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Les méthodes des «stups» dans le viseur de la justice

Une nouvelle affaire vient secouer l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), dont l’ancien patron, le commissaire François Thierry, a été mis en examen à Lyon en mars pour ses méthodes contestées dans la gestion des informateurs.

Pour ce service de la police nationale chargé de la lutte contre le trafic international de drogue, un nouveau front s’est ouvert en janvier à Marseille.

Selon les informations du Monde, la juge d’instruction Sandrine André s’intéresse aux relations d’un trafiquant, informateur inscrit au fichier des sources de l’office, avec son agent traitant, un capitaine de police.

En faisant géolocaliser un numéro de téléphone fourni par son indic, l’enquêteur a-t-il rendu possibles une expédition punitive en région parisienne et un enlèvement à Marseille, suivi d’une séquestration qui aurait pu se terminer beaucoup plus mal ? Placé en garde à vue le 17 janvier par l’Inspection générale de la police nationale, le gradé de l’Ocrtis se présente comme la victime d’une cabale de voyous et de Sofiane, son « tonton », comme les policiers nomment leurs indicateurs (tous les prénoms ont été modifiés).

Pourrait-on refiler l’enquête à la SNDJ pour éclaircir cette sombre histoire ?

LIRE

Et relire

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Il faut voir la vidéo (3′)!

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Aviseur International

Et qui nous prouve que les 7 tonnes de cannabis saisies Bd Exelmans ont bien été brûlées ?


L’absence du Boss de la DNRED lors de la venue de François Hollande accompagné de son fidèle Michel Sapin, le ministre des Finances, en lieu et place du Ministre du Budget Christian Eckert me rend perplexe.

Bien sûr Hélène Crocquevieille, la directrice générale des douanes, avait répondu présente.

Jean Paul Garcia n’a t-il pas refusé de cautionner cette visite qui n’était qu’un coup de pub récupéré par les «politiques» toujours prêts à se mettre en valeur!

M’interpelle aussi le fait que l’on est saisi une telle quantité de cannabis sans avoir pu arrêter les narcos. Il suffisait de planquer autour de ces véhicules…Mais là, la tâche était peut-être trop dure pour nos encagoulés douaniers.

Enfin la douane a refilé la continuation de l’enquête à l’OCTRIS… Alors tous les espoirs sont permis.

Que…

Voir l’article original 61 mots de plus

NARCOTRAFIC 🇪🇺 (Opération Dinero 🇺🇸): la DNRED 🇫🇷 savait-elle que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait aussi pour la DEA?

Publié: 14 avril 2019 par Marc Fievet dans AFRIQUE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, BAN, Canada, Cocaïne, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), HM Customs Excise (UK), INFOS, INTERPOL, Justice, MAFIA, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pays-Bas, Police, Saint-Martin, Santo Domingo, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, USA, Venezuela
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Celle concernant un homme connu historiquement, mêlé à l’assassinat de JFK, et la «main » de la CIALucien Conein qui avait, on vient de l’apprendre seulement, comme relation directe à Miami Carlos Hernandez Rumbaut, trafiquant notoire, mêlé aux exilés cubains de Miami. « Le monde de la drogue qui supprime les stupéfiants !!! les intermédiaires sont appelés à contrôler les transactions, et d’ énormes sommes d’argent sont manipulées par un manque total de scrupules entraînant de la corruption ou en caressant dans le sens du poil celui qui fait obstacle aux transactions. Il n’est pas étonnant que le gouvernement, et les responsables des stupéfiants se tournent si souvent comme assistance vers des figures aussi détestables que le commerce lui-même. Un argument pourrait être opposé comme quoi un autre type de personne pourrait en toute sécurité fonctionner efficacement dans un tel environnement. Mais comme un homme est affecté par la société qu’il entretient, ici ce sont des fonctionnaires et leurs responsables qui se retrouvent retournés par les informateurs qu’ils emploient. L’histoire de Carlos Hernandez Rumbaut, un des « Deacon « un informateur, montre jusqu’à quel point une telle alliance peut aller ».

Nota les « Deacon »  étant les infiltrés choisis par Richard Helms en personne, le directeur de la CIA, à l’époque comme l’écrivent, page 28, Peter Dale Scott et Jonathan Marshall dans « Cocaine Politics: Drugs, Armies, and the CIA in Central America ». Rumbault avait été recruté en 1969 après avoir été pris à trafiquer à Mobile, en Alabama, avec 467 livres de marijuana.  Il était plus tard devenu le garde du corps du président costaricain José Figueres Ferrer.  Installé à Mexico, Rumbaut sera payé 1400 dollars la semaine, par la DEA, comme informateur.

Pour Marc Fievet aucun doute :  Rumbautl travaillait bien pour la CIA !

SOURCE

David May, l’attaché du DEA à Paris en 1994, au cours des nombreuses réunions de travail en compagnie des douaniers Christian Gatard, Jo LeSquert et Hervé Maignier de l’échelon DNRED de Nantes, oubliera de préciser que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait pour eux.

 

Pourtant, les 100 000 dollars que Carlos Hernandez Rumbaut avait prêté à Claudio Pasquale Locatelli pour finaliser la préparation du M/Y Poseidon sortaient directement de l’ambassade des Etats-Unis à Madrid.

 

Photo prise par le BAN (Douane française)

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Pour information

Dans les quelques 3 000 pages que le gendarme Fournier a donné à Marc Fievet, seules preuves auxquelles il eut accès, il s’avère qu’il n’y avait aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandes Rumbaut en place à Montréal au moment des faits.
Marc Fievet a eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, il a pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.

Marc Fievet précise que:
Le mercredi vingt-deux octobre 1997, les gendarmes Degresley et Fournier sont venus me rendre visite au pénitencier de Springhill en Nouvelle Ecosse et m’ont rapporté une partie de mon dossier de défense. Le reste sous quinzaine me diront-ils Degresley me demande d’agir sur le capitaine du Pacifico, Jürgen Kirchhoff, détenu dans le même établissement pour qu’il supprime son appel. J’accepte, pour que personne ne se méprenne sur mon appartenance à la DNRED.
A ma demande, Jürgen Kirchhoff, le capitaine propriétaire du cargo Pacifico se désistera, pourtant les avocats de Kirchhoff étaient sûrs de faire casser le jugement de la saisie du M/S Pacifico qui étant illégale reste illégale.
La « légalisation » de la saisie du M /V Pacifico en Eaux Internationales n’avait pu intervenir qu’en utilisant la seule jurisprudence créée par la saisie en haute mer du M/V Poseidon, décrétée légale par le juge Devonshire dans le jugement de Mills.
La GRC a déjà récupéré le montant de la vente du Pacifico, obtenue après dessaisissement du juge Alex Deschenes qui ne voulait pas légaliser cet acte de piraterie. Pourquoi se compliquer la vie, ici au Canada, comme ailleurs, quand un juge ne veut pas enfreindre la loi, il suffit d’en changer! Le nouveau juge canadien Roger McIntyre se verra offrir un voyage à Londres pour rencontrer le juge Devonshire pour conforter la décision qu’il doit prendre et demander au juge Devonshire d’ajouter dans le jugement de Mills, le narco anglais condamné pour la saisie « légale » en haute mer du Poseidon afin que cette dernière soit utilisée comme jurisprudence. La « pression » qu’il a de la GRC est très forte puisque le fils du juge Roger McIntyre est poursuivi par la GRC pour trafic de stupéfiant.
Pour récompenser la docilité et la soumission de ce juge acceptant la collusion, les poursuites contre le fils du juge McIntyre seront abandonnées.

Le Narco trafiquant Carlos Hernandez-Reumbeaut, toujours incarcéré à Renous, plaide non coupable sur les charges sur lesquelles, moi Marc Fiévet, l’agent infiltré, j’ai dû plaider coupable. Il ne craint plus qu’un seul témoignage: mon témoignage. Les Autorités canadiennes, par le sergent Degresley et le gendarme Fournier, m’informent que Carlos Hernandez-Reumbeaut a émis des menaces de mort sur ma famille si  je me décidais à témoigner contre lui.

Ils utiliseront le service de sécurité de la prison de Springhill, N.S, pour me faire parvenir ces menaces. Ces menaces seront également transmises à l’ambassade de France d’Ottawa, Ambassadeur Loïc Hennekinne[1] et aux Douanes françaises.
Le consul général de France à Moncton, Monsieur Olivier Arribe me confirme ces menaces et me dit lors d’une visite, que ces menaces ont été prises très au sérieux par les Autorités françaises.

[1] En 2000, par courrier, le secrétaire général du Quai d’Orsay qu’est devenu Loîck Hennekinne, me dira qu’il n’avait plus souvenir des menaces transmises par les gendarmes canadiens…

[1]  Mills: Narco anglais impliqué dans l’affaire Poseidon

Carlos Hernandes Rumbaut acquitté….

Carlos Hernandes Rumbaut, le présumé co-dirigeant d’un complot pour importer 5,5 tonnes de cocaïne au Canada, qui a été acquitté lundi à Bathurst, est en route pour Montréal où Immigration Canada décidera de son sort. L’avocat de Carlos Rumbaut, Scott Fowler, a indiqué à Radio-Canada que les autorités avaient placé son client dans un avion lundi soir à Moncton sans que celui-ci puisse le contacter. L’homme a cependant été pris d’un malaise à bord de l’appareil et les autorités ont dû opter de faire le trajet jusqu’à Montréal en automobile. Rumbaut n’a pas été libéré immédiatement après son acquittement car Immigration Canada affirme qu’il est techniquement au pays illégalement.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/16/16662.htm

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Redécouverte d’une vieille connaissance au passage

A feuilleter les témoignages de l’époque, on a de quoi parfois se dire que c’est une histoire sans fin ce trafic, et que la quête au super-trafiquant passe parfois par de bien étranges pratiques.

Car à ma grande surprise, au détour du compte-rendu de l’opération Ballena Blanca en date du 13 mars 2010 (le raid de la police datant de 2005 on le rappelle), il y a donc dix années, voici ce que j’ai trouvé comme nom bien connu cité : « l’opération Ballena Blanca a été découverte en mars 2005 avec l’arrestation de cinquante personnes de nationalités différentes pour leur implication présumée dans un réseau qui aurait blanchi à Marbella plus de 250 millions d’euros et dont les ressources ont été mobilisées par 350 millions de personnes. et plus de 250 fermes.  La vérité est que, parmi toutes les accusations portées, la plupart ont été démis de leurs fonctions et 19 seulement ont été condamnés à des peines allant de trois ans d’emprisonnement à 15 ans d’emprisonnement pour le principal impliqué, Fernando del Valle. Différents accusés liés au cabinet d’avocats Fernando del Valle de Marbella seront assis sur le siège. Le bureau du procureur anticorruption accuse cet avocat, ses employés et ses clients de former un réseau de sociétés de criblage pour blanchir de l’argent obtenu illégalement et cacher les véritables propriétaires de cet héritage. Le ministère public estime que les fonds prétendument blanchis et placés dans un lieu sûr dans des paradis fiscaux s’élèvent à 12 millions d’euros.  

Le trafiquant franco-algérien Sofiane Hambli (ici à droite), qui siégera sur le banc, fait partie des clients de Del Valle. Del Valle fait face à une demande fiscale de 15 ans de prison et une amende de 37 millions d’euros ». Le même Hambli  écopera en 2011 de trois années de prison.  Oui, vous avez bien lu : en 2005, déjà, on avait repéré comme accusé d’un trafic en Espagne « l’un des plus grands trafiquants français de haschich du xxie siècle » selon Wikipedia qui le présente ainsi : « en juin 1997, alors âgé de 22 ans, Sofiane Hambli est l’un des principaux revendeurs d’un réseau fournissant en haschisch marocain la région alsacienne, il échappe aux gendarmes lors de l’opération « Paco68 » et se réfugie en Espagne. Il s’installe alors dans la ville andalouse de Marbella, circule en voitures de luxe et investit dans l’immobilier ».  

Voilà un jeune homme qui a démarré tôt dans le « métier » !!!  Arrêté en Espagne en 2002 et extradé en France, pour y être incarcéré, il avait vu sa peine bizarrement passer de 8 à 5 ans… pour ne même pas en profiter vraiment, puisqu’il avait réussi à s’évader l’année suivante de sa prison de Metz, pour être finalement repris en 2006… et pour en ressortir dès l’année suivante « ayant purgé sa peine de cinq ans » (?) selon sa biographie… puis de nouveau repartir en Espagne, et se refaire pincer en 2009 à…  à Puerto Banus !!!  Sidérant parcours !  Voilà un homme qui a de la suite dans les idées, en tout cas.  Ou la même obsession pour le même « métier » !!!

Tout une suite d’étranges arrestations-libération qui laissent plutôt pantois….

Le reste vous le savez, je suppose :  c’est lui qui est cité dans une drôle d’affaire d’informateur (c’est lui bien sûr) qui mouille depuis des mois maintenant François Thierry, le patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis).

Et quand je dis « mouiller » c’est une grosse fuite d’eau (ou de coke liquide ?) qui s’est répandue depuis, une affaire dont le blog de Marc Fievet (dont je ne saurais trop vous recommander la lecture) nous tient au courant régulièrement, car cela fait des années qu’il décrit ces manœuvres tortueuses qui ne sont pas à l’honneur de la République.

