Articles Tagués ‘cannabis’

Aviseur international bénéficiait jusqu’alors d’un référencement par le moteur de recherche Google sur les mots repris régulièrement dans ce blog d’informations régulières sur la drogue et le narcotrafic.

Douane française, DNRED, Drogue, narcotrafic, hachis, cocaïne, cannabis, héroïne… ETC.ETC.

J’ai le regret de constater qu’aujourd’hui, Google a décidé de m’écarter du système de référencement automatique.

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NARCOTRAFIC 🇪🇺 (Opération Dinero 🇺🇸): la DNRED 🇫🇷 savait-elle que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait aussi pour la DEA?

Publié: 14 avril 2019 par Marc Fievet dans AFRIQUE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, BAN, Canada, Cocaïne, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, MAFIA, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pays-Bas, Police, Saint-Martin, Santo Domingo, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, USA, Venezuela
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Celle concernant un homme connu historiquement, mêlé à l’assassinat de JFK, et la «main » de la CIALucien Conein qui avait, on vient de l’apprendre seulement, comme relation directe à Miami Carlos Hernandez Rumbaut, trafiquant notoire, mêlé aux exilés cubains de Miami. « Le monde de la drogue qui supprime les stupéfiants !!! les intermédiaires sont appelés à contrôler les transactions, et d’ énormes sommes d’argent sont manipulées par un manque total de scrupules entraînant de la corruption ou en caressant dans le sens du poil celui qui fait obstacle aux transactions. Il n’est pas étonnant que le gouvernement, et les responsables des stupéfiants se tournent si souvent comme assistance vers des figures aussi détestables que le commerce lui-même. Un argument pourrait être opposé comme quoi un autre type de personne pourrait en toute sécurité fonctionner efficacement dans un tel environnement. Mais comme un homme est affecté par la société qu’il entretient, ici ce sont des fonctionnaires et leurs responsables qui se retrouvent retournés par les informateurs qu’ils emploient. L’histoire de Carlos Hernandez Rumbaut, un des « Deacon « un informateur, montre jusqu’à quel point une telle alliance peut aller ».

Nota les « Deacon »  étant les infiltrés choisis par Richard Helms en personne, le directeur de la CIA, à l’époque comme l’écrivent, page 28, Peter Dale Scott et Jonathan Marshall dans « Cocaine Politics: Drugs, Armies, and the CIA in Central America ». Rumbault avait été recruté en 1969 après avoir été pris à trafiquer à Mobile, en Alabama, avec 467 livres de marijuana.  Il était plus tard devenu le garde du corps du président costaricain José Figueres Ferrer.  Installé à Mexico, Rumbaut sera payé 1400 dollars la semaine, par la DEA, comme informateur.

Pour Marc Fievet aucun doute :  Rumbautl travaillait bien pour la CIA !

SOURCE

David May, l’attaché du DEA à Paris en 1994, au cours des nombreuses réunions de travail en compagnie des douaniers Christian Gatard, Jo LeSquert et Hervé Maignier de l’échelon DNRED de Nantes, oubliera de préciser que Carlos Hernandez Rumbaut travaillait pour eux.

 

Pourtant, les 100 000 dollars que Carlos Hernandez Rumbaut avait prêté à Claudio Pasquale Locatelli pour finaliser la préparation du M/Y Poseidon sortaient directement de l’ambassade des Etats-Unis à Madrid.

 

Photo prise par le BAN (Douane française)

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Pour information

Dans les quelques 3 000 pages que le gendarme Fournier a donné à Marc Fievet, seules preuves auxquelles il eut accès, il s’avère qu’il n’y avait aucune trace des enregistrements des conversations téléphoniques de Messieurs Claudio Locatelli et Carlos Hernandes Rumbaut en place à Montréal au moment des faits.
Marc Fievet a eu accès au dossier de Jürgen Kirchhoff, le capitaine du Pacifico, et, grâce à sa complaisance, il a pu récupérer les enregistrements de ces trafiquants.

Marc Fievet précise que:
Le mercredi vingt-deux octobre 1997, les gendarmes Degresley et Fournier sont venus me rendre visite au pénitencier de Springhill en Nouvelle Ecosse et m’ont rapporté une partie de mon dossier de défense. Le reste sous quinzaine me diront-ils Degresley me demande d’agir sur le capitaine du Pacifico, Jürgen Kirchhoff, détenu dans le même établissement pour qu’il supprime son appel. J’accepte, pour que personne ne se méprenne sur mon appartenance à la DNRED.
A ma demande, Jürgen Kirchhoff, le capitaine propriétaire du cargo Pacifico se désistera, pourtant les avocats de Kirchhoff étaient sûrs de faire casser le jugement de la saisie du M/S Pacifico qui étant illégale reste illégale.
La « légalisation » de la saisie du M /V Pacifico en Eaux Internationales n’avait pu intervenir qu’en utilisant la seule jurisprudence créée par la saisie en haute mer du M/V Poseidon, décrétée légale par le juge Devonshire dans le jugement de Mills.
La GRC a déjà récupéré le montant de la vente du Pacifico, obtenue après dessaisissement du juge Alex Deschenes qui ne voulait pas légaliser cet acte de piraterie. Pourquoi se compliquer la vie, ici au Canada, comme ailleurs, quand un juge ne veut pas enfreindre la loi, il suffit d’en changer! Le nouveau juge canadien Roger McIntyre se verra offrir un voyage à Londres pour rencontrer le juge Devonshire pour conforter la décision qu’il doit prendre et demander au juge Devonshire d’ajouter dans le jugement de Mills, le narco anglais condamné pour la saisie « légale » en haute mer du Poseidon afin que cette dernière soit utilisée comme jurisprudence. La « pression » qu’il a de la GRC est très forte puisque le fils du juge Roger McIntyre est poursuivi par la GRC pour trafic de stupéfiant.
Pour récompenser la docilité et la soumission de ce juge acceptant la collusion, les poursuites contre le fils du juge McIntyre seront abandonnées.

Le Narco trafiquant Carlos Hernandez-Reumbeaut, toujours incarcéré à Renous, plaide non coupable sur les charges sur lesquelles, moi Marc Fiévet, l’agent infiltré, j’ai dû plaider coupable. Il ne craint plus qu’un seul témoignage: mon témoignage. Les Autorités canadiennes, par le sergent Degresley et le gendarme Fournier, m’informent que Carlos Hernandez-Reumbeaut a émis des menaces de mort sur ma famille si  je me décidais à témoigner contre lui.

Ils utiliseront le service de sécurité de la prison de Springhill, N.S, pour me faire parvenir ces menaces. Ces menaces seront également transmises à l’ambassade de France d’Ottawa, Ambassadeur Loïc Hennekinne[1] et aux Douanes françaises.
Le consul général de France à Moncton, Monsieur Olivier Arribe me confirme ces menaces et me dit lors d’une visite, que ces menaces ont été prises très au sérieux par les Autorités françaises.

[1] En 2000, par courrier, le secrétaire général du Quai d’Orsay qu’est devenu Loîck Hennekinne, me dira qu’il n’avait plus souvenir des menaces transmises par les gendarmes canadiens…

[1]  Mills: Narco anglais impliqué dans l’affaire Poseidon

Carlos Hernandes Rumbaut acquitté….

Carlos Hernandes Rumbaut, le présumé co-dirigeant d’un complot pour importer 5,5 tonnes de cocaïne au Canada, qui a été acquitté lundi à Bathurst, est en route pour Montréal où Immigration Canada décidera de son sort. L’avocat de Carlos Rumbaut, Scott Fowler, a indiqué à Radio-Canada que les autorités avaient placé son client dans un avion lundi soir à Moncton sans que celui-ci puisse le contacter. L’homme a cependant été pris d’un malaise à bord de l’appareil et les autorités ont dû opter de faire le trajet jusqu’à Montréal en automobile. Rumbaut n’a pas été libéré immédiatement après son acquittement car Immigration Canada affirme qu’il est techniquement au pays illégalement.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/16/16662.htm

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FRANCE 🇫🇷 (DNRED – Douane française): l’ENA mène à tout, même au caviardage

Publié: 31 mars 2019 par Marc Fievet dans DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, France, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Secret Defense
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Erwan Guilmin en bonne compagnie au siège de la DNRED, entouré de la DG Hélène Crocquevielle et du président François Hollande et du ministre Sapin, suite à l’opération qui vit la révélation des turpitudes de l’OCRTIS.

Le terme « caviardage » est utilisé dans le milieu de l’édition ou la presse pour décrire la façon dont certains écrits, de quelque nature que ce soit, sont retravaillés afin de couper des parties jugées impropres à la lecture.

Ce terme est également utilisé pour définir l’action menée par Erwan Guilmin, l’ex DOD de la DNRED pour falsifier un document pourtant classé « Secret Défense ». Document destiné à être  remis à la justice…C’est un tour de passe-passe assimilable à une dissimulation de preuves, délit passible de cinq ans de prison pour un citoyen lambda.

Il semble que pour cet énarque, la justice fasse preuve d’une lenteur démesurée pour s’intéresser à ce faussaire de ce document qui aurait du être considéré par l’énarque Guilmin comme  inviolable!

Mais que devient Erwan?

Rassurez vous lecteurs, l’énarque Erwan Guilmin, depuis ces faits, continue sa carrière au sein de Bercy.

DEPUIS JANVIER 2018, il est en poste au Ministère de l’économie et des finances, comme « Chargé de mission à la sous-direction des politiques sociales au Secrétariat général », après avoir été « Chargé de mission à la Direction interrégionale des douanes d’Ile-de-France » de mai 2017 à décembre 2017 poste qu’il avait occupé après ses exploits au sein de la DNRED de septembre 2014 à avril 2017 comme directeur de la DOD (Direction des Opérations Douaniéres).

Elle est pas belle la vie…!!!

En 2010, Erwan Guilmin était déjà un « administrateur civil » qui pondait un « mémoire en défense »  pour le ministre du Budget François Baroin, sans consulter les douaniers qui avaient participé aux actions d’infiltration de la DNRED.

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FRANCE (l’hallucinante libération du «trafiquant-indic»): en Dallozie, on va jusqu’à défier les lois…de l’équilibre

Publié: 24 octobre 2018 par Marc Fievet dans 36, Australian Customs and Border Protection Service., BAN, Blanchiment, CELTIC, Customs and Border Protection, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, FSKN (Russie), Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR
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C’est l’histoire d’une incroyable boulette. Une grossière erreur de procédure qui pourrait être indirectement à l’origine de la libération inattendue de Sophiane Hambli, le «trafiquant-indic» au cœur du gigantesque scandale qui secoue la lutte antidrogue depuis trois ans. Dans sa dernière ordonnance, signée fin septembre, le juge des libertés et de la détention (JLD) saisi du cas Hambli a fondé sa demande de prolongation sur certains faits pour lesquels le trafiquant n’est pas mis en examen. Une irrégularité que s’est empressé de soulever son avocat, Hugues Vigier. Curieusement, la chambre de l’instruction n’a pas retenu ce motif mais évoqué des délais de détention trop longs pour justifier la libération soudaine de Sophiane Hambli. Etrange revirement, le trafiquant ayant envoyé ces derniers mois de nombreuses demandes de mise en liberté restées lettre morte, notamment parce qu’il est loin d’avoir atteint la durée légale d’une détention provisoire en matière criminelle, soit quasiment cinq ans. La chambre de l’instruction a-t-elle voulu couvrir cette erreur manifeste en libérant Hambli sous un prétexte fallacieux ? L’annonce de sa libération a en tout cas provoqué stupeur et sidération.
«On a libéré Pablo Escobar,s’insurge un avocat du dossier.
Le scandale judiciaire ne fait que commencer.»

LIRE la suite

https://www.liberation.fr/france/2018/10/24/affaire-des-stups-l-hallucinante-liberation-du-trafiquant-indic_1687622

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FRANCE (Trafic de stups): «Est-on prêt à faire le ménage ?»

Publié: 24 octobre 2018 par Marc Fievet dans 36, Australian Customs and Border Protection Service., BAN, Blanchiment, CELTIC, Customs and Border Protection, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, FSKN (Russie), Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR
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Avocat au barreau de Rouen, Hugues Vigier défend Sophiane Hambli depuis plusieurs mois. Il souligne l’incroyable paradoxe d’une procédure qu’il qualifie «d’affaire d’Etat» mais qui pourrait, sous peu, tomber intégralement pour des nullités juridiques.

Selon lui, c’est désormais au politique de se saisir du scandale des Stups en constituant, comme sur le dossier Outreau, une commission d’enquête parlementaire.

LIRE

https://www.liberation.fr/france/2018/10/24/trafic-de-stups-est-on-pret-a-faire-le-menage_1687627

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FRANCE (Douane Française): lorsque NS 55, l’agent infiltré de la DNRED, partait à Bogota

Publié: 21 octobre 2018 par Marc Fievet dans AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, Blanchiment, Cocaïne, DEA (USA), DNRED, Douane française, Guadeloupe, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, Narco-logistique, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Policia, Saint-Martin, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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https://eventsiteimage.s3.amazonaws.com/articulos/1282/imagen_destacadas/principal/4617_la-ruta-del-entretenimiento-en-bogota.jpg?1517931977

Extrait de l’Archipel des Soumis écrit par Marc Fievet entre 2002 et 2003

Dans ce contexte, pour une fois, je ne suis pas mécontent de quitter l’Espagne pour la Colombie, même si je dois voyager en compagnie de Carlos Hernandez-Reumbeaut. Je pars à Bogotá pour négocier avec les « parrains » des cartels de Cali et Baranquilla l’enlèvement de quatre à cinq tonnes de cocaïne. À notre arrivée à l’aéroport de Bogotá, nous sommes attendus par deux gardes du corps qui nous font monter à l’arrière d’une Renault 7 -version colombienne de la Renault 5- et nous emmènent vers un immeuble de la 100ème avenue. Parfaitement en évidence, un pistolet mitrailleur, chargeur engagé, est négligemment posé devant le levier de vitesse de notre voiture.

Salle de conférence au 17ème étage d’un immeuble sur la 100ème avenue à Santa Fe de Bogota en Colombie

Cinq membres des cartels de Cali et Barranquilla nous attendent dans une salle de conférence digne des conseils d’administration les plus solennels. Longue table en bois massif ovale et fauteuils recouverts de cuir couleur vert foncé. Sagement assis, ils écoutent attentivement nos exposés et la description de nos moyens logistiques, puis manifestent leur satisfaction par des grognements appuyés faisant office de mots. Lors de cette réunion, personne ne représente Bipe et Cardell, les hommes de Gilberto Rodriguez Orejuela (à gauche sur la photo) que j’avais rencontré à Caracas, mais, le plus âgé des participant à cette table ronde n’est autre que Miguel, le frère de Gilberto (à droite sur la photo). Ce qui me paraîtra surprenant, c’est qu’ils agissent comme n’importe quelle « Cofradia (coopérative agricole) ».

De retour en Europe, j’accélère au maximum les préparatifs du voyage pour la Colombie en expliquant à Mario (Locatelli) que nos commanditaires sont pressés. Je me retiens bien sûr d’ajouter que Joseph Le Luarn, le successeur fossoyeur de Jean Henri Hoguet à la tête de la DNRED est également impatient. J’ai négocié pour un transfert de marchandise de bateau à bateau. Il faut accélérer le déroulement des opérations et modifier toutes les sécurités qui avaient été mises en place pour le Poseidon qui était normalement chargé de cette action.

Le 12 décembre le Pacifico quitte les chantiers de Gdansk (photo au radoub à droite) pour rejoindre Kiel en Mer du Nord. Ralf De Groot le fait visiter quatre jours plus tard à Raymond Leblanc, l’émissaire des trafiquants canadiens. Lors d’une visite de ce Leblanc à Fuengirola, j’avais demandé à Christian Gatard de vérifier le parcours de ce Canadien. Tout se met en place pour le plus vaste transport de drogue jamais réalisé par Mario. Nous sommes même certainement en train de pulvériser un sinistre record mondial.

J’avertis Gatard qui en bâille de plaisir. Rien qu’à imaginer les dix tonnes de cocaïne qu’on va saisir, il imagine déjà, sans aucun doute, les manchettes des journaux : « La plus grosse saisie du siècle… » et les honneurs qu’il ne manquera pas d’en tirer.

