenu en France, pour se prendre treize années de prison, mais n’en faire…  que trois à Nancy (de 2011 à 2014 !!!) et se voir accorder le reste en semi-liberté en région parisienne.  Cerise sur le gâteau, son avocate d’alors s’appelait Anne-Claire Viethel, qui n’est autre que la femme de François Thierry…  Il ne fera en fait qu’un an de semi-liberté et s’est retrouvé libre en 2015  !!!  A part ça, il y en aurait encore pour dire que notre dealer ne serait pas informateur… Comme l’avait finement remarqué l’ami Fievet, quand le président François Hollande avait visité les locaux et qu’on lui avait montré les tonnes de hasch saisies en plein Paris… devant l’adresse de chez Hambli, il était bien le seul à sourire.  Tout le service derrière était livide.  La « découverte » des camionnettes de hasch (sept tonnes d’un coup !) fichant en l’air une opération douteuse de plusfaçon Thierry !  Hambli a été de nouveau arrêté en novembre 2018 dans un fast-food de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), alors que sous contrôle judiciaire, il n’avait pas le droit de quitter son luxueux appartement de Paris (avec piscine intérieure, c’est la photo du début de ce chapitre) !!!  Chez lui ça fait donc 22 ans que ça dure… dont au moins 12 au service de la police :  il est inscrit depuis 2007 au Bureau central des sources (BCS) qui gère les indicateurs !!!  Aurait-on trouvé un deuxième Neyret ?

SOURCE

(9) « Sa véritable identité est un des secrets les mieux gardés de la République. À la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) comme à la direction des enquêtes douanières, la plupart de ceux qui ont travaillé avec lui connaissent uniquement son surnom » explique Emmanuel Fansten. Il sait que le « Chacal » est né en 1952, d’origine algérienne, et a un faux nom : Alain David Benhamou.

Après avoir « fait ses armes à Cannes », il apparaît « dans les radars du crime organisé » dans les années 1980 avant de réussir à rejoindre l’Etat espagnol.  « En échange de leurs services, le Chacal et ses associés sont autorisés à organiser le trafic de drogue autour de Marbella, nouvelle capitale européenne de la came. La fin de la « guerre sale » et la disparition des GAL vont ouvrir une période de prospérité sur la Costa del Sol, où de nombreux truands français ont trouvé refuge » écrit Emmanuel Fansten. Avant d’indiquer que, dans les années 1990, le Chacal sera « recruté » par la Police judiciaire de Bordeaux, « redirigé » vers la Direction des enquêtes douanières puis vers le Siat, « la cellule qui chapeaute l’ensemble des indics et gère les infiltrés ».

Marc en sait beaucoup, sur le « Chacal »… je ne saurais que trop vous recommander la lecture de son blog.

LIRE plus: Le Chacal au service des services

Revoir le Trombinoscope des années 90: NARCOTRAFIC (Costa del Sol – GAL, Policia, Guardia civil): le trombinoscope des années 90

 

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En 2015, Sofiane Hambli avait été remis en liberté par la juge d’application des peines de Nancy après avoir purgé cinq ans de peine et réglé une amende douanière de 2 millions d’euros, car – grâce au travail de son avocate – il bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle. Il habite boulevard Exelmans dans un appartement-terrasse de 300 m2 avec piscine intérieure.

Faudra m’expliquer comment cette amende douanière a été réglée…D’où venait les fonds et pourquoi le TRACFIN n’ a pas cherché plus loin!    Marc Fievet

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Le superflic et le baron de la drogue

Série noire

Le premier était le grand patron des stups ; le second, un baron du cannabis. Six années durant, François Thierry et Sofiane Hambli ont travaillé ensemble dans le plus grand secret. Ils se voyaient, se respectaient, se manipulaient aussi. Olivier Bouchara a remonté le fil d’une relation toxique qui a fini par les faire plonger.

Ça commence­ par des images étranges, presque irréelles. Ce dimanche soir d’octobre  2015, François Hollande appa­raît en direct sur les chaînes d’information devant des dizaines de ballots de cannabis. Le président rajuste sa cravate, traverse un entrepôt mal éclairé, ­félicite de grands gaillards cagoulés devant les caméras : « Bravo pour votre courage, bravo  ! » La veille, ces agents des douanes ont saisi sept tonnes de haschich dissimulées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, aux confins du XVIe arrondissement de Paris. « La plus grande prise depuis longtemps », souligne le chef de l’État avec fierté, vantant une opération menée « sans mettre en danger la population du quartier, et alors que l’on savait qu’une organisation criminelle pouvait intervenir à tout moment ». Le visage fermé, il évoque même des liens avec des groupes « terroristes ». Avant de conclure, solennel : « Cette saisie, je l’espère, va leur porter un coup fatal. » À cet instant devant la télévision de son bureau, seul François Thierry, le grand patron des stups, sait à quel point le président raconte n’importe quoi. Mais il est encore loin d’imaginer que le « coup fatal » sera porté contre lui.

Une semaine plus tard, Le Parisien révèle l’imposture : l’opération saluée par l’Élysée était bidon. Zéro danger dans les parages, aucune organisation criminelle à proximité, encore moins de cellule terroriste. La drogue se trouvait en réalité sous le contrôle d’un sulfureux informateur de police­, plus précisément des « stups », le service rival des douanes. L’indic  ? « Un homme de 39 ans, originaire de Mulhouse, condamné à treize ans de prison en 2011 », précise l’­article. Son identité n’est pas divulguée, mais les initiés ont reconnu Sofiane Hambli, alias « la chimère », une légende du trafic de shit en Europe. Un garçon aussi rusé que violent, dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions d’euros. « Tout simplement le numéro 1 », écrit Jérôme Pierrat, spécialiste du grand banditisme et auteur de Parrains de cités (éditions La Manufacture de livres, 2014), le Who’s Who des gros bonnets.

Le vendredi suivant, le journaliste du Parisien qui a sorti le scoop déjeune avec un vieil ami pénaliste, Joseph Cohen-Sabban, dans une brasserie de la place Dauphine. L’avocat revient d’un séjour à Bali et il a raté cette incroyable histoire de saisie en plein Paris. Il hallucine : ainsi donc, un caïd travaillait en douce pour la police…

À la fin du repas, il consulte son Iphone. Message d’un collaborateur : « Jo, reviens vite au cabinet ! Y a du lourd dans la salle d’attente. »

Sofiane Hambli a débarqué quelques minutes plus tôt, flanqué d’un homme de main. 1 mètre 75, crâne rasé, tout en muscles et en tension. Il est visiblement nerveux, peine à tenir en place. Ses trois téléphones vibrent sans arrêt. Depuis la parution de l’article révélant son double jeu, il ne cesse de recevoir des menaces. Il doit rapidement se mettre à l’abri à l’étranger avec sa famille. En attendant, il a besoin d’un avocat. Cohen-Sabban est flatté, mais il hésite. À 61 ans, il a défendu les plus beaux gangsters, braqueurs, parrains marseillais, narcos colombiens, mafieux italiens… mais jamais de « balances ». Il en va de la réputation de son cabinet, un petit bijou situé à deux pas de la place de l’Étoile. Si ses clients venaient à l’apprendre, ils pourraient se sentir trahis. En plus, Hambli ne refilait pas exactement des tuyaux aux agents des stups : il était devenu l’informateur préféré du plus puissant d’entre eux, François Thierry. « Pourquoi moi ? finit par demander le ténor du barreau.

Parce que vous êtes le meilleur et que vous allez me sortir de ce piège. »

Le seigneur du cannabis et l’empereur de la lutte antistups. Deux cerveaux, deux caractères, deux accros à l’adrénaline et au succès. Durant des années, ces deux surdoués que tout opposait ont travaillé ensemble dans le plus grand secret. Ils se voyaient, se respectaient, se manipulaient aussi, dans un clair-obscur où les frontières entre le juste et le légal finissaient par s’estomper. Ils s’étaient associés autour d’intérêts réciproques. Ils allaient tomber ensemble après avoir monté des dizaines d’opérations, au terme d’une aventure devenue dangereuse et incontrôlable.

« Vous avez Signal ? m’a-t-on demandé dès le début de cette enquête. Ce serait mieux pour communiquer. » Signal : une messagerie chiffrée où les écrits s’effacent au bout de quelques secondes. Tous me posaient la même question : anciens voyous, policiers, sources proches du dossier, comme on dit pudiquement. Ils étaient d’accord pour me rencontrer, raconter ce qu’ils avaient vu ou vécu, mais sans apparaître à visage découvert. Il m’incomberait ensuite de recouper avec les pièces et témoignages dont je disposais. J’ai installé Signal sur mon téléphone et ce récit a commencé.

Le 18 octobre 2015, le président François Hollande vient féliciter les agents des douanes au lendemain de la saisie de sept tonnes de cannabis à Paris (crédits : PIERRE CONSTANT/AFP)

Audiard après la khâgne

À l’automne 2009, François Thierry apprend que Sofiane Hambli déprime sec dans sa prison de Séville. « Celui-là est mûr. Tu peux le retourner », lui a glissé un informateur. Hambli l’insaisissable, un enfant d’immigrés algériens devenu la star des dealers, un trompe-la-mort qui s’est jadis évadé en sautant sur une moto lors d’un transfert à l’hôpital, un intrépide prêt à tout pour ne pas retourner au trou, y compris tirer sur la police espagnole, cet Hambli-là est sur le point de craquer. Il a été interpellé six mois plus tôt dans une marina de la Costa del Sol au moment où il bouclait l’achat d’un yacht de trente-sept mètres. La fête est finie. À 34 ans, il n’est pas près de revoir les nuits de Marbella, ses villas avec piscine, ce coupé Mercedes imma­triculé en son honneur « Rise Man ». Il s’apprête à purger une peine de dix-huit années de prison et, vu son pedigree, il aura du mal à obtenir une permission, ne serait-ce que pour embrasser son petit garçon.

François Thierry a fait le chemin jusqu’en Andalousie pour le rencontrer. À 41 ans, le policier dirige le prestigieux service des infiltrés, en attendant de prendre la tête de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Il a une dégaine d’acteur qui renforce sa réputation de séducteur : des yeux bleu azur, un bon mètre quatre-vingt-dix, une gouaille à la Audiard servie par une culture d’ancien khâgneux. Il les tombe toutes, avocates, magistrates, et même cette actrice qui le poursuit quand il est en filature. Derrière la vitre sécurisée du parloir, il présente son plan au détenu : ce qui l’intéresse, c’est le fonctionnement du marché. Qui paie qui ? Par quels circuits ­occultes transite l’argent ? Comment la marchandise s’implante-t-elle dans les cités ? « Si tu bosses pour moi, je saurai ne pas être ingrat. » Hambli esquisse un sourire : « OK, je vais réfléchir à ta proposition. » Il n’ignore rien du système et, pour le prouver, il cite les noms de deux indics parmi les trafiquants de premier rang : « Je sais que vous avez bossé avec eux et que ça s’est plutôt bien passé… »

Le deuxième entretien a lieu peu de temps après. Thierry veut tester le détenu. Il a préparé une liste de questions dont il connaît les réponses. L’autre réplique sur le ton de l’évidence, l’air de dire : « On va jouer aux cons encore longtemps ? » Le commissaire aborde alors une affaire de blanchiment sur laquelle il planche depuis des mois. Soudain, le déluge, une digue a lâché. Hambli parle vite, sans filtre, ça fuse dans tous les sens. Thierry remplit ses petits carnets noirs. Il relance, demande des précisions, des noms. À la fin de la discussion, il marche sur l’eau.

