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bresil-3 10 février 2016

Le Brésil est une vieille connaissance, question trafic de cocaïne : en 1994, une article évoquait déjà ce « nouvel espace » qui s’offrait à lui. « La cocaïne n’a jamais été aussi bon marché, abondante et pure, au Brésil « avait-on pu lire à ce propos. Vingt ans plus tard, avec l’organisation de la coupe du monde de football en 2014 (désastreuse pour l’équipe brésilienne !) on s’attendait à une explosion de la consommation, et on n’a pas été déçu en effet, avec la prolifération des vols des petits Cessna venus du Pérou ou de la Bolivie, pour la plupart, dans les mois qui ont précédé. Au Brésil, la coke est aujourd’hui devenue tellement commune qu’elle apparaît dans les films, que attaque-filmcertains détournent sur You Tube en faisant croire à un nouveau scoop. La réalité, bien plus prosaïque et inquiétante est là : les narco-trafiquants sont bien implémentés dans le tissu politique du pays (voire même incrustés depuis des années), un bon nombre d’élus étant tombés sous le charme d’ambassadrices d’un genre spécial des caïds locaux de la drogue…

Commençons par un poursuite digne d’Hollywood. La scène a été filmée récemment, le 24attaque octobre dernier, au Brésil, par un jeune homme âgé de 25 ans, appelé Luiz Fernando Sampaio Puretz. On l’entend faire lui-même les commentaires sur la vidéo. Celle-ci commence par un drôle de bruit : celui d’une rafale de tirs, provenant des deux mitrailleuses 12,7 mm  qui équipent les Embraer Super Tucanos de la chasse brésilienne. Cela continue avec la poursuite d’un avion de tourisme par ce même Tucano, en difficultés, à l’évidence. Visiblement, le jeune homme venait de filmer l’interception d’un avion lié à un trafle endommagéeic de drogue. Confirmation dès le lendemain par le Centre Public d’Information de l’Armée de l’Air brésilienne qui par note du dimanche (25 octobre) indique « qu’un avion sans plan de vol et qui a pris une route connue pour être utilisé pour des activités illicites » et qu’il a été intercepté samedi dans la région de la municipalité de Japorã. Une vidéo postée par l’armée montre l’interception avec effectivement des tirs touchant l’aile gauche de l’avion. On retrouvera l’avion concerné au sol, avec effectivement l’aile gauche trouée comme une passoire.   (ci-contre à droite on aperçoit les dégâts). L’appareil, un Embraer 721 « Sertenajo » (un
Cherokee 32R Lance Piper construit sous licence au Brésil) immatriculé PT-EXP, avait  quand même réussi a fuir à basse altitude, quoique gravement endommagé, le long de la frontière, avant de retourner dans l’espace aérien brésilien et d’atterrir clandestinement à l’aéroport de Paranavai Edu Chaves, dans l’état de Parana, à environ 250 kilomètres de la frontière avec le Paraguay. avion visitéC’est là qu’il a été retrouvé abandonné par ses occupants.  Le plus étonnant était que le même appareil avait déjà été contrôlé par les douanes, mais au Paraguay, le 26 septembre 2012, retrouvé posé sur une route en pleine campagne, ce qui montrait une vidéo.

A bord, une cargaison de produits électroniques et certains médicaments (et non de la drogue) répartis en 17 colis, vraisemblablement de contrebande. Avaient été alors arrêtés  le pilote brésilien Atilon Bezerra de Alencar, et son compatriote Paulo Cesar Maidana, et trois paraguayens Walter Daniel Casco, Miltiade Galeano Espínola et Julio Leiva. A côté de l’avion, trois véhicules avaient été saisis. Un petit camion Kia, une camionnette Mitsubishi Montero, et une Toyota Corsa. Un trafic était établi, mais l’appareil n’avait donc pas été saisi, ce qui peut surprendre. L’avion poursuivi n’était donc pas un inconnu pour la police paraguayenne en tout cas ! Selon les enquêteurs il faisait partie de l’organisation du narcotrafiquant Esequiel Gomez de Souza, aujourd’hui en prison dans le pays. En  2012, De Souza avait réalisé le transport d’un volume étonnant de cocaïne : « Ezequiel Gomez de Souza, né dans la ville de Salto del Guaira, le 26 mars 1980, est l’élément clé qui a conduit la Senad à saisir la plus grande expédition de cocaïne  enregistrée dans le pays, samedi 10 novembre dernier, dans la ville de la Paloma, dans le département de Canindeyú (au Paraguay), où est tombé 1,748 kilogrammes de drogue. Il a également été le sommet de l’iceberg qui a conduit à la formation de l’exploitation agricole Águila Negra, (aigle noir) où le groupe effectuait un travail externalisé où redistribution de la cocaïne a été démantelée. »

avions paraguay

C’était un réseau fort structuré, de Souza fidélisant ses petits producteurs tout simplement… en les protégeant : »de Souza utilisait sa structure de contrebande pour travailler dans le commerce de la cocaïne. Plus l’entreprise avait des revenus élevés et moins les agences de sécurité la dérangeaient… Comme il assurait la « sécurité » de la cocaïne de Bolivie du Brésil les producteurs ont vu en lui un allié parfait. L’antidrogue locale avait bien découvert son commerce, mais sans connaître son infrastructure. Car cet homme savait comment résoudre le problème : par des mensualités de 20 000 dollars en espèces pendant plus d’un an ». Sur place, la police avait trouvé cinq petits avions de transport (des Cessna, mais aussi un rare Aerocomp Comp Air 10 – où avaient-ils déniché ce bidule aérien rarissime – et quatre grandes voitures de luxe. La ferme servait de centre de conditionnement pour partir au Brésil après être arrivé de la Bolivie.

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interceptionL’armée brésilienne tire donc sans trop discuter sur les avions des trafiquants, et ce depuis une loi lautorisant, datant de 2004. Plusieurs vidéos montrent comment ça se passe : une datant de 2006, où l’on peut voir un Cessna blanc à queue verte poursuivi par un avion militaire Tucano (A-29) forcé à se poser sur une route de terre. Mais on peut aussi facilement se faire avoir sur le net, avec ce genre de vidéos, si on ne fait pas attention. La preuve avec ce qui suit… Car une autre vidéo (floutée, ici à gauche) montre un Beechcraft Baron attaqué à la mitrailleuse par deux Tucanos après avoir été approché et avoir refusé d’obtempérer. La vidéo montrée par l’armée de l’air révélant la dimension sonore de l’événement singulier. On y distingue le Cessna Baron l’aile gauche fumante après la passe de tir, l’avion s’inclinant et se dirigeant vers le sol. Le problème de la vidéo, outre son étrange montage (des coupures ont été faites, visiblement) étant sa date : mise en ligne le 29 mai 2015, rien ne dit que la séquence montrée soit de cette date ou alentour.chute good Il semble en tout cas que lors de l’approche, l’un des Tucanos se soit fait tirer dessus, semble-t-il, par les occupants de l’avion de tourisme (il s’en écarte juste après). En prime, lorsque l’avion des trafiquants plonge, il émet une fumée  noire, ce qui fait penser à un traitement vidéo de post-production plutôt qu’à la réalité. Pas de trace de crash non plus à relever dans les registres, pas de date exacte visible : le cas reste intriguant. Le seul exemple relevé d’un Beechraft Baron 58 porteur de 560 kilos cocaïne est celui du N6037U, (modèle TH-1021) qui s’était écrasé le 5 mars 2011 après avoir volé trop bas dans la Sierra Serra Amolar dans le Pantanal (le Mato Grosso du sud). L’avion, récemment exporté devait porter l’immatriculation PR-PCR. Or l’avion du jour, visible ici, ne portait pas la même décoration que celui intercepté vu dans la vidéo. L’exemplaire arborant une décoration plus ancienne et originelle du B-55, comme ici le PT-JZD , le PR-CFS ou le PR-CGC. Le « flou » artistique apposé aux images par l’armée exclut en tout cas une immatriculation à l’américaine: on a bien deux lettres, puis trois, séparées par un tiret. Et en cherchant un peu plus, on découvre qu’on a bien failli se faire avoir… par une production filmographique de Roberto Carminati,  en forme de publicité pour les forces aéronavales brésiliennes (un film s’intitulant « Segurança Nacional« ), datant de 2010, dont un extrait est visible ici. On y distingue l’immatriculation du Beechcraft dans le film : « PT-KIL ». Un joli pied de nez ! La production n’a pas indiqué quel appareil a été utilisé, peut-être bien un des trois indiqués. Mais on avait eu au final un vrai « soap opéra », un superbe nanar, comme film, selon la critique !!! Pas malin du tout de balancer ça sur le net de cette façon ! Surtout venant dun… maquettiste !

traficUne autre vidéo encore, tout aussi impressionnante, mais bien plus réaliste celle-là, rappelle celle des trafiquants péruviens pris sur le fait en 2014 par de courageux journalistes d’investigation. Cette fois-ci, ça se passe de nouveau au Brésil, en 2013, avec une scène assez hallucinante qui ne sera révélée que l’année suivante. Celui de l’arrivée d’un hélicoptère et d’un transfert de 445 kilos de cocaïne du petit Robinson 66 (R-66) chargé à ras bords vers une voiture stationnée auprès, dont le coffre et les sièges arrières seront rempli de paquets de cocaïne. En échange, l’hélicoptère recevant des bidons d’essence, apportés en lisière de forêt près du lieu d’atterrissage. Le problème étant quand les policiers découvrent à qui appartient réellement l’hélicoptère (qui vaut quand même ses 970 000 dollars). Immatriculé PR-GZP, il est en effet la (co) propriété de Limeira Agropecuária, une entreprise qui appartient au jeune député Gustavo Perrella (de Solidarité-MG) helicoptero-apreendidoreprésentant le Minas Oeiras, à sa sœur et à un cousin. Or Gustavo n’est autre que le fils du sénateur Zeze Perrella (PDT-MG) ancien président de Cruzeiro, club de football brésilien. Tout de suite, la presse fait le buzz avec cette découverte. Un buzz alimenté par d’excellentes analyses, parfois. Ainsi cet article passionnant qui démontre que l’hélicoptère ne venait pas de très loin, obligatoirement (une analyse faite sans avoir vu la vidéo, signalons-le) : en ajoutant le poids de l’aéronef (581 kg), celui des pilotes (140 kg) et le poids de la cocaïne (445 kg) un petit malin avait calculé qu’on en était déjà à 1166 kg, la limite d’embarquement de l’hélicoptère. « Cela laissait seulement 59 kg pour le carburant. Avec 224 kg, selon de recherches, l’autonomie de la R-66 est de trois heures, en volant à 220 km / h. Ainsi, vous pouvez faire, jusqu’à atteindre la limite de la jauge…  666 km. Huuummm … Règle de trois: si, avec 225 kg de carburant, on peut voler 660 km, avec 59 kg, on vole un maximum de 173,8 kilomètres… ». Résultat, l’appareil ne avait pas venir de très loin…

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Il n’était pas venu de très loin en effet… Mais la veille il était encore au Paraguay, ce qui est encore plus étonnant et plus intriguant. Selon la police, une recherche faite dans son GPS avait montré que l’hélicoptère était encore dans le pays voisin, le 23 novembre, à Pedro Juan Cabalero, endroit où il avait très certainement chargé la coke. Puis il s’est envolé vers le Brésil où la drogue avait été alors dissimulée. L’hélicoptère, sans sa cocaïne, avait été ensuite vu et enregistré dans l’aéroport de Campo de Marte. Le lendemain, cette fois avec la drogue à bord, il a fait une escale dans le Minas Gerais et s’est dirigé vers Espírito Santo. C’est quand il a atteint la ville de Afonso Claudio, dans la région montagneuse de Espírito Santo (ici à gauche), que la police fédérale était intervenue. alfonso claudioLa famille Perella pouvait-elle ignorer le sort de son hélicoptère pendant plusieurs jours, voilà bien tout le mystère. Au simple prix du carburant utilisé, par exemple, on a des doutes sur la totale liberté et l’autonomie laissée à son seul pilote. Le dénommé Rogério Almeida Antunes, un employé de la société de Perella qui avait avoué avoir reçu 60 000 dollars pour transporter la drogue, sans avouer de la part de qui, et qui accusait au passage le co-pilote de l’aéronef, Alexandre José de Oliveira d’avoir été l’initiateur du transfert de coke, lui aussi arrêté. Selon la police, la famille Perella lui aurait en effet laissé les clés de l’appareil, ce qui la disculpait, bien évidemment.  Le procédé semblait un peu gros. Mais toujours selon la police, l’étude des 11 téléphones cellulaires de la famille Perella aurait effectivement démontré que le pilote avait organisé « de son propre chef » (et celui du trafiquant sous les ordres duquel il avait agi), la famille n’ayant pas une seule fois évoqué en conversations le projet. La presse restera néanmoins dubitative relevant au passage des liens avec une personnalité plus haut placée encore, notamment « les relations intimes entre Perrela et le candidat potentiel à la présidence de la République, Aécio Neves  (le petit-fils de l’ancien président brésilien Tancredo Neves). Un rapport informe que le sénateur Zézé Perrela (PDT-MG) a également payé de son bureau et financé le carburant utilisé dans le célèbre hélicoptère. Zézé et Gustavo, père et fils, sont de plus en plus empêtrés dans l’affaire », avait-on pu lire. L’information étant reprise en boucle sur les chaînes Telesur et l’un des sites de « buzz » Etats-Unis, TMZ, car Neves a un poids considérable dans le pays : il a été battu de justesse par Dilma Rousseff, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne de 2014… Pour la présidente alors en difficultés, l’affaire était plus qu’intéressante à suivre, on le comprend.

Le hic demeurant effectivement le dernier  « saut de puce » effectué par l’hélico et détecté par notre calculateur amusé : « la police enquête pour savoir si l’aéroport Claudio a été utilisé comme une voie pour trafic de drogue, car il est déjà d’information publique que l’hélicoptère de la Limeira Agricultural Company, et du sénateur famille Zézé Perrela, saisi a Espírito Santo en transportant 445 kilogrammes de cocaïne novembre dernier, a touché terre à un moment donné avant dans le village de Sabarazinho (à seulement 14 km de l’aéroport minier de Claudio), trois heures avant d’entreprendre un voyage à un endroit précis dans la ville de Santo Afonso Claudio Espirito. La police a atteint une telle confirmation sur la base du suivi hélicoptère GPS, ainsi que dans le plan de vol noté les pilotes, saisi par la police fédérale de Espírito Santo, dans le sud-est, l’année dernière ». Le dossier s’épaississant avec celui du journaliste Lucas Ferraz, la « Folha de S. Paulo », qui a découvert et révélé qu’Aécio Neves « avait construit la piste de la ferme qui appartenait à son grand-oncle, en plus d’être à côté de la succession de la famille du candidat. La semaine dernière, Aécio Neves a admis qu’il l’a utilisé, même si l’espace n’a pas encore été approuvé par l’Agence nationale de l’aviation civile ». « Or l’investissement par le gouvernement et l’État pour la construction de la piste a été  de 14 millions de reals. Claudio possède 25 000 habitants et se trouve à 50 kilomètres de Divinópolis, où il y avait déjà une piste d’atterrissage et de décollage ». Bref, personne n’avait au départ compris pourquoi cette piste à cet endroit, une piste construite avec l’argent de l’Etat, alors qu’elle semblait plutôt d’usage privé.

sabarazinioPrivée, car très liée  la famille Neves. « Le village (de Sabarazinho, ici à gauche) est à 14 kilomètres de Claudio et c’est aussi l’endroit des exploitations familiales Tolentino, où est née Risoleta Neves, épouse de Tancredo Neves, la grand-mère d’Aécio Neves. Elle est mentionné dans l’enquête sur l’analyse des messages des pilotes qui ont été capturés par les stations de radios de base (RBS), qui sont les dispositifs qui font le lien entre les téléphones cellulaires et la compagnie de téléphone. Une information publiée par le portail  G1 en novembre 2013 a révélé que la police avait identifié et fermé un laboratoire de raffinage de cocaïne dans la ville de Claudio … Le site a été démantelé après une dénonciation anonyme où l’on a trouvé de la cocaïne et de la marijuana. Personne n’a été arrêté. Selon un rapport publié dans « Folha de S. Paulo », un des sénateurs parents d’Aécio Neves (PSDB-MG) était en liaison  avec l’aéroport de  Claudio.  La poudre de l’hélicoptère a été saisie le 24 novembre. Trois jours plus tard, le 27 novembre, après la révélation de la saisie dans les médias, le propriétaire a déposé une plainte à la police militaire de Divinópolis. Selon cette même police, la dénonciation a été faite de façon «anonyme». Le propriétaire dit qu’il a vu un hélicoptère survolant la région à basse altitude et a ensuite trouvé sur leurs terres 13 jerricans de 20 litres chacun, avec dedans une substance similaire au kérosène ». La théorie de notre calculateur se tenait donc : l’hélicoptère venait de pas très loin, car il avait été obligé de se ravitailler. Ce que la vidéo avait révélé. Et il l’avait fait sur des terres appartenant au clan Neves. Là où a existé un laboratoire de transformation de la cocaïne. Rien pour prouver quoi que ce soit, mais des présomptions fort embarrassantes pour un candidat à la présidence du pays !

baron saisiDans la foulée des investigations on avait déjà découvert le 15 août 2013  trois avions, saisis par la police fédérale, dans le sud du pays, avions qui auraient été utilisés pour transporter de la drogue entre la Bolivie et le Brésiavion saisi 3l. Des appareils confisqués en cours de peinture, avec encore leurs collants de masquage, tel ce Beech Baron ci-contre (à gauche), et un autre exemplaire aux moteurs en réfection. Les vieux Baron semblent avoir encore la cote, au Brésil. Les trafiquants voulaient être discrets semble-t-il en les présentant sous des immatriculations plausibles et non avec un simple adhésif. Selon la police « Opération White Bull» désignait « selon les trafiquants le fait de négocier la vente de cocaïne sans attirer l’attention ». Le 10 juin 2014, la PF (polie fédérale) a appréhendé les voitures de luxe, avions, bateaux, dans le respect des mandats de perquisition et de saisie de force et de la probation, durant l’opération « Athos », qui s’est tenue le mardi (10) dans cinq États: le Minas Gerais, à Sao Paulo, à Rio de Janeiro,  au Parana et à Santa Catarina. L’action a démembré une organisation criminelle liée au commerce de la drogue qui a apporté des produits de la Bolivie et du Paraguay à l’intérieur de São Paulo et de les a distribuées au Minas Gerais, à Rio de Janeiro et dans le Nord. » Dans la foulée encore, ferrariLe 14 juillet, par ordonnance de la Cour suprême (STF), la police saisissait également trois véhicules de luxe à Brasilia dans le deux résidences (Casa da Dinda et villa Collor) de l’ancien président et sénateur Fernando Collorde Mello (PTB): une Ferrari, une Porsche et une Lamborghini. Officiellement pour détournement d’agent public, provenant du scandale Petrobras. Or Colorde Mello n’est autre que l’ancien  et 32e président de la République du pays (de 1990 à 1992), et… un grand partisan de la privatisation du pays !!!

saisieEn mars dernier lors de l’Operação Elementar, c’était un yacht d’une valeur de 3,5 millions d’euros. et 15 voitures de luxe, dont des Ferrari et des Jaguar, qui étaient saisis à Brasilia. La police confirmant lors que parmi les personnes arrêtées il y avait quatre officiers de police du District Fédéral. Sandra Maria da Silveira et Paulo Barongeno, le chef de la division des opérations aériennes. Ils étaient chargés de protéger les membres de la bande, à travers les fuites d’informations confidentielles  qu’il distillaient ou en avertissant des témoins repérés. Un des agents arrêtés était un retraité de la police civile, l’agent Marcelo Toledo. Il avait déjà été nommé dans les enquêtes sur le fonctionnement du système de corruption signalé dans l’enquête n°650, de la Cour Supérieure de Justice. Un dossier dans lequel les deux agents cités avaient yachtfreiné les investigations visant l’agent de change Fayed Antoine Traboulsi, accusé de blanchiment d’argent. Traboulsi, un libanais né à Beyrouth le le 28 Février 1961 mais naturalisée brésilien, surnommé « le turc », contrôlait aussi les maisons de poker à Brasilia. Le yacht de 19 mètres de long saisi appartenait justement à Traboulsi (il s’appelle « Georgette » le prénom de sa mère !). Pour l’acheter le 12 Décembre 2012, à Sea Marine (1), qui l’annonçait en vente à 1,6 millions d’euros (le navire coûterait aujourd’hui autour de 1,4 millions), Fayed avait utilisé une société écran, selon l’enquête, pour faire un premier dépôt d’un montant de 275 000 euros, puis d’autres, à partir d’autres comptes. Dans des proportions étonnantes : à parti de 10 comptes courants de particuliers et d’entreprises pour réaliser 17 dépôts différents ; sur une période de 11 jours seulement !!!

imagesEt ce n’était pas tout. Lors de l’Opération Miquéias , avait même été arrêté Luciane Hoepers, une ex top modèle « miss bum bum » au Brésil » (je vous laisse découvrir ce que c’est), devenue « agent immobilier », soupçonnée elle aussi d’organiser tout un réseau en  blanchiment d’argent et en détournement de fonds de pension. Sur les magazines qui avaient fait sa gloire, la voici devenue « la muse de la corruption« . En fait elle servait d’appât pour politiciens véreux. Car la fameuse Luciane était bien liée à Fayed Antoine Traboulsi (2), l’organisateur du réseau, comme l’ont montré les écoutes téléphoniques qui ont révélé également plusieurs contacts du mannequin ou de ses amies avec des politiciens, dont les députés Goiás Samuel Belchior, Daniel Vilela et Leandro Vilela – tous du PMDB… Dans la liste de contact de la miss Bum Bum, il y avait le nom de presque tous les maires des municipalités ou des anciens maires des villes du Mato Grosso, du Mato Grosso du Sud, du Goiás, de Santa Catarina et de São Paulo !!! En 18 mois d’investigation, il avait été prouvé que le groupe autour de Traboulsi avait ainsi empoché plus de 70 millions d’euros avec ce système d’hameçonnage par belle interposée. interpol nunesUn système de séduction des hommes politiques qui était bien rodé explique Brasilia BR : « le schéma dévoilé par la police fédérale montre également la grande influence que le groupe criminel a eu sur les gouvernements locaux et les représentants de l’Etat. Les « pastinhas » comme on les appelle les lobbyistes, ont voyagé à travers le Brésil pour convaincre les politiciens d’investir des fonds publics dans des sociétés fictives, qui ont ensuite été fermées. Ainsi, le bénéfice était réparti entre les criminels et l’agent public. La propriété d’un représentant de l’Etat de Goiás, par exemple, était la recherche et la cible de la saisie. Les maisons au moins de sept maires ou d’ anciens maires ont également perquisitionnées par des agents dans neuf états et le District fédéral. »  submarineLes « pastinhas » avaient donc pour fonction de séduire les maires et les convaincre de prendre l’argent public sur de faux fonds de pension. Deux autres complices constamment cités dans les enquêtes sont Carlos Eduardo Rocha Marzola et Flávio de Carvalho Junior, ceux qui ont ouvert les comptes des sociétés écrans. Or à bien regarder, on aurait dû faire davantage attention au personnage. Louis Antoine Traboulsi avait en effet déjà été condamné en 2012 par la Securities and Exchange Commission à payer 760 000 euros pour pratique déloyale sur le Stock Exchange. Les ramifications du réseau s’étendant partout. Selon le magazine « Istoé » au moins deux commissaires de la police civile seraient parmi les détenus. Pour ajouter à cela, le même jour était arrêté le trafiquant de drogue Nunes, Mario Sergio Machado Nunes, connu sous le nom de « Goiano» et qui, selon les dernières enquêtes en cours, avait des liens avec le baron de la drogue colombien Pablo Escobar et Joaquin « El Chapo» Guzman, indiquaient les autorités. L’homme s’était surtout fait remarquer jusqu’ici en développant des sous-marins transporteurs de drogue pour échapper aux gardes-côtes… et c’est encore une autre question que celle de ces fameux sous-marins (pour l’instant, j’en resterai ici à l’étude du trafic par avion seulement).

(1) le chantier italien créé par la famille Radice (Roberto décédé en 2012 avait été ministre des Travaux Publics dans le premier gouvernement Berlusconi), en faillite en 2014, est passé sous contrôle chinois le 27 mars 2015.

(2) sa propre histoire étant un résume »L’histoire de Fayed Traboulsi au Brésil commence avec la guerre civile connue par le Liban dans les années 1980,  la violence faite à sa famille libanaise qui l’incite à quitter le pays et aller à São Paulo dans une tentative pour une vie meilleure. Il est aussi passé par Goiânia. Fils du colporteur Antoine Assaf Taboulsi Fayed a bientôt atterri dans la capitale du pays. Il a commencé à se faire de l’argent et rencontrer une brésilienne, alorsqu’ il travaillait comme gestionnaire dans les hôtels San Marco et Saint-Pierre. À ce moment, il changeait toujours l’argent chez le changeur Chaker Youssef Nasr, dans un bureau du Kubitschek Plaza Hôtel. Il avait été indiqué aux clients par son compatriote. L’histoire de Fayed commencent à changer le 19 Décembre, 1995, quand, vers environ 13h30, Chaker a été assassiné au cours d’un vol dans son propre bureau. La famille de la victime ne voulanit pas faire fonctionner l’entreprise,  Fayed a été approché par Chico Gordo, l’un des employés du changeur d’argent, pour reprendre et étendre l’échange des dollars. Le Libanais ne le savait pas, mais la mort de Chaker serait un tournant de sa vie. Fayed avait l’argent pour acheter la société. Avec Chico Gordo, l’ancien responsable du portefeuille de la clientèle. Simplement et rapidement, il est s’est retrouvé assis sur une entreprise qui gagnait des millions de dollars dans les années suivantes. A cette époque, Fayed Antoine Traboulsi a commencé, vraiment,  le change en dollars, en laissant de côté les petites quantités de change généralement occupés par des touristes venus visiter la capitale. Resté anonyme derrière un comptoir jusqu’à ce que, selon les personnes qui lui étaient proches il a commencé à être recherché par les politiciens et les hommes d’affaires pour réaliser des transactions et un pillage illégal. Pour cela, « le Turc » a réuni une équipe de prête-noms, qui ont été mis à la disposition des comptes courants de changeur de monnaie, ouverts dans différentes banques. Ces personnes étaient en charge de la réception des dépôts, des retraits et de donner de l’argent aux personnes  indiquées par Fayed. À ce jour, le changeur d’argent utilise toujours la tactique pour masquer les dépenses et les marchandises des millionnaires. Il a le pouvoir de donner juste un coup de téléphone et de déplacer des millions sans qu’un seul nom n’apparaisse dans toute la transaction. » Le Turc a agi librement et tranquillement dans la capitale pendant plus de 20 ans. Il a fait fortune, a gagné la confiance des politiciens, des hommes d’affaires et de nombreux policiers. Son influence chez certains délégués et les agents de la police civile était telle que le groupe a tenté de nuire à une enquête de l’Office lutte contre le crime organisé (Deco). Pourtant, le changeur d’argent a finalement arrêté en mars 2013. Fayed, cependant, réussi à se faire libérer au bout de quelques jours » (…)  À la fin de mars de cette année, le changeur d’argent a été condamné à six ans de prison, en régime fermé, suite à l’arrêt de la Cour pénale 1er de Wansbeck, le résultat des enquêtes de l’opération Departed. Au pénitencier de Papuda, il n’est même pas resté 24 heures reclus, pourtant. Une injonction signé par le juge Cicero Romao, de la Cour fédérale de district et dans les Territoires (TJDFT), a prononcé sa libération. Aujourd’hui, il  est simplement retenu par son passeport, car il lui est interdit de voyager à l’improviste par la justice. Son avocat est Antonio Carlos de Almeida Castro, l’kakay, un des meilleurs criminalistes dans le pays. »

PS : le trailer du navet est ici :

http://www.adorocinema.com/filmes/filme-202451/trailer-19533862/

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en Stock (CXIII) : au Brésil on tire sur les avions, en vrai comme au cinéma, et la corruption est partout

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8 février 2016

Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, un bon nombre d’élèves-pilotes formés par le nombre important d’écoles de l’air boliviennes sont devenus des transporteurs de coke, effectuant le plus souvent le trajet Pérou-Bolivie, puis Bolivie-Brésil, ou inversement. Si ces écoles nourrissent elles aussi le trafic, c’est qu’un certain laxisme existe à leur égard. Notamment l’absence totale de vérification des ventes d’appareils américains, provenant le plus souvent de rebuts, ce qui explique aussi un bon nombre de crashs recensés étant donné leur vétusté. Mais d’autres formes de facilitation du trafic apparaissent dans les arcanes du pouvoir du pays. Les militaires eux aussi ont été tentés, comme on va s’en apercevoir, et une personnalité surprenante est apparue dans ce contexte : l’ex miss Bolivie, devenue proche d’un ministre, retrouvée en liaison avec un trafiquant brésilien recherché, lié lui-même à des personnes troubles que l’acteur Sean Penn avait suivis de près, sans que la presse ne le rappelle récemment. Pourquoi donc, voilà une bonne question !

cessna couchéLa chute des avions commencée l’année 2015 se poursuite donc en ce milieu d’année : le 13 juin, nouvel arrivage, à Piraicito cette fois. Et nouveau décollage raté : un très élégant Cessna 210 Centurion II s’est couché sur l’aile droite, visiblement embourbé sur sa roue droite, en tentant de décoller sous le feu des hommes de l’armée bolivienne  venus intercepter l’appareil. A bord, il y a 60 paquets de cocaïne pour 125 kg au total. Au moment de l’intervention des soldats, deux hommes se sont échappés dans les montagnes, mais il seront arrêtés un peu plus tard, cachés dans des buissons. Deux frères ont été tués dans l’affrontement, en descendant de leur 4×4 venu prêter main forte à l’avion :  Carlos Toni (30 ans) et Yasmani Carballo Loza (25 ans), impliqués selon les renseignements « dans des activités de trafic de drogue ». crash cessnaDeux radios et un bidon à essence d’aviation sont également découverts. L’avion est immatriculé ZP-TMV. Selon la version officielle, une patrouille avait déjà observé un atterrissage d’avion léger dans la région, lorsque le Cessna est à nouveau apparu, plusieurs personnes dans un véhicule ont ouvert le feu sur les soldats, la réplique ayant tué les deux trafiquants présumés. Le 26 juin, on reparle de l’école des kamikazes vu dans l’épisode précédent avec un petit Cessna 152 appartenant à une école d’instruction, Alas Beni, qui s’est écrasé à Trinidad; à quelques mètre seulement de l’aéroport Jorge Henrich.  Alexis Soruco (l’instructeur) et David Fernando (Edwin) Orellana (l’étudiant) sont tous deux tués dans l’accident. L’appareil,  CP-2808 a été complètement détruit à l’impact. Il est effectivement en miettes. L’avion, numéro de série 15284032ancien N4937H américain datait de… 1979, il avait 36 ans… il avait été exporté des USA en 2013 par « RAUL BEUNO EXPORTATION INC« , enregistré à… Wilmington, dans le Delaware (on l’aurait parié !). L’enquête évoquera une panne moteur, tout simplement. Le 15 juillet, on découvre 40 kilos de coke à Beni, avec 49 000 dollars à la clé. Le trafic avait lieu à Trinidad et Santa Ana; le gang ayant pour chef un dénommé « Negro Fabio ». Trois avions et un véhicule lui appartenant sont saisis.

CP2838Le 22 août on part.. au Pérou, direction les vallées de l’Apurimac et de l’Eune (zone du VRAE). Deux hélicoptères MIL en patrouille ont aperçu un avion bolivien, ou plutôt ce qu’il en restait. Il était immatriculé CP-2838. Aperçu ici  à El Trompillo (SRZ / SLET) en Bolivie le 22 janvier 2015. « Tombé à Vilcabamba et chargé avec de la cocaïne, son pilote avait survécu à l’accident et avait réussi à communiquer par téléphone satellite avec la Bolivie, au propriétaire de la coke… qui lui avait envoyé un autre avion pour la transporter alors que deux groupes d’indigènes de Llochegua étaient partis pour secourir le conducteur et la charge « . Ce sont eux qui auraient vidé l’avion, « peu de temps avant l’arrivée du contingent de police ». Le CP-2838 avait été exporté en Bolivie en 2013 par Martin Rapozo. En Bolivie, il a été enregistré au nom de Sandra Datzer Rodriguez, la femme de Fernando Rapozo, le frère de Martin. Avant cela, il avait volé à Anchorage, Alaska… exactement comme le Cessna U260G CP-2890 retrouvé lui aussi abandonné mais avec à côté  356,6 kilos de cocaïne et un téléphone satellite , deux GPS Garmin device deux transmetteurs radio et deux téléphones portables. Or surprise, le propriétaire de l’avion s’appelait aussi…  Martin Rapozo !!! Selon Insight Crime « l’avion était un parmi ces dizaines de vieux avions américains vendus à des acheteurs boliviens au lieu d’être envoyés à la ferraille »…

saisie

Mapa_nuevo2L’excellent Insight Crime va à partir de cet exemple brosser un terrible réquisitoiavions rapozore contre celui qui prive de vie de jeunes pilotes boliviens : « Martin Rapozo Villavicencio, le propriétaire du petit avion écrasé CP-2890 en 2014, a acheté plus de 30 avions aux États-Unis, qui ont été par la suite exportés vers la Bolivie. Idl-Reporteras et  Caretas ont lu les numéros d’immatriculation des 33 avions de Raposo, dont beaucoup ont été repérés volant dans le VRAEM et dans la vallée de Pichis-Palcazu. Beaucoup d’avions ont été déclarés sur des sociétés fictives enregistrées, mais certains ont également été enregistrés sous le nom de son frère, Fernando Rapozo. A plusieurs reprises, le nom de la famille Rapozo est apparu lorsque l’on regarde dans les registres des avions, capturé, ou crachés au Pérou ». A droite les 10 avions repérés comme appartenant bien à la famille Rapozo. Le 26 Août, 2015  la presse bolivienne rapporte que le Pérou avait détecté pas moins de 222 vols de narco-avions en trois mois, sur le territoire national péruvien. Il était entré autant d’aéronefs pour charger 77 tonnes de drogue, selon un député du Pérou. Un rapport de la Direction Anti-Drogue révèle que 13 vols par jour partent vers la jungle péruvienne dans l’est de la Bolivie. Le gouvernement a approuvé la loi pour abattre des avions emportant de la drogue.

