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DNRED (Douane Française): «refonder les opérations douanières», c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais sans assumer le passé, comment réformer efficacement?

Publié: 27 mai 2017 par Marc Fievet dans 36, AFRIQUE, Albanie, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Cocaïne, Colombie, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guadeloupe, Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, MAFIA, Maroc, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Pakistan, Pays de transit, Pays producteurs, Pays-Bas, Police, Policia, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, TRACFIN, UAR, Venezuela
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« Refonder les opérations douanières », c’est l’objectif de Rodolphe Gintz…Mais… Sera-t-il plus compétent et courageux que ses prédécesseurs Duhamel, Auvigne, Mongin, Fournel et Crocquevieille qui n’ont su démontrer qu’incompétence caractérisée et lâcheté confirmée!

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Retour sur une action d’infiltration de la DNRED

GIBRALTAR – 1993

gibraltar55

Infiltration débutée en février 1993 :
Début février 1993,  Marc Fievet, enregistré comme NS 55 DNRED est présenté à Gibraltar à Mario Marroni par  des membres des familles Victori et Sheldon, contrebandiers connus sur Gibraltar, et déjà signalés à Christian Gatard, chef d’échelon DNRED de Nantes.

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Claudio Pasquale Locatelli

AKA

Mario Marroni

 Mariano Zizzi

Mario de Madrid

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Christian Gatard 

Photo: http://www.ouest-france.fr/jai-recrute-le-vrai-heros-du-film-gibraltar-1659460

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Le signalement de Mario Marroni à Christian Gatard, chef d’Echelon DNRED à Nantes, sera effectué avec envoi des détails du faux passeport utilisé par Marroni.

Le samedi 13 février 1993, Christian Gatard annonce à NS 55 qu’il descend  voir le mercredi 17 février 1993 Michel Rotard, le douanier sous couverture, associé du restaurant St Georges.

rotard Restaurant Saint Georges – Estepona (Andalousie)

Michel Rotard (de profil), l’agent de la DNRED, avec Marc Fievet

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Le chef de l’échelon de la DNRED Nantes, Christian Gatard, s’intéresse à l’opération en projet avec Mario que NS 55 lui relate dans le détail.

NS 55 lui demande assistance pour l’aider à déménager du Saint Georges avec l’aide de douaniers français, pour éviter que les hommes de Carlos Ferran, le responsable du GAL ne puisse le positionner. En effet ce dernier pouvait utiliser les services du commissaire Ricardo Kohl d’Estepona pour éventuellement le rechercher. Carlos Ferran savait que NS 55 travaillait pour la douane française, suite aux informations transmises par la police espagnole et comme NS 55 commençait à sérieusement perturber ses trafics (Saisie de 500 kgs de cannabis sur le Scarab de Daudet AKA Roger Martens par le SVA).

Pour mémoire, le narcotrafic des « GAL » était couvert par la police espagnole et la Guardia Civil en récompense des services rendus!

M/V MELOR (Ex LARISSA)

Financé par John Short, narcotrafiquant anglais et par la Douane française.

Mars 1993 :

Signalement à Christian Gatard du premier chargement (1 600 kg de cannabis) par le M/V MELOR, pour le compte de Mario Marroni à destination du sud Italie (livraison au large de Brindisi).

Christian Gatard ne signalera pas ce voyage aux autorités italiennes qui aurait compromis l’action d’infiltration en cours au sein de l’organisation de ce Mario Marroni (Locatelli).

Intervention de Jean-Paul Garcia, attaché des douanes à Madrid, en charge des relations avec Malte, pour faire en sorte que le navire Melor qui après livraison s’était réfugié à Malte (port de La Valette) pour se mettre à l’abri d’une tempête, soit autorisé à quitter le port sans devoir passer les contrôles techniques exigées par la règlementation maritime et les autorités locales.

Mars 1993 :

NS 55 doit se sortir seul de son action d’infiltration au sein de L’IRA débutée en avril 1992 avec les autorités anglaises du HM Customs Excise.

Signalement à Christian Gatard d’un chargement à destination de l’Angleterre de 12 tonnes de cannabis organisé par Marroni (chargement récupéré au large du Cap Vert). Cette livraison a échoué et à la suite de cet échec, NS 55 s’est rendu à Milford Haven, dans le sud du Pays de Galles en Cornouailles à la demande de Mario Marroni (Locatelli) pour demander à l’équipage de ramener le bateau Almeer 3 à Cadix (Espagne). Déplacement en Angleterre préalablement signalé à Christian Gatard pour que les autorités anglaises soient avisées.

L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e ScamarcioMY Poseidon

Signalement de l’acquisition par Mario Marroni (Locatelli) du Poséidon (Navire Hopital transformé en Yacht – 75 mètres) lors d’une réunion de travail (une journée entière) à Barcelone à Christian Gatard et Jo Le Squert: les photos et plans du navire ainsi que sa localisation dans une darse d’un chantier hollandais ont été communiqué lors de cette journée.

Lors de cette journée, NS 55 a informé ses interlocuteurs de tous les détails qu’il avait pu recueillir au contact de Mario Marroni.

NS 55 constate que le dénommé Marroni n’a pas encore été identifié…  Christian Gatard répond que la chose n’est  pas aisée car il devait prendre un maximun de précautions pour ne pas alerter les autres services.

Christian Gatard informe NS 55 qu’il ne peut pas lui envoyer des agents de l’échelon DNRED de Nantes pour l’aider à déménager.

Avril 1993 :

Signalement du deuxième voyage de 2 000 Kgs de cannabis sur Cagliari (Sardaigne) en route vers Djibouti assuré par le Melor pour le compte de Marroni.

Alors que NS 55 lui avait demandé de faire « sauter » ce chargement; Christian Gatard refusera invoquant que, questionné par la Guardia di Finanza, il avait déjà répondu aux autorités italiennes qu’il ne connaissait pas le navire MELOR et qu’il ne connaissait pas Marc Fievet.

Mai 1993 :
Marroni fait établir un passeport français au nom Charles Henri de Bossieu avec la photo de Marc Fievet (passeport établi en mai 1993). Ce passeport a été immédiatement signalé à Christian Gatard à qui une copie a été remise.

Juin 1993 : MELOR

Signalement à Christian Gatard du chargement de 32 000 Kgs de cannabis sur le Melor au large de Djibouti par transbordement à destination du Nord atlantique via le cap de bonne espérance.
NS 55 signale son voyage sur Le Caire pour arranger le transit du canal de Suez puis du voyage sur Djibouti pour présenter l’homme de confiance de Mario Marroni et le faire monter à bord du Melor.

NS 55 a voyagé avec l’identité de Charles Henri de Bossieu et il est descendu au Sofitel de Djibouti.

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roissy

NS 55 fait un compte rendu à trois agents de la DNRED à son retour de Djibouti à l’aéroport de Roissy.

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mousson-so-nePour des raisons météorologiques (La mousson) et manque de puissance du moteur du Melor, le chargement  de 32 tonnes de cannabis afghan a été transféré sur un « supplyer » venu de Muscat (Oman), le transfèrement a été effectué derrière l’ile de Socotra (Yemen). Ce transfèrement a été signalé aux douanes françaises qui ont en outre été en mesure de suivre la marchandise grâce au télex ouvert au nom de Rio Plata ldt (la compagnie off shore de Gibraltar parfaitement connue des douanes) qui se trouvait à bord du Melor et qui a été transféré sur le supplyer avec l’homme de confiance de Marroni.

Les douanes ont pu récupérer tous les éléments de contact ayant transités par ce télex (les factures avec la liste des numéros entrants et sortants ont été remises en main propre à Jean Paul Garcia, attaché des douanes françaises à Madrid (Espagne).

Les numéros contactés parleront: des échanges avec un télex dans le Var en France mais sur liste rouge…Et de nombreux échanges avec une grande banque de New York!

Sur ces 32 tonnes, 27 tonnes ont été saisies par les autorités canadiennes (Opération Cutknife II) et 5 tonnes par les autorités anglaises (Opération Schema).

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Juillet/août 1993 :

Signalement d’un rendez-vous avec Graham, une personne d’origine australienne, vivant sur la Côte d’Azur qui souhaitait recourir aux services de Locatelli pour transporter du cannabis.

Ce rendez-vous s’est tenu à l’Hôtel Meurice à Paris. Joseph Le Louarn, le patron de la DNRED, refusera de couvrir le rdv avec les moyens parisiens (Dixit Christian Gatard), information qui n’a été donnée que la veille à NS 55.

Christian Gatard fera descendre des hommes des échelons DNRED de Nantes et Lille  sans les « contacts » avec le portier et le personnel de cet hôtel. Au final, l’australien Graham et son acolyte Gil ne seront même pas pris en photo alors que NS 55 les a  rencontrés comme cela était prévu et signalé.

Septembre 1993 :

Christian Gatard descend spécialement à Malaga pour annoncer à NS 55 lors d’un rdv au Parador de Malaga que Marroni n’est autre que Locatelli, lequel est en cavale et recherché par les autorités françaises en raison d’une évasion de la prison de Grasse, 4 ans plus tôt.
Lors de ce rendez-vous, NS 55 précise et confirme à Christian Gatard la mise en route d’une opération consistant, dans un premier temps, à charger + ou – 5 000 Kgs de cocaïne au large de la Colombie à destination du Canada puis, au retour, de recharger 10 tonnes de cocaïne prévues pour être déchargées à Propriano en Corse.

Le bateau prévu pour réaliser ces opérations est le Poséidon, déjà signalé.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

Fin septembre/octobre 1993 :
Signalement de la prise en charge préalable par le Poseidon de cannabis au large de Tanger, pour livraison initialement au Canada mais finalement, dérouté vers l’Angleterre (membre de l’équipage malade).

Novembre 1993 :

concordelafayetteDans le cadre du suivi de l’opération signalée plus haut, NS 55 de retour de Londres, rencontre Joseph Le Louarn (directeur de la DNRED, successeur de Jean Henri Hoguet) et Christian Gatard au Concorde Lafayette de Paris pour évoquer le voyage en « cours » du Poseidon. La veille au soir, NS 55 a diné avec Hervé Maigner et la collaboratrice de Christian Gatard prénommée Nicole. Lors du rdv avec Le Louarn et Gatard, il a été abordé et convenu qu’il semblait indispensable que NS 55 réclame une rémunération à Locatelli en raison de la réussite des deux livraisons intermédiaires dont, notamment, celle qui devait délivrer 5 000 Kgs de cocaïne au Canada.

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Joseph Le Louarn

Joseph Le Louarn était d’accord pour blanchir 2 000 000 US$ que NS 55 estimait nécessaire de réclamer à Locatelli. Le nom du banquier Weber (ancien DG des douanes et alors directeur du Crédit Mutuel d’Alsace) avait été retenu pour assurer les opérations de blanchiment.

Marc Fievet (NS 55) a demandé expressément à Joseph Le Louarn qu’il le fasse sortir de cette spirale infernale qu’il ne contrôlait plus.

Joseph Le Louarn n’a même pas relevé, lui rétorquant seulement que ce serait préférable qu’il fasse atterrir la quantité prévue à Propiano, sur Marseille où, là, lui a t’il dit, la Douane française disposait de moyens plus conséquents….

A la suite de cette réunion, c’est le douanier Francis Geoffroy qui a été chargé de  conduire NS 55 à Orly pour reprendre un avion sur Gibraltar où NS 55 devait présenter l’avocat de Locatelli dénommé Pascuale Ciolla au Banco Atlantico pour faire blanchir quelques milliards de lires destinés à l’acquisition du Pacifico, un cargo de 150 mètres.
NS 55 a signalé l’acquisition du Pacifico et les conditions de son acquisition à Messieurs Joseph Le Louarn et Christian Gatard lors de ce rendez-vous à Paris.

Les Douanes françaises (DNRED) connaissaient l’ensemble du projet d’acquisition du Pacifico dont, en particulier, le fait que Locatelli l’avait fait acheter par un Hollandais du nom de Ralph De Groot à Gdansk (Pologne).

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Novembre/décembre 1993 :

MS Avenger F-185

Lorsque le Poséidon est arraisonné au milieu de l’Atlantique par l’Avenger, un destroyer anglais, Claudio Locatelli emmène NS 55 en « cavale » avec lui.

A Westland Lynx

C’est John Hector du HM Customs-Excise qui sera le premier a être hélitreuillé sur le Poséidon.L'infiltrato di Julien Leclercq. The Informant, con Lellouche, Rahim e Scamarcio

M/V POSEIDON

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pacificoL’EVE PACIFIQUE qui deviendra le PACIFICO dans un chantier de Gdansk (Pologne)

NS 55 prévient Christian Gatard, et reste en contact avec lui en lui demandant de dire aux autorités anglaises de ne pas le « ménager », vu la précarité de sa situation. Dans les semaines qui suivent, NS 55 informe Christian Gatard que  Claudio Locatelli, après l’arraisonnement du Poséidon par les autorités anglaises, a décidé de substituer au Poséidon,  le Pacifico et qu’il lui a fait acheter un yacht de 27 mètres à Palma de Majorque du nom de Sea Harmony auprès d’une compagnie off shore de Jersey.

Palma de Majorque

Signalement du Sea Harmony et communication à Christian Gatard de l’identité de toutes les personnes que NS 55 rencontre et de tous les renseignements que NS 55 peut glaner à cette occasion.

M/Y Sea Harmony

En particulier, le signalement d’ un dénommé Leblanc, ressortissant canadien, en visite à Benalmadena costa, qui d’ailleurs sera arrêté plus tard par les autorités canadiennes lors de la saisie du Pacifico.

NS 55 a fourni une photocopie de son passeport au nom de Charles Henri de Bossieu pour que la transaction soit enregistrée à Jersey; Christian Gatard décide alors d’envoyer Hervé Maignier (Divisionnaire de la Douane, Echelon DNRED de Nantes) à Jersey pour faire noircir cette photocopie pour que la photo qui y figure ne permette pas aux autorités anglaises de le reconnaître et d’orienter les poursuites sur Marc Fievet – NS 55.

Hervé Maignier indiquera au téléphone qu’il a pu rencontrer les responsables du Customs de Jersey et réussir à rendre invisible la photo sur les documents enregistrant l’acquisition de ce yacht qui devait être utilisé pour transborder les 10 000 kilos de cocaïne du cargo Pacifico vers la Corse.

sea harmonyM/Y Sea Harmony

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Février 1994 :
Le Pacifico a été intercepté en février 1994, par les autorités canadiennes. NS 55 a téléphoné à Christian Gatard à 03 H 00 pour l’en informer et sa  réponse a été: « Mais bon sang, c’est pas possible, vous êtes infiltrés… ».

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Mars/juillet 1994 :

DEAA la suite de cette interception et ayant pris conscience que l’infiltration de NS 55 intéressait de nombreux Etats, il a été décidé avec Christian Gatard de rencontrer les responsables du DEA.

NS 55 a continué à donner les informations en sa possession sur Claudio Pasquale Locatelli directement aux enquêteurs du DEA Paris (David May), du DEA Rome et de la police italienne, à l’occasion de séances de travail qui se sont tenues 4 fois sur Paris et une fois sur Nantes, en présence des douaniers Jo Le Squert  et Hervé Maignier.

