Articles Tagués ‘cartels mexicains’

Selon la DEA (Drug Enforcement Agency), les cartels mexicains contrôlent les «lucratives» routes de ce trafic, en particulier le long de la frontière sud-ouest des Etats-Unis, ce qui leur permet de faire entrer «des quantités importantes» d’héroïne, de cocaïne, de méthamphétamines, de cannabis et possiblement de fentanyl, un stupéfiant synthétique cinquante fois plus puissant que l’héroïne.

 La DEA précise que six cartels mexicains dominent le marché de la drogue aux Etats-Unis et estime que le cartel de Sinaloa est le plus présent, notamment dans les villes de Phoenix (Arizona, sud), Los Angeles (Californie, ouest), Denver (Colorado, ouest) et Chicago (Illinois, nord).

LIRE la suite

http://www.liberation.fr/planete/2017/10/24/les-cartels-mexicains-dominent-le-marche-de-la-drogue-aux-etats-unis-dea_1605215

0000000000000000000000000000000000000

LIECHTENSTEINUn gérant de fortune du Liechtenstein est accusé d’avoir blanchi l’argent des cartels mexicains entre Los Angeles, Saint-Gall et Vaduz.
François Pilet

L’affaire fait apparaître l’immense industrie du recyclage, dont les Etats-Unis restent la plaque tournante

L’histoire ne dira pas à quoi pensait Renaldo Negele ce jour de février 2013, au moment où l’avion perçait la grisaille de Kloten pour l’emmener vers le soleil de Californie. Côté face, ce Liechtensteinois de 50 ans se présentait comme gérant de fortune indépendant, entrepreneur et CEO de sa propre société, Swissloans Financial Services AG. Côté pile, il ne précisait pas que son entreprise n’existait que dans la boîte aux lettres d’un modeste appartement avec vue sur la route cantonale à Quarten, dans le canton de Saint-Gall. Il ne racontait pas non plus que son seul associé, un garagiste et ami d’enfance, l’avait laissé tomber quelques années plus tôt.

Pour se rassurer, lors de son voyage vers Los Angeles, Renaldo Negele pensait peut-être à la marée de narcodollars qui se blanchissent chaque jour impunément dans le système financier américain. Statistiquement, la petite affaire qu’il espérait conclure avait toutes les chances de passer inaperçue. S’il avait raison sur le premier point, il se trompait lourdement sur le second.

Le 10 décembre dernier, Renaldo Negele a été inculpé par le Département américain de la justice pour blanchiment en bande organisée. Le Liechtensteinois est accusé d’avoir offert ses services à un syndicat de blanchisseurs dirigé par Tu Chau Lu, alias Oncle Bill, 71 ans, président et CEO de la Saigon National Bank, à Los Angeles. En apparence, ce modeste établissement faisait crédit à l’industrieuse communauté vietnamienne de Little Saigon, au sud de la ville. En réalité, la petite banque d’Oncle Bill lessivait les narcodollars du cartel mexicain de Sinaloa, dirigé par celui qui était alors le trafiquant le plus recherché au monde, Joaquin «El Chapo» Guzman.

Tu Chau Lu, alias Oncle Bill, opérait un vaste réseau de blanchiment depuis sa petite banque du quartier vietnamien de Los Angeles, la Saigon International Bank
© Google Street View

Nouvelles «routes» de recyclage

L’organisation d’Oncle Bill était active au moins depuis 2008. Selon le Département de la justice, le syndicat était en permanence à la recherche de nouveaux partenaires et associés, dans le but d’établir de nouvelles «routes» de recyclage, et ainsi augmenter ses volumes. Les partenaires pouvaient conduire leurs propres activités de blanchiment, mais agissaient sur les instructions directes de Tu Chau Lu lorsqu’ils travaillaient pour l’organisation. A son apogée, en 2013, la blanchisserie d’Oncle Bill disposait de «routes» vers la Chine, le Vietnam, la Suisse, Hongkong et le Liechtenstein. Elle était en mesure de «traiter» jusqu’à 2 millions de narcodollars par jour.