CP-2914blessésLes arrivés incessantes au Pérou rendent les militaires impatients sur la gâchette. Le Cessna CP-2914 visible ici à gauche resté accroché dans les arbres a été abattu par un hélicoptère péruvien le 15 avril 2015 dans le Río Tambo, à Satipo. Son pilote, Ramos Silva, 28 ans, est brésilien. Pilote de ligne à Curitiba, il a a été blessé lors du crash à Satipo. Selon la presse « il a été embauché par une connaissance d’un ami qui vit en Bolivie pour faire ce transport privé ». Aucune trace de drogue n’avait été trouvé à bord ». Ses parents et surtout sa mère, Vera Lúcia de Moura, crient à l’erreur manifeste. Le 17 avril, le pilote Brésilien est transféré à Lima et il est admis à l’hôpital Hipólito Unanue publique, après avoir reçu une balle dans le bras et l’abdomen. Le 21 mai, il est libéré de la prison de Satipo, dans le département de Junín. Visiblement, il y a avait eu.. bavure. On avait pu voir les miliaires péruviens s’activer dans leur hélicoptère auprès des deux blessés, dont le jeune Silva (ici à droite).


Et ce n’est pas fini. « Le 13 février de cette année (2015), les forces de sécurité publique auraient découvert les restes d’un avion écrasé dans les forêts de Pichari. Le numéro de série sur le moteur de l’avion était encore identifiable, et lié à un avion acheté par une entreprise d’ Opa-Locka, en Floride, et exporté- vers « Rapozo Export » à Santa Cruz, en Bolivie. Sur les trente avions achetés par Rapozo aux États-Unis (où il a une résidence à Tarpon Spring, en Floride) et exportés vers la Bolivie, les dossiers des forces de sécurité ont compté le CP-2859, capturé en juillet 2014; le CP-2721, capturé en 2012, tandis que le CP-2812 écrasé juste trois jours après le CP-2890 en novembre 2014. En termes de sécurité aérienne, le trafiquant bolivien Rapozo et d’autres transporteurs ont fabriqué les lignes de bus les plus mortelles de Lima question sécurité. Presque tous ces avions sont achetées vers la fin de leur capacité de voler. Chaque pont aérien de vol représente un profit pour les trafiquants de drogue, mais le mépris pour la vie des pilotes. »

ATB CessnaLe 1er septembre,  c’est un pilote brésilien de trafiquants de drogue lié au Commando Vermelho qui est tué dans une fusillade avec la brigade des antinacos de l’Unidad Móvil Policial para Áreas Rurales (UMOPAR) à Montero (en fait il meurt dans son transfert à l’hôpital d’El Trompillo), dans le département de Santa Cruz, alors que son avion contenant 300 kilos de cocaïne s’est embrasé. Son copilote paraguayen est arrêté. L’avion est à nouveau un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  Ce dernier, le  27 août 2014 faisait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques) Le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant : l’homme avoue bien avoir transporté 300 kilos de coke. L’avion avait été enregistré comme exporté au Paraguay. Le vendeur étan « N6364S LLC », enregistré bien sûr dans le Delaware ! Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta. En 2014, le 18 avril, l’homme a vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « USADA A REPARAR » à un dénommé LUIS MARIA SARUBBI DUARTE.

saisie capitaineRebelote le 3 septembre avec un Cessna Stationair TU206G 6 avec l’enregistrement CP-2781  (ex N925Y américain, venu de Boise, dans l’Idaho) qui se fait pincer à l’atterrissage, juste avant son redécollage, après que les hommes du Groupe pour le Renseignement et les Opérations Spéciales (ISOG) et de la FELCN (les forces boliviennes) soient restées en planque une semaine sur place en attendant son arrivée. A bord, 362 kilos de pâte de coca… prête à partmilico-narco-1ir vers le Brésil. Cette saisie courante dan le secteur et surtout l’arrestation de son pilote vont bousculer le choses en fait. Car son pilote n’est autre que Yimy José Urzagaste Zabala, qui est aussi capitaine de la Fuerza Aérea Boliviana (FAB), comme l’atteste la photo ci-contre prise lors de sa formation. L’affaire fait automatiquement grand bruit. En avril, un article avait indiqué que les forces de la FELCN elles-mêmes étaient « vulnérables aux narcotrafiquants ». Car son cas pose question, et il n’est pas le seul : en mars, c’est l’ancien commandant de la police nationale et ancien chef de la FELCN, le général Oscar Nina qui avait été accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’avoir eu des liens avec le trafiquant le plus connu, Joaquin «El Chapo» Guzman, dont les déboires ont fait la une de tous les journaux récemment. En septembre, c’était  le chef du Groupe de la police civile de soutien (GACIP) de la ville bolivienne d’El Alto, Juan Carlos Tapia Mendoza, qui avait été arrêté le 12, accusé de trafic de cocaïne. 42,7 kilos de cocaïne ont été retrouvés chez lui, à Santa Cruz, à 900 kilomètres de El Alto. Zabala, Nina, puis Tapia : l’Etat bolivien voit ses représentants sombrer devant l’attrait de l’argent que leurs promettent les trafiquants !

CP-2630 19Sep15Le 19 septembre, c’est encore un autre Cessna U206F modèle Stationair, immatriculé CP-2630 (N°U20602939) qui est retrouvé à San José de Chiquitos. A intérieur, on a retrouvé 6 sacs de jute avec 35 paquets de cocaïne. Le 7 octobre, c’est un nouvel appareil d’une école d’aviation de Viru Viru qui se crashe dans une commune rurale de Santa Rosa del Sara, blessant le pilote instructeur et son élève. « Une défaillance mécanique » selon le rapport des autorités. L’avion était un Cessna 152 II (IFR) immatriculé CP-153, ex N89564. Le numéro de fabrication de l’avionest le N°15282788 : il datait de 1979… et avait donc 36 ans d’âge, encore une fois.

Les avions pleuvent, et la Bolivie ou le Pérou leur font la chasse. idl-rLe Pérou surtout, comme on avait pu le voir avec un Cessna CP-2907 aperçu à Santa Rosa fin novembre 2014. Filmé ici au dessus de sa zone d’atterrissage en tain de tenter de fuir un Hind de l’armée péruvienne. L’équipe de IDL-R à l’affût filmant la poursuite. Des Hind plus très jeunes, que le Pérou possède en effet depuis les années 90... C’est à la même équipe que l’on avait dû l’atterrissage d’un Cessna (CP-2873) ensuite attaqué par les forces terrestres péruviennes. 

miss bolivia

Une question se pose : en Bolivie, Morales, partisans de ne pas pénaliser les paysans faisant pousser de la coca, plante « nationale » a-t-il trop laissé faire ? On serait à même de le penser en lisant un article inquiétant du journal Veja. Celui-ci évoque clairement des liens entre des trafiquants et le pouvoir. « Veja a eu accès aux rapports produits par une unité de la police bolivienne de renseignement, révélant entre autres choses, une connexion directe entre un confident d’Evo Morales, le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana, et un trafiquant de drogue brésilien qui purge actuellement sa peine dans la prison de sécurité maximale de Catanduvas à Parana. Un document intitulé « Arrestation d’un fugitif international » et signé avec le nom d’infiltration « Carlos », décrit comment les agents boliviens ont identifié la maison du Brésilien Maximiliano Dorado Munhoz Filho en 2010″. 

Maximiliano Dorado Munhoz Filho« Max, comme il est connu, et sa bande avaient une hacienda à Guajara-Mirim et dans huit autres villes de Rondonia, qui ont reçu la drogue apporté à partir d’aéronefs boliviens. Mensuellement, le groupe de « Max » reçoit environ 500 kilos de cocaïne qui sont ensuite transportés à San Paulo et Rio de Janeiro (schéma extrait de Globo.com, dossier Epoca). Le trafiquant de drogue s’est échappé de Urso Branco (1) dans Rondonia en 2001, et d’ici là il est  soupçonné se cacher en Bolivie.  En fait, il était caché dans un bâtiment sur la rue Chiribital,  au coin de Pachiuba dans un quartier riche de Santa Cruz de la Sierra. Le 18 novembre 2010 à 14 heures, les policiers qui gardaient le bâtiment y ont été les témoins d’un dîner de fête. Quintana, alors le deuxième  homme le plus puissant de la République est apparu en compagnie de Jessica Jordan, 28 ans, célèbre dans son pays pour être élue Miss Bolivie seulement quatre ans plus tôt. Tous deux avaient à l’époque, une position de confiance parmi les institutions étatiques ». Quintana a été le directeur de l’Agence pour le développement de macro-régions et des zones frontalières. Il y a deux mois, Jessica a été nommée par le vice-président Alvaro Garcia Linera (ci-dessous à gauche avec Jessica) comme Directrice Régionale du Développement de l’Etat de Beni, département qui partage des frontières avec Rondonia, entre le Brésil où va la plupart de la drogue bolivienne. Jessica Quintana est entrée dans la maison de Max les mains vides et 20 minutes plus tard est ressorti avec deux mallettes. Le contenu de celui-ci est inconnu » précise Veja, laissant entendre bien des choses  fort deuxdérangeantes. « Deux mois après la réunion avec les membres du gouvernement de Morales, « Max » a été arrêté dans une opération conjointe menée par la Police fédérale brésilienne et un groupe de membres triés sur le volet du service de renseignement a conduit de la Bolivie au Brésil. D’autre part, Quintana a été nommé par Evo Morales, l’année suivante en tant que ministre de la présidence, l’équivalent de la maison civile brésilienne, poste qu’il avait déjà occupé de 2006 à 2009. L’histoire de l’agent Carlos et de la rencontre entre les membres du gouvernement et le trafiquant de drogue brésilien et font partie d’une série de documents divulgués à la presse bolivienne et américaine pour mouvement politique vers le socialisme (MAS), le parti de Morales ». Depuis, en avril 2014, Jessica a été éloignée et expédiée comme consul à New-York. ce qui n’a pas été sans critiques : « Jessica Jordan n’a pas les capacités politiques et diplomatiques pour prendre la charge. Le gouvernement devrait nommer une personne avec une histoire et une expérience diplomatique pour effectuer un bon travail et bien représenter notre pays « , avaient  les députés de la Convergence nationale (CN), Osney Martinez et Thomas Monasterio ». Mannequin et ambassadrice : à quand ici un poste de ministre pour Nabila (ou son chien) ?.

Selon Insight Crime toujours, la Bolivie est aujourd’hui « à l’épicentre du trafic de drogue en Amérique du Sud » . Avec notamment en point de mire le trafic vers le Brésil. « La Bolivie est très située près de celui qui est actuellement le deuxième plus grand consommateur de drogues illicites dans le monde: le Brésil. Elle partage une frontière avec également le principal producteur de cocaïne au monde, le Péro, et le principal producteur de cannabis en Amérique du Sud, le Paraguay. En outre, l’Argentine connaît une augmentation de la consommation intérieure de drogue, en particulier de « crack » ou du « paco », une forme de cocaïne qui peut être produite en Bolivie. Aujourd’hui, même les marchés intérieurs de la consommation de drogue au Chili et au Pérou affichent une croissance. Aujourd’hui, la Bolivie est littéralement au cœur du commerce de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud. Si l’on ajoute le fait que la Bolivie produit également son propre cocaïne, nous constatons qu’il ya une variété d’opportunités criminelles. Cette dynamique en Amérique du Sud est totalement indépendant des itinéraires de trafic de drogues traditionnelles qui fournissent le marché américain. En effet, des sources nous ont dit ici à InSight Crime a déclaré que l’analyse chimique de la cocaïne saisie aux États-Unis montre que seulement cinq pour cent de celui-ci vient de Bolivie. » L’exception en Bolivie étant une faible criminalité : « curieusement, il ya peu de violence entre clans criminels de la Bolivie, ce qui est la raison pour laquelle leurs activités attirent peu d’attention. Contrairement aux Colombiens et de plus en plus du Brésil, la criminalité organisée bolivienne préfère résoudre pacifiquement leurs différends. Ceci peut être expliqué en partie par la force de la culture indigène en Bolivie, qui a horreur de la violence et essaye de trouver des solutions communes à des problèmes. Cependant, il ya des preuves d’une augmentation des meurtres liés à la drogue à Santa Cruz, même si cela est peut être plus liée à la COT que les différends entre clans criminels de la Bolivie. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti que l’augmentation de la violence est presque inévitable si la Bolivie maintient sa position en tant que producteur et de point de transit pour les drogues. » 
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L’un des principaux trafiquants brésiliens opérant en Bolivie s’appelle Maximiliano Dorado Munoz Filho. En 1996 il avait été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue. Il avait été arrêté dans l’état de Rondonia, dans le Guayaramerín, au Brésil, il avait mis en place un laboratoire de cristallisation de la cocaïne. Trois ans plus tard, il est accusé d’avoir ordonné l’assassinat du Directeur de la Sécurité de la prison d’ursa Branco à Porto Velho, où il avait été enfermé. En 2000, retrouvé libre, il est à nouveau arrêté pour trafic de drogue et possession illégale d’armes à feu : la police brésilienne a établi qu’il était le propriétaire d’un avion transportant la drogue, qui était entré au Brésil. en 2001, il avait fuit le Brésil pour se réfugier en Bolivie. Deux ans plus tard on l’accuse de l’assassinat du capitaine Edvilson, de la police militaire de l’Etat de Rondônia, dans la ville de Pimenteiras, à la frontière avec la Bolivie. En fuite depuis novembre 2010, il est arrêté à Trinidad, puis est expulsé de la Bopennlivie par les autorités, pour se retrouver à la prison fédérale de Porto Velho au Brésil pour y purger une peine de 33 ans d’enferment. Son frère, Osi, a été arrêté près de Trinidad, dans l’état de Beni. Mais l’histoire des deux trafiquants va devenir plus… complexe, disons, en mêlant des personnes inattendues. Les deux frères étaient liés à Jacob Ostreicher, avait-on appris lors de l’enquête. En 2010, l’homme aurait remis  25 millions de dollars  à une secrétaire colombienne, Liliana Rodriguez, la secrétaire d’André Zolty, un avocat suisse, pour un obscur projet de développement agricole datant de 2008 portant sur la production de riz. Les 25 millions devaient être en effet investis en Bolivie selon lui, du blanchiment selon d’autres. Le gestionnaire de la ferme des investisseurs, Ronny Suarez, avait en effet été déclaré comme trafiquant de drogue. Au même moment, l’ambassadeur américain avait critiqué la confiscation des grandes fermes et des ranchs de grands propriétaires terriens décidés par Morales, dont celui d’un éleveur américain, nommé Ronald Larsen. Selon les investisseurs, c’est Liliana Rodriguez (Claudia Liliana Rodríguez Espitia) qui avait détourné leur argent lors de l’achat de machines et de fournitures à crédit et en mettant aussi des titres fonciers à son nom seul, disaient-ils, reconnaissant qu’elle avait planté le riz sur des terres appartenant au trafiquant de drogue brésilien Maximiliano Dorado et à son frère cadet. Une défense qui semblait un peu sommaire, Rodriguez étant leur femme de confiance depuis des années. Les révélations de l’affaire feront grand bruit, Zolty et Ostreicher étant des juifs orthodoxes. Etrangement, l’acteur Sean Penn, qui a fait parler de lui récemment pour l’affaire d’El Chapo, avait lui aussi rencontré Ostreicher et avait même assisté à son procès en décembre 2011 !!! Après avoir réglé une caution, le même Ostreicher, né à Brooklyn, sera simplement assigné à résidence en Bolivie. Le cas va devenir plus étonnant encore, quand le 16 décembre 2013, Ostreicher réapparaît soudainement aux États-Unis après être resté près de 30 mois en Bolivie. Personne ne sachant comment il avait réussi à fuir le pays ! Au Brésil, pendant ce temps, Maximiliano Dorado Munoz Filho semblait lui toujours jouir d’une aura incroyable et de soutiens jusque dans la magistrature : récemment, en 2015, on a appris en effet qu’il avait déjà réussi à changer de statut comme prisonnier… pour réussir à sortir en semi-liberté et pour aller prendre par la même occasion des cours de pilotage d’avion (ça ne s’invente pas !) :  « Pendant deux ans et dix mois, Maximiliano Dorado Munhoz Filho, l’un des chefs (« ambassasors ») du « Narcosul », est resté derrière les barreaux pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et la Bolivie. En octobre de l’année dernière, Max a réussi à passer du régime fermé à la résidence surveillée. Le 6 mars de cette année,  il a encore bénéficié d’un autre avantage: il a gagné le droit de prendre des cours de pilotage d’aéronef à l’aéro-club de Porto Velho – alors que les plus grandes organisations du Narcosul y opéraient un pont aérien de cocaïne de la Bolivie, le Brésil, le Pérou et le Paraguay »… le problème n’est pas que bolivien, visiblement. C’est bien pourquoi nous allons nous diriger vers le Brésil, dans de futurs épisodes…

(1) Le pénitencier de sécurité maximale Jose Mario Alves da Silva, mieux connu sous le nom d’ursa Branco (Ours Blanc), est une prison dans la ville brésilienne de Porto Velho, Rondônia. La vie y est infernale : « depuis 2001, les personnes de ette prison souffrent de graves abus, avec des épisodes de faim et la mort même pour les prisonniers, la police en ayant violemment exécuté comme répression (au moins une centaine de détenus). Le cas de non respect répété des droits de l’homme a été l’objet d’un jugement de la Cour des droits de l’homme interaméricaine, avec des sanctions imposées au Brésil et le suivi des mesures adoptées par le pays »

on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xxxix-en-bolivie-une-91607

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxii-en-bolivie-aussi-des-liens-inquietants-avec-le-pouvoir/

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assembléeVENEZCoke en Stock (CVI) : une promesse de 800 kilos de coke et… la chute de la maison Maduro à la clé

Y aurait-il un lien direct entre le trafic de cocaïne et la vie politique, dans un pays ? On serait bien tenté de le croire, à constater l’étrange coïncidence entre la saisie d’un jet espérant transporter 800 kilos de cocaïne en Haïti et la claque électorale prise par le pouvoir actuel aux dernières élections vénézuéliennes (1). Car l’affaire, survenue le 11 novembre dernier, et dont on découvre aujourd’hui les arcanes, est bien plus grave encore qu’il n’y paraissait au départ. Ce jour-là des « proches » du président vénézuélien en exercice avaient été arrêtés en Haîti, à leur descente d’avion, un jet d’affaires privé, avait-on brièvement appris. Aujourd’hui on en sait un peu plus : c’est bien 800 kilos de cocaïne qui devaient être à bord au prochain voyage, et encore une fois, l’armée vénézuélienne qui était dans le coup : une participation dont je vous avais parlé, ici-même, mais cette fois-là, c’était bien la première fois qu’on s’approchait autant de la famille même de Nicolas Maduro, et même d’Huguito, le propre fils d’Hugo Chavez !!! Pas vraiment une bonne nouvelle pour le bien léger Nicolas Maduro à la veille des élections… qui viennent de se terminer par… la perte totale de la majorité à l’Assemblée Nationale. L’incroyable corruption du régime va-t-elle enfin éclater au grand jour, beaucoup l’attendent en effet… et avec elle, la dénonciation du trafic d’Etat de la cocaïne, d’un pays bel et bien devenu un narco-Etat.

assembléeVENEZ…..L’équipe de l’ineffable Michel Collon n’a toujours pas commenté, au moment où je vous écris, la défaite électorale cinglante (2). La seule chose que l’on trouve en se lançant dans l’investigation du blog du même nom c’est une théorie complotiste comme quoi le 7 décembre, il allait y avoir des attentats pour déstabiliser les électeurs, ces actions menées bien sûr par l’opposition. Manque de chance, les observateurs étrangers ont dit que ça c’était plutôt bien passé dans l’ensemble, malgré quelles velléités de bourrages d’urnes ici et là. Les personnes jetées en prison par Maduro comme opposants commencent donc à respirer :  « Il devient très difficile pour le gouvernement vénézuélien de cacher ses vraies couleurs », a confié Thor Halvorssen, président d’une fondation pour les droits de l’homme et proche de Leopoldo Lopez, un leader de l’opposition incarcéré. Critique de longue date de Chavez et de Maduro, Thor Halvorssen a indiqué que ces deux arrestations sont un autre exemple de la corruption qui prévaut au sein de l’administration Maduro. « Le gouvernement vénézuélien est une entreprise criminelle composée de cartels de drogue, d’un système financier qui blanchit de l’argent et de kleptocrates », a dit Thor Halvorssen à la télévision Fox New Latino. « Maduro, sa famille et ses hommes de main font que le cartel de Pablo Escobar parait désorganisé et petit en comparaison », a-t-il dit. « Le Venezuela utilise l’armée, le ministère des affaires étrangères et le secteur bancaire comme des accessoires à son lucratif business de drogue », a-t-il poursuivi. »  web-versionSi la charge paraît forte, on peut quand même rappeler qui l’a faite : Thor Halvorssen,  de son nom complet Thor Halvorssen Mendoza (ici à l’ONU),  est le créateur du mouvement de l’Oslo Freedom Forum, le président de l’Human Rights Foundation et il tient le Venezuela à cœur : son père, un moment injustement accusé de trafic de drogue pour le Cartel de Medelin a été torturé par la police vénézuélienne alors qu’il était innocent et sa mère, qui participait à un meeting pacifique a été tuée par balles… par des membres de la sécurité présidentielle. Les assassins après deux procès aux jugements contraires avaient été condamnés à 3 ans de prison, dont ils n’effectueront qu’à peine 6 mois… Halvorssen est en prime d’être tenace un homme vigilant : lorsque Lionel Messi était venu par exemple prétendre à aider le Gabon en serrant la main d’Ali Bongo, en opération de com complète de ce dernier, il avait sévèrement tacle le régime, en affirmant que la famille du président «est tristement célèbre pour son traitement de la trésorerie nationale comme un compte bancaire privé». Pour Michel Collon, il est vrai, Ali Bongo est bien un « héritier de dictateur« , mais pas Maduro, alors…. si l’on comprend bien.

YV2030Mais revenons d’abord sur le scénario décrit au début. Un petit jet avait quitté l’aéroport de Caracas le 8 novembre dernier et s’était arrêté à Marqueta jusqu’au 10 novembre. Il était reparti plus tard vers Port-au-Prince, avec aux commandes le capitaine Paul Urbano, avait -on appris (il est ici photographié par Reuters). Surprise à l’arrivée  ; la DEA US fait débarquer tout le monde, deux pilotes et quatre passagers, Efraín Campos et Francisco Flores, Jesfran Moreno, et Marco Uzcategui, suivis d’une fouille de l’avion qui découvre de la drogue à bord. Si l’on évoquait d’abord la présence à nord de 800 kg de cocaïne (3) , il s’avère que c’était ce qui avait été promis d’être acheminé du Honduras et non ce qu’il y avait dedans : où ne figurait que des échantillons de coke pour en montrer la qualité, soit un seul kilo à bord. L’avion n’avait en tout cas pas été inspecté lors de son décollage alors que les autorités avaient il y a quelques mois fait tout un barouf sur leurs contrôles aux aéroports ! Comme à l’habitude, c’était un informateur de la DEA qui avait attiré tout ce beau monde au Honduras, dans un premier temps. Et comme à l’habitude, tout avait été filmé, énonçant le deal pour 800 kilos, preuve de l’implication directe des personnes arrêtées. Comme seule réaction, le président Maduro avait parlé « d’embuscade impérialiste ».

Mais revenons donc d’abord à l’avion lui-même, avant d’examiner la personnalité de ses occupants. D’abord l’appareil, donc, hautement reconnaissable avec son train d’atterrissage bas, ses ailes droites et son cockpit à hublot de côté similaire à une vitre de portière de voiture : c’est bien un Citation I, apparu en 1971 dans les cieux : (beaucoup) plus lent que les Learjet, il avait vite été surnommé « Slowtation » ou « Nearjet » ! Des clichés le montrent arborant une immatriculation à un endroit inhabituel : sur les Citation de ce type, ce sont plutôt les réacteurs qui l’arborent.Ce pourrait être un… autocollant, la méthode habituelle pour les avions de trafiquants, dérobés ou achetés, ils sont en effet maquillés de la sorte. Mais on s’apercevra que non.  YP-55CP-1024x419On retrouve  assez vite son historique, qui est pour le moins tourmentée. L’avion, un Citation-I, numéro de fabrication 500-0215, a porté d’abord l’immatriculation YV-TOOO en 1975 puis est devenu YV-55CP, deux ans plus tard (il est photographié ici à droite  le 6 novembre 1979 par Peter Nicholson) . Il appartient depuis le début à la Banque de Maracaibo. Cette banque fermée (6 avaient fait faillite à l’arrivée de Chavez !), l’avion est revendu plus tard -à une date non précisée de prime abord-  à la Sabenpe, une une entreprise vénézuélienne fondée en 1980 et dédiée à la collecte, YV-55CPle transport et la récupération des déchets, dont le fondateur s’appelait Jose Domingo Santander. La société, dont le capital a un montant de trois milliards de bolivars, est en réalité gérée par les frères d’origine libanaise, Khaled Majed et Khalil Majzoun. Les profits réalisés lui permettent en 2003, de prendre le contrôle du principal producteur de thon vénézuélien, et de son usine de boîtes (Eveba) se ralliant à ce moment-là au régime de Chavez pour fonder tout un empire industriel. Eveba avait été rachetée à l’influente famille de Castro Iglesias, et l’homme qui avait grandement facilité la transaction était Diosdado Cabello. Les frères Majed et Majzoun Khalil étaient  en effet alors décrits par ‘opposition comme des proches de l’actuel président de l’Assemblée Nationale. On voit ici (ci-contre à gauche) l’appareil décoller de la base de Francisco de Miranda  le 24 juillet 2003 appartenant toujours à la Sabenpe. Il avait gardé son appellation YV-55CP. On remarquera que ce sont les réacteurs qui supportent alors l’immatriculation.

images

Sun_Channel_Kalil_Ferragud_Les liens avec les sociétés des frères Khalil avec le nouveau pouvoir n’ont fait que se renforcer, une fois Chavez en place. Les industriels l’ayant soutenu étant en effet largement récompensés en obtention de marchés nationaux. Majed Kalil (ici en photo avec Nara Farragut et Carlos Arroyo, du marketing d’AdSales), est un libanais d’origine, étroitement lié à José Vicente Rangel et son épouse, ainsi qu’à Diosdado Cabello comme on a pu le voir. « Les frères Khalil ont émergé et monté fortement en puissance durant les premières années de l’administration Chavez, qui a favorisé certaines entreprises avec d’importants contrats, des prêts et un accès facile aux licences en franchise de droits à l’importation. Ces compagnies privilégiées ont été aidés dans la mesure ou elles plaçaient leurs produits sur le marché local à travers des programmes sociaux financés par le gouvernement, à travers des organisations comme la Casa, le Programme des services agricoles ou Proal, le Programme des aliments stratégiques, que Khalil a investi » peut-on lire.

RIMBeaucoup plus troublant, l’empire des frères Khalil s’est aussi étendu dans l’armée : « de nombreux contrats ont été obtenus avec le gouvernement. Grâce à sa compagnie Hardwell Technologies responsable des systèmes informatiques du Département de renseignement de l’armée vénézuélienne, il a obtenu le contrat pour l’installation de l’équipement radar et de la tour de contrôle du Maiquetia Simon Bolivar International Airport. La société Pacific Rim Energy a également été choisie pour des de travaux et de services pour le maire de la municipalité Libertador de Caracas, le Commandement général de la Marine, la Banque centrale du Venezuela et de l’état Inviobras Bolivar, en collaboration avec différents ministères tels l’éducation, la Défense, le tourisme ou l’économie populaire, entre autres organismes gouvernementaux ». La liste de ses clients comprend aussi Corporation de Guayana, Edelca (Electrification del Caroni), PDVSA ou il apparaît également. Tout ceci sans qu’il y ait eu un quelconque appel d’offres, nulle part : « Le député de l’Assemblée nationale, Juan Jose Molina, a indiqué que dans les activités menées dans la société Pacific Rim Energy (une société de production et distribution d’énergie,  d’accessoires électriques et d’éclairage, d’exploitation minière et de forage, entre autres) des frères Khalil n’avaient aucune année d’expérience. Et qe la société n’ avait alors que seulement deux employés de déclarés. » A ce stade on peut en effet évoquer clairement la prévarication, un des piliers du système Chaviste… du favoritisme, pour des sociétés souvent incompétentes dans le domaine recherché.

rodriguezPlus grave encore quand on découvre que Majed Khalil est lié au lieutenant Jose Antonio Morales Rodriguez, qui a servi comme directeur du Bureau du Secrétaire de la Présidence et qui a été mentionné par l’ancien magistrat Eladio Aponte, dans un des grands scandales qui a émaillé en 2012 le régime de Chavez.  Aponte est en effet l’un des hommes qui a ordonné la libération d’un trafiquant de drogue notoire, Pedro Magino Belicchi, arrêté avec pas moins de deux tonnes de cocaïne au Venezuela. L’homme était soupçonné de trafic de cocaïne au sein même des casernes de l’armée vénézuéliennes ! En 2012, Aponte avouera avoir agi sur ordre gouvernemental pour sa libération, d’où l’énorme scandale provoqué. Dans une terrible confession il avait avoué en effet qu’en tant que membre de la Commission judiciaire, il avait sciemment  écarté un grand nombre de juges qui ne voulaient pas suivre les décisions demandées par le gouvernement. « Le pire de tout,c’est quand Aponte a cité le cas  d’un lieutenant de l’armée qui avait été arrêté avec plus de 2 000 kilos de cocaïne. Aponte a déclaré que la cocaïne « dormait » tranquillement au quartier général de l’Armée vénézuélienne en attendant d’être transportée vers le centre du pays. Il a affirmé que le lieutenant était la main droite d’un haut commandant militaire qui était devenu l’aide de Dona Elena Frias de Chavez – la propre mère d’Hugo Chavez (Pedro José Magino Belicchi). L’homme, qui est actuellement attaché militaire au Brésil, a rapporté avoir reçu des appels téléphoniques de partout du Haut Commandement militaires vénézuéliens, y compris d’un capitaine nommé Morales (l’assistant personnel du Président de la République, Hugo Chavez) pour relâcher l’homme et le laisser tel quel ». Pour certains juges comme pour certains journalistes, ces révélations étaient « à vomir ». « Incroyable mais vrai: tout le haut commandement militaire, y compris le Président adjoint, appelant un juge de la Cour suprême à libérer un lieutenant qui a été capturé avec 2 000 kilos de cocaïne! Au sein d’une caserne de l’armée !!! » note l’article. Sidérant, en effet !

avion-décollage

Mais il n’y a pas eu que cela. Son partenaire dans la société, Tarek William Saab, et l’un des liens les plus importants des cellules régime fondamentaliste islamiques qui ont aidé des islamistes virulents, admirateurs du Hezbollah, à s’installer, notamment dans l’île de Margarita. Ils suivent les préceptes du Sheikh Abdulaziz Bin Ibrahim Al Ibrahim (la gigantesque mosquée de Caracas porte son nom, elle a été payée par les saoudiens), avec Hassan Majzoub, comme président du Venezuela’s Islamic Center. L’antisémitisme est une constante en effet du régime, comme le montre ce rapport (et celui-ci, sur le langage même de Chavez).   Tarek William Saab est depuis 2004 gouverneur de l’État d‘Anzoátegui dont le fief est BarcelonaSon visa américain  a d’ailleurs été révoqué pour ses liens avec ces extrémistes. base_image« Lorsque Rangel était vice-président, Majed était en charge du lobbying pour ouvrir des portes à l’étranger pour Chavez. » peut-on lire. Le 4 octobre dernier, Tarek William Saab avait été interrogé par Interpol, à sa descente d’avion à Mexico, à propos de drogue et du narcotrafic, et aussitôt, sur Twitter, l’homme avait parlé « d’agression contre le Venezuela » et de « provocation ». Selon lui, il était sur place pour participer à la « 12e Conférence des Instituts nommés par les droits de l’homme de l’ONU ». Plus tard,  un peu gêné, il déclarait qu’il avait été arrêté pour une autre raison, car « il n’avait pas renouvelé son visa américain depuis 2001 ». Sa nomination comme nouvel  Ombudsman (médiateur de la République), à la tête de la Commission pour la Vérité et la Justice chargée d’enquêter sur les meurtres, la torture, les disparitions et les violations des droits humains entre 1958 et 1998 avait été l’objet de critiques, vu ses postures… plutôt musclées (depuis il s’est acheté un costume). En février dernier, il démentait l’usage de la torture à la prison de la Sebin (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional), malgré les témoignages opposés les dénonçant.