On a retrouvé par exemple dans les contacts de Thierry le fameux Chacal, celui des… GAL, on y revient (9) ! Mais Pour en rajouter encore, il faut savoir que malgré le fait qu’il ait été condamné en Espagne, il était bien revenu en France, pour se prendre treize années de prison, mais n’en faire…  que trois à Nancy (de 2011 à 2014 !!!) et se voir accorder le reste en semi-liberté en région parisienne.  Cerise sur le gâteau, son avocate d’alors s’appelait Anne-Claire Viethel, qui n’est autre que la femme de François Thierry…  Il ne fera en fait qu’un an de semi-liberté et s’est retrouvé libre en 2015  !!!  A part ça, il y en aurait encore pour dire que notre dealer ne serait pas informateur… Comme l’avait finement remarqué l’ami Fievet, quand le président François Hollande avait visité les locaux et qu’on lui avait montré les tonnes de hasch saisies en plein Paris… devant l’adresse de chez Hambli, il était bien le seul à sourire.  Tout le service derrière était livide.  La « découverte » des camionnettes de hasch (sept tonnes d’un coup !) fichant en l’air une opération douteuse de plusfaçon Thierry !  Hambli a été de nouveau arrêté en novembre 2018 dans un fast-food de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), alors que sous contrôle judiciaire, il n’avait pas le droit de quitter son luxueux appartement de Paris (avec piscine intérieure, c’est la photo du début de ce chapitre) !!!  Chez lui ça fait donc 22 ans que ça dure… dont au moins 12 au service de la police :  il est inscrit depuis 2007 au Bureau central des sources (BCS) qui gère les indicateurs !!!  Aurait-on trouvé un deuxième Neyret ?

SOURCE

(9) « Sa véritable identité est un des secrets les mieux gardés de la République. À la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) comme à la direction des enquêtes douanières, la plupart de ceux qui ont travaillé avec lui connaissent uniquement son surnom » explique Emmanuel Fansten. Il sait que le « Chacal » est né en 1952, d’origine algérienne, et a un faux nom : Alain David Benhamou.

Après avoir « fait ses armes à Cannes », il apparaît « dans les radars du crime organisé » dans les années 1980 avant de réussir à rejoindre l’Etat espagnol.  « En échange de leurs services, le Chacal et ses associés sont autorisés à organiser le trafic de drogue autour de Marbella, nouvelle capitale européenne de la came. La fin de la « guerre sale » et la disparition des GAL vont ouvrir une période de prospérité sur la Costa del Sol, où de nombreux truands français ont trouvé refuge » écrit Emmanuel Fansten. Avant d’indiquer que, dans les années 1990, le Chacal sera « recruté » par la Police judiciaire de Bordeaux, « redirigé » vers la Direction des enquêtes douanières puis vers le Siat, « la cellule qui chapeaute l’ensemble des indics et gère les infiltrés ».

Marc en sait beaucoup, sur le « Chacal »… je ne saurais que trop vous recommander la lecture de son blog.

LIRE plus: Le Chacal au service des services

Revoir le Trombinoscope des années 90: NARCOTRAFIC (Costa del Sol – GAL, Policia, Guardia civil): le trombinoscope des années 90

 

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En 2015, Sofiane Hambli avait été remis en liberté par la juge d’application des peines de Nancy après avoir purgé cinq ans de peine et réglé une amende douanière de 2 millions d’euros, car – grâce au travail de son avocate – il bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle. Il habite boulevard Exelmans dans un appartement-terrasse de 300 m2 avec piscine intérieure.

Faudra m’expliquer comment cette amende douanière a été réglée…D’où venait les fonds et pourquoi le TRACFIN n’ a pas cherché plus loin!    Marc Fievet

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Le superflic et le baron de la drogue

Série noire

Le premier était le grand patron des stups ; le second, un baron du cannabis. Six années durant, François Thierry et Sofiane Hambli ont travaillé ensemble dans le plus grand secret. Ils se voyaient, se respectaient, se manipulaient aussi. Olivier Bouchara a remonté le fil d’une relation toxique qui a fini par les faire plonger.

Ça commence­ par des images étranges, presque irréelles. Ce dimanche soir d’octobre  2015, François Hollande appa­raît en direct sur les chaînes d’information devant des dizaines de ballots de cannabis. Le président rajuste sa cravate, traverse un entrepôt mal éclairé, ­félicite de grands gaillards cagoulés devant les caméras : « Bravo pour votre courage, bravo  ! » La veille, ces agents des douanes ont saisi sept tonnes de haschich dissimulées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, aux confins du XVIe arrondissement de Paris. « La plus grande prise depuis longtemps », souligne le chef de l’État avec fierté, vantant une opération menée « sans mettre en danger la population du quartier, et alors que l’on savait qu’une organisation criminelle pouvait intervenir à tout moment ». Le visage fermé, il évoque même des liens avec des groupes « terroristes ». Avant de conclure, solennel : « Cette saisie, je l’espère, va leur porter un coup fatal. » À cet instant devant la télévision de son bureau, seul François Thierry, le grand patron des stups, sait à quel point le président raconte n’importe quoi. Mais il est encore loin d’imaginer que le « coup fatal » sera porté contre lui.

Une semaine plus tard, Le Parisien révèle l’imposture : l’opération saluée par l’Élysée était bidon. Zéro danger dans les parages, aucune organisation criminelle à proximité, encore moins de cellule terroriste. La drogue se trouvait en réalité sous le contrôle d’un sulfureux informateur de police­, plus précisément des « stups », le service rival des douanes. L’indic  ? « Un homme de 39 ans, originaire de Mulhouse, condamné à treize ans de prison en 2011 », précise l’­article. Son identité n’est pas divulguée, mais les initiés ont reconnu Sofiane Hambli, alias « la chimère », une légende du trafic de shit en Europe. Un garçon aussi rusé que violent, dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions d’euros. « Tout simplement le numéro 1 », écrit Jérôme Pierrat, spécialiste du grand banditisme et auteur de Parrains de cités (éditions La Manufacture de livres, 2014), le Who’s Who des gros bonnets.

Le vendredi suivant, le journaliste du Parisien qui a sorti le scoop déjeune avec un vieil ami pénaliste, Joseph Cohen-Sabban, dans une brasserie de la place Dauphine. L’avocat revient d’un séjour à Bali et il a raté cette incroyable histoire de saisie en plein Paris. Il hallucine : ainsi donc, un caïd travaillait en douce pour la police…

À la fin du repas, il consulte son Iphone. Message d’un collaborateur : « Jo, reviens vite au cabinet ! Y a du lourd dans la salle d’attente. »

Sofiane Hambli a débarqué quelques minutes plus tôt, flanqué d’un homme de main. 1 mètre 75, crâne rasé, tout en muscles et en tension. Il est visiblement nerveux, peine à tenir en place. Ses trois téléphones vibrent sans arrêt. Depuis la parution de l’article révélant son double jeu, il ne cesse de recevoir des menaces. Il doit rapidement se mettre à l’abri à l’étranger avec sa famille. En attendant, il a besoin d’un avocat. Cohen-Sabban est flatté, mais il hésite. À 61 ans, il a défendu les plus beaux gangsters, braqueurs, parrains marseillais, narcos colombiens, mafieux italiens… mais jamais de « balances ». Il en va de la réputation de son cabinet, un petit bijou situé à deux pas de la place de l’Étoile. Si ses clients venaient à l’apprendre, ils pourraient se sentir trahis. En plus, Hambli ne refilait pas exactement des tuyaux aux agents des stups : il était devenu l’informateur préféré du plus puissant d’entre eux, François Thierry. « Pourquoi moi ? finit par demander le ténor du barreau.

Parce que vous êtes le meilleur et que vous allez me sortir de ce piège. »

Le seigneur du cannabis et l’empereur de la lutte antistups. Deux cerveaux, deux caractères, deux accros à l’adrénaline et au succès. Durant des années, ces deux surdoués que tout opposait ont travaillé ensemble dans le plus grand secret. Ils se voyaient, se respectaient, se manipulaient aussi, dans un clair-obscur où les frontières entre le juste et le légal finissaient par s’estomper. Ils s’étaient associés autour d’intérêts réciproques. Ils allaient tomber ensemble après avoir monté des dizaines d’opérations, au terme d’une aventure devenue dangereuse et incontrôlable.

« Vous avez Signal ? m’a-t-on demandé dès le début de cette enquête. Ce serait mieux pour communiquer. » Signal : une messagerie chiffrée où les écrits s’effacent au bout de quelques secondes. Tous me posaient la même question : anciens voyous, policiers, sources proches du dossier, comme on dit pudiquement. Ils étaient d’accord pour me rencontrer, raconter ce qu’ils avaient vu ou vécu, mais sans apparaître à visage découvert. Il m’incomberait ensuite de recouper avec les pièces et témoignages dont je disposais. J’ai installé Signal sur mon téléphone et ce récit a commencé.

Le 18 octobre 2015, le président François Hollande vient féliciter les agents des douanes au lendemain de la saisie de sept tonnes de cannabis à Paris (crédits : PIERRE CONSTANT/AFP)

Audiard après la khâgne

À l’automne 2009, François Thierry apprend que Sofiane Hambli déprime sec dans sa prison de Séville. « Celui-là est mûr. Tu peux le retourner », lui a glissé un informateur. Hambli l’insaisissable, un enfant d’immigrés algériens devenu la star des dealers, un trompe-la-mort qui s’est jadis évadé en sautant sur une moto lors d’un transfert à l’hôpital, un intrépide prêt à tout pour ne pas retourner au trou, y compris tirer sur la police espagnole, cet Hambli-là est sur le point de craquer. Il a été interpellé six mois plus tôt dans une marina de la Costa del Sol au moment où il bouclait l’achat d’un yacht de trente-sept mètres. La fête est finie. À 34 ans, il n’est pas près de revoir les nuits de Marbella, ses villas avec piscine, ce coupé Mercedes imma­triculé en son honneur « Rise Man ». Il s’apprête à purger une peine de dix-huit années de prison et, vu son pedigree, il aura du mal à obtenir une permission, ne serait-ce que pour embrasser son petit garçon.

François Thierry a fait le chemin jusqu’en Andalousie pour le rencontrer. À 41 ans, le policier dirige le prestigieux service des infiltrés, en attendant de prendre la tête de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Il a une dégaine d’acteur qui renforce sa réputation de séducteur : des yeux bleu azur, un bon mètre quatre-vingt-dix, une gouaille à la Audiard servie par une culture d’ancien khâgneux. Il les tombe toutes, avocates, magistrates, et même cette actrice qui le poursuit quand il est en filature. Derrière la vitre sécurisée du parloir, il présente son plan au détenu : ce qui l’intéresse, c’est le fonctionnement du marché. Qui paie qui ? Par quels circuits ­occultes transite l’argent ? Comment la marchandise s’implante-t-elle dans les cités ? « Si tu bosses pour moi, je saurai ne pas être ingrat. » Hambli esquisse un sourire : « OK, je vais réfléchir à ta proposition. » Il n’ignore rien du système et, pour le prouver, il cite les noms de deux indics parmi les trafiquants de premier rang : « Je sais que vous avez bossé avec eux et que ça s’est plutôt bien passé… »

Le deuxième entretien a lieu peu de temps après. Thierry veut tester le détenu. Il a préparé une liste de questions dont il connaît les réponses. L’autre réplique sur le ton de l’évidence, l’air de dire : « On va jouer aux cons encore longtemps ? » Le commissaire aborde alors une affaire de blanchiment sur laquelle il planche depuis des mois. Soudain, le déluge, une digue a lâché. Hambli parle vite, sans filtre, ça fuse dans tous les sens. Thierry remplit ses petits carnets noirs. Il relance, demande des précisions, des noms. À la fin de la discussion, il marche sur l’eau.

Si tout ce que dit ce garçon est vrai, le commissaire vient de dénicher la perle rare. Pas comme ces informateurs habituels, une cohorte de patrons de boîtes interlopes, de concierges étriqués et d’agents immobiliers crapoteux. Sans parler « des mythomanes qui regardent deux documentaires sur Verdun et vous font croire qu’ils étaient dans les tranchées », aime raconter Thierry. Lui, il faudra le traiter avec égards. D’ailleurs, quand Hambli a demandé un avocat discret en France pour suivre la procédure d’extradition, le policier a aussitôt transmis une liste de trois-quatre noms, dont celui d’une jeune spécialiste en droit immobilier. « Je ne voulais pas d’un grand pénaliste qui risquait de parler à ses clients », dira le trafiquant aux juges. Thierry-les-yeux-bleus, lui, a juste « omis » de préciser qu’il avait eu une histoire avec l’avocate choisie. Et qu’il continuait à la voir de temps à autre…

Début 2010, les premiers résultats sont encourageants. Grâce à son informateur secret en Espagne, les stups parviennent à démanteler plusieurs réseaux. Pas des pointures mais des profils intéressants. L’office, qui ronronnait depuis des années, retrouve le goût de l’action. Le nouveau patron a tant d’énergie. Il a jadis mené des opérations d’infiltration dans la jungle colombienne, arraisonné des voiliers remplis de cocaïne aux Antilles, négocié des rançons avec des chefs de gangs dominicains. Ses discours galvanisent la soixantaine d’agents. « Il faut taper plus haut, viser les têtes de réseau », martèle-t-il. Dans son esprit, les stups doivent se démarquer des douaniers en cessant d’être obsédés par les saisies. Interpeller un chauffeur polonais de poids lourd avec deux, trois ou cinq tonnes de résine, c’est bon pour les statistiques, mais ça ne change rien au fond du problème : selon les études du ministère de la santé, il s’écoule au moins quatre cent cinquante tonnes de cannabis en France par an, des centaines de milliers d’accros en consomment chaque jour, des millions une fois par semaine. « Qu’on le veuille ou non, la marchandise continuera à passer », répète Thierry à ses équipes. La seule manière de mettre un coup d’arrêt au trafic, c’est de faire tomber les cerveaux. Et pour ça, il a un plan.

