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LA PAZ, le 1er nov – Les Forces spéciales contre le trafic de stupéfiants (FELCN) de la Police Bolivienne ont annoncé qu’entre Janvier et Octobre de cette année, 229 tonnes de drogues avaient été saisies et détruites.

2.000 laboratoires de production de cocaïne sur le territoire bolivien ont subi le même sort.

Le directeur général du FELCN, Santiago Delgadillo, a déclaré lors de la conférence de presse que jusqu’à ce jour, ses agents avaient effectué 9429 opérations exécutées pendant lesquelles 33 laboratoires de cocaïne, 27 laboratoires et 2740 lieux de recyclage ont été détruits.

Delgadillo a déclaré que des 229 tonnes de drogues saisies, 15 tonnes étaient de la cocaïne et 214 tonnes de la marijuana, un chiffre plus élevé donc que les saisies effectuées en 2016 qui étaient de 150 tonnes.

Delgadillo a souligné qu’ entre janvier et octobre, 5 300 hectares de plantations de coca illégales ont été éradiqués dans différentes régions boliviennes.

« Ces réalisations comprennent la séquestration de 356 000 kilos de substances solides et de 685 000 litres de substances liquides utilisées dans la fabrication de la drogue « , a déclaré M. Delgadillo, ajoutant que lors de ces opérations, 3 449 personnes avaient été appréhendées (citoyens boliviens et étrangers).

En outre, 27 petits avions utilisés pour transporter la drogue ont été confisqués. Le gouvernement bolivien a lancé en janvier dernier le plan annuel d’interdiction et d’éradication des plantations de coca illégales, qui donne la priorité à la destruction des champs de coca illégaux dans les parcs et les réserves naturelles.

La Bolivie a déployé depuis 2009 sa propre stratégie de lutte contre les stupéfiants, un an après l’expulsion du DEA (US Drug Enforcement Agency), après que le président bolivien Evo Morales l’ai accusé de promouvoir la déstabilisation du gouvernement.

Le rapport de la FELCN note également qu’entre Janvier et Septembre 2017, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) à La Paz, en coordination avec le ministère du gouvernement, le ministère public et la police anti-drogue a participé à l’incinération et à la destruction de 19 tonnes de drogues illégales en Bolivie.

201107-CocaLeavesLa prohibition de la drogue, intervenue au cours du XX, a créé des routes qui mènent des lieux de production aux marchés de consommation. En Amérique latine, le nombre de grands pays producteurs de drogues (hors les drogues de synthèse) est relativement faible et ces plantes ont longtemps fait (et font encore) partie du patrimoine culturel de nombreuses minorités ethniques, comme les Quechuas ou les Aymaras de Bolivie. Ce sont principalement la coca (Bolivie, Pérou et Colombie) et la marijuana (Mexique) qui y sont produites. Nous nous intéresserons d’abord aux pays producteurs puis, aux conflits qui naissent de ces productions illicites.

La culture de la coca reste aujourd’hui un quasi-monopole de trois pays andins : la Bolivie, le Pérou et la Colombie. Pour répondre au « boom de la cocaïne » des années 60 dans les pays du Nord, les pays andins développent leur production. Protégée par la guérilla du Sentier Lumineux au Pérou, la dictature militaire en Bolivie et les cartels de Medellin et de Cali en Colombie, cette culture a permis à des populations déshéritées d’augmenter leurs revenus, mais attiré aussi la convoitise de groupes armés. Au cours des années 90, les Etats-Unis élaborent une stratégie pour lutter contre la cocaïne colombienne, l’Air Bridge Denial. Il s’agit de couper les trafiquants colombiens de leurs zones d’approvisionnement (essentiellement le Pérou et la Bolivie). Le plan se solde par un échec : les trafiquants colombiens réagissent en développant sur leur propre territoire les superficies de cocaïers, passées de 70 000 ha en 1995 à près de 170 000 ha en 2001. Avec l’arrivée d’Evo Morales au pouvoir en 2005, des débouchés licites pour l’écoulement de la coca ont été cherchés et depuis la production stagne. Tout au contraire, elle connaît une forte augmentation au Pérou, en passe de devenir le 1er producteur mondial de coca devant la Colombie, dans les prochaines années.

Quant au cannabis, la production est évaluée, en 2003, à 42 100 t dans le monde dont 41% produite sur le continent américain. Le Mexique se place en 1ère place des pays producteurs américains.

Drogue, mafias et corruption

Après la chute des cartels de Medellin et de Cali, le trafic international de cocaïne a continué son expansion. Les trafiquants colombiens ont adapté leur organisation par la décentralisation et la délocalisation. Des cartelitos de taille modeste ont pris la place des cartels et des réseaux se sont développés, notamment en Europe, à tel point qu’aujourd’hui les organisations colombiennes contrôlent toute la chaine de l’importation à la distribution. Au Mexique, le pouvoir politique lui-même favorisait certains cartels et le narcotrafic est devenu un pilier de l’économie mexicaine. Depuis que le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) n’est plus au pouvoir (années 2000), et ne favorise plus l’un d’entre eux, les cartels mexicains se livrent une guerre sans merci.

Servant à financer des groupes armés et une corruption endémique, les revenus de la drogue ne profitent guère à ceux qui la produise.

source: https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/amerique/21841-geopolitique-des-drogues-en-amerique

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La Bolivie, plaque tournante du trafic de drogue

8 décembre 2014
La Bolivie, plaque tournante du trafic de drogue

Vue de Santa Cruz en Bolivie. La ville est devenue depuis quelques années la capitale du narcotrafic. CC BY-SA 3.0 Ruditaly

La Bolivie fut jadis l’un des plus sûrs d’Amérique latine, mais les choses ont beaucoup changé. 8 Boliviens sur 10 affirment à présent ne pas se sentir en sécurité. Le narcotrafic explique cette situation. La Bolivie – troisième producteur mondial de cocaïne – est devenu aussi ces dernières années un pays de transit de la drogue, essentiellement à destination du Brésil et de l’Europe. Et c’est Santa Cruz, la ville la plus peuplée, qui est devenue la capitale du narcotrafic. Là-bas, des milices citoyennes, encadrées par la police, se sont même créées dans certains quartiers. Reportage de Reza Nourmamode.

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