ramon-carrizales_16958Pour revenir au fameux jet, en 2004, le fils de son propriétaire d’origine, Domingo Alberto Santander, le revend à Marco Uzcategui, qui a pour amie une députée chaviste, Iris Varela. Encore une proche du pouvoir… Elle a été députée de 2001 à 2011, et est l’actuelle ministre des Affaires pénitentiaires, depuis le 26 juillet 2011 (ça devrait bientôt changer !) L’avion est alors enregistré aux archives du Ministère de l’Infrastructure, dont le responsable est alors le colonel Ramón Carrizales (ici avec Chavez). Cet ancien colonel de l’Armée vénézuélienne, diplômé de l’Académie Militaire du Venezuela en 1974,  admis à la retraite en 1994 et est devenu le ministre des Infrastructures de 2004 à 2006 puis a été ministre du Logement de 2006 à 2008 mais il a aussi été vice-président du Venezuela du 6 janvier 2008 au 25 janvier 2010, date à laquelle il a présenté sa démission pour « raisons personnelles ». Or un mystérieux incendie déclaré comme accidentel (et plutôt providentiel selon certains !) dans l’immeuble du ministère à Parque Central avait détruit les archives des avions qui y étaient stockés, dont ceux saisis pour trafic de drogue. Voilà qui était bien pratique ! Et entre temps, le colonel Ramón Carrizales était devenu le responsable de l’Etat d’Apure… là où ont lieu les atterrissages clandestins de « jets » qui emportent la cocaïne !

avion-narco-rampla-4Ce n’est pas la seule surprise. Le 23 février 2011, un surprenant avis judiciaire de saisie conservatoire du fameux avion est prononcé par la justice vénézuélienne (les archives ayant brûlé ?) . On apprend alors qu’il a changé d’immatriculation et qu’il est devenu l’YV2030 (ici à droite), « que sa valeur est estimée à 800 000 dollars et qu’il a été cédé à Alexander Vasquez Mendoza, citoyen, vénézuelien titulaire de la carte d’identité n°8.380.584, en sa qualité de directeur général de l’aéroport de Caracas, pour qu’il en prenne soin et le place sous la garde ». achatL’acte précise bien sûr qui sont les personnes qui s’opposent et s’écharpent alors comme propriétaires de l’avion : « Pacheco Laura Yepez citoyen en sa qualité de président de la société Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA, dûment inscrit au registre du commerce de la deuxième circonscription judiciaire du district et de l’Etat de Miranda Capital à compter du 3 Avril, 1989 , enregistré sous le n ° 26, Volume 122-A-Sgdo; et aux statuts modifiés en date du 11 Juin 2003, enregistrée sous le n ° 53 Volume 72- A-Sgdo; et Marco Tulio Uzcategui ». Tous deux sont impliqués dans les sérieux  litige à propos de l’appareil dont ils réclament l’un et l’autre propriétaires . En cherchant un peu, on retrouve même l’acte de transaction de Coinspectra, CA, qui date du 7  juin 2002, l’avion ayant été acheté 2 730 000 dollars exactement, , réglé en un seul chèque de la banque Banco Mi Casa Entidad de Ahorri y Prestamo; le vendeur étant bien Inversions Sabenpe CA. Passer de 2,3 millions à l’achat pour être revendu à 800 000, c’est une excellente affaire pour celui qui le récupère !!! Aurait-on assisté à une belle magouille judiciaire ?
C’est en tout cas bien le même avion : « il est précisé que la Cour a déménagé au hangar n ° 067 à la ligne C, où l’avion de marque Cessna Citation Jet 500 modèle, de série 500-0215, YV2030 acronyme, blanc avec des rayures d’or rouge et bleu, u qui est dans le hangar 067 rangée C  de l’aéroport de Caracas ».  Le motif de sa saisie est assez obscur en fait:  c’est un imbroglio à partir d’un défaut de paiement à un avocat d’entreprise, Humberto B. La Rosa, qui gérait justement la propriété de l’avion, installé au départ à l’aéroport situé près de la ville de Charallave, dans l’État de Miranda Oscar Machado Zuloaga. L’appareil est donc manifestement récupéré à la suite d’un accord passé par l’une des deux personnes citéJOSE-VICENTE-RANGEL-AVALOS-6es dans le litige, qui n’est autre que Marco Tulio Uzcategui. Son rival a abandonné. Derrière sa saisie se profilait aussi une sombre histoire de drogue reliée à divers services gouvernementaux, y compris l’ancien maire de la municipalité de Sucre, José Vicente Rangel Avalos (ici à gauche), qui avait à l’époque, la responsabilité du contrat de service avec la collecte des déchets. C’est le fils de l’ancien avocat et homme politique José Vicente Rangel  (vice-président, il avait remplacé Diosdado Cabello et a été ministre des affaires étrangères et de la Défense). Avalos a été lui aussi mêlé au trafic de drogue via sa relation avec Hector Tobia, un courtier d’assurance internationale, partenaire en affaires du père et du  fils Rangel qui lui servaient d’hommes de paille. L’homme à son bureau à Multicentro Empresarial Las Mercedes et vit à Prados del Este. Uzcatequi, lui, étant un homme fort proche de la famille présidentielle actuelle ; sa fille unique est en effet l’amie d’enfance et d’école des enfants de Cilia Flores, la première dame du pays !
avion haitiMais il y a d’autres moyens de récupérer des avions que ceux d’en modifier les actes d’achat… pour traficoter. En août 2013, le fameux avion réapparait à Barquisimeto, à Panama City (ici ça en est un autre), autorisé à nouveau à voler par l’autorité de l’aviation civile du pays. Lors de ce vol, le 30 et 31 août, on avait remarqué que son commandant de bord n’était autre que Víctor Daniel Álvarez, le même qui a été arrêté le 8 mai dernier  en République Dominicaine, au cours d’une tentative de vol raté sur l’avion de la banque Peravia, alors aux mains du banquier vénézuélien Jose Luis Santoro.. qui avait fui le pays par!s la faillite de son établissement et les accusations de fraude des autorités dominicaines (il s’incrustera longtemps sur le net avant de s’échapper : jusqu’en  juin 2015  un blog célébrait ses exploits de banquier !) !!! Et là encore, l’histoire est invraisemblable (à croire que le Venezuela y est abonné).  Selon les dominicains en effet, « José Luis Santoro castillan, président de la banque, Gabriel Jimenez Aray, le vice-président; et l’éxécutant Daniel Morales Santoro, s’étaient associés pour commettre divers crimes et blanchir des actifs totalisant 28,8 millions de dollars. Actuellement, ils sont recherchés par la justice de ce pays des Caraïbes. »Selon le site Acento, de la République Dominicaine «  Santoro est monté à bord du vol 107 de Copa Airlines à destination de Panama, où il vrochaers le Venezuela, et Jimenez a voyagé sur le vol 324 de la compagnie aérienne américaine Delta Airlines à destination d’Atlanta, en Georgie, aux États-Unis. » Un énorme escroquerie, encore une !  Fait sidérant, la plainte contre eux émanait au départ…  du Venezuela, même; ou plutôt du groupe – américain- Consortium Kaya Armoring qui avait remporté la construction de véhicules blindés pour la Banque centrale du Venezuela !!! Santoro n’est pas tout à fait un inconnu à vrai dire : en 1994, c’est lui qui avait fondé la Cámara Venezolana de Televisoras Independientes, dont il était devenu le vice-président !!  En réalité c’était une magouille bien montée depuis le début par une minuscule société américaine : la fameuse société Kaya Armoring, justement, qui avait en effet engrangé 3 591 000 dollars versés par la Central Bank of Venezuela (BCV) avec son contrat, déposés chez Santoro et depuis totalement évaporés… Or Consorcio Kaya Armoring Blindados Inc, est une firme de Floride… aujourd’hui inexistante !!! Derrière elle, il n’y avait que deux hommes , dont Javier Rocha, d’Onyx Armor Corp… un beau cas d’espèce que ce Javier..  il est aussi…charpentierLe pouvoir vénézuélien; à l’évidence, s’était fait escroquer, tout simplement  par deux hommes, en cheville avec des banquiers véreux !!!

citation2-1024x396Revenons donc à cette tentative (ratée) de « rapatriement »de l’appareil du banquier, car la suite de l’histoire dans l’histoire est fort surprenante. L’avion qui avait été visé par Victor Alvarez, avec ses complices, était un Cessna 550, tiens un modèle similaire à celui d’Haïti, immatriculé N61MA (à gauche en photo signée Juan Antonio Rodriguez, prise à Puerto Rico)…. Les quatre complices étaient arrivés à l’aéroport avions Joaquin Balaguer dans un Aero Commander AC90, immatriculé YV3962, piloté par Armando Gutierrez et Jorge Ygner. Un deuxième avion saisi, un Cessna, était piloté par Victor Alvarez et Alexander Lira. Le 10 mai, ils écopaient d’une peine de prison légère de trois mois… levée dès le 25 suivant par la Cour d’Appel dominicaine de la province de Santo Domingo, dirigée par Mary Perez,, la cour ayant «  constaté qu’il n’y avait eu aucune tentative de vol »…. à cette occasion, l’avocat des pilotes avait fait remarquer qu’on pouvait avoir confiance dans Alvarez : c’est un «  militaire retraité de la Force aérienne vénézuélienne » !!! Etaient-ils venus récupérer le Cessna Citation du banquier, et qui les avait bien envoyés, l’affaire demeure bien étrange ! Qui était de mèche avec qui, dans cette affaire, on se pose la question… sur l’entreprise de bâtiment à l’origine du dernier vol… haïtien !!!

Car même si ont ne possède aucun détails sur d’autres aéronefs en possession de l’entreprise incriminée, on peut remarquer l’existence de toute une organisation, l’exploitation du Citation réapparu a en effet conduit à la formation d’une nouvelle société appelée Coinspectra Aviacion, C.A. , bel et bien déclarée selon les documents de la FAA américaine. Or une autre société en Floride avait déjà été enregistrée en juillet 2009, possédant trois immeubles, avec les adresses de dizaines d’autres entreprises,  mais qui n’ont jamais exercé d’activités leur statut étant resté totalement inactif. Et comme responsables elles avaient toutes comme nom Uzcategui et Laura Pacheco… de Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA !!!

arbol

neveuxMais ce sont aussi les passagers de l’avion qui retiennent l’attention dans cette affaire. Car outre Marco  Uzcategui en personne (de nouveau, dira-t-on !), les deux jeunes personnes à bord posent particulièrement problème : ce sont en effet deux neveux de Nicholas Maduro, pas moins (voir l’arbre généalogique Maduro-Flores ci-dessus). En réalité, ce n’est pas la première fois que des jeunes gens proches de Maduro et Flores sont impliqués dans le transport de drogue (pour s’y retrouver dans la famille, c’est ici). Des informations  ont circulé immédiatement sur le fait que Pablo Urbano Perez, et Pedro Miguel Rodriguez, soient deux pilotes de la Venezuelan Air Force. Il ne semble pas, le premier étant diplômé civil de la FAA : c’est en revanche bel et bien un ancien pilote de PDVSA, peut-être un ancien pilote militaire, tout au plus. Fait plus troublant, son certificat d’aptitude physique a piloter s’arrêtait en juin 2015... Fait tout aussi troublant, un ancien chef de la sécurité de Hugo Chavez réfugié aux USA avait révélé lors de son interrogatoire que Walter Jacob Gaviria Flores (le fils de Cilia et de Walter Gaviria), utilisait des jets appartenant à la compagnie nationale de pétrole PDVSA, justement  (ici  et ci-dessous le Bombardier Learjet 45 YV2565 à San Tomé (4)) pour transporter de la drogue, selon ABC News. Le chef de la sécurité avait alors impliqué aussi Huguito Chavez, le fils de l’ancien président Hugo Chavez et l’ancien ambassadeur cubain au Venezuela, German Sanchez Otero, et d’autres officiels cubains dans le transport de cocaïne. Il avait affirmé que les jets de PDVSA transportaient régulièrement des cargaisons de drogue vers Cuba pour qu’elles soient ensuite  acheminées vers les USA (4). L’opposition, en apprenant la saisie de l’avion et les noms des neveux pouvait alors ironiser, en jouant sur les mots : » el cartel de la los Soles, ou el cartel de los Flores «  ? Voir pourquoi pas les « turbulents neveux de l’oncle Picsou Maduro » ? Pourquoi donc un pays qui promettait tant socialement parlant a-t-il réussi à sombrer dans le pire des narco-trafics ? Qui a trompé les gens à ce point ? Les responsables seront-ils jugés un jour ?

 

learjet(1) je ne suis pas le seul à faire le lien : lire ici l’analyse de The National Interest.

« Le mauvais état de l’économie du Venezuela a officiellement laissé la porte ouverte pour la pénétration du commerce de la drogue dans le pays. Selon L’International Narcotics Control Strategy Report du Département d’Etat (en mars 2015), « Le Venezuela est un des principaux pays de transit de la cocaïne. La proximité du pays avec  des pays producteurs de drogue, une AML (Anti-Money Laundering) inefficace du régime, la coopération bilatérale limitée, et la corruption endémique dans le commerce et le gouvernement, incluant la police, ont continuer à rendre le Venezuela vulnérable au blanchiment d’argent et à d’autres délits financiers. Les principales sources de fonds blanchis sont générés par les organisations de trafic de drogue et la corruption dans le contrôle du régime de change du Venezuela. « 

(2) le premier billet signé Alex Anfruns est paru le 8 décembre. On le retrouve avec son collègue Philippe Menut chez Jacques Tourtaux, le « sanglier rouge » de Lille… ou le nostalgique du stalinisme, un énième confusionniste, ce qui n’a pas l’air de les déranger  : « Le Sanglier Rouge – le blog de Jacques Tourtaux, militant pseudo Anti impérialiste et ex militant de la CGT cheminot, National -Stalinien convaincu , nationalisme débridé, apologies de régimes totalitaires « non alignés » liens directs vers des sites d’extrême droite comme Alterinfo , La Voix de la Syrie (site de la négationniste Ginettte Skandrani) , alainindependant (site négationniste) voir la page  » cachée » **** jacques-toutaux.pro/links.html, basé a lille *** jacques-toutaux.pro/ pour le reste un ramassis perpétuel de copiés collés d’agence officielles des régimes de Poutine, d’Iran et de Syrie.. »

(3) des informations contradictoires subsistent à ce sujet : selon ACN, l’agence d’infos privée  vénézuélienne de l’Etat de  Carabobo, ne pas confondre avec l’agence cubaine (Agencia Cubana de Noticias):  « la plupart de la cachette de 800 kilos qu’aurait cherché à négocier les neveux de la première dame Cilia Flores était sur un yacht, de style dbanca andorrae catamaran, resté en République Dominicaine, vraisemblablement à La Romana; et aucun dans l’avion  le Citation 500. Cet avion avait seulement des échantillons de haute pureté de la cocaïne ».  Y-a-t-il eu confusion avec cet autre info anglaise émanant de The Times (of US and Americas), selon laquelle la fouille d’une maison en République Dominicaine, à Casa de Campo, où habitait l’un des neveux avait révélé 125 kg de cocaïne et 22 d’héroïne, dont une partie aurait été dissimulée dans un yacht de 135 pieds appelé The Kingdom (immatriculé Y0016 portant le drapeau de Nassau). Le hic, c’est que l’homme arrêté ce jour -là sur le bateau s’appelait Francisco Flores Suarez, qui aurait été confondu avec Franqui Francisco Flores de Freites, celui arrêté aux côtés d’Efrain Flores à Haiti.  floresLa confirmation de l’erreur arrivait le 21 novembre. Beaucoup plus intéressante, en revanche, était l’annonce de poursuites contre le trésorier de PDVSA, nommé Erick Flores Malpica dénoncé justement par Efrain Flores comme complice dans un énorme schéma de blanchiment d’argent. (4) Selon un  journal espagnol (ABC) en effet, le travail de Malpica dans l’opération était de blanchir de l’argent provenant de la vente de drogue à travers la compagnie pétrolière appartenant à l’État. Or Erik Flores Malpica avait aussi été nommé le 16 octobre 2012 « commissaire présidentiel pour les affaires économiques et financières« , alors que c’est lui aussi un autre neveu de la première dame… En mars dernier, les autorités andorranes et l’Espagne avaient accusé la Banca Privada d’Andorre de blanchiment d’argent dont l’origine était bien celle du pétrolier vénézuélien PDVSA. Son directeur Joan Pau Miguel, un temps en fuite, avait été arrêté le 13 mars (photo Cronica Business). Avec lui, c’est tout un énorme château de cartes qui s’était effondré. : on parle de 2 milliards de dollars de blanchiment de drogue ! Entraînant la chute de la maison Maduro !

(4) voir ici en détail les appareils

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvii-au-venezuela-160116

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15882#.VmYMBrzQbcc

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cvi-une-promesse-de-800-kilos-de-coke-et-la-chute-de-la-maison-maduro-a-la-cle/

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1-million-dollars

Punta Cana et le FN, c’est en tout cas une vieille histoire. En novembre 2014, il y a a peine un an, les médias avaient perdu Jean-Marie de vue. En fait, il passait alors ses vacances d’hiver  à… Punta Cana, quel hasard (en fait il y va depuis des années à la même époque, quand il ne compte pas ses lingots suisses, sans doute !) pour « y écrire ses mémoires », paraît-il. Chez un « ami corse », selon Paris-Match et dans « hôtel aux sept restaurants  (?) »… selon l’Express. Difficile de retrouver lequel, « d’ami corse »…  En 2012, LeMonde rappelait son séjour habituel en ces termes : « M. Le Pen, qui revient de trois semaines de vacances en République Dominicaine, est reposé »… en 2008, il y était déjà. Et avant 2008 aussi, mais pas au même endroit : « au temps du FN prospère, Jean-Marie aimait à séjourner à Saint-Barth, chez l’ami Le Rachinel, député européen, mais surtout l’imprimeur historique du Front.« Depuis, les deux sont fâchés à morton le sait, Rachinel étant passé chez la concurrence (et dissidence) de Carl Lang, en se faisant au passage rembourser 6 millions d’euros par le FN, ce qui avait porté un coup très dur au parti, qui avait même dû se résigner à vendre son « paquebot »…

EryxPunta Cana depuis des années, et auparavant aussi les Antilles, où Jean-Marie est allé naviguer tôt. C’est l’ex-épouse répudiée de Jean-Marie, Pierette, celle qui avait posé nue dans Playboy par bravade qui l’a raconté dans son livre en évoquant une croisière, organisée par un des meilleurs amis de son mari, juste après le baptême de leur fille… Marine (ah tiens !) : « Éric fit très bien les choses. Le baptême eut lieu en grande pompe à l’église de la Madeleine. Pour ceux qui ne croient pas « aux signes », je ferai remarquer qu’il s’en présenta un, de taille ; l’aumônier Pohpot qui officiait, et déposa l’eau sur le front et le sel sur la langue de Marine. Pohpot était une célébrité. Connu de tous les hommes du « Milieu » es-qualité d’aumônier de la prison de Fresnes. (…) Le baptême eut lieu le 25 avril 1969. Eric et Jean-Marie se fréquentant hors de la maison, je ne le voyais que rarement. Pourtant, lorsque des amis louèrent « L’Eryx II » (l’ancien bateau du comte de Vogüé (1)), Eric fut de la croisière aux Caraïbes (…) Au retour, ils furent arrêtés pas la police. Dans un premier temps, Jean-Marie me dit : C’était fatal ! Il gagne trop d’argent. Le fisc lui cherche des misères… Quelques jours plus tard des journaux me tombèrent entre les mains. Je lus : Eric Bottey exerce un phénoménal proxénétisme hôtelier et Véronique (ndlr : sa compagne) dirige l’ancienne maison de Mme Claude rue de Bougainvilliers… Jean-Marie refusa évidemment de m’expliquer et s’en tira par une dérobade : «  Laisse donc ! En attendant, j’interdis que Marine regarde la télé jusqu’à nouvel ordre ! » Marine était en effet très attachée à Éric Bottey. Avec elle, il débordait de gentillesse : un vrai parrain (…) ». « Eric » n’était autre en effet que Henri Botey, dit « Monsieur Éric » était en effet proxénète et règnit alors avec sa femme Carmen Vallet sur des tas de bouges parisiens : La « Bohème », le « Yellow Dog », le « Tiffany », le « Sulky », le « Lautrec »; car il était alors devenu « l’Empereur de Pigalle » comme on le surnommait (on l’appellait aussi « rase-mottes » tant il est petit). Tombé pour proxénétisme, il réapparaîtra en 2011 sur les mêmes accusations, mais entre temps il s’était dégotté des prête-noms. L’Oryx II était un beau schooner de 25 mètres, construit en 1964 par Camper&Micholson, qui naviguera ensuite beaucoup en Polynésie. LePen effectuera d’autres croisières, dont une avec le père de Laurent Joffrin, avec qui il était ami. Monsieur Eric, pendant ce temps, continuera, lui, à compter les billets…

HI-924Les hélicoptères, le conseiller présidentiel dominicain Chauprade semble bien les connaître. Celui qu’il a loué 12 110 dollars, sans qu’il ne s’en soit aperçu, est pourtant plein de renseignements, ou plutôt la société à laquelle il appartient. La société Helidosa ne transporte en effet pas que des gens. Un autre modèle de la même firme a été en effet à l’origine d’un conflit qui nous renseigne sur ce à quoi il servait parfois, et sur ce qui se passe exactement là-bas. C’est le directeur des douanes, Juan Fernando Fernandez qui avait mis le feu aux poudres en bloquant un autre appareil de la société, alors chargé d’une cantine fermé et parait-il « piégé », envoyé par la compagnie canadienne Barrick Gold. Une société minière, qui exploite la plus grande mine d’or de République Dominicaine, en accord avec le gouvernement, et dont l’exploitation a commencé récemment. Le coffre scellé contenait de l’or, selon ses propriétaires, pour une valeur de 11 millions et 600 000 dollars, ce que les autorités auraient bien voulu vérifier. « Les journalistes couvrant la section des Amériques ont la preuve de la version de l’expédition de l’or et de l’argent, qui a été transporté à partir du site de la mine à l’endroit, dans un hélicoptère du ministère des Travaux publics, selon l’ingénieur Gonzalo Castillo. Le numéro de l’appareil de la société dominicaine SA (Helidosa, visible icifondée en i992, est le HI-924 selon les rapports obtenus à partir de l’aéroport international des Amériques. » Un conflit sur un transport d’or dont les responsables de la mine ne veulent pas révéler la teneur exacte ? voilà qui rappelle… toute l’affaire de Punta Cana depuis le début: ce serait en ce cas une affaire double, mêlant cocaïne et or en fait. La mine canadienne produit-elle plus d’or qu’elle n’en déclare, et comment cet or est lui aussi « extradé » du pays, voilà une piste intéressante à suivre en effet, en tout ça c’est ce que soupçonne l’Etat Dominicain. Mais Barrick Gold est fort suspicieux, et veille partout à sa réputation : difficile donc de savoir ce qui s’y passe vraiment.

gold miningD’autant plus l’extraction de l’or traîne une fort mauvaise réputation qui n’est pas qu’environnementale. En 1996, la banque Lehman Brothers Inc, bien connue comme catastrophe industrielle, avait ainsi fortement recommandé d’investir dans une mine qui aurait été basée sur « le gisement le plus riche au monde » selon son découvreur. Elle était Située à Busang dans les Philippines, une recommandation faite à partir d’un géologue, John Felderhof , qui aurait découvert le gisement en 1989 et entraîné avec lui le canadien David Walsh pour fonder Bre-X Minerals. C’étaient alors précipités sur l’affaire les trois plus grands groupes miniers spécialisés, Barrick Gold, Placer Dome, et Freeport-McMoRan Copper & Gold. Une deuxième banque, banque J.P. Morgan adoubera elle aussi le projet, sans chercher plus loin. Le gouvernement indonésien (corrompu) avait ensuite débarqué pour réclamer et obtenir 40% des parts du gisement. En fait il n’y avait rien à extraire, mais le responsable du projet minier, Michael de Guzman, le véritable créateur de l’arnaque, avait trompé les résultats des premiers forages en « salant », à savoir en mettant des particules d’or d’autres régions proches, extraites de rivière (ou même des morceaux de son alliance) pour continuer à faire monter les prix d’abats des parcelles à creuser. Tout était faux, mais tout le monde avait investi… et tout le monde perdra beaucoup d’argent dans l’affaire (100 millions de dollars se sont paraît-il évaporés dans l’histoire, payés par les investisseurs, espérant des bénéfices en retour !). En 1997, les archives des forages prennent feu, comme par hasard (on pense que c’est de Guzman qui les a détruites lui-même), et quelque temps après le même de Guzman… meurt, en tombant d’un avion au dessus de la jungle… on retrouvera bien un corps trois jours après (seulement alors qu’il était tombé en pleine jungle, on voit ici son corps prétendu ramené dans un filet)corps retrouvé, mais des doutes sérieux demeurent encore aujourd’hui sur le fait que ce soit vraiment le sien. Etrange décès en effet. Entre temps, les grands groupes avaient dû se rendre à l’évidence qu’il n’y avait rien à extraire à Busang… selon Wikipedia « La Mine d’or de Bre-X Busang est un scandale financier caractéristique des engouements spéculatifs sur la Bourse de Vancouver, qui est en fait une extension de la Bourse de Toronto. » En Europe, le quotidien La Tribune résumera toute l’affaire en une seule expression bien frappée : pour le journal suisse, cela avait été une « arnaque plaquée or »... le magazine TV « Masterminds » de Canada’s CBC News a raconté l’histoire en détail. On peut le voir ici. La crédulité des banquiers et des grands groupes miniers avait été tout simplement sidérante dans l’affaire !

st-trondL’or, comme deuxième piste de l’affaire ? C’est possible en effet. Souvenez-vous. Lors de l’enquête, il avait été décrit à la juge chargée de l’enquête qu’à la Môle, le même avion avait déjà atterri, venant de Punta Cana, mais avec à bord des valises moins nombreuses et bien plus lourdes. Un avion de la même société avait fait un vol avec à bord ce type de valises vers St-Trond (Sint-Truiden) minuscule aérodrome belge dans la province de Limbourg« Depuis des années, un marché parallèle s’est développé en République dominicaine. Le gouvernement et le géant canadien Barrick Gold, qui exploite sur l’île une immense mine d’or, se livrent une lutte sans merci sur le montant des taxes. Et les trafiquants en profitent pour faire sortir en douce quelques kilos d’or sale. Mais pourquoi vouloir ramener de l’or de République dominicaine ? Là encore, c’est Nicolas Pisapia qui donne la réponse : « Ça leur sert à faire des investissements immobiliers », dit-il aux enquêteurs. Franck Colin, lui, nie en bloc : « Absolument pas. Je comprends les conditions dans lesquelles il se trouve. Je ne veux pas lui faire plus de mal mais je n’ai aucun lien avec des notaires ou des agents immobiliers à Quito ». Colin se décharge de toute responsabilité et affirme n’avoir fait que l’intermédiaire entre Daryan et Nicolas Pisapia, » avait -on pu lire dans Le Point le 10 mars 2015. Dans le Parisien, même son de cloche avec les étranges atterrissages à St-Trond : St-Trond « Jean L. est courtier en aviation d’affaires, il fait l’intermédiaire pour la location de jets privés. A la demande d’un businessman belge, il a organisé, entre novembre 2011 et décembre 2012, quatre vols entre Le Bourget et le petit aérodrome belge de Saint-Trond, en faisant notamment appel à SN THS. Motif officiel de ces déplacements : convoyer de l’or st-trond beechbrut. Mais la juge d’instruction s’interroge sur la nature réelle de la marchandise. Des soupçons qu’elle assoit sur les déclarations des pilotes qui ont effectué ces vols. « C’était bizarre, car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et, en aucun cas, je ne devais me détourner de ma route, explique l’un d’eux. Si je ne pouvais pas me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. » Toujours selon ce pilote, le passager à embarquer portait « cinq ou six valises énormes et rigides ». « Une fois arrivé en Belgique sur le terrain désaffecté, deux voitures sont arrivées. A peine arrivés que les valises étaient chargées », poursuit le pilote, qui invoquera la météo pour refuser un deuxième voyage après ce transport « douteux ». Chez SN-THS, certains c’étaient donc aperçus de quelque chose, bien avant l’affaire de Punta Cana !!! Certains pilotes, en tout cas !!!
crusader fauretMais pas seulement : dans le livre récent « L’Affaire Air cocaïne de s Marc Leplongeon et Jérôme Pierrat », le second dirigeant de SN-THS, Fabrice Alcaud, affirme avoir eu des doutes sur le vol… avant même son départ, et en avoir fait part à la DGSE. En photo à droite, le KingAir 350 OO-GMJ d’Air Service Liège sur ce fameux aéroport de St-Trond. Dans les années 90; on avait même pu photographier deux Crusaders français et un se poser sur la base aérienne belge alors encore en activité lors d’un meeting aérien . A l’époque, on s’amusait pas mal dans l’aéronavale comme on le raconte dans un blog dédié : le 25 novembre 1994, à la fin du meeting de St Trond, justement, un Crusaders a décollé ailes repliées et est resté 30 minutes en l’air de cette façon : il n’y a que 8 pilotes au monde à avoir tenté l’expérience pour devenir membre du très fermé « wing-folded club F-8«  nous raconte le site contenant les archives des Crusaders français. l’histoire ne dit pas si Pascal Fauret, ci-dessus à bord de son appareil, a fait partie de ce club fort restreint… de pilotes casse-cou, ayant hérité de l’admiration ce jour-là de tous ses pairs… en photo, l’expérience menée par un pilote américain. à Naples (en Floride)… (ça sera aussi fait avec un Phantom F-4B ( le N°. 152327) ! Le drôle de pari avait débuté semble-t-il au « Death Angel squadron » de Da Nang, au Viet-Nam, en 1966… et avait été refait à Miramar par un jeune pilote du Navy Fighter Squadron VF-53 « Iron Angels » le 22 janvier 1968…

falcon SN-THSAu sujet de St-Trond, la juge en charge du dossier français va obtenir des pilotes de SN-THS des témoignages incroyables sur un petit biréacteur qui était venu s’y poser. Dans le livre « L’Affaire Air Cocaïne: Mafia et jets privés », deux dépositions apparaissent. La première est celle d’une pilote appelée Samantha, qui lui dépeint une étrange virée en Falcon 10 (le seul avion que possède en fait en propre SN-THS (*), le modèle Modèle Falcon 10 N° de série 203 immatriculé  F-GPGL, ici à droite dans son hangar, lors de sa vente aux enchères) vers le petit aérodrome belge.  » C’était un vol, il y a deux ou trois ans. C’était pour SN-THS. Il fallait se mettre à vide au Bourget puis récupérer un passager. Il fallait le déposer en Belgique et repartir sans le ramener […]. C’était bizarre car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et en aucun cas je ne devais me détourner de ma route. Si je ne pouvais me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. Il fallait partir très tôt pour arriver aux aurores en Belgique. Il faisait à peine jour pour pouvoir se poser », raconte-t-elle ». Puis pour les suivants, le passager se fait accompagner de valises qui ressemblent plutôt à des cantines de métal l: » Ensuite est arrivé un chariot avec cinq ou six valises énormes et rigides. J’ai été surprise de voir de si grandes valises en métal […]. On a passé le filtre tous ensemble, mais le problème est qu’à cette heure-ci le Bourget est une vraie passoire. J’avais des doutes et je ne savais pas si la personne derrière son écran était vraiment regardante. » Ce jour-là, Samantha n’avait pas réussi à porter une seule des valises, tant elles étaient lourdes. L’avion à peine arrivé en Belgique, sur le petit terrain désaffecté, deux grosses voitures noires étaient venues récupérer le passager, environ 70 ans et d’origine flamande, ainsi que ses bagages ». Un second témoignage confirme l’étrange ballet au même endroit : « et cette fois-ci c’est Émilien, lui aussi pilote, qui s’y colle. Tout comme Samantha, il raconte un voyage en Falcon 10 à destination de la Belgique et de l’aéroport désaffecté de Saint- Trond. « J’ai récupéré au matin l’avion qui avait été chargé sans ma présence, dit-il. Pour pouvoir charger les valises, l’aménagement intérieur de l’avion avait été enlevé. Un seul siège pour le passager avait été gardé. » Le vol était « au départ du Bourget et à destination de Saint-Trond, raconte Émilien. Un endroit où l’on ne peut pas se poser par mauvais temps. Les instructions étaient de retourner au Bourget si l’on ne pouvait pas se poser. On est partis là-bas, on a pu se poser et on a été accueillis par une personne se présentant comme le directeur de l’aérodrome, mais je ne sais pas s’il s’agissait vraiment de lui. Il y avait deux grosses voitures : une de type 4 x 4 et une de type Espace. Ils étaient là pour prendre le passager et charger les valises. Le vol paraît louche mais, sur le coup, ce qui m’a paru bizarre est le fait de partir du Bourget et de devoir y retourner si l’on ne pouvait pas se poser ». Et cela s’est passé avant l’affaire de Punta Cana !!!

falcon 10Le Falcon 10 ? Un petit jet privé bien connu des militaires… et de l’Aéronavale, tient, quel hasard. Connu par Patrick Philippot, le plus capé des pilotes de « Cruse » (Crusader) qui a apponté apponté 867 fois dont 160 de nuit avec la célèbre 12 F, a fini sa carrière comme commandant de la 57 S sur… Falcon 10 « Mer », par exemple.  L’avion de Dassault, surnommé « miniFalcon« a  servi à tout chez les marins : « de transport VIP Marine et ministériels, pour des missions d’entraînement au profit des bâtiments à la mer telles que calibrations, radar, plastron, acquisition/ détection d’objectifs, et, pour les pilotes, entraînement radar et au vol sans visibilité ». Tous les pilotes de l’Aviation Embarquée, opérationnels habituellement sur les avions de l’Aéronautique Navale, passent un jour sur Falcon 10 de la SRL pour s’entraîner au VSV ou tester leurs qualifications. Les missions de liaisons englobent les nombreux déplacements qu’impliquent le commandement et la gestion d’une force navale. Certaines destinations peuvent être lointaines comme Dakar », par exemple » note le site dédié. Voilà donc pourquoi on trouve tant d’anciens pilotes de Crusaders que d’Etendard reconvertis en pilotes de petits Falcon… ou de plus gros, tant Dassault tient à garder ses avions proches les uns des autres pour faciliter le passage de l’un à l’autre. L’autre grand utilisateur de Falcon étant Olivier Dassault, qui possède le sien propre, peint selon ses goûts (une jolie réussite) avec lequel il s’était rendu à plusiers reprises en Colombie, dans la villa »Cactus »  de Thierry Gaubert témoin de mariage de Nicolas Sarkozy, une villa proche de celle de  Jean-Philippe Couzi – les deux sont reliées par un tunnel (2), comme celles d’Escobar -, l’ancien époux d’Astrid Betancourt, la sœur de l’autre) mais ça aussi c’est encore une autre histoire (3).