François Thierry lors d’une conférence de presse en décembre 2012 (crédits : PATRICK KOVARIK / AFP)

L’Iliade et le cannabis

Nom de code : « Myrmidon ». Il a eu cette idée en songeant à l’unité de fantassins de l’armée athénienne qui, dans L’Iliade, pouvait à elle seule renverser le cours d’une bataille. Le principe ? On identifie les camions remplis de cannabis au départ du Maroc, on les laisse tranquillement traverser les frontières, puis on surveille de près le déchargement. Une fois les grossistes identifiés, on leur tombe dessus au petit matin. Pas d’intervention en flagrant délit, donc. Mais une stratégie de long terme destinée à remonter au sommet des filières. Si les caïds ont l’impression d’acheminer leur came sans encombre, tant mieux : ils finiront par relâcher leur attention. « On ne construit pas seulement un cheval de Troie, détaille François Thierry à ses troupes. On donne à nos ennemis l’envie de le faire entrer dans la ville. »

Durant des mois, le commissaire va exposer cette nouvelle stratégie aux autorités judiciaires. Les magistrats ne ­comprennent pas toujours le sens des références à la Grèce antique pour parler haschisch, mais ce policier a la foi. À la chancellerie, au parquet de Paris, au ministère de l’intérieur, partout il déroule l’histoire des Myrmidons selon Homère, parle de cette guerre qu’il faut mener pour la jeunesse, de ces cités gangrenées par le trafic et les règlements de comptes. Il est temps de s’attaquer à la racine du problème, bouillonne-t-il. Certains juges, piqués au vif, lui demandent comment il compte bien s’y prendre pour repérer les fourgons au départ de Tanger, vu la faible coopération des policiers marocains. « Vous avez raison, répond-il. Il faut un informateur béton chez les trafiquants. Et nous en avons un. »

En janvier 2011, Sofiane Hambli est extradé d’Espagne pour purger sa peine en France. Le voilà placé à la prison de Nancy-Maxéville, dans la région où il a grandi. Ici, il se sent comme chez lui. Quand il était incarcéré pour trafic de stupéfiants près de Metz en 2002, il continuait à mener ses affaires de sa cellule à la manière d’un trader. Il achetait, vendait, prenait des positions sur le cours du cannabis dans le Rif en utilisant jusqu’à quatorze lignes téléphoniques. La seule chose qu’il ignorait, c’est qu’elles étaient toutes sur écoute. Un jour, il s’inquiétait de la qualité auprès d’un fournisseur marocain ; un autre, il menaçait un rival d’aller lui « trouer les genoux à coups de perceuse », puis de le découper lui-même avec ses mains dès sa sortie de prison. Le lendemain, il conseillait à son lieutenant d’arrêter de parler de « ces choses » au téléphone, « on risque de se brûler ».

Le temps a passé et désormais, il se tient à carreau. C’est un détenu modèle qui fait des pompes et regarde des séries. Les gardiens sont étonnés de le voir régulièrement au parloir en compagnie du grand patron des stups venu de Paris, mais personne ne moufte. Thierry annonce qu’il a rendez-vous avec « Pépère » ou « l’autre pensionnaire », et chacun comprend. Ensemble, ils passent de longues après-midi à faire et refaire le panorama du marché, des dernières trahisons aux rumeurs de livraisons. « On dit que ces mecs-là ont réussi à faire rentrer un camion, tu confirmes ? » Il lui demande aussi de sous-titrer les conversations sibyllines entre dealers que ses équipes ont interceptées. Hambli donne des réponses. Il lui arrive aussi de faire mine de ne pas savoir. Ou de tester le policier : « Je te dis un truc, mais si tu tapes maintenant, ça me grille.

– Ben dis-le moi et tu verras bien. »

Au fil du temps, les deux hommes apprennent à se connaître. Ils se jaugent, se reniflent, jouent à chercher leurs limites. « Tu as entendu parler de ce logiciel de cryptage ? » demande Hambli. « Moi, je ne suis pas un spécialiste, mais j’ai des gars qui sont des dieux du truc », bluffe Thierry. Leur relation se tisse dans l’intérêt et la méfiance. Le policier multiplie les coups de filet pendant que le prisonnier obtient de menus arrangements, une autorisation de parloir pour sa sœur, moins de fouilles en cellule… Thierry respecte sa parole. Peu avant le procès en appel, il va plaider la cause de l’informateur auprès du parquet. « On ne va pas passer de dix-huit à cinq ans de prison, mais on vous a bien écouté », s’entend-il répondre. En avril 2011, la cour d’appel de Colmar ramène la peine à treize ans. Premiers signes de reconnaissance. S’il continue ainsi, Pépère obtiendra peut-être la fameuse « réduction de peine exceptionnelle » prévue par le code de procédure pénale pour les repentis les plus coopératifs.

Son avocate y croit. Le commissaire aussi. Hambli est alors à mille lieues de se douter que ses deux protecteurs sont désormais ensemble. Thierry a quitté sa belle actrice pour s’installer avec la juriste. Leur histoire est soudain devenue sérieuse. Ils attendent un bébé et songent à se marier. Mais ils n’en parlent à personne. Aux stups, on ignore tout de la vie privée du patron et ce mélange des genres ne serait pas du meilleur effet. Le policier sent bien que cette affaire est en train de devenir un piège pour lui aussi, mais il ne peut plus faire machine arrière. Pour apaiser ses inquiétudes, il se dit que sa compagne défendra Hambli jusqu’à sa sortie de prison puis qu’elle arrêtera le pénal. Elle reviendra alors au droit immobilier ni vue ni connue. Du moins, c’est le plan…

François Thierry, alors grand patron des stups, lors d’une conférence de presse en 2011 (crédits : PIERRE VERDI/AFP)

Garde à vue fantôme

À partir de 2012, la relation entre le flic et l’indic s’intensifie. Thierry place la barre de plus en plus haut. Il lui demande maintenant de balancer ses anciens associés, des amis d’enfance. Hambli réclame « un peu de temps ». « C’est toi qui décides, je ne te mets pas le couteau sous la gorge », répète le policier. Pour patienter, il a une idée : l’indic va l’aider à surveiller une livraison sur la Costa del Sol en passant des coups de fil auprès de ses contacts marocains. Mais comment téléphoner jour et nuit d’une cellule sans éveiller l’attention ? Là encore, Thierry a pensé à tout : il s’est arrangé avec le parquet pour sortir Hambli le temps d’une fausse garde à vue, comme s’il allait être interrogé dans le cadre d’une vraie affaire. Le 3 avril, voici donc le détenu menotté à l’arrière d’un véhi­cule de police en route pour Nanterre, à deux pas de l’Ocrtis. Une chambre a été réservée au Mercure. Il a trois jours et trois nuits pour accomplir sa mission. Au départ, tout se passe comme prévu. Mais au bout de quarante-huit heures, pour respecter un minimum la procédure, il faut le présenter à un juge des libertés et de la détention (JLD) afin de prolonger la garde à vue de vingt-quatre heures. Pas de chance : le magistrat de permanence n’a aucune envie de participer à un simulacre. Il faut trouver d’urgence un JLD plus conciliant. Coups de fil, discussions avec le parquet. En voici un. « Alors, M. Hambli, votre garde à vue se passe bien ? » demande-t-il pour la forme avant de signer les papiers.

Hambli n’en revient pas. Si magistrats et policiers peuvent ainsi jouer avec la loi, il vaut mieux répondre à leurs demandes. Les mois suivant la garde à vue fantôme, ses vieux complices tombent les uns après les autres, à l’image de Djamel Talhi, alias « Johnny Depp » pour sa ressemblance avec le pirate des ­Caraïbes. Il jouissait tran­quillement de sa fortune à Londres depuis des années et les stups désespéraient de le coincer. Son arrestation renforce la stature du commissaire. On le regarde désormais avec crainte et admiration. De Genève à Madrid, il est invité à exposer ses méthodes. Même les magistrats jadis circonspects doivent le reconnaître : jamais la police n’a arrêté autant de trafiquants. « Je ne connais pas de stratégie plus efficace pour lutter contre le cannabis dans les cités », lui glisse l’un d’eux. Seuls les douaniers laissent percer des signes d’agacement : plus leurs rivaux font tomber des réseaux, moins ils saisissent de drogue. Et moins ils touchent de primes. Ce qui commence à poser problème, dans la mesure où leur salaire dépend aussi des prises.

À l’automne 2012, Sofiane Hambli passe en toute discrétion devant un tribunal composé de trois juges d’application des peines. Son dossier comporte un long courrier de soutien signé François Thierry : « Le nombre d’affaires réalisées grâce à lui témoigne de son efficacité et de son opiniâtreté, l’intéressé n’ayant jamais tenté de manipuler ses agents traitants ou de détourner cette collaboration dans un but personnel », écrit-il. L’avocate réclame une réduction de peine exceptionnelle. Accordée. Hambli devait faire dix-huit ans de prison lors de son arrestation près de Malaga en 2009. Il sera libéré fin 2014, au bout d’à peine quatre ans et demi.

La mission de trop

Les grands flics le savent : il arrive toujours un moment où l’indic peut leur claquer entre les doigts parce qu’il a envie de changer de vie. En général, c’est quand il sort de prison. Il faut alors le laisser filer, ne serait-ce que pour éviter de décourager les vocations. François Thierry n’a pas oublié cet informateur qui a tout plaqué pour élever des pur-sang dans le Nevada. « Grand bien te fasse, lui a-t-il dit, limite compréhensif. Mais si je te revois en train de négocier une tonne, tout ce que tu auras fait pour moi dans le passé n’aura plus aucune importance. »

Dehors, Hambli reçoit la visite du policier. Ils se voient d’abord au café, mais l’ancien détenu parle trop fort ; il vaut mieux se retrouver dans l’anonymat de la rue, du côté de la porte Maillot ou de la gare de Lyon. Thierry veut le convaincre d’accepter une dernière mission. Ensuite, c’est promis, il le laissera tranquille. Il l’aidera même à disparaître à l’étranger, en Amérique du Sud ou en Asie. Mais avant cela, il rêve de faire tomber une légende du trafic planquée en Algérie : Moufid Bouchibi. Un ancien ami de Hambli devenu son ennemi juré. Le plan est déjà prêt : Bouchibi a perdu deux camions en Espagne fin 2014 et il doit recruter une nouvelle équipe de convoyeurs. Rusé comme il est, Hambli pourrait s’arranger pour faire embaucher des amis. Et glisser parmi eux des policiers infiltrés. « OK, répond-il. Mais après, c’est fini. »

Se joue alors une partie d’illusionnistes entre les deux hommes. Thierry lui fait croire qu’il le surveille en permanence, même s’il n’en a évidemment pas les moyens : « Tiens, c’était qui le mec à moto avec toi l’autre jour ? » lui glisse-t-il. Hambli, lui, doit se comporter comme s’il était de retour aux affaires. Dans ce milieu où il faut en mettre plein la vue pour montrer qui est le boss, il loue un duplex de 300 mètres carrés avec piscine intérieure près de la porte d’Auteuil, dépense des fortunes chez Louis Vuitton ou Dolce & Gabbana, multiplie les voyages aux Pays-Bas et en Belgique… En profite-t-il pour mener son propre business ? Personne ne connaît la vérité – et personne n’a envie de la connaître. Hambli a besoin d’être crédible pour réussir l’opération : il rend peut-être des services à des voyous, se dit Thierry, mais il ne trafique pas comme avant. Dès le mois de mars 2015, des rumeurs laissent pourtant penser le contraire. Un ancien prisonnier de Nancy a appelé la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) pour dénoncer Hambli : il jure l’avoir entendu négocier des « livraisons ». Le commissaire doit déminer. Pépère travaille en réalité pour l’Ocrtis et il convient de le protéger : « Laissez-nous vivre avec lui jusqu’à la fin de l’année », demande-t-il à la BSP. Il en profite pour refaire passer le message auprès des douanes. On ne sait jamais.

Image du penthouse avec piscine que Sofiane Hambli louait près de la porte d’Auteuil

L’opération est prévue à l’automne 2015. Elle se présente bien. Au début de l’été, deux agents infiltrés ont eu un premier contact avec les lieutenants de Bouchibi qui leur ont remis des armes de poing pour protéger la marchandise. François Thierry en est certain : cette affaire sera l’apogée de sa carrière aux stups. Il a déjà été approché pour reprendre la direction de l’Office central de lutte contre le crime organisé (Oclco). Les médias l’adorent : il donne des interviews au Parisien, au Figaro, participe à l’émission « C à vous ». Quand Yves Calvi lui fait remarquer, un brin taquin, qu’il pourrait un jour se lancer en politique, François Thierry laisse échapper un « peut-être » plein d’espoirs.

Fin septembre 2015, la tension monte. Hambli communique avec Thierry grâce à des Blackberry introuvables sur le marché. Des « PGP », comme disent les dealers, l’acronyme du logiciel de chiffrement Pretty Good Privacy. Des appareils configurés avec des messageries reliées entre elles et vendus 1 300 euros pièce sur le Web ou sous le manteau en Hollande. Hambli en a acheté une vingtaine dès sa sortie de prison, dont deux pour parler avec le policier en toute tranquillité. Il connaît enfin la date de départ du camion au Maroc : le 7 octobre. Ça tombe mal : Thierry est attendu à Bogota du 12 ou 16 pour officialiser la création d’une unité de stups colombiens dédiée à la traque de trafiquants français de cocaïne. Une cérémonie en grande pompe est prévue avec les autorités. Des années que le commissaire travaille sur ce projet financé par Europol. Alors quand il demande à sa hiérarchie place Beauvau si quelqu’un peut le remplacer à Bogota, la réponse tombe : « Oublie ! Tes camions de shit, c’est bien. Mais ça, c’est un vrai projet politique. »

La suite est une incroyable succession de ratés. Le 7 au soir, le camion de Tanger débarque à Barcelone, puis traverse la frontière franco-espagnole sans que personne ne sache s’il transporte huit, douze ou quinze tonnes de cannabis au milieu des plats à tajine. Du 8 au 11, il reste dans un entrepôt de Vénissieux, près de Lyon, mais les policiers en planque ne signalent aucun mouvement à proximité. Hambli appelle Thierry. Il commence à s’inquiéter. Les acheteurs ne donnent pas de nouvelles. Et s’il avait été démasqué ? Et si le hangar était attaqué ? La marchandise est sous sa responsabilité, il devra alors la rembourser. C’est la règle de ce genre de convois. Il y en a pour au moins 30 millions d’euros et les fournisseurs lui ont versé 300 000 euros pour le transport. Il prévient le commissaire : « Si tes agents se font griller par des mecs à moi, je serai obligé de m’enfuir avec eux. » Le 12, pendant que Thierry s’envole pour la Colombie, Hambli décide de déplacer la cargaison vers un entrepôt d’Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne. Les livraisons vont bientôt commencer, promet-il. Et avec elles, l’infiltration. Ce n’est plus qu’une question d’heures…

Deux jours plus tard, premières alertes : dans sa chambre d’hôtel de Bogota, François Thierry apprend que les douanes ont saisi deux tonnes de cannabis sur l’A11 près d’Ancenis, entre Angers et Nantes, durant la nuit. L’identité du chauffeur, la qualité du produit : tout porte à croire que la marchandise vient de Hambli. Mauvais pressentiment. Thierry tente de joindre l’indic : le PGP ne passe pas. Avec l’Iphone, il réussit à parler à son adjoint des stups. Surtout, pas d’affolement. On maintient l’opération. Et il faut vite retrouver Hambli pour savoir ce qui a pu se passer. De toute façon, il rentre à Paris dans moins de trois jours : il sera alors temps de prendre une décision.