Au Liechstentein, blanchiment assuré!

La longue traversée que doit effectuer le Pacifico vers l’Amérique centrale me laisse le temps de faire un saut à Vaduz, au Liechtenstein, charmant paradis fiscal, pour y rencontrer un avocat que Mario (Locatelli) a sorti de sa boîte à malice et que le blanchiment d’argent ne rebute absolument pas.

En recomptant le million de dollars que je lui apporte, il me précise simplement: « –Attention, pour commencer, je ne pourrai vous absorber qu’un million de dollars par semaine. Merci de vérifier que les billets soient toujours remis à mon cabinet, correctement enliassés. »

Quand je pense que des milliers de policiers sont censés remonter les filières de l’argent sale à travers le monde entier et qu’ils n’y parviennent pas, paraît-il, je trouve que les contraintes imposées par l’avocat ne sont pas insurmontables.

Lorsque je fais part de mon étonnement à Christian Gatard en lui communiquant l’adresse de cet homme dit de loi, il passe rapidement à un autre sujet.

Début Janvier, je rencontre Jean Paul Garcia, l’attaché des douanes françaises en poste à Madrid. Je lui apporte les dernières factures que la compagnie anglaise Marconi m’a fait parvenir pour le règlement des factures de communication par satellites du télex embarqué sur le Melor.

Le 16 janvier 1994, dans le port de Paramaribo, le Pacifico qui est un navire de commerce tout à fait respectable, charge ainsi de la ferraille qui sera recyclé dans une usine du Canada. L’affréteur qui assure les enlèvements a prévu de nombreuses brèves escales à Georgetown, au Guyana, puis à Willemstadt au Curaçao, et enfin Puerto Odaz, au Venezuela avant de permettre au capitaine du Pacifico de retrouver son indépendance et son autonomie pour passer aux choses sérieuses.

Des petits avions bimoteurs venus de Colombie doivent larguer au lever du jour huit tonnes de cocaïne autour du Pacifico loin au large des côtes du Venezuela. L’équipage les récupèrera avec les Zodiacs embarqués à bord comme canots de sauvetage, lors de l’escale à Kiel.

L’opération n’est déclenchée que le 7 février 1994. Installé à Montréal, Mario (Locatelli) est régulièrement informé de la manœuvre par radio. Son compère Carlos Hernandez-Rembeault est aussi à Montréal et négocie l’enlèvement qui suivra cette première opération. Il tombe d’accord sur dix tonnes de cocaïne qui seront transbordées sur le Pacifico qui a déjà retenu du fret au départ de Philadelphie pour le Liban. Il est prévu qu’au passage en

Méditerranée, au sud de la Sardaigne ; le motor yacht Sea Harmony (photo ci-dessus à droite) récupérera la marchandise avant de la décharger sur Propiano.

Mais, pour l’heure, nous n’en sommes qu’au début des opérations et je suis chargé de superviser la partie technique du parachutage par téléphone depuis l’Espagne. Avisé de conditions météorologiques détestables je décide d’interrompre l’opération et j’interdis au pilote d’un avion-cargo un dernier largage de trois tonnes. J’estime que l’état de la mer que l’on me décrit ne permettrait plus de récupérer la marchandise.

Les narcotrafiquants se mettent au marketing…

Pierino Divito... (Photo: La Presse)

Pierino Divito

Au total, ce ne sont donc finalement que cinq tonnes quatre cents de coke – et non huit comme prévu – qui seront récupérées par l’équipage et cingleront vers le Canada, ce qui constitue tout de même un record. Autre grande première dans le monde du commerce illicite : non seulement les ballots de drogue sont livrés en même temps par plusieurs fournisseurs, mais la marchandise est également destinée à deux circuits différents: Carlos Hernandez-Rembeault pour l’organisation de Pierino Divito, et les Colombiens Bipe et Cardel.

Alors que le Pacifico approche de la Nouvelle-Écosse au Canada, les ballots de cocaïne reliés entre eux par un cordage sont jetés à la mer. Ils sont récupérés par un bateau de pêche, le Lady Terri Anne qui met aussitôt le cap sur le port de Shelburne. À peine arrivé à quai, le bateau est laissé au seul contrôle d’un homme d’équipage et ne sera envahi par une cohorte de policiers que plusieurs heures plus tard. La drogue est rapidement découverte et les responsables de la Gendarmerie Royale clament sur toutes les ondes : « C’est la plus grosse saisie jamais réalisée à ce jour dans le monde. »

Dans le même temps, suite aux informations données par Raymond Leblanc au gendarme Fournier, le Pacifico est arraisonné en haute mer et dirigé vers Halifax. Des enquêteurs hélitreuillés fouillent le bord, ne trouvent bien sûr plus de drogue, mais se régalent avec des télex dont ils attribuent l’origine au propriétaire supposé du navire: c’est-à-dire moi.

La situation devient parfaitement ubuesque

Alors qu’ils devraient me remercier, et m’offrir le champagne pour la formidable saisie record que je viens de leur servir sur un plateau, les Canadiens me condamnent!

En effet, dès le 7 février, sans même consulter les douanes françaises, les Anglais et les Canadiens font établir un mandat d’arrêt contre moi et contre Mario, m’imputant une conspiration depuis 1991, alors que je n’ai jamais mis les pieds au Canada.

Mon officier traitant de Nantes ne réagit pas.

C’est David May le représentant à Paris de la DEA, la Drug Enforcement Administration, qui monte à Londres fin mars pour prendre ma défense et demander aux douaniers anglais de suspendre les poursuites contre moi.

En revanche, la Douane et la DNRED, mes employeurs français, eux, ne semblent absolument pas concernés par ce qui arrive et se soucient comme d’une guigne du mandat lancé contre moi. Par contre, je rencontre bientôt le nouveau directeur de la DNRED, Bernard Puyanet, en compagnie de Gatard dans une brasserie de la place de la Bastille et il me promet une prime de trois millions de francs si je réussis à faire charger le Sea Harmony (ici à droite au mouillage) toujours en réfection à Saint-Martin.

Afin que je puisse continuer à coopérer et à voyager, j’utilise mon passeport établi au nom de Charles-Henri de Bossieu et le divisionnaire Hervé Maignier, d’un aller retour à Jersey, s’est assuré que la photo y figurant est suffisamment sombre pour qu’on ne puisse pas comparer avec celle fournie par les Anglais pour le mandat d’arrêt. Me voilà tout à fait rassuré…Plus même, Hervé, lors de son déplacement à Jersey pour sécuriser cette identité, a désinformé les services de Jersey et téléphone aussi dès son retour à Nantes aux services anglais pour tenter d’obtenir des informations sur un certain Mark Van de Velde, une des identités que j’ai utilisée pour l’opération contre l’IRA.

La réponse des Anglais est formelle, Van de Velde est inconnu par les services de sa très gracieuse majesté! Par hasard, je réussis à faire dire à Jo Le Squere que les numéros de télex relevés sur les factures de Marconi remises à Jean Paul Garcia à Madrid, ont permis de savoir que mon navire, le Melor (ici à gauche au départ de Rotterdam), alors qu’il était chargé de plus de trente tonnes de cannabis afghan, était en communication avec un télex sur liste rouge dans le département du Var en France et avec une grande banque américaine de New York. Je ne pourrais pas obtenir le nom et l’adresse de ces correspondants !

Par ailleurs, une réunion est organisée par Christian Gatard et Hervé Maignier dans un hôtel du XVe arrondissement avec un agent du TRACFIN, service rattaché au ministère des Finances chargé du traitement du renseignement et de l’action contre les circuits financiers clandestins. C’est évidemment de l’ouverture de ma banque à Zagreb que je dois l’entretenir. Je m’aperçois très vite que cet agent est à mille lieux des réalités. Ficelé à ses certitudes, et à sa culture livresque, il ne me croit pas et préfère s’en tenir à ses dossiers. La fin de la réunion sera marquée par une démonstration éloquente de l’attitude de certains de nos chers fonctionnaires qui ne pensent avant tout qu’à leur petite carrière. J’osais suggérer à l’homme du TRACFIN de démissionner puisqu’il reconnaissait ne pas pouvoir agir efficacement; il s’exclama en se dressant debout:

Certainement pas!

L’humour ne semblait pas être apprécié par ce fonctionnaire de Bercy.

Ambassade des États-unis à Paris

Brusquement très demandé, je parviens pourtant à caler un rendez-vous avec mon « défenseur » David May à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Son homologue du bureau de Rome fait le déplacement pour me rencontrer à cette occasion et les deux hommes me prient d’effectuer pour eux une série de photos du Sea Harmony. Le même jour, à la demande de Hervé Maignier, je révèle aussi l’exact rôle du juge Domenico Catenacci à l’attaché de la police italienne à Paris. Puis je prends l’avion pour Saint-Martin via Pointe-à-Pitre. A mon retour je remets les photos du Sea Harmony à David May qui me donne chichement dix mille dollars après m’avoir fait signer un reçu de caisse pour une mission officielle parfaitement bidon au nom de Marc Fiévet alors que j’étais entré sous l’escorte de Jo Le Squere et Hervé Maignier à l’Ambassade américaine avec mon identité de Charles Henri De Bossieu.

La réunion à Pornic avec la DEA

Le 8 juin 1994, une nouvelle réunion au sommet se tient dans une villa du Pornic, sur la côte bretonne, à coté de Nantes. Christian Gatard ne vient pas, je le vois de moins en moins.

Ce sont Jo Le Squere et Hervé Maignier qui nous reçoivent David May et moi.

D’emblée, David May (photo à gauche) , mon « défenseur américain » m’informe:

-« Ce matin, à Tampa, en Floride, il y a quelque heures, dans nos bureaux, installés au Département de la Justice, nos agents de la DEA ont transmis tous les renseignements que vous nous avez fournis sous le nom de code NS55 au gendarme Michel Fournier, représentant de la Bathurst Drug Section de la Police Montée canadienne. Ces renseignements portent essentiellement sur l’organisation mafieuse de Mario, Claudio Locatelli de son vrai nom et sur ses trafics de drogue. La liste des numéros de téléphone qu’il utilise nous a été précieuse. Merci. »

Une fois de plus je me tourne vers Jo Le Squere:

Mais pourquoi nous n’arrêtons pas Mario tout de suite ? Pourquoi laisser les Canadiens prendre ça en main ? Vous voulez que je lui passe les menottes moi-même ?

David May, l’homme du DEA Paris s’énerve:

Mario, on l’arrêtera quand on voudra. C’est nous qui décidons.

Hervé Maignier renchérit:

Le cas échéant, si c’était utile dans l’intérêt du service, est ce que tu serais prêt à le descendre?

je crie alors:

Mais t’es cinglé…T’es complètement ravagé ! C’est hors de question…

Cette simple idée me donne envie de vomir. Je suis outré que l’on ose seulement envisager cette hypothèse, mais pour Hervé, il imagine cette option comme tant d’autres ! J’ai hâte de quitter les lieux et de me rendre à Marseille où j’ai rendez-vous avec Pino et Lucien. Je dois leur confirmer qu’après tous ces déboires leurs dix tonnes de drogue seront bien livrées en Corse par le Sea Harmony.

Quand et comment, je ne sais pas encore!

Les services pour « protéger » NS 55…ne le suivent plus!

Pour garantir ma sécurité, aucune couverture par les services qui ne me couvrira donc pas… Déjà que David May m’avait dit qu’il n’était pas envisageable de prévenir les Espagnols de mon infiltration, ne pas me suivre dans ces prises de contact n’était qu’une anomalie supplémentaire. Après un bon repas dans un restaurant au pied du château d’Anne de Bretagne à Nantes, j’appelle Mario (Locatelli) à partir du téléphone portable de l’agent DEA de Rome. Mario (Locatelli) m’informe avoir été en contact le jour même avec Gilberto (ici à droite), un des frères Rodriguez Orejuela….Gros poissons, puisque ce sont eux les successeurs de Pablo Escobar!

Les mecs du DEA sont satisfaits!

Je retourne sur la Costa del Sol, mais je repense, sans cesse, à notre dernière conversation dans le bureau de Christian Gatard à Nantes. J’ai dit à Jo Le Squere que j’irai jusqu’au bout et que je mettrais Pasqua au placard. David May est resté interloqué et sa suprême laideur, dont il use pour provoquer ses interlocuteurs par des manœuvres déstabilisatrices, ne me permettra pas de constater la moindre réaction…Mais, les gens du DEA connaissent bien les réseaux de Monsieur Pasqua. Les dernières informations recueillies à Marseille m’ont encore conforté dans ma position jusqu’au-boutiste ! Ce type qui est ministre de l’intérieur et qui vient, fort de sa position de ministre des cultes, de rencontrer Monseigneur Tauran, le ministre français des affaires étrangères du Vatican, le N° 3 du Pape, pour « s’occuper » de Jacques Gaillot, cet évêque impudent par les propos tenus dans son livre Coup de gueule contre l’exclusion contre lui, Charles Pasqua, le tout puissant magouilleur de la Vème république, ne mérite absolument pas la moindre réserve dans mon action. Bon d’accord, avec Jacques Gaillot, il ne va pas mobiliser l’arrière garde du SAC et refaire un « Auriol bis », mais sa position dominante de ministre va lui permettre d’obtenir la tête de Jacques Gaillot.

Ah, le terrible Monsieur Pasqua comme aimait à le dire François Mitterrand!

La DNRED connaît tout ça, et même plus, après tout que du normal pour un service de renseignement, comme sur la nébuleuse Tranchant, oui, oui, Georges Tranchant, l’ex député RPR, à qui d’ailleurs des douaniers, égarés sans doute, piquèrent un gros paquets de biffetons en partance pour la Suisse!

La DNRED connaît aussi Benjamin, l’un des fils qui faisait de la trésorerie… avec son jet!

Mais tout ça ne doit pas être révélé au grand public et nos gabelous sont d’une discrétion à toute épreuve!

Ah mon bon monsieur, au Bourget, ils savent quand il le faut s’absenter ! Discret, prudent, réservé, voire effacé jusqu’à l’insignifiance, telles sont les qualités indispensables du fonctionnaire de base…Surtout ne pas découvrir quelques turpitudes commises par nos puissants! Encore mieux que le « secret défense »! Pour un fonctionnaire, cela correspondrait à coup sûr à un arrêt de mort pour le moins dans sa trajectoire professionnelle s’il persistait dans le constat de tels méfaits… Pour souvenir, ce gabelou qui fut sanctionné pour avoir osé constater qu’une intellectuelle qui accompagnait un président de la République avait profité de son voyage pour s’approvisionner en poudre colombienne…

La Françoise Sagan se faisait aussi envoyer par la poste sa consommation et un jour, les agents de la DNRED qui ne pourront intervenir qu’après avoir eu l’accord de Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane, saisissent 75 grammes de coke. Toi, le lecteur, tu penses que le procès verbal qui va être établi entrainera des poursuites…! Mais tu rêves! Non, seulement un classement sans suite par le parquet!

———————–

Mario (Locatelli – photo à droite) a été arrêté en douceur le 6 septembre 1994 à Madrid. C’est Christian Gatard qui me l’a annoncé. Ça s’est passé dans un restaurant où il dînait avec son conseiller, le magistrat Domenico Catenacci, son cher avocat Pascuale Ciolla et sa fidèle secrétaire, la suissesse Heidi Hoffmann. Dans la valise de Domenico Catenacci qu’il avait à ses pieds, les policiers trouvèrent l’équivalent de 200 000 dollars et, vu sa « qualité », le magistrat Catenacci ne subit que quelques heures de retenue policière. L’avocat Pascuale Ciolla, lui, restera quelques semaines en détention.

Marc Fievet sera arrêté le 23 septembre 1994 à Fuengirola en Espagne par Interpol et découvrira que la DEA qui finalisait l’opération DINERO n’avait pas informé l’agent NS 55 de la DNRED! Marc Fievet attendra 33 mois pour arriver au Canada via Madrid et Londres, bénéficiant alors des meilleurs attentions carcérales.

Contraint par la Douane française à plaider coupable, sans avocat, Marc Fievet sera condamné par la Cour provinciale de Bathurst au Nouveau-Brunswick le 5 août 1997 à… perpétuité!

De retour en France, c’est la poudre d’escampette!