Sur les quinze coaccusés de Renaldo Negele, dix ont été arrêtés début décembre en Californie, dont Oncle Bill. Le Liechtensteinois a échappé au coup de filet, tout comme un citoyen britannique installé à Hongkong, un Américain d’origine vietnamienne et deux Mexicains décrits comme «proches des gens d’El Chapo». Renaldo Negele reste introuvable à ce jour. Il est recherché par les autorités suisses et américaines.

La chute de la blanchisserie d’Oncle Bill, que Le Temps a pu reconstituer sur la base de documents de justice, offre une plongée spectaculaire dans la mécanique financière du narcotrafic. Elle montre que malgré l’intransigeance affichée par les Etats-Unis, le système bancaire américain reste extrêmement exposé au recyclage de l’argent de la drogue.

Carte suissePlusieurs schémas

L’affaire permet aussi d’observer plusieurs schémas de blanchiment utilisés par les trafiquants, chacun avec ses particularités, ses avantages, et, surtout, son prix (infographie ci-dessous). Il en ressort par exemple que l’usage d’une fondation du Liechtenstein, abritée par une banque connue de la place, est réputé dans le milieu comme une des solutions les plus sûres et opaques. Elle est aussi l’une des plus coûteuses, les narcos devant être prêts à céder 25% du pactole à blanchir sous forme de commissions.

Autre possibilité: un compte à la Bank of China, à Hongkong. L’offre est tout aussi efficace, et s’avère un peu plus économique, avec des commissions d’environ 15%. Seule limitation: par discrétion, le volume d’argent à blanchir ne doit pas dépasser un certain seuil. En l’occurrence, le réseau d’Oncle Bill ne pouvait y faire transiter que 20 millions de dollars à la fois. Des cacahuètes.

En comparaison, les banques américaines, en particulier californiennes, apparaissent à la fois comme une alternative low cost imbattable, avec des commissions entre 3% et 10%, et aussi comme les seules capables d’ingérer sans broncher les immenses quantités d’argent liquide que les narcos ont à recycler jour après jour.

Renaldo Negele n’a pas ménagé sa peine pour se faire une place sur ce marché hautement concurrentiel. Début 2013, le Liechtensteinois tient sa chance: Oncle Bill pense avoir trouvé deux nouveaux partenaires aux reins solides, qui auront besoin d’un service haut de gamme. Renaldo Negele fait spécialement le voyage vers Los Angeles pour les rencontrer. Rendez-vous est pris, le 21 février, dans un appartement discret à quelques blocs de la Saigon National Bank.

Entre professionnels, on joue franc jeu

Renaldo Negele s’y rend avec Ben Ho, son fidèle adjoint. Face à eux, les deux nouveaux clients ne tournent pas autour du pot. Entre professionnels, ils jouent franc jeu. Le duo est à la recherche d’un mécanisme de blanchiment qui leur permettra de recycler de l’argent provenant de la vente de drogue en Europe et du trafic d’armes vers le Nigeria. Ben Ho propose aux nouveaux venus de ne plus utiliser le mot «blanchiment», et de le remplacer par «protection», ou «titrisation». Renaldo Negele indique que désormais, il ne voudra plus rien savoir de l’origine des fonds des deux clients.

Cette introduction passée, Renaldo Negele et Ben Ho sortent le grand jeu. Ils proposent la création d’une fondation, qui pourra être utilisée pour transférer des fonds dans le monde entier sans être détecté, y compris vers les Etats-Unis. La commission des blanchisseurs sera calculée sur le capital de la fondation, déposé sur un compte auprès de la Bank Frick & Co de Vaduz. En tout, comptez 25%.