Le DEA savait depuis l'opération DINERO!

     DEA David May

Les agents du DEA n’informeront pas NS 55 que leur opération DINERO (DNRED: retour sur l’Opération Dinero.) est en cours sur l’organisation Locatelli depuis le milieu de l’année 1992.

A l’époque, le DEA a défrayé NS 55 de ses voyages à Saint Martin (WI) à hauteur de 10.000$ US en deux versements en cash faits devant les douaniers Le Squert et Maignier à l’ambassade américaine de Paris.

NS 55 était entré à l’ambassade avec son identité de Charles Henri de Bossieu accompagné de Le Squert et Maignier.

Le reçu de ces versements a été établi au nom de Marc Fievet, sans qu’il ne lui soit donné un double.

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Rencontre avec le nouveau patron de la DNRED, Bernard Puyanet en compagnie de Christian Gatard, courant mai, dans un café de la Bastille.

Bernard Puyanet  proposera 3.000.000 de francs à NS 55 s’il réussissait à faire charger quelques tonnes de cocaïne sur le Sea Harmony.

Marc Fievet, infiltré dans l’organisation Locatelli jusqu’au 23 septembre 1994, date de son arrestation à Fuengirola par la police espagnole suite activation du mandat Interpol par les autorités anglaises et canadiennes, restera 3888 jours dans des prisons espagnoles, anglaises, canadiennes et françaises.

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Marie-France Vergara du consulat de France de Séville visitera Marc Fievet à la prison d’Alhaurin de la Torre suite à la demande de Jean Paul Garcia, attaché de la douane française à Madrid.

Jean Paul Garcia visitera Marc Fievet à la Prison d’Alhaurin de la Torre (Malaga) et lui précisera que c’est l’ambassade de France qui va gérer son dossier.

Jean Paul Garcia témoignera devant « l’audience nationale » en faveur de Marc Fievet lors du jugement devant décider de ses extraditions vers l’Angleterre et le Canada.

Michel Charasse (ex ministre du budget), contacté par Marc Fievet, ne fera rien.

Le directeur général de la douane française, Jean Luc Vialla, informé, laissera pourrir la situation.

Pierre Mathieu Duhamel, directeur de la douane française,  rencontre Madame Strachan, la directrice générale du « HM Customs-Excise » à Stockholm (Suède) pour aborder la situation de Marc Fievet.

Philippe Galy, attaché de la douane française à Londres visite de nombreuses fois Marc Fievet dans différentes prisons anglaises et pratiquera le chantage pour obtenir son plaidoyer de culpabilité en Angleterre. (Si vous ne plaidez pas coupable, on s’arrangera pour vous en faire prendre pour 10 ans! (SIC)).

Jean Puons, le DI de la DNRED, rencontre  Marc Fievet dans les prisons françaises et demande une intervention du DG François Auvigne.

François Auvigne, inspecteur des finances, directeur général de la douane française, dit à Jean Puons qu’il ne veut plus entendre parler de ce Marc Fievet et refuse d’assumer les promesses émises par ses prédécesseurs écartant ainsi toute continuité du service de l’Etat!

ÉCOUTER:

INTERVIEW de Marc Fievet sur France Bleu Nord.

Lire et écouter:

Mais qui est donc l’énarque inspecteur général des finances François Auvigne? Un salaud qui s’est planqué derrière les textes? par Marc Fievet AKA « NS 55 DNRED ».

Écouter:

FRANCE (Bercy – Ministère des finances): confidences de NS 55 à bord d’un camping-car….

***

PLUS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

Toutes informations complémentaires et précisions supplémentaires sur cette opération en écrivant  à  marcfievet@live.fr  ou par contact au 0684303181

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DNRED (Douane Française): en attente de nouveaux danseurs au bal des maudits

Publié: 25 mai 2017 par Marc Fievet dans 36, BAN, Blanchiment, CELTIC, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, France, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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EXTRAIT d’ « Une hiérarchie saisie sur le vif » par Emmanuel Fansten

A sa tête pendant six ans, Jean-Paul Garcia a été discrètement écarté et attend toujours un successeur.

Deux piliers du service juridique, Jean-Pierre Balsamo et Jean-Michel Pillon, en charge notamment des techniques d’enquête (aviseurs, infiltrations…), ont également été mis sur la touche.

Le premier était pourtant pressenti pour remplacer Garcia à la tête de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières.

Magalie Noël, quant à elle, exfiltrée à Reims par souci d’apaisement, est soupçonnée d’avoir couvert les trafics parallèles de certains aviseurs, qui permettaient au service de réaliser ses plus belles affaires.

Même la directrice générale de la maison, Hélène Crocquevieille, a été priée de faire ses valises.

Ce renouvellement sans précédent de l’équipe dirigeante marque la fin d’une époque. «C’est le fonctionnement global de la DNRED qui doit être revu», a d’ailleurs prévenu le nouveau directeur général des douanes, Rodolphe Gintz, nommé en février pour incarner le changement.

lire:http://www.liberation.fr/france/2017/05/24/une-hierarchie-saisie-sur-le-vif_1572057

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Image associée

Le port du Havre

La carrière de Zoran Petrovic débute il y a près de trente ans.

Condamné plusieurs fois pour vols et séjours irréguliers en France, le Serbe est «tamponné» dès la fin des années 90 par la brigade de répression du banditisme, avec qui il entame une collaboration régulière. Mais c’est surtout avec les douanes que Zoran Petrovic va réaliser ses plus belles affaires à partir de 2007. Très introduit dans le milieu yougoslave et la mafia chinoise, il fait principalement dans la contrefaçon de produits alimentaires, vestimentaires et pharmaceutiques. Selon des fiches de renseignement interne, sa fiabilité est alors jugée «très bonne». Charismatique, l’homme a la réputation d’être capable de se fondre dans tous les milieux. Ses connexions dans les Balkans lui permettent d’avoir un pied dans le trafic d’armes. En novembre 2013, les douanes saisissent ainsi neuf kalachnikovs et 18 chargeurs grâce à un de ses tuyaux.

Entre-temps, Zoran Petrovic est aussi devenu une source occasionnelle du renseignement intérieur. Pour compléter le tableau, son nom apparaît en marge du dossier «Opéra», portant sur l’importation de plusieurs centaines de kilos de cocaïne via le port du Havre, en lien avec un cartel colombien. Cette opération n’aurait finalement jamais vu le jour, mais Zoran Petrovic sera à nouveau sollicité dans le cadre d’un autre dossier de stups, cette fois pour aider des douaniers à écouler discrètement plusieurs kilos de came.

lire le portrait Par Emmanuel Fansten : http://www.liberation.fr/france/2017/05/24/l-indic-qui-a-coule-les-douanes_1572060

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DNRED (action d’infiltration): l’exception française

Publié: 23 mai 2017 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, AFRIQUE, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, AMERIQUE du SUD, ASIE, Balkans, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, Cannabis - Hachis - Haschich, Cocaïne, Colombie, Customs and Border Protection, DEA (USA), DNRED, Espagne, EUROPE, France, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guatemala, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Irlande, Italie, Justice, Maroc, Martinique, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Pakistan, Panama, Pays-Bas, Policia, Santo Domingo, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, Suisse, SVA, TRACFIN, Turquie, Venezuela
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L’infiltration des grands réseaux mafieux est un travail à haut risque et ne permet aucune erreur de la part de l’élément infiltré.

La mort est souvent la résultante directe des bévues commises parfois involontairement et, la récompense, comme la reconnaissance des institutions publiques sont inexistantes.

La justice quant à elle ne fait pas preuve de discernement dans ses décisions. La France restant en effet, le seul pays à refuser de considérer la spécificité des « actions » des « Services », qui ne bénéficient d’aucune juridiction où cette particularité serait prise en compte.

On s’en remet à la « sagesse » d’une des trois cents juridictions différentes qui peuvent traiter ces affaires et se voient alors très souvent opposer le secret défense!

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SECRET DÉFENSE: en France, la guerre entre la DNRED et l’OCRTIS torpille la lutte antidrogue

Publié: 23 mai 2017 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Amphétamines, Blanchiment, Cannabis - Hachis - Haschich, Cocaïne, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, Guardia Civil, INTERPOL, Justice, Maroc, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Pays de transit, Pays producteurs, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Opérations éventées, enquêteurs en garde à vue 

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La justice joue les arbitres dans ce conflit entre services et va se heurter au Secret Défense, comme la Juge Sophie Clément s’y était heurté, en 2005 (Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005 – NOR: CSDX0508078V) dans l’affaire Fievet – NS 55 DNRED, sans obtenir la levée de cette mesure totalement abusive… (DOUANE FRANÇAISE (DNRED): le dossier de Marc Fievet est classé secret défense…Pourquoi?). 

Un an et demi plus tard, l’ affaire, qui a conduit une dizaine de personnes en détention et la crème de la police antidrogue en garde à vue, vient de s’enrichir d’un nouveau chapitre avec la découverte par le juge Baudoin Thouvenot d’un dossier secret des douanes baptisé « Monster River » et un dossier « Secret défense » prouve qu’une enquête Sofiane Hambli  (Photo de droite) était en cours depuis mars 2015.

Lire plus: http://www.lejdd.fr/societe/la-guerre-des-polices-torpille-la-lutte-antidrogue-3337214

Lire aussi:

FRANCE (DNRED – Douane française): l’indic qui a coulé les douanes

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ESPAGNE (Campo de Gibraltar): rien n’a changé en 30 ans…

Publié: 3 mai 2017 par Marc Fievet dans Cannabis - Hachis - Haschich, DG de la Douane française, DNRED, Drogues, Espagne, EUROPE, Guardia Civil, Maroc, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, NS 55, Pays de transit, Pays producteurs, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA
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« La sensation d’impunité est totale », se désole Juan Franco, maire de La Linea de la Concepcion, commune la plus touchée.

Dans cette ville de 65.000 habitants frontalière de l’enclave sous administration britannique de Gibraltar, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase » remonte au 16 avril, raconte Raul Zambrano, de l’Association espagnole de gardes civils (AEGC).

Indigné, il montre une vidéo sur son téléphone portable: des hommes cagoulés débarquent une cargaison de haschich, en pleine journée, dans le port de pêche de La Linea, tandis que dans les rues voisines, une centaine de personnes caillassent sept agents qui tentent d’empêcher la livraison des deux « narco-bateaux ».

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« Comme l’administration n’a rien fait, ils pensent que c’est un droit acquis », dénonce Raul Zambrano.

Les bateaux chargés de haschich en provenance du Maroc « arrivent à toute heure », confirme un trentenaire qui travaille à quelques dizaines de kilomètres et refuse de donner son nom.

L’opération, explique-t-il, est bien rôdée: « Il y a toujours une équipe d’hommes, les uns pour recevoir les cargaisons, les autres pour la transporter dans des voitures, d’autres pour la garder ».

‘David contre Goliath’

« Leurs bateaux peuvent atteindre 65 noeuds de vitesse , les nôtres 45 pour le plus rapide », précise José Encinas.

« C’est une guerre sans égal, de David contre Goliath », affirme Raul Zambrano. Les deux associations de gardes civils réclament au moins 200 agents supplémentaires pour surveiller la région.

A La Linea, « la police dispose de six véhicules, mais cinq sont à l’ atelier « , témoigne aussi Juan Franco, qui demande à l’Etat d’intervenir car la mairie est « ruinée » et n’a « ni les compétences ni les moyens ».

LIRE PLUS:

http://www.levif.be/actualite/international/espagne-sur-les-plages-du-detroit-de-gibraltar-les-narcos-narguent-la-police/article-normal-654511.html

Bataille en mer: chaque jour le SVA et la Guardia Civil livrent un combat sans merci aux narcotrafiquants!

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Depuis le mois de décembre, la CGT avait demandé à la Direction générale une audience chez le Ministre au sujet de la DNRED. Il aura fallu un nouveau Directeur général pour prendre conscience de la gravité de la situation et enfin obtenir ce que nous demandions.

A la demande de la CGT, l’ensemble des organisations syndicales ont été reçues par Messieurs Eckert et Gintz ce matin afin d’évoquer la situation actuelle à la DNRED.

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Le Ministre a tout d’abord souhaité réaffirmer sa confiance dans la Douane et a rappelé que tout était fait dans le souci du respect des agents.

Le DG a exposé les propositions qui ont été faites afin de mettre fin aux dysfonctionnements importants de cette direction :

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Changement de direction à la DNRED (un nouveau d’ici 1 mois), la DOD, les bureaux D et D 3 de la DG.

La DNRED est désormais directement rattachée au Directeur Général:

  • Fonctionnement collégial dans les processus décisionnels
  • Mise en place d’un plan de contrôle interne
  • Sécurisation des procédures
  • Refondation des processus de recrutement et de formation professionnelle y compris dans l’encadrement
  • Mise en place d’une cellule de soutien psychologique pour les agents engagés dans des opérations à haut risques.

Le DG a également reconnu qu’il était plus que nécessaire de repenser la logique des résultats, la « politique du chiffre », qui comme la CGT le dénonce depuis déjà longtemps, n’est pas sans lien avec les événements dramatiques dont il est question aujourd’hui. Il a rappelé que si on ne s’interrogeait pas sur la manière dont étaient faits les chiffres, il existait forcément un risque.

A la demande de la CGT, le Ministre a accepté que ce plan de refondation soit piloté au niveau de la direction générale et non de la DNRED seule.

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Rodolphe Gintz, DG de la douane française

La CGT n’a pu que se féliciter des décisions prises par le Directeur puisque nous demandions, dès le mois de décembre, à ce que l’ensemble du commandement opérationnel soit mis face à ses responsabilités.

Toutefois, et parce que nous ne pouvons ignorer que si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que cette affaire a été judiciarisée, nous voulons être sûrs que ces propositions ne seront pas que contextuelles.

La CGT rappelle également l’effet pervers de cette course aux résultats sur l’ensemble des services douaniers.

La CGT a demandé, au regard du contexte, le remplacement immédiat du médecin de prévention, la titulaire étant absente depuis de nombreux mois. Le Ministère a dit en faire une priorité. De même, la CGT a exigé que tous les DUERP soient faits et mis à jour. Le Ministère a bien entendu accepté.

La CGT a demandé la communication du rapport de l’IS utilisés lors des différentes GAV. Nous avons également demandé la communication de la lettre de mission du directeur inter-régional, signée de l’ancienne Directrice générale (Hélène Crocquevieille).
La CGT a également demandé à ce que les organisations syndicales soient auditionnées par l’Inspection des Services, ce que la DG a accepté.

Nous exigeons enfin que les collègues soumis à un interrogatoire écrit soit désormais accompagnés par un représentant syndical. En effet, ces interrogatoires, si suites juridiques il y a, sont transmis aux services de la police et de la justice. 
Ainsi, et tant que cette revendication n’aura pas abouti, nous invitons tous les collègues à invoquer leur droit au silence lors d’éventuels interrogatoires et ce, quelque soit le contexte.

La délégation du SNAD CGT

Source

https://www.cgtdouanes.fr/missions/surveillance/article/dnred-audience-chez-le-ministre

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Jean Paul Garcia, le directeur de la  DNRED (direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières), l’équivalent de la DGSE pour Bercy, a donc dû quitter son poste sur demande de Christian Eckert. 