Etrangement, le même petit Falcon effectue en septembre 2012 plusieurs aller-retours entre Lyon et Burgas ou Varna tel ce trajet relevé le 13 septembre 2012 par Flight Radar :

trajet falcon 10

Des voyages vers la Roumanie ou la Bulgarie d’un côté, quelques uns vers la Belgique, SN-THS, cette micro-structure est très affairée en cette année 2012 (on peut avoir une idée de la taille de l’entreprise en regardant le peu de choses qui a été mis en vente aux enchères lors de sa fin : même en informatique, c’était le strict minimum, tout tenait sur un MacMini – à moins que l’essentiel ait été gardé par la justice !). En fin d’année, un premier voyage a lieu vers Punta Cana, en Falcon 50 déjà : « décembre 2012 : Le Bourget – Puerto Plata (République dominicaine) – Saint-Tropez avec escale aux Açores. A bord, on retrouve les pilotes Fauret et Odos, et Pisapia. Au retour, le Falcon transporte sept ou huit bagages très volumineux. Leur déchargement est digne d’un film à grand spectacle : deux voitures pénètrent sur le tarmac pour récupérer les valises. Frank Colin assiste à la scène depuis la terrasse de l’aéroport. Sa présence dans le Var ? Pour voir le « bel avion », justifie-t-il. François-Xavier Manchet, douanier de 48 ans, est en poste à Toulon. Vieil ami de Frank Colin, lui aussi est présent à Saint-Tropez à l’arrivée du premier vol du Falcon. C’est d’ailleurs grâce à son intervention que les deux voitures pénètrent sur la piste. Le dossier comporte plusieurs écoutes téléphoniques troublantes entre lui et Colin, comme ce jour où l’homme d’affaires lui demande de se débarrasser d’une voiture. En décembre 2012, Manchet établit un document officiel antidaté de déclaration d’espèces pour son ami qui se balade avec 500000 € en liquide ». Pour le fameux douanier, on y reviendra plus tard, si vous le voulez bien. On notera surtout la présence, déjà de Pisapia lors de ce premier vol, et le rôle trouble d’un douanier de la Môle. Difficile aujourd’hui pour les pilotes de dire qu’ils ne se connaissaient pas, ou si peu, comme l’a affirmé dimanche soir à la télévision Pascal Fauret : « Nous n’étions pas mariés. Depuis le départ, nous avons été noyés dans la dénomination ‘les quatre Français’ mais ce n’était pas un vol de copains. J’étais là dans le cadre de mon travail ». Certes, mais de porter des valises volumineuses des clients, toujours les mêmes, à plusieurs reprises, ça crée des liens d’amitié, même si ce n’est pas l’amitié virile des pilotes sur porte-avions…  des valises aussi lourdes que celles amenées en Belgique à St-Trond, via le petit Falcon !

gulfstream congoDe l’or (vrai ou faux ?) circulant en jet, un intervenant de forum déjà cité était venu en parler, mais dans un autre endroit du monde : l’Afrique. « Tout cette histoire me rappelle l’ affaire du jet privé à Goma en 2011, un sublime Gulfstream V,  immatriculé N886DT (Voir *) de la compagnie Arcadia aviation (ex VP-BEP, numéro de fabrication 636. ex N556GA and N910V, chez Amoco-BP),, la photo est un document FlightWare, est bloqué à l’aéroport après une course poursuite avec les policiers dans la ville où il a quelques morts. Il y avait 450 kg d’ or et 4 millions de dollars à bord appartenant à un seigneur de guerre local (officiellement – il s’agîssait de Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator » en raison de sa sauvagerie proverbiale), qui vient d être transférer à la CPI de la Haye  (nota : son procès c’est ouvert le 2 septembre 2015) l’équipage a finit par être libéré, et l’avion convoyé à Kinshasa, peut être l’est il encore ? » avait écrit « warbirdreamer ». Et effectivement, à part que l’avion vole à nouveau : là aussi ça avait eu un côté « hollywoodien ». Ça ressemblait en effet à un film, là encore:  « C’est un coup digne d’Hollywood – jeudi dernier, un jet Gulfstream est arrivé à l’aéroport de Goma avec deux Nigérians, un Français et un Américain à bord. Selon les sources locales, l’avion a été immédiatement reçu par les gardes fidèles du général Bosco Ntaganda, inculpé par l’ICC. Ces soldats ont débarqué certaines boîtes et se sont dirigés vers la ville. Sboscoelon une version des événements, la Garde Républicaine s’est lancée dans la poursuite, mais s’est arrêtée quand elle a vu que les boîtes se dirigeaient vers la résidence de Bosco. L’équipage a été arrêté par les agents du renseignement congolais, les moteurs de l’aéronef encore en train de tourner. Et donc, qu’y avait-il dans les boîtes ? Selon le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, 6,8 millions de dollars. Les premières autorités congolaises ont suggéré que Bosco pouvait être derrière eux, mais le chef du renseignement d’Amani Leo, le colonel Wilson Nsengiyumva (également un ex-officier de la CNDP), a dit que Bosco avait dirigé cette opération d’infiltration contre les hommes d’affaires congolais anonymes qui « avaient essayé de voler les richesses du pays « .  Selon d’autres sources, cependant, Bosco (ici à gauche, photo du Great Lake Post) essayait de vendre en fait près de 500 kilos d’or – d’une valeur d’environ 20 millions de dollars sur le marché international, si elle est de qualité décente. Qui donc avait-il amené cet or à Bosco ? Il est vrai que beaucoup de ses soldats contrôlent des zones minières, mais le commerce de l’or passe en général par Bukavu ou Butembo, et pas par Goma. Et 500 kilos représenterait une somme énorme, un huitième de commerce de l’or estimé dans le Kivu, bien que ces estimations sont très approximatives, compte tenu de la nature clandestine de ce commerce. Et qui sont présumés et ses partenaires d’affaires ? enfant soldatLa presse suggère qu’ils sont américains, avec Edouard Carlos St. Mary III, Nigérians pour Adeola Ehinmola et Mukaila Aderemi Alexander Lawal, et un citoyen français avec Stéphane Franck M’Bemba. » Ce dernier étant un agent chargé de la sécurité de la Camac (pour « Cameroon-American » la société pétrolière installée à Houston de l’industriel Kase Lawal). Avant de quitter Abuja, l’équipe de la Camac avait reçu «les assurances, la haute considération et l’estime» du conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonhattan, l’ambassadeur Layiwola Lasseinde ». Le gouvernement aussi s’était visiblement fait berner ! L’idée de base étant d’acheter les 500 kilos d’or congolais (ou 450) environ 10 millions de dollars, et d’en doubler la valeur une fois rendu aux USA… le deal avait été signé à New York même, le 2 décembre 2010, par un gros industriel américain d’origine camerounaise.. qui espérait cupidement doubler sa mise. Pour en revenit à « Bosco Terminator’, ce qui lui est activement reproché, outre cette affaire d’or, c’est surtout l’emploi d’enfants soldats (la photo plus que parlante provient ici d’Info Afrique).

dossier CAMAC ONUTout avait été étrange de bout en bout dans cette affaire d’avion débarqué réputé plein d’or (à droite la photo de l’appareil à Goma, dans le dossier à charge de l’ONU) : « le 15 mars 2011, le Gulfstream, les quatre passagers et le pilote sont transférés à Kinshasa, où le parquet général de la République se saisit du dossier. La justice autorise à garder 112 jours aux arrêts les inculpés, dès lors que ces derniers sont susceptibles d’être passibles d’une peine supérieure à six mois de prison. Mais Flory Kambage Numbi, le procureur général de la République, opte pour une «amende transactionnelle». Vendredi 25 mars, après avoir accepté de verser une amende de 3 millions de dollars (2,1 millions d’euros) pour «blanchiment de capitaux, achat illégal et détention illicite de substances minérales», les inculpés ont été libérés du centre pénitencier de Kinshasa. Libres de quitter le pays ». Superbe !! A part que les « prisonniers » sont logés au « Kivi Light Hotel » et que celui-ci… appartient à Bosco Ntaganda, qui ira jusqu’à leur proposer la note des 112 jours au tail d’un cinq étoiles, ce qu’il était loin d’être !

protagonistesLe 26, l’équipe redécolle du Congo… mais sans les lingots d’or, et même lesté de billets qui s’avèrent tous être des faux !!! Tout n’était qu’une immense arnaque, dans laquelle était tombée le business man Kase Lawal (en gris la présentation Powerpoint qui a servi d’appât), qui dans l’affaire avait perdu au bas mot… 30 millions de dollars (certains estiment la perte à 62 millions !). Dans le deal signé à New-York, il devait partager la somme à 40% pour lui, 30% pour l’américain St Mary et 30 pour le basketteur intermédiaire… (qui eux s’étaient fait payer semble-t-il !). Il s’était fait avoir, malgré son image d’industriel aguerri : Powerp3-d5c8a« sa société Camac Energy, dont le siège est à Houston, négocie aujourd’hui près de 100 000 barils de pétrole par jour, dont une partie produite dans ses blocks nigérians d’Oyo. Cotée au New York Stock Exchange, la société, est, avec près de 2 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) de chiffre d’affaires, l’une des plus importantes entreprises du business afro-américain. Ses contacts, tant avec les milieux politico-affairistes du Nigeria que dans les cercles du pouvoir américain et les milieux de l’énergie de Houston, ont permis à Kawal de devenir aux Etats-Unis incontournable dans le business international, particulièrement avec l’Afrique. Après avoir déjà été employé par les administrations Bush et Clinton au sein de commissions dédiées au commerce international, puis avoir contribué financièrement à la campagne sénatoriale d’Hillary Clinton en 2008, celui-ci a été nommé le 20 novembre 2010 powerp2-b9643par la Maison Blanche au sein d’un comité de 30 personnes sur la politique économique internationale« . Lawal un des généreux donateurs de la campagne électorale de Barrack Obama, s’était fait berner par des escrocs bien ordinaires (comme intermédiaire on était tombé sur Dikembe Mutombo, star du basket US originaire du Congo ancien joueur de basket de la NBA chez les Houston Rockets, converti à l’aide humanitaire…. et au profit) : « Le rapport de l’ONU nous apprend que Ntaganda et d’autres hommes forts de l’est-congolais sont de fait en relation avec «un réseau à grande échelle d’escrocs en faux or travaillant dans toute l’Afrique de l’est». Parmi eux, justement le Camerounais Eddy Michel Malonga, le vrai-faux propriétaire de l’or sur Nairobi, ainsi qu’un autre compatriote, Yusuf Omar, recherché par les services de renseignement congolais. Un homme qui, deux mois avant l’affaire du Gulfstream V de la Camac, avait utilisé la même arnaque pour tenter de gruger, a nouveau à Goma, et une nouvelle fois avec la complicité de Ntaganda, le passager d’un jet Hawker 4000 arrivé de Dubaï: le pakistanais Tariq Fawad Malik, agissant pour le compte de la très trouble société Black Pearl International. Arrivé au Congo avec deux millions de dollars en cash, il fit capoter le deal après avoir découvert que l’or qu’on lui proposait était en fait de la pacotille »…  L’avion utilisé était un jet Hawker-Beech 4000 immatriculé (photo de 2010 de Billy McNally sur Flickr), loué à Dubai Empire Aviation Group166 au nom de hawkerBlack Pearl Capital Limited, de Dubai, ayant comme adresse une boîte aux lettres (P.O. Box 211050). Un avion appartenant à UBS Leasing AG en Suisse, qui l’avait loué à Elegant Aviation Limited, aux bons soins de soins de la Codan Trust Company Limited, dans les îles Vierges britanniques !! L’avion étant alors exploité par Empire Aviation Group, de Dubaï ! Toujours la même série de sociétés écrans pour perdre les enquêteurs et leurrer la sécurité des aérodromes !!! Celui-là, en tout cas ne voulait pas se faire connaître. Sur Mutumbo, rien dans sa biographie sur l’affaire : on écorne pas une légende !

La suite fut pire encore pour la société qui avait fourni l’avion : « en raison de la saisie, Southlake se retrouvait en défaut sur les 43 millions de dollars de prêt sur l’avion et son créancier VFS Financement, une filiale de General Electric, l’avait poursuivi dans le comté de Dallas en mars 2011. Southlake s’était mis entre temps sous le chapitre 11 de protection de la faillite, le même mois. Le vendredi 21 Septembre 2012, le Dr Kase Lawal en en qualité de directeur de Camac était condamné à verser 32 millions d’indemnités aux propriétaires de Southlake Aviation, David Disiere, Teresa Disiere et Disiere Partners, après que le tribunal ait déterminé que les responsable de CAMAC International Corp avaient fait volé l’avion de Southlake au dessus du pays africain sans même avoir d’autorisation ». SN-THS, rappelons-le, n’a pas survécu longtemps à l’affaire de la saisie du Falcon… qui ne lui appartenait même pas. Aux dernières nouvelles, l’avion, désormais en piteux état sans entretien depuis plus de deux ans, est en passe d’être racheté » pour en faire… des pièces détachées ! J’ai traité en détail toute l’affaire ici. Southlake n’a pas résisté à la mise en faillite. On peut encore voir en vente aujourd’hui son autre Gulfstream N168WM datant de 1986.

Sur un forum, un intervenant ajoute sa pierre (précieuse !) au dossier : « fait intéressant: un tribunal de l’Arizona a décidé l’an dernier que deux hommes d’affaires étaient coupables d’avoir fraudé des investisseurs pour plus de 640 000 dollars dans un système pyramidal qu’ils avaient mis en place avec un certain Edward Carlos St. Mary qui dirige une société appelée Axiom (…) L’investissement ? Acheter des diamants. La devise de la société était « acheter pas cher, pour vendre haut. » Apparemment, ça n’a pas fonctionné cette fois ». Selon la presse américaine, l’une de ces personnes était en effet un négociant en diamants de Houston (Texas), Edward Carlos St. Mary (ici à droite), au « passé suspect » : il a déjà tenté d’autres escroqueries, dont il était à chaque fois passé au travers, d’aucuns affirmant qu’il bénéficiait pour cela de l’aide active de la CIA. « Des dossiers de jurisprudence à son égard montrent des jugements par défaut contre lui totalisant plus de 1,5 million de dollars et l’un d’entre eux lui enjoint de rembourser 700 000 de plus. Les avocats des lésés affirmant ne pas avoir réussi à localiser des actif de Carlos St. Mary qui n’a remboursé aucune fraction du montant convenu, quelque soit l’établissement concerné. En attendant, il vit dans une maison enregistrée au nom de son épouse d’une valeur de près de 1,6 millions de dollars aux Woodlands ». « Le gars était très charmant « , a déclaré l’avocat John Venzke, qui représentait un groupe de trois investisseurs qui ont perdu de l’argent avec lui « il vendrait de la glace aux Esquimaux s’il le pouvait ». Un site s’inquiète de ce lien supposé : « revenons au jet en question, selon le ministre Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement congolais, le jet en question est recherché par les autorités américaines, mais il se cache au Congo pour l’exploitation des minerais du général-épicier. Au fait, ce jet trafiquait de l’or, tandis que selon Mende, il était recherché pour trafic de drogue, d’armes et munitions de guerre. Allez-vous croire que les services américains soient assez incompétents pour ne pas réussir à localiser ce jet ? ». Car c’est bien là tout le problème :disiere house l’appareil aurait-il aussi servi pour d’autres trafics illicites ? On songe à des armes, ou à de la drogue, avec les vilaines habitude de la CIA !!! » Selon Daniel Hopsicker, David Disiere lui-même, qui se présentait partout comme pilanthrope, n’était pas non plus un saint. Sa société d’assurances Cascade Insurance Co. de Shreveport en Louisiane tombée en faillite, il avait recruté comme homme d’affaires l’ancien Gouverneur Edwin W. Edwards contre qui il témoignera en justice, alors qu’ils étaient tous deux accusés de détournements de fonds leur valant jusqu’à 200 années de prison ! D’autres casseroles furent aussi reprochées à Edwards : le congressiste  Cleo Fields avait ainsi été filmé en 1997 recevant 20 000 dollars en billets d’Edwards ! Il  sera condamné à 10 ans pour racket. En 2014, il souhaitait à nouveau se représenter au Congrès ! Il perdra largement (32% contre 68 %) face à son concurent républicain  Garret Graves, Disiere continuant lui à vivre dans sa luxueuse propriété  de 1452 m2 à Southlake, avec ses 7 garage pour une valeur de 3 500 000 dollars (ici à droite).

1-million-dollarsOk, allez-vous me dire, mais SN-THS dans tout ça ?  Eh bien la société installée à Bron, soupçonnée de transporter aussi de l’or par la juge qui instruit actuellement l’affaire avait aussi un pied à terre en Afrique, dans le même pays que celui où avait atterrit le Gulfstream aux faux lingots, une société dont les déboires mirobolants pourraient aussi expliquer plein de choses. Mais ça, ça sera pour demain si vous le voulez bien… une chose à la fois, ce dossier est tellement lourd ! Presqu’aussi lourd que 26 valises à bord d’un Falcon ? 26 valises qui ne pouvaient pas contenir de l’or cette fois-là, car sinon, me chuchote à l’oreille l’ami Falcon, l’avion n’aurait jamais réussi à décoller (4) ! La piste, revenue récemment sur la discussion via l’ineffable commandant de bord Philippe Henneman , lui aussi ancien de l’Aéronavale, s’effondre en toute logique. Reste celle des devises… Même en petites coupures, 2,3 m3 de billets de banque… font également un joli paquet : comme le dit ici un bloggeur, répondant à l question « Quelle place peut prendre 1 million de dollars en grosse coupures (des billets de 100$) ? » .  « Et bien voici la réponse, 1.000.000$ ça tient dans un sac McDo, un tambour de machine à laver, un bac a légume de frigo ou un micro-onde ! C’est assez compact en fait … » A 2 millions chaque valise comme évaluation, on est déjà à 52 millions de dollars. Ce qu’a gagné l’actrice Jennifer Laurence l’année 2014. Ou le prix des permis d’exploitation des gisements miniers de cuivre et de cobalt de Luiswishi et de Lukuni (à 20 km au nord de Lubumbashi, la deuxième ville en taille de la République démocratique du Congo), cédés par La Gécamines à Congo Dongfang International Mining, filiale locale du groupe minier chinois Zhejiang Huayou Cobalt Co...!!! Ne reste donc que … la coke, comme solution !

L’exemple est devenu un cas d’école, intitulé ici « Business Aircraft Operations: Transactional and Operator Risks What can really go wrong when things go wrong? » signé David M. Hernandez, Vedder Price P.Cn chez Corporate Jet.

http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Case-of-the-big-man-and-the-oil-man-2532426.php

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=19647#.VjfkbbzQbcc

http://www.theatlantic.com/international/archive/2012/03/the-warlord-and-the-basketball-star-a-story-of-congos-corrupt-gold-trade/253813/

« Evidemment, les membres de la famille de la star du basketball n’ont jamais été arrêtés et le nom de Mutombo n’a jamais été mentionné dans cette affaire jusqu’à la publication d’un rapport de l’ONU sur l’activité des milices congolaises dans lequel il a été démontré que Mutombo Dikembe et sa famille étaient à la tête de ce complot.  Quand on interroge Mutombo Dikembe et M. Lawal sur cette transaction, ils affirment tous deux n’avoir aucun commentaire à faire. Mais M. Carlos déclare avoir gardé des preuves de ce marché (enregistrements et copies de SMS).Selon le négociant de diamants, la dernière fois qu’il a vu l’or, il était dans un coffre à la Banque Centrale du Congo et il sait juste que le Général Ntaganda a fini avec une partie considérable de l’argent de M. Lawal et que le reste est sûrement entre les mains du gouvernement ou ne fusse que les $3 millions de l’amende perçue [pour leur libération]. Et lui rien…. Je suis sûr que ce qui s’est passé n’était qu’un plan sournois et calculé » a-t-il déclaré.

Note de l’auteur (*):

 L’ami Falcon me précise que Le F10 F-GPGL dont il est question dans l’article a été vu à St Trond le 10 décembre 2012, pour le vol THZ103, décollage à 7h52 GMT, que le Falcon 10 n° 103 F-GPGL attribué par moi à SN-THS ne leur appartenait pas en fait : « il s’agit exactement d’un Falcon 100 (avec un 4ème hublot à droite) qui appartenait à Polygone SA, une filiale de GL Events / Olivier Ginon, le 3ème actionnaire de SN THS juste pour pouvoir utiliser leur hangar. SN THS n’a jamais possédé d’avion en propre. et enfin que le Gulstream de la « photo du N886DT n’est pas le G-V-636, mais le G-III-463″…

(1) c’est la famille qui gère le château de Vaux le Vicomte, propriété familiale.

(2) Le document fort intriguant reçu le 1er juillet 2011 par Gaubert et envoyé par Couzi est ce mail, qui évoque la vente de « Nibar », un bar à prostituées au nom évocateur (pour des français !) mais aussi des travaux bizarres, dont la démolition d’un « quai » et d’un « mirador »  et l’existence d’un « tunnel qui n desservirait  » après travaux « que la terrasse de ta chambre »… un tunnel ? Mais pour quoi faire ?

(3) racontée ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-110787

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-111035

(4) en l’occurrence : une valisette  » Spinner Cosmolite »de Samsonite fait comme dimensions  69cm x 46cm x 29 cm = environ 92 litres (0,092 m3). 26  exemplaires font donc 2,39 m3 de capacité totale. Un seul m3 d’or pèserait déjà à lui seul… 19,3 tonnes !

On peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-election-americaine-ca-se-151926

document essentiel ; le rapport de l’ONU sur les ressources minérales de la République Démocratique du Congo et leur convoitise, où apparaît Mutombo.

http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2011/738

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/grand-guignol-a-punta-cana-3/

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coke en stock

9 novembre 2015

Et puis dans ma longue saga sur l’historique des transferts de cocaïne, a émergé soudain une découverte, fortuite, à  vrai dire, et initiée… par mes lecteurs. L’un d’entre eux m’ayant remis en tête récememment la vente de biréacteurs Caravelle en fin de vie à  des personnes susceptibles de les utiliser à  des fins indélicates, je me suis remis à fouiner… pour tomber sur un pan complet fort instructif de la grande période des transferts massifs de cocaïne de Colombie directement vers la Californie via des avions réaction, bien aidé il est vrai par une rencontre sur le net fort au courant de l’aviation. Et tomber sur le cas de ce biréacteur français qui démontre par l’exemple que l’affaire du Boeing de la cocaïne couvert au Mali en 2009 a eu un précurseur français… 14 ans auparavant. Retour -en plusieurs étapes- sur ce fait historique, une livraison encore une fois de plusieurs tonnes de coke en plein désert… mexicain cette fois, et non malien. Avec à  l’autre bout… des comptes bancaires suisses. Comme quoi rien n’est vraiment nouveau ! Tout avait commencé en fait sous Bill Clinton, en son fief de l’Arkansas… avec le trafiquant Barry Seal, qui travaillait pour la CIA. Avant de parler Caravelle, on va (à nouveau) parler d’autres avions et… de l’Arkansas.

mena-db623Tout part de la mena, encore une fois, ou plutôt des multiples pistes au fin fond de l’arkansas ou des etats-unis, où atterrissaient les petits bimoteurs de Barry Seal et de ses collègues de la Cia, en plein fief cliftonien. Même s’il n’y avait pas qu’au hangar de Rich Mountain aviation, à la Mena, tenu par l’association de Seal et, Fred Hampton, que les opérations de rapatriement de drogue colombienne se faisaient. Seal, un agent de la DEA, c’est à  noter, était donc aussi un trafiquant de drogue, voilà  qui détermine tout de suite un des points forts du système : ceux chargés de poursuivre les trafiquants l’étaient eux-mêmes, et le sont encore pourrait-on dire, A  constater l’inefficacité totale de la lutte antidrogue de la DEA en Amérique Centrale et du Sud depuis des années. DEA et CIA travaillent en effet la main dans la main, c’est que révèle¨à l’évidence toute l’affaire Barry Seal…

L’avion de Seal
barry sealUn journaliste, Micah Morrisson, dans le Wall Street Journal, va décrire parfaitement ce qui s’y passe dans cet endroit reculé des USA, dès le le 29 juin 1994 (à droite un passage bas d’avion attribué à Barry Seal dans un documentaire US): « Mena est un bon endroit pour un mystère. Les forêts de pins et de feuillus des montagnes Ouachita qui l’entourent depuis longtemps sont un paradis pour les hors la loi, des générations de bouilleurs à la maison ou pour les agriculteurs de contrebande de marijuana aux chemises rouges de terre En 1981, le passeur de cocaïne Adler Berriman (« Barry ») Seal est arrivé sur les lieux, et a établi une base d’opérations à l’aéroport de Mena. Le dossier de M. Seal est bien connu des forces de l’ordre, il a été souvent présenté comme ayant fait plus de 50 millions de dollars avec ses activités illégales. Travaillant chez Rich Mountain Aviation, l’une des entreprises locales qui s’est transformé en un centre de remise en état des aéronefs de Mena, M. Seal a importépour près de 1,000 dollars de cocaïne par mois à partir de la Colombie dans les années 1980, selon l’enquêteur de Arkansas State Russell Welch, qui suit le cas de Seal depuis plus d’une décennie. passage bas barry sealEn 1984, M. Seal a « basculé » pour la DEA, devenant l’un de ses informateurs les plus importants. Il a pris l’avion pour la Colombie et recueilli des informations sur les dirigeants du Cartel de Medellin dont la cheville ouvrière est Lehder Carlos et a témoigné dans d’autres affaires très médiatisées. Quant à l’associé de M. Seal, Fred Hampton, le propriétaire de l’aviation de Rich Mountain Aviation, il a acheté une parcelle de terrain près de la petite communauté dans l’arrière-pays de Nella, à 10 miles au nord de Mena, et y a fabriqué en une piste. Les responsables locaux de la police pensent que l’achat était à l’initiative de Seal. » L’avion montré dans une vidéo amateur comme étant celui de Barry Seal est un modèle Navajo PA31-310, comme celui-ci, qui se distingue par ces trois larges hublots sur les côtés (le quatrième, celui de la porte d’accès est obturé, c’est une version « cargo ») : l’avion n’étant pas pressurisé. Certains Navajo ont été transformés pour pouvoir larguer des parachutistes (comme ce modèle). Seal utilisait, on le sait, cette méthode de largage pour délivrer la cocaïne.

La Louisiane, et l’île de Lehder

3324385676_c07b82f0d7-1Dans « The Crimes of Mena » de Sally Denton et Roger Morris sorti en juin 1995; on la description de la méthode Seal :  « Les cassettes vidéo personnelles de Seal, en la possession des auteurs, montrent une scène dans laquelle il a utilisé l’équipement de parachutage de l’armée américaine  ainsi que des dispositifs militaires de précision, dans ses opérations de transport de la drogue. Au milieu de l’après-midi après un certain nombre de passage à vide, l’un de ses avions abandonné une charge de plusieurs sacs polochons attachés à un parachute. En quelques secondes, la cargaison assis sur la piste d’atterrissage en herbe, à distance récupérée par Seal et chargé sur un hélicoptère qui avait suivi les avions volant à basse altitude. « Ceci est la première goutte jour de cocaïne dans l’histoire de l’État de Louisiane, » Seal raconte sur la bande. Si les sacs polochons vu dans les films à la maison des contrebandiers ont été remplis avec de la cocaïne – comme Seal le déclare lui-même sur la bande – cette charge unique valait déjà des centaines de milliers de dollars ».