Le DG François Auvigne (photo à gauche), malgré les demandes réitérées de Jean Puons, le directeur de la DNRED pour faire respecter les engagements pris à l’égard de l’agent NS 55 et le faire libérer, refusera d’intervenir, n’ayant pas, d’après lui, à assumer les actions de ses prédécesseurs.

La continuité du service de l’Etat sera passée à la trappe par cet inspecteur des finances qui sera le seul, à ma connaissance, à demander à quitter son poste de DG de la Douane française!

Avec Christophe Pech de Laclause, son avocat français, Marc Fievet dépose plainte pour complicité de trafic de drogue et subornation de témoins contre X.

Pour Maitre Pech de Laclause: « Puisque Fiévet travaillait pour les douanes, son supérieur hiérarchique, et pourquoi pas le ministre du Budget, n’auraient-ils pas dû comparaître à ses côtés devant le tribunal canadien ?

La juge d’instruction Sophie Clément rendra un non-lieu en 2006…

Dans ses conclusions, la magistrate reconnaît que Marc Fiévet ne s’est pas livré à un quelconque trafic de stupéfiants, puisqu’il était chargé d’infiltrer un réseau et donc… qu’il n’est pas un narcotrafiquant.

Pourtant Marc Fievet subira 3 888 jours d’enfermement dans 23 prisons d’Espagne, d’Angleterre, du Canada et de France!

Extrait de l’Archipel des Soumis, écrit par Marc Fievet entre 2002 et 2003


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Le Maroc est, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC : United Nations Office on Drugs and Crime), le premier producteur et exportateur de haschich au monde. Il recèle aussi probablement, et assez logiquement, parmi les plus importantes superficies mondiales de cannabis.

La récolte marocaine de cannabis aurait été faite, selon l’UNODC, sur 134 000 hectares en 2003 (UNODC, 2003 : 5), c’est-à-dire sur 1,48 % des terres cultivables du pays. Quelque 3 070 tonnes de haschich auraient été produites cette année là à partir de la récolte de cannabis. Certes, depuis, les cultures de cannabis ont baissé : 72 500 hectares en 2005 (1 066 tonnes de haschich), après éradication de 15 160 hectares par les autorités marocaines1 (UNODC, 2006a : 106). Quoi qu’il en soit, le cannabis occupe toujours de vastes superficies alors même que le contexte marocain diffère grandement de celui de la production afghane d’opium ou même de celui de la coca en Colombie : en effet, aucun conflit armé n’y remet en question le contrôle politico-territorial de la monarchie chérifienne et ne permet donc d’expliquer que de telles superficies y soient consacrées à une production agricole illicite (Chouvy, Laniel, 2006a, 2006b).

2 Le Maroc a vu la culture du cannabis et la production de haschich se développer au cours des dernières décennies malgré leur illégalité et le fait que le pays soit signataire des diverses conventions des Nations unies sur les stupéfiants et les substances psychotropes (1961, 1971, 1988) et de la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (2000)2. Etant illégales, les cultures marocaines de cannabis se limitent toutefois plus ou moins, en fonction des extensions ou des contractions qu’elles connaissent au gré des années, à la région septentrionale et montagneuse du Rif qui borde la Méditerranée depuis Tanger, à l’ouest, jusqu’à l’oued Moulouya, à l’est.

  • 2 Les textes des trois conventions sont disponibles sur le site Web de l’Office des Nations unies  (…)

3 Relativement isolé du reste du Maroc, en raison de son relief montagneux, de son ancienne appartenance au Protectorat espagnol (1912-1956), et de son très faible niveau de développement et d’équipement, le Rif est une « zone-barrière… assez fortement peuplée de montagnards sédentaires, à la recherche de ressources d’appoint » (Troin, 2002 : 327) qui a longtemps fait l’objet d’une politique étatique conciliante : « Isolées de l’intérieur du pays par des obstacles naturels, les tribus rifaines bénéficient en tant que défenseurs des marches du pays d’une certaine autonomie vis-à-vis du Maghzen [pouvoir central] et d’exemption d’impôts » (Troin, 2002 : 329). Mais la tolérance étatique concerne aussi depuis longtemps la culture illégale du cannabis, désormais la principale des ressources d’appoint de la région (Chouvy, 2005a ; 2005b).

4 Parmi les lourds héritages historiques et économiques auxquels la population rifaine, les autorités marocaines et même l’Union européenne doivent faire face, figure la culture du cannabis. En effet, depuis les années 1980, le développement considérable des cultures de cannabis du Rif s’est traduit par la dépendance économique croissante mais non exclusive de la région vis-à-vis de ce qui a progressivement tendu à devenir une monoculture. L’économie du cannabis (montant global marocain des transactions de cannabis et de haschich) constituerait ainsi la principale source de revenus du Rif et serait même susceptible de constituer l’une des premières sources de devises du Maroc et de contribuer de façon massive à l’économie du pays (Chouvy, 2005b ; Hibou, 1996 : 30-31 ; Labrousse, 2002 : 2 ; Moreno, 1997 ; OGD, 1994 : 83). Enfin, le haschich marocain concerne l’Europe au premier chef dès lors qu’elle constitue son premier marché et qu’elle réalise 74% des saisies mondiales de haschich (1 083 tonnes sur 1 471) (UNODC, 2006a : 89).

La culture du cannabis au Maroc : héritage d’une histoire royale, tribale et coloniale

5 Pour comprendre le contexte actuel de la culture du cannabis et de la production de haschich au Maroc, il importe de revenir sur l’histoire complexe de la région du Rif et la façon dont elle est devenue l’aire de production exclusive du pays. La plante aurait fait son apparition au Maghreb au VIIe siècle de notre ère lors des invasions arabes avant que sa culture ne s’implante autour de Ketama, dans le pays sanhaja, au cœur du Rif, au XVe siècle. Ce n’est que bien plus tard, au XIXe siècle, que le sultan Moulay Hassan 1er (1873-1894) autorise officiellement la culture du cannabis pour la consommation locale dans cinq douars, ou villages, des tribus des Ketama, des Beni Seddate et des Beni Khaled, vraisemblablement pour contribuer à la pacification de la région (Labrousse, Romero, 2001 ; OGD, 1996 ; UNODC, 2003).

6 En effet, plusieurs révoltes (de 1863 à 1898) des Rifains contre les présences française, anglaise et espagnole, provoquent les expéditions punitives (cinq entre 1864 et 1900) d’un sultan soumis aux puissances étrangères. C’est ce qui conduit Moulay Hassan 1er à écrire en 1893 : « Il arrivera forcément que nos tribus lésées se retourneront contre notre Maghzen… pour prendre elles-mêmes en main leur propre cause » (Daoud, 1999 : 34). De fait, en 1880 une contestation tribale (siba) pousse une ambassade rifaine à demander à Madrid la mise sous tutelle espagnole du Rif alors que les Rifains avaient jusque-là contribué, des siècles durant, à contenir les Espagnols dans leurs présides de Ceuta et de Melilla. Une guerre hispano-rifaine éclate toutefois en 1909 à la suite de la révolte du peuple rifain contre les notables pro-Espagnols, mais elle n’empêche pas la signature du Protectorat franco-espagnol sur le Maroc en mars 1912.

7 Après la division de l’Empire marocain en deux protectorats par la France et l’Espagne, cette dernière, dont le Protectorat englobe le Rif, autorise la culture du cannabis à quelques tribus : le contrôle des Rifains, dont « la faculté de résistance à toute influence extérieure est immense », impliquant en effet certaines concessions (Daoud, 1999 : 27). Après la période mouvementée de la Première Guerre mondiale, l’Espagne, qui n’a alors toujours pas placé sous administration directe le territoire qui lui a été concédé par le Traité d’Algésiras (7 avril 1906), et qui n’a donc pas honoré les engagements de réforme et de modernisation auxquels elle était tenue, décide enfin de conquérir le Rif en affrontant les tribus rifaines, déjà mobilisées pour résister à l’offensive.

  • 3 Selon la formule de Robert Montagne, sociologue officier des Affaires indigènes, cité par Zakya Dao (…)

8 En 1920, Mohammed ben Abdelkrim el Khattabi, l’Emir du Rif, ce « Vercingétorix berbère »3, unifie les tribus berbères du Rif dans leur résistance à la domination espagnole et obtient une victoire écrasante à Anoual en juillet 1921. Le 1er février 1923, Abdelkrim instaure la République du Rif afin de donner à son armée un Etat fort apte à moderniser le Rif. Mais il vise aussi, bien sûr, l’indépendance, et la France prend vite la mesure de l’exemplarité de la lutte rifaine, tant dans le sud du Maroc, qu’en Algérie et en Tunisie, et s’en inquiète.

9 En 1924, face aux défaites répétées des Espagnols, à leur débâcle même, le Résident général français, le maréchal Hubert Lyautey, met le président Raymond Poincaré en garde contre l’apparition sur le front nord du Protectorat d’une sérieuse contestation indépendantiste, quelques mois seulement avant qu’Abdelkrim ne prenne possession de Chefchaouen et n’en fasse la capitale de sa République du Rif. En août 1925, la deuxième guerre du Rif est lancée par une armée française forte de 100 000 hommes, suppléés par 400 000 Marocains, fournis par le sultan Moulay Youssef qui avait demandé à Pétain de « débarrasser le Maroc de ce rebelle » d’Abdelkrim, et par une armée espagnole de 100 000 hommes. Lyautey cède dès lors tous ses pouvoirs militaires au maréchal Philippe Pétain qui mène campagne avec le général Miguel Primo de Rivera, alors au pouvoir à Madrid. L’exceptionnelle résistance des Rifains, forts de 30 000 à 100 000 hommes, stabilisera le front durant l’hiver et forcera Pétain à battre en retraite, mais ne permettra pas d’éviter la reddition d’Abdelkrim en mai 1926.

10 Entre autres choses, Abdelkrim aura réussi, lors des quelques années d’existence de sa république, à interdire la culture et la consommation du cannabis, pratiques selon lui contraires (haram) aux principes de l’Islam. Il reste à ce jour le seul à avoir réussi à imposer pareille interdiction mais, certes, seulement pour quelques années. De fait, dès 1926 et le rétablissement du pouvoir espagnol dans le Rif, une nouvelle zone de tolérance du cannabis s’étend au nord de Fès, autour de Ketama, afin de permettre l’adaptation des tribus à l’ordre nouvellement instauré. Cette zone fut immédiatement réduite pour finir par être officiellement abolie en 1929 mais la production n’en continua pas moins à des niveaux élevés (Benabud, 1957).

11 Quant au Protectorat français la culture du cannabis y fut progressivement proscrite, la France ayant signé, lors de la Conférence de Genève (1925) organisée par la Ligue des nations, la Convention internationale sur l’opium qui concernait aussi bien le pavot, la coca, que le cannabis. En 1932, la culture du cannabis fut officiellement interdite par un dahir, ou décret royal. N’étaient plus autorisées que les cultures entreprises pour la Régie des tabacs et du kif autour de Kenitra, dans le Gharb, et de Marrakech, dans le Haouz. La Régie, une société multinationale de capital principalement français, bénéficiait en effet de l’extraterritorialité de la zone internationale du port de Tanger où elle était fort commodément basée. C’est seulement en 1954 que la culture du cannabis fut interdite dans l’intégralité de la zone française à la suite de l’adoption du « dahir du 24 avril 1954 portant prohibition du chanvre à kif ». En accédant à l’indépendance, en 1956, le Maroc étendit la prohibition à la zone espagnole et provoqua un vif mécontentement au cœur du Rif, contraignant le roi Mohammed V à se résigner à tolérer la culture du cannabis dans les cinq douars historiques des Ketama, des Beni Seddate et des Beni Khaled.

Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)

Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)

Source : United nations Office on Drugs and Crime (UNODC) : enquête sur le cannabis 2004. Carte extraite du rapport, modifiée et complétée (Pierre-Arnaud Chouvy, 2006)

Le Rif, « territoire de la dissidence »

12 La tolérance par les autorités étatiques de la culture du cannabis dans le Rif n’est pas fortuite. Le Rif est l’une des régions berbères du Maroc qui, comme l’a montré le sanglant épisode de la République du Rif, a autant que possible résisté aux dominations étrangères, européennes certes, mais également arabes. Jusqu’en 1912 et l’ère des Protectorats, le Rif fit partie du bled as-siba, le territoire de la dissidence qui se distinguait du bled al-makhzen, sous contrôle du sultan. C’est d’abord avec l’avènement, en 1666, de la dynastie alaouite (dite aussi chérifienne), dynastie arabisante et islamisante ayant à sa tête un amir al-mouminine, ou commandeur des croyants, que la distinction entre le bled as-siba et le bled al-makhzen s’accentua (Geertz, 1963). La dynastie chérifienne a en effet longtemps tenté de réduire l’étendue du droit coutumier berbère en faveur de la loi islamique (charia), notamment en cherchant à réprimer le culte des saints et les autres pratiques païennes. Par contre, sous le Protectorat français, le général français Henrys et son état-major composé d’anciens d’Algérie rendaient quant à eux explicite dès 1913 la préférence de la France pour une politique berbère « qui sauvegarderait l’originalité du monde berbère marocain en maintenant celui-ci dans son isolement traditionnel et en lui conservant ses coutumes » (Chkouri, 1999).

13 Le pouvoir colonial français allait ainsi accroître la distinction entre le bled as-siba et le bled al-makhzen par le biais de la reconnaissance du particularisme berbère par Lyautey et par l’isolement qu’il allait leur imposer à travers le dahir du 11 septembre 1914. Pétain, quant à lui, initia ensuite le « dahir berbère » (16 mai 1930) qui, pour amadouer les Berbères, préservait leur autonomie traditionnelle en reconnaissant notamment la spécificité du droit coutumier. Il soumit donc les régions berbérophones à la juridiction française en les plaçant sous administration directe et en les soustrayant au droit marocain. Accentuant donc la distinction entre Arabes et Berbères et isolant davantage encore ceux-ci de l’influence du Makhzen, la « politique berbère de la France » entraîna une réaction nationaliste des milieux arabisés. Plus tard, si la loyauté envers le roi ne fut jamais remise en question lors des révoltes berbères des répressions sanglantes ont toutefois ponctué l’histoire du Maroc indépendant, particulièrement dans le Rif entre 1958 et 1984. Ainsi, le soulèvement anti-gouvernemental de 1958 y fut réprimé par le prince héritier Hassan (futur Hassan II) qui usa à cette fin des deux tiers de l’armée marocaine et de bombardements au napalm.

14 Ces soulèvements berbères ont bien sûr de profondes causes historiques, tant précoloniales que coloniales, mais le contexte économique des régions berbérophones, et surtout du Rif, a aussi joué un rôle déclencheur fondamental. De fait, les classes les plus pauvres des Marocains sont largement constituées de Berbères dont les régions n’ont pas bénéficié des mêmes développements économiques que les régions côtières largement arabisées. Le statut des langues berbères (tamazight), parlées par plus d’un tiers de la population marocaine mais reconnues et enseignées seulement depuis une décision de Hassan II en 1994, a indéniablement ajouté une dimension culturelle aux frustrations politiques et économiques des berbérophones.

15 La culture du cannabis qui est désormais solidement implantée dans le Rif est en partie héritée de cette longue et complexe histoire faite de violence, de rivalités, de tolérance et de contestation. De fait, aux premières heures de l’indépendance, même Mohammed V dut renoncer à imposer la prohibition du cannabis qu’il envisageait face au mécontentement tribal des Rifains. Les habitants de la région de Ketama expliquent d’ailleurs encore aujourd’hui que leur culture du cannabis a été « autorisée » par Mohammed V. En dépit de son illégalité, la culture du cannabis a donc subsisté et a même connu même un réel développement dans le Rif, et ce surtout sous les règnes de Hassan II (1961-1999) et de Mohammed VI (1999 à aujourd’hui). La « guerre contre la drogue » que Hassan II déclara en septembre 1992 n’y changea rien, ainsi que la première enquête des Nations unies l’a montré en 2003 en confirmant la place de premier producteur mondial de haschich du Maroc que beaucoup suspectaient depuis des années déjà malgré les dénégations répétées des autorités marocaines4. Le rapport de 2003 montrait aussi implicitement que les politiques visant à interdire la production, à engager des poursuites judiciaires, et à promouvoir un développement économique dans le Rif avaient échoué en laissant les superficies cultivées en cannabis exploser.