La DOD dans le collimateur 

Deux directeurs de la direction des opérations douanières et un chef d’antenne régionale étaient en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds publics et importation frauduleuse de 43 tonnes de café de contrebande. Le tout, sur fond de caisse noire découverte au Havre…

Lire

https://www.franceinter.fr/justice/grand-nettoyage-a-la-tete-des-douanes-francaises

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Erwan Guilmin et Magalie Noël, numéro 1 et numéro 2 de la direction des opérations douanières, sont toujours en garde à vue ce jeudi soir à Paris. Les deux cadres du service le plus prestigieux et le plus secret sont suspectés d’avoir, au moins, cautionné l’importation frauduleuse de café de contrebande, avec pour objectif de faire grimper leurs statiques en 2015.

Lire

https://www.franceinter.fr/justice/faux-marche-de-cafe-deux-hauts-cadres-de-la-douane-en-garde-a-vue

Lire aussi: http://m.20minutes.fr/societe/2054467-20170421-deux-cadres-douane-mis-examen-pratiques-enquete-illegales

http://www.ouest-france.fr/normandie/le-havre-76600/le-havre-deux-hauts-responsables-des-douanes-mis-en-examen-4942363

http://mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2017/04/21/pratiques-d-enquete-illegales-mise-en-examen-de-deux-hauts-responsables-des-douanes_5115358_1653578.html?xtref=acc_dir

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DNRED versus OCRTIS: le dossier s’enliserait-il?

Publié: 9 avril 2017 par Marc Fievet dans 36, BAN, Blanchiment, CELTIC, Cocaïne, Cyberdouane, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, Gendarmerie, Guardia Civil, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Lire ou re lire cet article d’Emmanuel Fansten paru le 25 janvier 2017 dans Libération. 

Une bande audio réalisée lors d’une réunion à la direction du renseignement des douanes met en cause François Thierry, ex-patron de la lutte antidrogue soupçonné d’avoir récupéré des valises de came à Roissy.

C’est un enregistrement clandestin longtemps resté secret. Une bande audio explosive, versée à la justice et authentifiée par un huissier, qui révèle un nouvel épisode de la guerre des services au sommet de l’Etat et illustre les méthodes troubles de l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry. Déjà visé par plusieurs procédures judiciaires et aujourd’hui en poste à la Sous-direction antiterroriste (Sdat), le commissaire est soupçonné d’avoir personnellement récupéré des valises de drogue à l’aéroport de Roissy, en dehors de toute procédure judiciaire. A l’époque, les accusations d’une douanière auraient été étouffées par les policiers.

Grand flic

La scène se déroule le 21 septembre 2010. La veille, une informatrice de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été interpellée par l’Ocrtis, provoquant un pataquès judiciaire et une crise ouverte entre les deux services rivaux. Une réunion est alors organisée en urgence par le patron de la Division des recherches, Roger Combes, au siège de la DNRED, situé à l’époque rue de Charonne, dans le XIe arrondissement de Paris. Autour de lui, ont pris place son adjoint, Claude Lubrano, le responsable de la division des recherches de Paris, Philippe Gozard, ainsi que quatre enquêteurs de l’équipe «stups» des douanes. Soucieux de garder une trace en cas de problème, un des participants enregistre discrètement l’échange. Au fil de cette longue discussion à sept voix, la conversation dévie sur François Thierry. Après avoir passé plusieurs années à la tête du Service interministériel d’assistance technique (Siat), l’unité ultraconfidentielle qui chapeaute tous les agents infiltrés, le grand flic a été nommé cinq mois plus tôt à la tête de l’Ocrtis. Plusieurs douaniers s’étonnent de sa présence régulière à Roissy.

«- Oui mais bon, ça, on fait avec , tempère Philippe Gozard. Et puis ça existe, et puis on peut pas faire, on peut pas faire autrement. François Thierry a été, même en temps que patron du Siat, il allait chercher les… les valises à l’aéroport.

– En plus directement, réagit un agent.

– Ah bah ça, on l’a vu, enchaîne une autre. Il est parti avec sa valise vert-fluo, 50 kg dedans, et encore, 50 kg, je suis généreuse.

– Le problème, c’est qu’il est flic, s’étrangle Roger Combes.

– Mais oui, mais on n’est pas là pour le balancer non plus, moi je suis pas l’inquisiteur.

– C’est ça, le souci, c’est que ce mec-là, tout le monde sait.

– Le jour où il tombera, j’aurai ma conscience, c’est pas moi qui l’aurai balancé, parce que j’en ai rien à foutre, il vit sa vie. Rien à caguer.

– Et il n’empêche que ce mec-là, c’est le patron de l’Office des stups. Et quand il va voir le magistrat, le magistrat lui mange sur la main (sic).»

Quelques mois après cette réunion, à la suite d’un mystérieux courrier anonyme dénonçant les pratiques des douaniers, une enquête préliminaire est ouverte en novembre 2011, confiée à… l’Ocrtis. Soupçonnés d’avoir détourné de la drogue afin de rémunérer des indics, plusieurs agents de la DNRED sont mis en examen, dont la plupart de ceux qui se plaignaient de François Thierry. Mais dans les auditions, il n’est étrangement fait nulle part mention des valises transportées par le commissaire. «L’Ocrtis n’a pas voulu acter mes déclarations à ce propos», expliquera trois ans plus tard une des douanières mises en examen, Patricia B., lors d’une confrontation devant le juge Hervé Robert. A cette occasion, cette dernière confirme qu’elle s’est bien retrouvée nez à nez face à François Thierry, notamment le 6 février 2010, et qu’un de ses collègues en poste à Roissy lui a affirmé que le patron des Stups était là «toutes les semaines».

Surpris, le magistrat convoque trois jours plus tard François Thierry pour recueillir ses explications. «Je n’ai aucun souvenir de l’événement rapporté», commence par se défendre le commissaire, avant d’envisager trois hypothèses, «si tant est que j’ai bien été là ce jour-là». Première hypothèse : une «livraison surveillée» classique, technique qui permet de faire passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat afin de piéger des trafiquants. Mais vérification faite, aucune procédure judiciaire de ce type n’était ouverte à l’époque des faits. Deuxième hypothèse avancée par Thierry : il s’agissait d’un «exercice conduit au titre d’une opération factice». Troisième et dernière hypothèse, plus baroque encore que la précédente : l’opération visait en fait à «crédibiliser» un gros indic du service en l’aidant à faire passer de la marchandise, fausse évidemment, afin de faire croire à ses complices qu’il disposait d’une sortie à l’aéroport de Roissy. «Très ponctuellement, pour cet informateur, nous avons été amenés à aller chercher deux ou trois valises expédiées depuis Bogota, qui contenaient, pour un premier envoi des vêtements, pour le deuxième envoi du sable et pour le troisième, je n’ai gardé aucun souvenir», a expliqué sans rire le commissaire.

Piste en suspens

Par acquit de conscience, le juge d’instruction lance alors des vérifications en Colombie. La réponse arrive quelques semaines plus tard, le 14 septembre 2014, par le biais de l’attaché de sécurité intérieure à Bogota. «Aucun élément lié à la réception ou à la réexpédition de matériels techniques envoyés au Siat durant les années 2009 et 2010», tranche le fonctionnaire en poste à l’époque. De son côté, après de nouvelles vérifications faites auprès de son service, François Thierry admet que «le Siat n’a conservé la mémoire d’aucune opération judiciaire sur le site de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle». «Aucune trace de ma présence sur place ce jour-là», précise-t-il avant de soumettre au juge une ultime hypothèse : «Nous procédions à la récupération de matériels techniques (balises, moyens vidéo) revenant des DOM-TOM ou de l’étranger et confiés avec précaution et discrétion à un équipage d’une compagnie aérienne compréhensive. Non évoquée lors de mon audition, faute de l’avoir eue en mémoire, cette pratique reste fréquente.» Piste qui restera en suspens. Trois mois plus tard, le juge Robert rejoint la Cour des comptes. Transmis au cabinet de Jean Gervillié, le dossier va alors flotter près de deux ans avant de rebondir. En janvier 2016, tous les douaniers sont à nouveau entendus, dont Roger Combes, le patron de la Division des recherches à l’origine de la réunion enregistrée en septembre 2010. «Avez-vous autre chose à déclarer avant que nous mettions fin à notre audition ?» lui demande ce jour-là le magistrat. «Je pense que François Thierry n’est pas honnête mais je ne suis rien par rapport à lui, répond Combes. Je n’ai jamais pu me livrer à ce point, personne ne m’aurait cru. J’ai conscience qu’en vous parlant sur les doutes que j’ai sur ces personnes qui ont eu ce type d’agissements pendant toutes ces années, je mets ma vie en péril.»

Emmanuel Fansten

http://www.liberation.fr/france/2017/01/25/stups-les-etranges-bagages-du-commissaire_1544070

Lire aussi:

Pour François Thierry, trois affaires sur les rails

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/20/pour-francois-thierry-trois-affaires-sur-les-rails_1557158

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Les boeuf-carottes en train d’écumer le pot-au-feu de l’OCRTIS

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François Thierry, l’ancien patron de la lutte anti-drogue (OCRTIS) est dans le collimateur de la justice.

Quatre policiers de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris) ont également été placés en garde à vue, ce lundi, par l’IGPN.

 

L’actuel numéro 2 de l’Ocrtis, le magistrat Patrick Laberche, ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, a lui aussi été placé en garde à vue (Photo: à droite).

 

Une perquisition a lieu dans les locaux du service.

 

Plus: http://www.liberation.fr/france/2017/03/20/saisie-de-cannabis-a-exelmans-perquisition-en-cours-a-l-office-des-stups_1557015

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DOUANE FRANÇAISE (DNRED): le dossier de Marc Fievet est classé secret défense…Pourquoi?

Publié: 20 mars 2017 par Marc Fievet dans 36, BAN, Blanchiment, CELTIC, Cyberdouane, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Gendarmerie, NS 55, OCRTIS, Police, Secret Defense, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
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SECRET DEFENSELe champ d’ application “du secret de la défense nationale”, aux termes de l’ article 413-9 du code pénal, recouvre les renseignements, objets, documents, procédés, données informatisées et fichiers intéressant la défense militaire, la diplomatie, la défense civile, la sécurité intérieure, la protection des activités économiques, environnementales ou industrielles et la protection du patrimoine scientifique et culturel de la France.
La classification des informations est de la seule responsabilité de chaque ministre dans son domaine de compétence.

Le Premier Ministre est l’ autorité compétente pour définir les critères et les modalités des informations classifiés “très secret défense” qui concernent exclusivement les priorités gouvernementales majeures de défense.
La décision de classification est matérialisée par l’ apposition de tampons ou de marquages bien définis, destinés à traduire un niveau de classification “très secret défense”“secret défense” ou “confidentiel défense” .
L’ accès à un document classifié est alors limité aux seules personnes habilitées. Cependant, le fait d’ être habilité est une condition nécessaire mais non suffisante pour avoir accès à une information classifiée car il faut de plus que la personne puisse invoquer “le besoin d’ en connaître”. Si cette exigence est remplie par les nécessités des investigations conduites par les enquêteurs, le parquet ou le magistrat instructeur, seuls les premiers cités pourront avoir accès aux informations classifiées et cela à condition qu’ ils soient titulaires d’ une habilitation en cours de validité et du niveau des informations en question. Les magistrats, pour leur part, ne possèdent pas l’ habilitation requise et ne peuvent donc pas prendre connaissance des documents.
D’ autre part, il ne peut pas y avoir de déclassification d’ informations classifiées concernant de façon globale une affaire ou un dossier mais seulement une déclassification d’ un ou de plusieurs documents ou objets (logiciel informatique, prototype…).

En outre, une personne habilitée ne peut être déliée de ses obligations contractées au titre de son habilitation au secret défense. Ainsi, il est inutile de demander à une autorité administrative d’ autoriser l’ un de ses agents à venir déposer sur telle ou telle information encore classifiée. Il convient au contraire de demander la déclassification du document supportant cette information pour que l’ agent puisse ensuite s’ exprimer devant le juge si le dit document a été déclassifié.
Enfin, les règles relatives au secret de la défense nationale sont applicables en vertu de législations très diverses…

http://www.justice.gouv.fr/bulletin-officiel/3-dacg96b.htm

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AVIS
Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005
NOR: CSDX0508078V

Vu la loi n° 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ; Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,

Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.
Pour la Commission consultative du secret de la défense nationale:
Le président,
P. Lelong

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=6686A6840C8BCEDB3986A4EB25B2F9E9.tpdila13v_1?cidTexte=JORFTEXT000000629551&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000002264

lire aussi: Quand on constate la lâcheté de deux directeurs généraux de la douane française, les dénommés Pierre Mathieu Duhamel et François Auvigne

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La justice s’intéresse au rôle de François Thierry dans une saisie record de cannabis en octobre 2015. Cet ancien directeur de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris) avait déjà été entendu le 1er mars dans une autre affaire.

L’ancien patron de la lutte anti-drogue est dans le collimateur de la justice. Quatre policiers de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris), dont son ancien directeur François Thierry, ont été placés en garde à vue, ce lundi, par l’IGPN.

Les méthodes de son ex-service, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) sont particulièrement dans le viseur des juges de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, après que Libération a révélé le rôle trouble d’un indic de François Thierry dans le montage d’une opération d’infiltration baptisée Janissaire.

L’actuel numéro 2 de l’Ocrtis, le magistrat Patrick Laberche, ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, a également été placé en garde à vue (Photos: à droite). De même, deux policiers de l’Office des stups sont actuellement entendus et une perquisition a lieu dans les locaux du service.

Entre ce lundi et mardi, neuf autres fonctionnaires sont convoqués devant l’IGPN, dessinant les contours d’un vaste coup de filet.

Ces gardes à vue s’inscrivent dans le cadre d’une enquête sur une saisie record de cannabis!!!

http://www.liberation.fr/france/2017/03/20/saisie-de-cannabis-a-exelmans-perquisition-en-cours-a-l-office-des-stups_1557015

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Lire plus:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/20/01016-20170320ARTFIG00174-l-ex-chef-de-la-lutte-anti-drogue-a-ete-place-en-garde-a-vue.php

http://www.leparisien.fr/faits-divers/saisie-de-7-tonnes-de-cannabis-l-ancien-patron-des-stups-en-garde-a-vue-20-03-2017-6778548.php

http://www.lepoint.fr/societe/saisie-de-cannabis-en-2015-quatre-policiers-en-garde-a-vue-20-03-2017-2113239_23.php

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andalousie-original

Par Marc Fievet – NS 55 DNRED

ANNÉE 1992 –  Andalousie – Marbella -Espagne

Lorsque j’arrive chez Heidi Hoffman, John Short est déjà installé sur un canapé. C’est un homme  grand et massif au regard acéré. Il parle à une vitesse vertigineuse avec un horrible accent cockney  londonien. J’ai un mal fou à suivre ses paroles. Plusieurs fois je suis obligé de le faire répéter, ce qui semble l’agacer. J’apprends d’emblée que Bobby Mills travaille également pour lui et qu’il connaît donc parfaitement mes activités, ce qui nous permet d’aller droit au but.