L’armée complice

avion441-510x379-0336e-d2798Cette complicité avec les militaires, c’est exactement encore ce qu’écrivait Micah pour la base de Nella (Mena) dans l’Arkansas :  » En 1984, les rapports de surveillance policières parlaient d’une activité étrange de type militaire autour de Nella. « Nous avons eu des rapports sur des armes automatiques ; de nombreux incendies, sur des hommes d’apparence latino-américaine dans la région, des gens en tenue de camouflage se déplaçant silencieusement à travers des chemins avec des armes automatiques, des largages d’avions, un trafic d’avion bimoteur, des choses comme ça », dit l’ancien enquêteur de l’Internal Revenue Service, William Duncan, qui a commencé à enquêter sur Mena en 1983. Les habitants de la campagne autour de Nella ont confirmé les rapports d’avions qui chargeaient sur place dans le milieu des années 1980. « Mais les gens ne parlent pas beaucoup de ça ici », a déclaré un habitant du quartier. « Si vous le faisiez, vous auriez pu vous réveiller un matin et trouver un tas de vos animaux morts. » Visiblement, on a fait peur à l’entourage…. de la même manière qu’on a fait peur à des gens à d’autres endroits pour qu’ils ne mettent pas le nez où ils ne devraient pas.norman cay La mort d’un des pilotes (Emile « But » Camp), certes accidentelle, à Fourche Mountain au Nord de Mena, un an avant celle de Barry Seal ravivant les peurs de possibles manipulations, Camp ayant beaucoup à dire sur le cas de son propre collègue (un autre pilote de Seal, Eric Arthur, pilote de Piper Seneca, natif des Turks and Caicos Islands, se fera hacher menu par les hélices d’un appareil en 1984 sur l’île de Lheder (ici à droite), où se posait régulièrement Seal : Lehder, Escobar ou  Rafael Caro Quintero…. et Seal partageaient les mêmes avions. En tête de chapitre, un avion attribué à Seal dans une vidéo : c’est un Navajo Panther, et non un Cheyenne. Plus étonnant encore, l’avion ressemble comme deux gouttes d’eau au Panther découvert dans le hangar des appareils appartenant à la société de Caro Quintero, Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA :

caro_quintero_hangar

La méthode inventée deviendra classique

Les mêmes avions… et les mêmes méthodes. La preuve en étant cet extrait de l’ouvrage « Kings of Cocaine: Inside the Medellín Cartel – An Astonishing True Story of Murder, Money, and International Corruption » de Guy Gugliotta et Jeff Leen : « la contrebande sérieuse de cocaïne en avion privé est devenu une réalité lorsque Carlos Lehder et George Jung ont finalement rencontré Bam Kane à Miami pendant la première semaine d’août 1977, Kane dit qu’il était prêt, après un an d’attente et des retards, à faire voler la cocaïne pour eux. Pour s’envoler de Nassau, le fuselage de son petit avion bimoteur était équipé de réservoirs de carburant de caoutchouc pliable pour augmenter sa portée et était guidé par un Loran, une radio balise capable de le guider à quelques miles de sa cible (voir ici le principe, ainsi que l’explication ici). Au dessus de la Colombie, un co-pilote envoyé en repérage pour Kaneloran_kln88 avait souligné l’emplacement d’ une petite piste d’atterrissage privée dans une ferme en dehors Medellin, celle où  était Pablo Escobar. Avec 250 kilos de cocaïne à bord, cinq fois plus que Carlos I.ehdci n’avait jamais manipulé. Bam Kane est retourné à Nassau, a ravitaillé, et  est entré furtivement dans l’espace aérien américain. La cocaïne a alors été  chargée dans des chariots de supermarché et a été transportée en voiture à Fort Lauderdale sur un parking, là où Kane a divisé la charge en deux et l’a mise ans les coffre des deux voitures. Lorsque les Colombiens son venus, il leur a donné une voiture et a retenu l’autre jusqu’à ce qu’ils payent sa redevance Kane a eu son argent dans les quarante-huit heures et Jung et Lehdcr se sont divisé un cool million de dollar :  tout avait fonctionné comme sur des roulettes ».

réunion

Un parc aérien riche

Dans le jugement du 20 janvier 1993, on retrouvera trace complète des avions utilisés par Lehder (je résumé ici le long texte). Le Piper Navajo aircraft, Registration N50RK, dans lequel avaient volé  Carlos Lehder, Jak Carlton Reed, et Russ O’Hara  pour emporter 6 à 700 livres de coke à Rio Hacha en Colombie le 6 mars 1976. Le fameux N50RK est souvent attribué à Pablo Escobar, en fait. l’avion un Piper PA-31 Navajo sans winglets, construit en 1977 sous le numéro 51434430/A63918, inscrit chez A o Z Leasing à Corona del Mar, en Californie a été exporté le 11 juin 1981 en… Colombie. Son registre indique que ses propriétaires étaient des associés (« partnership« ).N50RK escobar De la coke transférée ensuite dans le Beechraft Queen Air, Registration N923Q.  En « avril ou début mai 1978 », Carlos Lehder, Jack Reed Carlton, et Russ O’Hara ont volé sur le Piper Navajo, inscription N50RK, de Cay, aux Bahamas de Norman, sur une piste en Colombie, avec un arrêt en route à Aruba, pour emporter environ 300 kilogrammes de cocaïne, avec retour à Norman Cay, Bahamas. L’avion était à l’époque toujours… californien. Vers la mi-juillet 1978 à ou vers décembre 1978 Reed et Stephen C. Yakovac ont fait plusieurs vols de chargements de cocaïne pour un total de 1358 kg de cocaïne en provenance bonanzade Norman Cay, aux Bahamas, sur une piste en herbe en Floride près du lac Okeechobee , en utilisant un Cessna 206, d’enregistrement N756LY. L’avion était enregistré en 1982 chez Red Aircraft Sales, à Fort Lauderdale avant d’être « exporté au Panama » !!! En mars 1979 Reed et Stephen C. Bluemel, ont volé sur un Bonanza à empennage en V, d’enregistrement N18337, en emportant environ 300 kilogrammes de cocaïne en provenance de Norman’s Cay, aux Bahamas vers la piste d’atterrissage lac Okeechobee, en Floride. Au mois de mNormans-cay-bonanzaars ou au début d’avril 1979 Edward Hayes, Carlos Lehder et Leverett Merrill Francis ont chargé environ 350 à 300 kilos de cocaïne dans un avion bi Beechcraft Bonanza, d’inscription N537ML, sur Norman Cay, aux Bahamas, et Ward et Francis, ont piloté l’avion au piste d’atterrissage d’Astor Park à Lake County, dans le Middle District de Floride, où la cocaïne a été chargée par une équipe au sol recruté par Jack Reed Carlton. Cette cocaïne a ensuite été transportée par véhicule à moteur d’Astor Park vers la «maison de planque» de Lighthouse Point, Floride, loué par Stephen C. Bluemel. Le gag, c’est que le Bonanza à queue papillon des dealers volait toujours récemment : il a été photogrphié à Santa Paula Airport en août 2010… et un autre similaire semble être resté dans un hangar sur Norman’s Cay, comme on peut le voir ici à gauche…

miami road drg plane

La grande époque du trafic de coke

En 1985,  on retrouvera un Cessna Conquest 441, cette fois, posé sur une autoroute, a i-75 à l’ouest de Palmetto, en  Floride, vidé de ses occupants. Un avion soupçonné d’avoir apporté de la coke. Son immatriculation sera attribuée en 1988 à un Boeing 727. Deux ans plus tard, en 1987, la police découvrait tout un matériel radio sophistiqué chez des trafiquants arrêtés à Miami : scannersdes scanners radios sophistiqués pour écouter la police, et une véritable station d’observation avec jumelles sophistiquées en haut d’un appartement de Sunny Isles. Au sommet du trafic, Lloyd Frink, le responsable du Grand Prix de Palm Beach et de l’International Motor Sports Association (IMSA). En trois ans, Don et Bill Whittington, Davie`s Randy Lanier et Davie`s Marty Hinze, tous pilotes de course, avaient été arrêtés pour trafic de drogue. Alors que Seal balançait ses paquets sur terre, Frink les récupérait lui plutôt en mer, ses paquets étant équipés de balises émettrices :  « la cocaïne, munis d’émetteurs, tombait dans l’océan depuis des avions, raconte le FBI. Des bateaux suivraient le signal radio et ramassaient des paquets flottants avec la drogue illicite. Frink et un autre pilote d’hydravion, appelé Lake (un Lake Buccaneer LA-4-200 en fait), volaient au dessus des bateaux transportant de la cocaïne de Scrub Cay dans les Bahamas, à Nassau, disent les autorités, selon le procureur adjoint Michael Runowicz déclaré jeudi. Le réseau de contrebande importé 10 tonnes de cocaïne d’une valeur de 10 millions dollars, selon, les agents du FBI. »

Des risques énormes, et des accidents révélateurs

principeDe accidents ont eu lieu, lors de ses vols de nuit dangereux. Le pilotage à l’arrivée de la Mena n’étant pas si facile que cela… comme témoignage, celui du shérif local avait surpris, à propos d’un crash d’un des appareils contenant la coke : « A. L. Hadaway, l’ancien shérif du lieu, a été fort surpris d’apprendre que « Camp, un pilote expérimenté, s’était écrasé. « Il aurait pu trouver cet aéroport de nuit tous feux éteints, je l’ai vu le faire », a déclaré Hadaway, qui est aussi un pilote. Furr (le manager de Rich Mountain) a dit qu’il y avait quelques doutes que la mort de Camp aît pu être simplement accidentelle :« J’ai entendu parler d’un assassinat, que Camp avait une bombe à bord, qu’il avait avec lui 500 livres de cocaïne et 3 millions de dollars en numéraire » a-t-il dit. Vous pouvez entendre plein de choses à ce propos ».  Dans une fort étonnante déposition d’un policier, Russell Franklin Welch, lisible ici, on peut en effet lire la thèse de l’attentat contre Camp : « donc, environ le 20 Février 1985, une personne inconnue à mes yeux, avant cette époque; ^portant le nom de Emile Camp, s’est écrasé en avion près de Mena et a été tué. J’ai reçu un appel d’abord de Rudy et Furr et plus tard, je pense, de Freddie Hampton. Je ne me souviens pas de l’ordre exact sur ce point. Mais ils tous deux craignaient que cela avait été un assassinat, parce Barry Seal allait au tribunal – il à la cour à ce moment-là à Miami, en Floride, sur un – témoignage pour la gouvernement dans une opération qu’il avait aidé à effectuer. Ils le sentaient comme cela – que l’accident d’avion d’Emile Camp était en quelque sorte un assassinat pour expédier ce procès, soit pour Barry Seal ou pour la défense dans le procès, Emile Camp étant la seule personne avec Barry Seal personne qui pourrait témoigner de ce qui se passait en ces temps particuliers« . Seal sera descendu, on le rappelle alors qu’il commençait à témoigner à sonpropre procès, et surtout à commencer à tout révéler. L’avion de Camp était le N8658E, un Piper Seneca noir, gris et rouge.maule L’avion appartenait à « Seal Adler B » : le nom réel complet de Barry Seal. Des Piper Seneca, il en avait trois : le N8658E, le N8275T (enregistré chez « Pay and Save Inc » (drôle !)et le N8049Z, tous peints exactement pareil, avec des noms de code internes… japonais. Exercés à voler bas et à tester les détections radars de la base. Peints pareils, les avions étaient complètement interchangeables. Les avions étaient enregistrés à Boward County… en Floride. Barry Seal utilisait aussi un avion précis : un petit Maule, dont la spécialité est l’atterrissage et le décollage court, idéal au Nicaragua (présenté ici par Terry Reed).

Un seul hangar est tout s’explique

rich_mountain-8279aL’origine du trafic est vite cernée, et elle se situe dans un hangar précis de Mena même :« M. Duncan et M. Welch, enquêteurs de police de l’état d’Arkansas, ont poussé leur enquête sur M. Seal et de Rich Mountain Aviation. Ils soupçonnaient que M. Seal, en dépit de son travail avec la DEA, ait continué d’importer des drogues et à blanchir l’argent par le biais des entreprises locales et les banques, en utilisant éventuellement la piste d’atterrissage de Nella comme base pour des largages de drogue. En 1986, la chevauchée sauvage de M. Seal a pris fin. Trois tueurs à gseal deadages colombiens armés de mitraillettes l’ont rattrapé alors qu ‘il était assis derrière le volant de sa Cadillac blanche à Baton Rouge, en Louisiane, et lui ont délivré une récompense éternelle. Huit mois après l’assassinat, l’avion cargo de M. Seal a été abattu au-dessus du Nicaragua. A bord il y avait un chargement de munitions et de fournitures pour les Contras. Un membre d’équipage, Eugene Hasenfus, a survécu. Avec l’accident, et l’étalage de l’affaire Iran-Contra, les enquêteurs ont commencé à examiner la piste de Nella sous un jour nouveau. Barry Seal ne faisait pas simplement que voler la drogue aux États-Unis, pensaient-ils, peut-être aussi qu’il apportait aux Contras nouvellement formés des armes de l’extérieur. » 

Des largages et une récupération par hélicoptère

mena_hangar-7084dLe policier qui avait découvert le trafic a fait un témoignage fort précis sur les méthodes inventées par Barry Seal, qui deviendron communes à tous les trafiquants suivants :  « nous avions un problème difficile pour montrer la réalité de l’arrivée de la drogue à la Mena. Nous avons appris la méthode de fonctionnement de Barry Seal et des personnes qui avaient été impliquées avec lui. Lui-même à cette époque, expliquait au Congrès et aux journaux exactement  son mode de fonctionnement qui, pour aller en Colombie dans un avion au système de carburant modifié, muni de réservoirs souples pour transporter du carburant supplémentaire, pour voler ainsi jusqu’en Colombie chargé avec de la cocaïne et pour revenir dans ce pays, toucher le continent, et laisser tomber sa cocaïne dans des sacs de voyage dans une non divulguée que personne ne connaissait grâce aux coordonnées Loran, vers une équipe au sol dans un hélicoptère, qui allait ramasser la cocaïne ». L’hélicoptère était essentiel dans la pratique, une grande part dans le fonctionnement ». Les avions ont fait qu’il utilisait nous savions (par un informateur) qu’ils étaient les mêmes car l’informateur de Louisiane, nous a dit qu’ils étaient stationnés au Mena Airport chez  Rich Mountain Aviation. Nous savions que ces avions environ toute les semaines ou deux quittaient l’aérodrome, pendant un jour ou deux, puis revenaient. Nous savions que ces avions avaient des réservoirs souples à l’intérieur. Nous savions aussi en fait ces avions avaient des couvertures couvrant leurs tableaux de bord dans le cockpit pour les dissimuler au regard des étrangers tentés de voir de quoi était fait l’équipement sophistiqué du cockpit, les radios et les Lorans et des choses que je ne connais pas du tout (…) l’informateur nous a dit qu’il y avait de fait de la cocaïne dans l’aérodrome. » Détail saisissant : la secrétaire de Richmond Aviation s’appelait Lucy Gonzalez, et elle était la fille d’un sénateur colombien.

La piste du carburant qui remonte aux trafiquants
IA Piper Navajo PantherLe témoignage est primordial, car il indique aussi les types d’appareils utilisés. « Mais un des aspects les plus importants en fait, que nous avons appris, c’est que Barry Seal possédait aussi des hélicoptères, dont deux d’entre eux, étaient à Rich Moutain Aviation pour une période de temps. Et ils avaient aussi une sorte de plancher, qu’ils faisaient rouler au dehors du hangar, par manque d’un meilleur mot, sur lesquels les hélicoptères pouvaient atterrir sur, puis étaient rentrés dans le hangar. Et la seule chose que l’on savait c’est qu’en fait Barry Seal avait besoin de ces hélicoptères pour pour ramasser les paquets de drogue après leur chute de l’avion lui-même. Nous savons aussi que Joe Evans aidait Barry Seal avec sa licence de camion à plateau avec un grand réservoir de carburant sur le dos de celui-ci sous un nom commercial fictif. Et nous savions ce que ce camion était utilisé pour l’achat de carburant, en grande quantités dans différentes zones environnantes de Mena, à savoir dans sou un nom d’entreprise fictive, en utilisant les numéros de queue d’avions fictifs ». Ce qui nous a amené à croire que peut-être de la cocaïne avait été stockée dans la zone. Mais on n’a jamais été en mesure d’établir nous-mêmes le fait. Pour nous, ce n’était pas nécessaire pour son opération d’apporter tout cela dans cette région. Ce qu’il avait était un endroit sûr pour ses avions. – Combien d’avions y avait-il là, Russell?  demande le président du jury – « selon les informations que nous aviescobarons, il y avait quatre avions à un moment, dont deux Cessna Seneca; et je pense aussi dire vrai pour deux Panther Navajo et deux Seneca ». Le Navajo Panther étant une amélioration du Navajo équipé de moteurs Lycoming TIO-540-J2BD avec des hélices quadripales Harztell capable de voler sur 800 miles en réservoirs internes (en tête de chapitre un Panther avec Winglets)… Les trafiquants avaient choisi ce qui se faisait de meilleur pour l’époque : le premier Piper à turbopropulseurs, le Cheyenne n’a été mis en service qu’à partir de 1974. On peut voir dans un documentaire Pablo Escobar en personne atterrir à son Hacienda Napoles à bord de l’un d’entre eux (image ici à droite, je reviendrai plus loin sur cet appareil plutôt… particulier).

Ce menteur invétéré de Clinton et ses douteux amis

US-FILES-CLINTON-GRAND JURY-TESTIMONYOn a souvent évoqué les Bush comme pires présidents, mêlés à des activités fort douteuses, le père ayant lui-même été à la tête de la CIA, ne l’oublions pas. Mais les Clinton n’ont rien à leur envier, toujours selon le Wall Street Journal de 1994 : « par une coïncidence intéressante, tout en fonctionnant comme un agent de Barry Seal, la DEA a également mené une enquête sur les activités liées à la drogue du courtier en obligations de Little Rock, Dan Lasater, un partisan de Clinton. En Octobre 1986, M. Lasater avait tait accusé à Little Rock complot en vue de distribuer de la cocaïne, la DEA a confirmé qu’il était la cible d’une recherche de trafic de drogue impliquant son avion privé et un petit aérodrome au Nouveau-Mexique, à la station de ski d’Angel Fire (photo ici à droite) que M. Lasater avait acheté en 1984. M. Lasater a exécuté une mystérieuse série de transactions pour le compte de Dennis Patrick, résident du Kentucky, qui a dit qu’ll n’avait pas eu connaissance de ces millions dans les transactions de son compte bancaire en 1985 et 1986. On ne sait pas ce que ces transferts représentent, à partir des bordereaux de confirmation que M. Patrick a montré sur papier seulement, avec le peu d’argent qui en sortait. dan lasaterPourtant, il est intéressant de noter que l’activité trépidante dans le compte est arrivée à une fin abrupte en février 1986 – le mois même où Barry Seal a été tué. Bien sûr, tout cela peut être juste une coïncidence, et peut-être même que le gouverneur Clinton ne savait même pas que des trafiquants de drogue, la CIA et la DEA opéraient dans sa cour. Peut-être qu’il ne voulait pas le savoir. Après tout, comme Nous venons de l’apprendre, l’Arkansas de Bill Clinton était un endroit très étrange. » Lasater sera condamné en 1986 pour trafic de drogue, mais ne fera que 6 mois sur les 30 requis, et Clinton en 1990, lui octroiera un pardon complet, effaçant toutes les accusations contre lui. Dclinton rogerifficile d’imaginer que cette mansuétude eût été elle aussi fortuite ! En 1993, un ex-agent de la DEA, Robert Bonner avait confirmé devant les caméras du magazine 60 Minutes qu’il y avait bien un trafic de drogue à la Mena : vous dites. Une tonne de cocaïne a été exportée vers les Etats-Unis d’Amérique …. En collaboration avec la CIA ? Bonner : C’est exactement ce qui semble s’être passé ». Chez les Clinton, le propre frère du président, Roger, protégé de dan Lasater, dealer de coke, en prenait lui-même : on le voit ici sur cette  vidéo de la Police se prendre un rail dans un motel.

De la coke à la tonne

seal_aircraft-a8c07Une tonne, et beaucoup plus, car ce n’était pas par petit bimoteur seulement, mais par avion cargo militaire de taille conséquente, un Fairchild C-123 Provider. que cela se passait. « Dans la matinée de ce premier vol direct, Seal et Brown ont dû aller à l’aéroport régional de Mena Intermountain dans une région éloignée près de la frontière de l’Oklahoma. Il s’agit d’un établissement petit, rarement utilisé, et intéressant seulement pour une piste très longue, du type utilisé par les gros avions de vols transcontinentaux. Brown s’était attendu à trouver, un Baron ou un King Air, des petits bimoteurs pour lesquels il avait reçu une formation de pilote. De tels avions transportaient le gouverneur dans tout l’État. Au lieu de cela, a-t-il dit, il a trouvé cet « avion militaire énorme » alors que ce n’était pas vraiment un avion militaire. Il était sombre, presque noir, et avait seulement sur la queue les marquages ​​civiles minimums nécessaires pour l’opération. Le C-123K est un transport militaire avec deux moteurs, avec une porte cargo à l’arrière de son fuselage capable de charger une petite voitureA l’intérieur de l’avion, avec Brown, un autre pilote et deux autres personnes qui étaient des ouvriers, des « Beaners »-communs qui ressemblaient à des indiens d’Amérique centrale. Plus tard, Brown aurait appris à les connaître comme « kickers », parce qu’ils donnaient des « coup de pied » aux cargaisons de l’avion. Ils étaient tous en jeans, chemise et chaussures de sport. Seal, dit Brown, avait prescrit le code vestimentaire et insisté sur le fait que l’on n’ait pas une seule pièce d’identité sur soi, pas même des clés ou des bijoux. Seal avait même demandé à Brown de changer ses chaussures. Ils devaient être inreconnaissables. Quand Brown est monté dans l’avion, Seal co-pilote à ses contrôles jouait avec des jauges et des notes. Puis Seal a démarré les moteurs et Brown se souvient : « Ce putain… excusez-moi, je veux dire juste ce bruit de tonnerre de putain d’avion de merde qui était déjà en train de décoller. » Brown affirme que quand l’avion a décollé, il était assis sur un banc derrière les deux pilotes. Les « kickers » étaient assis loin à l’arrière de ce fuselage d’avio où il y avait des palettes sur roulettes. Des caisses étaient empilées, sur palettes partiellement couverts par une bâche. » Il est vrai que le Provider transportait de tout….
Les bases militaires dans le coup
250px-Stennis_International_Airport_-_Mississippi-625ceL’appareil utilisait aussi des bases militaires, notamment pour se ravitailler : à la DEA et la CIA on peut ajouter l’armée comme complicité : « Après l’avoir quitté Mena, l’avion a fait une escale de ravitaillement « Personne n’est descendu, » a dit Brown et le vol a repris. L’arrêt s’était arrêté à l’aérodrome de Stennis à Gulfport, Mississippi, un aérodrome fréquemment utilisées par le DEA (c’est resté un terrain militaire jusque 1970, ici en photo à gauche). Une fois de retour dans l’air, Sceller les fit sursauter en hurlant : « Eh bien, vous allez tous vous aggriper. » L’avion est alors descenu à ce que Brown appelle « une altitude d’enfer de beaucoup plus faible que celle à laquelle vous pensez pouvoir voler. » Seal évitait ainsi les radars. Bientôt, ils ont regagné l’altitude, mais ensuite ils sont redescendus à nouveau et « c’est alors ces deux enfoirés se sont mis à pousser obtenir ces palettes et à les faire rouler ». Lesrodriguez parachutes se sont ouverts au dessus de la charge sur les palettes. Plus tard les soupçons de Brown ont été confirmés : les palettes emportaient des M-16 pour les Contras. On ne sait pas s’ils avaient déjà été largués aux Contras. Seal semblait avoir eu des relations aussi chaleureuses aussi bien avec le cartel de Cali qu’avec les sandinistes. Il démontrait surtout être un employé du gouvernement très peu fiable. Environ trente minutes plus tard, Brown dit, le C-123K tard a atterri dans ce qu’on pensait être Tegucigalpa, au Honduras, bien que d’après les enquêtes c’était inconnu comme site central de la présence américaine. Après l’atterrissage, l’avion a été ravitaillé en carburant. Alors que Seal et les kickers étaient allé chercher quelques colis, Brown et le co-pilote, restés à bord échangeaient jamais plus que quelques mots . Puis, a dit Brown, Seal et les kickers sont revenus, portant quatre sacs. Brown dit qu’il n’avait amais revu les sacs depuis« . Tegucigalpa, là où sévissaient les escadrons de la mort formés par John Steele, retrouvé plcartes ciaus tard en Irak… comme tortionnaire travaillant sous les ordres directs de David Petraeus. Parmi les personnes très affairées à la Mena, un dénommé Felix I.Rodriguez (alias « Maximo Gomez » ici dessus à droite avec G.H.Bush), dont on reparlera un peu plus loin… mais aussi Bob Nash ou Aki Sakawatha, de la CIA. Tous se promenaient avec des fausses cartes d’entreprises de compagnies écrans sur eux, comme celle figurant ici à gauche…
La mort de deux ados trop curieux
reed-aba0bBill Clinton était-il au courant de ce trafic ? Sans aucun doute, peut-on affirmer aujourd’hui : « en Mars 1995, dans une déposition juridiquement contraignante, Cavalier Larry Patterson a également déclaré que Clinton savait, à propos de Mena. Patterson a dit qu’il avait ntendu des conversations à propos de « grandes quantités de drogues en cours de transfert dans l’aéroport de Mena, de grandes quantités d’armes, qu’il y avait une opération de formation continue des personnes étrangères à la région. » Lorsqu’on lui a demandé, « Y avait-il de ces conversations en présence du gouverneur Bill Clinton ? » il a répondu : enquête« Oui, monsieur. » Patterson avait été déposé en une action en justice déposée contre l’ancien chef du service de sécurité Clinton, Terry Reed, qui a dit qu’il avait formé les pilotes de Contra, sous la supervision de Seal, à Nella, Arkansas. Dans un autre hangar dans le cas, John Bender, un mécanicien, dit qu’il avait vu trois fois Clinton à Mena, à l’été 1985. Il n’y avait pas d’autres dignitaires locaux de présents, et Bender, et Clinton ne semblaient pas prendre part à aucune fonction officielle. Cela dit Bender Clinton est arrivée dans un avion Beechcraft et l’avion était toujours là Quand Bender est repartu en fin de journée. Le séjour de Clinton a duré des heures ». Bill Clintondeux_jeunes_tues_arkansas-d2d05, ce menteur professionnela toujours nié, comme il l’avait fait, fort mal à l’aise devant la truculente journaliste Sarah McClendon qui signait-là encore une fois son sens de la vérité pour lequel elle s’est toujours battue. Deux adolescents de 17 ans, trop curieux, Don Henry et Kevin Ives y ont laissé la vie, également, à s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Ils avaient assisté à quelque chose, pour sûr, mais à quoi : les largages de cocaïne des avions, tout simplement ! Une des deux mères, Linda Ives la maman de Kevin, obtiendra une exhumation du corps de son fils qui révélera qu’il avait été tué en recevant des coups et non par le train, dont le conducteur avait aperçu trop tard les corps disposés sur la voie.train Il fut conclut à un meurtre lié à un trafic de drogue ayant lieu à Saline County, Arkansas. On retrouvera après l’un des pieds des deux corps qui manquait, alors que l’exhumation avait tenu à ne pas révéler ce détail morbide : comme si quelqu’un voulait à nouveau faire savoir que l’affaire était douteuse depuis le début. L’homme en cause dans l’affaire étant le premier légiste à avoir examiné les corps, le Dr. Fahmy Malak, pour qui il s’agissait d’un accident : on découvrira qu’il avait quelque temps auparavant déclaré de mort naturelle un homme retrouvé… décapité ! Une des rares personnes à avoir assisté aux meurtres, Sharlene Wilson, agent informateur de la CIA, travaillant pour la Saline County Drug Task Force a été ensuite envoyée en prison à vie. Selon elle, d’autres jeunes avaient assisté au massacre, mais ils ont toujours eu trop peur de témoigner.
Les souvenirs de Tosh
plumlee-fa1c0J’avais déjà évoqué en 2011 le rôle trouble de Clinton : « parmi les pilotes de la Mena, et certainement un des pilotes de ce genre d’appareil, figurait Tosh Plumlee, qui utilisait l’aéroport de la Mena au nom de la CIA pour le trafic de drogue des Contras. Plumee a beaucoup de choses à raconter, c’est évident. Hélas, on ne pourra pas le savoir avant… 2020 : lors de l’enquête menée par le sénateur John Kerry (oui, l’ex-candidat et l’actuel secrétaire d’Etat d’Obama), il a déposé sous serment sur ces activités de transporteur de drogue pour la CIA. Hélas, sa déposition ne sera rendu publique que dans 10 années seulement ! Le temps de protéger Clinton, très certainement. Plumlee avait déjà révélé une petite partie dans on livre »Black Knights of Cuba », où il évoquait sans détours les liens entre les anti-castristes et l’assassinat de Kennedy.«
Et ça continue, aujourd’hui encore !!!
crash cessna 210On pense que tout cela est de l’histoire ancienne : détrompez-vous ! Un événement va répéter le schéma classique depuis l’époque de Lehder et de son île à cocaïne. Ça s’est passé le 14 novembre 2011 à environ 4 heures du matin sur Cayman Islands, autour de la piste de l’île de Cayman Brac, qui est parallèle à l’Océan, et qui n’es pas celle du petit Aéroport de l’île, qui est plutôt bien dégagée, elle Des témoins entendent vers 3h45 du matin un avion volant tous feus éteints et circulant d’ouest en est, puis une absence brusque de bruit de moteur, et juste après un énorme bruit.  Vers cinq heures du matin on découvre un crash d’avion, un Cessna T210N, immatriculé au Mexique en XB-LLD, construit à la grande époque des narcotrafiquants de la région, en 1981. dans la carcasse broyée qui s’est plantée dans les arbres en bord de piste (il ne reste pas grand chose de l’avion), il y a deux cadavres.cartographie un mexicain, Jose Santos Castaneda Castrejon âgé de, 35 ans et un colombien,  Fernando Duran Garcia âgé de 56 ans. Celui-ci avait reçu sa licence de pilote commercial en 1976… l’autre avait aussi son diplôme de pilotage si le second n’avait rien ingurgité, le corps de Garcia contient de la cocaïne et de la chlorphénamine (un antihistaminique) : le pilote était donc « high » au moment du crash ! Si le pilote était sous dope, l’avion avait à bord l’équipement complet de l’avion de trafiquants : il y a deux GPS Garmin 495 dont un connecté à l’allume-cigare de l’avion, et tous les sièges arrière sont manquants. A la place, il y a tout un système de fûts en plastique (il y en a 10)  reliés entre eux par des tuyaux et deux pompes électriques sous 24 volts.  L’un d’entre eu contient encore une cinquantaine de litres de kérosène. Les ailes ont été allongées pour emporter chacune un réservoir supplémentaire interne « extended range wings« ). Une carte GPS crashmodification jugée « amateur » par les enquêteurs, mais qui avait ajouté 600 litres de kérosène à bord (158 US gallons). Celle de gauche, qui a heurté les arbres et les poteaux télégraphiques en bord de route, les a copieusement arrosés de kérosène. L’avion a essayé de se poser, se laps étant sortis et son train en position basse bloquée (le Centurion a un train rentrant),  et l’origine de son crash est à chercher dans la perte totale de l’alimentation électrique de l’appareil.  Un eportage d’une TV locale montre les dégâts de l’appareil et le témoignage d’un résident, Glen Robinson, qui a entendu l’avion tomber. L’enquête ,visible ici montre que l’avion est parti de Guadalajara pour unbidons vol à destination de Chetumal, au Mexique; situé à une distance d’environ 858 Miles nautiques. , ce qui est faisable théoriquement par un Cessna 210 sans essence supplémentaire. L’avion a ensuite redqueueécollé vers le nord et vers la frontière du Belize,où il effectué un atterrissage bref sur une piste improvisé, puis a à nouveau volé 490 nm, vers l’est à travers la mer des Caraïbes du sud,  lorsque que son GPS s’est arrêté. Dans les mémoires des deux GPS, on retrouve des indications fort intéressantes : « un GPS a eu un itinéraire actif sélectionné à un emplacement au Venezuela près de sa frontière avec la Colombie. L’autre GPS avait un actif « aller à » sélectionné à un mi-chemin point entre la Jamaïque et le point le plus au nord de la Colombie » notent les enquêteurs. Toujours le même chemin !!! Et toujours la même méthode, plus de 35 ans après !!!
GhostofMomo
sur Jack Reed:
fhttp://www.gorillaconvict.com/2014/04/buccaneer-provocative-odyssey-jack-reed-adventurer-drug-smuggler-pilot-extraordinaire/
le texte de The Crimes of Mena
le  copieux dossier de Daniel Hopsicker sur le sujet (publié en 1997 déjà !) :

sources:

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-civ-retour-en-arkansas-a-la-mena/

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dessous_noir-fb0d7Quatre et deux jours avant notre fameux Embraer-Navajo, on a donc un autre avion qui s’est vautré dans l’eau avec une tonne de coke à bord, dont les paquets ont été en partie ramassés et mis en camionnette, et un autre tout près de Cojedes, avec 500 kilos de cocaïne à bord, que les services de police ou de l’armée n’ont pas monté pas, comme ç’est pourtant l’habitude dans le cas. Pourquoi donc, voilà qui intrigue en effet. Notre troisième visiteur du mois survient donc après ces évènements successifs, et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est présenté de façon tout aussi étonnante. aile-5-33722D’abord la scène principale, celle de l’impact de l’avion prétendument abattu, qui a été soigneusement rangée…. en trois tas bien distincts. Un énorme amas de ferraille, d’où les moteurs semblent absents (ou pas visibles alors qu’une photo officielle est légendée « moteurs« ), et dont une partie conséquente a subi un feu intense. A quelques mètres de là, comme extrait de l’incendie, des morceaux de métal nettement moins abîmés mais qui intriguent tout autant. On déjà vu celui du fuselage avec la fausse immatriculation, semblant être de papier, ce qui étonne déjà quelque peu (voir précédents épisodes) : comment ce truc mal collé aurait pu supporter le vent relatif, par exemple. Un agrandissement jette encore plus le trouble : c’est tout sauf un adhésif !!! Un coup de zoom montre que le dessous du support est… noir !

queue_avion-e0b75Plus intrigante encore, une deuxième image de ces morceaux « propres » montre…. un morceau d’aile, où figure en plus grand l’immatriculation… brésilienne de l’appareil. Si les trafiquants auraient voulu cacher leur origine, c’était raté : du sol, on distingue de loin, et nettement, l’immatriculation figurant sur l’aile gauche de ce genre d’avion (voir ici) ! Autre bizarreté : parmi les débris « propres », l’aileron vertical de queue reconnaissable à son petit déflecteur monté à 90°. Elle est ici aux couleurs générales de l’appareil (blanc avec trois stries, doré, rouge et noir) alors que la photo du même appareil prise en février dernier, la montre de teinte bleu ciel. Sa base est manquante sur le même cliché, mais on la retrouve sur une autre photo mise en évidence par l’armée vénézuélienne. Cette pièce montre des impacts… qui n’ont strictement rien d’impacts de balles (des obus de 20 mm nous avait-on dit !). Non, des traces d’éléments projetés par une explosion, plutôt… qui aurait très bien pu se faire… au sol.

Si l’on pense en l’air, on songe alors à un missile. Et là, ça devient tout aussi croquignolet. Car les fameux F-16 vénézuéliens semblent bien démunis dans ce genre d’armement. Le lot de 24 F-16 a été acheté, rappelons-le en 1982. Trois ont été perdus depuis. Les F-16 ont semble-t-il utilisé depuis leur dotation de missiles (leurs rails sont souvent vides) et se sont tournés vers l’équivalent israélien (et oui, Chavez a acheté à ce pays !) à savoir le Pyhon IV. Une commande de 180 devait se faire, mais tout a été annulé en 2006, les américains étant hostiles à la mise à jour globale des appareils, et l’intégration du missile israélien posant également des problèmes de bus de data…

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Si bien qu’on a pu admirer à plusieurs reprises (voir ci-dessus) un F-16 vénézuélien arborant un missile Python IV factice, démuni de ses ailettes arrière. Le hic étant que le Sidewinder détecte l’adversaire par sa chaleur, et qu’en ce cas ce n’est pas la queue du Navajo qui aurait dû être marquée. Un missile de ce type sur un appareil civil l’aurait mis en pièces, plutôt avec l’essence à bord. En prime, les Sidewinder, non remis à jour (refusé par les USA), sont périmés depuis longtemps, comme on le rappelle ici., et leur emploi est même dangereux. Bref, rien ne correspond : pas de traces d’obus et pas davantage de missile aérien. Résultat : l’avion n’a certainement pas été abattu ! Seules de fines traces sur différentes tôles pourraient accréditer la thèse du missile ; mais pas d’un Sidewinder, mais plutôt d’un… missile terrestre type ManPad, comme l’Igla. Voici ces dégâts en effet sur un avion (et ici un autre) Et voici une photo de Padrino en train d’en essayer un, justement ! L’armée vénézuelienne en est équipée depuis 2008, fournie par la Russie. Mais si l’Embraer de Cojedes a été ainsi détruit, pourquoi donc avoir raconté la fable de la poursuite par F-16 ? Car un autre élément vient contredire la thèse de la poursuite : l’heure à laquelle s’est produit le crash. Et c’est l’armée qui nous le donne… grâce à sa com’ de crise… et ses montages où l’avion représenté est un Beech 200 ou 350 et les avions des F-5 que le pays a remisé depuis plusieurs années.

