Articles Tagués ‘Cessna Grand Caravan’

La Guardia Civil et la Police nationale ont saisi 400 kilos de cocaïne dans un Cessna « Grand Caravan » à l’aéroport de Fuerteventura.

La drogue a été découverte lorsque les autorités de l’aéroport ont signalé que les passagers de cet avion n’avaient pas satisfait aux formalités d’arrivée.

L’enquête est en cours….

 

0000000000000

Brésil, Bolivie, Paraguay, Argentine, mais il ne faudrait pas non plus oublier le Venezuela, nous rappelle récemment et fort à propos un journal de Miami.

Le Venezuela et ses trafiquants venus acheter des avions à un broker de Floride bien précis.

L’affaire date de quelques années déjà, et c’est bien elle qui est à l’origine de la découverte du trafic et des procédés mis en place pour se munir des avions indispensables, comme vient tout juste de le rappeler ici le Miami New Times sous la signature de Penn Bullock (1). Un journaliste qui, il y a quatre ans, avait écrit un remarquable article sur les sulfureux frères Whittington, coureurs au Mans en 1986 à bord de leur Porsche alors qu’ils traficotaient déjà (l’un des frères créera plus tard World Jet (2). Ceux-là même impliqués dans l’opération Mayan Jaguar dans laquelle s’était illustré notre fameux vendeur « Joao » Malago (voir ici notre épisode 15 et les suivants). Décidément, tout se tient (3) !!!

L’article du jour – orné d’une belle illustration, celle ci-contre à droite) évoque en effet comme point de départ un avion particulier.

Un avion de taille conséquente (il fait plus de 12 mètres de long et pas moins de 15 mètres d’envergure), puisqu’il s’agît d’un Cessna Grand Caravan saisi le 2 novembre 2010 par les autorités honduriennes dans la zone de Las Marías, près de Brus Laguna, région de La Mosquitia, à 650 kilomètres au nord de Tegucigalpa, un fief narco comme on le sait (voir ici les épisodes sur le Honduras). Dans l’appareil, forcé à atterrir après avoir été poursuivi par deux chasseurs honduriens, avaient été retrouvées 25 balles de cocaïne et 75 kilos à part, au total pour 500 kilos de drogue. Lors de l’arrestation de l’appareil, le copilote guatémaltèque avait été tué durant un échange de tirs au sol, et le pilote arrêté, le colombien Mario Fernando Sánchez Cardona. On avait retrouvé à bords trois armes à feu, deux pistolets et un fusil calibre 5,56 mm.

La presse évoquait alors un « bimoteur » et non le grand Cessna (la confusion pouvant provenir de sa taille inhabituelle). Celui-ci, datant de 2002 était immatriculé HK-4669G, dont on retrouve assez vite l’origine américaine (c’était le N665DL) : son certificat de vol US a été radié le 14 octobre 2009 parce que l’avion a été exporté vers cette date-là en Colombie. En somme, cela faisait une année environ qu’il volait dans le pays !!! L’avion avait été vendu aux trafiquants par la société américaine Skyline Enterprises Corp, installée au 8040 NW 156th ter à Miami Lakes. En réalité, Skyline Enterprises avait servi de prête-nom à une autre société Eagle Support Corporation, dirigée par Hector Alfonso Schneider, qui l’avait vendue à une firme d’origine vénézuélienne dont Skyline était le représentant à Miami. L’avion a depuis repris du service, après sa saisie, transféré en 2013 sur l’aéroport général Gustavo Rojas Pinilla de la ville de Tunja.

L’avion posé sur une route de Belize

Lire plus

(1) l’auteur est aussi celui qui avait écrit au sujet de l’impayable et jeune trafiquant d’armes Ephraïm Diveroli,  dont j’ai moult fois raconté l’histoire (ici, il y a 10 épisodes).  C’est devenu un film depuis, d’ailleurs, War Dogs, complètement loufoque, mais pas si éloigné que ça de la réalité.