TANCREDE

MY Windarra

Je comprends vite que Short brasse de grosses affaires. Dans l’immédiat, il a un besoin urgent d’un bateau et d’un skipper pour enlever de grosses quantités de cannabis en Afghanistan et de cocaïne en Amérique du Sud. Ces substances sont attendues en Ecosse, et c’est pourquoi il fait appel à moi: avec mon Windarra je suis l’homme providentiel.

Malheureusement, je suis obligé de le décevoir:

-Désolé John, mais je viens de vendre le « Windarra », il me coûtait trop cher. Je n’ai plus de bateau. (Mais impossible de lui dire que c’est le ministre du Budget Michel Charasse qui m’a donné l’ordre de me séparer de ce navire en chargeant Jean Dominique Comolli, le DG de la Douane française, de me dédommager…Nous sommes en 2016 et j’attends encore!).

Le ministre du Budget Michel Charasse

John Short en paraît contrarié un court instant. Il me fixe en croisant et décroisant nerveusement ses longues jambes puis lâche une rafale de mots que je saisis au vol :

-Il faut absolument que je charge cette marchandise, trouvez un bateau et achetez-le, je vous finance.

Je pense avoir mal compris et je demande à Short de répéter. Il confirme: il veut que j’achète un bateau, et pas une barque, un cargo. Il  est prêt à investir, et il paye cash. A moi de me débrouiller.

J’accepte ce marché que nous concluons par une brève poignée de main et je rentre à Estepona pour informer Gatard.  Lui aussi se montre très intéressé et, fait exceptionnel, il m’assure qu’éventuellement la DNRED m’aidera financièrement si je ne peux boucler mon budget.

Trois jours plus tard je retourne en Hollande, à Rotterdam, où j’épluche les petites annonces des journaux spécialisés. J’ai déjà visité plusieurs navires mais aucun ne correspond vraiment à ce que je cherche, la plupart sont trop sophistiqués et trop chers pour l’usage que je vais en faire.

map_of_moerdijkFinalement j’ai rendez-vous dans un petit port au sud de Rotterdam,  Moerdijk,  pour visiter un petit cargo, le « Larissa ». Ce nom  ne m’est pas inconnu  et  en arrivant sur le quai, j’ai la certitude d’avoir déjà vu ce navire dans le port de Gibraltar. Il y a donc de fortes chances qu’il est déjà fait de la contrebande.

Le propriétaire est représenté par Ralf De Groot qui m’attend à bord et nous nous gardons bien d’échanger nos confidences. La visite est strictement technique. Le Larissa n’est pas tout jeune mais ses structures sont encore saines. Après une remise en état sommaire et un bon coup de peinture il pourra parfaitement faire l’affaire. En plus, ce qui pourrait être considéré comme un inconvénient m’apparaît comme un avantage : sa mécanique est vieillotte et rudimentaire. Une aubaine pour moi.

Lorsque je pénètre dans la salle des machines une puissante odeur d’huile me prend à la gorge. Je me penche sur les bielles visibles par les trappes de visite que le vendeur a ouvertes et j’ai l’impression de retrouver mes moteurs de camions que j’ai si souvent bricolés sur les pistes de l’Irak ou de l’Arabie. Je me garde bien de dire au propriétaire que cette mécanique d’un autre âge me convient à merveille, j’en profite au contraire pour revoir le prix à la baisse et nous remontons dans la cabine pour discuter. Après une heure et demie de négociations pointilleuses, nous parvenons à un accord de principe : Cent dix mille dollars. John Short m’ayant promis la moitié de cette somme, il me manque trois cent mille francs et je demande un délai de réflexion au propriétaire.

De retour à mon hôtel j’appelle Christian Gatard pour lui exposer la situation. A ma grande surprise, il me rappelle quelques minutes plus tard pour me signifier que l’administration des douanes françaises accepte de payer.

Deux jours plus tard, un émissaire de John Short débarque à Rotterdam. C’est un Anglais roux comme une Guinness que je repère sans mal dans le bistrot enfumé du port où il m’a donné rendez-vous. Nous échangeons quelques mots avant qu’une petite mallette noire ne change de main. Inutile de vérifier son contenu, je n’imagine pas mon coursier prendre le risque d’une entourloupe. L’attaché-case renferme bien ce qui est prévu. Je n’ai plus qu’à attendre le complément promis par les douanes.

anvers novotelGatard ne se défile pas et il me donne au contraire un rendez-vous précis. C’est Marc Romyn qui m’emmène au Novotel Sud, à Anvers. Jo Le Squere et un autre douanier que je ne connais pas, Philippe Capitaine, m’y rejoignent.

Jo Le Squere se dit content de me revoir, mes aventures l’amusent. En revanche, son compagnon de voyage est parfaitement glacial. A peine entré dans ma chambre il me tend une grande enveloppe bourrée de billets de banque et me prie de les compter avant de lui signer un reçu. J’ai vraiment l’impression de lui arracher un héritage, il ne quitte pas les billets des yeux pendant que je les fais glisser entre mes doigts. Tout est en règle, je range soigneusement l’enveloppe dans ma sacoche que je boucle à double tour et nous descendons prendre un verre. Jo me raconte les derniers potins de la DNRED.

Le propriétaire du Larissa ne s’étonne absolument pas que je lui paye son bateau en argent liquide, et le banquier devant lequel nous effectuons la transaction non plus. Il ne pose pas la moindre question. Je reçois tous les certificats de validité attestant que le navire est bien « en classe », c’est-à-dire  qu’il a subi tous les contrôles techniques, et qu’il peut naviguer.

Ralf  De Groot, capitaine de la Marchande, ancien armateur, va m’aider à diriger les travaux de réfection que je vais effectuer sur le cargo maintenant enregistré à Saint-Vincent sous le nom de Melor. Le Larissa avait trop mauvaise réputation.

Gros homme à lunettes rondes débonnaire et jovial, Ralf De Groot a des allures de parfait père de famille. Je découvre très vite ses compétences. Il est redoutablement efficace, ingénieux, professionnel en diable.

ParkhavenParkhaven

Contre un salaire de deux cent florins par jour plus frais, Rolf accepte de superviser les travaux  du Melor que je confie à un chantier non loin de Parkhaven, sur le Rhin.

Une remise à niveau du bateau s’impose, j’en avertis John Short qui accepte de prendre les frais supplémentaires à sa charge.

De Groot commande aussitôt tout un matériel radio sophistiqué à la société Radio-Holland qui envoie ses propres techniciens pour la mise en place. Puis nous commandons un radar, un GPS, un radio-compas  et un  telex-Inmarsat.

En effectuant quelques tests, Ralf constate que le pilote automatique est défaillant et il me conseille vivement de le changer. Je fais également installer sur le pont une grue télescopique absolument indispensable pour charger et décharger rapidement la marchandise en mer ou dans les ports.

La solide stature de Ralf s’encadre dans l’ouverture de ma cabine :

-Marc, nous avons de la visite.

logo_douaneCinq douaniers hollandais m’attendent sur le pont. Ils demandent à visiter le bateau et vérifient tous les documents administratifs. Me sachant totalement en règle, je m’exécute de bonne grâce et observe, amusé, leur manège. Ils savaient bien sûr avant de monter à bord que sous le Melor se cache le Larissa et ils tiennent  à noter toutes les transformations apportées. La fouille méthodique du navire va durer deux bonnes heures. Des panneaux sont démontés, des réservoirs jaugés, puis le chef de l’équipe vient me saluer. En me remerciant pour ma coopération. Je meurs d’envie de lui révéler que les Douanes françaises sont propriétaires à 50% du bateau qu’il vient d’inspecter avec tant d’attention, l’autre actionnaire étant un trafiquant notoire…

Les douaniers disparus je verrouille le Melor et m’en retourne avec Ralf vers Rotterdam.

Un message m’attend à mon hôtel, je dois appeler Gatard d’urgence.

Mon agent traitant paraît bien excité et, avant même que j’aie eu le temps de lui parler de la visite des douanes sur ce qui est un peu son bateau, malgré tout, il s’exclame :

-Marc, l’Anglais que tu as levé, John Short, c’est celui que les « perfides » espéraient, le gros poisson dont ils nous parlent depuis si longtemps. Ils nous l’ont dit, en oubliant, bien sûr, de nous remercier. Mais j’ai l’impression que ce type ne les intéresse pas seulement pour la drogue. Il doit y avoir autre chose. Je ne sais pas quoi. Nous verrons bien.

Nous verrons bien… J’adore Gatard.  Il m’informe que je suis assis sur une bombe, j’ignore où est la mèche, qui peut l’allumer, et quand, et tout ce qu’il trouve à dire c’est : « Nous verrons bien… »

Après la politique, le terrorisme.

John Short me l’a clairement indiqué: le Melor ne va pas faire du cabotage. Mon gentil trafic entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Italie, n’était que de l’artisanat à côté de ce que Short me laisse entrevoir. On ne parle plus de cannabis, ni de Tanger, mais de cocaïne et des Caraïbes, et je dois impérativement en tenir compte pour les travaux de mise à niveau de mon cargo. Celui-ci doit être absolument fiable, je ne peux m’aventurer en haute mer, pour de longues traversées, sans un maximum de sécurité. J’en parle longuement avec Ralf De Groot qui m’avertit que la sécurité et la belle mécanique ont un coût. Lorsqu’il me montre le calcul, le total me donne le vertige. J’en avise mon commanditaire anglais qui tousse un peu mais finit par se ranger à mes arguments et accepte de régler les factures. En bon commerçant, il comprend que la fiabilité du bateau rassure le client, convaincu que ses commandes arriveront à bon port.

Le principe de réparations et d’aménagements lourds est donc acquis, ce qui va m’obliger à rester à Rotterdam pendant deux mois et demi. Le Melor disposera d’une autonomie de soixante-dix jours de mer. Mais pour cela il faut installer de nouveaux réservoirs de fuel et donc, également, de nouvelles canalisations. Nous sommes loin du bricolage prévu au départ et cette nouvelle orientation n’échappe pas aux douaniers hollandais. Mon équipement de bord les avait déjà intrigués, voilà qu’ils s’interrogent maintenant sur mes aménagements et me demandent des comptes sur mes projets. Cette fois l’heure n’est plus aux civilités et je me fâche lorsqu’un officier vient à nouveau me poser des questions :

-Ceci est mon bateau,  j’en fais ce que je veux. Pour votre information, j’ai l’intention de commercer et de monter une affaire avec un pays d’Amérique centrale. J’aurai besoin de mon cargo pour transporter du matériel et des marchandises. Jusqu’à preuve du contraire ce n’est pas interdit et je suis bien aimable de vous en aviser.

Le douanier grommelle quelques remarques que je n’écoute pas, puis  rejoint le quai. Je sais fort bien qu’il ne va pas se contenter de ces explications et qu’il me demandera d’autres précisions. Je devrai les lui fournir et pour cela une évidence apparaît : je dois effectivement lancer un projet avec un pays d’Amérique centrale, ou, en tout cas, en donner l’impression.

Je ne manque pas d’imagination et la démesure ne m’effraie pas. Je consulte un atlas et je décide tout à fait arbitrairement d’implanter une affaire sur la côte Atlantique du Guatemala. La base étant définie, j’opte pour la création d’un complexe hôtelier autour d’une marina. C’est ambitieux, mais seul un projet ambitieux peut  motiver les autorités locales et les pousser à me fournir les cautions et les justifications que les douaniers vont me demander à coup sûr.

Aidé par un juriste, j’échafaude mon projet avec le plus grand sérieux pour le rendre crédible, puis je prends contact avec l’attaché commercial de l’ambassade du Guatemala à Madrid. Un rendez-vous est fixé et je fais un aller-retour en Espagne pour peaufiner le projet et lui donner corps. Un lieu précis est déterminé : Puerto Barrios, qu’il faut aller  reconnaître. Pour me justifier aux yeux d’autorités curieuses, je dois aller jusqu’au bout de l’illusion et j’envoie à Guatemala City  mon fils Laurent  et un ami, cadre commercial, totalement étranger à tous trafics qui parle parfaitement espagnol. Avant leur départ je les invite, bien sûr, à susciter et multiplier les actes écrits avec les autorités et les entreprises.

Paré de ce côté, je dois maintenant m’occuper de l’autre volet de mes travaux sur le Melor : leur financement. Le chantier de Parkhaven m’a présenté une première facture que je dois régler et j’appelle mon caissier à Londres. John Short tient parole et  m’invite aussitôt à le rejoindre au Croydon Palace Hôtel, juste en face de la Cour de Justice, dans la banlieue de Londres où il me remettra l’argent. Mais il s’inquiète :

-Comment comptes-tu sortir une telle somme en argent liquide d’Angleterre ?

-Je me débrouillerai, j’ai l’habitude.

En fait d’habitude j’appelle aussitôt Gatard pour qu’il demande de l’aide à son homologue anglais. Il ne peut tout de même pas refuser.

Quelques jours plus tard, je suis assez satisfait de passer devant les douaniers de l’aéroport d’Heathrow sous la discrète protection de John Hector, l’un des leurs, sans même leur montrer la moindre pièce d’identité. Je n’ai même pas cherché à dissimuler les liasses de livres sterling serrées dans une pochette en plastique au fond de mon sac de voyage, puisque pour plus de sûreté, c’est John Hector lui-même qui portait mon sac.

hmSous l’impulsion de Ralf, les travaux ne prennent pas de retard et je peux bientôt communiquer avec exactitude  à John Short la date où le Melor sera prêt à appareiller. Il me donne alors plus de détails sur l’opération que je vais mener et, brusquement, je comprends pourquoi les Anglais s’intéressent tant à lui :

-Marc, tu pars dès que le bateau est paré. Tu vas charger une tonne de cocaïne aux Caraïbes  que tu livreras à des gens de l’IRA. C’est urgent, ils ont besoin d’argent, et moi aussi. Nous avons déjà perdu trop de temps. Je te préciserai le programme plus tard. Pour l’instant je peux juste te dire que tu déchargeras près d’Oban, en Ecosse. Tu peux aller repérer les lieux et chercher le site qui te convient. Tiens-moi au courant.

Je sens que Short ne tient pas à en dire plus pour le moment mais je l’interroge tout de même car l’information qu’il vient de me donner  sans la moindre précaution me paraît énorme :

-John, l’IRA donne dans le trafic de drogue ?

-Allons Marc, tu  n’es pas naïf, ça coûte cher la clandestinité. A ton avis, ils vivent de quoi ? Des dons des militants ?  Et les armes, les bombes, ça pousse dans les champs comme les salades ? Au revoir Marc, je te rappelle.

Après le GAL en Espagne, l’IRA en Irlande… Décidément les trafics de drogue ne profitent pas qu’aux dealers des banlieues et je me pose des questions sur la volonté de certains États d’y mettre un terme. Pour alimenter certaines caisses noires quoi de plus anonyme et discret qu’une livraison dans un charmant  petit port ? Pas de paperasse, pas de trace, pas de TVA et le contribuable n’est même pas floué…

En tout cas j’ai la certitude que je viens de franchir un palier. Je naviguais en eaux troubles, je plonge en eaux profondes.

gatardChristian Gatard, le patron de la DNRED de Nantes émet un long sifflement lorsque je lui révèle mon information:

-C’était donc ça, les British se doutaient que par Bob Mills, puis John Short, ils allaient remonter jusqu’à l’IRA. Je comprends mieux, il ne s’agit plus seulement de saisir des stups mais surtout de coincer salement des indépendantistes irlandais. C’est une tout autre dimension.