La fondation peut être créée avec des fonds déjà blanchis, ou pas. S’ils souhaitent l’ouvrir avec de l’argent sale, Negele explique que les billets peuvent être acheminés jusqu’à l’aéroport de Zurich par des mules – il faudra en prévoir au moins une dizaine –, où les dollars seront changés contre des francs et des euros. Le cash pourra ensuite être apporté directement à la banque Frick. S’ils le désirent, les deux clients pourront même compter les billets à l’arrivée, directement dans les locaux de la banque.

Dernière précision: les commissions versées à Renaldo Negele n’ont pas besoin de provenir de fonds blanchis. Ben Ho se dit également prêt à un geste commercial: il propose de virer immédiatement 50 000 dollars aux deux clients, depuis une fondation du Liechtenstein, pour bien leur montrer que les virements passent sans problème.Les deux hommes sont emballés. Ils remplissent sur-le-champ un formulaire d’ouverture de compte pour la fondation, fournie clés en main par la société saint-galloise Swissloans Financial Services. Renaldo Negele, Ben Ho et la clique d’Oncle Bill n’ont compris leur erreur que deux ans plus tard. Les deux clients étaient en réalité des agents du FBI sous couverture.

Durant cette période, le banquier avait ouvert toute son arrière-boutique aux deux hommes. Il leur avait montré comment ses employés acceptaient des sacs plastique remplis de narcodollars, sur des parkings de supermarchés asiatiques, et viraient chaque jour les montants correspondants, par chèques ou virements électroniques, vers le Mexique. Il leur avait expliqué que sa modeste Saigon International Bank était devenue trop petite, et qu’il devait avoir recours à ses «connexions» pour déposer le cash de ses clients auprès de trois autres banques américaines, dont la Wells Fargo et Bank of America.

Des efforts pour le compte du cartel d’El Chapo

Oncle Bill leur avait présenté ses deux partenaires mexicains qui cherchaient à lessiver 300 millions de dollars à un tarif de 3% pour le compte du cartel d’El Chapo. Plus fort encore: le banquier leur avait révélé que les Mexicains avaient investi 1 million de dollars dans sa banque, histoire d’huiler les rouages. Il proposait aux deux nouveaux venus de faire de même. Durant la crise de 2008, la Saigon International Bank avait reçu 1,5 million de dollars de Washington dans le cadre du plan d’aide au secteur bancaire.

Ce montant, qui aurait dû être remboursé depuis, ne l’a jamais été. Oncle Bill ne se doutait pas qu’en proposant aux deux hommes de racheter 24% de son établissement, cinq ans plus tard, il s’adressait en fait à des agents du même gouvernement fédéral qui l’avait aidé à survivre durant la crise. Le procès d’Oncle Bill et de ses associés s’ouvrira le 1er mars prochain.

«J’espère ne jamais 
le recroiser»

A Quarten, sur les rives du lac de Walenstadt, l’ex-associé garagiste de Renaldo Negele s’empresse de se distancier de son ancien ami. «Nous nous connaissions depuis l’enfance, raconte-il. Renaldo était un type sympa, très correct. J’ai coupé les ponts avec lui il y a plusieurs années. J’avais accepté de m’associer avec lui parce qu’il lui fallait un citoyen suisse pour monter la boîte. Mais il ne voulait pas tenir de comptabilité. Je n’ai pas voulu entrer là-dedans. J’espère ne jamais le recroiser.» Il y a peu de risques.

Nous coopérerons pleinement si les autorités suisses ou américaines venaient à nous le demander

Le Ministère public de la Confédération ne souhaite pas s’exprimer sur l’affaire. L’Office fédéral de la justice précise seulement que «les demandes de recherche et d’arrestation sont confidentielles et soumises au secret de fonction». Robert Wallner, procureur général du Liechtenstein, dit n’avoir eu aucun contact avec le Département de la justice. «Nous coopérerons pleinement si les autorités suisses ou américaines venaient à nous le demander», poursuit-il.