(2) Les impayables Whittington qui trichaient tout le temps comme le raconte ici  le magazine The Motorhood : « comment ont-ils réussi à financer ces exploits, cependant, est devenu un intérêt croissant parmi les autres coureurs et éventuellement l’IRS (nota : les impôts), aux côtés de la DEA. Nous voulons dire qu’ils étaient clairement riches, mais on ne savait pas d’où venait l’argent et au rythme où ils le dépensaient, il yen avait beaucoup à venir. On savait encore moins que les Whittington avaient acheté une compagnie d’avions pour compte d’autrui et, selon l’ancien historien John Ficarra de Canepa, que deux avions volaient en pleine nuit à l’unisson, que la ligne droite de la route d’Atlanta servait à l’un de piste tandis que l’autre atterrissait dans un aéroport régulier pour couvrir leurs traces. Qu’est-ce qu’ils transportaient? Du hasch, beaucoup, beaucoup de haschich. Ficarra allègue qu’il y avait des zones du circuit on l’on n’avait pas le droit de s’aventurer et où était stocké d’énormes quantités de marijuana – expliquant d’où venait tout ce flux de trésorerie. » Les Whitgtington trichaient sur tout en fait : Les Whittingtons vivaient clairement en dehors des règles, et cette attitude ils l’appliquaient aussi à leurs voitures de course qui courraient sans aucun ou ceux qui ont été trouvés sur les voitures, étaient complètement faux – comme l’a été le remarquable CW. Cobb, distributeur de lotions de bronzage qui se révélera être sera plus tard une coquille vide à 300 millions de dollars. Ils iront même plus loin encore pour embaucher des modèles pour vaporiser des parfums sur des ventilateurs, en prétendant être l’un de leurs sponsors de nouveaux produits, pour une entreprise qui n’existait pas, et en utilisant des étiquettes de marques authentiques. CW Cobb, un distributeur de lotion solaire de Fort Lauderdale qui a été condamné par la suite pour l’organisation d’un gang de contrebande de hasch de 300 millions de dollars, découvert Au cours d’une enquête fédérale baptisée « Opération coup de soleil. » Ils étaient connus pour contourner les règles, comme on l’a appris après qu’une équipe de restauration ayant pris en main la voiture la Kremer 935 КЗ, victorieuse du Mans, et qui a trouvé une grande cavité vide dans le rebord du côté du conducteur. En consultant des mécanos et les membres d’équipage qui ont travaillé sur la voiture après l’avoir déplacée aux États-Unis, il a été révélé qu’un kit d’oxyde d’azote avait été ajouté pour pousser la puissance du moteur, déjà à 750 hp vers les 1000 hp, un système qui aurait détruit complètement le moteur de 40 000 $ avant de franchir la ligne d’arrivée s’il avait été utilisé tout le temps – utilisable pendant un temps court, mais, pas pendant longtemps ». Le procédé du gonflage pari injection à l’azote des moteurs provenant des courses de dragsters.

(3) le procédé n’était pas neuf : en juin 2000 déjà, un grand Cessna Caravan avait servi à transporter de la coke dans les Caraïbes. L’avion venait alors de Haîti, c’était celui de « Air d’Ayiti », société aérienne qui en possédait alors deux, les deux servant à transporter de la coke !!! A l’époque la DEA avait saisi quatre valises de cocaïne d’une valeur de 2,3 millions de dollars. Le verdict du responsable des douanes du moment avait été sans appel : « les événements du week-end sont très importants. Il s’agit d’une preuve concrète que les cartels de la drogue utilisent les Caraïbes pour les opérations de contrebande par air en plus des bateaux et cargos arrivant des Bahamas et d’Haïti « , a déclaré Frank Figueroa, l’agent en chef des douanes à Miami. » Il ne croyait pas si bien dire en effectuant ce qui est devenu depuis une prophétie (en ce qui le concerne, il finira mal lui-même). A gauche le N813MA (ex N880MA) de Air d’Ayiti, prise à Fort Lauderdale. L’avion (208B0505) a fini en Afrique, devenu namibien, car immatriculé V5-TGR (ici à droite en mai 2017  au Windhoek International Airport) après avoir été ZP-PFL, N1129H, YV-734C et N813MA. J’avais évoqué ailleurs son cas : « Parfois, les lâchages ratés d’avions ou le chavirage de chaloupes font le bonheur des plus démunis : « beaucoup de gens dorment le jour le long des 1771 kilomètres de côtes que compte Haïti, particulièrement dans le Sud et le Nord-Ouest. « La nuit, tous les véhicules de luxe qui franchissent les petites villes côtières sont suspects et passibles de fouilles ou d’attaques de paysans », confie un étudiant, qui prend régulièrement part à ces veillées. Tous rêvent de tomber sur un gros arrivage. Dans ces régions, la drogue est larguée de petits avions venant habituellement de Colombie et récupérée par des chaloupes qui abordent sur quelque plage tranquille au nez et à la barbe des autorités. Rien n’est plus facile. Le corps policier, miné par des scandales à répétition, compte moins de 6000 agents répartis pour l’essentiel dans les villes et dépourvus de moyens de locomotion ». « En juin 2000, plusieurs habitants de Grand-Goâve ont profité allègrement de ce mariage tordu. Pendant la nuit, les dealers avaient laissé tomber 2500 kilos de cocaïne sur une plage privée près de cette petite ville de l’ouest de la capitale. Une frénésie incontrôlable s’empara alors des habitants, qui se disputèrent pour mettre la main sur les précieux ballots de poudre blanche. Paysans, pêcheurs et même policiers s’enfuirent à toutes jambes, les bras chargés de sacs de cocaïne. Les autorités n’en confisquèrent finalement que 147 kilos… » En 2000, les autorités US arrêtaient les occupants d’un Cessna 208 d’ Air d’Ayiti qui venait de se poser à Opa Locka : à bord, quatre valises pleines à ras bord de coke. Il y en avait pour 2,3 millions de dollars. Dans deux saisies d’avions du week-end, il y avait pour près de 115 kilos de cocaïne… »