Si tout ce que dit ce garçon est vrai, le commissaire vient de dénicher la perle rare. Pas comme ces informateurs habituels, une cohorte de patrons de boîtes interlopes, de concierges étriqués et d’agents immobiliers crapoteux. Sans parler « des mythomanes qui regardent deux documentaires sur Verdun et vous font croire qu’ils étaient dans les tranchées », aime raconter Thierry. Lui, il faudra le traiter avec égards. D’ailleurs, quand Hambli a demandé un avocat discret en France pour suivre la procédure d’extradition, le policier a aussitôt transmis une liste de trois-quatre noms, dont celui d’une jeune spécialiste en droit immobilier. « Je ne voulais pas d’un grand pénaliste qui risquait de parler à ses clients », dira le trafiquant aux juges. Thierry-les-yeux-bleus, lui, a juste « omis » de préciser qu’il avait eu une histoire avec l’avocate choisie. Et qu’il continuait à la voir de temps à autre…

Début 2010, les premiers résultats sont encourageants. Grâce à son informateur secret en Espagne, les stups parviennent à démanteler plusieurs réseaux. Pas des pointures mais des profils intéressants. L’office, qui ronronnait depuis des années, retrouve le goût de l’action. Le nouveau patron a tant d’énergie. Il a jadis mené des opérations d’infiltration dans la jungle colombienne, arraisonné des voiliers remplis de cocaïne aux Antilles, négocié des rançons avec des chefs de gangs dominicains. Ses discours galvanisent la soixantaine d’agents. « Il faut taper plus haut, viser les têtes de réseau », martèle-t-il. Dans son esprit, les stups doivent se démarquer des douaniers en cessant d’être obsédés par les saisies. Interpeller un chauffeur polonais de poids lourd avec deux, trois ou cinq tonnes de résine, c’est bon pour les statistiques, mais ça ne change rien au fond du problème : selon les études du ministère de la santé, il s’écoule au moins quatre cent cinquante tonnes de cannabis en France par an, des centaines de milliers d’accros en consomment chaque jour, des millions une fois par semaine. « Qu’on le veuille ou non, la marchandise continuera à passer », répète Thierry à ses équipes. La seule manière de mettre un coup d’arrêt au trafic, c’est de faire tomber les cerveaux. Et pour ça, il a un plan.

François Thierry lors d’une conférence de presse en décembre 2012 (crédits : PATRICK KOVARIK / AFP)

L’Iliade et le cannabis

Nom de code : « Myrmidon ». Il a eu cette idée en songeant à l’unité de fantassins de l’armée athénienne qui, dans L’Iliade, pouvait à elle seule renverser le cours d’une bataille. Le principe ? On identifie les camions remplis de cannabis au départ du Maroc, on les laisse tranquillement traverser les frontières, puis on surveille de près le déchargement. Une fois les grossistes identifiés, on leur tombe dessus au petit matin. Pas d’intervention en flagrant délit, donc. Mais une stratégie de long terme destinée à remonter au sommet des filières. Si les caïds ont l’impression d’acheminer leur came sans encombre, tant mieux : ils finiront par relâcher leur attention. « On ne construit pas seulement un cheval de Troie, détaille François Thierry à ses troupes. On donne à nos ennemis l’envie de le faire entrer dans la ville. »

Durant des mois, le commissaire va exposer cette nouvelle stratégie aux autorités judiciaires. Les magistrats ne ­comprennent pas toujours le sens des références à la Grèce antique pour parler haschisch, mais ce policier a la foi. À la chancellerie, au parquet de Paris, au ministère de l’intérieur, partout il déroule l’histoire des Myrmidons selon Homère, parle de cette guerre qu’il faut mener pour la jeunesse, de ces cités gangrenées par le trafic et les règlements de comptes. Il est temps de s’attaquer à la racine du problème, bouillonne-t-il. Certains juges, piqués au vif, lui demandent comment il compte bien s’y prendre pour repérer les fourgons au départ de Tanger, vu la faible coopération des policiers marocains. « Vous avez raison, répond-il. Il faut un informateur béton chez les trafiquants. Et nous en avons un. »

En janvier 2011, Sofiane Hambli est extradé d’Espagne pour purger sa peine en France. Le voilà placé à la prison de Nancy-Maxéville, dans la région où il a grandi. Ici, il se sent comme chez lui. Quand il était incarcéré pour trafic de stupéfiants près de Metz en 2002, il continuait à mener ses affaires de sa cellule à la manière d’un trader. Il achetait, vendait, prenait des positions sur le cours du cannabis dans le Rif en utilisant jusqu’à quatorze lignes téléphoniques. La seule chose qu’il ignorait, c’est qu’elles étaient toutes sur écoute. Un jour, il s’inquiétait de la qualité auprès d’un fournisseur marocain ; un autre, il menaçait un rival d’aller lui « trouer les genoux à coups de perceuse », puis de le découper lui-même avec ses mains dès sa sortie de prison. Le lendemain, il conseillait à son lieutenant d’arrêter de parler de « ces choses » au téléphone, « on risque de se brûler ».

Le temps a passé et désormais, il se tient à carreau. C’est un détenu modèle qui fait des pompes et regarde des séries. Les gardiens sont étonnés de le voir régulièrement au parloir en compagnie du grand patron des stups venu de Paris, mais personne ne moufte. Thierry annonce qu’il a rendez-vous avec « Pépère » ou « l’autre pensionnaire », et chacun comprend. Ensemble, ils passent de longues après-midi à faire et refaire le panorama du marché, des dernières trahisons aux rumeurs de livraisons. « On dit que ces mecs-là ont réussi à faire rentrer un camion, tu confirmes ? » Il lui demande aussi de sous-titrer les conversations sibyllines entre dealers que ses équipes ont interceptées. Hambli donne des réponses. Il lui arrive aussi de faire mine de ne pas savoir. Ou de tester le policier : « Je te dis un truc, mais si tu tapes maintenant, ça me grille.

– Ben dis-le moi et tu verras bien. »

Au fil du temps, les deux hommes apprennent à se connaître. Ils se jaugent, se reniflent, jouent à chercher leurs limites. « Tu as entendu parler de ce logiciel de cryptage ? » demande Hambli. « Moi, je ne suis pas un spécialiste, mais j’ai des gars qui sont des dieux du truc », bluffe Thierry. Leur relation se tisse dans l’intérêt et la méfiance. Le policier multiplie les coups de filet pendant que le prisonnier obtient de menus arrangements, une autorisation de parloir pour sa sœur, moins de fouilles en cellule… Thierry respecte sa parole. Peu avant le procès en appel, il va plaider la cause de l’informateur auprès du parquet. « On ne va pas passer de dix-huit à cinq ans de prison, mais on vous a bien écouté », s’entend-il répondre. En avril 2011, la cour d’appel de Colmar ramène la peine à treize ans. Premiers signes de reconnaissance. S’il continue ainsi, Pépère obtiendra peut-être la fameuse « réduction de peine exceptionnelle » prévue par le code de procédure pénale pour les repentis les plus coopératifs.

Son avocate y croit. Le commissaire aussi. Hambli est alors à mille lieues de se douter que ses deux protecteurs sont désormais ensemble. Thierry a quitté sa belle actrice pour s’installer avec la juriste. Leur histoire est soudain devenue sérieuse. Ils attendent un bébé et songent à se marier. Mais ils n’en parlent à personne. Aux stups, on ignore tout de la vie privée du patron et ce mélange des genres ne serait pas du meilleur effet. Le policier sent bien que cette affaire est en train de devenir un piège pour lui aussi, mais il ne peut plus faire machine arrière. Pour apaiser ses inquiétudes, il se dit que sa compagne défendra Hambli jusqu’à sa sortie de prison puis qu’elle arrêtera le pénal. Elle reviendra alors au droit immobilier ni vue ni connue. Du moins, c’est le plan…

François Thierry, alors grand patron des stups, lors d’une conférence de presse en 2011 (crédits : PIERRE VERDI/AFP)

Garde à vue fantôme

À partir de 2012, la relation entre le flic et l’indic s’intensifie. Thierry place la barre de plus en plus haut. Il lui demande maintenant de balancer ses anciens associés, des amis d’enfance. Hambli réclame « un peu de temps ». « C’est toi qui décides, je ne te mets pas le couteau sous la gorge », répète le policier. Pour patienter, il a une idée : l’indic va l’aider à surveiller une livraison sur la Costa del Sol en passant des coups de fil auprès de ses contacts marocains. Mais comment téléphoner jour et nuit d’une cellule sans éveiller l’attention ? Là encore, Thierry a pensé à tout : il s’est arrangé avec le parquet pour sortir Hambli le temps d’une fausse garde à vue, comme s’il allait être interrogé dans le cadre d’une vraie affaire. Le 3 avril, voici donc le détenu menotté à l’arrière d’un véhi­cule de police en route pour Nanterre, à deux pas de l’Ocrtis. Une chambre a été réservée au Mercure. Il a trois jours et trois nuits pour accomplir sa mission. Au départ, tout se passe comme prévu. Mais au bout de quarante-huit heures, pour respecter un minimum la procédure, il faut le présenter à un juge des libertés et de la détention (JLD) afin de prolonger la garde à vue de vingt-quatre heures. Pas de chance : le magistrat de permanence n’a aucune envie de participer à un simulacre. Il faut trouver d’urgence un JLD plus conciliant. Coups de fil, discussions avec le parquet. En voici un. « Alors, M. Hambli, votre garde à vue se passe bien ? » demande-t-il pour la forme avant de signer les papiers.

Hambli n’en revient pas. Si magistrats et policiers peuvent ainsi jouer avec la loi, il vaut mieux répondre à leurs demandes. Les mois suivant la garde à vue fantôme, ses vieux complices tombent les uns après les autres, à l’image de Djamel Talhi, alias « Johnny Depp » pour sa ressemblance avec le pirate des ­Caraïbes. Il jouissait tran­quillement de sa fortune à Londres depuis des années et les stups désespéraient de le coincer. Son arrestation renforce la stature du commissaire. On le regarde désormais avec crainte et admiration. De Genève à Madrid, il est invité à exposer ses méthodes. Même les magistrats jadis circonspects doivent le reconnaître : jamais la police n’a arrêté autant de trafiquants. « Je ne connais pas de stratégie plus efficace pour lutter contre le cannabis dans les cités », lui glisse l’un d’eux. Seuls les douaniers laissent percer des signes d’agacement : plus leurs rivaux font tomber des réseaux, moins ils saisissent de drogue. Et moins ils touchent de primes. Ce qui commence à poser problème, dans la mesure où leur salaire dépend aussi des prises.

À l’automne 2012, Sofiane Hambli passe en toute discrétion devant un tribunal composé de trois juges d’application des peines. Son dossier comporte un long courrier de soutien signé François Thierry : « Le nombre d’affaires réalisées grâce à lui témoigne de son efficacité et de son opiniâtreté, l’intéressé n’ayant jamais tenté de manipuler ses agents traitants ou de détourner cette collaboration dans un but personnel », écrit-il. L’avocate réclame une réduction de peine exceptionnelle. Accordée. Hambli devait faire dix-huit ans de prison lors de son arrestation près de Malaga en 2009. Il sera libéré fin 2014, au bout d’à peine quatre ans et demi.

La mission de trop

Les grands flics le savent : il arrive toujours un moment où l’indic peut leur claquer entre les doigts parce qu’il a envie de changer de vie. En général, c’est quand il sort de prison. Il faut alors le laisser filer, ne serait-ce que pour éviter de décourager les vocations. François Thierry n’a pas oublié cet informateur qui a tout plaqué pour élever des pur-sang dans le Nevada. « Grand bien te fasse, lui a-t-il dit, limite compréhensif. Mais si je te revois en train de négocier une tonne, tout ce que tu auras fait pour moi dans le passé n’aura plus aucune importance. »

Dehors, Hambli reçoit la visite du policier. Ils se voient d’abord au café, mais l’ancien détenu parle trop fort ; il vaut mieux se retrouver dans l’anonymat de la rue, du côté de la porte Maillot ou de la gare de Lyon. Thierry veut le convaincre d’accepter une dernière mission. Ensuite, c’est promis, il le laissera tranquille. Il l’aidera même à disparaître à l’étranger, en Amérique du Sud ou en Asie. Mais avant cela, il rêve de faire tomber une légende du trafic planquée en Algérie : Moufid Bouchibi. Un ancien ami de Hambli devenu son ennemi juré. Le plan est déjà prêt : Bouchibi a perdu deux camions en Espagne fin 2014 et il doit recruter une nouvelle équipe de convoyeurs. Rusé comme il est, Hambli pourrait s’arranger pour faire embaucher des amis. Et glisser parmi eux des policiers infiltrés. « OK, répond-il. Mais après, c’est fini. »

Se joue alors une partie d’illusionnistes entre les deux hommes. Thierry lui fait croire qu’il le surveille en permanence, même s’il n’en a évidemment pas les moyens : « Tiens, c’était qui le mec à moto avec toi l’autre jour ? » lui glisse-t-il. Hambli, lui, doit se comporter comme s’il était de retour aux affaires. Dans ce milieu où il faut en mettre plein la vue pour montrer qui est le boss, il loue un duplex de 300 mètres carrés avec piscine intérieure près de la porte d’Auteuil, dépense des fortunes chez Louis Vuitton ou Dolce & Gabbana, multiplie les voyages aux Pays-Bas et en Belgique… En profite-t-il pour mener son propre business ? Personne ne connaît la vérité – et personne n’a envie de la connaître. Hambli a besoin d’être crédible pour réussir l’opération : il rend peut-être des services à des voyous, se dit Thierry, mais il ne trafique pas comme avant. Dès le mois de mars 2015, des rumeurs laissent pourtant penser le contraire. Un ancien prisonnier de Nancy a appelé la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) pour dénoncer Hambli : il jure l’avoir entendu négocier des « livraisons ». Le commissaire doit déminer. Pépère travaille en réalité pour l’Ocrtis et il convient de le protéger : « Laissez-nous vivre avec lui jusqu’à la fin de l’année », demande-t-il à la BSP. Il en profite pour refaire passer le message auprès des douanes. On ne sait jamais.