Samedi 17 octobre, sur les coups de midi. Thierry et son bras droit ont rendez-vous avec Hambli devant le palais des Congrès. Mais qu’est-ce qui lui a pris ? Pourquoi a-t-il déplacé de la came sans les prévenir ? Et pourquoi a-t-il disparu des radars ? « Là, t’as essayé de nous niquer », lance le commissaire. Hambli a l’air paniqué. Il répond qu’il n’arrivait pas à le joindre, regarde dans le vide en répétant : « Putain, mais je ne vais jamais m’en sortir. » À l’écouter, les acheteurs nantais ne voulaient plus venir jusqu’à l’entrepôt, « peut-être qu’ils sentaient l’embrouille ». Ils lui auraient demandé de faire une partie du trajet et c’est pour ça qu’il a envoyé un camion. Thierry est fou de rage. La logique de Myrmidon, c’est de suivre les trafiquants à partir du lieu de stockage, pas de les livrer à domicile. Et le reste du convoi, où est-il ? « En bas de chez moi », répond Hambli sans ciller. Quoi, en plein Paris ? Oui, boulevard Exelmans, dans le XVIe. À cet instant, le commissaire devrait annuler l’opération et prévenir le parquet du fiasco. Mais il veut encore y croire. « Si j’avais pensé que l’opération d’infiltration était fichue, je l’aurais cloué contre une porte cochère », confiera plus tard le commissaire à ses proches. Au lieu de ça, il lui dit : « Si on y arrive, tu pourras compter sur moi, je ne te lâcherai pas. »

Ils n’y arriveront pas. En fin d’après-midi, Thierry reçoit un appel : les douaniers viennent de réaliser une saisie record à Paris. Sept tonnes de cannabis dissimulées dans trois camionnettes, près de la porte d’Auteuil. Ils n’avaient évidemment informé personne, surtout pas l’Ocrtis. Ils affirment avoir été alertés par un riverain qui trouvait « bizarre » la présence de ces utilitaires dans la rue. Le quartier est bouclé. Des passants prennent des photos avec leurs portables. C’est fini. Il faut tout raconter aux magistrats qui avaient autorisé l’opération. « Une fois de plus, les douaniers ont joué en solo », s’attriste l’un d’eux. Le lendemain, le commissaire revoit son indic une dernière fois. Il lui annonce qu’il ne peut plus rien faire pour lui. L’autre ne comprend pas. Il est catastrophé, parle des Russes qu’il devait retrouver au Pays-Bas, des « mecs superchauds ». Comment va-t-il les rembourser ? Il faut que le policier l’aide. Ça ne peut pas s’arrêter comme ça, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble. Thierry le coupe. « T’as pas compris ? Toi et moi, c’est terminé. À partir de maintenant, tu deviens un objectif. Tu ne peux même plus m’appeler. » Et il lui rend son PGP. Le soir même, en allumant la télévision, il verra François Hollande féliciter les douaniers : « Bravo pour votre courage, bravo ! »

François Thierry lors de la saisie de 2,5 tonnes de drogue en 2012 (crédits : PATRICK KOVARIK / AFP)

À quoi ça ressemble, un flic qui tombe ? Comment garder la tête haute et le profil bas ? En février 2016, François Thierry est en train de bricoler dans sa maison de campagne quand il apprend l’arrestation de Sofiane Hambli en Belgique. Très vite, l’ex-indic est rapatrié en France par le GIGN en hélicoptère blindé, façon chef de la mafia. Dès le premier interrogatoire, il désigne Thierry comme son « employeur », l’homme qui lui donnait les ordres. Les magistrats s’interrogent. Et si le commissaire ne leur avait pas tout dit ? Son appartement parisien est perquisitionné, puis son ancienne bergerie du Gers. Ses ordinateurs sont fouillés ; ses voisins interrogés. Le 22 mars 2017, son épouse est convoquée devant la police des polices. On la questionne sur sa relation avec le commissaire : « Depuis combien de temps le connaissez-vous ? Dans quelles circonstances l’avez-vous rencontré ? » La jeune femme hésite, cherche ses mots : « J’ai du mal à me concentrer sur mes réponses, murmure-t-elle. Nous nous sommes vraiment mis ensemble en 2010, je pense. » On lui demande si elle a déjà défendu des dealers avant Hambli. « J’avais eu quelques dossiers au pénal, mais je n’avais pas d’expérience particulière en matière de stupéfiants », doit-elle reconnaître. Le face-à-face est tendu, l’atmosphère étouffante. Une alarme incendie vient de se déclencher dans le bâtiment ; il faut interrompre l’audition pendant dix minutes. Quand l’interrogatoire reprend, les questions tournent autour de l’argent. Comment Hambli la payait-elle ? En espèces, répond-elle. Combien ? Entre 20 000 et 30 000 euros pour quatre ans de procédure. « Pourquoi avoir fait une sorte de tarif au rabais ? relance l’enquêteur, sarcastique.

– Je ne suis pas un avocat aux honoraires élevés.

– Ces sommes ont-elles pu apparaître sur les comptes de votre conjoint ?

– Absolument pas. (…) J’ai eu ma fille au même moment, c’était tout pour moi. Je voulais être pleinement autonome. »

Au bout de trois heures, elle conclut d’une voix blanche : « Mon mari et moi avons une vie des plus banales, tournée autour de nos filles. Nous sortons peu et partons peu en vacances. »

Les tables qui débordent de cash

Les juges grattent maintenant le vernis du commissaire modèle. Après l’avoir soutenu durant des années, ils cherchent des traces d’enrichissement personnel. Deux sujets les intéressent en priorité : le financement des travaux de sa maison de campagne et les photos de voilier retrouvées sur son disque dur. Il a beau présenter des factures, décrire ses journées de bricolage, raconter sa passion pour les monocoques depuis l’enfance et les stages aux Glénans, les enquêteurs ne le lâchent pas. « Ils peuvent tout vérifier, répète Thierry en privé. J’ai saisi des millions en espèces, j’ai vu des tables débordant de cash et tout cet argent m’a toujours paru abstrait. Est-ce qu’un réparateur de Ferrari a la main qui tremble quand il touche au moteur d’une F40 ? »

Le coup de grâce tombe le 24 août 2017. Dix heures d’affilée, le policier est questionné par deux juges d’instruction. Ils n’ont pas trouvé un centime suspect, mais ils ont de nouveaux reproches à formuler : pourquoi a-t-il rendu son PGP à Hambli lors du dernier rendez-vous alors que l’appareil aurait pu parler ? Pourquoi ne l’a-t-il pas interpellé à cet instant ? Le policier ne peut pas dire qu’il a laissé filer l’homme qui l’a tant aidé durant des années, mais il vante son bilan, ses résultats : des dizaines de réseaux démantelés, une centaine de trafiquants arrêtés, des tonnes de cannabis saisies. Les juges, eux, sont convaincus que l’indic a profité de l’opération Bouchibi pour mener ses propres affaires. Les semaines suivant la saisie d’Exelmans, plusieurs livraisons ont été interceptées, dont une de plus de six tonnes près de Mons, en Belgique. Un chauffeur a même affirmé que le camion de Tanger contenait près de trente tonnes de shit. « Hambli peut m’avoir menti sur la quantité, accorde le policier. Après, j’ai du mal à concevoir l’utilité pour lui parce qu’on est en phase cruciale et finale de notre relation, qu’il est dans une situation très exposée. » Il précise le rapport de force, brutal : « À ce moment, les seuls sur qui il peut compter à l’avenir, c’est nous, et si on s’aperçoit qu’il nous a doublés ou menti, on va le faire tomber. On connaît ses ennemis ; on peut lui causer des torts considérables. » Comprendre : le balancer et laisser les crocodiles le dévorer.

Les magistrats restent de marbre. À la cent soixantième question, ils annoncent leur intention de mettre le commissaire en examen pour avoir « délibérément caché à l’autorité judiciaire des informations essentielles qui auraient permis de juguler le trafic de stupéfiants ». Le choc. Le policier, qui se flattait d’arrêter les trafiquants « comme personne », se retrouve dans le même sac qu’eux. Ses avocats, Angélique Peretti et Francis Szpiner, s’insurgent contre une « infamie ». Mâchoire serrée, corps en avant, Szpiner fait résonner sa voix de stentor : « Avec Hambli, tout le monde avait conscience d’avoir affaire à un individu hors norme et au vu des résultats obtenus grâce à lui, rien ne permettait de penser qu’il jouait un double jeu. » Les juges acceptent de retirer les qualifications de « trafic de stupéfiants » et d’« association de malfaiteurs », mais ils retiennent celle de « complicité » : pour eux, Thierry a basculé du côté des voyous. Il risque jusqu’à dix ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende.

Sofiane Hambli est aujourd’hui incarcéré à Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne. Il lit des romans, regarde la télévision, fait du sport. C’est un prisonnier à part qui ne peut pas aller en promenade sans être insulté par les autres détenus. Pour le protéger, l’administration pénitentiaire a dû le placer dans une aile spéciale, d’ordinaire réservée aux terroristes. Son avocat, Joseph Cohen-Sabban, tente de démontrer qu’il a été la victime collatérale d’une impitoyable guerre des polices. Pour lui, les douaniers ont menti : ils ne sont pas intervenus par hasard boulevard Exelmans. Ils filaient Hambli depuis des semaines et voulaient le coincer pour porter un coup fatal à leurs rivaux de l’Ocrtis, en particulier au premier d’entre eux.

François Thierry, de son côté, se bat désormais contre la solitude et la dépression qui guette. Ses ex-collègues ont pris leurs distances ; les anciens chefs ne répondent plus. Son couple aussi a explosé : la vie était devenue intenable depuis que l’affaire et le rôle de madame étaient sortis dans la presse. Le commissaire a d’abord été muté à la sous-direction antiterroriste, puis rangé dans un placard à la délégation spécialisée dans le cyberterrorisme. À la honte de la mise en examen, la procureure générale de Paris a ajouté l’inimaginable pour un flic : le retrait de l’habilitation d’officier de police judiciaire, en raison d’un « manque de loyauté » et de « négligences graves ». Concrètement, Thierry ne peut ni constater un délit ni mener une enquête. « C’est terminé, dit-il à ses derniers amis. On a perdu la bataille de la drogue. »

Il repense parfois à Sofiane Hambli et à ces six années de relation secrète. Curieusement, il ne parvient toujours pas à lui en vouloir, convaincu que le contrat a été respecté jusqu’au bout. Il y a peu, il a reçu l’appel d’un proche de Hambli : en prison, l’ancien indic aurait convaincu son voisin de cellule, le tristement célèbre Salah Abdeslam, de lui raconter la préparation des attentats du 13-Novembre : « Ce serait bien que tu l’écoutes, lui disait une petite voix. Ça montrerait à tout le monde que tu restes un grand flic. » Thierry a décliné, la mort dans l’âme. Il ne sera sans doute plus jamais un grand policier.

Cet article est paru dans le numéro 54 (Février 2018) de Vanity Fair France

OLIVIER BOUCHARA

Reporter puis chef du service affaires de Capital, il est le rédacteur en chef enquêtes / reportage de Vanity Fair. Il est aussi maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris.

 

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Il venait de quitter un endroit où la mafia russe commençait à prendre la main sur le trafic en Méditerranée. Précurseur de pas mal de techniques innovantes, aujourd’hui répandues chez les trafiquants, il avait choisi en effet de s’installer dans l’île même de Margarita, point névralgique du départ de la drogue vers l’Europe comme on l’a vu. Repéré bien tardivement, faute au manque de participation évident de la police vénézuélienne avec qui il avait signé cette sorte de pacte de non agression en lui accordant pas loin de 2 millions de dollars pour qu’elle se taise, l’homme est aujourd’hui de nouveau en fuite, ayant réussi paraît-il à s’échapper sur un « petit avion » dont on a peut-être bien retrouvé la trace, impliqué comme il se devait dans un autre trafic decoke… l’affaire aboutissant à nouveau au final en Guinée-Bissau, autre paradis pour trafiquant comme on le sait, et avec la redécouverte d’un autre avion, un jet, qui avait fait en 2009 la une des journaux… un Gulfstream IIB, comme celui par lequel nous avons démarré cette mini-série, comme pour boucler une ronde… sans fin véritable.