Avec Christian je ne cherche pas à jouer l’oisillon tombé du nid :

-Depuis le temps, je suppose quand même que les flics anglais se doutent bien que l’IRA ne vit pas d’oboles ?

-C’est certain. Tu vois bien qu’ils ne pistaient pas Mills par hasard. Mais, entre savoir et prouver, il y a un grand vide juridique.

J’apprends ainsi que tous les mouvements clandestins du monde, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’existent que par les trafics, mais que le lien entre la drogue et le financement du mouvement n’est jamais évident, sans compter que, bien souvent, la politique vient encore compliquer les choses. Même très riches, les États n’aiment pas mettre la main à la poche, alors, si leurs protégés peuvent subvenir à leurs besoins, ils ferment pudiquement les yeux sur les méthodes et, éventuellement, donnent même un petit coup de pouce. Ce qui ne les empêche pas, parallèlement, d’engloutir des sommes colossales dans la lutte contre les trafics à grand renfort de beaux discours et de bonnes intentions.

Tous les policiers, tous les douaniers du monde sont d’accord sur ce point, ce qui ne les empêche pas de traquer les trafiquants  pour la plupart d’entre eux avec pugnacité, conviction, voire avec courage, ce qui est d’autant plus admirable. Pour l’heure c’est ce que font les douaniers de Nantes et ceux de Londres.

En apprenant que je vais livrer pour l’IRA, le contrôleur Atkinson s’autorise une sorte de glapissement qui doit traduire chez lui une intense euphorie, et propose immédiatement de mettre l’un de ses hommes à ma disposition pour aller repérer les lieux de la livraison. Un rendez-vous est prévu à l’ambassade de France, dans le bureau de l’attaché des Douanes, Marc Lerestre, pour monter l’opération.  Nicole, la secrétaire de la DNRED de Nantes m’y accompagne pour représenter le service et ramener quelques documents confidentiels que Lerestre High_Holborndoit lui remettre.

King’s Gate House, 115 High Holborne

Il fait gris et il pleut lorsque nous arrivons devant le King’s Gate House, 115 High Holborne, annexe de l’ambassade de France. Dans le hall,  Marc Lerestre discute déjà avec deux officiers du HM Customs and Excise anglais, dont ce  »cher »John Hector. C’est lui qui va nous accompagner en Ecosse. Les présentations effectuées nous montons dans le bureau de l’attaché des Douanes qui a déjà étalé une carte des côtes écossaises sur une table ronde. John Hector pointe tout de suite son doigt sur le golfe de Murray, à l’ouest, et le canal Calédonien qui relie la côte ouest à la côte est de l’Écosse. C’est dans cette zone que l’on m’a demandé de livrer et c’est donc là où nous allons nous rendre demain.

Je loue une voiture à mon nom à l’aéroport de Glasgow et j’inscris John Hector comme conducteur parce que je n’aime pas la conduite à gauche. Un tout petit détail qui me lie par contrat aux douanes anglaises et scelle notre coopération.

oban 55

Virée en Ecosse

Pour mes trois compagnons de voyage, notre séjour écossais se transforme bien vite en circuit touristique. Ne connaissant rien aux manœuvres que je vais avoir à exécuter ils ne me sont d’aucune utilité. Aussi, la plupart du temps, je leur laisse la voiture, préférant prospecter les ports et longer les côtes seul et à pied. Nous restons trois jours sur le secteur et je fixe mon choix sur un tout petit port  assez isolé, près d’Oban, face auquel je pourrai mouiller sans trop attirer l’attention. Un Zodiac viendra prendre la marchandise et la mènera jusqu’à un camion garé le long du canal Calédonien. La suite ne me regarde plus, elle concerne John ObanHector qui m’assure que son service n’a encore rien prévu. Le repérage est terminé, je rentre à Rotterdam.

Oban

A peine revenu sur le Melor, John Short me dit lors d’un contact téléphonique (Chez sa sœur qui est fleuriste à Londres) que je dois partir à Dublin immédiatement et prendre une chambre dans un hôtel dont il me donne le nom. Il m’indique le jour, et l’heure exacte à laquelle je devrais me trouver au bar de cet hôtel. C’est concis.

dublin_2Dublin

Au jour dit, à l’heure dite, je suis à mon poste.  J’ai repéré le téléphone posé au bout d’un assez joli bar en bois et je me suis installé à la table la plus proche en commandant une « lager beer ».  Cet instant m’excite, mais en même temps je pense que tout cela n’est qu’un jeu.  Ce téléphone que je fixe intensément ne peut pas sonner, on ne voit cela que dans les films…

Et pourtant il sonne.

Incrédule, je refuse de regarder le barman, qui fait répéter un nom pour la troisième fois, et j’accroche mon regard sur le programme d’un singing-pub affiché en face de moi entre un jeu de fléchettes et une  vieille publicité pour la Pelforth.

-Mister Fiévet ?

Le barman m’interroge du regard. Oui je suis Monsieur Fiévet. Je prends le combiné. Mon interlocuteur ne me laisse pas le temps de parler :

-Je suis un ami de John. Vous aller sortir de votre hôtel et remonter la rue à contresens de la circulation. Marchez doucement!

J’obtempère. En débouchant dans la rue je ne peux m’empêcher de regarder à droite et à gauche. Je ne remarque rien d’anormal. Alors je marche, doucement, longtemps, scrutant furtivement les passants : celui-ci, celui-là ?

Derrière moi, un homme presse le pas. Arrivé à ma hauteur il me souffle brièvement de bifurquer vers la chaussée. Au bord du trottoir alors que  nous attendons pour traverser, il se tourne a demi vers moi :

-Je m’appelle Sean. Demain à 10 heures précises dans la première salle du musée national de Dublin.

Sean se projette dans la circulation et disparaît.

Le lendemain à dix heures, je suis plongé dans la profonde contemplation d’un tableau dont je ne connaîtrais jamais l’auteur lorsque Sean se glisse à mes côtés :

-Je sors le premier. Vous me suivez de loin. D’accord ?

Sean m’entraîne alors dans un véritable labyrinthe qui nous mène jusqu’à un parc après une bonne demi-heure de marche. Mon mystérieux guide s’assoit sur un banc, déplie un journal,  me fait signe de le rejoindre. Dissimulés derrière les pages politiques de l’Evening Standard nous commençons enfin à parler.

Sean me confirme qu’il opère bien pour le compte de l’IRA, et que son organisation a un besoin urgent d’argent. Les fonds avancés pour l’achat de la drogue permettront de renflouer les caisses grâce aux larges bénéfices réalisés lors de la revente. Sean souhaite donc que je parte le plus vite possible pour les Caraïbes. Je le rassure sur ce point :

-Mon bateau est prêt et je suis déjà allé repérer un site près d’Oban pour décharger la cargaison. J’ai trouvé un petit port…

L’irlandais m’interrompt:

-L’Écosse n’est plus d’actualité. Tous nos plans sont changés. Il faudra vous habituer et vous adapter à ces changements de programmes au dernier moment. C’est une mesure de sécurité.

-Ne perdez tout de même pas de vue que je ne peux pas improviser  des opérations aussi lourdes.

-Nous le savons et nous en tenons compte dans nos plans.

-Bien. Et quel est votre nouveau plan ?

awacsSean tourne une page de son journal puis détaille en détachant bien ses mots, comme un véritable chef de guerre.

-Vous allez vous diriger vers le Surinam, au dessus de la Guyane. Une fois arrivé dans ces parages, nous vous communiquerons un point géographique en haute mer où vous vous arrêterez. Cet arrêt sera impératif  et vous devrez être très précis car nous tenons compte de la portée des différents radars installés sur les côtes du Venezuela et du Guyana  par le DEA. Nous essayons de prévoir  ceux embarqués à bord des Awaks américains. Deux avions parachuteront autour de votre bateau, en deux passages, cinquante colis flottants et contenant chacun vingt kilos de cocaïne. Votre canot devra être à la mer lors du largage pour récupérer les paquets le plus vite possible  avant qu’ils ne dérivent. Un de nos plongeurs partira avec vous de Rotterdam, il se mettra à l’eau pendant les manœuvres  pour vous aider. Il a l’habitude. Une fois la drogue chargée vous mettrez le cap vers le sud de l’Irlande. Au retour, nous vous indiquerons également un point où larguer à nouveau les colis. Un autre bateau viendra les récupérer.

irlandebisJe suis abasourdi par l’ampleur de la logistique déployée et je demande à mon voisin pourquoi nous ne transférons pas directement la cocaïne de bateau à bateau. La réponse est immédiate et violente :

-Certainement pas. Malgré nos précautions, nous risquons toujours de tomber dans l’œil d’un radar et deux bateaux qui se rapprochent puis se mettent bord à bord en haute mer sont immédiatement suspects. Avez vous d’autres questions ? Nous ne devons pas rester trop longtemps ensemble.

-Non, tout est clair.

-Parfait. Dernier point. Deux de nos hommes vont venir vous voir à Rotterdam pour acheter le bateau qui nous servira à récupérer la drogue au large de l’Irlande. Pouvez-vous les aider ?

-Bien sûr.

-Alors Short vous contactera. C’est lui également qui vous fournira la radio de bord qui nous permettra de communiquer en haute mer lorsque vous arriverez au Surinam.

L’entretien est terminé. Sean replie son journal et disparaît après m’avoir prié d’attendre quelques minutes sur mon banc avant de me lever.

Sitôt rentré à l’hôtel j’informe Christian Gatard des évolutions de l’affaire puis je réserve le  premier avion pour Amsterdam.

Quelques jours plus tard, John Short m’informe que Sean viendra lui-même choisir le bateau avec un marin. Aussitôt prévenus, les douaniers anglais envoient un de leurs hommes pour faire des photos. Je le réceptionne peu de temps avant d’aller chercher mes Irlandais à l’aéroport. L’achat du bateau est réglé en trois jours et mes commanditaires repartent vers l’Irlande avec leur navire. Il est temps pour moi d’effectuer les derniers préparatifs sur le mien.

ssbShort m’apporte la radio promise, une énorme Kenwood que  nous installons et, à  peine a-t-il le dos tourné, que Gatard arrive à son tour avec une balise Argos. Je suis flatté : tout le monde veut absolument savoir en permanence où je suis. Je rappelle simplement à Christian que je vais avoir un ange gardien de l’IRA à mon bord et que je ne tiens pas du tout à ce qu’il découvre cette balise. Alors que son groupe révolutionnaire se dépense pour agir sans laisser de trace, il n’apprécierait certainement pas que je joue au Petit Poucet. Nous parvenons à dissimuler la balise dans ma cabine et Gatard  m’avoue alors qu’il envisageait même de faire poser une boule satellite sur le pont mais qu’il y a renoncé vu la taille. Un tel engin sur un cargo sans prétention, cela aurait à coup sûr attiré l’attention. En revanche j’installe un télex à bord qui me reliera directement au Saint-Georges à Estepona, et là, tout le monde y trouve son compte.

Les informations passées seront retransmises soit à la DNRED Nantes, soit à Heidi Hoffman qui assure le lien avec Short et l’Armée Révolutionnaire Irlandaise. Son rôle se limitera à cela.

Je crois avoir pensé à tout lorsque je reçois un appel de Hervé Maignier, le divisionnaire des Douanes de Nantes, spécialiste des affaires maritimes. Ce qu’il a à me dire doit être important car il ne m’appelle pas souvent :

-Marc, tu ne dois pas partir sans arme. Des bateaux de plaisance sont victimes de pirates dans ce secteur bien qu’il n’y ait pas grand’ chose à voler à bord. Alors tu imagines, un cargo chargé d’une tonne de cocaïne… Même si l’opération est entourée d’un maximum de discrétion des fuites sont toujours possibles, des trahisons aussi. Je te certifie que de mauvaises rencontres ne sont pas exclues.

Je prends ce conseil très au sérieux et dès le lendemain je vais à Anvers où c’est  sans aucun mal que j’acquiers à bon prix dans une armurerie deux fusils à pompe et  une carabine Remington, type « grande chasse », munie d’une lunette réglée à 150 mètres. Pourquoi utiliser le marché parallèle lorsqu’officiellement on peut acquérir ce dont on a besoin !

Cette fois il ne me reste plus qu’à composer mon équipage avant le départ. En plus du plongeur délégué par l’IRA qui arrivera au dernier moment j’enrôle mon fils Laurent ainsi que deux hommes, l’un que l’on me recommande sur un quai de Rotterdam, un mécanicien portugais, Fernando, et un cuisinier français, Gilbert, recommandé par Le Baron, une « figure » de la Costa del Sol.

Carte_de_la_Manche

MELORLe cargo « Melor » à Rotterdam

Le mois de mai tire à sa fin lorsque le Melor quitte le port de Rotterdam  pour cingler vers  les Amériques. Assis sur une bite d’amarrage, Ralf De Groot nous salue longuement. Il a bien  travaillé et le vieux moteur ronronne comme une chatte repue. Je m’engage avec prudence sur le rail qui mène vers le sud, vers les côtes françaises; le pilote automatique rempli parfaitement sa tache. Le cap affiché est maintenu sans effort, c’est  vraiment un membre d’équipage à part entière et tellement docile !.

Tout va bien jusqu’à Ouessant et je m’apprête à piquer au sud sud-ouest lorsqu’un bruit sec retentit dans le local des machines. Je crains le pire lorsque je vois Fernando se précipiter dans le réduit. Je mets aussitôt la propulsion au ralenti, et je perçois d’étranges cliquetis qui ne laissent rien présager de bon. La voix de Fernando montant des entrailles du bateau vient confirmer mes craintes :

-Arrête tout il faut que je démonte.

Jusque là conquérant et fier de sa jeunesse retrouvée, le Mélor n’est plus à nouveau qu’une vieille carcasse penaude ballottée par des vagues heureusement nonchalantes.

Je rejoins mon mécanicien au moment où il vient de déterminer la panne :

-C’est l’inverseur qui est cassé. Il faut aller faire réparer dans un port. On peut essayer de naviguer à très petite vitesse en faisant attention, mais ça peut lâcher à tout moment.

J’avertis immédiatement John Short par télex, via Estepona, de cet incident mécanique et une heure plus tard nous dialoguons  par claviers interposés:

SONY DSCNEWHAVEN

-J’ai trouvé un chantier sûr à Newhaven qui peut prendre le bateau en charge, mais est-ce que tu pourras monter jusque là ?

-Fernando me dit que l’on peut essayer, mais je vais quand même alerter les autorités maritimes françaises par Radio Conquet, pour leur signaler que je suis en difficulté.

-O.K.

L’Abeille Flandres

J’ai entamé ma lente et pénible remontée vers le Nord depuis trois bonnes heures lorsque je vois arriver au loin le remorqueur l’Abeille Flandres qui se propose de me remorquer. Je refuse. Je ne vais pas payer tant que je suis à peu près autonome. Le capitaine du  navire n’insiste pas mais il m’escorte pendant des heures ce qui est parfaitement détestable. Loin d’être rassurante, la présence de ce bâtiment est oppressante. J’ai l’impression abeilled’être surveillé par un vautour qui attend ma mort en comptant mes os. Découragé par ma résistance, l’Abeille Flandres finit par retourner vers la France après un dernier salut malgré tout sympathique, nous souhaitant bonne chance et bonne route.