Article précédent:

Coke en stock (CCXXXIII) : la découverte et la chute des fournisseurs d’avions (59)

00000000000000000000000000000000000000000000

 

L’un des avions découvert à la Mosquitia cet été a été plus ou moins cerné comme on l’a vu dans l’épisode précédent : avion de trafiquant décoré comme ceux de surveillance ISR déployée par une énorme entreprise privée profiteuse de guerre. On hésite encore à son sujet. Pour le deuxième, ce ne sera guère mieux, puisque trois solutions vont s’offrir à nous comme on va le voir.

Les trois solutions possibles aboutissant à la même conclusion: le « Grand Caravan » découvert n’a sans doute pas été acheté par les trafiquants…

La grande caravane des narcos

Un Beechraft de l’âge de celui découvert c’est abordable, comme on l’a vu. Mais les narcos auraient-ils investi 1,5 ou 2 millions de dollars dans un Cessna 208, son prix moyen d’occasion ? Pas sûr. Il ont peut-être utilisé une autre méthode. C’est assez surprenant après coup, mais elle fait écho à un article prémonitoire du 13 juin 2010 écrit par La Republica, à la suite d’une circonstance particulière : à Nazca, sur l’aérodrome de María Reiche, un gros Cessna de ce ce type d’Aerodiana (OB-1922-P), ex N2360B (le 208B2099 « exported to Peru ») tout récent, il datait de 2009 !) avait en effet été subtilisé le 10 juin 2010, par des trafiquants qui avaient pris l’équipage (double) en otage. Et tout de suite voici ce qu’on en avait dit Milagros Laura S. : « cet avion est le plus recherché par les trafiquants de drogue Il a la polyvalence.

Le Cessna Grand Caravan peut atterrir sur n’importe quelle surface. Il atteint de grandes hauteurs, dépasse même la chaîne de montagnes, avec une charge pouvant atteindre 1500 kilos.

« Il a également un temps de vol de six heures. Pourquoi ont-ils détourné le Cessna Grand Caravan et pas un autre ? Quelles sont les caractéristiques de cet avion, qui a suscité un grand intérêt pour les pirates de l’aéronautique ? Dans quelle mesure cet avion peut-il être utile pour le trafic de drogue ? Cette machine aérienne, d’une valeur de plus de 2 millions de dollars, a la plus haute capacité de survoler la Cordillère des Andes, l’une des plus grandes difficultés des autres avions de même type. Un autre avantage de cet avion  réside dans le fait qu’il peut atterrir sur n’importe quelle surface, même s’il ne dispose pas de mesures d’atterrissage de base telles que l’éclairage. »

LIRE PLUS

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-ccxxvii-la-reorientation-du-trafic-le-honduras-comme-premiere-destination-aerienne-5/

00000000000