Image du penthouse avec piscine que Sofiane Hambli louait près de la porte d’Auteuil

L’opération est prévue à l’automne 2015. Elle se présente bien. Au début de l’été, deux agents infiltrés ont eu un premier contact avec les lieutenants de Bouchibi qui leur ont remis des armes de poing pour protéger la marchandise. François Thierry en est certain : cette affaire sera l’apogée de sa carrière aux stups. Il a déjà été approché pour reprendre la direction de l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclco). Les médias l’adorent : il donne des interviews au Parisien, au Figaro, participe à l’émission « C à vous ». Quand Yves Calvi lui fait remarquer, un brin taquin, qu’il pourrait un jour se lancer en politique, François Thierry laisse échapper un « peut-être » plein d’espoirs.

Fin septembre 2015, la tension monte. Hambli communique avec Thierry grâce à des Blackberry introuvables sur le marché. Des « PGP », comme disent les dealers, l’acronyme du logiciel de chiffrement Pretty Good Privacy. Des appareils configurés avec des messageries reliées entre elles et vendus 1 300 euros pièce sur le Web ou sous le manteau en Hollande. Hambli en a acheté une vingtaine dès sa sortie de prison, dont deux pour parler avec le policier en toute tranquillité. Il connaît enfin la date de départ du camion au Maroc : le 7 octobre. Ça tombe mal : Thierry est attendu à Bogota du 12 ou 16 pour officialiser la création d’une unité de stups colombiens dédiée à la traque de trafiquants français de cocaïne. Une cérémonie en grande pompe est prévue avec les autorités. Des années que le commissaire travaille sur ce projet financé par Europol. Alors quand il demande à sa hiérarchie place Beauvau si quelqu’un peut le remplacer à Bogota, la réponse tombe : « Oublie ! Tes camions de shit, c’est bien. Mais ça, c’est un vrai projet politique. »

La suite est une incroyable succession de ratés. Le 7 au soir, le camion de Tanger débarque à Barcelone, puis traverse la frontière franco-espagnole sans que personne ne sache s’il transporte huit, douze ou quinze tonnes de cannabis au milieu des plats à tajine. Du 8 au 11, il reste dans un entrepôt de Vénissieux, près de Lyon, mais les policiers en planque ne signalent aucun mouvement à proximité. Hambli appelle Thierry. Il commence à s’inquiéter. Les acheteurs ne donnent pas de nouvelles. Et s’il avait été démasqué ? Et si le hangar était attaqué ? La marchandise est sous sa responsabilité, il devra alors la rembourser. C’est la règle de ce genre de convois. Il y en a pour au moins 30 millions d’euros et les fournisseurs lui ont versé 300 000 euros pour le transport. Il prévient le commissaire : « Si tes agents se font griller par des mecs à moi, je serai obligé de m’enfuir avec eux. » Le 12, pendant que Thierry s’envole pour la Colombie, Hambli décide de déplacer la cargaison vers un entrepôt d’Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne. Les livraisons vont bientôt commencer, promet-il. Et avec elles, l’infiltration. Ce n’est plus qu’une question d’heures…

Deux jours plus tard, premières alertes : dans sa chambre d’hôtel de Bogota, François Thierry apprend que les douanes ont saisi deux tonnes de cannabis sur l’A11 près d’Ancenis, entre Angers et Nantes, durant la nuit. L’identité du chauffeur, la qualité du produit : tout porte à croire que la marchandise vient de Hambli. Mauvais pressentiment. Thierry tente de joindre l’indic : le PGP ne passe pas. Avec l’Iphone, il réussit à parler à son adjoint des stups. Surtout, pas d’affolement. On maintient l’opération. Et il faut vite retrouver Hambli pour savoir ce qui a pu se passer. De toute façon, il rentre à Paris dans moins de trois jours : il sera alors temps de prendre une décision.

Samedi 17 octobre, sur les coups de midi. Thierry et son bras droit ont rendez-vous avec Hambli devant le palais des Congrès. Mais qu’est-ce qui lui a pris ? Pourquoi a-t-il déplacé de la came sans les prévenir ? Et pourquoi a-t-il disparu des radars ? « Là, t’as essayé de nous niquer », lance le commissaire. Hambli a l’air paniqué. Il répond qu’il n’arrivait pas à le joindre, regarde dans le vide en répétant : « Putain, mais je ne vais jamais m’en sortir. » À l’écouter, les acheteurs nantais ne voulaient plus venir jusqu’à l’entrepôt, « peut-être qu’ils sentaient l’embrouille ». Ils lui auraient demandé de faire une partie du trajet et c’est pour ça qu’il a envoyé un camion. Thierry est fou de rage. La logique de Myrmidon, c’est de suivre les trafiquants à partir du lieu de stockage, pas de les livrer à domicile. Et le reste du convoi, où est-il ? « En bas de chez moi », répond Hambli sans ciller. Quoi, en plein Paris ? Oui, boulevard Exelmans, dans le XVIe. À cet instant, le commissaire devrait annuler l’opération et prévenir le parquet du fiasco. Mais il veut encore y croire. « Si j’avais pensé que l’opération d’infiltration était fichue, je l’aurais cloué contre une porte cochère », confiera plus tard le commissaire à ses proches. Au lieu de ça, il lui dit : « Si on y arrive, tu pourras compter sur moi, je ne te lâcherai pas. »

Ils n’y arriveront pas. En fin d’après-midi, Thierry reçoit un appel : les douaniers viennent de réaliser une saisie record à Paris. Sept tonnes de cannabis dissimulées dans trois camionnettes, près de la porte d’Auteuil. Ils n’avaient évidemment informé personne, surtout pas l’Ocrtis. Ils affirment avoir été alertés par un riverain qui trouvait « bizarre » la présence de ces utilitaires dans la rue. Le quartier est bouclé. Des passants prennent des photos avec leurs portables. C’est fini. Il faut tout raconter aux magistrats qui avaient autorisé l’opération. « Une fois de plus, les douaniers ont joué en solo », s’attriste l’un d’eux. Le lendemain, le commissaire revoit son indic une dernière fois. Il lui annonce qu’il ne peut plus rien faire pour lui. L’autre ne comprend pas. Il est catastrophé, parle des Russes qu’il devait retrouver au Pays-Bas, des « mecs superchauds ». Comment va-t-il les rembourser ? Il faut que le policier l’aide. Ça ne peut pas s’arrêter comme ça, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble. Thierry le coupe. « T’as pas compris ? Toi et moi, c’est terminé. À partir de maintenant, tu deviens un objectif. Tu ne peux même plus m’appeler. » Et il lui rend son PGP. Le soir même, en allumant la télévision, il verra François Hollande féliciter les douaniers : « Bravo pour votre courage, bravo ! »

François Thierry lors de la saisie de 2,5 tonnes de drogue en 2012 (crédits : PATRICK KOVARIK / AFP)

À quoi ça ressemble, un flic qui tombe ? Comment garder la tête haute et le profil bas ? En février 2016, François Thierry est en train de bricoler dans sa maison de campagne quand il apprend l’arrestation de Sofiane Hambli en Belgique. Très vite, l’ex-indic est rapatrié en France par le GIGN en hélicoptère blindé, façon chef de la mafia. Dès le premier interrogatoire, il désigne Thierry comme son « employeur », l’homme qui lui donnait les ordres. Les magistrats s’interrogent. Et si le commissaire ne leur avait pas tout dit ? Son appartement parisien est perquisitionné, puis son ancienne bergerie du Gers. Ses ordinateurs sont fouillés ; ses voisins interrogés. Le 22 mars 2017, son épouse est convoquée devant la police des polices. On la questionne sur sa relation avec le commissaire : « Depuis combien de temps le connaissez-vous ? Dans quelles circonstances l’avez-vous rencontré ? » La jeune femme hésite, cherche ses mots : « J’ai du mal à me concentrer sur mes réponses, murmure-t-elle. Nous nous sommes vraiment mis ensemble en 2010, je pense. » On lui demande si elle a déjà défendu des dealers avant Hambli. « J’avais eu quelques dossiers au pénal, mais je n’avais pas d’expérience particulière en matière de stupéfiants », doit-elle reconnaître. Le face-à-face est tendu, l’atmosphère étouffante. Une alarme incendie vient de se déclencher dans le bâtiment ; il faut interrompre l’audition pendant dix minutes. Quand l’interrogatoire reprend, les questions tournent autour de l’argent. Comment Hambli la payait-elle ? En espèces, répond-elle. Combien ? Entre 20 000 et 30 000 euros pour quatre ans de procédure. « Pourquoi avoir fait une sorte de tarif au rabais ? relance l’enquêteur, sarcastique.

– Je ne suis pas un avocat aux honoraires élevés.

– Ces sommes ont-elles pu apparaître sur les comptes de votre conjoint ?

– Absolument pas. (…) J’ai eu ma fille au même moment, c’était tout pour moi. Je voulais être pleinement autonome. »

Au bout de trois heures, elle conclut d’une voix blanche : « Mon mari et moi avons une vie des plus banales, tournée autour de nos filles. Nous sortons peu et partons peu en vacances. »

Les tables qui débordent de cash

Les juges grattent maintenant le vernis du commissaire modèle. Après l’avoir soutenu durant des années, ils cherchent des traces d’enrichissement personnel. Deux sujets les intéressent en priorité : le financement des travaux de sa maison de campagne et les photos de voilier retrouvées sur son disque dur. Il a beau présenter des factures, décrire ses journées de bricolage, raconter sa passion pour les monocoques depuis l’enfance et les stages aux Glénans, les enquêteurs ne le lâchent pas. « Ils peuvent tout vérifier, répète Thierry en privé. J’ai saisi des millions en espèces, j’ai vu des tables débordant de cash et tout cet argent m’a toujours paru abstrait. Est-ce qu’un réparateur de Ferrari a la main qui tremble quand il touche au moteur d’une F40 ? »

Le coup de grâce tombe le 24 août 2017. Dix heures d’affilée, le policier est questionné par deux juges d’instruction. Ils n’ont pas trouvé un centime suspect, mais ils ont de nouveaux reproches à formuler : pourquoi a-t-il rendu son PGP à Hambli lors du dernier rendez-vous alors que l’appareil aurait pu parler ? Pourquoi ne l’a-t-il pas interpellé à cet instant ? Le policier ne peut pas dire qu’il a laissé filer l’homme qui l’a tant aidé durant des années, mais il vante son bilan, ses résultats : des dizaines de réseaux démantelés, une centaine de trafiquants arrêtés, des tonnes de cannabis saisies. Les juges, eux, sont convaincus que l’indic a profité de l’opération Bouchibi pour mener ses propres affaires. Les semaines suivant la saisie d’Exelmans, plusieurs livraisons ont été interceptées, dont une de plus de six tonnes près de Mons, en Belgique. Un chauffeur a même affirmé que le camion de Tanger contenait près de trente tonnes de shit. « Hambli peut m’avoir menti sur la quantité, accorde le policier. Après, j’ai du mal à concevoir l’utilité pour lui parce qu’on est en phase cruciale et finale de notre relation, qu’il est dans une situation très exposée. » Il précise le rapport de force, brutal : « À ce moment, les seuls sur qui il peut compter à l’avenir, c’est nous, et si on s’aperçoit qu’il nous a doublés ou menti, on va le faire tomber. On connaît ses ennemis ; on peut lui causer des torts considérables. » Comprendre : le balancer et laisser les crocodiles le dévorer.

Les magistrats restent de marbre. À la cent soixantième question, ils annoncent leur intention de mettre le commissaire en examen pour avoir « délibérément caché à l’autorité judiciaire des informations essentielles qui auraient permis de juguler le trafic de stupéfiants ». Le choc. Le policier, qui se flattait d’arrêter les trafiquants « comme personne », se retrouve dans le même sac qu’eux. Ses avocats, Angélique Peretti et Francis Szpiner, s’insurgent contre une « infamie ». Mâchoire serrée, corps en avant, Szpiner fait résonner sa voix de stentor : « Avec Hambli, tout le monde avait conscience d’avoir affaire à un individu hors norme et au vu des résultats obtenus grâce à lui, rien ne permettait de penser qu’il jouait un double jeu. » Les juges acceptent de retirer les qualifications de « trafic de stupéfiants » et d’« association de malfaiteurs », mais ils retiennent celle de « complicité » : pour eux, Thierry a basculé du côté des voyous. Il risque jusqu’à dix ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende.