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On peut pardonner aux autorités leur erreur de représentation, pour faire rapidement un schéma présentable. Mais on ne peut les suivre lorsqu’ils disent avoir envoyé deux Falcon F-16 de la base de Libertador pour intercepter l’Embraer. Car ils ont oublié une chose : les modèles de F-16 que possèdent les vénézuéliens sont bien anciens. Chavez avait proposé ses F-16 à Cuba, qui avait dit non, et le Pakistan qui en cherchait avait aussi refusé les siens. Trop vieux ! Idem pour l’Iran. Trop tard pur les appareils vénézuéliens de type « Block 15 », à savoir un engin certes amélioré face au Block 10, mais qui a des capacités limitées de nuit : il faudra attendre le Block 40 pour pouvoir parler de « Night Fighter » véritable. Or l’Embraer est tombé à 00H51 exactement, heure locale. C’est aussi à Libertador qu’avait été créé l’hoax de l’envoi d’un F-16 aux iraniens pour tester leurs propres radars : la photo n’avait pas été prise en Iran mais bien sous les hangars vénézuéliens, hautement reconnaissables. En revanche, le radar chinois JYL-1 qu’ils emploient à une portée de 320 km et Cojedes est à peine à 120 km de Libertador. A se demander pourquoi autant d’avions se posent en Apure, par exemple, sans jamais être détectés…

Car les débris ont été rassemblés, après que l’appareil ait été détruit par le feu, une fois qu’il était au sol – sans préciser comment il y est arrivé (ici une photo grand format parue plus tard). Et il n’a pas impacté le sol, mais semble bien s’être posé : le terrain ne montre aucun cratère ou aucune trace d’un impact d’objet volant avec des débris répandus sur une longue zone (avec un tel nez broyé et plus de moteurs visibles on pourrait s’attendre à ça en effet). En comparaison, le crash de ce Navajo australien en 2008 à Bathurst, est fort représentatif l’avion avait heurté un arbre au décollage. Idem pour celui de Riverwoods du 28 novembre 2011. Pourquoi donc avoir ainsi rassemblé en deux tas distincts les débris, et pourquoi donc cette séparation entre morceaux calcinés et les autres, pliés mais immaculés, voilà qui étonne. Pour mieux exposer le coup de l’autocollant ? Autoutr des bidons d’essence en plastique ont été retrouvés… non brûlés et couverts de boue. cojedes_caburant-cceffDes pompes à main, typiques des petits aéroports, de couleur bleue, sont montrées également : celles servant à remplir les bidons de fuselage et les réservoirs d’aille à partir des bidons restés au sol (doù la boue). Près de l’appareil, on tient à le montrer aussi, on peut voir un système à bord de transvasement d’essence grâce à des tuyaux : il était donc destiné à un long trajet, selon un procédé déjà décrit ici. Sur l’une des photos, on distingue 12 bidons d’essence en plastique translucide, ceux restés au sol visiblement : l’avion devait se ravitailler à cet endroit et était donc attendu !!! Près des pompes électriques montrées, reliées à une batterie noire, on distingue 5 réservoirs internes. Ceux qui devaient à nouveau être remplis. Visiblement, l’avion était donc… bel et bien attendu sur place !!!

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Certains, pour expliquer les débris (et même des brésiliens !) ont eux une explication  : « le surintendant de la police fédérale Mauro Spósito, qui participe à un raid de la police à la frontière du Brésil et du Pérou avec la Colombie, a déclaré que l’avion a été abattu et s’est cassé en l’air pour se transformer en un tas de décombres, mais il n’a pas explosé permettant de récupérer le chargement de drogue et des éléments préservés, bien que cassés ». OK, le fuselage avec ses bidons d’essence, ça vous fait logiquement un bel incendie à l’impact ,pourtant, normalement. Or une des contradictions est là, flagrante, devant nous : les bidons d’essence internes ajouté en cabine sont intacts, ou en tout cas ne montrent pas de signes d’incendie. Ils ont donc été enlevés avant celui-ci… Un incendie de tout l’avion, ce qui n’est pas le cas. Si le fuselage étant occupé par des bidons, il ne reste que les deux soutes pour caser la coke. Or, on l’a vu elles ne dépassent pas 600 livres de capacité : 272 kilos. On devrait donc décompter ce chiffre parmi les plaquettes d’1 kilo de coke étalées devant l’appareil : or on en annonce (et on en montre)… 616. A-t-on pu glisser 300 kilos de coke derrière les 5 futs d’essence visibles ? Pourquoi pas, me direz vous ? Certes, mais le coffre principal étant à l’avant, complètement disparu, un plus petit derrière la porte d’accès, à l’arrière. Mais ce n’est même pas le nombre qui surprend. Car l’appareil a un avant en miettes, un fuselage en morceaux… et fort peu des paquets de coke étalés présentent de marques de défectuosité ou de déchirement.  L’hypothèse de l’éclatement en vol tombe : il y en aurait eu partout, de disséminés, des paquets ! C’est tout simplement… incompréhensible (ce que des lecteurs de blogs ont déjà fait remarquer) !!!pale_d_helice-d25a5 Les paquets sont aussi de forme et de « signatures » fort différentes : c’est un chargement bien hétéroclite de coke ! Et qu’en est-il de celui du Cessna tombé deux jours avant presqu’au même endroit ?? Toujours invisible ? Plus on scrute, et plus le mystère s’épaissit… et l’idée de la mise en scène fait son chemin. Autre questionnement : une photo de plus grand format montre un bout d’hélice sortant du sol : l’avion se serait donc bien crashé nez en avant, en enfouissant directement les moteurs dans un sol meuble ? Ou l’on a essayé d’enfouir les morceaux ? Depuis quand en effet un appareil qui tombe de la sorte referme-t-il la terre derrière lui ? Les nombreuses traces laissées alentour penchent plutôt pour la solution d’un enfouissement des débris. Les débris montrés et rassemblés auraient été extraits du sol ? C’est encore une fois… incompréhensible !

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Et pour ajouter à la confusion, il y a le site versionfinal.com.ve, qui le 25 mai présente un tout autre cliché : celui de ruines encore fumantes, dans lesquelles on distingue effectivement les trois couleurs doré, rouge et noir des filets décorant l’avion… Une photo qui ajoute à l’intrigue, car elle montre un appareil détruit par un incendie, mais dont les vestiges n’ont pas été relevés en tas. Est-ce bien le même appareil, au moin, qui ne ce cas se serait retourné en brûlant : c’est difficile à dire, le journal cité ayant tendance à puiser dans ses archives et ne pas mettre ls clichés correspondant à ce que décrit l’article qu’il illustre !!! Tombé au même endroit, qui plus est, à Cojedes, en tout cas. Mais alors pourquoi ne pas avoir montré ce cliché plutôt que le tas de vestiges manfestement rassemblé ? Pourquoi modifier une scène de crime, sinon pour dissimuler des preuves ? Et pourquoi donc l’article cité n’évoque-t-il la découverte que d’un seul corps ; à ce moment là ? Un autre site associe clairement l’avion brésilien à ces vestiges. Comme commentaire, on a a ceci « sur place, les militaires ont trouvé l’avion partiellement brûlé« ... un avion qui, selon la même source, « s’est écrasé ». Une vision d’appareil similaire (un Chieftain, voisin) s’étant crashé, posé sur le ventre, en Afrique du Sud, montre des débris calcinés assez voisins au final, alors qu’il n’avait eu qu’un moteur incendié lors de son arrivée au sol. Et tout cela, sans oublier l’intervention sur Twitter de l’ineffable Padrino, qui rappelle comme exemple un appareil tombé un… Piper 23… extrait d’une de ses archives du 4 février 2014... tombé le 24 janvier à Calabozo, dans l’état de Guárico. Encore un avion « abattu » selon lui… bien entendu ! Le même avait cité « 12 avions » « capturés ou immobilisés » en « moins de 6 mois », en mai 2014 !!! Parmi eux, ceux que l’armée avait-elle incendié, alors qu’ils s’étaient posés sans avoir été poursuivi… dont notre surperbe jet de brousse (voir le premier épisode sur le Venezuela)… « Très bien, mais où sont passés ces avions ? » note un lecteur sarcastique… un autre ajoutant « et où sont les pilotes  » ? Et que dire de l’YV1674 répertorié aussi comme « abandonné »  ? Le voici, en effet…dans une rue du quartier de Southwest Miami-Dade County, ou plutôt ce qu’il en reste. L’avion s’est écrasé en février dernier en tuant tous ses occupants. L’avion vénézuélien appartenait à la Brink’s. Le (jeune) pilote,s Raul Chirivella, était un employé du Servicio Pan Americano de Protección. L’avion, transporteur de fonds venu de Caracas devait se rendre au Providenciales International Airport dans les îles Turks and Caicos…

A la décharge du pouvoir, le sort du dernier de liste, un King 90, immatriculé PR-LUT (N°LT-783), appartenant à « Aeroplan Aviacao Ltda » (et ayant appartenu jadis à Richmor, paravent de la CIA) et de ses occupants Juan Daniel Silio Cengotitabengoa, et Janeth Nernández Avila, un couple de colombiens, a déjà été scellé le 20 février 2014 par un jugement les emprisonnants tous deux. L’avion brésilien (saisi !), évoqué ici, avait à bord des réservoirs supplémentaires en bidons, un petit dinghy et des GPS Garmin (GPSMap)… l’attirail du parfait candidat au transfert de drogue. Fait notable : il s’était posé après que deux F-16 lui en aient intimé l’ordre….sans lui tirer dessus… !!! Un avion qui ne figure pas dans les « abandonnés », car ne possédant pas d’immatriculation en YV…. !!!

padrino-19b11

20150528154805254025a-23762-af071Pour ce qui est des pilotes… je vous ai déjà montré les restes du siège de l’un d’entre eux (et même son cadavre calciné, apparu plus tard sur les sites gouvernementaux, une horrible vision). C’est très certainement celui du plus jeune des deux, qui est bien mort carbonisé.. On sait qui il est car dans les sac à dos aperçus, il y avait leurs passeports  : le premier s’appelle Klender Hideo Ida De Paula et il avait 25 ans seulement. Il était membre d’un aéroclub brésilien et semblait très fier d’avoir été recruté, montrant à l’envi ses atterrissages sur petit Cessna sur le net. Selon sa mère, il avait quitté la capitale vendredi pour «  faire un vol d’instruction en Itacoatiara ». C’est à l’Est de Manaus, sur l’Amazone. Selon elle, son fils lui aurait dit que c’était un de ses derniers vols, « car il ne gagnait pas assez d’argent et souhaitait reprendre ses études de mécanique et d’électronique ». Pour son collègue, présenté un temps dans certains sites comme « ayant réussi à s’échapper » (à se demander comment à partir d’un cockpit broyé !) c’est tout autre chose. Fernando Cesar Silva da Graça, âgé de 29 ans est en effet le fils d’un homme d’affaires suspecté jadis d’avoir financé le trafic de drogue. Il a été arrêté en 2008 dans la ville d’Ananindeua. droga_piloto2-8fa3dL’arrestation faisait partie d’une vaste opération déclenchée par la police fédérale dans neuf Etats du pays. En fait c’était déjà sa deuxième arrestation car il était déjà allé en prison pour contrebande de 540 kilogrammes de cocaïne. La famille de Graça est en effet connue de la police brésilienne comme faisant partie d’une organisation criminelle de « Curica » ​​qui a duré plus de 30 ans. Antonio Mota da Graça l’oncle trafiquant de « Curica » ​​est en effet un membre du groupe criminel de la Família do Norte (FDN). Le second aurait-il entraîné le premier dans cette maudite aventure ? Le premier pilote aurait-il tenté un coup d’argent facile ??? Le 19 août, on enterrait au Brésil, à Manaus, le jeune Kiender, dont le corps n’avait pu être reconnu que par la dentition. Selon la propre mère du second, les deux occupants ont bien subi le même sort. Son fils aussi aurait lui aussi péri carbonisé. Mais pour l’instant un seul corps a été montré. Et à ma connaissance, c’est aussi la première fois qu’un cadavre de trafiquant supposé est ainsi montré par les autorités : pourquoi donc celui-là et pas les autres ? Mais pourquoi donc les renseignements n’évoquent-ils qu’un seul corps découvert, comme ici où on peut lire « Jusqu’ici, les militaires ont découvert de la drogue dispersée tout autour d’un corps carbonisé et un passeport d’un citoyen de nationalité brésilienne. » Un seul corps…

A la lueur des constatations, un scénario possible et plausible s’ébauche : le 22 mai, c’est la date où le Cessna aux 500 kilos de coke s’est vautré à Cogedes : or c’est le même jour que le jeune Kiender a annoncé à sa mère qu’il partait. L’accident a eu lieu le dimanche 24 mai. Lui aurait-ton chargé, lui et son collègue, d’aller chercher les 500 kilos restés en rade, qui représentait une jolie somme (et une belle part pour lui on suppose) ? Rappelons que les occupants du Cessna n’ont pas été arrêtés le jour de l’accident, mais le lendemain seulement, à 5 km de leur appareil. Tout était prêt sur place pour accueillir les deux « sauveteurs », comme on l’a vu, y compris deux pompes à main pour renouveler l’essence à bord. Au quel cas l’avion aurait réussi à atterrir, mais les choses se seraient ensuite mal passées, l’armée attendant peut-être sur place elle aussi. L’appareil aurait pu se poser et il aurait alors été détruit, à l’explosif et incendié, comme les autres précédemment, la scène passée au bulldozer, les morceaux cleans séparés du reste, et l’un des deux hommes tués dans des circonstances inconnues (aurait-il refusé d’aller plus loin ?) : l’avant broyé de l’appareil laissant subsister quand même la possibilité d’un crash, ne refusons pas non plus l’hypothèse ! N’aurait-il pas plutôt raté son redécollage, alors qu’il était bourré d’essence ? Le pilote aurait-il tenté de redécoller seul à bord ? L’avion aurait-il été atteint par un tir de ManPad Igla ? Et où est donc passé exactement le second pilote, celui qui avait des liens « familiaux » avec les trafiquants ? A-t-il vraiment subi le même sort que le premier ? La variante étant que ce seraient les vénézuéliens qui auraient ramené tout le système de transfert de carburant du Cessna et sa coke, mais le volume total est tel que ça ne tient pas dans ce premier appareil. En tout cas, ce que l’on daigne montrer n’est certainement pas ce qui s’est effectivement passé : les deux photos différentes de ruines fumantes et des deux tas rassemblés signifient quelque chose, mais quoi ? La fabrication de toutes pièces d’une accusation ? Pourquoi donc faire ainsi ? Pourquoi manipuler autant la scène du crash ? En épilogue on pouvait lire que « le vendredi 29 mai au matin a été incinérée les 616 paquets de cocaïne recueillis par le commandement de la région four à pyrolyse efficace de San Juan de los Morros, dans l’État de Guárico ». Dans un article où aucune vue de l’incinération proprement dite n’a été montrée… décidément, au Venezuela, on a beaucoup de mal à montrer les choses, et en revanche beaucoup beaucoup d’aisance pour les modifier !!!

Ce qui intrigue, de bout en bout, c’est cette énième mise en scène ratée, qui rend la thèse de la poursuite de F-16 caduque. Car il n’y a aucun doute sur la volonté des deux occupants à rejoindre un point déterminé où se tenaient des trafiquants avec leurs bidons d’essence prêts. Là n’est pas la question. L’armée vénézuélienne une fois encore est arrivée pour nettoyer la scène du crime et pour mettre en place son show habituel d’une poursuite hypothétique, suivie de tirs inexistants et de la fin brutale du petit bimoteur. Histoire de raconter au bon peuple que l’armée veille, et qu’elle empêche les trafiquants d’entrer dans le pays, et de ne pas avoir à évoquer des problèmes de « poulet » et de ses liens avec le Cartel de Los Soles, collon_soral-06133Et histoire de mouiller davantage le Brésil, des textes déjà apparus citant une nette détérioration des relations avec Dilma Rousseff. Mais aussi que ses avions de chasse fonctionnent bien (alors que leurs limites et leurs lacunes sont bien connues). Le pays a aussi de superbes Sukkhoi Su-30 (à 24 exemplaires, achetés en 2006) mais la légende voudrait qu’ils n’ont pas été armés car Chavez craignait qu’on s’en serve contre lui… Pourquoi donc toujours avoir recours à des mises en scènes discutables, plutôt que de présenter les faits tels quels (et dans ce cas les photos brutes du crash et non leur « aménagement ») ? La réponse, Collon et ses acolytes doivent l’avoir, c’est sûr. Je vais leur laisser le loisir de le faire, vu que leur site s’intitule Investig’action... comme le dit le même Collon chez… Soral, ou Chavez est entouré par Poutine, Kadhafi et Ahmadinejad, « les images, ça se manipule » !!!! A l’évidence, en effet… surtout au Venezuela !!!

Tous ces tripatouillages ont un but caché. Et c’est ce qu’on découvre en lisant la presse nous annoncer que le Venezuela vient brusquement de fermer sa frontière avec la Colombie, visiblement sous un prétexte (celui de trois soldats blessés), forçant des centaines de personnes à fuir la zone. Derrière cette double agitation (Madur vient d’ajouter une seconde zone « interite » se dissimule en fait tout autre chose … et c’est un ancien ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Diego Arria, qui nous le dit : ça n’a rien à voir avec ce qui est raconté par Maduro.

padrino-2-96e56Ancien ambassadeur du Venezuela à l’ONU, Diego Arria (où il a laissé sa patte) ami d’Orlando Letelier, a déclaré que la confrontation militaire entre gangs pour le contrôle des drogues et la contrebande est à l’origine de la fermeture de la frontière vénézuélienne dans Tachira et de l’état d’urgence décrétés par le président Nicolas Maduro, pour qui il a quelques griefs. En 2010, le ranch d’Arria, la Carolina, avait indument été saisi par le gouvernement, pour ne « pas être productif »  : il avait aussitôt répondu en mettant sur le net les photos de ses têtes de bétailIl avait aussi été l’objet en mai 2014 d’une tentative de déstabilisation par de faux e-mails. L’ex ambassadeur affirme en effet que les militaires vénézuéliens « se battent sur place entre eux pour le contrôle de la contrebande de drogue, mais aussi pour l’essence et les produits réglementés. Le contrôle de la drogue est plus en fait beaucoup plus lucratif, bien que l’essence, soit vendue cinf fois plus cher dans les pays voisins ». Selon lui, les autorités de la Colombie et les militaires sont complices de la contrebande provenant du Venezuela. « Ils envoient des centaines de semi-remorques par jour entre la Colombie et le Brésil. Cela explique pourquoi les stations d’essence ne sont souvent pas fournis au Venezuela « . padrino2-ee697En fait deux partis souhaitent avoir le contrôle total des deux trafics juteux : l’ex ambassadeur parle en effet de « guerre des des cartels militaires vénézuéliens », « entre le Cartel de los Soles (l’Armée) contre celui de La Guajira Cartel (la Garde Nationale) ». Selon lui toujours, c’est « comme dans les années 80 en Colombie, le cartel de Medellin contre le cartel de Cali. » Et selon Arria, Maduro ne reste en place que parce qu »il est soutenu par… Vladimir Padrino López, le Ministre de la Défense, le véritable maître du pays… et l’homme omniprésent dans chaque découverte importante de cocaïne. Le grand orchestrateur des fables anti-drogue vénézuéliennes. Un grand metteur en scène !

Comme explication, il rappelle un fait dérangeant qui aurait été à l’orgine de la fermeture de la zone. « Le 17 Août, 2015, une commission de Armée conduite par le lieutenant Daniel Veloz Santaella et le lieutenant Alexis Rodriguez Arias et d’autres membres de l’armée arrête à proximité de Peracal une camionnette conduite par deux soldats de de la Garde Nationale. Aors que leur l’identification était requise, les fonctionnaires de la Garde Nationale ont refusé de donner l’immatriculation du véhicule, ce qui a nécessité la présence d’un procureur. (…) coke_caballero-ce809Voilà qui rappelle un cas pendable étudié ici : celui de Googlis Martin Caballero Casanova, le colonel de la Garde Nationale surpris en photo à bord de son yachet personnel (très en verve, visiblement encore, en 2013 !) et lui aussi transporteur de coke à Mérida (à droite le contenu de son 4×4)… À ce stade, les fonctionnaires de la GN ont en effet exigé la présence d’un procureur pour ouvrir le camion. Le véhicule a été ouvert en présence d’un procureur compétent et de la drogue et de l’argent ont été saisis pour un montant proche de 47 millions de bolivars et de trois millions de dollars (…) La fermeture de la frontière avec la Colombie dans l’Etat de Tachira, a été faite sur la recommandation du major-général Velasco Lugo puis sous la pression de Vladimir Padrino pour déclarer l’état d’urgence dans les municipalités mentionnées dans le trafic de drogue relevant de la compétence Garde Nationale, car la région a toujours été historiquement sous le contrôle exclusif de la Garde Nationale pour ce qui est de la drogue et de l’alcool de contrebande… » 

Or les trois noms cités (Daniel Veloz Santaella,Alexis Rodríguez Arias, et Miguel Núñez Martínez sont justement les soldats qui ont été attaqués et blessés  !!! « Plusieurs sources conviennent que cette attaque est le résultat d’une « guerre entre les fonctionnaires de l’Ejércitio et les cartels de la drogue dont des agents concernés de la Garde Nationale, » comme le dit José Antonio Colina, le président des réfugiés politiques vénézuéliens à l’étranger (1). » cojedes_cessna-41116« C’est un combat entre les cartels, y compris les membres de la garde nationale et l’armée, et l’attaque (la tentative d’assassinat par des hommes armés) s’est produite parce que le civil qui était dans la voiture avait indiqué la maison où ils avaient caché l’argent « , a déclaré une source » ajoute Reportero24.. le site, il faut le noter, est installé à… Miami, et il est très anti-Maduro. Y écrit notamment Antonio Maria Delgadode El Nuevo Herald. Il n’empêche : les 500 kilos de coke « manquants » de notre fameux Cessna de Cojedes… on bien été découverts par la Garde Nationale, en effet. Et le lendemain, c’était Sergio Rivero Marcano, commandant de la Garde Nationale et non Padrino, qui avait mis en scène la « découverte » de l’avion… sans montrer une seule plaqiuette de coke… !!!

Une situation plus que délicate, qu’un homme particulier, Joaquin Villalobos, qui n’est autre qu’un bon connaisseur, en qualité d’ancien guérillero salvadorien,avait pressenti dès 2010 « il n’y a cependant pas de risques que cela dégénère en guerre civile. Au cours des douze dernières années et malgré la profonde division du pays, les Vénézuéliens ont toujours refusé la violence politique. Il n’y aura pas non plus de déclaration de guerre entre la Colombie et le Venezuela parce que ces deux sociétés sont profondément hostiles à cette éventualité. Le danger viendrait plutôt d’un conflit interne entre un Etat affaibli et les divers groupes armés qui se convertiront au crime organisé. L’affaiblissement de l’Etat, la multiplication de pouvoirs armés informels, alliés à la position géographique très rentable du pays pour le trafic de drogue, ouvrent la voie à un nouveau type de conflit où les militaires se mêleront aux bandits et les policiers aux rebelles corrompus. » Cinq ans plus tard, nous y sommes, hélas.

(1) il a fait partie du groupe d’officiers qui en octobre 2002 a exigé la démission d’Hugo Chavez, pour violation de la constitution nationale et permis la présence de guérilleros colombiens et des éléments étrangers dans le territoire vénézuélien, ce qui est connu sous le nom de Plaza Altamira, devenue depuis emblématique de l’opposition.

PS : sur le rôle de l’armée au Venezuela, on peut et doit lire ceci :

http://naufrageur.fr/le-mythe-de-la-nature-democratique-des-forces-armees-venezueliennes-2/&nbsp ;

Sa conclusion est lumineuse : « en raison des considérations précédentes, il est donc impossible de compter sur l’armée, sur sa structure actuelle, pour construire un modèle social différent. L’armée représente un outil fondamental pour consolider un régime caractérisé par l’autoritarisme. Elle ne symbolise absolument pas une institution fiable parce qu’elle est une structure de pouvoir, de nature prétorienne, depuis sa création par Juan Vicente Gomez [en 1948]. Le peuple vénézuélien n’est pas en armes, il subit le joug des armes ».

PS : quand à savoir où ça atterrit tout cela, au final regardez plutôt cette édifiante vidéo faite par les douaniers d’Halluin-Reckem, dans le nord de la France, cet été en août… le véhicule venait des Pays-Bas. Il y avait 79 kilos de cocaïne à bord.

En juillet, c’était 44 kilos dans un véhicule venant de Belgique mais immatriculée en Espagne. Plus de 7 millions d’euros au total…

SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcviii-tripatouillages-flagrants/

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sources photos

http://fronteradigital.com.ve/avioneta-siniestrada-en-cojedes-cargaria-500-kilos-de-cocaina/

http://aviation-safety.net/wikibase/wiki.php?id=176385

http://enlanoticia24.com/avioneta-derribada-por-la-fanb-en-municipio-ricaurte-de-cojedes-trasladaba-616-panelas-de-cocaina/

http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/actualidad/sucesos/fotos—aeronave-derribada-en-cojedes-llevaba-616-.aspx

http://agronoticiasvenezuela.com.ve/?p=1373

http://www.baaa-acro.com/2015/archives/crash-of-a-embraer-emb-820c-navajo-in-ricaurte-2-killed/

un rappel de lectures :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

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coke en stock, trafic

Le crash qui nous intéresse n’a pas été le seul de la semaine où il s’est produit, ce qui en fait un événement encore plus à part. Si le premier n’est pas directement à relier à notre incident de Cojedes, un second, qui s’est produit à peine deux jours avant, pourrait très bien y être associé. Entre les deux en effet, de nombreux paquets de drogue ont soit disparu, soit ont été transférés. Car on a beaucoup de mal à croire que d’un appareil réduit à l’état de miettes, autant de paquets de cocaïne aient pu être extraits intacts… C’est l’un des points les plus intrigants de notre nouvelle étude du jour… mais revenons d’abord sur ces deux prédécesseurs de cette semaine de mai dernier… où il a plus des avions …

Les photos du crash, proposées exclusivement par des médias arrivés après la prise en mains des pouvoirs locaux et nationaux sont fort évocatrices. L’appareil a été réduit en miettesbizarrement présentées sous deux tas bien distincts, et les paquets habituels de coke ont été étalés pour en montrer leur nombre conséquent consituant un troisième tas à scruter. Certains paquets de coke étalés portent de façon visible le label « Golty » (d’autres « BOSS » ou une étoile jaune à cinq branches avec un P dessus) : c’est un pied de nez des fabricants colombiens au producteur de ballons de football du même nom, une entreprise portant le nom d’Escobar & Martínez S.A, qui distribue les ballons officiels en Colombie !!! Visiblement, la coke à bord n’a rien de brésilienne !!!

crash-19-dcf4dL’affaire n’est pas commune, et en mélange plusieurs en fait. Car avant d’étudier les restes du crash, il convient de revenir sur les jours précédents, où deux crashs consécutifs ont eu lieu. Le premier est très impressionnant... mais ces images ont été fournies par les forces aériennes colombiennes et non par le Venezuela. On y voit un petit jet, un Hawker 800 XP, suivi par une caméra à vision nocturne, tenter de s’échapper en rasant les vagues, une source de chaleur forte émanant de son réacteur droit. Jusqu’à l’impact avec les flots, qui se situe à 40 secondes de la séquence d’une minute environ. Le crash s’est produit le 20 mai, soit quatre jours avant celui dont je parle. Les sites divers relatant l’accident ne parlent pas de quelconque tir de la part des avions colombiens. plage_debris-c3c4eL’avion est un Hawker 800, annoncé comme ayant emporté une tonne de cocaïne (iici on annonce un Hawker 600). L’avion avait décollé du Venezuela, dans l’Apure. Le lendemainon découvre trois corps avec les vestiges rejetés sur la côte colombienne. Un premier passeport retrouvé donne le nom de José Hugo Urquidi Canton, 60 ans, né à Puebla. Une personne impliquée dans un procès commerciale en 2007, par un tribunal de l’État de Nuevo Leon (c’est au Mexique). « L’autre document a été trouvé dans la poche du pantalon qu’avait laissé l’un des trois corps retrouvés vendredi sur les plages de Fray Domingo et Puerto Velero. cocains_CR7-aa0beC’est un certificat au nom de Behiker Castaneda Medina, 24 ans, de Cravo Norte, dans le département d’Arauca » (en Colombie). Sur Facebook il apparait comme employé d’une « Maison de la Culture ». Au lendemain du crash, deux plages se retrouvent jonchées de paquets de coke et les corps y apparaissent. Certains paquets sont siglés CR7, en hommage à Cristiano Ronaldo… décidément, les colombiens adorent le foot. D’autres sont décorés d’images de Tiiti ou de Bugs Bunny. C’est le schéma de la chute du 30 janvier 2015 qui recommenceun crash de Challenger dont je vous ai parlé ici-même. A ce jour, le numéro de l’appareil reste indéterminé. Seule une image de débrit flottant donne les couleurs de ses filets de décoration : or c’est une bonne pêche, car il semble bien que ce morceau provienne de l’embase de la queue, avec son entrée d’air. Un endroit portant rarement de la décoration.

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A peine le crash annoncé, notre irrésistible ministre de la défense vénézuélienneVladimir Padrino López, annonce que l’appareil « a été attaqué par la force aérienne du vénézuela« …et notre homme d’y aller d’un laïus encore une fois surréaliste : « une fois que tous les moyens ont été épuisés, notre aviation militaire fonctionne comme établi dans le droit international et dans notre droit, et l’avion Hawker des trafiquants a été touché par des cartouches d’explosif incendiaire de 20 mm » déclare-t-il avec l’emphase qui le caractérise. On appuie son délire par communiqué officiel :« un avion de type Hawker 800 , qui a quitté le Venezuela à destination de l’Amérique centrale a été détecté dans plus tôt aujourd’hui (mercredi) (…) quand il est entré illégalement dans l’espace aérien colombien en essayant d’aterrir à l’aéroport de Santa Marta « . Le Ministre de la Défense du Venezuela a déclaré que « l’avion a été frappé par deux tirs très près de Barinas (sud-ouest) et un troisième sur la côte orientale du lac (nord-ouest). « A partir de ce moment, l’avion a commencé à descendre rapidement » et « l’armée vénézuélienne a perdu sa trace » affirme Padrino. La « précision » de la taille du canon de l’avion supposé avoir tiré n’est pas anodine : le F-16 en possède bien un, rotatif, de canon de ce calibre. Retenons donc l’idée en tout cas, que les appareils de Padrino ne lancent pas de missiles mais tirent au canon… pour lui, en tout cas,l’avion ne provenait pas du Venezuela…. selon Padrino, l’appareil portait le sigle « N-NPFT » : un indicatif inopérant, il aurait dû le savoir. A noter que toute la phase finale de l’avion a été filmée par des colombiens, qui n’ont pas parlé de « tirs » en ce qui les concerne. On évoque plutôt chez eux une surchauffe moteur….

carlos-9935dCar des Hawker 800, ça court un peu les rues. Des curieux en ont trouvé un de fort intéressant. En fouinant dans les archives de l’avocat vénézuélien Mariano Diaz, accusé de blanchiment, ils ont trouvé un lien avec Juan Carlos Araujo, un entrepreneur de spectacles arrêté à Caracas après avoir été accusé d’avoir dirigé un réseau de trafic de cocaïne ayant tenté d’envoyer 450 kilos de cocaïne à destination de la République Dominicaine. Avec lui, également arrêté, un Garde National Bolivarien, (GNB), Pablo José Silva Loyo. Sur les photos de la saisie on pouvait voir au fond l’avion qui avait servi à transporter les valises  : ce n’était pas un jet, mais un Gulfstream I à hélices (du moins c’est ce qui avait été visible sur le cliché car on parlait alors d’un « jet »). Mariano Díaz et son associé Juan Carlos Ferros, actionnaires de la société Ferrdi Sport avaient un lien en effet avec Solid Show. La société Ferrdi Sport avait été créée dans le Delaware, ce paradis pour tous les trafics, en septembre 2012. Or la société détenait un… Hawker 800, immatriculé N745UPd’une valeur de 3 millions de dollars. Et ce n’est pas tout : jet_gris-a2f9bDiaz avait comme protecteur José Vicente Rangel, il défendait Wilmer Ruperti., lié à Chavez en personne. D’autres, dont des banquiers, avaient été l’objet de pareils « protections », mais Diaz se vantait surtout de bénéficier ce celle de Hugo Carvajal, et s’affairait autour d’Oberto Anselmi. Une photo volée montre une réunion entre Mariano Diaz, Juan Carlos Araujo, Luis Anselmi, Oberto et son frère Ignacio. Mais était-ce Hawker-là qui était tombé ? Non pas : cet été encore, il circulait entre la Floride (à partit d’Opa Locka), la Colombie et Nassau.