J’avoue que sur le Mélor nous ne sommes pas fiers. Pendant que je reste dans la timonerie, Laurent, Gilbert et Fernando, à genoux à fond de cale, semblent prier devant le moteur. Je sais que  chaque mile gagné nous rapproche de l’Angleterre mais Dieu que le chemin est long et lorsque  enfin, à l’aube, j’aperçois le faisceau d’un phare j’ai le sentiment de découvrir l’Amérique. Nous jetons l’ancre en face du port de Newhaven et après avoir fait appel à un remorqueur local, nous rentrons dans ce port de l’East Sussex du sud de l’Angleterre.

Malheureusement, quelques heures plus tard, c’est avec ménagement que je dois annoncer à Short que le bateau va être immobilisé cinq semaines et que les réparations coûteront assez cher. Il n’est pas content, mais nous n’avons pas le choix. Durant toute cette période, John Hector du Custom excise et Marc Lerestre, l’attaché des douanes françaises joueront les espions, en totale sécurité, pour contrôler les allées et venues autour du navire Melor…

Après cette longue pause durant laquelle j’aurais la visite d’un Cubano-espagnol répondant au nom de Carlos Hernandez-Reumbeaut qui viendra inspecter le Melor, une fois la réparation effectuée, nous reprenons enfin la mer début juillet et cette fois nous arrivons sans encombre à Santa Cruz de Tenerife où j’ai prévu une escale technique.

santa-cruz-de-tenerifeJo Le Squere m’y rejoint. Il m’apporte des batteries neuves pour ma balise Argos. Je le rencontre en catimini dans un café du port, après avoir expédié mon plongeur irlandais en ville avec Gilbert pour effectuer quelques achats de nourriture. J’ai juste le temps de changer mes piles pendant son absence.

Deux jours de repos et nous reprenons la mer. Cette fois je sens que la tension monte à bord. Le voyage est long et l’on s’ennuie un peu, ce qui laisse le temps de gamberger sur la suite de l’opération avec tous les risques qu’elle comporte. Pour passer le temps et varier les menus, nous avons installé des lignes à la traîne à l’arrière du bateau, ce qui ne constitue tout de même qu’un mince dérivatif. En fait, je crois que nous avons tous hâte de passer à l’action. L’inactivité devient pesante. Après onze jours de navigation, je suis vraiment heureux d’annoncer à mon équipe que nous arrivons à hauteur du Surinam. Nous jetons l’ancre et le soir le cuisinier nous gratifie d’un dîner de gala, sortant deux excellentes bouteilles de Bordeaux de ses réserves cachées.

Le lendemain, j’appelle par radio un mystérieux correspondant dont Short m’a donné les coordonnées avant le départ. L’homme prend la position exacte du bateau et me fixe un  autre rendez-vous radio.

À midi pile, il me rappelle et m’ordonne sans autres commentaires :

-Placez-vous par 11° nord et 55° ouest, maintenez cette position et attendez. On vous contactera quand les avions arriveront. C’est nous qui appelons.

amazonieLes deux appareils doivent décoller de l’une de ces multiples pistes clandestines tracées dans la forêt colombienne, uniquement destinées au trafic de la drogue, puis piquer le plus vite possible vers la côte Est en survolant l’Amazonie brésilienne, la Guyane, puis le Surinam pour éviter au maximum les radars installés par les Américains sur le territoire colombien. Les pilotes sont parfaitement rompus à ces exercices tout à fait routiniers et l’attente ne devrait pas être longue.

Il ne me faut que quelques heures pour me  positionner au point précis indiqué par mon correspondant. Je jette une ancre  flottante en scrutant machinalement le ciel, ce qui est parfaitement inutile tant qu’aucun message radio ne sera parvenu. En revanche, je demande à Laurent et au plongeur d’aller vérifier une dernière fois le système de mise à l’eau du Zodiac et le matériel de plongée. A nouveau, nous sommes contraints à une exaspérante attente.

Les heures passent et le Kenwood reste muet. Pour la troisième fois je vérifie qu’il fonctionne. Tout est en ordre et je remonte sur le pont. Le ciel est bas sur l’horizon et même notre cuisinier a le nez en l’air. Je le renvoie dans sa cambuse pour préparer le dîner. Il me paraît impossible que des avions puissent larguer de nuit, il y aurait trop de risques de perdre les colis. Nous pouvons nous détendre, la livraison sera pour demain.

Pas besoin de réveil, dès le lever du soleil nous nous retrouvons tous accoudés au bastingage à ne savoir que faire.  Nous n’avons même pas un jeu de cartes. Laurent perd patience le premier :

-Essaye de les appeler…

-C’est inutile, le dernier message était clair : ce sont eux qui nous préviennent. S’ils ne le font  pas c’est qu’il y a un problème et il est peut-être plus prudent, précisément, de ne pas appeler.

En revanche j’envoie un télex à Estepona. La réponse traîne un peu, et lorsqu’elle arrive nous ne sommes pas plus avancés: il faut attendre. Pas l’ombre d’une explication.

Je l’apprendrai plus tard, à des centaines de kilomètres de là, la roulette avant du train d’atterrissage d’un des petits avions  s’est cassée net en touchant le sol si bien que l’appareil est parti sur le nez en dérapage avant de terminer sa course en bout de piste sur un haut plateau de la jungle colombienne, la queue en l’air. Il ne peut absolument pas reprendre l’air et les quelques trafiquants présents sur ce terrain de fortune n’arrivent pas à le dégager. Le second avion prévu aurait pu livrer, mais les responsables de l’IRA exigent la totalité de la cargaison et préfèrent attendre que l’on trouve un appareil de remplacement.

Personne ne juge utile de nous tenir au courant de ces contretemps et sur le Mélor nous continuons à attendre dans la plus parfaite ignorance. Au bout de neuf jours, je n’y tiens plus. Je ne supporte plus de tourner en rond entre mon Kenwood, mon télex et la cabine où nous prenons nos repas machinalement pour passer le temps. Notre cuisinier m’a d’ailleurs mis en garde : avec ce « stand by » imprévu, il va falloir faire escale pour se réapprovisionner sur le chemin du retour, ce qui ne me plaît pas du tout : je n’ai pas envie de m’arrêter dans un port avec une tonne de cocaïne à bord. Cette fois, ma décision est prise et j’envoie un télex au Saint Georges.

carte-St-Vincent-et-Iles-Grenadines-Dis à John Short que je rentre. Je fais escale à Saint-Vincent pour faire le plein de nourriture. Si l’opération est maintenue, nous ne serons pas trop loin du Surinam et nous pourrons revenir. Mais nous ne pouvons plus rester sur zone.

Christian que je réussis à joindre de Saint Vincent me dit:

-Il faut que tu partes à Londres. Les Anglais veulent te rencontrer. Vois avec Marc Lerestre, c’est lui qui organise la réunion à l’ambassade de France.

Arrivé à Kingstown, le port de Saint-Vincent, la situation n’a pas évolué et j’envoie un nouveau télex au Saint Georges à Estepona:

-Je laisse le bateau ici. Je serai dans deux jours en Angleterre.

Je suis content de retrouver Marc dans l’immeuble du King’s Gate House, mais beaucoup moins le successeur d’Atkinson et John Hector. Comme je le craignais, l’atmosphère s’envenime rapidement.

J’expose d’abord la situation en précisant que le lieu exact du prochain chargement n’est pas encore défini, mais qu’en revanche il y a de fortes chances que la livraison s’opère à nouveau au large de l’Irlande.

À cet instant, les Anglais me laissent poursuivre tout en se concertant à voix basse. J’observe leur manège en terminant rapidement ma présentation.

Le chef de la délégation britannique prend alors la parole :

-Monsieur Fiévet, nous envisageons une intervention en mer d’Irlande lorsque le bateau de l’IRA  viendra récupérer la drogue que vous aurez larguée. Mais il est évident que si l’un de nos bâtiments croise dans le secteur les Irlandais le repèreront et abandonneront la marchandise. C’est donc un sous-marin que nous enverrons sur place et vous devrez  nous communiquer l’endroit exact du largage pour qu’il se positionne avant intervention.

Je pense instantanément aux risques qu’une telle information me ferait courir :

-C’est impossible. Je serai le seul à connaître l’endroit où je jetterai les colis et, de surcroît, il ne me sera communiqué que peu de temps avant l’opération. Vous imaginez bien que si un sous-marin surgit les gens de l’IRA identifieront immédiatement la personne qui les a trahis.

-Ce n’est pas certain, il peut y avoir des agents infiltrés dans leurs rangs.

-Vous les prenez pour des imbéciles, ou est-ce moi que vous prenez pour un idiot ?

-Monsieur Fiévet, c’est nous qui décidons ! D’autre part, pour être payé il faudra venir témoigner devant un tribunal.

C’en est trop, j’explose :

-Vous êtes des salauds, je vous ordonne de quitter cette ambassade.

Marc Lerestre ne bronche pas mais il se lève et conclut avec beaucoup plus de diplomatie :

-Je pense effectivement qu’il vaudrait mieux reprendre nos travaux lorsque le nouveau projet sera plus élaboré.

Je le coupe :

-Marc arrête, il n’y a plus de projets ni d’opération possibles avec ces gens-là !

Debout, les poings posés sur la table, je suis blanc de rage. Marc, embarrassé,  reconduit la délégation anglaise jusqu’à la porte. En revenant il me livre ce seul commentaire :

-Tu ne t’es pas fait des amis… Méfie-toi!

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Extrait de l’Archipel des Soumis écrit lors de mes 3 888 jours de détention dans 23 différentes prison en Espagne, Angleterre, Canada et France.

Jean Henri Hoguet et Marc Fiévet lors d’une conférence, à Saintes en 2015, traitant des actions d’infiltration de la DNRED.

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PEREJILDe l’Ile Persil à Port la Nouvelle

En arrivant rue du Louvre, je comprends immédiatement que je ne suis pas convié à une réunion de routine. Christian Gatard, le chef d’échelon de la DNRED Nantes, discute dans le hall de l’immeuble des Douanes avec deux hommes que je ne connais pas. En revanche, je constate que son adjoint Jo Le Squere est  arrivé de Nantes, lui aussi, ce matin. Dans l’ascenseur, Gatard me présente Michel Ribatet,  patron de la DNRED de Lyon, et l’un de ses adjoints, Jean-Pierre Cazet.

Sans un mot, nous sortons pour rejoindre la première terrasse de café où nous nous installons autour d’une table ronde. Christian Gatard rompt le silence et s’adresse directement à moi. Je comprends instantanément que je vais  être  au cœur des débats :

-Marc, nous avons trouvé une solution pour financer en une seule fois tes travaux du Saint-Georges (Le Saint Georges est le restaurant sis à Estepona dont les douanes sont copropriétaires). Michel Ribatet va t’expliquer.

Le douanier lyonnais  se redresse, réfléchit quelques secondes puis se lance:

-Nous savons que des producteurs disposent actuellement d’une tonne de cannabis au Maroc qu’ils n’arrivent pas à écouler, faute d’acheteurs. Ces acheteurs, nous les avons trouvés grâce à un agent infiltré. Ce sont deux Anglais qui vivent à Amsterdam. Des grosses pointures. Ce marché les intéresse. Nous allons donc leur livrer nous- mêmes la drogue, à Lyon, et les arrêter, bien sûr, dès qu’ils en auront pris possession.

Est-ce que tu peux te charger de l’enlèvement de la marchandise au Maroc ? Je m’engage à te verser un million de francs pour cette opération.

Ça me semble tellement invraisemblable que je ne suis pas certain d’avoir bien compris:

-Tu veux bien dire que les douaniers montent toute l’opération jusqu’à la livraison ?

Absolument.

-De bout en bout ?

Oui.

-Mon équipage ?

A toi de jouer!

Jean-Pierre-CAZELe douanier lyonnais Jean-Pierre Cazet  m’appellera pour me donner le signe du départ et me préciser l’endroit exact où je dois enlever le cannabis. Ensuite je dois remonter vers la France et décharger à Port-la-Nouvelle, près de Narbonne, dans l’Aude. Jean-Pierre Cazet m’y attendra.

Le chargement de la drogue et le voyage s’effectuent sans aucun problème, j’arrive même à Port-la-Nouvelle, avec une journée d’avance sur le planning  établi, ce qui n’est pas franchement une bonne idée car personne ne m’attend. Je téléphone immédiatement à  Michel Ribatet, le chef d’échelon de Lyon pour lui signaler mon arrivée et le prier d’envoyer ses douaniers pour décharger…

C’est impossible, ils sont encore à Lyon. Ils seront là-bas demain.

La perspective de passer vingt-quatre heures sur le Windarra, rebaptisé prudemment Tancrède pour les besoins de l’opération, avec plus d’une tonne de cannabis à bord me contrarie, mais je n’ai pas le choix. Je fais alors le tour du pont pour m’assurer que tout est en ordre. A priori, rien ne peut laisser supposer que ce yacht est parfaitement hors-la-loi. Un peu rassuré, je me détends, et je m’adosse à la barre pour observer l’activité de ce petit port partagé entre pêche et commerce.

Et là, devant moi, brusquement, je ne vois plus qu’elle, tout en bleu délavé. Elle m’écrase, elle me nargue. Comment ne l’avais-je pas remarquée plus tôt : je suis amarré très exactement face à la gendarmerie.

Le lendemain matin, je n’en crois pas mes yeux : sept douaniers descendent de deux véhicules, une voiture et un petit camion, empilent des grands sacs de jute sur le pont du Windarra puis, sans prendre la moindre précaution, ils y enfournent les quarante-trois ballots de cannabis qu’ils déposent dans leur camion en jurant et pestant comme de vieux dockers contre le poids excessif  des colis.

La scène est complètement surréaliste : là, en plein jour, dans un petit port français, au vu de tous, sept douaniers déchargent et rechargent une tonne de cannabis devant une gendarmerie.

Leur travail effectué, les douaniers me saluent et repartent vers Lyon. Ils y arrivent en fin d’après-midi et entreposent la drogue dans un hangar à la  périphérie de la ville.

Un Marocain les rejoint peu après. C’est le représentant des producteurs. Il vient constater que tout est en ordre et est certainement à mille lieux de se douter qu’Eric, le chauffeur qui l’a pris en charge à sa descente d’avion à Barcelone, est Jean Pierre Cazé, un douanier français. L’homme compte les ballots, s’assure de leur contenu puis se fait conduire jusqu’à une cabine téléphonique pour appeler une chambre de l’hôtel George V à Paris.