Sofiane Hambli est aujourd’hui incarcéré à Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne. Il lit des romans, regarde la télévision, fait du sport. C’est un prisonnier à part qui ne peut pas aller en promenade sans être insulté par les autres détenus. Pour le protéger, l’administration pénitentiaire a dû le placer dans une aile spéciale, d’ordinaire réservée aux terroristes. Son avocat, Joseph Cohen-Sabban, tente de démontrer qu’il a été la victime collatérale d’une impitoyable guerre des polices. Pour lui, les douaniers ont menti : ils ne sont pas intervenus par hasard boulevard Exelmans. Ils filaient Hambli depuis des semaines et voulaient le coincer pour porter un coup fatal à leurs rivaux de l’Ocrtis, en particulier au premier d’entre eux.

François Thierry, de son côté, se bat désormais contre la solitude et la dépression qui guette. Ses ex-collègues ont pris leurs distances ; les anciens chefs ne répondent plus. Son couple aussi a explosé : la vie était devenue intenable depuis que l’affaire et le rôle de madame étaient sortis dans la presse. Le commissaire a d’abord été muté à la sous-direction antiterroriste, puis rangé dans un placard à la délégation spécialisée dans le cyberterrorisme. À la honte de la mise en examen, la procureure générale de Paris a ajouté l’inimaginable pour un flic : le retrait de l’habilitation d’officier de police judiciaire, en raison d’un « manque de loyauté » et de « négligences graves ». Concrètement, Thierry ne peut ni constater un délit ni mener une enquête. « C’est terminé, dit-il à ses derniers amis. On a perdu la bataille de la drogue. »

Il repense parfois à Sofiane Hambli et à ces six années de relation secrète. Curieusement, il ne parvient toujours pas à lui en vouloir, convaincu que le contrat a été respecté jusqu’au bout. Il y a peu, il a reçu l’appel d’un proche de Hambli : en prison, l’ancien indic aurait convaincu son voisin de cellule, le tristement célèbre Salah Abdeslam, de lui raconter la préparation des attentats du 13-Novembre : « Ce serait bien que tu l’écoutes, lui disait une petite voix. Ça montrerait à tout le monde que tu restes un grand flic. » Thierry a décliné, la mort dans l’âme. Il ne sera sans doute plus jamais un grand policier.

Cet article est paru dans le numéro 54 (Février 2018) de Vanity Fair France

OLIVIER BOUCHARA

Reporter puis chef du service affaires de Capital, il est le rédacteur en chef enquêtes / reportage de Vanity Fair. Il est aussi maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris.

 

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Il venait de quitter un endroit où la mafia russe commençait à prendre la main sur le trafic en Méditerranée. Précurseur de pas mal de techniques innovantes, aujourd’hui répandues chez les trafiquants, il avait choisi en effet de s’installer dans l’île même de Margarita, point névralgique du départ de la drogue vers l’Europe comme on l’a vu. Repéré bien tardivement, faute au manque de participation évident de la police vénézuélienne avec qui il avait signé cette sorte de pacte de non agression en lui accordant pas loin de 2 millions de dollars pour qu’elle se taise, l’homme est aujourd’hui de nouveau en fuite, ayant réussi paraît-il à s’échapper sur un « petit avion » dont on a peut-être bien retrouvé la trace, impliqué comme il se devait dans un autre trafic decoke… l’affaire aboutissant à nouveau au final en Guinée-Bissau, autre paradis pour trafiquant comme on le sait, et avec la redécouverte d’un autre avion, un jet, qui avait fait en 2009 la une des journaux… un Gulfstream IIB, comme celui par lequel nous avons démarré cette mini-série, comme pour boucler une ronde… sans fin véritable.

Trois affaires sur le dos pour Llorca

Revenons plutôt et encore une fois (la dernière, promis !) à Marbella dans les années 70 (2) car c’est là que tout a débuté, comme on l’a dit à l’épisode précédent, avec un personnage incroyable évoqué, aujourd’hui toujours en fuite, et qui est en fait en quelque sorte le saint patron du trafic entre les Colombiens, la Guyana, les Antilles avec l’île Margarita et les mafieux espagnols ou siciliens. La pierre philosophale du trafic qui perdure depuis 40 ans !!! Son nom, José Manuel Carlos LLorca Rodriguez, (appelé communément Carlos Llorca) était en effet apparu après l’affaire du Libera (cf l’épisode précédent) dans trois gros dossiers compromettants : « l’Operación Malaya », contre la corruption généralisée à Marbella et les constructions incontrôlées qui avaient rapidement tout défiguré là-bas (3). Il faisait aussi dans le béton et c’était un as du genre, versant en douce jusqu’à quatre millions d’euros en commissions à Juan Antonio Roca, l’ancien responsable de l’urbanisme de la municipalité de Marbella (4) ! Rien qu’avec la réhabilitation d’un immeuble à Manresa, il avait empoché 1 100 millions de pesetas (6,6 millions d’euros) !!! Sa société Pharus était alors déjà liée au narcotraficant italien Luigi Protani, impliqué dans le trafic massif de coke comme on l’a vu. Llorca avait ensuite été cité dans l’opération « Ballena Blanca », également contre le blanchiment d’argent, avec comme inculpé Aki Kujala, et dans « l’Operación Troika », où étaient apparus deux mafieux russes – à gauche leurs gros bras-, Gennadi Petrov (ci-dessous à droite), un ancien boxeur (et son gang « Malyshevsky » et Yaznarov (Alexander) Malyshev, à Astapa. Dans ce sens aussi c’était un pionner en quelque sorte : à Marbella, les deux mafieux russes, que jusqu’ici tout opposait violemment, avaient fait la paix des braves, le premier étant le redoutable chef du Gang Tambov. Gennadi Petrov ayant surtout mis un pied en Espagne grâce à ses relations avec la soeur du roi Juan Carlos. Pour The Atlantic, c’est un « gangster de la Méditerranée »… Lors de son arrestation, avaient été saisis 307 000 dollars en espèces, 23 voitures de luxe, et 12 millions d’euros lui appartenant avaient été gelés dans des comptes bancaires. En 2001, Petrov avait acheté un yacht de 3,5 millions d’euros baptisé « Sasha » déclaré valant 700 000 euros mais qui s’était fait redresser de 500 000 par le fisc espagnol qui connaissait son montant réel (5) ! On avait aussi remonté avec lui jusque Michael Rebo, installé à Berlin et spécialiste blanchiment de l’argent du trafic de drogue (6). A l’époque, au sein de la mafia russe, le nom Oleg Deripaska circulait déjà. (7) Juste avant la perquisition, le Monde raconte « qu’à la mi-octobre, l’attention des policiers a été attirée par un incessant va-et-vient de caisses, transportées vers un jet privé stationné sur l’aéroport de Palma de Majorque-Son Sant Joan. Il n’en fallait pas plus pour lancer la perquisition et ordonner la saisie des caisses en partance pour la Russie. » Derispaka qui possède trois jets, des … Gulfstream, mais trois G-550, immatriculés M-ALAY, M-UGIC et le plus ancien, le M-SAWO. A savoir inscrits dans l’île de Man !!

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(1) revoir les cinq épisodes précédents parus ici (de CCXL à CCXLV, de 240 à 44, celui du jour étant le 245). Une première parution nous avait fait oublier le « L » du chiffrage, pardonnez-nous !

(2) Le premier hôtel de Marbella était une ancienne ferme détenue par une famille d’aristocrates, celle du Marquis d’Ivanrey… dont la famille était allemande d’origine. C’est raconté ici par Christopher Clover, Directeur Général de Panorama Properties, la première agence mobilité du lieu: « C’était en 1946, environ sept ans après la fin de la Guerre Civile espagnole, Marbella était alors un petit village de moins de 10 000 habitants et avec une histoire très intéressante. Au cœur du village se trouvait (encore actuellement) l’ancien château arabe construit au IXe siècle et entouré de ruines romaines qui sont encore visibles aujourd’hui, tout au long de la ville (…) À cette époque, les terrains les plus étendus appartenaient à cinq familles : Juan et Enrique Belón, Juan Lavigne et Juan Lima, toutes originaires de Marbella, Elvira Tallefer et son mari Salvador Guerrero de Málaga (c’est à elle qu’on doit le nom d’Elviria), et Norberto Goizueta de Navarra (l’éventuel fondateur de Guadalmina). La majorité des champs étaient loués et cultivés par des paysans. L’activité économique principale en ce temps-là était l’agriculture et l’extraction minière du fer et du graphite (…) Le premier à promouvoir la ville de Marbella fut le versatile et éclectique aristocrate espagnol Ricardo Soriano Sholtz von Hemensdorff, Marquis d’Ivanrey, qui acheta en1943 la propriété El Rodeo, d’une étendue de 220 000 m2 (22 hectares) à son ami Norberto Goizueto, qui possédait de son côté une immense parcelle de 350 hectares dans la zone. En 1945, Ricardo construisit et ouvrit les portes du premier hôtel de style “motel” américain à Marbella, l’Hôtel El Rodeo, et invita plusieurs de ses amis à visiter la région. En 1946, son neveu, le prince Alfonso von Hohenlohe et le père d’Alfonso, le prince Maximiliano Egon von Hohenlohe-Langenburg, visitèrent Marbella pour la connaître en personne. Le père d’Alfonso était un aristocrate allemand très connu, dont la famille datait du VIe siècle. Sa mère, la marquise de Belvís de las Navas, était également connue en Espagne, et son parrain était le roi d’Espagne, Alfonso XIII. Sa lignée, unie à la vision pionnière de son oncle Ricardo, poussa Alfonso à continuer de promouvoir les idées de son oncle. Autrefois, rejoindre Marbella depuis Malaga prenait deux heures en voiture sur une terrible route côtière à double sens. Alfonso et son père arrivèrent à Marbella dans une vieille Rolls Royce équipée d’un moteur qui, en raison de la pénurie d’essence durant ces années de l’après-guerre, avait été transformé pour fonctionner avec des gaz produits avec du charbon » (Une rolls-Royce à gazogène !!) (…) Ils tombèrent tellement amoureux de Marbella, et spécialement de ce domaine, qu’ils revinrent l’année suivante pour l’acheter. Alfonso et son père construisirent une magnifique maison dans leur nouvelle propriété, et avaient pour habitude d’y inviter leurs amis. La ferme originale de la propriété fut rapidement transformée en un club social en plus de bar-restaurant, qui était fréquenté par les habitants de la région…et c’est ainsi qu’est né le “Marbella Club » (…) . Grâce à Alfonso, son père, sa mère et son oncle Ricardo, une grande quantité de gens visitèrent la zone (et le Marbella Club), et nombreux furent ceux qui ne trouvaient pas de logement. Le flux de visiteurs était tel que, en 1953, Alfonso décida de construire, à côte de la ferme originelle, un petit hôtel de 18 chambres distribuées autour d’un patio central, semblable aux populaires “motels” des États-Unis qu’il avait découverts lors de ces récents voyages. Il décida de l’appeler l’Hôtel Marbella Club. L’hôtel ouvrit ses portes au public en 1954 et attira immédiatement le tourisme de qualité. En 1955, le Comte Rudi von Schönburg, parent d’Alfonso, venait d’obtenir son diplôme à l’université Swiss Hotel Management University de Lausanne, et s’unit à Alfonso comme directeur de l’hôtel. Encore actuellement, le Comte Rudi joue toujours un rôle important au Marbella Club et au sein du Groupe, où on peut le rencontrer chaque jour. » La ferme originelle existe toujours, et a été transformée en restaurant et bar principal de l’Hôtel »… (…) Afonso ne douta pas à inviter toute la jet-set du moment au premier hôtel de luxe de la Costa del Sol. Marbella devint immédiatement l’endroit à la mode de toute l’Europe. Dans les années soixante, de nombreuses célébrités visitaient déjà Marbella et l’Hôtel Marbella Club assez fréquemment. La plupart d’entre elles achetèrent des parcelles pour construire leurs maisons, parfois directement à Alfonso. Parmi ces “grands noms” se trouvait José Banús, qui vint à Marbella en 1962 (l’auteur omet de dire que c’est un poche de Franco) et acquit les terres de l’actuel Puerto Banús et Nueva Andalucía (à cette époque de nombreuses personnes considéraient que sa vision était “détraquée”), Jaime de Mora, Manolo Lapique, Ignacio Coca – fondateur de Los Monteros et du Club de Golf Rio Real – et d’autres grands noms tels que les von Thyssen, Princess von Bismark, la famille Füstenberg, Mel Ferrer et Audrey Hepburn, le Duc et la Duchesse de Windsor, le Prince Rainier de Monaco et Grace Kelly, Ava Gardner, Cary Grant, Laurence Olivier, Guy de Rothschild, Terry von Pantz, Deborah Kerr, Jimmy Stewart, Teddy Kennedy, Jean Negulesco et de nombreux autres… à rappeler que tout se passait alors sous la dictature de Franco ! Dans les années 80, ce sont les émirs qui vont plutôt se pointer : la Famille Royale saoudienne ou Akram Ojjeh, (du Groupe d’entreprises TAG) le Prince Salman, frère du prince héritier Fahad, oui le fils aîné du Prince Fahad, le Prince Faisal Bin Fahd mais aussi Sheik Zayed bin Sultan Al Nahyan, l’Émir d’Abu Dhabi et Président des Émirats Arabes Unis, la famille Marzook venue du Koweït ; Rafic Harriri, (ah tiens voici le Premier Ministre du Liban !) ; le Sheik Kamal Mouaffak Bin Jamil Al Midani, qui finira par racheter le complexe de luxe de Puerto Banús en 1979, bâti au bout du terrain de l’hôtel, sans oublier Adnan Khashoggi , le roi de la fête à l’époque (il est dit qu’il dépensait alors 250 000 dollars par jour !) qui arrivait en DC8 ou à bord de son immense yacht, le Nabila (revendu à Donald Trump !) !!! Sa villa immense, avec zoo et stand de tir, à Marbella s’appelait Al Baraka ! Ci-dessus ses 4 moyens de transport : les yachts Khalida (le plus petit) et le Nabila; son DC-8 particulier (VR-CKA) et un DC-9 immatriculé VR-CKE baptisé « Omaria » avec devant le Hughes 500 destiné à a fille.