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Il n’y a pas eu que le Hawker qui a précédé notre Embraer du jour. Beaucoup plus intrigant pour la suite de notre histoire, un petit Cessna T210, portant les initiales XB-NVX, (il était donc mexicain) ayant décollé de Chiapas, avait fait un atterrissage d’urgence dans la ville de Cojedes, après une panne de carburant. Doté d’un train rentrant, il n’a pas l’air de s’en être servi : il s’est posé sur le ventre, ou plus exactement sur son seul train gauche, le seul montré sorti.  On a déjà vu ce genre d’engin évoluer aux mains des trafiquants péruviens dont c’est l’avion préféré. Débarqué au même endroit, oui, que pour le crash qui nous intéresse aujourd’hui. Les deux occupants de l’avion, enfuis, sont vite retrouvés et arrêtés : il s’agit de Jaime Alexander Duarte Lopez, 23 ans, et de Reynaldo Mendoza Reza, 63 ans, qui avouent rapidement avoir été embauchés par une organisation criminelle dont le chef serait surnommé « El Pariente ». L’appareil transportait 500 kilos de cocaïne, selon Sergio Rivero Marcano, le chef du commandement des opérations de la Garde Nationale bolivarienne. paquets_coke-292bbDans l’avion accidenté ont été trouvés deux appareils GPS, deux téléphones satellitaires, un pistolet calibre .38 automatique Colt mais aussi 2800 dollars, des pesos mexicains, plus un radeau de fortune (l’avion devait survoler la mer…), des passeports et des documents personnels. Il n’y aucune trace de paquets de coke, comme on le montre habituellement, mais on en retrouve sur un autre cliché, dans un autre article, montrant des paquets serrés dans une camionnette, en date du 22 mai. Ce ne sont pas ceux du Cessna accidenté ; mais ceux récupérés en mer, à la suite du crash du Hawker 800, disent les vénézuéliens. Les autorités tiennent à préciser que «  lors de la vérification de la documentation des citoyens détenus, il a été révélé que le pilote dispose d’un visa américain, et le passager de plusieurs enregistrements d’entrée au Guatemala, au Brésil, en Argentine, en Uruguay, en Espagne (?) et au Honduras… »

conquest-296b5L’endroit en tout cas semble « attractif » pour les trafiquants ; le 1er avril 2015, un autre appareil, le Cessna 441 Conquest II XB-KGS, (« spotté » ici à Mexico) s’était écrasé, presqu’au même endroit. A bord, il y avait 863 paquets de cocaïne. Le 8 avril qui avait suivi, on avait appris que l’on avait retrouvé sur un des corps le passeport de Norberto Filemón Miranda Pérez, l’ancien chef de la Direction générale des services aériens (DGSA) du Bureau du procureur général de la République mexicaine (PGR). Un Miranda Perez qui était à la tête de la Direction générale des services aériens de la PGR lors de l’administration de l’ancien président Felipe Calderon !!! Un procureur, Jesús Murillo Karam, nommé lors du changement de gouvernement, avait mis en doute le fonctionnement même du PGR l’accusant à plusieurs reprises d’utiliser des avions pour transporter illégalement de la drogue . Un cas pendable avait été découvert, avec la découverte dans le bureau de l’ancien chef de la DGSA de trois valises contenant environ 60 kilos d’alcaloïde, à l’intérieur de l’agence officielle même !!! L’homme a été arrêté et 15 fonctionnaires également. L’avion crashé rappelons-le, avait été vendu par l’équivalent des domaines, géré… par le PGR (c’était l’ancien XB-KFC devenu XC-AA12) !!! La gangrène mexicaine s’est infiltrée partout dans le pays !

avionetaesta-ce350Pour présenter le cas du jour, au Venezuela, on a à nouveau réuni une belle brochette de généraux (ci-dessous à gauche) : le commandant du Commandement des Opérations D, Sergio Rivero Marcano, le Chef du Commandement antidrogue du GNB, Hector Hernandez Dacosta, le commandant du Secteur du Commandement de la Garde Nationale bolivarienne No. 32, Fraino Miguel Angel Arellano, le gouverneur de l’Etat de Cojedes Erika Farias et le chef de la Zone n ° 34, Abraham Valladares. Ce sont les cavaliers du lieutenant-colonel Engelberth Franco Garcia, commandant du détachement « N° 329 La Rural » qui ont détecté l’emplacement du crash du Cessna qui a précédé celui qui nous intéresse. conference-2-8c61dDeux jours avant le héros du jour, en somme, 500 kilos de coke trouvés dans un avion ayant fait intact un atterrissage forcé ont disparu, à Cojedes. Ou les militaires, si prompts à étaler leurs prises, ont oublié de le faire, ce jour là… ce qui semble bien étonnant. En revanche, ils ont pensé à photographier les deux narcotrafiquants qui en étaient descendus, et retrouvés à 5 km de là.

Mais pourquoi diantre les avoir photographiés de dos ??? Demain, nous étudierons plus en détail ces mystères… si vous le voulez bien.

SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcvii-semaine-crashs-successifs/

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rappel de lecture :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

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avion abandonné

Comme on l’a vu dans l’épisode précédent, la gestion des appareils « abandonnés » effectuée par l’administration vénézuélienne frise le surréalisme. Le moment est donc venu de lui rappeler l’existence d’un avion qu’elle semble avoir oublié (il a en effet totalement disparu !!!). Celui du descendant d’une dynastie industrielle vénézuélienne, dont l’enlèvement était resté une énigme, jusqu’à sa réapparition surprise. Pendant deux ans, on avait imaginé tout autre ravisseur que celui qui le libérera. Et personne n’avait non plus pu imaginer que le gouvernement d’Hugo Chavez de l’époque avait dissimulé beaucoup de choses sur cette affaire. Retour sur un autre cas pendable pouvant servir aujourd’hui de décor explicatif à notre récente découverte. Celle de tripatouillages éhontés de l’information, par un pouvoir désormais aux abois, qui a de plus en plus de mal à dissimuler ses turpitudes (1).

Parmi les numéros d’avions annoncés comme « abandonnés » (voir notre épisode précédent) figure aussi l’immatriculation YV465T, qui semble rappeler un Beechcraft, modèle B-90C, modèle King Air, LJ-556, (ex N9456Q) immatriculé exactement YV465CP, chez Servivensa, (une division d’Avensa qui exploitait aussi des Boeing 727 après avoir débuté avec des DC-3 et des C-46). C’est il est vrai, un avion datant de 1972. Un avion un peu particulier, celui-là, qui va nous permettre de tracer un décor pas vraiment idyllique du régime, ce qui va encore déplaire à notre lecteur assidu. Un avion « enlevé » un jour où il s’était posé, au Haras San Francisco Tocuyito, avec poussé à l’intérieur son propriétaire Winckelmann Richard Boulton, dont le grand père avait fondé l’entreprise de gaz nationale et le père la compagnie aérienne Avensa (qui s’est mise en faillite en 2002, quoi qu’un de ses appareils volera un peu plus tard encore et est aujourd’hui entreposé).  Etrangement, Avensa, qui a possédé de gros porteurs comme le DC-10 ci-dessous a disparu des radars vers 2004Pourtant, on découvrira longtemps encore une société portant de nom, vensa Servivensa (pour Aerovías Venezolanas S.A) installée à… Medellin en Colombie, sur l’aéroport Jose María Cordoba. Une page Facebook célèbre encore aujourd’hui les Caravelle de l’entrprise. Tout s’est arrêté pourtant, depuis. Son Boeing 757 YV-78C a été revendu à American Express Bank (N270AE) Air Europa EC-845, puis Iberia EC-GCA pour devenir Avianca N951PG en 2001, être stocké en 2003 ; faire une apparition chez Orient Thai Airlines HS-OTB en 2003 et être à nouveau stocké en 2006. Le 24 décembre 1998, un 727 de Servivensa avait fait quelques frayeurs sur la piste N°6 de l’aéroport Alberto Carnevali de Mérida en sortant de la piste de 1630 m de long seulement. On s’écrase pas mal au Venezuela, semble-t-il.

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avensa-2df3fUn enlèvement à bord de son propre avion, donc, pour l’héritier de la dynastie, c’est plutôt rare, le samedi 15 juillet, 2000, à Libertador, dans l’état de Carabobo, par un groupe de 12 hommes armés lié aux Farcs semblait-il, déguisés en policiers de la Garde Nationale ! Les preneurs d’otage n’emportent avec eux que le fils de l’industriel, Richard Boulton. Un (riche) propriétaire, qui avait épousé en décembre 1998 Marena Bencomo (élue Miss Venezuela 1996, à 18 ans). Cette dernière, lors du kidnapping, avait été lors laissée sur place, attachée à un poteau avec du barbelé… Les preneurs d’otage n’avaient pas fait dans la dentelle ! (ci-dessous à gauche la photo de leur mariage). On retiendra leur uniforme : celui de la Garde Nationale, et non celle de policiers ni de l’armée proprement dite.

soci1-95532Un enlèvement qui visiblement avait embarrassé à l’époque Hugo Chavez : à la télévision, à plusieurs reprises, il avait juré qu’il ferait tout pour faire libérer l’héritier industriel. Il ira même jusqu’à dire le 23 juillet 2000 pour rassurer la famille ou la population que « l’avion a été trouvé en Colombie grâce à un système de satellite ». Les vénézuéliens étant ravis d’apprendre qu’ils en possédaient alors un… lancé en réalité 8 ans plus tard (le 29 octobre 2008). Baptisé « Simon Bolivar », de type CAST muni de caméras, il était censé en effet lutter contre le trafic de drogue. Un deuxième (Miranda)tourne même depuis trois ans maintenant en orbite (un troisième est prévu). Les images montrées révélant que le deuxième a une résolution maximale de 2,5 mètres… mais il a été lancé en 2012, celui-là cast_sat-d827aChavez, qui avait donc largmement anticipé ses prouesses astronautiques, racontent Jennifer L. McCoy, et David J. Myer « The Unraveling of Representative Democracy in Venezuela » avait dû composer avec les industriels pour assurer son élection, certains ayant déjà pris position en sa faveur : « des membres éminents de l’entreprise et de l’élite sociale, ont accordé leur soutien au mouvement bolivarien d’Hugo Chavez mis en place dans les années 1990, même si uraveiling-23ce4Chavez lui-même avait attaqué le secteur privé, pour avoir soutenu le pacte démocratique de Punto Fijo (qui excluait les communistes). Parmi eux : il y avait les hommes d’affaires Reinaldo Cervini (de l’agro-industrie, du fer et de l’acier) ; Luis Vallenilla, un banquier et financier de Fundapatria, une organisation qui s’était opposée à la politique pétrolière de Caldera ; et Henry Lord Boulton, actionnaire principal et président du Avensa, la plus grande compagnie aérienne du Venezuela ». Chavez, pour cela, avait pris contact avec la Fedecámaras, la « Fédération de Chambres et Associations de Commerce et de Production » du Venezuela, devant laquelle il avait tenu un discours fort modéré. Plus tard, Senen Torrealba, président de l’union des entrepreneurs de l’État de Bolivar affirmera clairement que des patrons votaient aussi Chavez. Le Figaro, en 2006, expliquera que des brouilles ont même été mises sous le boisseau : « l’exemple le plus remarquable est celui du milliardaire Gustavo Cisneros. Le propriétaire de la chaîne privée Venevision était en guerre ouverte avec Hugo Chavez jusqu’à ce qu’en août 2004, l’ex-président américain Jimmy Carter, soucieux de diminuer la tension politique, organise une rencontre. Le contenu de l’échange est secret, mais, depuis, Hugo Chavez a cessé de traiter Cisneros de conspirateur et ce dernier a demandé à sa télévision de moins attaquer le président. Ses affaires s’en portent mieux. « C’est un traité de non-agression », confirme un proche du président. »

el_nacinal-1c75eChavez avait finement joué en 1998, selon les deux auteurs, en séduisant la presse et une chaîne de télévision : « pendant la première partie de la campagne, les sondages ont constaté que lorsque l’intention de voter pour Chavez dépassait à peine 10 pour cent (loin derrière Irene Saez et Claudio Fermin), le seul média majeur qui avait accordé beaucoup d’attention au lieutenant-colonel défroqué était le journal El Nacional. Cela a changé lorsque les candidatures de Saez et de Fermin ont implosé et la course est devenu un concours entre Chavez et le gouverneur de l’État de Carabobo, Henrique Salas Römer, qui a rapidement gagné le soutien de deux des principaux médias les plus conservateurs, le journal El Universal et Radio Caracas TV. La décision prise par ces médias de soutenir Romer a provoqué une réponse attendue de leurs concurrents, les médias rivaux comme El Nacional (et les chaînes Venevision et Televen) qui ont par conséquent donné une grande couverture à Chavez. Immédiatement après la victoire de Chavez, les décisions prises par les entrepreneurs des médias pour soutenir les candidats devenaient des dividendes pour ceux qui avaient soutenu le gagnant. Le site choisi par le président nouvellement élu pour son premier discours devant le pays (le soir des élections) était l’Ateneo de Caracas, une institution culturelle étroitement liée à El Nacional. Le lendemain, le nouveau président et la première dame ont passé la matinée à Venevisión, comme invités sur plusieurs de ses programmes du matin ».

carlota-cb858Le soutien de la famille Boulton avait donc été suivi de quelques… compensations. La gêne était telle pour le pouvoir, que le ministre José Vicente Rangel Vale (qui deviendra aussi plus tard vice-président) avait été obligé de faire une mise au point sur les prérogatives sur l’usage par la compagnie Servivensa, de la famille Boulton, de l’aéroport militaire vénézuélien de La Carlota (ici à gauche)  : « en outre, plusieurs sociétés aéronautiques dont Servivensa s’exploitent commercialement auprès de La Carlota et portent alors les initiales de l’aéroport « CP », alors que c’est interdit à d’autres opérateurs. Parmi ces avions il y a les King Air 90, acronymes YV-465-CP ; YV-467-CP et YV-516-CPdont les activités sont disponibles à la base aérienne de Francisco de Miranda ». carlota_autre-e7609 Les trois appareils cités étant ceux de Servivensa (ici l’YV-467CP).… reconnaissables à leur déco, appliquée de la même façon sur un 737 ou un B-757... la ligne Avensa ayant été créée au départ, rappelons-le, avec des capitaux américains, apportés par TWA, preuve que Chavez savait aussi parfois oublier certaines choses. Boulton, l’héritier d’une véritable dynastie industrielle, restera en fait presque deux ans en captivité avant d’être libéré… contre rançon, comme on le supposait dès le départ. Exigée à 30 millions de dollars au départ ; elle aurait été au final négociée à un demi million selon les sources journalistiques… étrangement, le ministre de l’intérieur vénézuélien avait d’emblée déclaré que ceux qui l’avaient enlevé n’avaient rien à voir avec les Farcs et étaient « des criminels de droit commun »….images-7-13-e2562 L’embarras en effet était palpable, Chavez, on le sait, soutenant ouvertement les Farcs (comme le montre la photo avec Reyes). Les ravisseurs semblaient en tout cas bien renseignés : l’avion ne s’était pas posé aux Haras San Francisco, la propriété de Richard Boulton, mais chez le voisin de ce dernier, le vétérinaire Francisco Larrazabal…. S’en était suivi tout un imbroglio : on annoncera avoir vu l’avion à plusieurs reprises au Venezuela, mais des annonces qui furent toutes de fausses alertes. Pour beaucoup, l’avion n’avait jamais quitté le territoire vénézuélien…

haras-4bd67Des auteurs supposés de l’enlèvement sont néanmoins vite retrouvés et jugés : le 4 décembre 2001, la juge Ana Herminia Arellano de l’État de Carabobo, avait condamné sur des accusations de vol qualifié, des responsables de l’enlèvement, Juan José Meneses un jeune fermier, Jose Gregorio Perozo, Jose Gregorio Montana, Alexander Mata, Douglas Calderon Carlos Noguera, mais son jugement avait aussitôt été remis en cause. Les deux plus chargés avaient obtenu 14 ans de prison, les autres 7, 6 et 5 pour complicité. Calderon, un ancien sergent technique dans la Garde Nationale, avait été arrêté pour avoir coordonné l’opération dans le Haras San Francisco (ci-dessus à gauche) : on semble l’avoir oublié, cela. Le rôle trouble de la Garde Nationale, on en reparlera un peu plus loin… Le ver aurait déjà dans le fruit en 2000 !!! On avait certes emprisonné des responsables, mais l’homme enlevé demeurait toujours introuvable : le véritable organisateur manquait toujours à l’appel, et les Farcs étaient régulièrement citées. Tout n’avait pas été dit lors du procès, à l’évidence. En fait de Farcs, cela aurait été un commandant de l’ELN – fondée par Fabio Vásquez Castaño – un certain Anatole Martinez, et « un pilote colombien » qui auraient fait le coup semble-t-il, du moins c’est ce qui a été raconté lors de ce procès : ce qu l’ELN avait aussitôt nié avec véhémence. L’histoire lui donnera raison.

castano-043e7On reste ainsi dans le doute pendant des mois sur la personnalité des ravisseurs, qui demeure floue, sinon totalement inconnue. Or, à la surprise générale, en 2002, c’est le chef paramilitaire Carlos Castano, le fondateur des Autodéfenses paysannes de Córdoba et d’Urabá (l’AUC) une organisation paramilitaire d’extrême droite colombienne, qui annonçait une libération possible pour l’otage, et revendique en même temps l’enlèvement et négocie donc dans la foulée la rançon ! Lors de l’enlèvement, Castano, qui avait été entraïné par Yaïr Klein *, (qui entraînait aussi Pablo Escobar et José Gonzalo Rodríguez Gacha dit le « Mexicain ») avait tenu soin à faire dire aux personnes présentes que c’étaient les Farcs les ravisseurs ! Les détails de la détention resteront en fait à jamais forts obscurs, car beaucoup de participants sont morts depuis.

19ca0d7castano-270p-d3ee1Castano, le leader de Los Pepes, ceux qui avait aussi mis fin à l’empire d’Escobar, et qui faisait régner dans son propre groupe la terreur, un homme aussi fort porté sur la bouteille, est mort le 16 avril 2004 dans des circonstances surprenantes : il a été abattu par ordre de son propre frère, et on en a récupéré depuis que les ossements…. ce même frère qui sera lui même tué à coup de machette le 11 mars 2007, son corps étant brûlé entouré de pneus et ses cendres seront jetés dans la rivière Nechi: on ne rigole pas dans ce milieu, c’est sûr !!!

libere-4e627Le 15 juillet 2002, l’héritier Boulton était entretemps réapparu libre (fort marqué, c’est visible ici à droite) , à … l’aéroport de Villavicencio. Sa libération sonnait en fait la fin du mouvement de ses ravisseurs. Le 19 juillet 2002, l’AUC annonçait en effet sa dissolution. Une dernière suprise quand on découvre que le Beechcraft déclaré abandonné ayant a été déclaré détruit… le 15 juillet 2000. Le jour même de l’enlèvement… Pour Chavez, qui l’avait annoncé comme aperçu des semaines après l’enlèvement, l’annonce jetait comme un froid. Pire encore peut-être avec une déclaration de Richard Boulton, qui remerciait le même Chavez pour son intercession dans sa libération… sachant qui le détenait… car cela avait de quoi surprendre en effet. On apprenait de même que prix de sa libération avait été de 460 000 dollars de rançon, versée en février 2002, alors que l’ineffable président avait évoqué une « opération commando » pour le libérer !Unknown-57-dd64c Mais ce n’est rien encore pour le pouvoir avec l’arrestation surprise de Freddy Barros Sotillo, un des négociateurs assermenté, arrêté en avril 2001 comme ayant participé à l’enlèvement : sa première déclaration ayant résonné comme un coup de tonnerre : « commandant Chavez, si tel est le moyen de payer l’une des unités de sa mission accomplie, je vous offre ma démission à la révolution bolivarienne ». Un ange était alors passé dans les rédactions à l’entendre : Sotillo avait-il été l’intermédiaire avec Castano, l’ennemi juré du régime, ce qui était inavouable, ou avait-il détourné une partie de l’argent (la famille s’était effectivement plainte d’avoir à donner pour chacune des approches de transaction, sans savoir dans quelles poches ça partait), on ne le saura jamais. En tout cas, Sotillo avait clamé haut et clair que le gouvernement Chavez savait tout… depuis le début de l’enlèvement !!! Ce qui était désastreux pour l’image du maître de Caracas, qui préféra se priver de son représentant… envoyé au cachot ! Pour Germán Jaramillo, le responsable de la DAS, toujours prêt à emballer les poissons les plus pourris, cette libération devait être plutôt perçue comme « une œuvre de l’intelligence de niveau supérieur entreprise dans le pays ». Pas moins !!!

nef88jen_medium-491baPour ce qui est de la propriété des Boulton, le Haras San Francisco, le vétérinaire et voisin des Boulton, José Francisco Larrazabal (ici à droite), y avait été assassiné de trois coups de feu dès le lundi 5 janvier 2009. Pour mettre la pression sur la famille, très certainement… La police y avait vu au départ l’œuvre d’un membre du groupe des « Piloneros » , Jose Joaquin Martinez Orozco, surnommé « Le Joaquin Black ». L’homme aurait aussi assassiné l’avocat et journaliste Orel Sambrano, disait-on alors. Parmi les explications données à ces meurtres, on avait retenu une information fort inquiétante donnée par le commissaire Castillo. Selon lui c’était « l’interview du vétérinaire à propos de la saisie de près de 400 kilos de la drogue, trouvée à El Rosario chez Walid Makled le 13 Novembre 2008. La propriété jouxte en effet le Haras San Francisco, appartenant au vétérinaire ». Pour l’avocat et journaliste Orel Sambrano, 62 ans, « le chef de la police scientifique a déclaré la cause serait liée à la pratique du journalisme en raison d’allégations de trafic de drogue… » Le trafiquant Makled avait été un temps fort proche de la présidence, comme j’ai déjà pu vous le dire également ici. Arrêté, il avait mouillé tout les rangs du pouvoir vénézuélien. Mais on avait complètement oublié que sa propriété jouxtait celle des Boulton et de Larrazabal !!!

makled-905c2Cela je vous l’avais raconté ici en effet (ce devait être à une époque ou Collon ne lisait pas Agoravox…) : « en 2008, avec ses trois frères, Makled à acquis la compagnie phare du Venezuela en transport aérien, Aeropostal, qui a été nationalisé cette année. Mais les affaires les plus lucratives de la famille ont été l’installation de fret et un entrepôt à Puerto Cabello, sur la côte nord du pays (on calculera qu »il possédait à lui seul 12,46% des entrepôts du port). La riche famille Makled entretient une relation étroite avec des alliés influents du président Hugo Chavez, dont les gouverneurs et les juges de la Cour suprême, selon El Nuevo Herald, citant la presse locale et les documents obtenus par le journal. Aldala Makled, l’un des frères, a été président de la « Fédération des hommes d’affaires bolivariens », une des organisations pro-Chavez ». Vu sous cet angle, on voit bien que ce qu’on avait soupçonné dans un des épisodes précédents, à savoir que la CIA désirait ainsi mouiller Chavez, avait plutôt pris le bon chemin. aldal_makled-cc3faUn chemin que l’habile politicien Chavez lui-même coupera net : « mais les affaires de la famille et de l’empire politique n’ont pas tardé à s’effondrer. En novembre 2008, des officiers vénézuéliens du renseignement militaire ont signalé avoir trouvé 392 kilos de cocaïne stockés au ranch El Rosario, géré par les frères Makled qui ont été accusés de trafic de drogue et arrêtés, sauf Walid ». Selon l’avocat des deux frères arrêtés, cette arrestation était une représaille de Chavez pour avoir soutenu un candidat d’opposition. Il n’empêche : la principale agence aérienne du pays achetée par des trafiquants notoires, cela reste un bel exploit dont les services de Chavez peuvent difficilement être fiers ! »avais-je écrit dès 2011.

akled-c0757Wikileaks avait révélé les affres du gouvernement vénézuélien face au cas embarrassant de Makled : « un certain nombre de documents divulgués par WikiLeaks et étudiés par El Nuevo Herald font la lumière sur les véritables motivations de cet épisode. En particulier, ils expliquent la ferveur avec laquelle le président vénézuélien Hugo Chaveza exigé que Makled soit amené au Venezuela,où il a été interrogé sous de fortes suspicions, à la suite de l’incapacité de ce dernier de donner son témoignage aux États-Unis. L’analyse du journal de Miami sur les documents Stratfor – dont Wikileaks a récemment publié plus de cinq millions de documents montre que Chavez a été contraint par les généraux des Forces armées bolivariennes, qui étaient très préoccupés par ce « roi parmi les barons de la drogue « comme décrit Washington, et la ventilation de leurs activités illégales. Après avoir été arrêté en Colombie, Makled dit que plusieurs hauts fonctionnaires de Caracas font partie de sa masse salariale, y compris les officiers supérieurs des Forces armées, kled2-7861fet il a accusé l’armée vénézuélienne d’être directement impliquée dans le transport de la drogue. « On croit que Makled est en possession de précieux enregistrements de transactions incriminant les membres supérieurs du gouvernement vénézuélien avec le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et peut-être le terrorisme », a déclaré l’un de ces rapports. » Il valait mieux rapatrier vite fait le « narco trop bavard » comme l’avait appelé ici Le Monde. Il le sera d’ailleurs dans un un des fameux Learjets gouvernementaux…

Episode supplémentaire à l’histoire : Francisco Larrazabal, mort, sa propriété de 400 hectares avait vite attiré les convoitises… dont celle de Walid Makled. Boulton viendra au tribunal raconter en 2012 que « Makled était intéressé par la propriété car ses avions pouvaient y atterrir« , et c’est pour cela qu’il était devenu propriétaire des terrains en 2006 « sans jamais avoir vraiment effectué tous les versements » qu’il aurait dû faire. Il en a avait assumé deux seulement, et encore « pour un faible pourcentage de la somme due« . « Selon l’accusation, la drogue apportée par avion sur la dite piste, et de était transportée à la maison don Makled était propriétaire, à travers un chemin qui, selon plusieurs témoins, se connectait directement à la ferme El Rosario . » Un employé des Haras avait confirmé la venue et le débarquement de « boîtes blanches, transportées par camionnette à l’hacienda de Makled ».makled_aircraft-673cf « Un des travailleurs Haras San Francisco, qui a refusé d’être identifié par crainte, dit que son patron a été tué pour avoir parlé. Pour cette raison, il craint d’être la prochaine. Cinq écuries avec plus de 500 chevaux, trois hangars, un théâtre et des animaux de laboratoire en ville et l’exploitation de deux gorilles, trois zèbres, des autruches, des deux un chameau et un hippopotame, tous les biens du Safari Valencia étaient les actifs les plus précieux de Larrazabal » peut-on lire. Les animaux ont vite disparu, et et la ferme a périclité ensuite. Boulton, retenu par un le mercenaire d’extrême droite avec lequel Chavez discutait pourtant, était venu ce jour là charger Makled au possible. cartons_crix_rouge-8821fPour ajouter à cela, l’l’Institut National des Terres avait exproprié une partie des terrains de Larrazabal, pour en faire des terres constructibles et y installer des habitations, un projet qu’avait accepté le vétérinaire la veille de son décès. Depuis, d’autres bâtiments avaient gagné du terrain sur les 400 hectares de départ… à l’hacienda (finca) de Makled, on trouvera effectivement un petit avion, plutôt de type ULM. La piste bitumée de la propriété avait pourtant 950 m de long… la drogue était effectivement dissimulée dans des boîtes blanches… portant le signe de la Croix Rouge !

YV1467-3-0ae41Makled avait été mouillé dans un plus gros appareil, dans l’affaire du British Aerospace 3212 Jetstream 32 d’inscription vénézuélienne YV1467 (ex N927AE) qui avait disparu le 31 mars 2009, après avoir décollé de l’aéroport Charallave à destination de la ville de Carora, dans l’État de Lara. Plus d’un mois après il était réapparu au Honduras, puis après dans un voyage qui avait commencé dans l’État d’Apure et qui s’était terminé par un crash près d’Utila ; l’avion étant tombé tout bêtement à cours d’essence. Les pilotes étaient colombiens et il y avait 1,5 tonne de coke à bord. Le 2 août 2010, Walid Makled García, alias » El Turco « , alias » L’Arabe « , avait fait un appel téléphonique de Colombie dans lequel réclamait le paiement d’environ 200 000 dollars dans le cadre du transfert de cocaïne lié à ce vol. Croyez-le si vous le voulez, mais le Jetstream en morceau figure, on ne rit pas, dans la liste des avions « abandonnés » de l’INAC vénézuélien !!!

En réalité, les auteurs des deux assassinats sont Rafael Segundo Pérez, condamné depuis à 25 ans de prison et un ancien policier, David Antonio Yánez, le troisième larron étant José Manuel Luque Daboín. Le commanditaire était le chef du Cartel del Soles… lié, on le sait, aux militaires vénézuéliens comme expliqué ici en 2010 : « connu pour être le chef du Cartel del Soles dans l’État de Monagas, José Ceferino García Fermín a été arrêté et renvoyé en prison le 23 février. L’enquête le désigne comme commanditaire de l’assassinat de Mauro Marcano, le 1er septembre 2004. José Ceferino García avait été arrêté à Trinidad-et-Tobago puis extradé en 2006. Il avait obtenu sa remise en liberté d’un tribunal de l’État de Monagas, deux ans plus tard. Soupçonnant des pressions sur la justice locale, le ministère public avait fait appel de cette décision. La cour d’appel de Monagas, accédant à la demande de renvoi en prison, a ordonné qu’une autre juridiction tranche l’affaire sur le fond. » Il aura fallu attendre février 2015 pour voir Ceferino Garcia condamné à 23 années de prisonAprès bien des tergiversations !

Après ce tableau évocateur de l’ambiance dans le pays, il est temps de revenir à notre crash du jour, après cette mise en bouche destinée à montrer qu’il ne faut pas nécessairement avaler les couleuvres données en pâture au public par le gouvernement vénézuélien, des assertions qui tombent jusqu’au fond des paniers du Grand Soir, par exemple ou des admirateurs du chavisme ayant perdu leur sens critique. Le journal alternatif, sous la plume de Gaël Brustier (Collaborateur du Centre d’étude de la vie politique (Cevipol) à l’Université libre de Bruxelles) et de Christophe Ventura (chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS) avait en effet ainsi décrit la libération de Boulton (en réponse à ce texte paru dans Libération sur « l’opportunisme humanitaire de Chavez » : « les auteurs accusent le président vénézuélien d’avoir, « pendant des années, (.) ignoré le sort des Vénézuéliens otages des Farc et (de) ne (s’être) nullement soucié de leur famille. » Jusqu’à aujourd’hui, personne ne sait si des Vénézuéliens comptent effectivement parmi les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). En 2002, Hugo Chávez s’était pourtant préoccupé du sort de Richard Boulton, homme d’affaires vénézuélien, que tout le monde pensait otage de la guérilla colombienne. Il a même réussi, en juillet 2002, à organiser une opération de sauvetage qui a abouti à la libération de M.Boulton. C’est alors que les autorités ont découvert qu’il avait en réalité été repris aux paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC)« . Une rançon d’un demi-million de dollars, ou presque, appelée « opération de sauvetage »  ? Chavez aurait « découvert » au dernier moment celui avec qui il négociait la libération de l’otage fortuné ? On aura tout lu, décidément !!! Les mêmes auteurs ajoutant : « sil est vrai que le gouvernement vénézuélien a récemment acheté 25 avions de chasse russe, c’est pour remplacer la flotte de F-16 qui n’était plus utilisable à cause de l’embargo d’équipements militaires imposé par les Etats-Unis. De même, 100 000 fusils d’assaut Kalachnikov ont bien étachetés pour remplacer un stock de vieux fusils belges périmés. » Des avions périmés, eux aussi, pourtant présentés encore une fois dans notre exemple du jour comme l’ayant « descendu » (et dans les autres, cités dans les épisodes précédents qui ont tant plus aux amis de Collon … Décidément, le Venezuela est bien un pays de paradoxes !!! Comment croire alors les militaires vénézuéliens, qui ne cessent de dire que ce sont bien les vieux F-16 de l’armée nationale qui abattent à tour de bras les avions des narcotraficants ??? S’il ne sont pas « utilisables ? Nous reviendrons un peu plus loin sur ces fameux F-16 et leur armement, surtout : l’étude s’impose, avec de telles contradictions étalées par les propre soutiens du régime !

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Notre avion du jour, tombé au beau milieu de la nuit dans l’Etat de Cojedes (voir carte ci-dessus) est donc ce fameux Embraer venu du Brésil voisin, bourré de cocaïne, comme il se doit. Demain, je vous propose d’en parler plus en détail : ces deux pilotes, décédés, valent qu’on s’intéresse à leur sort, comme le vaut largement la mise en scène organisée par l’ineffable général de Brigade Irwin Ascanio, responsable de la Oficina Nacional Antidrogas (ONAdepuis juillet 2014,accompagné du General Valladares, responsable de la « Zone de Défense Intégrale (ZODI) Nº34 », et de Fraino Arellano commandant de la Zone GNB-32 de Cojedes » (l en manquait que l’ineffable et gaffeur Vladimir Padrino López). Venus, photographies en main, comme on a désormais l’habitude, faire un show vantant les mérites de la lutte antidrogue dans le pays. Mais encore une fois, on a fait vite, comme on va le voir, et cela sonne faux…Padrino s’empêtrant assez vite dans deux histoires de poursuite. Les clichés les montrant sont en date du 25 mai, pour le journal La Noticia, par exemple.siege_pilote_crash-06341 Ils montrent une certaine effervescence médiatique, sur place. En une journée, seulement, on a donc rapidement monté la présentation, amenant sur place de petits chapiteaux, des photocopies, des pieds de caméras et des tables pour étaler les documents découverts. C’est très bien fabriqué, à vrai dire, en terme de… propagande. On montre les vestiges de l’avion et on étale largement son contenu de drogue. La routine, là-bas, désormais. Des infortunés pilotes, il ne reste plus rien ou presque : un des premiers documents montré sont les vestiges d’un siège de pilote, totalement carbonisé, aux tubes déjà couverts de rouille. Et il n’y pas de doute, c’est bien le siège pilote d’un Navajo... quelques jours plus tard, un journal montre le corps carbonisé de ce même pilote (attention image choquante). Mais pas de trace du second : où et-il donc passé ? Cela intrigue. Mais d’autres choses encore clochent, ce que je vous propose de découvrir demain… en fait de décor, c’est manifestement un trompe-l’oeil qui a été dressé !!! Un de plus !