  • 4 Notamment lors de la quarante-cinquième session de la Commission des stupéfiants (Nations unies) de (…)

Vers le développement du Rif ?

16 De fait, les projets de développement engagés dans le nord du Maroc, et notamment dans le Rif lors du règne de Hassan II, n’ont à l’évidence pas suffi à endiguer l’extension des cultures de cannabis dans le Rif, bien au contraire. Ainsi, le projet de Développement Economique et Rural du Rif Occidental (DERRO), initié en 1961 (ONU / FAO) en tant que « premier projet intégré mené en zone de montagne depuis l’indépendance » (lutte contre l’érosion et lutte contre l’émigration par l’amélioration des conditions de vie), a eu des résultats extrêmement mitigés, sinon contre-productifs (Boujrouf, 1996 : 46). Bien plus tard, en 1995, un dahir royal créait l’« Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord du Royaume » (APDN) qui vise principalement à désenclaver les territoires du nord et à optimiser l’exploitation de leurs ressources naturelles et de leurs systèmes productifs. Plus de 10 ans après sa création et malgré des réalisations notables, l’APDN n’a pas non plus eu le succès escompté en termes de réduction ou même de limitation des superficies cultivées en cannabis.

17 En montant sur le trône en juillet 1999 Mohammed VI a quant à lui initié un changement dans les relations que le pouvoir central entretient avec le Rif et les Rifains, changement intégré dans un processus de transition démocratique et de réconciliation engagé à l’échelle nationale. Ainsi, le processus de réconciliation nationale qui a été lancé en 2004 dans le cadre de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) a permis de reconnaître officiellement l’arbitraire de l’Etat en général et notamment les violences qu’il a perpétrées lors de la répression par Hassan II de la révolte rifaine (1958-1959). L’IER a ainsi « préconisé… l’adoption et le soutien de nombreux programmes de développement socio-économique et culturel en faveur de plusieurs régions et groupes de victimes », notamment dans le Rif « dont la marginalisation et l’isolement étaient, selon le sentiment des citoyens, liés aux violations commises par le passé »5. La même année, à la suite du séisme qui a frappé la région de Al Hoceima, Mohammed VI s’est rendu à plusieurs occasions dans le Rif et a déclaré dans la ville sinistrée qu’il ordonnait au gouvernement d’élaborer « un plan de développement structurel intégré, à moyen et à long termes, pour la mise à niveau de la province d’Al Hoceima et le développement de la région du Rif », et ce afin de « faire de la région du Rif… un pôle de développement urbain et rural dans la Région Nord, parfaitement intégré dans le tissu économique national »6. Enfin, en 2005 le monarque lançait l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) afin de combler le retard affiché par le Maroc dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement désignés par les Nations unies et donc afin d’œuvrer à « la mise à niveau de catégories de la population et certains territoires plus touchés par la pauvreté que d’autres »7. Diverses actions ont été engagées dans le nord du Maroc et notamment dans le Rif : développement du port de Tanger (zone franche), désenclavement du Rif central (rocade méditerranéenne et ses pénétrantes) et amélioration des axes routiers, développement rural (reboisement, arboriculture, petite et moyenne hydraulique, cultures alternatives, etc.), électrification des zones rurales, maintien et, ou, développement du tourisme.

  • 5 Instance Equité et Réconciliation, 2006, Synthèse du rapport final : http://www.ier.ma (consulté le (…)
  • 6 « Discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI à Al Hoceima (le 25 mars 2004) : http://www.marocurba.g (…)
  • 7 Maroc Hebdo International, « L’INDH seule ne peut éradiquer la pauvreté » (Interview de Abdelhamid (…)

18 Toujours est-il qu’au milieu de la décennie 2000 les cultures de cannabis n’ont jamais été aussi étendues au Maroc, ce qui témoigne au moins dans une certaine mesure des échecs des projets de développement menés depuis des décennies dans le Rif, que ceux-ci aient été trop peu nombreux, sous financés, mal conçus, mal coordonnés, ou encore limités dans leur impact par divers blocages institutionnels et administratifs. Enfin, l’importance de la corruption a sans aucun doute permis sinon encouragé le développement d’une culture aussi rentable que celle du cannabis dans une région aussi pauvre et enclavée que celle du Rif. Il semble toutefois qu’au moins deux projets de développement alternatifs ont été menés dans le Rif, notamment au début des années 1980 par le FNULAD (prédécesseur de l’UNODC), le PNUD et le ministère de l’Intérieur marocain à Azilal. L’Union européenne a ensuite (1994) financé un projet de développement alternatif reprenant pour l’essentiel les objectifs du projet mené à Azilal, malgré son échec. Le projet de l’UE, initialement mis en œuvre sans aucun résultat par la Caisse nationale de crédit agricole a ensuite été repris par l’ONG espagnole CERAI qui a mis en place quelques projets pilote ayant à priori démontré la viabilité de certaines productions alternatives (amandiers, jojoba, raisin de table, élevage caprin intensif, etc.) (Labrousse, Romero, 2001 : 22-23). En tout état de cause, le développement alternatif n’a eu que des succès très peu nombreux et très relatifs à l’échelle mondiale et, dans son rapport 2005, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) insistait sur le fait que le développement alternatif était « mis en œuvre dans les zones touchées par la culture du pavot à opium et du cocaïer, plutôt que dans celles touchées par le culture de cannabis » (OICS, 2005 : 2). Si la culture du cannabis s’est développée comme elle l’a fait dans le Rif au cours des dernières décennies c’est en partie en raison du sous-développement de la région et de la tolérance historique de cette culture. Mais les proportions prises récemment par la culture du cannabis sont d’autant plus importantes que les projets de développement du Rif n’y ont eu que très peu d’impacts économiques.

Développement récent de la culture du cannabis et de la production de haschich au Maroc

19 La culture du cannabis n’a explosé que récemment au Maroc. En effet, jusqu’aux années 1980 les cultures étaient peu développées et restées limitées géographiquement : moins de 10 000 hectares auraient été cultivés annuellement, au cœur du Rif, au cours de la décennie 1970. Plusieurs facteurs auraient joué dans l’augmentation des cultures lors des années 1980, parmi lesquels la crise économique prolongée du Rif, le développement insuffisant de la modernisation et de la mécanisation de l’agriculture, en partie due à un isolement géographique qu’elle accentuait, et l’incapacité des opportunités d’émigration à compenser la crise. Mais l’augmentation de la demande européenne de haschich qui s’est déclarée au cours des années 1960 et, surtout, 1970, a vraisemblablement joué un rôle non négligeable dans l’accroissement des superficies cultivées en cannabis et dans le développement de l’industrie du haschich marocain. C’est en tout cas la demande européenne qui a transformé l’industrie traditionnelle du kif, une mixture composée de deux tiers de marijuana et d’un tiers de tabac noir, en celle, plus moderne, du haschich. En devenant dès les années 1960 l’une des destinations privilégiées des hippies, le Maroc a de fait vu sa production de kif évoluer vers celle de haschich. Les fumeurs de haschich européens avaient jusqu’alors principalement accès à des haschichs du Proche-Orient et d’Asie : haschichs libanais, turc, afghan, pakistanais, indien, népalais.

20 Si aucune date précise ne peut être avancée quant à l’apparition d’une production de haschich au Maroc, Robert Connell Clarke précise toutefois qu’alors que deux visiteurs de la région de Ketama rapportaient dans leurs écrits ne pas avoir pu observer de production de haschich à la fin des années 1960, d’autres voyageurs, eux, mentionnèrent qu’une telle production y avait bien lieu depuis le milieu de la décennie (Clarke, 1998 : 179). L’auteur fait état de différentes hypothèses relatives à l’introduction de la technique de production de haschich par tamisage dans la région : par des Européens ayant importé la technique d’Afghanistan ou encore par un Algérien ayant reproduit la méthode libanaise. Toujours est-il qu’il semble bien que l’introduction de la production de haschich ait eu lieu au milieu des années 1960.

21 L’accroissement de la demande européenne et la commode proximité du Rif des côtes de l’Europe méditerranéenne8 contribuèrent au développement de la production marocaine de haschich. Mais les détails de l’expansion des cultures de cannabis sont bien sûr d’autant moins connus qu’il a fallu attendre 2003 pour qu’une enquête des Nations unies prenne la mesure du phénomène de façon fiable et documentée. Seuls quelques centaines d’hectares auraient été cultivées jusqu’au milieu des années 1970, ainsi que le rapporte Marlise Simons en 1995 dans le New York Times (Simons, 1995). Robert Connell Clarke, lui, estime, sur la base de sources néerlandaises et de rapports de l’Union européenne, que quelques 2 000 hectares auraient été cultivés dès la fin des années 1960, pour atteindre 25 000 hectares au milieu des années 1980 et 60 000 à 75 000 en 1995. En 1994, un rapport confidentiel de l’Observatoire géopolitique des drogues estimait que la production marocaine de cannabis « faisait du royaume chérifien un sérieux prétendant au titre de premier exportateur mondial de haschich » (OGD, 1994) et valait au journal Le Monde (1995) qui l’avait rendu public des poursuites pénales initiées par le Maroc. Alain Labrousse et Lluis Romero, ont ensuite fait appel à d’autres sources pour estimer la production entre 65 000 et 75 000 hectares en 1993, à 78 000 hectares en 1995, à 90 000 hectares en 1999, et à 100 000 à 120 000 hectares en 2001 (Labrousse, Romero, 2001 : 12) approchant donc des 134 000 hectares évalués par l’UNODC lors de son enquête de 2003 (UNODC, 2003 : 5).

  • 8 En juin 1995, des prélèvements éoliens de pollens réalisés en Espagne révélaient des quantités plus (…)

22 Lors des années 1980 et 1990, donc, les superficies cultivées en cannabis augmentèrent rapidement et débordèrent de la région historique de production du pays senhaja pour atteindre les pays ghomara et jebala et l’est de la province d’Al Hoceima. Après que l’exode rural massif des années 1960, provoqué notamment par les difficultés de l’agriculture de subsistance face à la mécanisation, fut tari, la crise économique des années 1970 et l’imposition de programmes d’ajustement structurel lors des années 1980 contribuèrent à l’extension des superficies cultivées en cannabis dans le Rif, région agricole parmi les plus pauvres du Maroc. Le phénomène d’expansion fut enfin encouragé par une demande européenne croissante pour le haschich marocain, demande qui avait initié la transformation de la production traditionnelle de kif en production de haschich à la fin des années 1960.

23 De fait, les saisies européennes de haschich marocain passèrent de 200 tonnes en 1985 à 950 en 2004 (sur un total de 1 361 tonnes de haschich saisies dans le monde en 2004) (UNODC, 2005 : 89-90). En 2004, 80 % du haschich saisi en Europe était désormais d’origine marocaine, ce que les saisies espagnoles indiquent d’autant plus que ce ne sont pas moins de 53 % des saisies européennes qui ont été réalisées en Espagne cette année-là (la France suit avec 6 %). Le Maroc, lui n’a intercepté que 7 % du haschich mondial en 2004, alors qu’il en aurait produit 37 % (2 760 tonnes sur 7 400) (UNODC, 2005)9.

  • 9 Il convient de noter que c’est à partir des années 1980 que la lutte antidrogue est devenue une pri (…)

24 Le Rif et, plus largement, le Maroc, ont donc su réagir à une demande européenne croissante, certes, mais l’ont aussi vraisemblablement stimulée par le biais d’une offre régulièrement accrue. Ce faisant, le développement de la culture du cannabis dans le Rif permettait aussi de pallier certaines contraintes économiques et écologiques de la région. Le Rif est en effet l’une des régions du Maroc les moins propices à l’agriculture. Le relief y est accidenté, les pentes y sont fortes et les sols pauvres, les précipitations sont très irrégulières et très peu compensées par un développement très limité de l’irrigation. La conjonction de ces paramètres a laissé le Rif et sa population en marge du développement économique que connaît par exemple la façade atlantique du pays. Même la manne touristique dont bénéficie le Maroc fait elle aussi défaut au Rif qui reste largement, et malgré son fort potentiel, à l’écart des circuits des villes impériales, de l’Atlas, et du désert. Facteur aggravant du sous-développement rifain, la densité et la croissance démographiques y sont très fortes, parmi les plus élevées du Maroc : en moyenne, la région compte trois fois plus d’habitants au kilomètre carré (124) que le reste du pays (37). L’accroissement de la pression foncière et le manque d’opportunités économiques rendent alors le développement de la production de cannabis d’autant plus incontournable qu’elle permet de générer sept à huit fois plus que la culture de l’orge. Le recours à l’irrigation permet bien sûr d’augmenter encore le rapport : à superficie égale, une culture de cannabis irrigué peut rapporter douze à seize fois plus que l’orge (UNODC, 2003 : 7).

25 De fait, l’enquête menée par les Nations unies en 2003 ne révèle pas seulement l’étendue des cultures de cannabis dans le Rif mais aussi l’importance que celles-ci représentent pour la population. Ce seraient ainsi 96 000 familles, soit 800 000 personnes, qui auraient été impliquées dans la production de haschich en 2003 : c’est-à-dire 66 % des familles paysannes de la région du Rif enquêtée, 6,5 % de celles du Maroc tout entier, ou encore 2,5 % de la population marocaine (UNODC, 2003 : 5). Mais, en moyenne, le cannabis ne génère pas plus de la moitié des revenus des paysans engagés dans sa culture. En effet, à l’instar des paysans de la coca ou de l’opium, en Amérique du Sud et en Asie, la paysannerie marocaine du cannabis ne s’enrichit que très rarement : les Nations unies estimaient le revenu moyen généré en 2003 par la culture du cannabis à 267 dollars US par personne pour un revenu total de 523 dollars. A titre de comparaison, le PIB marocain par habitant était de 1 260 dollars en 2002 (UNODC, 2003 : 5).

Cannabis dans le Rif : les limites du statu quo

26 L’économie du cannabis a jusqu’à présent largement contribué à la fixation de la population dans la région mais aussi à la modération de son ressentiment tant économique que politique. Mais l’extension des cultures s’est faite à un rythme croissant, affectant désormais plusieurs zones de cultures, bien au-delà du centre historique de production de Ketama. Si, parmi les nouvelles zones de cultures, certains produisent du cannabis afin de pallier des revenus autrement trop faibles, d’autres le font en faisant preuve d’opportunisme économique et au détriment des cultures traditionnelles licites et de l’environnement, ce qui mène actuellement à une situation écologique, économique et politique délicate.

27 Le peu de terres arables disponibles et l’accroissement de la pression démographique ont comme conséquence que le développement rapide des superficies cultivées en cannabis s’est largement fait au détriment des forêts du Rif (Grovel, 1996). Après l’exploitation intensive du bois d’œuvre sous le Protectorat espagnol la déforestation du Rif s’est encore accélérée, dès 1968 et avec un pic au milieu des années 1980: « Parmi les nombreuses causes de dégradation directe du capital forestier, et en dehors du processus traditionnel d’extension des cultures familiales vivrières (céréales), le défrichement pour la culture du kif et la coupe pour le bois de chauffage représentent près de 90 % du processus de déforestation » (Grovel, 1996 : 78). Plus de 20 000 hectares de forêts auraient ainsi cédé la place à la culture du cannabis autour de Ketama en l’espace de 20 ans. La province de Chefchaouen, elle, aurait connu un défrichement de 1 550 hectares par an entre 1981 et 1991 (Grovel, 1996 : 78). « La croissance démographique, par ailleurs stimulée par l’expansion de la culture du kif, induit des besoins en espace et en ressources naturelles toujours plus importants, ce qui ne fait qu’accroître la pression s’exerçant sur la forêt » (Grovel, 1996 : 79).

28 La croissance démographique du Rif est désormais accentuée par l’attrait que représente l’économie du cannabis dans la région, à travers les besoins importants en main-d’œuvre saisonnière que cette activité agricole intensive implique et, même, le retour au pays de Rifains séduits par le succès du cannabis. Le fragile équilibre du mode de production rifain est donc sérieusement menacé. La culture du cannabis, véritable alternative au développement et à l’incapacité de l’activité agro-pastorale à satisfaire les exigences des familles, atteint en toute vraisemblance les limites démographiques, économiques et écologiques qui sont les siennes. La surexploitation du milieu par une population croissant rapidement présente un sérieux risque de crise écologique et donc, à terme, dans ce contexte essentiellement agricole, de grave crise économique et sociale, ou même politique.