Pour le 66e anniversaire du frère de la reine Fabiola de Belgique. on avait compté devant la villa 31 Rolls-Royce. La chanteuse d’opéra coréenne Kimera était venue pousser la chansonnette devant le Cheikh Mohamed Ashmawi, grande figure extravagante du lieu qui voyageait en BAC-111 personnel ou Jetstar. Son gros biréacteur arc-en-ciel VP-CMI à l’intérieur rose (?) a été revendu à des mexicains du Grupo Adelac pour devenir XA-ADC. Il promènera en 2006 l’équipe de NBA des San Antonio Spurs (ici à gauche). Il est devenu ensuite XA-CMG. puis XB-KQL en 2009 et a fini par être stocké à Toluca en 2012 (il y était toujours en 2016). L’homme on le sait, un marchand d’armes, a été mêlé à l’affaire des Contras via l’affairiste Manucher Ghorbanifar et à celle d’ Imelda Marcos, la (riche) veuve du président des Philippines, Ferdinand Marcos. Selon Seymour Hersh, dès 2003, Khashoggi dans un entretien avec Richard Perle, âme damnée des Bush, aurait évoqué, déjà, l’invasion prévue de l’Irak !!!!

(3) dans un long texte dégoté ici, on explique de façon savoureuse cette corruption effrénée lors du mandat surtout de l’ineffable Vicente Gil, proche ami de jeunesse de Franco : « La semaine a été chargée pour le juge Miguel Angel Torres Segura, le jeune magistrat chargé de l’opération «Malaya». Le week-end dernier, les principaux protagonistes de l’affaire, la mairesse de Marbella, Marisol Yagüe, sa députée, Isabel Garcia Marcos, et le consultant en planification de la mairie, considérés comme le cerveau derrière la corruption au sein de l’autorité locale, Juan Antonio Roca, ont tous été interrogés et envoyés en prison sans caution (Roca a écopé de 12 ans de prison et est sorti récemment, le 14 mars 2018 !). Le juge a décrit Yagüe comme une « marionnette », alors que l’homme qui tirait vraiment les ficelles à la mairie de Marbella était Juan Antonio Roca. Alors que le maire – qui, selon des sources, n’a pas exclu la possibilité de démissionner – a été inculpé de corruption, de perversion du cours de la justice et de trafic d’influence, la liste de crimes présumés de Roca comprend tout cela en plus du blanchiment d’argent, de la fraude, de la prix, détournements de fonds et atteintes à l’environnement. (Ce dernier fait référence à sa collection d’animaux exotiques empaillés). Isabel Garcia Marcos, dirigeante de l’opposition socialiste et critique féroce de Jesus Gil avant de rejoindre les anciens « Gilistas »), partage la cellule de Yagüe et est accusée de corruption et de modification des prix .(…). L’opération « Malaya » contient tous les ingrédients du complot d’un feuilleton américain des années quatre-vingt. En fait, les scénaristes auraient probablement trouvé certains détails trop exagérés pour être crédibles. L’idée des deux femmes glamour qui jadis à la barre de la mairie partageaient désormais une cellule dans la prison d’Alhaurín a laissé tout le monde imaginer les dialogues entre ces quatre murs, l’une espérant une visite de son mari de seulement trois semaines et l’autre lorsque les 57 points laissés après une opération de liposuccion récente seraient supprimés. La déléguée principale, Isabel García Marcos, a expliqué une partie des 370 000 euros trouvés en espèces chez elle comme étant des cadeaux de mariage. La famille de la maire de Marisol Yagüe avait précédemment rapporté avoir eu un kyste retiré du dos, mais après de nombreuses spéculations, la nature esthétique de son opération a été révélée. Les similitudes avec un complot « Dynasty » ne s’arrêtent pas là. Il suffit de regarder l’incroyable fortune du prétendu chef, Juan Antonio Roca. Dans l’une de ses nombreuses propriétés, la police a découvert 30 vieilles voitures d’une valeur comprise entre 30 000 et 48 000 euros et un certain nombre de voitures de collection. En outre, 103 chevaux de race pure et 100 taureaux figurent sur la liste, ainsi que de petites demeures seigneuriales, une dans un domaine de Murcie avec son propre héliport et une autre ornée de têtes en peluche de girafes, d’éléphants et de rhinocéros, sans oublier les 275 œuvres d’art. Comparez cela à l’image d’un Roca en faillite qui est arrivé à Marbella à la fin des années 80 dans un Seat Panda. C’était avant qu’il ne soit choisi comme disciple de Jesus Gil, le « parrain » décédé, dont l’ombre plane toujours sur son ancien territoire (réélu 3 fois, et banni après pour 28 ans, il a aussi été pendant 16 ans le dirigeant de de l’Atlético Madrid, tout en ayant les mêmes qualités intellectuelles qu’un Trump aujourd’hui, ce dernier imitant ses frasques, casquette comprise !). La deuxième personnalité féminine, Isabel García Marcos, qui était onze ans le pire ennemi de Jesús Gil, (qui avait fondé on le rappelle le parti GIL… ou Grupo Independiente Liberal) partage maintenant une cellule avec un de ses disciples. « Ce sera la seule zone verte restante à Marbella lorsque vous aurez terminé », a-t-elle déclaré, à Gil, tenant une plante en pot. Elle semble maintenant avoir aidé à accomplir sa prophétie. » Aujourd’hui elle n’est plus loin du compte…

(4) Ça a bien changé depuis en effet… « C’est que le petit cercle des débuts s’est nettement élargi. Pour ne pas dire totalement dissous dans le flot des vacanciers. Reprise économique aidant, ils étaient 7 millions, en 1999, à avoir goûté au sable de ses plages, dont 700 000 pour le seul mois d’août. Cette année, Marbella en attend 8 millions au total. Une véritable explosion! Bien loin de s’en plaindre, la ville fait tout pour entretenir le phénomène. Depuis dix ans, elle inaugure chaque année de nouvelles infrastructures: promenade maritime, ronds-points flambant neufs, trottoirs élargis, parkings en sous-sol et même une autoroute ».

« Voté en mai dernier, avec deux ans de retard, le budget municipal de 1999 a atteint un record de 911 millions de francs. Dont, et c’est révélateur, 50 millions réservés aux seules infrastructures urbaines (aménagement et construction), 16 millions à l’éclairage et 62… à la propreté. Jour et nuit, 500 balayeurs remettent la ville à neuf. Côté sécurité, Marbella n’y va pas, là non plus, de main morte. En plus des 197 agents de la police nationale et des 87 gendarmes, 368 policiers municipaux veillent sans relâche sur les vacanciers. Excès de zèle? Sans doute, mais les touristes en redemandent: le nombre de sociétés de sécurité privées est en plein essor. Ancien para et grand admirateur du général Franco, José Perna Calderon dirige l’une d’elles, Franjus Security. Lancée il y a douze ans avec 7 agents, elle en compte aujourd’hui 374. Ici, on ne plaisante pas avec l’argent du tourisme. « Dernier vestige du «paradis» – très élitiste – d’antan, le

Marbella Club est, finalement, un hôtel comme les autres (ici à droite quelques ratages immobiliers abandonnés). Princes et princesses ont beau peupler la légende de Marbella, la ville ne leur appartient plus. Le parfum du jasmin a fait place à d’autres odeurs, moins subtiles, mêlées d’huile solaire, d’essence et d’argent sale. Ses nouveaux princes roulent en coupé Mercedes. «La ville est toujours un paradis, mais d’abord celui des investisseurs!» ironise José A. Nieto, président de l’association des professionnels du tourisme de Marbella. » Ci-contre, Marbella aujourd’hui : à gauche la villa du tycoon norvégien John Fredriksen devenu chypriote pour payer moins d’impôts, le roi du pétrole, le dirigeant de la plus grande flotte mondiale de pétroliers. C’est la 71 eme fortune mondiale avec 14,3 milliards de dollars !

(5) Selon le New-Yorker, « À un moment donné, Petrov a appelé un haut responsable de la justice à Moscou pour se plaindre de ce qu’un chantier naval russe avait pris du retard dans la construction du nouveau yacht commandé par Petrov. Selon un compte rendu espagnol confidentiel de la conversation, le responsable russe a promis d’aller voir le constructeur de navires avec certains de ses « garçons » et de lui montrer « beaucoup d’affection ». Quelques jours plus tard, une autre écoute électronique espagnole a surpris deux associés de Petrov en train de rire. Comment ça, les forces de sécurité auraient laissé le constructeur de navires se faire terroriser ? Le yacht était de retour à l’heure. Lors de centaines d’appels téléphoniques interceptés au cours de l’année précédant l’arrestation de Petrov en 2008, les enquêteurs espagnols ont écouté le chef de la mafia bavarder avec de puissants hommes d’affaires, des criminels notoires et des hauts responsables du gouvernement de Vladimir Poutine. Au cours d’un voyage en Russie, Petrov a appelé son fils pour lui dire qu’il venait de rencontrer un homme qui se révélait être le ministre russe de la Défense, et pour annoncer qu’ils avaient réglé un accord foncier, la vente d’avions et un stratagème. pour investir dans des entreprises énergétiques russes. « Voulez-vous rejoindre le gouvernement? », A raconté un blagueur à Petrov lors d’une conversation suivie par des enquêteurs espagnols. « J’ai acheté une valise pour stocker tous les pots-de-vin que vous obtiendrez. » Petrov semblait apprécier l’ironie, mais se disait très satisfait du contrôle politique continu de Poutine ».

(6) la puissante Mafia russe inquiétait très sérieusement les espagnols et à juste raison, car elle touchait directement au sommet du pouvoir russe : « dans une rencontre à Londres avec le procureur anti-mafia espagnol José Grinda, Litvinenko a affirmé que les mafias russes, à l’instar de leurs oligarques, étaient presque organiquement liées à l’État. Le système de favoritisme en vertu duquel les deux parties avaient pris racine dans une alliance que Poutine et d’autres anciens combattants du KGB avaient établie avec des personnalités de la pègre à Saint-Pétersbourg, au début de sa carrière politique, a déclaré Litvinenko. Le partenariat avait évolué à mesure que Poutine consolidait son pouvoir et que les criminels russes élargissaient leur portée. « La théorie de Litvinenko était que Poutine et les services de renseignement ont pris le contrôle des groupes criminels, les ont manipulés et assimilés », a déclaré Grinda dans une interview. Grinda, un bourreau de travail barbu avec un sens de l’humour aride, a persuadé Litvinenko de témoigner contre les truands en Espagne. Mais seulement quelques mois plus tard, le témoin potentiel a été témoin de la mort presque angoissante, après avoir été empoisonné par des matières radioactives, introduite chez lui par deux hommes soupçonnés d’avoir été embauchés par le FSB. Une enquête britannique a par la suite conclu que l’opération avait probablement été approuvée par Poutine lui-même, en représailles des accusations de Litvinenko contre des responsables russes et de sa coopération avec les services de renseignement britanniques et espagnols. Des photographies de journaux de l’ancien espion cadavérique, regardant de son lit d’hôpital, ont secoué les Espagnols. Mais la preuve qu’il aurait pu être tué sur ordre du gouvernement russe a donné une nouvelle crédibilité à leur travail ».