Un porte-parole de la Bank Frick & Co assure qu’après une «vérification détaillée», et «en l’état actuel de ses connaissances», l’établissement n’a «jamais entretenu de relation d’affaires avec Renaldo Negele ni avec la société Swissloans». Selon le procureur Robert Wallner, aucune arrestation ni blocage de fonds n’ont été effectués à ce jour dans la principauté dans le cadre de cette affaire.

https://www.letemps.ch/monde/2016/01/20/filieres-narcos-mexicains-passent-suisse

0000000000000000000000000000000000000000

Pas de retraite pour El mago

French connection / Milieu / 6 novembre 2015 / Olivier-Jourdan Roulot

Dans le procès de la Papy connection, qui se tenait à Marseille depuis deux semaines, le tribunal a prononcé des peines de 2 à 12 ans de prison avec des mesures de sûreté. Laurent Fiocconi écope de 6 ans. A 74 ans, je l’ai retrouvé vieilli, boitant et s’appuyant sur une canne… Il y a quatre ans, j’avais publié son portrait dans le quotidien corse 24 Ore.

La poudre d’escampette

Mardi, sur France 2, Laurent Fiocconi évoque Pablo Escobar, une vieille connaissance. En matière de came, le Corse est un expert — de Marseille à New York, de la French aux narcos mexicains, en passant les clans italo-américains et les cartels colombiens. Une légende vivante.

Dans le métier, Fiocconi — « Charlot » pour les intimes — est ce qu’on appelle un gros bonnet. Le genre de clients avec qui mieux vaut éviter de jouer « les mariolles », comme il le dit lui-même, sous son panama. Charlot, c’est du calibre de ces mecs dont on se raconte l’épopée, les soirs de cavale, quand le Libecciu souffle, la nuit tombée.

La Leçon du parrain. Le Milieu est sa famille. Chez lui, on est truand de père en fils, d’oncle en neveu. Gamin, son oncle Jean-Félix, caïd à Toulon, l’envoyait faire de petites commissions chez Antoine Guérini. Dans la boîte de nuit du Calenzanais, puissant parrain de Marseille, c’était la grande vie : les filles, les costumes, le champagne coulant à flot, les vedettes de passage venues s’encanailler.

« Quand Antoine faisait son entrée, après minuit, tout le monde était content de lui faire la bise, se souvient-il. Lui, grand seigneur, remettait sa bouteille. Sauf que les mecs en avaient déjà bues une… centaine avant ! »

On appelle ça le sens des affaires. Une leçon utile.

Antoine Guérini, vie et mort d’un parrain…

Les filles. Pour se faire la main, Fiocconi prend quelques filles sous sa coupe. Débuts classiques. Avant de croiser ceux dont les noms vont rester dans la légende du Milieu. À côté du sien. Avec Zampa, le premier contact est délicat. Pour un peu, la rencontre tourne mal. Une histoire de fille, forcément…

Quand il arrive au Canotier, le bar qui servait de QG à Tany, une centaine d’hommes compose le comité d’accueil… Charlot s’en sort sans une égratignure.

« On lui précisé que la fille était avec mon cousin, désormais. Du coup, il n’y a plus eu de problème ».

Un autre jour, toujours à Marseille, on ramasse un macchabée sur le trottoir. Alors qu’il est en train de se battre avec Fiocconi, un coup de feu part et le mec devient aussi lourd qu’un pantin… Refroidi ! Charlot prend la tangente. Sa première cavale. Finalement, accompagné de son oncle, qui a ses relations, il se présente au commissariat. Et ressort libre, comme si de rien n’était.

Laurent “ Charlot “ Fiocconi en 1970…

Baraka ! Comme souvent, une rencontre va tout changer. Celle avec Jean-Claude Kella (autre légende du milieu marseillais, Kella est décédé en juillet 2014). Les deux hommes ne se quittent plus. Et optent pour la came. Bien plus lucratif que les armes, les bracos ou les filles.