29 L’économie et, a fortiori, l’équilibre socioéconomique mais aussi politique, du Rif dépendent pour le moment en grande partie de la production de cannabis, ce qui pose un problème de taille tant à l’État marocain qu’à l’Union européenne, puisque la production et la consommation de haschich sont illégales au Maroc et dans la plupart des pays de l’UE. Après la première enquête des Nations unies sur le cannabis au Maroc, l’État marocain, longtemps tolérant à l’égard d’une production qui lui permettait de pallier son incapacité ou son manque de volonté politique à gérer le développement du Rif, peut difficilement ignorer plus longtemps les problèmes économiques et sociaux de cette région. De même, l’UE et ses membres devront désormais agir face à un phénomène dont on a peine à croire qu’ils ignoraient l’ampleur10.

  • 10 Au-delà des héritages de l’histoire et des contraintes géographiques et politiques, le développemen (…)

30 La tolérance de cette activité illégale procède certes en partie du contexte culturel et politique de la région, les révoltes passées des Berbères du Rif donnant encore aujourd’hui du poids aux revendications qu’ils font de leur droit à cultiver le cannabis, droit qu’ils estiment avoir acquis grâce à ces rébellions et en guise de réponse au profond sous-développement de leur région. Mais cette tolérance s’explique aussi par le caractère explosif que l’application effective d’une prohibition du cannabis aurait en termes économiques et sociaux dans la région et dans le pays, voire sur l’autre rive, toute proche, de la Méditerranée. L’économie agricole du cannabis régule en effet de façon importante l’emploi dans le Rif, surtout pour les jeunes paysans. Poussés par la pauvreté, quittant les espaces les moins pourvus en terre et en eau ou les villages soumis à des contrôles répétés, ils émigrent vers les régions demandeuses de main-d’œuvre (Chouvy, Laniel, 2006b). La culture du cannabis, elle, qui s’accommode de terres ingrates et même non irriguées, permet de limiter l’émigration de la population du Rif en assurant sa subsistance (Chouvy, 2005b).

31 Mais si la marginalité du Rif y explique en partie l’existence de cultures de cannabis, elle ne suffit toutefois pas à en expliquer l’étendue. Il convient ici de souligner que les 134 000 hectares estimés en 2003 par l’UNODC équivalaient aux 130 000 hectares cultivés en pavot à opium en 2004 en Afghanistan. S’il est acquis que cette production agricole illicite afghane doit notamment son succès aux longs et coûteux conflits endurés par le pays, il ne fait d’autre part aucun doute qu’elle se développe désormais d’autant plus qu’elle nourrit une corruption dont elle bénéficie directement. Le développement des surfaces cultivées en cannabis au Maroc a bien sûr eu lieu dans un tout autre contexte dès lors que l’économie du cannabis n’y a pas bénéficié d’une économie de guerre. L’on peut toutefois estimer que l’économie marocaine du cannabis est en partie la conséquence des conflits historiques, un temps armés, ayant opposé les Rifains au pouvoir chérifien, et ce même après l’indépendance.

32 Mais il apparaît aussi que le maintien et même le développement de la culture du cannabis dans le Rif n’ont pu se faire que grâce à l’accord tacite du makhzen et de ses relais locaux. Les cultures de 2003 et les précédentes n’ont à l’évidence pas pu être entreprises à l’insu du pouvoir central dont les relais administratifs sont multiples et parfaitement opérationnels (mokadem, sheikh, caïd). Ainsi, les producteurs de cannabis expliquent qu’ils cultivent lorsqu’ils en ont reçu l’autorisation officieuse ou en tout cas que s’ils s’abstiennent une année donnée c’est à la suite d’un interdit, lui aussi officieux. Des villages entiers et même des vallées entières peuvent ainsi subitement renoncer à la production de cannabis, comme ce fut le cas dans la vallée de Oued Laou en 2005. Que la production marocaine de cannabis ne se fasse pas sans l’accord tacite du pouvoir central semble donc évident. Mais l’importante corruption que connaît le pays aggrave encore cet état de fait : la lutte contre la corruption fait d’ailleurs partie des principaux objectifs affichés par le rapport commandité par Mohammed VI à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance11.

  • 11 50 ans de développement humain et perspectives 2025, Document de synthèse du rapport général, Cinqu (…)

33 Il importe aussi de préciser que l’économie du Rif ne dépend pas que de celle du cannabis, malgré les proportions prises par celle-ci. L’économie de contrebande est en effet particulièrement développée au Maroc et plus encore dans le Rif qui bénéficie d’un avantage géographique certain, et pour l’exportation de son haschich vers l’Europe ou l’Algérie, et pour l’importation de biens de consommation depuis ces même espaces (les principaux points d’exportation de haschich sont les mêmes que ceux qui servent à la contrebande : Ceuta, Melilla, et Oujda, sur la frontière algérienne) (Chouvy, 2005b). La taille de l’économie de contrebande est bien sûr difficile à estimer mais le Chambre de commerce américaine estimait en 2002 qu’un commerce de 15 milliards de dirhams (1,7 milliard de dollars US) échappait annuellement à la taxation et que chaque emploi créé par l’économie de contrebande en supprimait 10 dans l’économie légale12.

  • 12 Chambre américaine de commerce au Maroc, 2002, Compte rendu de l’atelier sur le promotion du commer (…)

34  En fait, l’économie du Rif dépend énormément de l’étranger, où elle exporte son haschich et d’où elle importe les biens de consommation qui alimentent son économie de contrebande. Mais l’économie du Rif a aussi longtemps dépendu des possibilités de migration saisonnière et d’émigration dont les Rifains disposaient vers l’Algérie et vers l’Europe, surtout vers la France. Dès les années 1960 le gouvernement marocain a encouragé l’émigration, notamment depuis le Rif, en comptant sur les transferts de revenus des expatriés et sur l’impact politico-économique que cela était susceptible d’avoir dans des régions marginales comme celle du Rif. Ainsi, à la fin des années 1980, jusqu’à 40 % des hommes de certains villages du Rif étaient expatriés (Grivello, 2002). A l’échelle nationale, la politique d’émigration a eu un impact certain puisque, « en 2002, les transferts officiels représentaient 6,4 pour cent du produit national brut (PNB), 22 pour cent de la valeur totale des importations et six fois l’aide au développement accordée au Maroc » (Haas, 2005). Mais les possibilités d’émigration diminuèrent progressivement et même l’Espagne, l’Italie et le Portugal, qui étaient passés de terres d’émigration à terres d’immigration au milieu des années 1980, finirent par imposer des visas d’entrée au Marocains au début des années 1990. C’est lors de cette décennie que la culture du cannabis a accentué sa croissance dans le Rif et c’est aussi à cette époque qu’est apparu le phénomène harraga13 : le transit de migrants illégaux depuis le Maroc jusqu’à l’Espagne sur de petites embarcations appelées pateras en espagnol. L’immigration clandestine se développa rapidement et d’autant plus facilement que les passeurs utilisèrent d’emblée les réseaux et techniques du trafic de haschich à destination de l’Espagne, porte d’entrée de la résine marocaine en Europe (Juntunen, 2002 : 37). Il n’est d’ailleurs pas rare que les passeurs profitent des clandestins pour aussi passer du haschich en Espagne. Certains observateurs estiment ainsi que, « [v]ue de la perspective marocaine, la migration constitue une ressource de développement vitale en soulageant la pauvreté et en diminuant le chômage, en contribuant à la stabilité politique ainsi qu’en générant des transferts de fonds. En réalité, le gouvernement marocain a peu d’intérêt à diminuer l’émigration tandis que les employeurs européens ont besoin de leur main d’œuvre » (Haas, 2005). Il semble bien que l’on puisse dire de même de la production de cannabis et de haschich dès lors qu’on en comprend le contexte et qu’on en saisit les enjeux économiques, sociaux, et politiques. Quant à la quasi inexistence de projets de développement alternatifs et à la fermeture de l’antenne de l’UNODC au Maroc en 2005, cela laisse envisager l’existence d’un « marché de dupes » (Labrousse, 2000) entre les deux rives de la Méditerranée alors même que la question migratoire, pourtant clairement liée à la question du développement économique des pays du Sud, est plus importante que jamais.

  • 13 La façade méditerranéenne du Maroc est notamment connue en tant que bled harraga, ou territoire d’é (…)

35 Cette culture, pour illégale qu’elle soit, procède donc en grande partie du statu quo (Afsahi, 2005) qui, depuis l’accès à l’indépendance marocaine, existe entre l’État et les villages du Rif, sa tolérance par les autorités constituant une alternative à un sous-développement contre lequel elles n’agissent pas, d’une part, et une garantie de paix sociale et politique d’autre part. On peut raisonnablement estimer que le cannabis a permis de stabiliser l’économie d’une région en marge du développement national. Cependant, les montagnes et vallées rifaines restent confrontées à la grande fragilité de leur équilibre écologique, à la perte des savoir-faire agricoles traditionnels et à la pression internationale qui demande l’élimination des plantes à drogues. Désormais, le Maroc devrait logiquement s’attacher à réduire les cultures de cannabis dans le Rif et leur trouver une alternative viable et durable, sinon parce que cette culture est illégale et que les pressions internationales vont aller croissant, du moins parce que l’équilibre écologico-économique de la région est menacé à court terme, l’augmentation de la population et la division foncière qu’elle implique ne semblant pouvoir s’accommoder de la disponibilité limitée des terres cultivables et de leur rapide et profonde dégradation. Le défi du cannabis du Rif est donc celui du développement économique durable d’une des régions les plus pauvres du pays dont la stabilité socio-économique est menacée.

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Annexe

1) Vallée cultivée en cannabis dans le Rif (Pierre-Arnaud Chouvy – août 2005)

2) Cultures de cannabis en terrasses dans le Rif (Pierre-Arnaud Chouvy – août 2005).

Notes

1 L’UNODC a réalisé sa première enquête au Maroc en 2003 en coopération avec les autorités marocaines, certes non sans difficultés mais dans des conditions (enquêtes de terrains couplées à une analyse d’images satellite) qui permirent toutefois d’aboutir à une estimation assez précise des superficies cultivées (le rapport 2004 avait toutefois révisé les estimations de 2003 à la baisse). Un deuxième rapport de l’UNODC a été rendu public en 2004, faisant état d’une réduction sensible des superficies cultivées (120 500 ha de cannabis et 2 760 tonnes de haschich). L’UNODC a néanmoins quitté le Maroc en 2005 alors que le rapport 2005, qui fait pourtant état d’une très forte réduction des superficies cultivées, attendait toujours, en novembre 2006, d’être rendu public. Dans un rapport préliminaire diffusé en novembre 2006, l’UNODC explique en note (UNODC, 2006b : 2) que « [l]es chiffres et résultats de l’enquête sur le cannabis 2005 au Maroc ont déjà été avalisés par le gouvernement marocain et l’ONUDC » mais que « [s]ous sa présente forme, ce document n’a néanmoins pas encore été formellement approuvé par les autorités marocaines ». L’UNODC s’est refusé à expliquer à l’auteur les raisons de la fermeture de son bureau au Maroc ainsi que celles du retard de parution du rapport 2005 mais un haut fonctionnaire de l’Office lui a expliqué (mai 2007) que les financements extérieurs (européens) dont dépendait l’antenne marocaine n’avaient pas été reconduits.

2 Les textes des trois conventions sont disponibles sur le site Web de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) : http://www.unodc.org/unodc/en/drug_and_crime_conventions.html. Celui de la Convention contre la criminalité transnationale organisée peut être consulté à l’adresse suivante : http://www.unodc.org/unodc/crime_cicp_convention.html. Pages visitées le 18 septembre 2006.

3 Selon la formule de Robert Montagne, sociologue officier des Affaires indigènes, cité par Zakya Daoud (1999 : 16).

4 Notamment lors de la quarante-cinquième session de la Commission des stupéfiants (Nations unies) de mars 2002 à Vienne : communication personnelle d’Alain Labrousse, qui explique aussi (Bordes, Labrousse, 2004) que « L’ancien Premier ministre socialiste, Abderrahmane Youssoufi ne craignait pas d’affirmer au cours de la Session spéciale des Nations unies consacrée aux drogues (UNGASS), en juin 1998, que le problème des drogues au Maroc ‘était surtout celui du transit de substances illicites’ ».

5 Instance Equité et Réconciliation, 2006, Synthèse du rapport final : http://www.ier.ma (consulté le 19 juin 2007).

6 « Discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI à Al Hoceima (le 25 mars 2004) : http://www.marocurba.gov.ma (consulté le 19 juin 2007).

7 Maroc Hebdo International, « L’INDH seule ne peut éradiquer la pauvreté » (Interview de Abdelhamid El Jamri, expert des Nations-Unies et consultant du comité de pilotage de l’INDH), n° 738, 30 mars 2007 : 40-41.

8 En juin 1995, des prélèvements éoliens de pollens réalisés en Espagne révélaient des quantités plus élevées que la normale de pollen de cannabis jusqu’à 160 kilomètres au nord de Gibraltar, suggérant une augmentation des cultures de cannabis au Maroc (Simons, 1995).

9 Il convient de noter que c’est à partir des années 1980 que la lutte antidrogue est devenue une priorité en Europe, ce qui permet d’expliquer en partie l’augmentation des saisies.

10 Au-delà des héritages de l’histoire et des contraintes géographiques et politiques, le développement de l’économie du cannabis dans le Rif a en effet aussi largement procédé de la grande et de la petite corruption des autorités marocaines et de « l’absence de la question du haschisch dans l’agenda des relations franco-marocaine », fonction d’un « système de « corruption partagée » entre le régime d’Hassan II et les différents gouvernements français » (Bordes, Labrousse, 2004).

11 50 ans de développement humain et perspectives 2025, Document de synthèse du rapport général, Cinquantenaire de l’indépendance du Maroc, 2006 : http://www.cinquantenaire.ma (consulté le 20 juin 2007).

12 Chambre américaine de commerce au Maroc, 2002, Compte rendu de l’atelier sur le promotion du commerce et de l’investissement : la contrebande, 17 avril 2002, Hôel Hilton, Rabat : http://www.amcham-morocco.com/downloads/rapcontrapub.pdf (consulté le 20 juin 2007).

13 La façade méditerranéenne du Maroc est notamment connue en tant que bled harraga, ou territoire d’émigration clandestine (Juntunen, 2002 : 6).

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Table des illustrations

Titre Culture du cannabis dans les provinces du Nord du Maroc en 2004 (par communes)
Légende Source : United nations Office on Drugs and Crime (UNODC) : enquête sur le cannabis 2004. Carte extraite du rapport, modifiée et complétée (Pierre-Arnaud Chouvy, 2006)
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/59/img-1.png
Fichier image/png, 92k

Cet article est cité par

  • Chouvy, Pierre-Arnaud. (2008) L’échec mondial de la lutte antidrogue : quelles leçonspour l’Afghanistan ?. EchoGéo. DOI: 10.4000/echogeo.8813

Auteur

Pierre-Arnaud Chouvy

Chargé de recherche au CNRS
UMR 8586 Prodig
pachouvy@wanadoo.fr

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Droits d’auteur

Licence Creative Commons
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FRANCE (Anti-stups): les infiltrés seraient-ils condamnés à n’être que des mythomanes et des fusibles pour les hautes hiérarchies policière et douanière

Publié: 7 mars 2018 par Marc Fievet dans 36, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, BAN, Blanchiment, Canada, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, EUROPE, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), INTERPOL, Justice, MAFIA, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Saint-Martin, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UK
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Article d’ Emmanuel Fansten , revu par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED

Hubert Avoine, 55 ans, est cet ancien infiltré qui en octobre 2015, date de sa première lettre au procureur de la République de Paris, François Molins, dénonçait les étranges méthodes de l’ OCRTIS (office central de la répression des trafics illicites) et de son ancien boss, François Thierry.