(7) cité dans l’enquête de Mueller sur les agissements des russes avec Trump… le deux personnes en cause étant Adam Waldman, l’envoyé d’Oleg Deripaska, chez qui Manafort travaillait. Waldman étant en même temps le conseiller de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, inamovible depuis 2004. L’enquête de Mueller vient de se clore, mais les investigations montrent bien que des contacts ont eu lieu avant les élections. Trump s’est réjoui un peu vite des résultats, il semble bien, car c’est son patrimoine dont on va désormais parler, ou de ses dissimulations d’impôts ou de ses faillites à répétition…

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Suite à l’alerte lancée, nous offrons une récompense d’un euro à toutes personnes en capacité de fournir des renseignements pour le retrouver.

Nombreux sont ses collègues douaniers qui l’attendent à la Direction générale.

Sera-ce alors le retour de l’enfant prodigue?

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Commission des finances

à revoir en vidéo

Rodolphe Gintz parle des contrôles sur les petits aéroports…

Mais oublie de parler de l’aviation d’affaires!

voir en cliquant sur ICI

Vincent Le Beguec, le boss de l’OCRTIS, a démontré dans sa prestation télévisée qu’il savait ne pas répondre aux questions posées.

Rodolphe Gintz a trouvé que l’émission de mardi présentée par Delahousse était parfaite…et constate que les services de lutte anti drogues sont performants et… qu’il n’y a pas de concurrence inter services!!! En quelque sorte l’entente cordiale!

Tout le contraire de ce que je pense.

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Les douaniers d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) ont saisi 45 kilos de cocaïne pour une valeur estimée de 1,8 million d’euros, une prise record supérieure à la totalité des saisies de cocaïne en 2018 au Pays basque, a annoncé la direction régionale des douanes.

La drogue a été saisie le 3 avril à Biriatou, à la frontière franco-espagnole, lors d’une opération de contrôle menée avec un chien à bord d’un véhicule utilitaire qui se rendait en Espagne.

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La consommation de cocaïne est devenue un véritable fléau en France.

Le nombre d’intoxications et de décès a doublé au cours des deux dernières années. 2,2 millions de Français en ont déjà consommé. 450 000 le font régulièrement.

A l’autre bout de la chaîne, il y a les producteurs, essentiellement basés en Amérique du Sud. Des cartels hors la loi, qui fonctionnent comme des multinationales.

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La gestion et contrôle des flux de ce produit illicite ne pourra bénéficier de la « compétence » de la « frontière intelligente » pour limiter son arrivée sur l’hexagone.

Messieurs Jérôme Fournel et Rodolphe Gintz qui continuent à démanteler l’implantation des BSI en sont-ils conscients?

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Demande de révision rejetée!

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 à  Maître Eric CLEMOT, LL.D. Avocat

                                                           Ministère de la Justice du Canada

                                                           Groupe de la révision des condamnations criminelles

                                                                 284, rue Wellington (222 Queen, 11ième étage)

                                                                  OTTAWA, Ontario – K1A OH8

Numéro de Dossier : 19-341066

Réf: NS 55- 11 – 012 -VAL

Maître,

J’ai bien reçu votre long courrier du 28 septembre 2004, mais, il m’apparaît toutefois que des affirmations importantes de votre part ne sont que suppositions, qui pourtant  vous entraînent à des conclusions qui vous amènent  au  rejet de ma demande.

Si vous le voulez bien, reprenons votre analyse page  par page:

Il est bon de souligner que l’enquête a généré une preuve de plus de 60 000 pages concernant surtout la partie québécoise de l’organisation italo-canadienne chargée de réceptionner une partie de la marchandise.

Dans les quelques 3 000 pages qui m’ont été fournies par le gendarme Fournier, seules preuves auxquelles j’ai eu accès, il s’avère que je n’ai trouvé aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandez Reumbeaut en place à Montréal au moment des faits.

J’ai pourtant eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, j’ai pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.

Oserais-je vous demander les raisons qui poussèrent les enquêteurs à ne pas utiliser ces preuves accablantes pour condamner Carlos Hernandez-Reumbeaut ? (Relaxé et aujourd’hui libre en Colombie !)

Vous me présentez comme le blanchisseur de fortes sommes d’argent sur un compte ouvert a Gibraltar mais,  cette opération avait été signalée à mon officier traitant, Monsieur Christian Gatard ainsi qu’à Joseph Le Luarn, le patron de la DNRED France. Que devais-je faire de plus ?

D’ailleurs, un procès verbal a été établi par les douaniers de Gibraltar contre le chauffeur du véhicule qui transportait cette importante somme d’argent. Les Douaniers de Gibraltar n’ont verbalisé que l’importation illicite de matériel électrique….Quelques mètres de câbles électriques !!! L’argent, comme on le sait est toujours le bienvenu à Gibraltar! La DNRED avait déclenché ce contrôle pour connaître l’identité du passeur.

Vous me présentez comme l’instigateur principal d’une opération de narcotrafic écartant totalement ma qualité d’agent infiltré pour le compte de la DNRED française, seule raison expliquant ma présence au sein de cette organisation.

A qui ferez-vous croire que j’aurais pu prendre le contrôle de Locatelli et de l’ensemble de son organisation ?

Vous soulignez à juste titre que ma seule préoccupation fut de ne pas me faire condamner à un temps minimum à servir en prison, malgré le désir ardent des gendarmes Fournier, Degresley et du Procureur Bertrand qui voulaient à tout prix une réclusion criminelle à perpétuité.

L’Honorable Juge F. Arseneault a précisé d’ailleurs dans son jugement que la Couronne ne demandait pas de minimum à servir, mais alors que, depuis mon retour en France, j’ai informé, j’informe et je continuerai à informer les autorités judiciaires françaises de ces propos tenus, je n’ai obtenu jusqu’à ce jour de la part des magistrats français que des : « C’est vous qui le dites ! » et le refus de prendre en compte cette décision de justice.

Les quelques commentaires que j’ai formulés à la demande du juge n’était que circonstanciels et ne servaient qu’à soutenir ce plaidoyer de culpabilité fictive qui arrangeait surtout le procureur Bertrand. Le document que j’ai remis au juge m’avait été suggéré par Carlos Hernandez Reumbeaut à la prison de Renous,  pour demander la clémence de la Cour, et il m’avait fait rédiger cette déclaration fictive sur le fond.

J’avais prévu de faire une déclaration nettement différente et lorsque j’ai soumis  cette idée au Consul général de France, Monsieur Olivier Arribe, de Moncton, NB, il m’a déconseillé d’agir comme je le souhaitais, m’incitant à ne pas remettre en question les propos tenus par Monsieur Christian Gatard lors de sa visite au pénitencier de Renous. (« Et surtout, ne t’avise pas d’emmerder les Autorités canadiennes si tu veux garder le soutien des autorités françaises ! » SIC)

Vous prétendez que je prétends avoir plaidé coupable sur l’insistance des autorités douanières françaises.  Je pense qu’à la lecture d’une copie d’un courrier envoyé par mon avocat à la chancellerie française le 10 juillet 2003  (Copie N° 1, Pages 6,7 & 8)), vous pourrez admettre que si j’ai plaidé coupable, c’est bien à la demande des autorités douanières françaises.

Vous prétendez que ma fille prétend que j’aurais dû être informé avant mon départ du Canada des conditions  auxquelles les autorités françaises me feraient servir ma sentence. J’affirme que je n’ai jamais signé le moindre document m’informant des conditions françaises qui m’attendaient et je pense que vous pouvez accepter qu’il faudrait être intellectuellement déficient et particulièrement stupide de rentrer en France pour servir une sentence dans des conditions de détentions moyenâgeuses tout en augmentant sa durée. Acceptez que je n’accepte point que vous prétendiez que je prétende. C’est un fait indiscutable. Jamais, je n’aurais accepté un transfert qui aggravait, de fait, une sentence déjà exemplaire dans sa durée. La « Life sentence » reçue avait pour fin de peine au Canada le 5 août 2012…La France m’a condamné à une peine se terminant le 5 août 2017 !

A mes questions, maintes fois formulées, à Olivier Arribe, le Consul de France, j’ai eu pour toute réponse : « Marc, ne faites pas de difficultés, acceptez de partir sur la France où là, au moins, vous aurez des interlocuteurs qui pourront  prendre en compte votre situation. »

D’ailleurs, j’en ai parlé aussi aux deux agents de la RCMP de Montréal qui ont passé plus de quatre heures avec moi, le 8 juillet 1998, à la prison qui m’accueillit pour 48 heures avant mon transfert, lors de mon transit au Québec, qui eux aussi m’ont dit : « C’est mieux de vous taire et d’attendre que les douanes françaises vous fassent sortir discrètement ! »

Jusqu’à ce moment-là, tout correspondait aux engagements pris par mon officier traitant auprès de mon épouse par ces mots qu’il lui tint quelques jours après sa venue au Canada et pour lui annoncer l’envoi d’un viatique de 100 000 F.: « Pour Marc, c’est mieux de plaider coupable, faites en sorte qu’il le comprenne; qu’il pense à votre sécurité ! Il faudra environ un an pour le faire rentrer du Canada et après, en six mois, on arrangera sa situation ! » (SIC)

Je maintiens que jamais, les autorités douanières françaises n’ont respecté les procédures juridico administrative en ce qui me concerne. Est-ce une raison suffisante pour que je sois considéré comme un narco ?

Vous prétendez que j’ai parlé au procureur Bertrand de ma qualité d’aviseur, agent infiltré pour le compte des autorités douanières françaises. Sachez que c’est faux ! Jamais je n’ai dit, ni abordé avec Maître Bertrand ce volet de mon action. L’enregistrement qui a été réalisé peut d’ailleurs vous permettre de constater de la véracité de mes dires.

Pour moi, agent infiltré, le but n’était pas de faire rater un procès, croyant encore que Carlos Hernandez Reumbeaut ne pourrait que se servir de ma position d’agent infiltré pour s’en sortir….Je n’imaginais pas que j’aurais droit par la suite aux menaces de mort transmises par les gendarmes Fournier et Degresley pour que je me taise, permettant ainsi l’acquittement de Carlos Hernandez Reumbeaut !

Sachez aussi que lorsque je suis arrivé au Canada, après avoir eu droit à une magnifique orchestration médiatique ; cet accueil orchestré par la GRC avec les Médias m’avait paru assimilable à un communiqué de presse policier de nature à influencer le sort d’un procès en provoquant un procès préalable dans l’opinion publique. Doit-on considérer ceci comme une atteinte à la bonne administration de la Justice, car les informations orientées données par la GRC, seront amplifiées, déformées et utilisées pour dramatiser une situation d’un point de vue journalistique. Je n’ose m’aventurer à parler de libellé diffamatoire comme le définit l’Art. 298.

D’autre part, je me suis fait  «  subtilisé » par le Gendarme Fournier mon dossier de défense, qui m’aurait autorisé à le qualifier de « dossier juridique intercepté », je citerai le cas // « Michaud contre sûreté du Québec » – JE 93 – 209 – CS. Tous les documents personnels du requérant ont été saisis par les policiers afin d’y trouver des éléments incriminants à l’encontre de ce dernier, mais la Cour supérieure a jugé qu’il était tellement évident que certains de ces documents étaient de nature à contenir des informations confidentielles et privilégiées qu’il est inconcevable qu’on les ait saisis sans procéder par le biais de l’Art. 488-1 // (Ce dossier ne me sera rendu que cinq mois après le procès par Les gendarmes Fournier et Degresley.)

Le Gendarme Fournier qui m’a dit être très surpris de mon arrivée au Canada puisqu’il n’avait pas encore fait les documents d’extradition.