(*) « Il a été arrêté en août 2007 à l’aéroport de Domodedovo à Moscou alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Tel-Aviv avec un faux passeport 9. La Colombie demande alors son extradition. En mai 2008, la Cour Suprême de Russie confirme la décision du Parquet russe prise en janvier 2008 d’extrader l’Israélien, mais la Cour européenne des droits de l’homme que Klein avait déjà interpelée pour empêcher son expulsion eu égard au risque sérieux de mauvais traitements à son égard en Colombie, somme la Russie à s’abstenir de l’extrader jusqu’à nouvel ordre 10. La Colombie a jugé inacceptable cette décision, et a protesté contre la déclaration de la Cour selon laquelle Bogota serait incapable de garantir que Yair Klein ne subira pas de mauvais traitements. Le ministre colombien des Affaires étrangères Jaime Bermúdez a déclaré que la suprématie de la loi est assurée en Colombie qui respecte les droits de l’homme et que la Colombie garantit que les droits de Yair Klein ne seront pas lésés 11 » (selon Wikiipedia). On est aujourd’hui à vouloir l’entendre en Israël. En 2012, il avait provoqué un choc en affirmant qu’Alvaro Uribe, avant même d’arriver au pouvoir avait payé pour former des milices paramilitaires d’extrême droite. Le narcotrafiquant «  »El Alemán », le frère de « Don Mario », alias Daniel Rendon, un des trafiquants de drogue et des paramilitaires en Colombie le plus recherché et qui a aussi affirmé avoir été l’ancien commandant du groupe (Bloque) « Élmer Cárdenas » (ou) BEC dira de même le 23 août 2009. Selon lui, Uribe savait que Castano allait être assassiné.

(1) mais possède toujours une bonne claque pour l’applaudir, dont l’ineffable Collon, encensé par le pouvoir que lui même encense (ils tournent en rond ici en direct !) Jean Araud, cité précédemment, ou notre ami du net québecquois, Oscar Fortin, qui voit des coups d’Etat là où il n’en a pas, et qui écrit : « je suis pour la démocratie, celle qui fait participer le peuple. Je suis pour le néo-libéralisme, soumis aux exigences du bien commun dont l’État est l’ultime responsable. Je suis pour l’humanisme chrétien, celui qui met l’institution ecclésiale au service des Évangiles et qui fait des Évangiles une source d’inspiration pour les peuples.. » On lui demandera un jour si son humanisme chrétien accepte de répandre la cocaïne sur la jeunesse d’un pays, tiens…

SOURCE: http://www.centpapiers.com/coke-stock-xcvi-rappel-d%E2%80%99une-sombre-histoire-venezuelienne/

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Rappel de lecture :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

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coke en stock

Ma série d’articles sur le trafic de drogue au Venezuela (1) a été un franc succès : j’ai même eu le droit à des réactions… amusantes. Telle celle de Michel Collon, l’homme qui voulait remettre il y quelque temps le prix Nobel à Ahmadinejad  (ici sponsorisé par le sinistre Croah de Joe le Corbeau) ou plus exactement une réaction de Jean Araud, qui écrit chez Collon (2). Oh un gars dont l’indépendance ne fait aucun doute à lire ses activités actuelles : « il travaille pour le ministère de la Femme. il y coordonne un travail de lutte contre la désinformation que les grands médias internationaux véhiculent dès que l’on a affaire au Venezuela. » peut on lire ici. On retrouve le même dans le « fameux » Cercle des Volontaires » du rouge-brun Raphael Berland (celui qui invite facilement la négationniste María Poumier) pour affirmer chez Berland qu’il « vit des journées exceptionnelles à Caracas », ou « il n’a vu aucune violence »L’homme est aveugle, ou ne connait pas les statistiques, c’est sûr. Caracas avec 119 meurtres par 100 000 habitants était en 2012 a troisième ville la plus dangereuse au monde après San Pedro Sula (au Honduras et Acapulco. Et ça empire (on est aujourd’hui à 125 pour 100 000 à Caracas), Valencia et Maracaibo s’ajoutant à la liste. De quoi dissuader les touristes, en effet. Plantons donc tout d’abord le décor… n’en déplaise à Michel Collon et ses amis …

La violence endémique au pays est bien dissimulée, nous dit aussi MadmoiZelle.com : « une partie du problème est liée à la violence et aux criminels eux-mêmes, qui ne cessent de se multiplier : la violence est en augmentation depuis des années (+14% en 2012) notamment à cause de la quasi-impunité de ces crimes. Très souvent, il n’y a aucun suivi, aucune enquête, donc forcément les criminels ne se sentent pas menacés et n’hésitent pas à recommencer. En cela la politique n’aide pas ; l’insécurité, principal cheval de bataille de l’opposition, est étouffée par le gouvernement, qui depuis 9 ans a interdit de diffuser régulièrement toute information officielle sur les chiffres de la criminalité et la violence. Les journalistes se rendent eux-mêmes tous les lundis matins à la morgue de Bello Monte, principale morgue de Caracas, pour tenter d’obtenir des informations de première main’ ». Un régime qui n’étouffe pas que ça… les chiffes sont atterrants : rien que pour le mois d’août, 368 corps ont été apportés à la morgue de Bello Monte (un quartier de collines à Caracas même) raconte cet été même El Nacional.

crime-dd647A se demander comment Jean Araud fait donc pour ne pas la voir, cette violence !!! « Caracas est la ville la plus dangereuse du pays. Si la majorité des crimes sont commis dans les « Barrios », bidonvilles locaux disséminés dans la ville, aucun autre quartier n’est réellement épargné par ce fléau. Le quartier de Chacaito (avenue de « Sabana Grande » notamment), pourtant situé dans l’est de la capitale, zone plus résidentielle et considérée comme relativement moins dangereuse que l’ouest et le centre, n’est pas non plus sans risque. Plusieurs de nos compatriotes ont été victimes d’agressions dans ce quartier. » Le gouvernement français, donne comme consigne à ses ressortissants de faire attention, à Caracas mais aussi dans «  les autres grands centres urbains (qui) ne sont pas épargnés »L’une des zones les plus dangereuses décrites étant le « les zones frontalières avec la Colombie et le Brésil, particulièrement dangereuses en raison des activités de la guérilla colombienne ainsi que des mafias spécialisées dans le trafic de stupéfiants, la contrebande d’essence et les enlèvements. » On y vient, effet… a ce générateur de violence qu’est le trafic de drogue.

Aeronave-abatida-f18eeLe 24 mai dernier s’est produit un événement désormais habituel là-bas. Un crash d’avion, lié à un trafic de drogue. Ou en tout cas présenté comme tel par les autorités, toujours les seules habilitées à en parler, dans le pays. Ça s’est passé à Ricaurte, dans près de Cojedes, au Venezuela, endroit où la ville principale s’appelle… Libertad. C’est situé au Nord du pays, mais l’avion, selon les autorités, venait de Manaus, au Brésil. Par la route, 2352 km, et un peu plus de 1600 en avion (en ligne droite). Ce dernier étant un Embraer EMB-820C, la version sous licence brésilienne du Piper Navajo, appareil qui semble avoir la prédilection des trafiquants brésiliens en ce moment : souvenez-vous du PT-LHO (choisi sur Wikipedia ?) découvert en Apure, muni de bidons d’essence supplémentaires pour augmenter son rayon d’action, comme j’avais ci vous le montrer. L’avion a au départ une portée de 1,875 km, mais pas à charge maximale. Dans ses soutes, avant et arrière, l’avion peut emporter 600 livres (soit 272 kg) de bagages ; comme on le sait.

autol_good-75534Pour ce qui est de l’avion tombé ce 24 mai dernier, et présenté encore une fois comme « abattu » par la chasse bolivarienne, il n’y pas de doute : c‘est bien un Embraer… venu du Brésil, une information confirmée par Le député fédéral brésilien Marcelo Rezende Salvio Vieira le surintendant régional de la police fédérale dans l’Etat d’Amazonie, qui affirme aussi que le Brésil n’enquêtera pas, car l’avion était en règle là-bas. Sur place, au Venezuela, en effet, on a vite semble-t-il déjoué la fausse immatriculation arborée par l’avion détruit.  Cétait un simple autocollant affichant le numéro YV1246 (vénézuélien) qui recouvrait l’original, qui était bien le PT-RCN brésilien (montré ici par Irwin Ascanio, le responsable de la lutte antidrogue, qui enlèvera lui-même l’autocollant pour mieux le montrer). Vu de plus près, l’autocollant semble fort peu adhésif, pourtant, et ressemble plutôt à une feuille de papier froissé : c’est de la bâche adhésive, tout simplement.

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Un avion visible ici, au Manaus Aeroclube de Flores (un aérodrome assez actif à une seule piste, ici sa page Facebook, celle de passionnés d’aviation où règne une sympathique ambiance) une photo prise le 21 février 2015, à peine trois mois avant où il se présentait dans la livrée dans laquelle il s’est écrasé, ou presque. A un détail près… A signaler que l’approche de l’aérodrome de Manaus, situé au bord de la ville, est plutôt dangereuse. De gros porteurs s’y posent pourtant tel ce Boeing 767 Cargo d’Absa vu ici en phase de descente.

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Pour clore le débat, sur la provenance de l’appareil, rien de tel que sa plaque de fabrication, qui ôte tous les doutes : pas de problème puisqu’on nous la propose officiellement, photographiée en gros plan :

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Fernando_e_Sorocaba-18564Avant d’appartenir à une école de pilotage, l’avion avait été loué par deux vedettes locales brésiliennes, un duo (plutôt pénible à écouter) intitulé Fernando et Sorocaba, qui ont abandonné l’appareil pour un Beechcraft C-90 plus puissant, immatriculé PT-FES vu ici au décollage sur la piste de Raimundo de Andrade devant des fans extasiés. On peut voir ici le cockpit, et là l’arrivée de l’appareil. Les deux loustics collectionnent les vols sur avion-taxi, comme ici sur un Beech 200, toujours à Raimundo de Andrade. Au Brésil, l’avion d’affaires de ce type est courant, tant il existe de petits aérodrome herbeux. Et là aussi, on y abandonne parfois de superbes montures. Surtout les trafiquants !!! Le Beechcraft King Air B-200 GT PR-ARN, datant de 2007 (N° BY-021, ex N34651 par exemple, vu ici au décollage de São José do Rio Preto-SP, en 2009. Un reportage assez ahurissant de la télévision brésilienne du 20 décembre 2010 nous l’annonçait comme… abandonné sur un aérodrome privé d’Iturama par une firme censée être une société fabricante de sucre et d’alcool. down1-0d060Le Brésil est confronté à des trafiquants, qui ne font pas tous dans la drogue et qui n’hésitent pas à abandonner leurs appareils quand il le faut, comme leurs collègues andins : ceux du Twin Commander 500-S, immatriculé PT-DRO ayant tenté de se poser en pleine nuit sur une piste à à 3 km de la ville de Piracuruca avaient été obligés de le faire… vu l’état de leur avion, au train brisé. L’avion appartenait à la société Marnanglo Empreendimentos e Participaçôes S / C / Ltda. Une société mise hors de cause, la personnalité du véritable utilisateur étant celle d’un ancien vérificateur fiscal condamné par la Cour fédérale à São Paulo pour inconduite. down2-4c7b7En mars 2013, il avait déjà été visé par l’opération de police « Persona », qui avait montré qu’avec un partenaire, il avait créé un groupe avec plusieurs sociétés destiné à des importations frauduleuses, qui ont laissé un déficit de 3,3 milliards de reals en impôts. À l’époque, avaient été saisis de 86 milliards de reals de marchandises. Cette fois-ci, l’appareil avait bien transporté de la coke : à bord avaient été trouvés des fragments de cocaïne, deux équipements GPS (Global Positioning System), neuf bidons d’essence et des tuyaux de carburant. L’avion avait une fausse immatriculation, collée à l’adhésif…

chinita-92fc1L’immatriculation qui masque l’originale de notre cas d’étude du jour, étrangement, rappelle des choses. En 2009, un document judiciaire chargeait deux vénézuéliens, Alfredo Rolando Martinez (alias Freddy Doe) Luis González, responsables de l’entreprise Taller Aeronautico Maracaibo installés à l’aéroclub de l’aéroport international de La Chinita (indicatid SVMC), qui avaient été accusés de trafic de cocaïne. Des traces évidentes de coke et de chlorhydrate avaient été relevées sur trois de leurs avions. Le numéro YV1410, de modèle Piper Seneca II, N° de série 34-757286, certificat d’immatriculation 6644, le YV1246, de marque Cessna Modèle 210N, numéro de série 21064761, mais aussi le YV1217, detention_avions-81199un Cessna T210M, numéro de série 21062899, précédemment enegistré HK-4576 (avec comme propriétaire en 2008 Ramirez Perez Jose Antono). Le Cessna, ex N110M de 1982 provenait de la société International Oilfield Chemicals inc à Lafayette, USA Avant le procès, d’autres noms de trafiquants avaient alors été cités par le chef de l’antidrogue vénézuélienne, Néstor Reverol, et d’autres avions encore, tel le YV2186 et le YV2513 (lYV2513 ou le YV1028P?), lors d’une présentation médiatisée du 2 Juin, 2009, comme le pouvoir vénézuélien en a pris l’habitude. Les gens qui ont choisi l’immatriculation de l’appareil qui s’est récemment écrasé n’avaient donc, on suppose, aucune connaissance de l’existence de son ancien confrère, un Cessna 210N, immatriculé pareil, et saisi voici six ans par les autorités pour trafic de drogue !!! Une inconscience révélatrice ? A croire, en tout cas qu’il y en a beaucoup, d’appareils, qui, saisis par les autorités vénézuéliennes, sont restés sur place, immobilisés, au point que plus personne ne sache exactement leur immatriculation, ou leur nombre exact. Certains ont même complètement… disparu !

YV1315_4-21721Le 24 juillet dernier, le Ministère des Transports annonçait d’ailleurs en écho à cette constatation la liste (impressionnante) des avions « abandonnés » (3), selon lui, au Venezuela. Mal lui en a pris : on pense à une clarification, sur l’intensité du trafic de drogue, et c’est tout l’inverse en fait, tant le répertoire offert est truffé d’erreurs flagrantes. Sont notamment comptabilisés comme « abandonnés » des avions complètement en miettes ou même disparus…. Cela ressemble à un beau mic-mac, en effet : il y en aurait 500 exemplaires en effe laissés sur place par leur propriétaire... selon les autorités. Or la liste est pour le moins…fantaisiste. Figurent par exemple le Cessna 310R (YV1975) parti de Puerto Ordaz et crashé en Apure : l’avion, pris dans des turbulences le 26 août 2008, s’était désintégré et ses morceaux éparpillés sur 1,5 km !! Comme exemple d « abandon » on pourrait trouver mieux !!! Le YV2193 y est aussi cité, un Cessna modèle 182P, qui avait été contraint d’atterrir sur la route dans à San Sebastian de los Reyes… avant de s’enficher dans l’arrière d’un camion : l’avion avait été détruit : drôle « d’abandon », encore une fois ! correspondances-dfab6-af4f5Le YV2615, un Britten-Islander de 1968 (le N°20) avait lui complètement disparu avec 6 personnes à bord début 2013 au large du parc de l’archipel de « Los Roques » (ici son dernier décollage, avec sa porte mal fermée !). On le retrouvera le 27 juin 2013 gisant par 73 mètres de fond : un total « abandon », passagers compris, pour cette fois-là ? Pour le numéro YV2527 cité, ce n’est guère mieux : cest un hélicoptère Bell 206B complètement détruit, lui encore, à Las Malvinas II, près de San José de Guanipa, dans l’état d’Anzoátegui, en 2012. L’YV2663 est lui un Cessna 402B qui a plongé en pleine mer le 9 février 2012 à Punto Fijo, dans l’état de Falcon : un appareil « abandonné » aux poissons du coin ? Dans la liste on trouve aussi un autre tas de ferraille qui pourra difficilement revoler : le Britten Islander YV2238accidenté le 16 janvier 2015 lors d’un atterrissage violent sur l’île Gran Roque. Idem pour le YV1315 au même endroit, avec cette fois un beau plongeon le 10 octobre 2014… 2531_repere-b5ed5l’avion avait été littéralement coupé en deux avant d’aller à la baille ! il n’y avait eu que des blessés (sept), un vrai miracle ! Etc et etc… le sommet étant atteint, je pense, avec le Beechcraft 200 immatriculé 2531, qui avait servi à faire un show médiatique sur une prétendue saisie de drogue (lire ici la version de Daniel Hopsicker), et que des observateurs avaient retrouvé plus tard… incendié : on ne peut mieux comme abandon (4) !! Bref, un ministère qui compte comme « abandonnés » par leur propriétaire des avions détruits, irréparables ou même complètement disparus, voilà qui ne fait pas franchement sérieux….

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Et ce qui vaut pour les petits vaut aussi pour les plus gros : est cité par exemple dans la liste le YV2749, qui est en fait un DC-9-32 comme l’est aussi le YV368T, lui aussi cité. Or ce sont des appareils commerciaux de la société Avesa Airlines, photographiés ici en 2007 à La Guaira avec un troisième collègue en cours de démontage de réacteurs…  la firme vénézuélienne existe toujours, et elle a été obligée de changer en 2014 ces derniers DC-9 contre des MD-88 plus récents, provenant de Floride, et dOpa-locka  !!! Ce sont nullement des abandons, mais bien des appareils réformés !!! Et que dire du YV397T : un Boeing 737 certes de 35 ans d’âge, mais toujours vaillant chez Rutaca Airlines, qui ne présente parmi ses appareils aucun avion réformé ou scrappé. Pour ne rien améliorer, est aussi listé l’YV379T et le YV369T, tous deux encore en état de fonctionnement, avec le même propriétaire bien actuel ! Le 2 mai dernier encore, un MD-88 d’Aeropostal, numéroté YV485T, subissait une explosion de réacteur au moment de l’atterrissage a l’aéorport Internacional Jacinto Lara… Idem pour le cas du DC-9 YV136T datant de 1976, ex Finnair, qui avait subi un « hard landing » à Puerto Ordaz comme on dit sobrement dans sa fiche de décès : un atterrissage tellement brusque le 13 juillet 2011 que ses deux réacteurs étaient tombés, le fuselage se tordant par la même occasion. Il y avait ce jour là 130 personnes à bord ! Un vrai miracle ! Direction la casse (avant, « l’abandon »... ») !

photo_broyage-626f0Le plus amusant, dans cette annonce, est que le Ministère du Pouvoir Populaire pour le Transport Aérien et Aquatique (MPPTAA), l’organisation des aéroports bolivariens (BAER), dans la foulée déclaré « l’expulsion des aéronefs déclarés juridiquement abandonnés », au terminal international « Jacinto Lara » situé à Barquisimeto, dans l’Etat de Lara mais aussi sur l’aérooport « Oscar Machado Zuloaga » de Miranda ; celui de la La Chinita » à Zulia et à l’aéroport international « Arturo Michelena » de Valence, dans l’État de Carabobo. Joint à l’article de presse, on pouvait en effet voir une pelleteuse munie d’une mâchoire s’en prendre à un birmoteur Piper. D’autres aéroports font l’objet d’un « nettoyage » d’épaves. A la ChinitaSVMC (les DC-9 de Zuliana y sont), il y a fort à faire,comme le montre ce reportage vidéo comme ici au SVMI (l’aéroport Int’l Maiquetía Simón Bolívar).

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Celles-ci sont broyées par une pelleteuseles morceaux rassemblés en tas (comme ci-dessus) avant d’être jetés dans une benne de un semi-remorque de ferrailleur. L’aéroport de José Antonio Anzoátegui fait de même. L’opération fait l’objet dune communication officielle du BAER. Le pouvoir en place annonce la destruction de 69 épaves. Par rappport à la liste des manquants, c’est une goutte d’eau ridicule. Celle-ci en affiche… 1068. Les écuries d’Augias de l’aviation vénézuélienne sont encore loin d’être nettoyées… !!!

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Des avions « abandonnés », ou réduits à des tas de ferraille, des avions broyés, comme celui qui nous intéresse aujourd’hui (visible ci-dessus qui semble effectivement aussi avoir été victime de l’opération de « nettoyage » des débris), et que nous allons étudier en détail très bientôt, si vous le voulez bien… un peu de patience… que diable !

(1) pour tout dire, j’ai commencé cette série début 2010 chez Agoravox avec la découverte en novembre 2009 du Boeing 727 retrouvé incendié à Tarkint au Mali, sous le nom de Morice. Un sujet riche : j’en suis à bientôt 100 articles en effet. Dès le premier article, j’ai aussitôt été l’objet d’un post-mining qui aujourd’hui ne m’étonne plus, quand je vois les personnes que cela a pu concerné. L’article d’abord refusé (alors que j’étais un des premier à avoir analysé l’évènement) a été ensuite accepté, des mois après, quand les auteurs des attaques et des votes négatifs en masse ont été virés du site. Ici, j’avais alors résolu de m’appeler Momo, pour éditer notamment une longue série de 17 épisodes décrivant Dieudonné et ses turpitudes, longue enquête bloquée chez Agoravox pour les raisons que vous pouvez facilement soupçonner. Le site Cent Papiers étant tombé entre temps en rade, et moi-même ayant perdu ma connexion « Momo », j’ai recréé rapidement un « fantôme de Momo », d’où l’appellation actuelle. N’en déplaise à certains; Morice=Ghostofmomo » en effet. Je garde ainsi ma liberté de parole, que ça plaise ou non… (surtout ici aux partisans du régime vénézuélien, parodie de démocratie), voici donc le 95eme épisode d’une série sur le trafic de cocaïne dans le monde, dans lequel je ne retiens en général que le trafic aérien (seul, je ne peux pas tout traiter en effet !!).

(2) avec deux articles censés répondre aux miens…

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox.html

http://www.michelcollon.info/Venezuela-un-article-d-Agoravox,5205.html?lang=fr

C’est amusant de constater que l’auteur s’appuie pour la Colombie sur les dires remontant à 1998 de Paul Coverdall, sénateur américain républicain, responsable du fameux Peace Corps créé en 1961 par John Fitzgerald Kennedy et nommé par Bush (père) et plus tard a soutenu directement le fils dans sa campagne électorale contre McCain… ou quand les rouges-bruns s’appuient sur du bleu.

Dans le second volet, la phrase hilarante du « guérillero médiatique » (c’est comme ça quil se décrit) est « Mais comme le show doit continuer, Washington et ses larbins vénézuéliens apatrides s´entêtent à poursuivre leurs tentatives cycliques d´impliquer le gouvernement vénézuélien avec le narcotrafic, un moyen comme un autre de justifier tout type d´interventions, incluant coup d´état ou invasion made in USA. Les épisodes se succèdent donc au rythme d´objectifs soigneusement choisis. » Selon Araud, il ne faut donc pas être « apatride » au Venezuela , alors quil est lui-même français, pour parler correctement du pays, et comme il le laisse entendre, je serais le « larbin » des USA, après avoir dénoncé sans répit ici les activités de la CIA, celles de G.W.Bush pendant la guerre en Irak ou mon nombre d’articles conséquent sur la militarisation des esprits aux USA ou les gabegies du Pentagone…. « larbins apatrides » on croirait entendre le PCF des années 50, voire un clone de Dieudonné … !!!

(3) la liste complète est là :

http://www.inac.gob.ve/informacion/AvisoDeclaratoria

(4) lire ici la terrible charge contre le gouvernement, accusé d’avoir assassiné deux personnes susceptibles d’être compromettantes : Edilberto Rosales Escalante, le conducteur de la Ford F-350 (N°A76AEOB) qui avait recueilli le chargement de cocaïne et Luis Alberto Fuentes Garde nationale Pernia, le second pilote qui savait qui était le fournisseur et qui servait d’intermédiaire avec les trafiquants. Selon lui, l’avion avait fait pas moins de 5 aller-retours entre La Carlota et Cabo San Roman. La lutte antidrogue, le CICPC étant selon l’auteur le grand manipulateur de l’opération, ainsi que le ministre Tarek Zaidan El Aissami Maddah, devenu depuis gouverneur d’Aragua, largement impliqué dans l’affaire. L’homme est lié à « El Pollo » Carjaval (voir mes articles).

 

PS : Il semble bien en effet que notre lecteur assidu n’ait pas tout lu. Alors voici donc les articles concernés :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxviii-un-second-164974

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvix-le-precedent-165608

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxx-l-heritage-du-160160

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxi-l-esbrouffe-160211

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiv-pris-la-main-160456

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxv-un-temoignage-165293

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvi-l-implication-165185

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxvii-un-procureur-160617

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxix-la-corruption-165661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xc-la-route-de-l-165730

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xciii-on-revient-165740

on peut lire aussi :

http://www.insightcrime.org/news-analysis/is-venezuela-becoming-the-most-dangerous-nation-in-latin-america

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201107-CocaLeavesLa prohibition de la drogue, intervenue au cours du XX, a créé des routes qui mènent des lieux de production aux marchés de consommation. En Amérique latine, le nombre de grands pays producteurs de drogues (hors les drogues de synthèse) est relativement faible et ces plantes ont longtemps fait (et font encore) partie du patrimoine culturel de nombreuses minorités ethniques, comme les Quechuas ou les Aymaras de Bolivie. Ce sont principalement la coca (Bolivie, Pérou et Colombie) et la marijuana (Mexique) qui y sont produites. Nous nous intéresserons d’abord aux pays producteurs puis, aux conflits qui naissent de ces productions illicites.

La culture de la coca reste aujourd’hui un quasi-monopole de trois pays andins : la Bolivie, le Pérou et la Colombie. Pour répondre au « boom de la cocaïne » des années 60 dans les pays du Nord, les pays andins développent leur production. Protégée par la guérilla du Sentier Lumineux au Pérou, la dictature militaire en Bolivie et les cartels de Medellin et de Cali en Colombie, cette culture a permis à des populations déshéritées d’augmenter leurs revenus, mais attiré aussi la convoitise de groupes armés. Au cours des années 90, les Etats-Unis élaborent une stratégie pour lutter contre la cocaïne colombienne, l’Air Bridge Denial. Il s’agit de couper les trafiquants colombiens de leurs zones d’approvisionnement (essentiellement le Pérou et la Bolivie). Le plan se solde par un échec : les trafiquants colombiens réagissent en développant sur leur propre territoire les superficies de cocaïers, passées de 70 000 ha en 1995 à près de 170 000 ha en 2001. Avec l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir en 2005, des débouchés licites pour l’écoulement de la coca ont été cherchés et depuis la production stagne. Tout au contraire, elle connaît une forte augmentation au Pérou, en passe de devenir le 1er producteur mondial de coca devant la Colombie, dans les prochaines années.

Quant au cannabis, la production est évaluée, en 2003, à 42 100 t dans le monde dont 41% produite sur le continent américain. Le Mexique se place en 1ère place des pays producteurs américains.

Drogue, mafias et corruption

Après la chute des cartels de Medellin et de Cali, le trafic international de cocaïne a continué son expansion. Les trafiquants colombiens ont adapté leur organisation par la décentralisation et la délocalisation. Des cartelitos de taille modeste ont pris la place des cartels et des réseaux se sont développés, notamment en Europe, à tel point qu’aujourd’hui les organisations colombiennes contrôlent toute la chaine de l’importation à la distribution. Au Mexique, le pouvoir politique lui-même favorisait certains cartels et le narcotrafic est devenu un pilier de l’économie mexicaine. Depuis que le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) n’est plus au pouvoir (années 2000), et ne favorise plus l’un d’entre eux, les cartels mexicains se livrent une guerre sans merci.

Servant à financer des groupes armés et une corruption endémique, les revenus de la drogue ne profitent guère à ceux qui la produise.

source: https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/amerique/21841-geopolitique-des-drogues-en-amerique

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Par AFP, publié le 30/01/2015 à 12:36, mis à jour à 12:36

Montevideo – C’est une petite graine, semée par l’Uruguay fin 2013: la légalisation du cannabis commence à faire son chemin en Amérique latine, même si, dans cette région aux prises avec le narcotrafic, certains pays refusent toujours d’en entendre parler.

L'Amérique latine face à la tentation du cannabis légal

Récolte de cannabis à Montevideo, le 10 décembre 2014

afp.com/Nicolas Garcia

« Quelqu’un doit commencer en Amérique du Sud« , avait dit le président uruguayen, José Mujica, en dévoilant son idée audacieuse.

Un an après la loi qui a fait du pays le seul au monde à réguler la production de marijuana, sa vente en pharmacies se fait toutefois encore attendre.

Mais, selon le Conseil national des drogues (JND), le pays de 3,3 millions d’habitants compte déjà 1.300 personnes inscrites comme auto-producteurs et six clubs de jusqu’à 45 consommateurs.

Ses voisins sont intrigués : « Comme l’Uruguay l’a fait et n’a pas encore souffert de graves conséquences négatives en termes de relations internationales, sanctions ou rejet au niveau domestique, c’est devenu une option à considérer pour les autres pays« , explique John Walsh, analyste au « think tank » Bureau de Washington sur l’Amérique latine.

« Le cas de l’Uruguay a inspiré de nombreux pays à envisager au moins de faire quelques pas dans cette direction« , renchérit Pien Metaal, experte du centre d’études Transnational Institute, à Amsterdam.

« Il n’y a plus de retour en arrière. (Le génie) est sorti de la bouteille et il n’y a plus moyen de le faire rentrer« , observe-t-elle malicieusement.

Fin octobre, le Chili est devenu le premier de la région à cultiver à des fins thérapeutiques le cannabis, qui reste pourtant considéré là-bas comme une drogue dure. Un projet de loi veut dépénaliser sa culture à usage personnel.

En Colombie, le Parlement débat d’un projet permettant son utilisation médicale, avec le soutien du président de centre-droit Juan Manuel Santos.

En Argentine, un projet de loi défendu par le secrétaire général de la présidence, Anibal Fernandez, souhaite dépénaliser la culture à usage personnel mais le gouvernement reste contre. En projet aussi, la dépénalisation de la consommation et son usage thérapeutique.

Dans plusieurs pays de la région, la possession de drogue pour usage personnel n’est de toute façon pas sanctionnée.

– L’exemple des États-Unis – 

Outre l’Uruguay, il y a, plus au nord, un autre cas emblématique, susceptible d’inspirer la région : celui des États-Unis.

Instigateur et soutien financier de la « guerre contre la drogue » (terme hérité du président Richard Nixon) sur le continent, le pays est confronté en son sein à des initiatives plus douces.

« Déjà quatre États ont régulé le cannabis à usage récréatif » (Washington, Colorado, Alaska, Oregon) et 23 l’ont légalisé à des fins médicales, souligne Pien Metaal.

« Cela décrédibilise un peu (les États-Unis) au moment de dicter aux pays d’Amérique latine, comme ils l’ont fait ces dernières décennies, leurs politiques en matière de drogue« .

Après avoir prôné la prohibition, « il est temps que les États-Unis fassent preuve de cohérence avec les pays de la région et arrêtent de prêcher quelque chose qu’ils ne peuvent appliquer chez eux« , juge le chilien Eduardo Vergara, directeur du centre d’analyses Asuntos del Sur.

Mais « la région reste divisée » et certains pays latinoaméricains freinent encore, fait-il remarquer.

« La légalisation des drogues n’est pas à l’agenda aujourd’hui« , déclarait récemment le ministre brésilien de la Justice, José Eduardo Cardozo, malgré le dépôt de projets de loi en ce sens.

Même position au Nicaragua, Panama, Mexique, Costa Rica, Venezuela ou Pérou.

Certaines voix défendent pourtant la légalisation, comme les ex-présidents brésilien Fernando Henrique Cardoso et mexicain Vicente Fox.

Et la demande d’une nouvelle approche monte dans la région, première productrice mondiale de cocaïne, victime de la violence liée au trafic.

Le tout-répressif a « échoué« , estime le président colombien. Un « échec complet » pour son homologue équatorien Rafael Correa. Sous l’impulsion de la Colombie, du Mexique et du Guatemala, l’ONU tiendra en 2016 une session spéciale sur ce thème.

Mais alors qu’aux États-Unis, la légalisation du cannabis est portée par un élan populaire, le changement prendra ici plus de temps.

« Le public est sceptique en Amérique latine: il n’est peut-être pas satisfait de la guerre contre les drogues, mais il tend à voir la légalisation comme permissive et défaitiste« , explique John Walsh, rappelant que c’est notamment le cas en Uruguay.

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source: http://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/l-amerique-latine-face-a-la-tentation-du-cannabis-legal_1646566.html
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