Il avait informé et précisé, ‘textos’ de François Thierry à l’appui, qu’il avait été mandaté, en avril 2012, pour garder une villa à Estepona, en Andalousie dans le sud de l’Espagne, où il avait constaté que des policiers avaient chargé et déchargé 19 tonnes de cannabis destinées au marché français. Pour cette mission, Hubert Avoine avait été payé 32 000 euros en billets usagés, sans le moindre reçu.

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Mais d’où vient ce cash?

De la trésorerie générale ou de la vente de stups?

Décidément c’est une habitude chez nos régaliens, j’ai en mémoire le cash en livres sterling (billets usagés) anglaises qu’avait remis à mon épouse le divisionnaire de la douane française Hervé Maignier de l’échelon de Nantes, venu spécialement à Malaga pour lui remettre dans un parking en sous-sol de l’aéroport…pour « faciliter » mon plaidoyer de culpabilité au Canada.        Marc Fievet

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Après le premier témoignage d’Hubert Avoine dans le journal Libération, sous pseudo, au printemps 2016, plusieurs pontes de la PJ avaient d’abord laissé entendre en off que l’ancien infiltré était un mythomane, la police ne trempant pas dans ce genre de magouilles.

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Marc Fievet avait aussi été traité de mythomane par certains hauts fonctionnaires de Bercy et de la DG de la Douane française, qui n’ont pas hésité à refuser le témoignage de son officier traitant Christian Gatard dans toutes les réponses produites par Thomas Charvet, administrateur civil et Michel Baron, administrateur des douanes. Dans ce témoignage destiné à être produit en justice Christian Gatard, l’ancien chef d’Echelon de la DNRED à Nantes écrivait:

« Officier traitant de Marc Fievet de 1988 à 1994, j’atteste de l’exactitude des faits relatés de son action au sein de l’organisation LOCATELLI. Je certifie l’exactitude des éléments et des faits pour en avoir été le témoin ou en avoir été informé en ma qualité d’officier traitant de Marc Fievet durant cette période. Je tiens à ajouter que Marc Fievet a toujours fait preuve de la plus grande loyauté à l’égard des douanes françaises notamment dans le cadre de son infiltration au sein de l’organisation LOCATELLI qui l’a exposé à de très nombreux dangers.« 

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Depuis, le commissaire François Thierry a été mis en examen pour «complicité de trafic de stupéfiants» et la procédure distincte basée sur les révélations d’Avoine, dépaysée à Lyon, inquiète au plus haut niveau. Pour preuve, cette écoute téléphonique versée au dossier judiciaire, qui relate une conversation enregistrée le 23 août 2017, la veille de l’audition fatidique du commissaire Thierry.

C’est le magistrat Patrick Laberche (ici en photo avec François Hollande), ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, bras droit du patron des Stups, qui contacte un certain Rick, le correspondant auprès de l’office de la DEA, l’agence antidrogue américaine.

«Salut Rick, ça va ? attaque Laberche. Tu as le bonjour de François.

Il va bien ?

Oui, ça va. On a discuté beaucoup hier soir. Euh… Ouais, il a l’air assez offensif, assez combatif. […] Il est prévu qu’il soit entendu jeudi par le juge d’instruction […].

Ouais.

Voilà, donc je lui ai donné le document que tu m’as transmis mais c’est pas pour qu’il le remette, hein, parce qu’il a bien compris que, euh, c’était un truc qui devait rester confidentiel comme tu l’avais écrit, mais c’est pour constituer ses dossiers, si tu veux, pour faire un panorama de tous les dossiers de manière un peu exhaustive dans sa tête, quoi.»

Quel est donc ce document confidentiel ?

Transmis par les Américains pour « étoffer » la défense de François Thierry, ce document auquel la justice ne semble pas avoir eu accès semble très sensible puisqu’il apparait clairement qu’Hubert Avoine a également travaillé pour le compte du département américain de la Justice, comme en attestent des documents authentifiés par Libération.

Barbouzes

Cette collaboration fait d’ailleurs l’objet d’une question sibylline de Patrick Laberche au cours de la même conversation. «Dans le dossier Avoine, comme… ça n’a pas changé, la situation a pas changé par rapport à ce qu’on avait dit il y a quelque temps, hein ? Tu te souviens ?» s’enquiert le bras droit du patron des Stups auprès de son interlocuteur. «Je peux te dire entre nous qu’Avoine a travaillé pour le FBI, pas pour la DEA, OK ? Il aurait dû savoir la différence», rétorque le dénommé Rick.

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En 1994, Marc Fievet rencontrait régulièrement David May du bureau DEA de Paris. Ce fonctionnaire lui avait remis 10.000 US dollars en billets usagers pour défraiement d’une mission à Saint Martin aux Caraïbes, mais s’est opposé à tous témoignages réclamés par la justice…

Quelle était la provenance de ces liasses de petites coupures remises en présence du douanier Jo Lesquert, adjoint de Christian Gatard, dans les locaux de l’Ambassade américaine?

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Une distinction fondamentale aux yeux des Américains : alors que la DEA n’hésite pas à recourir à des barbouzes pour certaines de ses missions, le FBI agit dans un cadre juridique beaucoup plus strict, sous le contrôle étroit du département de la Justice.

Un nouveau front qui pourrait pousser les magistrats français à se rapprocher de leurs homologues américains.

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DNRED (Douane Française): «refonder les opérations douanières», c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais sans assumer le passé, comment réformer efficacement?

Publié: 27 mai 2017 par Marc Fievet dans 36, AFRIQUE, Albanie, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Cocaïne, Colombie, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guadeloupe, Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Maroc, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Pakistan, Pays de transit, Pays producteurs, Pays-Bas, Police, Policia, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UAR, Venezuela
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« Refonder les opérations douanières », c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais… Sera-t-il plus compétent et courageux que ses prédécesseurs Duhamel, Auvigne, Mongin, Fournel et Crocquevieille qui n’ont su démontrer qu’incompétence caractérisée et lâcheté confirmée!

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Retour sur une action d’infiltration de la DNRED

GIBRALTAR – 1993

gibraltar55

Infiltration débutée en février 1993 :
Début février 1993,  Marc Fievet, enregistré comme NS 55 DNRED est présenté à Gibraltar à Mario Marroni par  des membres des familles Victori et Sheldon, contrebandiers connus sur Gibraltar, et déjà signalés à Christian Gatard, chef d’échelon DNRED de Nantes.

***

Claudio Pasquale Locatelli

AKA

Mario Marroni

 Mariano Zizzi

Mario de Madrid

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Christian Gatard 

Photo: http://www.ouest-france.fr/jai-recrute-le-vrai-heros-du-film-gibraltar-1659460

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Le signalement de Mario Marroni à Christian Gatard, chef d’Echelon DNRED à Nantes, sera effectué avec envoi des détails du faux passeport utilisé par Marroni.

Le samedi 13 février 1993, Christian Gatard annonce à NS 55 qu’il descend  voir le mercredi 17 février 1993 Michel Rotard, le douanier sous couverture, associé du restaurant St Georges.

rotard Restaurant Saint Georges – Estepona (Andalousie)

Michel Rotard (de profil), l’agent de la DNRED, avec Marc Fievet

***

Le chef de l’échelon de la DNRED Nantes, Christian Gatard, s’intéresse à l’opération en projet avec Mario que NS 55 lui relate dans le détail.

NS 55 lui demande assistance pour l’aider à déménager du Saint Georges avec l’aide de douaniers français, pour éviter que les hommes de Carlos Ferran, le responsable du GAL ne puisse le positionner. En effet ce dernier pouvait utiliser les services du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona pour éventuellement le rechercher. Carlos Ferran savait que NS 55 travaillait pour la douane française, suite aux informations transmises par la police espagnole et comme NS 55 commençait à sérieusement perturber ses trafics (Saisie de 500 kgs de cannabis sur le Scarab de Daudet AKA Roger Martens par le SVA).

Pour mémoire, le narcotrafic des « GAL » était couvert par la police espagnole et la Guardia Civil en récompense des services rendus!

M/V MELOR (Ex LARISSA)

Financé par John Short, narcotrafiquant anglais et par la Douane française.

Mars 1993 :

Signalement à Christian Gatard du premier chargement (1 600 kg de cannabis) par le M/V MELOR, pour le compte de Mario Marroni à destination du sud Italie (livraison au large de Brindisi).

Christian Gatard ne signalera pas ce voyage aux autorités italiennes qui aurait compromis l’action d’infiltration en cours au sein de l’organisation de ce Mario Marroni (Locatelli).

Intervention de Jean-Paul Garcia, attaché des douanes à Madrid, en charge des relations avec Malte, pour faire en sorte que le navire Melor qui après livraison s’était réfugié à Malte (port de La Valette) pour se mettre à l’abri d’une tempête, soit autorisé à quitter le port sans devoir passer les contrôles techniques exigées par la règlementation maritime et les autorités locales.

Mars 1993 :

NS 55 doit se sortir seul de son action d’infiltration au sein de L’IRA débutée en avril 1992 avec les autorités anglaises du HM Customs Excise.

Signalement à Christian Gatard d’un chargement à destination de l’Angleterre de 12 tonnes de cannabis organisé par Marroni (chargement récupéré au large du Cap Vert). Cette livraison a échoué et à la suite de cet échec, NS 55 s’est rendu à Milford Haven, dans le sud du Pays de Galles en Cornouailles à la demande de Mario Marroni (Locatelli) pour demander à l’équipage de ramener le bateau Almeer 3 à Cadix (Espagne). Déplacement en Angleterre préalablement signalé à Christian Gatard pour que les autorités anglaises soient avisées.

L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e ScamarcioMY Poseidon

Signalement de l’acquisition par Mario Marroni (Locatelli) du Poséidon (Navire Hopital transformé en Yacht – 75 mètres) lors d’une réunion de travail (une journée entière) à Barcelone à Christian Gatard et Jo Le Squert: les photos et plans du navire ainsi que sa localisation dans une darse d’un chantier hollandais ont été communiqué lors de cette journée.

Lors de cette journée, NS 55 a informé ses interlocuteurs de tous les détails qu’il avait pu recueillir au contact de Mario Marroni.

NS 55 constate que le dénommé Marroni n’a pas encore été identifié…  Christian Gatard répond que la chose n’est  pas aisée car il devait prendre un maximun de précautions pour ne pas alerter les autres services.

Christian Gatard informe NS 55 qu’il ne peut pas lui envoyer des agents de l’échelon DNRED de Nantes pour l’aider à déménager.

Avril 1993 :

Signalement du deuxième voyage de 2 000 Kgs de cannabis sur Cagliari (Sardaigne) en route vers Djibouti assuré par le Melor pour le compte de Marroni.

Alors que NS 55 lui avait demandé de faire « sauter » ce chargement; Christian Gatard refusera invoquant que, questionné par la Guardia di Finanza, il avait déjà répondu aux autorités italiennes qu’il ne connaissait pas le navire MELOR et qu’il ne connaissait pas Marc Fievet.

Mai 1993 :
Marroni fait établir un passeport français au nom Charles Henri de Bossieu avec la photo de Marc Fievet (passeport établi en mai 1993). Ce passeport a été immédiatement signalé à Christian Gatard à qui une copie a été remise.

Juin 1993 : MELOR

Signalement à Christian Gatard du chargement de 32 000 Kgs de cannabis sur le Melor au large de Djibouti par transbordement à destination du Nord atlantique via le cap de bonne espérance.
NS 55 signale son voyage sur Le Caire pour arranger le transit du canal de Suez puis du voyage sur Djibouti pour présenter l’homme de confiance de Mario Marroni et le faire monter à bord du Melor.

NS 55 a voyagé avec l’identité de Charles Henri de Bossieu et il est descendu au Sofitel de Djibouti.

***

roissy

NS 55 fait un compte rendu à trois agents de la DNRED à son retour de Djibouti à l’aéroport de Roissy.

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mousson-so-nePour des raisons météorologiques (La mousson) et manque de puissance du moteur du Melor, le chargement  de 32 tonnes de cannabis afghan a été transféré sur un « supplyer » venu de Muscat (Oman), le transfèrement a été effectué derrière l’ile de Socotra (Yemen). Ce transfèrement a été signalé aux douanes françaises qui ont en outre été en mesure de suivre la marchandise grâce au télex ouvert au nom de Rio Plata ldt (la compagnie off shore de Gibraltar parfaitement connue des douanes) qui se trouvait à bord du Melor et qui a été transféré sur le supplyer avec l’homme de confiance de Marroni.

Les douanes ont pu récupérer tous les éléments de contact ayant transités par ce télex (les factures avec la liste des numéros entrants et sortants ont été remises en main propre à Jean Paul Garcia, attaché des douanes françaises à Madrid (Espagne).

Les numéros contactés parleront: des échanges avec un télex dans le Var en France mais sur liste rouge…Et de nombreux échanges avec une grande banque de New York!

Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

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Juillet/août 1993 :

Signalement d’un rendez-vous avec Graham, une personne d’origine australienne, vivant sur la Côte d’Azur qui souhaitait recourir aux services de Locatelli pour transporter du cannabis.

Ce rendez-vous s’est tenu à l’Hôtel Meurice à Paris. Joseph Le Louarn, le patron de la DNRED, refusera de couvrir le rdv avec les moyens parisiens (Dixit Christian Gatard), information qui n’a été donnée que la veille à NS 55.

Christian Gatard fera descendre des hommes des échelons DNRED de Nantes et Lille  sans les « contacts » avec le portier et le personnel de cet hôtel. Au final, l’australien Graham et son acolyte Gil ne seront même pas pris en photo alors que NS 55 les a  rencontrés comme cela était prévu et signalé.

Septembre 1993 :

Christian Gatard descend spécialement à Malaga pour annoncer à NS 55 lors d’un rdv au Parador de Malaga que Marroni n’est autre que Locatelli, lequel est en cavale et recherché par les autorités françaises en raison d’une évasion de la prison de Grasse, 4 ans plus tôt.
Lors de ce rendez-vous, NS 55 précise et confirme à Christian Gatard la mise en route d’une opération consistant, dans un premier temps, à charger + ou – 5 000 Kgs de cocaïne au large de la Colombie à destination du Canada puis, au retour, de recharger 10 tonnes de cocaïne prévues pour être déchargées à Propriano en Corse.

Le bateau prévu pour réaliser ces opérations est le Poséidon, déjà signalé.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

Fin septembre/octobre 1993 :
Signalement de la prise en charge préalable par le Poseidon de cannabis au large de Tanger, pour livraison initialement au Canada mais finalement, dérouté vers l’Angleterre (membre de l’équipage malade).

Novembre 1993 :

concordelafayetteDans le cadre du suivi de l’opération signalée plus haut, NS 55 de retour de Londres, rencontre Joseph Le Louarn (directeur de la DNRED, successeur de Jean Henri Hoguet) et Christian Gatard au Concorde Lafayette de Paris pour évoquer le voyage en « cours » du Poseidon. La veille au soir, NS 55 a diné avec Hervé Maigner et la collaboratrice de Christian Gatard prénommée Nicole. Lors du rdv avec Le Louarn et Gatard, il a été abordé et convenu qu’il semblait indispensable que NS 55 réclame une rémunération à Locatelli en raison de la réussite des deux livraisons intermédiaires dont, notamment, celle qui devait délivrer 5 000 Kgs de cocaïne au Canada.

***

Joseph Le Louarn

Joseph Le Louarn était d’accord pour blanchir 2 000 000 US$ que NS 55 estimait nécessaire de réclamer à Locatelli. Le nom du banquier Weber (ancien DG des douanes et alors directeur du Crédit Mutuel d’Alsace) avait été retenu pour assurer les opérations de blanchiment.

Marc Fievet (NS 55) a demandé expressément à Joseph Le Louarn qu’il le fasse sortir de cette spirale infernale qu’il ne contrôlait plus.

Joseph Le Louarn n’a même pas relevé, lui rétorquant seulement que ce serait préférable qu’il fasse atterrir la quantité prévue à Propiano, sur Marseille où, là, lui a t’il dit, la Douane française disposait de moyens plus conséquents….

A la suite de cette réunion, c’est le douanier Francis Geoffroy qui a été chargé de  conduire NS 55 à Orly pour reprendre un avion sur Gibraltar où NS 55 devait présenter l’avocat de Locatelli dénommé Pascuale Ciolla au Banco Atlantico pour faire blanchir quelques milliards de lires destinés à l’acquisition du Pacifico, un cargo de 150 mètres.
NS 55 a signalé l’acquisition du Pacifico et les conditions de son acquisition à Messieurs Joseph Le Louarn et Christian Gatard lors de ce rendez-vous à Paris.