Durant les semaines de total isolement, dans une cellule ne portant aucun numéro, au pénitencier de Maximum sécurité de Renous, j’eus un seul contact téléphonique avec le sergent Degresley de la Bathurst Drug Section, Royal Canadian Mounted Police, 900 Vanier Blvd, BATHURST, New Brunswick Canada – E2A 3N2 qui m’affirma qu’il étudiait ma situation mais qu’il ne pouvait pas prendre de décisions dans l’immédiat en me disant : « On n’achète pas un sac de patates sans savoir ce qu’il y a dedans ! » (SIC)  Propos non suivis par d’autres contacts !

Il est vrai que la RCMP-GRC savait parfaitement que tout son dossier de plus de 65 000 pages ne tiendrait pas si je dévoilais mon action d’agent infiltré, ayant signalé mon infiltration auprès de mon service, la DNRED, et ayant signalé la totalité des personnages composants cette organisation, y compris aux autorités douanières anglaises. Carlos HERNANDEZ-REUMBEAUT avait été signalé au Custom anglais dés juin 1992. Dois-je vous rappeler que la défense d’Entrapment existe et pour conforter cette défense d’Entrapment (Art. 8), je citerais :

 » R c Leduc 1993 – 3 RCS 641″ – Le pouvoir d’ordonner un arrêt des procédures pour cause d’abus de procédure ne doit être exercé que dans les cas les plus clairs et lorsqu’il; est démontré que la conduite reprochée a violé les principes de justice fondamentale qui sous-tendent le sens collectif du franc-jeu et de la décence; Le fait de forcer l’accusé a subir son procès ne doit pas être oppressif où vexatoire. »

Egalement dans  R. c.  Lazaratoz – RJPQ 83 127C.S.: «En matière d’Entrapment, le remède approprié consiste à ordonner l’arrêt des procédures et non à acquitter l’accusé. »

Lors du procès, Maître Bertrand, pour la Couronne a demandé une sentence exemplaire qui pourrait servir de leçon et d’avertissement, précisant que » Aucun des autres coaccusés n’a jamais été identifié comme une tête dirigeante, nul n’a été impliqué dans le financement autant que Monsieur FIÉVET et nul n’a participé au transbordement. C’est très rare que nous puissions mettre la main sur une tête dirigeante, et que, même le clan italo-québécois DIVITO ne constituait pas une éminence criminelle de l’envergure de Marc FIÉVET » (SIC)

Sans vouloir diminuer l’importance du remarquable travail d’intelligence de la GRC, d’après, Maître Bertrand, j’étais la tête dirigeante… Ou Maître Bertrand mentait magistralement ou il fut désinformé délibérément!  Comment peut-on imaginer que j’étais le « boss » d’une opération de narcotrafic de cette importance pour laquelle je n’avais pas les connexions, pas les moyens financiers et en ayant prévenu mon service de l’identité et de l’activité des gens qui composaient l’organisation que j’infiltrais!

Vu la tournure des événements et la visite des autorités françaises, j’optais donc pour ce plaidoyer de culpabilité totalement silencieux qui m’offrait au moins la sécurité pour les miens et moi-même, tout en souhaitant ne demander au procureur que ne me soit pas imposé de minimum à la perpétuité que le Gendarmerie Royale et son procureur Bertrand voulaient à tout prix.

Avant la déclaration de mon plaidoyer de culpabilité, j’ai donc demandé à rencontrer le Procureur Bertrand devant les gendarmes Fournier et Degresley qui enregistrèrent la totalité de la conversation. Jamais, je n’ai révélé mon rôle d’agent infiltré pour le compte des douanes françaises et lorsqu’à la fin de mes demandes de non minimum à servir sur la perpétuité et de non retenu sur le territoire canadien, j’ai voulu donner quelques informations au Procureur Bertrand, le gendarme Fournier m’a coupé immédiatement en me disant que ça ne servirait à rien si ce n’est qu’à compliquer les choses.

Vous précisez que le Procureur de la Couronne Bertrand, en sa qualité d’officier de justice, aurait averti la cour s’il avait considéré qu’un tel fait aurait pu affecter ma responsabilité pénale et aurait alors dû être porté à la connaissance du tribunal en l’espèce. Le procureur Bertrand, s’il savait mon appartenance à la DNRED française ne pouvait pas de lui-même, vu sa qualité d’officier de justice, me sachant sans avocat, écarter cette information auprès du juge, qui n’aurait pas hésité alors à me poser des questions. Je pense qu’avec les gendarmes Fournier et Degresley, s’il était au courant, il a délibérément tu cette part importante de mes possibilités de défense et d’explication de mon implication dans ce réseau et en bas de page 9, lorsque vous me dites que j’ai reconnu moi-même l’avoir informé dans un courrier écrit à Me Bernard Aubé le 21 mars 2002, il convient d’abord de relire le paragraphe de cette lettre que vous citez pour déclarer que j’ai informé le procureur Bertrand:

« Pourtant aujourd’hui vu la situation que je vis, je souhaite rouvrir ce procès pour que  les éléments restés dans l’ombre et délibérément cachés par le représentant de la couronne, le procureur Michel BERTRAND et les gendarmes DEGRESLEY  et  FOURNIER  apparaissent enfin au grand jour et que la justice ne soit plus la parodie qu’elle fut à BATHURST. »

Voilà donc le paragraphe que vous avez retenu pour déclarer que j’avais informé le procureur Bertrand alors que je ne faisais qu’une supposition que le Procureur, bien qu’informé par ses gendarmes, (ce qui me semblait normal), avait délibérément choisi de taire ma qualité qui « foutait en l’air » son procès ! Je répète et j’affirme que je n’ai jamais personnellement parlé au Procureur Bertrand de mon infiltration ni de mon action pour les douanes françaises, répondant en cela aux désirs de la DG des douanes françaises représentées par Messieurs Christian Gatard et Bernard Roux qui me dirent aussi: « Et surtout, ne t’avises pas d’emmerder les Canadiens si tu veux garder le soutien des autorités françaises à ton retour. » (SIC)  Pour moi, il n’était pas besoin de me faire un dessin pour m’expliquer que c’étaient ces « emmerdes-là » que ne voulaient pas les autorités canadiennes; et, en ma qualité d’agent infiltré engagé dans la lutte contre le narcotrafic, il n’était pas concevable que je mette en péril ce  procès. Pour tout le monde, côté canadien, il était souhaitable et indispensable que je passe pour le numéro 2 de l’organisation que j’avais infiltré!

Concernant les déclarations des douanes françaises qui précisent qu’elles n’étaient au courant que des activités pour lesquelles j’étais payé…Ce genre de déclaration ne peut convaincre personne. Comment imaginer que mes informations n’aient pas permis de me faire suivre par l’ensemble des services spécialisés dans la lutte contre la drogue. Vous le soulignez d’ailleurs vous-même, j’étais manifestement bien connu de l’ensemble des services européens.

Je peux sans problèmes vous faire parvenir la liste des opérations non rémunérées par les services officiels et qui ont pourtant permis d’importantes saisies.

Vous prétendez que mon dépôt de plainte conforte encore plus votre décision de rejet de ma demande. Vous me permettrez de trouver totalement surréaliste et invraisemblable que vous supposiez un seul instant que la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières des douanes françaises soit impliquée dans un trafic quelconque de drogue. C’est hallucinant que vous puissiez seulement énoncer ce genre de propos. Jamais, le Ministre Michel CHARASSE, le directeur des Douanes Jean Dominique COMOLLI et les dirigeants de la DNRED ne m’ont demandé de faire du trafic de drogue. Les Douanes françaises m’ont seulement recruté pour infiltrer des réseaux de narcotrafiquants existants, pour en tirer le maximum d’informations qui permettaient d’obtenir des résultats spectaculaires.

La déclaration de l’attaché des Douanes françaises à Madrid, Monsieur Jean Paul Garcia ne laisse absolument aucun doute sur le fait que j’agissais comme agent infiltré.  “The Defence in its alegations, opposes the extradition, stating that the defendant is a customs informer, acting as an undercover agent, verified by documents and by a statement made by Jean Paul GARCIA, Customs Attaché at the French Embassy in Madrid, ant that according to his statement he declared this in the name of the director General of Customs in France.” Cette déclaration a été faite devant les magistrats de l’Audience nationale de Madrid.

Effectivement, s’il est vrai que j’étais beaucoup plus intéressé par la réalisation d’une grande « sauterie » (arrestation générale) en France, ça ne transforme pas pour autant les Douanes françaises et moi-même en trafiquant de drogue.

Je continue à regretter que les cibles que nous avions en Europe continuent à s’ébattre librement sans avoir jamais eu à répondre des trafics qu’elles continuent d’organiser en toute impunité et je ne comprends toujours pas que moi,  l’agent infiltré, je  pourrisse en prison. Me reste en travers de la gorge, l’acquittement de Carlos Hernandez Reumbeaut.  Mais pour la justice du Nouveau Brunswick, qu’importe le flacon puisqu’elle connût l’ivresse d’une « Life sentence » avec moi.

Je maintiens mon souhait d’un procès où l’ensemble des éléments délibérément tus à Bathurst soit mis en évidence et exposé devant une Cour formée d’un juge avec Jury durant lequel je citerai comme témoins les personnalités suivantes:

Messieurs…

  • Michel CHARASSE – Ex Ministre du Budget – Sénateur – Paris – France
  • Christian GATARD – Ex D.R des Douanes, Receveur Paris – France
  • Jean Henri HOGUET – Ex Directeur DNRED Paris – France
  • Joseph LE LUARN – Ex Directeur DNRED Paris – France
  • Bernard PUYANET – Ex Directeur DNRED Paris – France
  • Jean PUONS – Ex Directeur DNRED Paris – France
  • Jean Paul GARCIA – Ex attaché des Douanes Françaises à Madrid,  Espagne
  • Marc LERESTRE – Ex attaché des douanes françaises à Londres, U.K
  • Philippe GALY – Ex attaché des douanes françaises à Londres, U.K
  • Bernard ROUX – Ex attaché à l’ambassade de France à Washington, D.C – USA
  • Jean Dominique COMOLLI – Ex D.G des Douanes Françaises – Paris – France
  • Hervé MAIGNIER – Divisionnaire des Douanes – France
  • Jo LE SQUERE – Adjoint au Chef de l’Echelon DNRED de Nantes– France
  • Michel RIBATET – Douanes françaises
  • Jean Pierre CAZET – Douanes françaises
  • Ernest WHILLEY – Chef du bureau consulaire français de Gibraltar
  • Olivier ARRIBE – Consul général de France en poste à Moncton (N.B.) au moment des faits.
  • Loïk HENNEKINNE – Ambassadeur de France à Ottawa au moment des faits.

 

  • Andrew COSMA – Solicitor Martin Murray & Associates – West Drayton – Middlesex UK
  • Les BENNETT – Solicitor Martin Murray & Associates – West Drayton – Middlesex UK

 

  • Graham TITMUSS – CustomOfficer – Londres (UK)
  • John HECTOR – Customofficer – Londres (UK)
  • Ian ANDERSON – Customofficer Chef du Département Cocaïne – Londres (UK)

 

  • David MAY –  DEA  –  Ambassade des Etats Unis d’Amérique  –  Paris – France

 

  • Fernando MUÑOZ –  SVA  (Servicio Viligencia Aduanera)  –  Algésiras – Espagne

 

La GRC, après l’arraisonnement du PACIFICO, avait vendu du matériel de bord avant de le vendre aux enchères. Le montant de plus d’un million de dollars avait permis de servir à diminuer les frais que la GRC avait engagés dans son enquête contre les « DIVITO » durant plus de 4 ans.

Réviser cette sentence, aurait seulement abouti à déclencher une cascade de révision sur la base de l’Entrapment et au remboursement du Pacifico.

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L’intime conviction des magistrats de la Cour d’assises spéciale a permis de prononcer les sentences des accusés dans cette affaire très, trop médiatisée pour que la sérénité ait pu s’installer dans cette salle d’assises durant ces 7 dernières semaines.

Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos: 6 ans

Frank Colin: 12 ans

Fabrice Alcaud: 6 ans

Pierre-Marc Dreyfus: 6 ans

François-Xavier Manchet: 5 ans

Ali Bouchareb: 18 ans

Michel Ristic, considéré comme l’homme de main d’Ali Bouchareb, a été acquitté.

Henri Bartolo, l’ancien gérant de discothèque, a été acquitté.

Comme je le soulignais voici quelques jours, des leçons vont-elles être tirés de cette affaire et une vigilance accrue sera-t-elle mise en place pour contrôler tous ces vols d’affaires?