Trois affaires sur le dos pour Llorca

Revenons plutôt et encore une fois (la dernière, promis !) à Marbella dans les années 70 (2) car c’est là que tout a débuté, comme on l’a dit à l’épisode précédent, avec un personnage incroyable évoqué, aujourd’hui toujours en fuite, et qui est en fait en quelque sorte le saint patron du trafic entre les Colombiens, la Guyana, les Antilles avec l’île Margarita et les mafieux espagnols ou siciliens. La pierre philosophale du trafic qui perdure depuis 40 ans !!! Son nom, José Manuel Carlos LLorca Rodriguez, (appelé communément Carlos Llorca) était en effet apparu après l’affaire du Libera (cf l’épisode précédent) dans trois gros dossiers compromettants : « l’Operación Malaya », contre la corruption généralisée à Marbella et les constructions incontrôlées qui avaient rapidement tout défiguré là-bas (3). Il faisait aussi dans le béton et c’était un as du genre, versant en douce jusqu’à quatre millions d’euros en commissions à Juan Antonio Roca, l’ancien responsable de l’urbanisme de la municipalité de Marbella (4) ! Rien qu’avec la réhabilitation d’un immeuble à Manresa, il avait empoché 1 100 millions de pesetas (6,6 millions d’euros) !!! Sa société Pharus était alors déjà liée au narcotraficant italien Luigi Protani, impliqué dans le trafic massif de coke comme on l’a vu. Llorca avait ensuite été cité dans l’opération « Ballena Blanca », également contre le blanchiment d’argent, avec comme inculpé Aki Kujala, et dans « l’Operación Troika », où étaient apparus deux mafieux russes – à gauche leurs gros bras-, Gennadi Petrov (ci-dessous à droite), un ancien boxeur (et son gang « Malyshevsky » et Yaznarov (Alexander) Malyshev, à Astapa. Dans ce sens aussi c’était un pionner en quelque sorte : à Marbella, les deux mafieux russes, que jusqu’ici tout opposait violemment, avaient fait la paix des braves, le premier étant le redoutable chef du Gang Tambov. Gennadi Petrov ayant surtout mis un pied en Espagne grâce à ses relations avec la soeur du roi Juan Carlos. Pour The Atlantic, c’est un « gangster de la Méditerranée »… Lors de son arrestation, avaient été saisis 307 000 dollars en espèces, 23 voitures de luxe, et 12 millions d’euros lui appartenant avaient été gelés dans des comptes bancaires. En 2001, Petrov avait acheté un yacht de 3,5 millions d’euros baptisé « Sasha » déclaré valant 700 000 euros mais qui s’était fait redresser de 500 000 par le fisc espagnol qui connaissait son montant réel (5) ! On avait aussi remonté avec lui jusque Michael Rebo, installé à Berlin et spécialiste blanchiment de l’argent du trafic de drogue (6). A l’époque, au sein de la mafia russe, le nom Oleg Deripaska circulait déjà. (7) Juste avant la perquisition, le Monde raconte « qu’à la mi-octobre, l’attention des policiers a été attirée par un incessant va-et-vient de caisses, transportées vers un jet privé stationné sur l’aéroport de Palma de Majorque-Son Sant Joan. Il n’en fallait pas plus pour lancer la perquisition et ordonner la saisie des caisses en partance pour la Russie. » Derispaka qui possède trois jets, des … Gulfstream, mais trois G-550, immatriculés M-ALAY, M-UGIC et le plus ancien, le M-SAWO. A savoir inscrits dans l’île de Man !!

LIRE

(1) revoir les cinq épisodes précédents parus ici (de CCXL à CCXLV, de 240 à 44, celui du jour étant le 245). Une première parution nous avait fait oublier le « L » du chiffrage, pardonnez-nous !

(2) Le premier hôtel de Marbella était une ancienne ferme détenue par une famille d’aristocrates, celle du Marquis d’Ivanrey… dont la famille était allemande d’origine. C’est raconté ici par Christopher Clover, Directeur Général de Panorama Properties, la première agence mobilité du lieu: « C’était en 1946, environ sept ans après la fin de la Guerre Civile espagnole, Marbella était alors un petit village de moins de 10 000 habitants et avec une histoire très intéressante. Au cœur du village se trouvait (encore actuellement) l’ancien château arabe construit au IXe siècle et entouré de ruines romaines qui sont encore visibles aujourd’hui, tout au long de la ville (…) À cette époque, les terrains les plus étendus appartenaient à cinq familles : Juan et Enrique Belón, Juan Lavigne et Juan Lima, toutes originaires de Marbella, Elvira Tallefer et son mari Salvador Guerrero de Málaga (c’est à elle qu’on doit le nom d’Elviria), et Norberto Goizueta de Navarra (l’éventuel fondateur de Guadalmina). La majorité des champs étaient loués et cultivés par des paysans. L’activité économique principale en ce temps-là était l’agriculture et l’extraction minière du fer et du graphite (…) Le premier à promouvoir la ville de Marbella fut le versatile et éclectique aristocrate espagnol Ricardo Soriano Sholtz von Hemensdorff, Marquis d’Ivanrey, qui acheta en1943 la propriété El Rodeo, d’une étendue de 220 000 m2 (22 hectares) à son ami Norberto Goizueto, qui possédait de son côté une immense parcelle de 350 hectares dans la zone. En 1945, Ricardo construisit et ouvrit les portes du premier hôtel de style “motel” américain à Marbella, l’Hôtel El Rodeo, et invita plusieurs de ses amis à visiter la région. En 1946, son neveu, le prince Alfonso von Hohenlohe et le père d’Alfonso, le prince Maximiliano Egon von Hohenlohe-Langenburg, visitèrent Marbella pour la connaître en personne. Le père d’Alfonso était un aristocrate allemand très connu, dont la famille datait du VIe siècle. Sa mère, la marquise de Belvís de las Navas, était également connue en Espagne, et son parrain était le roi d’Espagne, Alfonso XIII. Sa lignée, unie à la vision pionnière de son oncle Ricardo, poussa Alfonso à continuer de promouvoir les idées de son oncle. Autrefois, rejoindre Marbella depuis Malaga prenait deux heures en voiture sur une terrible route côtière à double sens. Alfonso et son père arrivèrent à Marbella dans une vieille Rolls Royce équipée d’un moteur qui, en raison de la pénurie d’essence durant ces années de l’après-guerre, avait été transformé pour fonctionner avec des gaz produits avec du charbon » (Une rolls-Royce à gazogène !!) (…) Ils tombèrent tellement amoureux de Marbella, et spécialement de ce domaine, qu’ils revinrent l’année suivante pour l’acheter. Alfonso et son père construisirent une magnifique maison dans leur nouvelle propriété, et avaient pour habitude d’y inviter leurs amis. La ferme originale de la propriété fut rapidement transformée en un club social en plus de bar-restaurant, qui était fréquenté par les habitants de la région…et c’est ainsi qu’est né le “Marbella Club » (…) . Grâce à Alfonso, son père, sa mère et son oncle Ricardo, une grande quantité de gens visitèrent la zone (et le Marbella Club), et nombreux furent ceux qui ne trouvaient pas de logement. Le flux de visiteurs était tel que, en 1953, Alfonso décida de construire, à côte de la ferme originelle, un petit hôtel de 18 chambres distribuées autour d’un patio central, semblable aux populaires “motels” des États-Unis qu’il avait découverts lors de ces récents voyages. Il décida de l’appeler l’Hôtel Marbella Club. L’hôtel ouvrit ses portes au public en 1954 et attira immédiatement le tourisme de qualité. En 1955, le Comte Rudi von Schönburg, parent d’Alfonso, venait d’obtenir son diplôme à l’université Swiss Hotel Management University de Lausanne, et s’unit à Alfonso comme directeur de l’hôtel. Encore actuellement, le Comte Rudi joue toujours un rôle important au Marbella Club et au sein du Groupe, où on peut le rencontrer chaque jour. » La ferme originelle existe toujours, et a été transformée en restaurant et bar principal de l’Hôtel »… (…) Afonso ne douta pas à inviter toute la jet-set du moment au premier hôtel de luxe de la Costa del Sol. Marbella devint immédiatement l’endroit à la mode de toute l’Europe. Dans les années soixante, de nombreuses célébrités visitaient déjà Marbella et l’Hôtel Marbella Club assez fréquemment. La plupart d’entre elles achetèrent des parcelles pour construire leurs maisons, parfois directement à Alfonso. Parmi ces “grands noms” se trouvait José Banús, qui vint à Marbella en 1962 (l’auteur omet de dire que c’est un poche de Franco) et acquit les terres de l’actuel Puerto Banús et Nueva Andalucía (à cette époque de nombreuses personnes considéraient que sa vision était “détraquée”), Jaime de Mora, Manolo Lapique, Ignacio Coca – fondateur de Los Monteros et du Club de Golf Rio Real – et d’autres grands noms tels que les von Thyssen, Princess von Bismark, la famille Füstenberg, Mel Ferrer et Audrey Hepburn, le Duc et la Duchesse de Windsor, le Prince Rainier de Monaco et Grace Kelly, Ava Gardner, Cary Grant, Laurence Olivier, Guy de Rothschild, Terry von Pantz, Deborah Kerr, Jimmy Stewart, Teddy Kennedy, Jean Negulesco et de nombreux autres… à rappeler que tout se passait alors sous la dictature de Franco ! Dans les années 80, ce sont les émirs qui vont plutôt se pointer : la Famille Royale saoudienne ou Akram Ojjeh, (du Groupe d’entreprises TAG) le Prince Salman, frère du prince héritier Fahad, oui le fils aîné du Prince Fahad, le Prince Faisal Bin Fahd mais aussi Sheik Zayed bin Sultan Al Nahyan, l’Émir d’Abu Dhabi et Président des Émirats Arabes Unis, la famille Marzook venue du Koweït ; Rafic Harriri, (ah tiens voici le Premier Ministre du Liban !) ; le Sheik Kamal Mouaffak Bin Jamil Al Midani, qui finira par racheter le complexe de luxe de Puerto Banús en 1979, bâti au bout du terrain de l’hôtel, sans oublier Adnan Khashoggi , le roi de la fête à l’époque (il est dit qu’il dépensait alors 250 000 dollars par jour !) qui arrivait en DC8 ou à bord de son immense yacht, le Nabila (revendu à Donald Trump !) !!! Sa villa immense, avec zoo et stand de tir, à Marbella s’appelait Al Baraka ! Ci-dessus ses 4 moyens de transport : les yachts Khalida (le plus petit) et le Nabila; son DC-8 particulier (VR-CKA) et un DC-9 immatriculé VR-CKE baptisé « Omaria » avec devant le Hughes 500 destiné à a fille.

Pour le 66e anniversaire du frère de la reine Fabiola de Belgique. on avait compté devant la villa 31 Rolls-Royce. La chanteuse d’opéra coréenne Kimera était venue pousser la chansonnette devant le Cheikh Mohamed Ashmawi, grande figure extravagante du lieu qui voyageait en BAC-111 personnel ou Jetstar. Son gros biréacteur arc-en-ciel VP-CMI à l’intérieur rose (?) a été revendu à des mexicains du Grupo Adelac pour devenir XA-ADC. Il promènera en 2006 l’équipe de NBA des San Antonio Spurs (ici à gauche). Il est devenu ensuite XA-CMG. puis XB-KQL en 2009 et a fini par être stocké à Toluca en 2012 (il y était toujours en 2016). L’homme on le sait, un marchand d’armes, a été mêlé à l’affaire des Contras via l’affairiste Manucher Ghorbanifar et à celle d’ Imelda Marcos, la (riche) veuve du président des Philippines, Ferdinand Marcos. Selon Seymour Hersh, dès 2003, Khashoggi dans un entretien avec Richard Perle, âme damnée des Bush, aurait évoqué, déjà, l’invasion prévue de l’Irak !!!!

(3) dans un long texte dégoté ici, on explique de façon savoureuse cette corruption effrénée lors du mandat surtout de l’ineffable Vicente Gil, proche ami de jeunesse de Franco : « La semaine a été chargée pour le juge Miguel Angel Torres Segura, le jeune magistrat chargé de l’opération «Malaya». Le week-end dernier, les principaux protagonistes de l’affaire, la mairesse de Marbella, Marisol Yagüe, sa députée, Isabel Garcia Marcos, et le consultant en planification de la mairie, considérés comme le cerveau derrière la corruption au sein de l’autorité locale, Juan Antonio Roca, ont tous été interrogés et envoyés en prison sans caution (Roca a écopé de 12 ans de prison et est sorti récemment, le 14 mars 2018 !). Le juge a décrit Yagüe comme une « marionnette », alors que l’homme qui tirait vraiment les ficelles à la mairie de Marbella était Juan Antonio Roca. Alors que le maire – qui, selon des sources, n’a pas exclu la possibilité de démissionner – a été inculpé de corruption, de perversion du cours de la justice et de trafic d’influence, la liste de crimes présumés de Roca comprend tout cela en plus du blanchiment d’argent, de la fraude, de la prix, détournements de fonds et atteintes à l’environnement. (Ce dernier fait référence à sa collection d’animaux exotiques empaillés). Isabel Garcia Marcos, dirigeante de l’opposition socialiste et critique féroce de Jesus Gil avant de rejoindre les anciens « Gilistas »), partage la cellule de Yagüe et est accusée de corruption et de modification des prix .(…). L’opération « Malaya » contient tous les ingrédients du complot d’un feuilleton américain des années quatre-vingt. En fait, les scénaristes auraient probablement trouvé certains détails trop exagérés pour être crédibles. L’idée des deux femmes glamour qui jadis à la barre de la mairie partageaient désormais une cellule dans la prison d’Alhaurín a laissé tout le monde imaginer les dialogues entre ces quatre murs, l’une espérant une visite de son mari de seulement trois semaines et l’autre lorsque les 57 points laissés après une opération de liposuccion récente seraient supprimés. La déléguée principale, Isabel García Marcos, a expliqué une partie des 370 000 euros trouvés en espèces chez elle comme étant des cadeaux de mariage. La famille de la maire de Marisol Yagüe avait précédemment rapporté avoir eu un kyste retiré du dos, mais après de nombreuses spéculations, la nature esthétique de son opération a été révélée. Les similitudes avec un complot « Dynasty » ne s’arrêtent pas là. Il suffit de regarder l’incroyable fortune du prétendu chef, Juan Antonio Roca. Dans l’une de ses nombreuses propriétés, la police a découvert 30 vieilles voitures d’une valeur comprise entre 30 000 et 48 000 euros et un certain nombre de voitures de collection. En outre, 103 chevaux de race pure et 100 taureaux figurent sur la liste, ainsi que de petites demeures seigneuriales, une dans un domaine de Murcie avec son propre héliport et une autre ornée de têtes en peluche de girafes, d’éléphants et de rhinocéros, sans oublier les 275 œuvres d’art. Comparez cela à l’image d’un Roca en faillite qui est arrivé à Marbella à la fin des années 80 dans un Seat Panda. C’était avant qu’il ne soit choisi comme disciple de Jesus Gil, le « parrain » décédé, dont l’ombre plane toujours sur son ancien territoire (réélu 3 fois, et banni après pour 28 ans, il a aussi été pendant 16 ans le dirigeant de de l’Atlético Madrid, tout en ayant les mêmes qualités intellectuelles qu’un Trump aujourd’hui, ce dernier imitant ses frasques, casquette comprise !). La deuxième personnalité féminine, Isabel García Marcos, qui était onze ans le pire ennemi de Jesús Gil, (qui avait fondé on le rappelle le parti GIL… ou Grupo Independiente Liberal) partage maintenant une cellule avec un de ses disciples. « Ce sera la seule zone verte restante à Marbella lorsque vous aurez terminé », a-t-elle déclaré, à Gil, tenant une plante en pot. Elle semble maintenant avoir aidé à accomplir sa prophétie. » Aujourd’hui elle n’est plus loin du compte…

(4) Ça a bien changé depuis en effet… « C’est que le petit cercle des débuts s’est nettement élargi. Pour ne pas dire totalement dissous dans le flot des vacanciers. Reprise économique aidant, ils étaient 7 millions, en 1999, à avoir goûté au sable de ses plages, dont 700 000 pour le seul mois d’août. Cette année, Marbella en attend 8 millions au total. Une véritable explosion! Bien loin de s’en plaindre, la ville fait tout pour entretenir le phénomène. Depuis dix ans, elle inaugure chaque année de nouvelles infrastructures: promenade maritime, ronds-points flambant neufs, trottoirs élargis, parkings en sous-sol et même une autoroute ».