Les Douanes françaises (DNRED) connaissaient l’ensemble du projet d’acquisition du Pacifico dont, en particulier, le fait que Locatelli l’avait fait acheter par un Hollandais du nom de Ralph De Groot à Gdansk (Pologne).

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Novembre/décembre 1993 :

MS Avenger F-185

Lorsque le Poséidon est arraisonné au milieu de l’Atlantique par l’Avenger, un destroyer anglais, Claudio Locatelli emmène NS 55 en « cavale » avec lui.

A Westland Lynx

C’est John Hector du HM Customs-Excise qui sera le premier a être hélitreuillé sur le Poséidon.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

M/V POSEIDON

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pacificoL’EVE PACIFIQUE qui deviendra le PACIFICO dans un chantier de Gdansk (Pologne)

NS 55 prévient Christian Gatard, et reste en contact avec lui en lui demandant de dire aux autorités anglaises de ne pas le « ménager », vu la précarité de sa situation. Dans les semaines qui suivent, NS 55 informe Christian Gatard que  Claudio Locatelli, après l’arraisonnement du Poséidon par les autorités anglaises, a décidé de substituer au Poséidon,  le Pacifico et qu’il lui a fait acheter un yacht de 27 mètres à Palma de Majorque du nom de Sea Harmony auprès d’une compagnie off shore de Jersey.

Palma de Majorque

Signalement du Sea Harmony et communication à Christian Gatard de l’identité de toutes les personnes que NS 55 rencontre et de tous les renseignements que NS 55 peut glaner à cette occasion.

M/Y Sea Harmony

En particulier, le signalement d’ un dénommé Leblanc, ressortissant canadien, en visite à Benalmadena costa, qui d’ailleurs sera arrêté plus tard par les autorités canadiennes lors de la saisie du Pacifico.

NS 55 a fourni une photocopie de son passeport au nom de Charles Henri de Bossieu pour que la transaction soit enregistrée à Jersey; Christian Gatard décide alors d’envoyer Hervé Maignier (Divisionnaire de la Douane, Echelon DNRED de Nantes) à Jersey pour faire noircir cette photocopie pour que la photo qui y figure ne permette pas aux autorités anglaises de le reconnaître et d’orienter les poursuites sur Marc Fievet – NS 55.

Hervé Maignier indiquera au téléphone qu’il a pu rencontrer les responsables du Customs de Jersey et réussir à rendre invisible la photo sur les documents enregistrant l’acquisition de ce yacht qui devait être utilisé pour transborder les 10 000 kilos de cocaïne du cargo Pacifico vers la Corse.

sea harmonyM/Y Sea Harmony

***

Février 1994 :
Le Pacifico a été intercepté en février 1994, par les autorités canadiennes. NS 55 a téléphoné à Christian Gatard à 03 H 00 pour l’en informer et sa  réponse a été: « Mais bon sang, c’est pas possible, vous êtes infiltrés… ».

***

Mars/juillet 1994 :

DEAA la suite de cette interception et ayant pris conscience que l’infiltration de NS 55 intéressait de nombreux Etats, il a été décidé avec Christian Gatard de rencontrer les responsables du DEA.

NS 55 a continué à donner les informations en sa possession sur Claudio Pasquale Locatelli directement aux enquêteurs du DEA Paris (David May), du DEA Rome et de la police italienne, à l’occasion de séances de travail qui se sont tenues 4 fois sur Paris et une fois sur Nantes, en présence des douaniers Jo Le Squert  et Hervé Maignier.

Le DEA savait depuis l'opération DINERO!

     DEA David May

Les agents du DEA n’informeront pas NS 55 que leur opération DINERO (DNRED: retour sur l’Opération Dinero.) est en cours sur l’organisation Locatelli depuis le milieu de l’année 1992.

A l’époque, le DEA a défrayé NS 55 de ses voyages à Saint Martin (WI) à hauteur de 10.000$ US en deux versements en cash faits devant les douaniers Le Squert et Maignier à l’ambassade américaine de Paris.

NS 55 était entré à l’ambassade avec son identité de Charles Henri de Bossieu accompagné de Le Squert et Maignier.

Le reçu de ces versements a été établi au nom de Marc Fievet, sans qu’il ne lui soit donné un double.

***

Rencontre avec le nouveau patron de la DNRED, Bernard Puyanet en compagnie de Christian Gatard, courant mai, dans un café de la Bastille.

Bernard Puyanet  proposera 3.000.000 de francs à NS 55 s’il réussissait à faire charger quelques tonnes de cocaïne sur le Sea Harmony.

Marc Fievet, infiltré dans l’organisation Locatelli jusqu’au 23 septembre 1994, date de son arrestation à Fuengirola par la police espagnole suite activation du mandat Interpol par les autorités anglaises et canadiennes, restera 3888 jours dans des prisons espagnoles, anglaises, canadiennes et françaises.

***

Marie-France Vergara du consulat de France de Séville visitera Marc Fievet à la prison d’Alhaurin de la Torre suite à la demande de Jean Paul Garcia, attaché de la douane française à Madrid.

Jean Paul Garcia visitera Marc Fievet à la Prison d’Alhaurin de la Torre (Malaga) et lui précisera que c’est l’ambassade de France qui va gérer son dossier.

Jean Paul Garcia témoignera devant « l’audience nationale » en faveur de Marc Fievet lors du jugement devant décider de ses extraditions vers l’Angleterre et le Canada.

Michel Charasse (ex ministre du budget), contacté par Marc Fievet, ne fera rien.

Le directeur général de la douane française, Jean Luc Vialla, informé, laissera pourrir la situation.

Pierre Mathieu Duhamel, directeur de la douane française,  rencontre Madame Strachan, la directrice générale du « HM Customs-Excise » à Stockholm (Suède) pour aborder la situation de Marc Fievet.

Philippe Galy, attaché de la douane française à Londres visite de nombreuses fois Marc Fievet dans différentes prisons anglaises et pratiquera le chantage pour obtenir son plaidoyer de culpabilité en Angleterre. (Si vous ne plaidez pas coupable, on s’arrangera pour vous en faire prendre pour 10 ans! (SIC)).

Jean Puons, le DI de la DNRED, rencontre  Marc Fievet dans les prisons françaises et demande une intervention du DG François Auvigne.

François Auvigne, inspecteur des finances, directeur général de la douane française, dit à Jean Puons qu’il ne veut plus entendre parler de ce Marc Fievet et refuse d’assumer les promesses émises par ses prédécesseurs écartant ainsi toute continuité du service de l’Etat!

ÉCOUTER:

INTERVIEW de Marc Fievet sur France Bleu Nord.

Lire et écouter:

Mais qui est donc l’énarque inspecteur général des finances François Auvigne? Un salaud qui s’est planqué derrière les textes? par Marc Fievet AKA « NS 55 DNRED ».

Écouter:

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car….

***

PLUS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

Toutes informations complémentaires et précisions supplémentaires sur cette opération en écrivant  à  marcfievet@live.fr  ou par contact au 0684303181

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Saviez-vous que le trafic de cannabis génère en France plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires ? Que 1,4 million de Français en consomment de façon régulière ?

Retrouvez les derniers indicateurs sur: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/18/01016-20161118ARTFIG00144-consommation-saisies-chiffre-d-affaires-les-chiffres-de-la-drogue-en-france.php

et aussi:

dealcanna
«Le trafic de cannabis occupe plus de 200.000 personnes»

lire:http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/14/01016-20161114ARTFIG00270-le-trafic-de-cannabis-occupeplus-de-200000-personnes.php

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albanieDepuis cinq ans environ, 75 % du marché mondial de la drogue se trouve entre les mains de la mafia albanaise.
Le chiffre d’affaires annuel, lui, a atteint 2 milliards de dollars (1,8 md EUR), soit l’écoulement de 4 à 6 tonnes d’héroïne en Albanie, surnommée « Cannabistan » en Europe occidentale, sur fond de lutte anticriminelle lancée par le président albanais Bujar Nishani. En vue d’une séance urgente du Conseil de sécurité afin de discuter de la croissance de la production de marijuana, les commandos albanais ont interpellé 15 personnes en possession de 3 tonnes de drogues dans la commune de Rrëshen. Cette opération a été effectuée dans le cadre d’une série de prélèvements de plusieurs tonnes de marijuana prête à être acheminée vers l’Europe occidentale.
Mais la nouvelle qui a fait le buzz est à mettre au crédit d’une chaîne de télévision locale qui a mené sa propre enquête sur la production de drogue et a révélé l’existence de deux aéroports secrets pour transférer ce type de fret vers l’Italie.
La police albanaise, elle, demeure relativement inefficace dans sa lutte contre le crime organisé.

La Turquie et l’Italie ont l’honneur d’être les principaux partenaires de la mafia albanaise en matière d’écoulement de la drogue, souvent renforcé par des retraités de l’armée ou des forces de l’ordre qui gardent des liens avec les fonctionnaires, la douane et les services de sécurité de leurs pays.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201611101028636540-crime-drogue-police-cartels-migrants/

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ferry-france-angleterreLes douaniers ont interpellé un Anglais qui s’apprêtait à embarquer sur le ferry à Dieppe avec 22 kg d’herbe de cannabis, vendredi 27 mai. Il sera jugé le 9 août 2016.

03/06/2016 à 14:25 par Aurélien Bénard

Vendredi 27 mai, les douaniers du terminal transmanche de Dieppe ont contrôlé un véhicule qui partait au Royaume-Uni chargé de meubles et cartons de déménagement. Au volant : un ressortissant britannique Transmanche-domicilié en Espagne. Lors de la fouille dans la voiture, les fonctionnaires des douanes ont découvert très exactement 22,750 kg d’herbe de cannabis. L’homme a immédiatement été interpellé et placé en garde à vue.

« Prouver mon innocence »

Présenté au tribunal correctionnel de Dieppe dans le cadre d’une comparution immédiate, le mis en cause âgé 47 ans a demandé un délai pour préparer sa défense.

« J’ai vu quatre avocats différents depuis mon interpellation. Je voudrais avoir affaire à un seul avocat et avoir les meilleurs conseils pour prouver mon innocence » a-t-il dit aux magistrats.

Le débat entre le parquet et la défense a ensuite porté sur le sort du prévenu en attendant l’audience où sera jugée cette affaire. Le procureur de la République a invité le tribunal à faire preuve « d’une grande prudence » :

« Des détails très fournis ont été donnés sur son patron en Espagne. Ces éléments communiqués doivent appeler à une protection du prévenu ».

Il encourt 10 ans de prison

Afin de protéger le prévenu et garantir sa représentation devant le tribunal, le parquet a demandé que le prévenu soit placé en détention provisoire.

« Il encourt 10 ans de prison, a rappelé le procureur de la République. On ne remet pas 22 kg de cannabis à un ami ou à un chauffeur d’entreprise mais à une personne de grande confiance ».

L’avocate du prévenu est plutôt d’accord avec le parquet :

« Même s’il passe quatre mois en prison en attendant la date de l’audience, c’est un risque qu’il est prêt à prendre ».

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a renvoyé l’affaire à l’audience du mardi 9 août à 14 h. Il a ordonné son maintien en détention provisoire jusqu’à cette date.

76200 Dieppe

gendarmerie jpg

En  septembre 2015, une enquête de la compagnie de gendarmerie de Rouen démarrée sur un vol de véhicule, met rapidement en évidence des éléments laissant supposer l’existence d’un trafic de stupéfiants autour de la commune de Duclair.

Les militaires de la brigade des recherches de Rouen débutent alors leurs investigations et mettent en évidence l’existence d’un important trafic de stupéfiants, impliquant de nombreux protagonistes.

Une information judiciaire est alors ouverte et un juge d’instruction nommé en décembre 2015. Le Groupe d’intervention régional (Gir) de Rouen, rassemblant des policiers, des gendarmes, ainsi qu’un inspecteur des douanes et

un autre des impôts, est alors co-saisi afin d’établir l’étendue du patrimoniale des mis en cause.

Les écoutes, les surveillances et les filatures menées par ces deux unités permettent d’établir l’organisation du réseau rural et directement lié au secteur des Hauts de Rouen.

Installé à la campagne pour plus de tranquillité

Les investigations permettent d’identifier les principaux acteurs de ce trafic, particulièrement prudents et qui procèdent à des livraisons régulières de différents produits stupéfiants (cannabis, héroïne, cocaïne) sur toute la région Normandie (Seine-Maritime, Eure, Orne) allant jusqu’en Mayenne (53) et en Ille-et-Vilaine (35).

LIRE plus:

http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/5760372/le-trafic-de-drogue-ravitaillait-la-normandie-et-jusqu-en-ille-et-vilaine-et-en-mayenne#.VzaJEBw680M

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dnredL’information est confirmée par le parquet de Paris : l’ancien directeur des opérations (jusqu’en 2014) au sein de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) un service de la police judiciaire parisienne. La DNRED est une des 6 composantes de la communauté française du renseignement au même titre que la DGSI ou la DGSE. L’audition sous contrainte avait débuté mardi matin. Elle s’est terminée mercredi en fin d’après-midi. Le directeur n’a pas été déféré devant un magistrat à l’issue de sa garde à vue.

Les magistrats enquêtent sur les méthodes des services de lutte contre les stupéfiants. Après l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtris), ce sont les douanes qui font l’objet de la curiosité des juges. En janvier, ils ont perquisitionné les locaux de la DNRED, dans une atmosphère houleuse selon des témoins. La justice tente de savoir si les douanes, avisées par des indics, laissent entrer des tonnes de produits stupéfiants sur le territoire national puis procèdent à la saisie de la marchandise en en laissant une partie aux dealers-informateurs.

Ces livraisons sont encadrées par la loi. Mais elles peuvent susciter la convoitise ou la corruption de certains fonctionnaires. Dans un premier temps, les magistrats ont épluché le train de vie des douaniers mis en cause et n’ont pas pu démontrer d’enrichissement personnel à ce stade.

http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-l-ex-patron-du-renseignement-des-douanes-en-garde-a-vue-17-03-2016-2026045_23.php

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LIRE aussi:  FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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L’inspection générale de la Police nationale (IGPN), la police des polices, vient d’être saisie d’une enquête sulfureuse visant l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).

Enquête de la police des polices sur la disparition de plusieurs tonnes de cannabis Crédit Image : AFP / FRED DUFOUR Crédit Média : Damien Delseny

C’est l’enquête qui dira si c’était véritablement pour « remercier », mais ce qui est certain c’est que depuis quelques jours, l’IGPN, la police des polices, a été chargée de faire la lumière sur les liens qui existent entre l’un des plus gros trafiquants de cannabis français, arrêté le mois dernier en Belgique, et l’office central de lutte contre le trafic de drogue.

Des gardes à vue au plus haut niveau ?

L’affaire agite la police judiciaire depuis plusieurs semaines, et les intéressés eux mêmes s’attendent à des remous, avec des gardes à vue, sans doute même du patron de cet office et des perquisitions. Les juges en charge de l’enquête sur la saisie du mois d’octobre sont persuadés que les policiers leur ont caché des éléments de cette livraison surveillée. Et que la quantité, déjà énorme, saisie cachait en fait une cargaison cinq fois supérieure.

Des pratiques tolérées et encadrées par la loi

La livraison surveillée consiste en quelque sorte à effectuer une filature de la drogue depuis le Maroc jusqu’en France, de manière à identifier les équipes qui viennent récupérer la marchandise. Au mois d’octobre dernier, la procédure a été respectée.

Mais le vrai problème, c’est la découverte de l’origine du tuyau : un trafiquant bien connu, qui serait donc aussi le « tonton » de la police. Alors les questions qui se posent aujourd’hui sont simples : l’office des « stups » peut-elle lutter contre le trafic en s’associant avec l’un de ses barons ? Et les policiers peuvent-ils, pour pécher au gros, devenir les associés momentanés d’une importation de cannabis ?