Ça ne peut passer que par un renfort douanier. Puisse le DG Rodolphe Gintz en tenir compte!

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C’est le lieu qui a de quoi surprendre: la camionnette circulait sur une petite route de la vallée des Aldudes quand les douaniers l’ont arrêtée avec à son bord des valises de cannabis.

 

Une route peu fréquentée qui permet le passage entre l’Espagne et la France, à distance du péage de Birriatou.

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Il y a plusieurs mois, le Président Emmanuel Macron recevait en catimini Hashim Thaçi.

Pourtant nos services de renseignement ne devaient pas ignorer que Hashim Thaçi a été accusé d’avoir financé les activités de l’UCK en participant à un trafic d’héroïne et de cocaïne à destination de l’Europe de l’Ouest.

En juin 2003, il est brièvement arrêté à l' »Aéroport international de Budapest, sur la base d’un mandat d’arrêt international lancé par Belgrade, puis libéré après une intervention du ministère des Affaires étrangères français.

Comment penser que la DNRED n’ait pas suivi les activités de ce cher Hashim Thaci?

En 1993, Marc Fievet AKA NS 55 DNRED, avait transmis à Christian Gatard une liste d’armes à fournir à des belligérants du conflit des Balkans que lui avait passé Mario de Madrid, l’alias que Claudio Pasquale Locatelli utilisait à l’époque. Le règlement des armes devait être effectué en héroïne et il était prévu que les contacts italiens de Locatelli « transformeraient » alors cette drogue en Lires italiennes.

Christian Gatard avait reporté de semaine en semaine la réponse que Marc Fievet lui réclamait, pour finalement lui dire qu’il n’avait pas les bons contacts! A posteriori, il est difficile d’imaginer qu’il n’est pas filer l’info à la DGSE!

En septembre 1994, la DNRED, enfin débarrassé de cet emmerdeur de Fievet grâce au « chantier » que lui ont monté les autorités anglaises et canadiennes, Christian Gatard, contraint au silence, s’est tu et le DI Le Luarn, bien connu pour ses entourloupes, par l’ensemble des douaniers ne souffrant pas d’amnésie opportune, préféra dire qu’il n’était au courant de rien alors que Marc Fievet l’avait rencontré, en compagnie de Christian Gatard, au Concorde Lafayette en octobre 1993 pour préciser et finaliser l’arrivage des 10 tonnes de cocaïne sur la Corse. Des témoins, bien sûr, Hervé Maignier et Francis Geoffroy. Hervé a disparu et ne lui a jamais donné signe de vie et Francis a reçu l’ordre de ne plus jamais lui parler!

Incarcéré en Espagne, en Angleterre puis au Canada, Marc Fievet pensait encore que son retour en France permettrait sa libération…Mais non, à Bercy et à Montreuil, les pleutres énarques qui peuplent ces couloirs du pouvoir n’ont pas levé le petit doigt pour faire sortir Marc Fievet des geôles de la République française… Arguant tous du fait qu’ils ne pouvaient pas intervenir puisque l’affaire était jugée! Et en prime des J.A.P qui répétèrent jusqu’à l’extase qu’ils n’avaient pas les moyens techniques de faire sortir Marc Fievet de ce naufrage judiciaire!

Michel Charasse, lui, qui avait promu les actions d’infiltration au grand dam de Jean Dominique Comolli, a fait suivre tous les courriers que Fievet lui fit parvenir, sans s’émouvoir autrement puisque tous les « énarques conseillers » disaient que Marc Fievet s’était établi à son compte pour acheter plus de 5 tonnes de cocaïne. Ces « connards », seuls qualificatifs possible, pensent que son QI était si faible qu’il se serait alors employé à laisser le maximum de traces bancaires et administratives, traces qu’il accumulait pour confondre Locatelli et qui permirent alors, en écartant sa qualité d’infiltré méconnue, à la justice canadienne de lui filer « perpet' »!

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Pas de chance quand il revient enfin en France, c’est François Auvigne, le plus couard d’entre tous, qui vient d’être nommé DG de la Douane française qui ira jusqu’à refuser d’assurer la continuité du service de l’Etat en sommant Jean Puons, le boss de la DNRED de ne plus l’importuner avec le dossier Fievet.

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Pendant ce temps, les affaires continuent

Comme le Kosovo était devenu le trou noir de l’Europe, il a été facile d’organiser tous les trafics à partir de cette région, surtout que les dirigeants du pays semblaient être eux-mêmes impliqués dans ces trafics avec la complicité, au moins passive, des autorités otaniennes sur place.

Une probabilité non prouvée mais qui découle d’une simple déduction logique montrerait qu’il y a un lien entre l’immense base militaire étasunienne de Bondsteel et l’importation de l’héroïne en Europe.

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La collecte d’informations confidentielles recueillies à l’insu de tous est une pratique très ancienne qui pose des difficultés particulières à une démocratie censée agir en toute transparence…

Il faut distinguer dans le renseignement la collecte et l’exploitation. Une information ne devient du renseignement que lorsqu’elle est exploitée. Bien évidemment, la collecte de l’information est un art que nous pratiquons tous […]Notamment avec les outils numériques.

En revanche, nous ne pratiquons pas le renseignement, parce que nous ne l’exploitons pas à des fins stratégiques.

« Le secret a pour but de protéger l’État et nos sources » par Bernard Bajolet, ancien directeur de la DGSE

Témoignage d’un ancien agent du service de la DGSE

Le Renseignement intérieur

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Comment les services secrets sont-ils mis à contribution pour appuyer l’action de l’Etat ? Les missions des agents : collecte d’information, recrutement dans les pays sensibles, opérations de déstabilisation. Au nom de l’intérêt supérieur de la nation, tous les coups sont-ils permis ? En France, c’est la Direction générale des services extérieurs – la fameuse DGSE – qui est chargée de ces missions. Dans les années 90, la DGSE aurait recruté en ex-Yougoslavie un chef de guerre dont elle aurait financé les activités. Or, le Parlement européen lui impute de nombreux crimes de guerre. En 1988, une militante anti-apartheid a été assassinée en plein Paris. Plusieurs mercenaires français ont été mis en cause mais l’affaire n’a jamais été élucidée. Une enquête sur les jeux troubles des services secrets français.

 

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En France, 8 services s’occupent de recueillir des informations, auxquelles s’ajoutent les renseignements recueillis par l’OCRTIS, les GENDARMES…et les informations transmises par EUROPOL et le DEA !

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Sous la tutelle du ministère de la Justice et des libertés:

Le bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP)

Sous la tutelle du Ministère des Armées:

La direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), chargée de l’espionnage et du contre-espionnage à l’extérieur du territoire national

La direction du Renseignement militaire (DRM), chargée du renseignement tactique et stratégique sur les théâtres et futurs théâtres d’opérations de l’armée

La direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), chargée de la sécurité des installations et du personnel militaires

Sous la tutelle du ministère de l’Intérieur:

La direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), chargée du contre-espionnage et de la lutte antiterroriste

Le service central du renseignement territorial (SCRT)

Sous la tutelle du ministère de l’économie et des finances:

La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), chargée des enquêtes douanières et des mouvements de marchandises douteux

Le TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), chargé du renseignement sur les circuits financiers douteux et clandestins

La France dépense environ trois milliards par an pour ses services de renseignement

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Actuellement, en cette dernière semaine du procès « Air cocaïne », après le réquisitoire fleuve de l’avocat général Marc Gouton, les avocats des accusés vont tous se défoncer pour une issue la plus favorables possible pour tous.

Maitre Eric Dupond-Moretti, avocat de Pascal Fauret et Bruno Odos, a achevé sa plaidoirie par un: « Si vous n’acquittez pas ces deux hommes, c’est à désespérer de tout«  et Maitre Vey, d’ajouter à l’adresse de la cour: « Nous espérons que vous allez les acquitter  pas uniquement au bénéfice du doute , mais pour rétablir leur honneur, c’est important pour des militaires« .

Bravo! Effets de manche et trémolos dans la voix ont réussi à extirper des larmes des proches des pilotes…Mais en réalité, ce n’est pas le jugement qui sera prononcé contre tous ces hommes qui sera important. Pour l’exemple, peut-être, une fois encore, la justice massacrera des vies sans s’intéresser au laxisme des autorités en charge de la sécurité des Français et qui ne font pas le job.

La DNRED ne sait rien sur cette affaire ou ne souhaite pas s’exprimer et peut compter sur le mutisme professionnel de Corinne Cleostrate, l’OCRTIS, c’est pareil, d’ailleurs l’office a été dessaisi, les gendarmes ont fait ce qu’ils ont pu…et la DCRI, service pointu s’il en est un, ne sait pas non plus…Il est triste de constater que toutes ces agences de renseignements et d’enquêtes, filatures et autres écoutes en tous genres aient été incapables de fournir des éléments concrets aux magistrats de la cour d’assises spéciale.

Comment ces magistrats, professionnels du droit, certes, pourront-ils prononcer un jugement sur une affaire de narcotrafic avec une certitude absolue sans éléments de preuves irréfutables?

Comment…? Ah mais oui! Ce sera l’intime conviction!

Mais pensez-vous, lecteurs, que des leçons vont être tirés de cette affaire et qu’une vigilance accrue sera mise en place pour contrôler tous ces vols d’affaires? Que nenni! Bercy, actuellement est en train de casser la Douane en supprimant régulièrement des brigades et en diminuant les effectifs de celles encore maintenues.

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Bienvenue dans l’univers doré de l’aviation d’affaires! Prenons un exemple, à Cannes-Mandelieu, le manque de fonctionnaires est en tout cas criant.

Les trois douaniers en poste (contre cinq en 2012) doivent en priorité assurer un contrôle quotidien des bateaux qui arrivent au port de plaisance, situé à une vingtaine de minutes de l’aéroport. Résultat, le bureau des douanes est vide tous les jours de 10 heures à 16 heures. « Le type qui arrive avec des mallettes, il fait ce qu’il veut, résume Claude. Je dirais même que s’il s’intéresse un peu à notre fonctionnement, il sait exactement à quel moment il n’y a personne. »

Une note interne de la direction régionale des douanes confirme ce constat accablant.

Daté du 28 mars 2018, ce document, dont l’objet initial est d’évaluer l’impact futur du Brexit, relève que « l’effectif actuel de trois agents [à Cannes] n’est pas suffisant [et ne permet pas de] réaliser le moindre contrôle alors que l’on connaît la sensibilité de la Côte d’Azur pour certains trafics, notamment liés au blanchiment des capitaux ». Un effectif de douze agents, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui, « serait un minimum pour permettre une présence quotidienne », ajoute la note.

Gérald Darmanin, le ministre très réactif dés qu’il s’agit de se faire mousser des saisies douanières effectuées, est d’une discrétion absolue sur ce sujet.

Rodolphe Gintz, le DG de la Douane Française, qui est un twitteur confirmé, ne twitte pas à ce sujet et ne semble pas concerné par cette carence d’effectif. C’est Jérôme Fournel qui mène la danse et le démembrement!

Depuis quelques jours, des directives pleuvent sur DR et DI soumis et au panurgisme avéré, puisque suite au mouvement des douaniers, Rodolphe Gintz va jusqu’à faire surveiller les douaniers qui font des contrôles par des policiers avec l’aide de préfets de régions tout en donnant l’ordre de limiter les contrôles…Naturellement, avec la plus grande attention de Jérôme Fournel…Même qu’il y aurait eu des menaces de sanctions!

Sont-ils tous devenus fous et l’arrivage de la cocaïne et autres « marchandises »…sur l’hexagone ne semblent donc pas les émouvoir autrement ?

Pourtant l’aviation d’affaires est régulièrement dans le collimateur des renseignements, notamment pour le transport d’argent liquide aussi.

« Le passage de pognon en cash, malgré les transferts électroniques, ça reste une valeur sûre. Un avion privé, pour ça, c’est bonnard« , confirme un agent de la DNRED. Mais ce n’est pas tout. Selon un rapport d’Europol publié en 2011, y circulent aussi illégalement des « diamants, bijoux, drogue et armes à feu », et même des migrants, victimes du trafic d’êtres humains.

Interrogé en 2018, un porte-parole de la police européenne affirme que le phénomène est toujours en augmentation.

En France, tout baigne!

Ah! Mais bon sang, mais c’est bien sûr, j’avais oublié que désormais pour maintenir la fluidité de circulation des marchandises, la douane française a conçu une solution technologique innovante: la frontière intelligente.

Ouf, on est sauvé! Adieu BSI, BSE et autres SURV, l’avenir est dans la DATA!

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