« Voté en mai dernier, avec deux ans de retard, le budget municipal de 1999 a atteint un record de 911 millions de francs. Dont, et c’est révélateur, 50 millions réservés aux seules infrastructures urbaines (aménagement et construction), 16 millions à l’éclairage et 62… à la propreté. Jour et nuit, 500 balayeurs remettent la ville à neuf. Côté sécurité, Marbella n’y va pas, là non plus, de main morte. En plus des 197 agents de la police nationale et des 87 gendarmes, 368 policiers municipaux veillent sans relâche sur les vacanciers. Excès de zèle? Sans doute, mais les touristes en redemandent: le nombre de sociétés de sécurité privées est en plein essor. Ancien para et grand admirateur du général Franco, José Perna Calderon dirige l’une d’elles, Franjus Security. Lancée il y a douze ans avec 7 agents, elle en compte aujourd’hui 374. Ici, on ne plaisante pas avec l’argent du tourisme. « Dernier vestige du «paradis» – très élitiste – d’antan, le

Marbella Club est, finalement, un hôtel comme les autres (ici à droite quelques ratages immobiliers abandonnés). Princes et princesses ont beau peupler la légende de Marbella, la ville ne leur appartient plus. Le parfum du jasmin a fait place à d’autres odeurs, moins subtiles, mêlées d’huile solaire, d’essence et d’argent sale. Ses nouveaux princes roulent en coupé Mercedes. «La ville est toujours un paradis, mais d’abord celui des investisseurs!» ironise José A. Nieto, président de l’association des professionnels du tourisme de Marbella. » Ci-contre, Marbella aujourd’hui : à gauche la villa du tycoon norvégien John Fredriksen devenu chypriote pour payer moins d’impôts, le roi du pétrole, le dirigeant de la plus grande flotte mondiale de pétroliers. C’est la 71 eme fortune mondiale avec 14,3 milliards de dollars !

(5) Selon le New-Yorker, « À un moment donné, Petrov a appelé un haut responsable de la justice à Moscou pour se plaindre de ce qu’un chantier naval russe avait pris du retard dans la construction du nouveau yacht commandé par Petrov. Selon un compte rendu espagnol confidentiel de la conversation, le responsable russe a promis d’aller voir le constructeur de navires avec certains de ses « garçons » et de lui montrer « beaucoup d’affection ». Quelques jours plus tard, une autre écoute électronique espagnole a surpris deux associés de Petrov en train de rire. Comment ça, les forces de sécurité auraient laissé le constructeur de navires se faire terroriser ? Le yacht était de retour à l’heure. Lors de centaines d’appels téléphoniques interceptés au cours de l’année précédant l’arrestation de Petrov en 2008, les enquêteurs espagnols ont écouté le chef de la mafia bavarder avec de puissants hommes d’affaires, des criminels notoires et des hauts responsables du gouvernement de Vladimir Poutine. Au cours d’un voyage en Russie, Petrov a appelé son fils pour lui dire qu’il venait de rencontrer un homme qui se révélait être le ministre russe de la Défense, et pour annoncer qu’ils avaient réglé un accord foncier, la vente d’avions et un stratagème. pour investir dans des entreprises énergétiques russes. « Voulez-vous rejoindre le gouvernement? », A raconté un blagueur à Petrov lors d’une conversation suivie par des enquêteurs espagnols. « J’ai acheté une valise pour stocker tous les pots-de-vin que vous obtiendrez. » Petrov semblait apprécier l’ironie, mais se disait très satisfait du contrôle politique continu de Poutine ».

(6) la puissante Mafia russe inquiétait très sérieusement les espagnols et à juste raison, car elle touchait directement au sommet du pouvoir russe : « dans une rencontre à Londres avec le procureur anti-mafia espagnol José Grinda, Litvinenko a affirmé que les mafias russes, à l’instar de leurs oligarques, étaient presque organiquement liées à l’État. Le système de favoritisme en vertu duquel les deux parties avaient pris racine dans une alliance que Poutine et d’autres anciens combattants du KGB avaient établie avec des personnalités de la pègre à Saint-Pétersbourg, au début de sa carrière politique, a déclaré Litvinenko. Le partenariat avait évolué à mesure que Poutine consolidait son pouvoir et que les criminels russes élargissaient leur portée. « La théorie de Litvinenko était que Poutine et les services de renseignement ont pris le contrôle des groupes criminels, les ont manipulés et assimilés », a déclaré Grinda dans une interview. Grinda, un bourreau de travail barbu avec un sens de l’humour aride, a persuadé Litvinenko de témoigner contre les truands en Espagne. Mais seulement quelques mois plus tard, le témoin potentiel a été témoin de la mort presque angoissante, après avoir été empoisonné par des matières radioactives, introduite chez lui par deux hommes soupçonnés d’avoir été embauchés par le FSB. Une enquête britannique a par la suite conclu que l’opération avait probablement été approuvée par Poutine lui-même, en représailles des accusations de Litvinenko contre des responsables russes et de sa coopération avec les services de renseignement britanniques et espagnols. Des photographies de journaux de l’ancien espion cadavérique, regardant de son lit d’hôpital, ont secoué les Espagnols. Mais la preuve qu’il aurait pu être tué sur ordre du gouvernement russe a donné une nouvelle crédibilité à leur travail ».

(7) cité dans l’enquête de Mueller sur les agissements des russes avec Trump… le deux personnes en cause étant Adam Waldman, l’envoyé d’Oleg Deripaska, chez qui Manafort travaillait. Waldman étant en même temps le conseiller de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, inamovible depuis 2004. L’enquête de Mueller vient de se clore, mais les investigations montrent bien que des contacts ont eu lieu avant les élections. Trump s’est réjoui un peu vite des résultats, il semble bien, car c’est son patrimoine dont on va désormais parler, ou de ses dissimulations d’impôts ou de ses faillites à répétition…

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La consommation de cocaïne est devenue un véritable fléau en France.

Le nombre d’intoxications et de décès a doublé au cours des deux dernières années. 2,2 millions de Français en ont déjà consommé. 450 000 le font régulièrement.

A l’autre bout de la chaîne, il y a les producteurs, essentiellement basés en Amérique du Sud. Des cartels hors la loi, qui fonctionnent comme des multinationales.

LIRE

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L’intime conviction des magistrats de la Cour d’assises spéciale a permis de prononcer les sentences des accusés dans cette affaire très, trop médiatisée pour que la sérénité ait pu s’installer dans cette salle d’assises durant ces 7 dernières semaines.

Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos: 6 ans

Frank Colin: 12 ans

Fabrice Alcaud: 6 ans

Pierre-Marc Dreyfus: 6 ans

François-Xavier Manchet: 5 ans

Ali Bouchareb: 18 ans

Michel Ristic, considéré comme l’homme de main d’Ali Bouchareb, a été acquitté.

Henri Bartolo, l’ancien gérant de discothèque, a été acquitté.

Comme je le soulignais voici quelques jours, des leçons vont-elles être tirés de cette affaire et une vigilance accrue sera-t-elle mise en place pour contrôler tous ces vols d’affaires?

Ça ne peut passer que par un renfort douanier. Puisse le DG Rodolphe Gintz en tenir compte!

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La collecte d’informations confidentielles recueillies à l’insu de tous est une pratique très ancienne qui pose des difficultés particulières à une démocratie censée agir en toute transparence…

Il faut distinguer dans le renseignement la collecte et l’exploitation. Une information ne devient du renseignement que lorsqu’elle est exploitée. Bien évidemment, la collecte de l’information est un art que nous pratiquons tous […]Notamment avec les outils numériques.

En revanche, nous ne pratiquons pas le renseignement, parce que nous ne l’exploitons pas à des fins stratégiques.

« Le secret a pour but de protéger l’État et nos sources » par Bernard Bajolet, ancien directeur de la DGSE

Témoignage d’un ancien agent du service de la DGSE

Le Renseignement intérieur

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Comment les services secrets sont-ils mis à contribution pour appuyer l’action de l’Etat ? Les missions des agents : collecte d’information, recrutement dans les pays sensibles, opérations de déstabilisation. Au nom de l’intérêt supérieur de la nation, tous les coups sont-ils permis ? En France, c’est la Direction générale des services extérieurs – la fameuse DGSE – qui est chargée de ces missions. Dans les années 90, la DGSE aurait recruté en ex-Yougoslavie un chef de guerre dont elle aurait financé les activités. Or, le Parlement européen lui impute de nombreux crimes de guerre. En 1988, une militante anti-apartheid a été assassinée en plein Paris. Plusieurs mercenaires français ont été mis en cause mais l’affaire n’a jamais été élucidée. Une enquête sur les jeux troubles des services secrets français.

 

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En France, 8 services s’occupent de recueillir des informations, auxquelles s’ajoutent les renseignements recueillis par l’OCRTIS, les GENDARMES…et les informations transmises par EUROPOL et le DEA !

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Sous la tutelle du ministère de la Justice et des libertés:

Le bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP)

Sous la tutelle du Ministère des Armées:

La direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), chargée de l’espionnage et du contre-espionnage à l’extérieur du territoire national

La direction du Renseignement militaire (DRM), chargée du renseignement tactique et stratégique sur les théâtres et futurs théâtres d’opérations de l’armée

La direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD), chargée de la sécurité des installations et du personnel militaires

Sous la tutelle du ministère de l’Intérieur:

La direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), chargée du contre-espionnage et de la lutte antiterroriste

Le service central du renseignement territorial (SCRT)

Sous la tutelle du ministère de l’économie et des finances:

La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), chargée des enquêtes douanières et des mouvements de marchandises douteux

Le TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins), chargé du renseignement sur les circuits financiers douteux et clandestins

La France dépense environ trois milliards par an pour ses services de renseignement

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Actuellement, en cette dernière semaine du procès « Air cocaïne », après le réquisitoire fleuve de l’avocat général Marc Gouton, les avocats des accusés vont tous se défoncer pour une issue la plus favorables possible pour tous.

Maitre Eric Dupond-Moretti, avocat de Pascal Fauret et Bruno Odos, a achevé sa plaidoirie par un: « Si vous n’acquittez pas ces deux hommes, c’est à désespérer de tout«  et Maitre Vey, d’ajouter à l’adresse de la cour: « Nous espérons que vous allez les acquitter  pas uniquement au bénéfice du doute , mais pour rétablir leur honneur, c’est important pour des militaires« .

Bravo! Effets de manche et trémolos dans la voix ont réussi à extirper des larmes des proches des pilotes…Mais en réalité, ce n’est pas le jugement qui sera prononcé contre tous ces hommes qui sera important. Pour l’exemple, peut-être, une fois encore, la justice massacrera des vies sans s’intéresser au laxisme des autorités en charge de la sécurité des Français et qui ne font pas le job.

La DNRED ne sait rien sur cette affaire ou ne souhaite pas s’exprimer et peut compter sur le mutisme professionnel de Corinne Cleostrate, l’OCRTIS, c’est pareil, d’ailleurs l’office a été dessaisi, les gendarmes ont fait ce qu’ils ont pu…et la DCRI, service pointu s’il en est un, ne sait pas non plus…Il est triste de constater que toutes ces agences de renseignements et d’enquêtes, filatures et autres écoutes en tous genres aient été incapables de fournir des éléments concrets aux magistrats de la cour d’assises spéciale.

Comment ces magistrats, professionnels du droit, certes, pourront-ils prononcer un jugement sur une affaire de narcotrafic avec une certitude absolue sans éléments de preuves irréfutables?

Comment…? Ah mais oui! Ce sera l’intime conviction!

Mais pensez-vous, lecteurs, que des leçons vont être tirés de cette affaire et qu’une vigilance accrue sera mise en place pour contrôler tous ces vols d’affaires? Que nenni! Bercy, actuellement est en train de casser la Douane en supprimant régulièrement des brigades et en diminuant les effectifs de celles encore maintenues.

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Bienvenue dans l’univers doré de l’aviation d’affaires! Prenons un exemple, à Cannes-Mandelieu, le manque de fonctionnaires est en tout cas criant.