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/enquete-de-la-police-des-polices-sur-la-disparition-de-plusieurs-tonnes-de-cannabis-7782389956

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faux cul
LIRE:

FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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faux cul

Quand une saisie record révèle les liaisons dangereuses entre « stups » et « indics »

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En octobre dernier, les douanes effectuent une saisie record de 7 tonnes de résine de cannabis dans l’ouest parisien. Problème : le trafiquant présumé est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.
L’affaire était trop belle.Quatre fourgons suspects, garés dans les beaux quartiers de la capitale, au bas des immeubles haussmanniens du boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement. Dans les coffres de trois des utilitaires, 7 tonnes de résine de cannabis que les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) découvrent le 17 octobre dernier. Une « saisie record » pour Paris intra-muros, saluée dès le lendemain par François Hollande. Le président fait le déplacement jusqu’aux locaux de la DNRED, à Ivry-sur-Seine, où, devant les piles de « valises marocaines », il déclare espérer qu’il s’agit-là d’un « coup fatal » porté aux trafiquant. Mais dans ce dossier, la réalité est bien plus complexe : l’enquête va surtout révéler que l’importateur de la drogue, interpellé fin février en Belgique, était surtout un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.
>> La visite de François Hollande dans les locaux de la DNRED, le 18/10/15 :

Le Président de la République, François Hollande, et le ministre des Finances, Michel Sapin, en présence de la directrice générale des douanes, Hélène Crocquevieille, et du directeur adjoint, Jean-Michel Thillier, sont venus féliciter les agents de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED) pour la saisie exceptionnelle de 7,1 tonnes de résine de cannabis. Cette affaire a été réalisée dans la nuit du 17 au 18 octobre en plein Paris.

Un grossiste en cavale…

L’enquête des douanes débute quelques jours avant la saisie du boulevard Exelmans, dans la nuit du mardi 13 au 14 octobre, sur la base d’un renseignement. Le conducteur d’une voiture suspecte est interpellé au péage d’Ancenis, près de Nantes, sur l’autoroute A11, dans le sens Paris-Nantes. Pour les enquêteurs de Bercy, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de la voiture ouvreuse d’un convoi de livraison de drogue. La découverte d’un fourgon abandonné sur une aire d’autoroute en amont du péage leur donnera raison : à l’intérieur, les douaniers saisissent 1,9 tonne de résine de cannabis.

C’est en remontant la piste du « shit » nantais que les enquêteurs de la DNRED se retrouvent donc boulevard Exelmans. 7 tonnes de résine de cannabis, le chiffre est certes un record, mais le « coup porté » est à nuancer. Dans le jargon, on parle d’une « saisie sèche », car elle ne mène à aucune interpellation. Et si une facture et des traces ADN retrouvées dans l’un des véhicules permet de remonter jusqu’au grossiste présumé du trafic, celui-ci a disparu. Un grossiste, peu précautionneux, dont les revenus lui permettaient de louer un luxueux penthouse… boulevard Exelmans, juste au-dessus des fourgons chargés de shit.

…et « indic » de l’Office central des stups

Les investigations sur ce trafic sont immédiatement confiées à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre. Il en est cependant dessaisi à peine une semaine plus tard, par le procureur de Paris, François Molins. Et pour cause : le grossiste en shit du boulevard Exelmans est enregistré officiellement au Bureau central des sources (BCS) de la DCPJ… comme indicateur. Un « tonton », dit-on dans le jargon policier, de l’OCRTIS, le service même qui est censé enquêter sur son trafic. Les investigations atterrissent finalement au 36 quai des Orfèvres, à la Brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris.

Originaire de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, le trafiquant en question, Sofiane H., a été condamné en 2011 à 13 ans de prison et deux millions d’euros d’amende pour avoir animé un trafic international de cannabis, alors qu’il se trouvait déjà en prison, en 2002. Selon nos informations, c’est l’ancien patron de l’OCRTIS lui-même qui avait recruté ce trafiquant lors de sa détention en Espagne. Les 7 tonnes saisies par les Douanes faisaient en fait partie de ce qu’on appelle dans le jargon, une « livraison surveillée ». En clair, il s’agit d’une technique d’enquête destinée à attraper du gros gibier. On laisse importer et acheminer, là en l’occurrence depuis le Maroc, une grosse quantité de drogue par un « trafiquant-indic » afin d’interpeller derrière les grossistes qui vont se répartir la marchandise. Ces livraisons se font sous les contrôles de la police avec la bénédiction de la justice. Selon nos informations, le TGI de Perpignan était avisé, mais pas le parquet de Paris. L’histoire ne dit pas si les douanes ont court circuité volontairement ou involontairement la livraison surveillée par l’OCRTIS.

Sofiane H. a finalement été interpellé le 22 février, à Gand, en Belgique dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par le juge d’instruction qui dirige l’enquête. Placé en détention provisoire, il devrait être transféré en France rapidement.

La sensible question de la gestion des indics

Cette affaire met en lumière les liaisons sulfureuses et dangereuses entre flics et indics. Longtemps, les relations flics-tontons sont restées tabous. Elles étaient régies par le principe du fameux 10% : l’indic repartait avec 10% de l’argent ou de la drogue saisie, avec tous les risques que cela comportait pour les fonctionnaires de police. Mais en 2004, la loi Perben II a reconnu officiellement et encadré le recours aux indics, comme leur rémunération. A l’instar de Sofiane H, les indics sont enregistrés confidentiellement au Bureau Central des Sources (BCS), qui dépend du service interministériel d’assistance technique (SIAT). Ainsi, les « primes » perçues par les « tontons » oscillent environ (officiellement) entre 50 et 10.000 euros. « On a besoin de gens qui sont immergés au plus près des terreaux de délinquance et de la grande criminalité. Il faut rester lucide sur ce que l’on permet de faire à un indic et sur ce que l’indic va nous permettre de réaliser à l’affaire », précise Isabelle Trouslard, secrétaire nationale du syndicat Synergie-officiers, précurseur sur le combat de la gestion des indics. Pour la syndicaliste, « les textes en la matière restent insuffisants ».

L’opération semblait avoir été un succès. Plus de sept tonnes de cannabis avaient été saisies dans le 16e arrondissement. Mais aucun des commanditaires n’avait été arrêté dans l’opération, au cours de laquelle les Douanes ont court-circuité la police. Plus embarrassant encore, un homme a été arrêté en Belgique : trafiquant, il était aussi un indic très utile pour les forces de l’ordre.

Aujourd’hui, neuf affaires de drogue sur dix sont résolues grâce à des indics. Et plus l’affaire est importante, plus le trafiquant informateur est souvent élevé dans la hiérarchie de la voyoucratie. Ce qui est le cas de Sofiane H. « Une tonne c’est environ 5 millions d’euros à la revente au détail, la prime c’est entre 10.000 et 20..000 euros, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », constate un ancien grand flic à la retraite. Et d’ajouter : « les politiques font de la lutte contre le trafic de drogue leur priorité, ils veulent des résultats mais ne veulent pas savoir comment on les obtient. Après c’est facile de jouer les vierges effarouchées. Aujourd’hui l’OCRTIS est quasiment le seul service à s’attaquer au démantèlement des réseaux de trafic internationaux ».

Reste à savoir désormais, ce qu’aura à raconter Sofiane H. lorsqu’il sera rendu à la France et se retrouvera confronté aux enquêteurs du 36, et peut-être un jour de l’IGPN, la police des polices.

L’affaire promet sans doute encore des rebondissements…

http://www.itele.fr/justice/video/drogue-quand-une-saisie-record-revele-les-liaisons-dangereuses-entre-stups-et-indics-155824

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publié le 04/02/2016 à 17H26 par Jean-Marc JAME

L’intersyndicale douanière adresse ce communiqué en réaction aux excès qu’ont subi plusieurs collègues de la D.N.R.E.D placés en garde à vue, dans des conditions intolérables. 

Vrais et faux voyous

dnred_photoLa semaine dernière, des OPJ zélés dirigés par deux magistrats non moins zélés ont interpellé des agents de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (D.N.R.E.D.), avec (cerise sur le gâteau!) perquisition d’une partie du siège de cette dernière !

Il s’en est suivi une rafale de gardes à vue de 96 heures (!), avec des joyeusetés du style : perquisition au domicile au petit matin, avec menottage devant les enfants, blocage des comptes bancaires, saisie des véhicules personnels (pourtant lambda et achetés à crédit …) Même dans la simple considération des agents de l’Etat, ce fut exécrable (menaces, agent couchant par terre, mise en cellule avec un pauvre diable de migrant, refus de faire passer la moindre chemise propre malgré la durée de la GAV, …)

Incompréhension totale. Nous dénonçons fermement ces pratiques, plutôt de mise pour des faits de banditisme, ce qui n’est absolument pas le cas des collègues en question.

Si les enquêteurs cherchaient des corrompus, apparemment ils ne les ont pas trouvés. les investigations préalables auraient peut-être pu suffire à lever le doute. S’il s’agit d’une enquête sur des méthodes utilisées parfois par les services (vous noterez le pluriel …) dans la traque des stups, cela ne justifiait pas de même de tels comportements. Soit dit en passant, la Douane est loin d’être le plus mauvais élève en matière de méthode justement …

Même si l’affaire a donné lieu à quelques mises en examen, ces faits s’inscrivent, à quelques exceptions près, dans le cadre de faits de service. La pression des objectifs, voire le délire des quantités ronflantes n’est d’ailleurs pas pour rien dans la chose.

L’image de services gangrenés par la corruption est une fiction totale. Mais de même, croire que l’objet de l’enquête judiciaire ne relève que d’actes individuels d’agents ayant franchi ou plutôt flirté avec les limites plus ou moins consciemment, traduirait également une certaine hypocrisie.

A ce stade, administration et Ministère semblent soutenir les agents. Mais, à notre sens, il faut aller plus loin et ramener de la sérénité dans tout cela. A défaut, la casse pour les agents, mais aussi pour les services, serait terrible. Et cela, il faut le conjurer à tout prix. Sinon il n’y aura au bout du compte qu’un vainqueur : le camp des (vrais) voyous et pas du tout l’esprit de justice, ce qui serait un comble s’agissant d’une enquête judiciaire.

Paris, le 3 février 2016

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DNRED: qu’en est-il du soutien de Christian Eckert?

Publié: 27 janvier 2016 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Cocaïne, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
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marc-fievet-sur-rtl-le-6-septembre-20131Les policiers de la PJ parisienne sont allés perquisitionner les locaux de la DNRED sur commission rogatoire du juge d’instruction, Beaudoin Thouvenot, de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.

Une information judiciaire avait été ouverte le 13 février 2012 pour trafic de stupéfiants et détention de marchandises prohibées, association de malfaiteurs et blanchiment.

Au départ de l’affaire un certain Javier M. 59 ans, un colombien mis en examen pour « trafic de drogue en bande organisée ». Il affirme, preuve à l’appui, que les douaniers ont joué les apprentis sorciers en organisant eux-mêmes l’importation de la drogue.

Au cœur du dossier : l’importation de 30 kg de cocaïne.

En réalité, Javier M, serait un aviseur (informateur) de la Direction nationale des renseignements et des enquêtes douanières (DNRED).

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Souvenirs, souvenirs pour NS 55!

Dans les années 80,  Michel Ribatet, chef d’échelon de Lyon,  Pierre Tardy, agent de la DNRED Lyon,  Jacques Dorey, inspecteur à Dijon et Jean-Pierre Caze, inspecteur divisionnaire de Lyon, tous agents de la DNRED, s’étaient déjà confrontés à la Justice et la Police.

Le Ministre Michel Charasse les avaient alors soutenus.

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Toutes informations dans le livre!

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Lire aussi: DNRED (un peu de son histoire): c’était hier!

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Publié le 24 décembre 2015

patrouille nuit police

© Olivier Arendel/ Max PPP

Sylvie Callier

La brigade anti-criminalité de Rouen a pris en flagrant délit un vendeur et son client le 17 décembre dernier à Rouen en pleine transaction

Le vendeur âgé de 39 ans avait sur lui de petites quantités d’héroine, cocaine, cannabis. Son client de 34 ans avait quatre-vingt dix euros en espèces.

Les policiers ont fait une perquisition au domicile du vendeur de drogue. Avec eux un chien au flair affûté pour la recherche de stupéfiants. Dans plusieurs caches, les policiers ont trouvé 700 grammes d’héroine, 150 grammes de cannabis et une petite quantité de cocaine. 

Une balance faisait aussi partie des objets suspects. Plus de 3000 euros en liquide ont aussi été retrouvés.

L’homme interpellé devait comparaitre le 20 décembre. L’audience a été reportée. Il est placé en détention provisoire. l’enquête se poursuit.

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/rouen-un-trafiquant-de-drogue-demasque-lors-d-une-vente-en-voiture-891141.html

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‘Público’ y la Encuesta Global sobre Drogas se asocian de nuevo para estudiar el consumo en España. El objetivo del sondeo, que el año pasado logró más de 100.000 participantes en 50 países, busca analizar el consumo en España de alcohol, cannabis, cocaína o anfetaminas y contabilizar las personas que compran drogas a través de Internet.

 
Un empaque de cocaína.

MADRID.- La cocaína sigue siendo una de las drogas más consumidas en todo el mundo. En España, se estima que aproximadamente un 10% de la población la ha probado alguna vez en la vida y que un 1% es consumidora habitual. Su precio se ha mantenido relativamente estable, en torno a unos 60 euros por gramo, independientemente de las épocas de crisis o de bonanza. Quizá sea esta una muestra de lo importante que es el mercado global de esta sustancia.

Como todo mercado, el mercado de la cocaína genera ingentes beneficios económicos. Su elevado precio y las tácticas del mercado hacen de éste un negocio muy lucrativo. Sin embargo, algunos expertos comienzan a alertar de que este negocio ha comenzado a moverse para competir con la llegada de nuevas drogas y atraer a clientes con diferentes poderes adquisitivos y expectativas. Así, el Observatorio Europeo para las Drogas y las Toxicomanías (EMCDDA) advirtió en su último informe de 2015 de que la pureza de la cocaína está experimentando un aumento aunque su precio permanece relativamente estable.

Sin embargo, no toda la cocaína que se vende es realmente cocaína. El uso de adulterantes es habitual para incrementar los beneficios económicos de quien trafica con ella. Los adulterantes más habituales, tal y como ha encontrado el programa Energy Control de la Asociación Bienestar y Desarrollo, suelen ser el levamisol, la fenacetina y anestésicos locales como la procaína o la tetracaína que simulan el efecto de adormecimiento (anestesia) típico de la cocaína. El levamisol, un antiparasitario, parece potenciar los efectos de la cocaína aunque no está exento de riesgos. Su consumo regular aumenta el riesgo de necrosis vascular y de agranulocitosis. Algunos de estos adulterantes pueden ser añadidos en el punto de producción, mientras que otros pueden añadirse durante su distribución.

Aun así, la cocaína sigue siendo la droga más cara. Según los resultados de la Encuesta Global sobre Drogas del pasado año, con la que Público colabora desde hace tres años, la mayoría de personas usuarias de cocaína (en torno al 80%) la consumen en unas 10 ocasiones al año en la mayoría de países y pagan por ella un precio medio de 70 euros por gramo. La cantidad habitualmente consumida suele ser medio gramo. Nueva Zelanda y Australia son los países donde la cocaína es más cara: un gramo puede costar unos 200 euros. Por el contrario, donde es más barata es en Brasil: unos 12 euros.

Los resultados de esta encuesta en España nos permitieron saber cosas como que la mayoría de quienes dijeron haber tomado cocaína, lo hacían esnifándola, sacando unas 12 rayas de cada gramo y, en la mayoría de casos, tomándola junto con alcohol. Efectivamente, este suele ser el patrón habitual y podemos conocerlo gracias a este tipo de encuestas. Los resultados son de gran importancia y utilidad porque permiten, no sólo mejorar nuestro conocimiento sobre los hábitos de consumo de esta sustancia y otras, sino mejorar también la información que podemos darle para que los potenciales problemas derivados de su consumo sean los menores posibles.

La encuesta es totalmente anónima y se puede participar en ella a través de este enlace. El año pasado más de 100.000 personas de 50 países aportaron su experiencia en el consumo de drogas para convertir esta encuesta en una de las más importantes que se realizan en el mundo.

http://m.publico.es/sociedad/1942224/cocaina-ha-cambiado-el-mercado

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