Quatre hommes y sont réunis, deux Anglais, les acheteurs, et deux douaniers qui se font passer pour les complices des « livreurs ». Tous quatre attendent ce coup de téléphone pour régler leurs affaires et se séparer. L’arrivée de la marchandise étant confirmée et certifiée conforme sur l’honneur par le représentant des producteurs, les Britanniques remettent dans un premier temps huit cent cinquante mille francs aux « narco-douaniers » dans la chambre du George V en règlement du convoyage. Puis ils s’éclipsent  pour rejoindre Lyon afin de prendre livraison de la cargaison et verser un solde de trois  millions de francs aux organisateurs et intermédiaires de l’opération : toujours les douaniers lyonnais…

Les deux Anglais arrivent le lendemain à bord d’une puissante Mercedes de location devant le hangar où est entreposée la drogue. Jean-Pierre Cazet les reçoit. Deux autres douaniers l’accompagnent. Il les présente brièvement comme des agents de sécurité chargés de veiller sur le cannabis jusqu’à son enlèvement.

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Deux jours après les douanes sont à l’honneur dans tous les journaux. Les titres sont élogieux : « Saisie record de cannabis »;  « Les douaniers roulent sur l’herbe »; « Coup de filet anti-drogue »…

Lors d’une conférence de presse, les responsables locaux des douanes  racontent comment, par un coup de chance inouïe, et grâce à leur flair, leurs fonctionnaires sont tombés, lors d’un contrôle de routine, sur un véhicule anglais transportant plus d’une tonne de cannabis.

Les journalistes se régalent, ils relatent avec force détails ce coup de maître des enquêteurs lyonnais. Les vieux renards du fait divers mettent toutefois un bémol. Ils saluent  le succès des douanes mais ne croient pas une seule seconde au coup de chance. Comme d’habitude les enquêteurs ont dû travailler sur renseignements. C’est classique, mais ils ne vont quand même pas donner leurs sources.

Je suis désormais bien loin de toute cette agitation. Bercé par une douce Méditerranée, le patron des services aéronaval des douanes de Nantes ramène avec son amie mon yacht vers  Sottogrande.

Encore deux jours de navigation et il sera  à quai. Au final il s’arrêtera au port de La Duquesa.

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TANCREDEMotor yacht Windarra

Le Motor yacht « Windarra » avait repris son ancien nom de « Tancrède » pour réaliser l’opération de transport de 1235 kilos de cannabis entre l’Ile Persil dans le détroit de Gibraltar et Port la Nouvelle où une équipe de douaniers de l’échelon DNRED de Lyon l’attendait pour transporter la drogue jusqu’à l’entrepôt lyonnais loué par le douanier Jean Piere Cazé.

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Un lamentable épisode de la guerre des polices qui pose la question des moyens juridiques de la lutte anti-drogue

dnredAprès 84 jours de prison, M. Ribatet, chef de l’antenne lyonnaise de la DNRED est libre.

Il n’a pas donné ses informateurs
Jeudi, 6 Juin, 1991

MICHEL RIBATET, le dernier des douaniers incarcérés à Dijon depuis le 13 mars, est enfin sorti de prison mardi vers 19 heures. Patron de l’antenne de Lyon de la Direction nationale des enquêtes et recherches douanières (DNRED), il avait été incarcéré en même temps que son surbordonné, Pierre Tardy, et qu’un inspecteur de Dijon, Jacques Dorey. Tous trois avaient été inculpés de «détention, transport, acquisition et cession de stupéfiants».

Ils avaient rejoint en prison Jean-Pierre Caze, inspecteur divisionnaire à Lyon, qui avait infiltré un réseau de trafiquants de cannabis en provenance du Maroc et avait été écroué le 6 mars pour les mêmes raisons.

Il s’agit d’une bien lamentable affaire qui pose d’abord la question des moyens juridiques reconnus à la douane, responsable de la quasi-totalité des 22 tonnes de drogue saisies l’an dernier par l’ensemble des services français.

Dans l’affaire de Dijon la PJ a mis à profit les trois jours de garde à vue dont elle dispose après les 24 heures de rétention douanière, non pas pour poursuivre le travail des douaniers, mais pour retourner contre eux les trafiquants qu’ils avaient arrêtés.

Au centre de l’affaire, la saisie par les douaniers lyonnais de 535 kg de résine de cannabis, le 6 décembre 1990, au péage de Pouilly-en-Auxois (Côte-d’Or) sur l’autoroute A6. Cette saisie intervenait après celle d’une tonne de drogue à Lyon le 6 juin 1990 ( marchandise transportée par Marc Fievet-NS55 DNRED jusqu’au port de Port La Nouvelle sur le Motor Yacht TANCREDE) , et en précédait une autre de 520 kilos, le 20 décembre, sur le parking d’Isardrôme près de Vienne.

HOGUET

Jean Henri Hoguet en premier plan lors d’un exposé sur les techniques de lutte contre le narcotrafic avec Marc Fievet en arrière plan

Les douaniers et leur chef, M. Hoguet, patron de la DNRED ont expliqué au magistrat, en gros, ces méthodes et leur efficacité. Ils n’ont pas tout dit. C’est clair. Pour le juge demeure « un problème d’argent et de paiement des informateurs». Il veut savoir «d’où provient l’argent et ce qu’il est devenu» car il ne peut discerner «ni le début ni la fin de la chaîne» et reconnaît qu’il n’a pu «percer le mystère de l’organisation qui avait conduit à la saisie». Il se serait heurté, selon ses propres mots, à un «refus total de collaboration» de la part des inculpés. M. Ribatet et les siens ont protégé leur «construction», le réseau de leurs informateurs et agents – les douaniers les appellent des aviseurs – au sein de cet important réseau d’importation de cannabis marocain en Europe. En se taisant ils ont protégé le travail en cours et, aussi et surtout, la vie de ces hommes. Le nom d’un de ces aviseurs n’a-t-il pas été publié dans certains journaux? C’est son silence qui a valu à M. Ribatet 84 jours de prison.

Côté Douane on se félicite de cette libération et on met sur le compte de la mauvaise humeur du magistrat l’interdiction jusqu’à nouvel ordre d’exercer signifiée aux douaniers libérés. Mais on relève surtout que l’intégrité de ces fonctionnaires n’est pas contestée par le juge qui n’a pu établir leur enrichissement personnel. Ils demeurent ce qu’ils ont toujours été, au dessus de tout soupçon de ce point de vue essentiel: ce ne sont pas des ripoux.

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Michel Charasse

Depuis le 28 mai, jour où le magistrat fit perquisitionner à la DNRED de Lyon, ce dernier avait refusé ses plateaux repas, n’avalant que de l’eau, du lait et des jus de fruit. Les douaniers ont été constamment soutenus par leur hiérarchie, l’ensemble des syndicats, et par leur ministre de tutelle, Michel Charasse. Plusieurs manifestations de soutien s’étaient tenues dans toute la France, notamment devant le palais de justice de Dijon. Une autre était prévue hier.

Les syndicats de douaniers, satisfaits de la libération de M. Ribatet, ont annulé leur journée d’action et de grève annoncée pour le 11 juin. Pour la CGC, dont le douanier lyonnais est adhérent, «cette décision n’est que justice». Satisfaction également à la CGT qui souligne: «Le problème reste entier quant aux missions de la douane, ses moyens pour les remplir et leur cadre juridique». Cette question a été publiquement posée par André Lajoinie, au nom du groupe communiste à l’Assemblée, dans une lettre au ministre de la Justice Henri Nallet.

De source bien informée, un protocole intégrant au droit et procédures français les moyens reconnus par la Convention de Vienne pour lutter contre le trafic aurait été élaboré par les ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Finances (Douane). Mais en ce qui concerne l’attribution de la qualification d’officier de police judiciaire aux douaniers, ce qui leur permettrait de conduire jusqu’à la clôture de l’instruction judiciaire les affaires qu’ils réalisent, le blocage du ministère de l’Intérieur demeure total.

Jean-Michel Cordier

Port la Nouvelle: http://www.sea-seek.com/images/b/bc/Port_La_Nouvelle.jpg

VOIR ou revoir: https://ns55dnred.wordpress.com/a-propos/Le héros de "Gibraltar" attaque l'Etat

LIRE: https://ns55dnred.wordpress.com/2014/06/29/quand-on-constate-la-lachete-des-directeurs-generaux-de-la-douane-francaise-les-denommes-pierre-mathieu-duhamel-et-francois-auvigne/

Reportage : C.Le Goff/F.Le Moal/O.Lecointe/S.Malin

via : api.dmcloud.net

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FRANCE (14 Juillet): jour historique et soirée de honte pour la douane

Publié: 12 juillet 2016 par Marc Fievet dans 36, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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La directrice générale de la Douane française Hélène Crocquevieille défilera-t-elle à la tête de ses douaniers?
DOUANE14

Le 14 juillet 2016 sera un jour historique pour la douane, car cela fait presque 100 ans qu’elle n’avait pas défilé sur les Champs-Élysées.

La dernière participation date du défilé de la victoire, le 14 juillet 1919, les bataillons douaniers s’étant particulièrement illustrés en temps de guerre pour la protection du territoire national.

Ce 14 juillet sera effectivement aussi un jour historique de honte pour la DGDDI, fort taiseuse, voire menteuse, dans le dossier de Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED.

La projection du film « GIBRALTAR » sur la chaîne M6  21 H 00 devrait rafraichir la mémoire sélective de tous ces ministres du budget et DG successifs qui n’ont jamais eu le courage d’assumer les actions terrains de la DNRED.

auvigneFrançois Auvigne

Soirée de honte

Soirée de honte donc pour la douane française et en particulier pour l’ex DG, l’énarque inspecteur des finances François Auvigne, qui n’a pas su assuré la continuité du service de l’Etat. Jour de honte pour les successeurs de François Auvigne qui, tous trop occupés, au bon déroulement de leur carrière en quête de privilèges et autres prébendes, n’ont pas trouvé le temps de gérer le dossier NS 55 DNRED.

Voir ou revoir le reportage consacré à Marc Fievet

Au service des douanes, il s’est infiltré parmi les trafiquants de drogue, avant d’être « lâché » par ses employeurs. Une équipe de « Pièces à conviction » l’a rencontré en 2005, à sa sortie de prison.

Retrouver toutes les infos sur la vidéo sur : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/affaire/v

ou sur: « GIBRALTAR », le jeudi 14 juillet 2016 à 21h sur M6

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Le dossier de Marc Fievet est toujours classé « Secret Défense »

SECRET DEFENSE

AVIS
Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005
NOR: CSDX0508078V

Vu la loi n° 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ; Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,
Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.
Pour la Commission consultative du secret de la défense nationale :
Le président,
P. Lelong

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=6686A6840C8BCEDB3986A4EB25B2F9E9.tpdila13v_1?cidTexte=JORFTEXT000000629551&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000000002264

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FRANCE (OCRTIS – DNRED): règlement de comptes au boulevard Exelmans

Publié: 23 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), Justice, Maroc, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, OCRTIS, Police, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA
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A la Une : le patron des Stups au cœur du trafic du drogue !
lundi 23 mai 2016
AFP
Un scoop retentissant dans Libération ce matin : le journal révèle et détaille par le menu « le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus gros trafiquants européens. Un système d’une ampleur inédite qui s’apparente, dénonce Libération, à un trafic d’Etat. »

Explications : tout commence avec la saisie par les douanes en octobre dernier, dans les beaux quartiers de Paris d’un peu plus de 7 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes. Une saisie record pour la capitale. Et l’enquête va réserver quelques surprises… Libération raconte : « Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, près du lieu où le cannabis a été retrouvé, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9.000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en ‘livraison surveillée’. Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, pointe Libération, Sofiane H. semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété. »

Des policiers déchargeant de la drogue…

Alors, s’interroge Libération, « jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur. »

Libération poursuit son récit : « ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale, chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012. Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué, cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc. Au total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014. Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des ‘go-fast’ à la remontée. Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui. »

Complicité ou incompétence ?

Cette affaire, digne des plus grands romans policiers, pose bien des questions… « La première est dérangeante, s’exclame Libération. Admettons que, pour mettre à terre les trafics internationaux, frayer avec l’illégalité soit nécessaire. A défaut d’être de la bonne justice, on parlera de ‘bonne police’. Mais quelles sont toutes les ramifications de cette filière ? Combien de petits trafiquants et de crimes se sont greffés à ces tonnes de cannabis ? Savoir que des policiers français ont directement mis la main à la pâte pour récupérer de la drogue venant d’Afrique – carrefour de trafics de toutes sortes, du crime organisé et du terrorisme combattu par… des soldats français – interroge, pour le moins. Quand on connaît la porosité entre la délinquance et le terrorisme en Europe, des Buttes-Chaumont à Molenbeek, on se dit qu’il y a matière là aussi à demander des comptes. »

Autre question posée par Libé, question posée à l’Etat : « comment un tel trafic de stupéfiants a-t-il pu se monter au nez et à la barbe de la hiérarchie, des magistrats, des parquetiers, des politiques et des premiers flics de France, de Guéant à Cazeneuve ? Par complicité, complaisance ou incompétence ? »
Deux précisions pour clore provisoirement ce chapitre explosif : contacté dimanche matin par Libération, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de l’enquête.
Et le commissaire François Thierry, discrètement débarqué des Stups en mars dernier, est actuellement N°2 de la Sous-direction antiterroriste de la PJ. Peut-être plus pour longtemps. Lui non plus, n’a pas souhaité répondre aux questions de Libération.

ÉCOUTEZ: http://www.rfi.fr/emission/20160523-une-france-patron-stups-coeur-trafic-drogue-cannes-cinema

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Par lefigaro.fr

Un témoignage met en cause l’ancien patron de la lutte antidrogue

L'enquête ouverte après la saisie record de sept tonnes de cannabis dans trois véhicules à Paris en octobre 2015 aurait révélé certains éléments surprenants, impliquant notamment un informateur, selon Libération.

Un individu se présentant comme un «infiltré» avec comme agent traitant l’ex-responsable des Stups, accuse ce dernier, dans Libération, d’avoir facilité l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis avec des informateurs.

Un «trafic d’État», écrit Libération. Un témoignage publié ce mardi par le journal met en cause l’ex-patron de la lutte antidrogue. Stéphane V. se présente à Libération comme un «infiltré» ayant effectué «plusieurs missions pour l’État» avec pour agent traitant François Thierry, ex-patron de l’Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants). Ce témoin, qui dit être inscrit comme informateur au Bureau central des sources en 2007, a été entendu par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris à la suite de ce témoignage, selon Libération.

L’homme âgé de 52 ans, qui affirme avoir travaillé également pour l’agence antidrogue américaine (DEA), dénonce «les méthodes de l’Office des stups depuis des années» en France. Il raconte qu’entre mars et avril 2012, «François Thierry (lui) a demandé d’aller garder une villa à Estepona» en Espagne. Là, «pendant vingt jours, cinq hommes se sont relayés pour charger et décharger des paquets de drogue sur la plage. François Thierry me les a présentés comme des policiers français. J’en avais déjà vu certains à l’Ocrtis», affirme Stéphane V. «Le cannabis arrivait du Maroc dans des Zodiac» et «en tout, 19 tonnes ont transité par la villa au cours de ce seuls séjour. La drogue remontait vers la France par “go-fast”», c’est-à-dire via des convois de voiture. «Seule une partie des voitures étaient interceptées», ajoute le témoin.