Les trois douaniers en poste (contre cinq en 2012) doivent en priorité assurer un contrôle quotidien des bateaux qui arrivent au port de plaisance, situé à une vingtaine de minutes de l’aéroport. Résultat, le bureau des douanes est vide tous les jours de 10 heures à 16 heures. « Le type qui arrive avec des mallettes, il fait ce qu’il veut, résume Claude. Je dirais même que s’il s’intéresse un peu à notre fonctionnement, il sait exactement à quel moment il n’y a personne. »

Une note interne de la direction régionale des douanes confirme ce constat accablant.

Daté du 28 mars 2018, ce document, dont l’objet initial est d’évaluer l’impact futur du Brexit, relève que « l’effectif actuel de trois agents [à Cannes] n’est pas suffisant [et ne permet pas de] réaliser le moindre contrôle alors que l’on connaît la sensibilité de la Côte d’Azur pour certains trafics, notamment liés au blanchiment des capitaux ». Un effectif de douze agents, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui, « serait un minimum pour permettre une présence quotidienne », ajoute la note.

Gérald Darmanin, le ministre très réactif dés qu’il s’agit de se faire mousser des saisies douanières effectuées, est d’une discrétion absolue sur ce sujet.

Rodolphe Gintz, le DG de la Douane Française, qui est un twitteur confirmé, ne twitte pas à ce sujet et ne semble pas concerné par cette carence d’effectif. C’est Jérôme Fournel qui mène la danse et le démembrement!

Depuis quelques jours, des directives pleuvent sur DR et DI soumis et au panurgisme avéré, puisque suite au mouvement des douaniers, Rodolphe Gintz va jusqu’à faire surveiller les douaniers qui font des contrôles par des policiers avec l’aide de préfets de régions tout en donnant l’ordre de limiter les contrôles…Naturellement, avec la plus grande attention de Jérôme Fournel…Même qu’il y aurait eu des menaces de sanctions!

Sont-ils tous devenus fous et l’arrivage de la cocaïne et autres « marchandises »…sur l’hexagone ne semblent donc pas les émouvoir autrement ?

Pourtant l’aviation d’affaires est régulièrement dans le collimateur des renseignements, notamment pour le transport d’argent liquide aussi.

« Le passage de pognon en cash, malgré les transferts électroniques, ça reste une valeur sûre. Un avion privé, pour ça, c’est bonnard« , confirme un agent de la DNRED. Mais ce n’est pas tout. Selon un rapport d’Europol publié en 2011, y circulent aussi illégalement des « diamants, bijoux, drogue et armes à feu », et même des migrants, victimes du trafic d’êtres humains.

Interrogé en 2018, un porte-parole de la police européenne affirme que le phénomène est toujours en augmentation.

En France, tout baigne!

Ah! Mais bon sang, mais c’est bien sûr, j’avais oublié que désormais pour maintenir la fluidité de circulation des marchandises, la douane française a conçu une solution technologique innovante: la frontière intelligente.

Ouf, on est sauvé! Adieu BSI, BSE et autres SURV, l’avenir est dans la DATA!

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Les investigations menées par le détachement la Section de recherches de Saint-Martin en co-saisine avec l’OCRTIS, Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants, permettent de localiser un des mis en cause en Guadeloupe continentale.

Le 29 janvier 2019, il est repéré dans le secteur du Gosier.

Il se donnera la mort pour échapper à son interpellation. Une vaste opération judiciaire est alors déclenchée simultanément en Guadeloupe et à Saint-Martin.

Elle conduit à l’interpellation de onze individus et donne lieu à la saisie de plusieurs véhicules, bateaux et fortes sommes numéraires en espèce.
4 personnes sont placées en détention provisoire.

L’information judiciaire ouverte auprès de la Juridiction inter-régionale spécialisée de Fort-de-France se poursuit.

PLUS

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Opération d’inflitration Date Marchandise Quantité saisie COMMENTAIRES
Mai-Juin 88
NATAJAK cannabis marocain 300kg + Sloop de 16m Saisie Douane française
Premier contact avec Michel charasse à Bercy pour rendez-vous
G.A.L. Premier contact avec l’organisation – Photos transmises
ALTAÎR cannabis marocain 300 kg La douane n’est pas intervenue
MOYER cannabis marocain 3 tonnes et 1 voilier Saisie par HM Customs-excise
MIKADO cannabis marocain 2 tonnes sur  voilier « banana split » Saisie par HM Customs-excise
Première réunion avec Charasse et Comolli à BERCY
GASTON cannabis marocain 200 kg et 1 voilier Saisie par SVA
ARCO-IRIS cocaïne 150 kg et 1 bateau de pêche Saisie Guardia Civil
HALIFAX cannabis afghan Pas vu
1989
INDIGO

Sottogrande

cannabis marocain saisie partielle des 600kg transportés Solde du financement du Motor/Yacht WINDARRA
BRIGANTINE cannabis marocain 1 tonne et 1 voilier Saisie par Autorités portugaises
DAUDET-FERRAN – GAL Équipe protégée par commissaire Ricardo Kohl d’Estepona
PÊCHE Alicante cannabis marocain 800 kg et bateau de pêcheur Douaniers ripoux du SVA arrêtés suite fréquences radio SSB du SVA  communiquées aux narcos
GOLDEN SUNSET cannabis marocain 3.000 KG Pas de surveillance ce jour là
Bryan PRICE cannabis marocain 600 kg Saisie SVA
HALIFAX 2 cannabis marocain 300 KG Pas vu par les Canadiens
FUMÉE NOIRE cannabis marocain 1.000 KG Pas vu par la Douane, tous les avions en GV en même temps; le seul dispo était à Nice pour transporter Michel Charasse au GP de Monaco

Restaurant

Saint Georges

1990

 

Financement, équipement et le douanier Francis Geoffroy

WINDARRA

avec

SERVICES allemands + SVA

cannabis marocain saisie partielle de 800 kg Cafouillage du SVA et investigations en Allemagne
BACARDI cannabis marocain 600 kg Pas vu
Opération de LYON cannabis marocain Enlèvement d’1 tonne au Maroc Engagement de Michel Ribatet, chef d’Echelon DNRED Lyon de verser à Marc FIEVET la somme de 1,000,000 F
LYON cannabis marocain 1 tonne
Port la Nouvelle cannabis Chargement d’un petit camion loué par la DNRED

DNRED – rue du Louvre

 

 

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Gérard RIVIÈRE

 

 

 

 

Préparation

Reçu 500.000 F sur 1 million promis – Reçu signé et récupéré par Gérard Estavoyer et G.Bastien

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Remorqueur « Le Vaillant »

Big John (Sottogrande) Préparation Motor Yacht « Golden Sunset »
INDIGO

Gibraltar

600 kg INFILTRATION de 3 officiers du HM Customs.

Livraison Bobby Mills

HALIFAX cannabis marocain 1.200 KG Pas vu par les Canadiens
JOUGUET-JOFI cannabis 800 KG Pas vu par les Canadiens
1991
SCARAB cannabis marocain 500 kg et Speedboat Speedboat Fuengirola
Anne-Liese (Amsterdam) cannabis marocain 3,5 tonnes + Bateau Anne-Liese  Saisie par Police
De GROOT (Amsterdam) Préparation Achat du MELOR – financement Douane Française à 50% (Argent déposé par Lesquert et Capitaine à Anvers) et argent de narcos anglais à 50% sorti par John Short – Customs officer
1992
Camion

FH12-VOLVO

cannabis marocain 6 tonnes Pas contrôlè au Perthus!

Saisie effectuée par la Police à Neuilly

A/R Caraïbes avec MELOR

DUBLIN

cocaïne IRA et narcos
SCHIPOL-ROTTERDAM IRA et narcos
CLAUDINE cocaïne 1 tonne Plusieurs journées en Écosse avec John Hector du HM Customs et Marc Lerestre, attaché douanier à Londres

IRA et narcos

Sept 92
DUBAÏ cannabis afghan 15 tonnes Préparation avec John Short
Herbe de la Jamaïque 8 tonnes Préparation avec John Short
1993
BRINDISI Cannabis  1.600 KG Début infiltration Locatelli
CAGLIARI Cannabis 2.400 KG Refus de C.Gatard de faire saisir les 2 tonnes de cannabis sur MELOR
ALMEER III Résine de cannabis afghan 15.000 KG Marchandise jetée à la mer
ROTTERDAM

BARCELONE

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DJIBOUTI

Acquisition Poseidon  Signalement à Gatard et Lesquert à Barcelone.

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Escale MELOR pour enlèvement 32 tonnes

Hôtel Meurice Meeting avec Graham – Financier des 80 tonnes de cannabis afghan Refus d’agir décidé par Joseph Le Luarn – DI DNRED
Hôtel Concorde Lafayette – PARIS Réunion avec Joseph Le Luarn et Gatard: opération 10 tonnes de cocaïne sur Corse et blanchiment prévu de 2 millions de dollars par l’ex DG WEBER
Brunswick Canada 30/10/1993 cannabis afghan Opération BELT* Signalement effectué à Jean Paul Garcia – Douane Française -Madrid
CANBERRA (UK) 03/11/1993 cannabis afghan 5 tonnes Saisies par HM Customs-excise
POSEIDON cannabis marocain 6 tonnes Saisie et arraisonnement à 1000 milles de l’Angleterre
*BELT résine de cannabis afghan 27 tonnes Saisies par Autorités canadiennes
JERSEY
Janvier 1994
Hervé Maignier, divisionnaire DNRED, rencontre la douane de Jersey à Jersey et fait noircir ma photo sur mon passeport Charles Henri de Bossieu, le propriétaire du « Sea Harmony »
PACIFICO 22/02/1994 cocaïne 5,4 tonnes Saisie après poursuite par navire militaire canadien et bidonnage du « plotter » pour pouvoir saisir le  cargo Pacifico.
Opération DINERO

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FRANCE

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BASTILLE

Nombreuses réunions avec le DEA de Paris et Rome à Paris, La Baule, Nantes et l’Ambassade américaine

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Meeting avec Puyanet, le DI DNRED et Gatard pour faire charger 1 tonne de cocaïne sur le M/Y « Sea Harmony »…

TOTAL

des

signalements

ayant entrainés saisies

Plus de

110 Tonnes

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Conclusions

Christian Gatard n’a pas été autorisé à s’exprimer…

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J.L Viala

Le DG J.L Viala n’a rien fait.Le DG P.M Duhamel a tenté une approche avec Md Strachan du HM Customs-excise à Stockholm, l’attaché douanier Philippe Galy de Londres m’a menacé de m’en faire prendre pour dix ans si je ne plaidais pas coupable.

P.M Duhamel

 

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Le DI Puyanet m’a fait dire que je pourrais plaider non coupable au Canada.

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Christian Gatard, le DR de Marseille, B.Roux, l’attaché à Washington et O.Arribe le consul général de France à Moncton sont venus au Canada me dire de plaider coupable et que « On arrangerait les affaires une fois de retour en France » sur ordre d’un des conseillers de D.Strauss-Kahn, le ministre des finances.

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Le ministre Michel CHARASSE n’a rien fait et a perdu son procès en première instance et en appel qu’il avait intenté contre Marc Fievet pour diffamation, suite à:

« CHARASSE M’A LACHÉ« 

paru dans « le Parisien »

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Le DG François Auvigne a refusé d’intervenir malgré les suppliques de Jean Puons, DI de la DNRED. Il a dit qu’il n’avait pas à assumer les décisions prises par ses prédécesseurs!

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Le DG François Mongin n’a rien fait!

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Résultat

 

3.888 jours de détention « non stop » dans quatre pays, 23 prisons et 392 cellules

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Jérôme Fournel a fait manipuler les faits  pour que la demande d’indemnités déposée par Marc Fievet soit rejetée aidé par Erwan GUILMIN, Elizabeth MELSCOET puis Thomas CHARVET et Michel BARON avant d’intervenir pour que le film « L’Aviseur » soit rebaptisé GIBRALTAR avec scénario modifié, écartant une scène où Michel Charasse apparaitrait.

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La Juge d’instruction Sophie Clément a blanchi Marc Fievet de toutes actions de narcotrafic!

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Et le dossier de Marc Fievet est toujours classé « SECRET DEFENSE« 

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De 2011 à 2014, c’était Corinne Cleostrate qui était la directrice régionale des douanes et droits indirects à Roissy Voyageurs.

Perry Menz était directeur des services interrégional de Roissy jusqu’en 2014. Pouvait-il ignorer les trafics de bagages ?

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La DG de la Douane française est toujours restée aux abonnés absents!

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Seul Jérôme Fournel répondra pour affirmer que la hiérarchie ne savait rien!

Comme toujours!

Et en dernier recours…

De vous à moi, je peux vous le dire…ils ne savent jamais rien…sauf quand ils peuvent s’enorgueillir de la réussite d’une belle affaire! NS 55

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Un OBJECTIF fixé au ministre de l’intérieur comme remonter les filières et ceux qui se font vraiment de l’argent!

Dix mois après un discours très ferme du chef de l’État, les premières mesures sont en préparation dans les ministères de l’Intérieur et de la Justice.

«Ce qui est clair, c’est qu’on a perdu la bataille du trafic dans de nombreuses cités.» Comme à son habitude, Emmanuel Macron ne prend pas de gants en présentant, le 22 mai 2018, ses mesures pour les banlieues. Il parle «d’embrasement», d’organisations «au moins nationales, et bien souvent internationales, qui sont derrière ces trafics et qui conduisent au pire des crimes». Et conclut: «Pour le mois de juillet, je veux qu’on ait finalisé un plan de mobilisation sur la lutte contre les trafics de drogue.»

L’été s’en est allé sans plan. En février dernier, à Évry, le président revient sur le sujet et parle d’un «objectif pour les prochaines semaines, que j’ai assigné au ministre [de l’Intérieur], sur la lutte contre les stupéfiants et les trafics, de reprendre le combat avec de nouvelles méthodes».