« On a tout de suite gagné énormément d’argent. On nous avait surnommé « la baraka » : tout ce qu’on touchait se transformait en or ! »

Très vite, Kella et Fiocconi deviennent incontournables dans les flux de blanche qui inondent les villes américaines. Ils font équipe avec Francis Vanverberghe, dit « le Belge ». C’est l’âge d’or de la French. L’héroïne marseillaise va faire de Charlot un millionnaire. Kella est à New York, le Corse à Marseille. La capitale mondiale de la drogue.

« Aux États-Unis, se souvient Fiocconi, ils ne voulaient que celle-là. Les Italo-américains n’ont jamais retrouvé la même ».

Les deux amis sont en business avec les Gambino et Cirillo, deux des familles de Cosa Nostra. L’argent coule à flot. Charlot change de voiture tous les trois mois. « Et encore, tous les trois mois, ce n’est même pas sûr ».

Baraka ou pas, ils finiront tout de même derrière les barreaux. Au moment où Charlot passe devant les juges, à New York, le French connection de William Friedkin sort sur les écrans américains. La sentence tombe : 25 ans. Puis 19 ans de plus, à Boston.

Laurent “ Carlito “ Fiocconi, un siècle plus tard…

Don Pedro… L’histoire s’accélère. Au bout de la… quinzième tentative, Fiocconi s’évade du pénitencier de haute sécurité d’Atlanta. Et repart en cavale, à 33 ans. Pour de longues années de clandestinité, en Amérique du sud — et entrecoupées de séjours derrière les barreaux et de deux nouvelles évasions, dont une de La Picota, la prison de maximum sécurité de Bogotá. Au même moment, les Colombiens bouleversent la géopolitique de la came mondiale. Ils font de la cocaïne une activité industrielle.

Forcément, à court de liquidités, Fiocconi s’y met. Et met à profit son réseau — « un des plus beaux du Milieu français », siffle ce policier, admiratif. En Amérique du sud, il est « don Pedro ». Se déplace en avion privé. Pour aller à la banque, il prend une camionnette bourrée de sacs de billets.

Pablo… Cette vie passée à fuir, la DEA (le service anti-stups des Américains) aux trousses, et organiser des livraisons de poudre, Fiocconi l’a racontée dans un livre (1). Il a aussi pratiqué les cartels mexicains. Les rencontres sont nombreuses. Avec Carlos Lehder, le fondateur du cartel de Medellin, dont l’île aux Bahamas servira de plaque tournante à la coke à destination des villes américaines. Celles avec Escobar restent parmi les plus marquantes.

« C’était un mec impressionnant, souffle Charlot, désormais revenu dans son village de la montagne corse. Brillant et très déterminé. Il se moquait de mal finir. Il disait qu’il avait tout eu et tout goûté, ce qui était vrai ».

Pablo Escobar, “ un mec impressionnant “…

Charlot, lui, est un survivant, dans un univers où on ne fait pas de vieux os, après un parcours de près d’un demi-siècle. À la fin de la décennie 80, il sera balancé par Scapula « la balance ». Et une enquête sur 323 kg de cocaïne colombienne lui vaudra une dernière interpellation, en 2003, et 24 mois de prison.

Quand on l’interroge sur le jugement dernier, Charlot esquisse un sourire. Quand il se présentera devant Dieu, il lui dira quoi ?

« Ce que je lui dirais ? Que j’ai fait de mon mieux ! Voilà. De mon mieux avec ce qu’on m’a donné entre les mains ».

Olivier-Jourdan Roulot

(1). Le Colombien, des parrains corses aux cartels de la coke, éditions du Toucan/Manufacture de livres.

La couverture du livre sorti en 2009…
 https://medium.com/france/pas-de-retraite-pour-el-mago-9b2649287485#.htrx5rvfo
000000000000000000000000000000000000000000000000000