Et d’évoquer quelques pistes: «remonter les filières et ceux qui se font vraiment de l’argent, qui amènent la production et qui arrivent à entretenir cette économie parallèle», «éviter …

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Et pendant ce temps-là:

Dans un silence total des DI, DR et autres administrateurs, suite au feu vert donné par Rodolphe Gintz, le directeur général de la Douane française, ce jeudi matin, la police a engagé des discussions avec les douaniers pour qu’ils stoppent leur «grève du zèle».

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En France, on aime bien signer des protocoles…

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Signature du protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane

Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la justice, Annick Girardin, ministre des outre-mer, Christelle Dubos, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Laurent Nunez, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, ainsi que Rodolphe Gintz, directeur général des douanes et droits indirects, ont signé ce mercredi 27mars le protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane.

Ce protocole permettra de renforcer et mieux coordonner les efforts de ces acteurs dans la lutte contre ce fléau, tant en métropole qu’en Guyane.

Nicole Belloubet et Annick Girardin avaient annoncé lors de leur déplacement en Guyane un plan interministériel de lutte contre le trafic de cocaïne vers la métropole .

Le protocole, conjugué aux nouvelles dispositions légales récemment entrées en vigueur dans la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, va permettre de relever ce défi.

Il est le fruit d’un travail de concertation intense entre les différents ministères concernés.

C’est ainsi qu’aux termes de ce protocole, l’ensemble des parties prenantes s’engage :

En Guyane :

Premièrement, à renforcer les contrôles dès la frontière avec le Suriname. A cet égard, les effectifs de la brigade de recherche de Saint Laurent du Maroni seront renforcés dès cet été, passant de 18 à 22 militaires ;

Deuxièmement à intensifier les contrôles à l’aéroport de Cayenne en accentuant le ciblage des passeurs de drogue et en assurant un meilleur échange de renseignements entre les brigades des douanes de Cayenne et d’Orly.

Troisièmement à créer de nouvelles chambres d’hôpital à Cayenne, permettant de doubler le nombre des passeurs de drogue in corpore pris en charge, de 4 à 8 ;

Quatrièmement à reconduire les opérations de dissuasion renforcée aux abords de l’aéroport.

En Métropole :

Tout d’abord à renforcer la qualité du ciblage effectué par les agents des douanes pour affiner la détection des passeurs de drogue, y compris s’ils parviennent à échapper aux contrôles dans les aéroports ;

Ensuite à renforcer les effectifs douaniers permettant une intensification des contrôles des passeurs en provenance de Cayenne ;

Enfin à créer en septembre prochain une antenne de l’OCRTIS, office central de police judiciaire spécialisé dans la lutte contre les trafics de stupéfiants, à l’aéroport d’Orly, à l’instar de ce qui existe à Roissy.

En bout de chaîne, une politique pénale de fermeté sera mise en œuvre par les parquets de Cayenne et de Créteil en termes de poursuites et de réquisitions à l’audience.

Source

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Sonya Djemni-Wagner, à gauche du Président Macron

En espérant que Madame Sonya Djemni-Wagner, conseillère justice au cabinet du président de la République, puisse écouter Eric De Montgolfier.

J’ai toujours en mémoire sa répartie lorsque ma condamnation canadienne a été adaptée au droit français en aggravant cette dernière.

La jeune substitut du procureur de Bobigny qu’elle était m’a envoyé à la tête cette phrase de véritable ponce pilate: « Je réclame 20 ans, vous n’aurez qu’à demander la ‘grâce présidentielle‘! »

Voir l’article original

et la vidéo

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The international informant

Magistrat connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche et dit « incorruptible », il a été sous le feu médiatique en tant que Procureur de la République pour avoir instruit des affaires politico-financières sensibles et des systèmes mafieux qui ne l’ont pas épargné. Aujourd’hui à la retraite, il réserve son temps libre à l’écriture et est sollicité par les médias pour son expertise. Il a publié récemment « Une morale pour les aigles, une autre pour les pigeons » chez Michel Lafon.

En seconde partie d’émission Jacques Dor, jeune pianiste de talent nous fait découvrir les oeuvres isolées de Chopin qu’il a réunies dans un disque (Rejoyce). D’une étonnante modernité et très profonds, les quelques extraits permettent une parfaite introduction à une discussion spirituelle entre ces deux invités aux univers différents.

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Aller inaugurer un nouveau navire…C’est bien, mais prendre la décision d’augmenter les effectifs de la CELTICS dédiés au ciblage, ce serait mieux!

En quelques années, le port du Havre est devenu la principale porte d’entrée de la cocaïne en France. La technique en vogue chez les trafiquants, c’est le « rip-off », qui consiste à placer la drogue dans un conteneur à l’insu de l’expéditeur et du destinataire grâce à d’indispensables complices… les dockers !

Tout-puissants sur le port, les dockers forment une communauté très fermée.

Combien sont-ils à tremper dans le trafic de stupéfiants ?

Suivi des missions de la douane française sur le port du Havre, dans un laboratoire d’analyse ainsi que dans la cellule d’étude et de lutte contre le trafic illicite par conteneur.

Le 14 septembre 2018, les douaniers ont saisi 750 kilos de cocaïne dans un conteneur sur le port du Havre. Presque une routine sur ces quais devenus en quelques années la principale porte d’entrée de la cocaïne en France. La technique en vogue chez les trafiquants, c’est le « rip-off », qui consiste à placer la drogue dans un conteneur à l’insu de l’expéditeur et du destinataire grâce à d’indispensables complices… les dockers ! Tout-puissants sur le port, omniprésents, soudés, les dockers forment une communauté impénétrable. En mars 2016, six d’entre eux ont été interpellés dans une affaire de cocaïne. Sur le port du Havre, combien sont-ils à tremper dans le trafic de stupéfiants ? Comment sont-ils recrutés ? Quand la « grapille » devient trafic mondial « Complément d’enquête » sur cette communauté très fermée, protégée par la toute-puissante CGT, redoutée des pouvoirs publics. Les dockers défendent farouchement, depuis plus d’un demi-siècle, leur statut et leurs acquis sociaux. Et, pour certains, des passe-droits comme la « grapille », le surnom pudiquement donné au pillage des conteneurs. Vidéos et témoignages à l’appui, découvrez la technique du « rip-off ». Sur le port du Havre, la « grapille » prend aujourd’hui la forme d’un trafic mondial qui rapporte des centaines de millions d’euros aux donneurs d’ordre. Un documentaire exceptionnel qui vous embarque des plantations de bananes colombiennes infiltrées par les cartels jusqu’aux terminaux du Havre.

Mais dans le quartier des Neiges, le bastion historique des dockers au milieu du port, malheur à celui qui parle aux journalistes…

Une enquête de Claire Tesson, Damien Brunon et Franck Zahler.

L’invité : Vincent Le Beguec, chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS)

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DNRED 🇫🇷 (Douane française): la controverse, quand Christian Gatard contredit l’administrateur Michel Baron

Publié: 23 mars 2019 par Marc Fievet dans 36, Albanie, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, CELTIC, Ceuta, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, HM Customs Excise (UK), INFOS, INTERPOL, Italie, Justice, Maroc, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pakistan, Police, Policia, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR, Venezuela
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Il y a le film et… la réalité!

« Gibraltar » : l’auteur du livre rétablit SA vérité.
lundi 3 février 2014 – 18h00
L’auteur du livre et protagoniste des faits qui ont inspiré le film « Gibraltar », écrit par Abdel Raouf Dafri et réalisé par Julien Leclercq, a tenu à répondre aux propos des deux hommes, tenus sur le site ALLOCINE.
© Mika Cotellon / SND 

Réponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité :

« Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspiré le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidéos mises en ligne sur Allocine (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevée, j’estime nécessaire d’apporter quelques précisions supplémentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et réalisé par Julien Leclercq, avec dans le rôle de Marc Duval, Gilles Lellouche, dans le rôle de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rôle du narco Claudio Pasquale Locatelli – considéré comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio.Le  scénario initial tiré du livre « L’Aviseur » que j’ai écrit, et qui a inspiré l’écriture par Abdel Raouf Dafri, du scénario auquel j’ai participé et pour lequel j’ai signé un contrat de consultant, n’a pas été respecté par le réalisateur et ne correspond en rien à ce qui devait être tourné…

En effet comment aurais-je pu accepter d’être présenté comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar à tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entêtant toutefois à garder un voilier qu’il n’était pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le réalisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de mon vécu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rôle que j’ai joué auprès des autorités régaliennes et des opérations undercover des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontré le réalisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privée à laquelle j’ai assisté, accompagné de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immédiatement demandé pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scénario d’Abdel Raouf Dafri)? 

Après un bafouillage, il m’expliqua que c’était une question de coût !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru à bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins démontré la volonté politique des actions d’infiltration. Mais c’était trop cher !!!

Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Ce qui me navre, c’est que je suis présenté dans ce mauvais film comme un pauvre mec aux abois et pis encore, comme un mauvais agent d’infiltration. »

Pourtant, si l’on en croit les propos de :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) a été interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc Fiévet a été très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intéressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontré plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont même financé l’achat d’un restaurant à Estepona, près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens. »

À la question « Pourquoi a-t-il été arrêté ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltré dans les réseaux et a été, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment six tonnes de cocaïne au Canada. Bien que les Britanniques aient profité des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaïne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flingué ».
Grâce à lui, on les avait informés de cette livraison, ils étaient très intéressés, ils espéraient arrêter des membres de l’IRA et ont donné des instructions précises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du Vénézuela. Mais, dans la zone concernée, les Américains ont procédé inopinément à des contrôles renforcés et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont été très désappointés.
Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le film de manière déformée. Après son arrestation, il n’a pas été soutenu par la France. Il aurait peut-être pu bénéficier d’une remise de peine suite à son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur général des douanes avait changé ainsi que le ministre. »

Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existé ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrôles en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses aménagées par rapport à la réalité.
Je n’ai pas un mauvais rôle, mais le film ne retrace pas les nombreux échanges qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait.L’angélisme et le milieu du renseignement sont deux mondes très éloignés. Depuis cette période, il y a eu de gros progrès technologiques mais le renseignement est toujours nécessaire. »

Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France

Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’étais en recherche d’emploi, il m’a contacté par téléphone puis nous nous sommes rencontrés à Gibraltar. J’ai accepté de travailler pour les douanes car c’était une activité d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intégrer et obtenir des résultats. J’estimais que j’étais en capacité de donner le change afin d’éviter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoïa des narco-trafiquants.
Nous avions des résultats exceptionnels. Cela a bien marché jusqu’à un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donné pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’étais déjà infiltré dans l’organisation dirigée par Claudio Locatelli, baron de la drogue. Les responsables des douanes avec lesquels j’étais en relation ont été mutés.
À l’époque, je naviguais sur un bateau, financé à 50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’étant pas informé de cette nouvelle orientation politique, j’ai continué mon activité et fin juin, j’ai organisé à l’hôtel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisé Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne de la DNRED et en particulier Joseph Le louarn ont refusé de mettre à disposition des hommes pour soutenir l’équipe nantaise et le dispositif a échoué. »

Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’être prudent, mais j’étais axé sur la culture du résultat et infiltré à un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvé sous la coupe de Locatelli qui m’a mis à l’abri avec ma famille à un moment où j’étais menacé ; les douanes françaises que j’avais sollicitées m’avaient laissé tomber.
Christian Gatard a ensuite été muté à Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant été sollicité par sa hiérarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatrié en France et qu’on solliciterait une grâce présidentielle.
Quand je suis rentré, François Auvigne, le directeur général des douanes de l’époque, a refusé d’intervenir et d’assumer la continuité du service de l’Etat. De son côté, Michel Charasse, que j’avais rencontré cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois gracié. Ce sont eux les deux responsables.
Christian Gatard ne m’a pas laissé tomber, on a travaillé ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, même si cela provoque chez moi un retour d’adrénaline et me renvoie des années en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la réalité, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectée et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis présenté par les médias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux.
Au début, j’ai eu un contrat de coscénariste et j’ai participé aux quatre premiers scénarios (il y en a eu sept). Après j’ai été écarté et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas été approché par Julien Leclercq, le réalisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage. »

« Comment aurais-je pu approuver le rôle du personnage censé me représenter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors même que ce dernier s’est refusé à toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas être « subjugué » ou « déçu » ».

« Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rôle d’un individu bien réel qui a inspiré un scénariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne à l’écran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage.

Au lieu de cela, et c’est Gilles Lellouche lui-même qui le précisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (Télématin-France 2),  il réécrivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirées à l’hôtel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangé le scénario et les dialogues à sa façon, avec l’aval du prétendu réalisateur.

Dans ces conditions, les états d’âme de Gilles Lellouche sont surprenants.
Alors, pourquoi ce film qui ne représente en rien la réalité ? C’est la question que je me pose et que je pose à Dimitri Rassam ! »

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?

« J’ai appris de la bouche même d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation téléphonique assez houleuse à ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises à SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire était un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, au sein de la Direction générale de la Police)… Ce mystérieux agent aurait informé la société SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.

Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillé définitivement avec le producteur et le réalisateur et a tourné le dos au film, 8 jours avant le début du tournage.

Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait déjà plus à l’époque de la mise en chantier du film, car remplacée par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, Infiltré, au coeur de la mafia, fut écrite par un ancien patron de la DST qui « connait la chanson »! »

En réalité, c’est Jérôme Fournel, le DG de la Douane française, qui a manipulé Rassam et la production, allant même jusqu’à s’en vanter auprès de Jean Paul Garcia, à l’époque à l’A2, un service de la DG.

Marc Fievet

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A VOIR EGALEMENT
Trop cher de montrer un acteur jouant le ministre Michel Charasse recevant Marc Duval!
Mais pourtant, Julien Leclercq va créer une scène pour y faire tourner sa compagne…Là ça ne devait sans doute rien couter…Mais ça n’apportait rien au film!
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