Une saisie record boulevard Exelmans éveille les soupçons

D’après l’enquête de Libération, François Thierry, qui a récemment quitté ses fonctions à la tête de l’Ocrtis, aurait ainsi joué un «rôle central» dans l’importation de «plusieurs dizaines de tonnes de cannabis» au bénéfice d’un présumé trafiquant de drogue, interpellé le 22 février en Belgique. Cet homme de 40 ans, Sofiane H., était recherché dans l’enquête sur la prise record de sept tonnes de cannabis à Paris, boulevard Exelmans, en octobre 2015, derrière laquelle de nombreuses zones d’ombre demeurent. Le fait que ce suspect soit un informateur et que la marchandise soit issue d’un lot beaucoup plus important, partiellement saisi au cours des jours précédents, aurait éveillé certains soupçons.

Selon Libération, Sofiane H. aurait été recruté comme informateur par François Thierry. Lui aussi enregistré au bureau central des sources, il a réussi à «s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection» de l’ex-patron de l’Office central des stups. Cet informateur «au pouvoir exorbitant» était, toujours selon le journal, en mesure d’importer tous les mois plusieurs tonnes de stupéfiants en «livraison surveillée», une technique qui permet de laisser entrer de la drogue de façon contrôlée, pour mieux remonter aux revendeurs. Ce qui lui aurait permis de mener ses activités sans être inquiété par les autorités.

D’après le quotidien, le témoin Stéphane V. est «jugé crédible par le parquet». Il met en cause un commissaire de police félicité pour ses nombreux succès dans la lutte antidrogue. En-dehors de cette mise en cause personnelle, rappelle le quotidien, son témoignage risque de fragiliser certaines procédures dans le cadre d’affaires liées notamment à Sofiane Hambli.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/05/23/01016-20160523ARTFIG00077-un-temoignage-met-en-cause-l-ancien-patron-de-la-lutte-antidrogue.php

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FRANCE (lutte contre le narcotrafic): les « Tartuffes » dans la tourmente

Publié: 23 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Amphétamines, BAN, Cannabis - Hachis - Haschich, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), Héroïne, HM Customs Excise (UK), Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Précurseurs, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Des policiers qui « bougent » des valises marocaines! Du grand classique des méthodes utilisées dans la lutte contre le narcotrafic!

C’était déjà le cas il y a 20 ans!

DNRED (provocation douanière): vers Caracas avec des « James Bond » des Douanes françaises

Aujourd’hui
pour marcoFRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat
OCRTIS 2016: bis repetita placent

NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

 

Il est grand temps de pratiquer un ménage complet dans nos institutions régaliennes si l’on veut réellement éviter de nouveau ce « Grand Bal des « Faux-culs  » auquel nous allons assister!

Car tous, j’écris bien tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et ……… le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez ».

Marc Fievet – NS 55 DNRED

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NARCOTRAFIC (France): quand la cocaïne était rapatriée sous le regard bienveillant de l’OCRTIS et la DNRED

Publié: 22 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Aviseur International

les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants

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C’est un des derniers tabous dans les affaires de stups : la provocation policière, ou comment monter un dossier de toutes pièces pour réaliser une grosse saisie ou faire tomber un réseau. Cette pratique, formellement proscrite par le code de procédure pénale, est difficile à établir faute d’éléments probants. C’est pourtant pour cette raison que la cour d’appel de Paris vient d’annuler l’intégralité d’une procédure visant un vaste trafic de drogue entre la…

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AIR COCAÏNE: la DNRED, l’OCRTIS, le TRACFIN avaient ils des informations sur cette affaire ?

Publié: 22 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Aviseur International

Depuis la fameuse saisie des camionnettes  lestées  de cannabis  qui permit à  François Hollande d’aller faire le beau avec son copain Michel Sapin au siège  de la DNRED pour encenser ce grand service dont le directeur, le DI Jean Paul Garcia, était  absent .
Comme sont absents aujourd’hui dans le dossier  » Air cocaïne  » nos services spécialisés en matière de stupéfiants.
Nos services spéciaux ne seraient ils  aujourd’hui  devenus que des « faire valoir » des politiques?

Que savent ils  réellement  sur le narcotrafic, sur le narco-terrorisme, sur l’ Aero-narcotrafic, sur l’évasion  fiscale …et surtout que font ils réellement pour lutter contre ces plaies societales actuelles ?

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FRANCE (OCRTIS): quant à la lutte contre le narcotrafic!

Publié: 22 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Amphétamines, Cannabis - Hachis - Haschich, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza (Italie), Héroïne, HM Customs Excise (UK), Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Aviseur International

ecusson-OCRTIS« L’OCRTIS est devenu le premier narcotrafiquant de France! »

dixit un ancien magistrat instructeur

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Magouille institutionnelle, dossiers montés et arrangés, les « suceurs de roues » n’ont guère évolué depuis l’époque de Mario Le Corff. (Marc Fievet -NS 55 DNRED)

LIRE: NARCOTRAFIC: quand Mario Le Corff de l’OCTRIS montait des opérations douteuses…Mais ça c’était hier!

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OCRTIS 2016: bis repetita placent

Publié: 22 mai 2016 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, Drogues, Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, OCRTIS
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francois-thierry-ocrtisEt s’il s’agissait d’une histoire « à la Michel Neyret » ? François Thierry était à la tête du prestigieux Office centrale de répression du trafic de stupéfiants (Ocrtis), c’est-à-dire la prestigieuse brigade des stups. Il a depuis été muté à la sous-direction antiterroriste… et ce n’est pas une promotion.

Grand flic, il avait alors pour habitude de se montrer devant ses saisies record de drogues, en compagnie des ministres de l’Intérieur successifs – Claude Guéant, puis Manuel Valls et enfin Bernard Cazeneuve.francois-thierry-aimait-s-afficher-avec-les-ministres-de-l-interieur-succesifs

François Thierry aimait s’afficher avec les ministres de l’Intérieur succesifs lors de ses plus belles prises – ici avec Claude Guéant. Photo archives AFP

A-t-il protégé un des plus gros trafiquants d’Europe?

Mais ce haut gradé de la police judiciaire est aujourd’hui soupçonné de pratiques illicites : il aurait laissé entrer en France des dizaines de tonnes de résine de cannabis avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, le Mulhousien Sofiane Hambli. La pratique est légale mais extrêmement encadrée… Or, cette fois, le trafiquant aurait pu poursuivre ses activités illicites sans jamais être inquiété, selon « Libération« .

C’est le 17 octobre dernier que le système, bien rodé, aurait déraillé : ce jour-là, les douanes tombent sur une fourgonnette garée en plein XVIe arrondissement de Paris.

Sophiane Hambli,Sophiane Hambli, un trafiquant de drogue originaire de Mulhouse, en cavale depuis six ans et condamné à 18 ans de prison par la justice française, a été arrêté à Marbella (Espagne). En août 2003, il s’était évadé de l’hôpital Bon-Secours de Metz.

7,1 tonnes de cannabis

À l’intérieur, 7,1 tonnes de cannabis. Mais ce n’est qu’une partie des 15 tonnes qui sont entrées en France par les mêmes canaux… en quelques semaines seulement. Mais, cette fois, les douanes ont été mystérieusement informées…

Le trafiquant défendu par la compagne de Thierry

A-t-on voulu faire tomber Sofiane Hambli ? Ou François Thierry, le grand flic qui lui permettrait de poursuivre ses trafics en toute impunité ? Hambli habite un luxueux appartement de 300 mètres carrés, boulevard Exelmans, là où a été retrouvée la fourgonnette pleine de drogue.

Qui a payé l’amende de 2 millions?

Arrêté en 2009 en Espagne, Hambli est alors recruté comme indic par François Thierry. Il est condamné à 13 ans de prison deux ans plus tard, en France. Mais il sort dès 2014… Autre fait étrange, son avocate – spécialisée dans le droit immobilier – est la compagne de François Thierry.

Et Hambli a tout de même dû régler 2 millions d’euros d’amende. Mais le mystère demeure quant à l’origine des fonds…

Enfin, Hambli n’est pas réputé être un détenu modèle : il s’était évadé, en 2003, lors d’un transfert prison-hôpital, à Metz, grâce à un complice à moto. Repris en Espagne l’année suivante, il avait déjà été condamné à trois ans ferme en 2005.

Des policiers qui déchargent de la drogue…

L’enquête pose aujourd’hui d’intrigantes questions : un autre ex-indic de François Thierry, Stéphane, jugé crédible par les enquêteurs de l’Inspection générale de la police nationale (les fameux « bœufs-carottes »), aurait dû surveiller une villa par laquelle auraient transité des tonnes de drogue, transportée par des policiers français. Le tout… à la demande de François Thierry.

Au total, 19 tonnes de drogue seraient passées par la villa d’Espagne, depuis le Maroc.

Aujourd’hui, les questions s’accumulent : si François Thierry a effectivement couvert – voire accompagné – de si gigantesques trafics, a-t-il pu agir seul ? Ou a-t-il lui-même bénéficié de pr: otections au plus haut niveau de l’État ? A-t-il simplement aidé Sofiane Hambli à se débarrasser de la « concurrence », tout en opérant de grosses saisies ?

http://www.lalsace.fr/actualite/2016/05/22/drogue-l-ex-chef-des-stups-implique-dans-un-vaste-trafic

LIRE: FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »

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FRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat

Publié: 22 mai 2016 par Marc Fievet dans 36, Cannabis - Hachis - Haschich, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, Gendarmerie, Guardia Civil, Maroc, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, OCRTIS, Policia, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Par Emmanuel Fansten 22 mai 2016

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 Photo WITT.SIPA

Saisie record à Paris, le 17 octobre : 7,1 tonnes de cannabis sont saisies dans trois camionnettes boulevard Exelmans (XVIe arrondissement). Le lendemain, François Hollande se rend sur place, accueilli par Hélène Crocquevieille, la directrice générale de la Douane française en l’absence remarquée de Jean Paul Garcia, le « Boss » de la DNRED.

C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Que savaient ces derniers des méthodes de François Thierry ? Ont-ils cautionné ce trafic d’Etat ? De nouveaux éléments et un témoignage accablant recueilli par Libération dévoilent l’ampleur de ce système, dont l’existence pourrait mettre en péril des dizaines de procédures judiciaires. Contacté dimanche matin, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de notre enquête.

Le déclic

DNRED11Le système a déraillé brutalement le 17 octobre à Paris. Ce soir-là, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) met la main sur 7,1 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement. Une saisie record pour la capitale. Le lendemain, François Hollande se déplace en personne au siège des douanes pour saluer ce «coup fatal» porté aux trafiquants. Mais l’enquête ouverte le jour-même par le parquet de Paris, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), va réserver quelques surprises. Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane Hambli , bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9 000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, dûment immatriculé au Bureau central des sources. Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en «livraison surveillée». Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, Sofiane Hambli  semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

L’affaire d’Exelmans est jugée d’autant plus sérieuse par le parquet que la drogue saisie à Paris fait partie d’un lot beaucoup plus important. Trois jours plus tôt, les douanes avaient déjà intercepté 1,9 tonne de cannabis sur l’autoroute A11, en direction de Nantes. Puis quelques jours plus tard, 6,2 tonnes sont saisies dans une fourgonnette en Belgique. A chaque fois, la marchandise a la même origine. Pour le seul mois d’octobre, plus de 15 tonnes sont donc passées par le même canal sans aucun encombre. Avant que les douanes, avisées par un mystérieux informateur, ne fassent capoter l’opération. Quel rôle a joué Sofiane Hambli dans ce trafic ? Et surtout, quelle était la nature de sa relation avec François Thierry pour bénéficier d’une telle impunité ? Après quatre mois de cavale, le trafiquant est finalement interpellé le 22 février en Belgique. Un témoin tellement exposé que le parquet a jugé bon d’envoyer les gendarmes d’élite du GIGN pour aller le chercher en hélicoptère lors de son extradition. Une première en Belgique, quelques jours avant le rapatriement de Salah Abdeslam dans les mêmes conditions. Entendu depuis à deux reprises par les enquêteurs, Sofiane Hambli est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’Ocrtis.

Le recrutement

Sophiane Hambli,Sofiane Hambli

Le parcours de Sofiane Hambli est à la mesure du scandale qui couve depuis la saisie record du boulevard Exelmans. L’homme peut en effet se targuer d’être le plus gros importateur de cannabis en France, ni plus ni moins.

Dès la fin des années 90, à seulement 20 ans, il est déjà considéré comme un des barons du trafic international entre le Maroc, l’Espagne et la France. Recherché pour l’importation de plusieurs tonnes de shit, il est condamné en 2002 à cinq ans de prison, puis à dix-huit ans pour avoir continué à trafiquer depuis sa cellule. Sur une écoute téléphonique, on l’entend menacer un de ses acolytes de «lui trouer les genoux avec une perceuse» après le vol présumé d’une tonne et demie de marchandise. Quelques mois plus tard, il parvient à s’évader de la prison de Metz lors d’un transfert et s’installe dans le sud de l’Espagne. Une période faste au cours de laquelle Sofiane Hambli se refait rapidement un nom dans l’élite du trafic international.

Mais après avoir échappé à plusieurs coups de filet, le Français est finalement arrêté en mars 2009 à côté de Marbella, en Andalousie, dans le cadre de l’opération «Baleine blanche», la plus grosse enquête jamais menée en Espagne sur le blanchiment lié au trafic de drogue. L’opération, qui porte sur un montant de 250 millions d’euros, permet d’interpeller une cinquantaine de personnes et de saisir plus de 200 propriétés et véhicules de luxe. En garde à vue, Sofiane Hambli essaiera d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts aux barreaux de sa cellule. Selon plusieurs sources, c’est lors de sa détention en Espagne qu’il aurait été recruté par François Thierry. «Tamponné», comme on dit dans le milieu.

Extradé en France, Sofiane Hambli est condamné en avril 2011 à treize ans de prison. Mais il a désormais une bonne avocate. Anne Claire V. n’est autre que la compagne de François Thierry. A l’énoncé du verdict, elle dénonce une «peine sévère». Mais à peine trois ans plus tard, l’avocate spécialisée en droit immobilier dans un grand cabinet d’affaires parvient à faire libérer le trafiquant. Contre toute attente, Sofiane Hambli bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle, accordée par un juge d’application des peines de Nancy. Une mesure rarissime, réservée à certains repentis. Selon nos informations, Sofiane Hambli a dû s’acquitter au passage d’une amende douanière de 2 millions d’euros.

Qui a réglé cette somme ? Avec quel argent ? Et comment a été payée l’avocate ? Contactée par Libération, Anne Claire V. n’a pas souhaité s’exprimer. Seule certitude : Sofiane Hambli va désormais s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection de François Thierry. «Un homme à la tête du troisième réseau d’Europe en termes de volume de trafic», selon un enquêteur spécialisé.

Le trafic

Jusqu’où l’Office central des stups était-il impliqué dans ce gigantesque scandale ? Et dans quelle mesure les magistrats ont-ils validé certaines procédures ? Un témoignage édifiant permet d’éclairer ce système de l’intérieur. Ancien indic de François Thierry, bien connu des autorités françaises, Stéphane V. a livré de nombreux éléments à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de l’enquête sur les méthodes des Stups. Il affirme notamment avoir été mandaté par François Thierry pour garder une villa à Estepona, dans le sud de l’Espagne, entre mars et avril 2012. Pendant près de trois semaines, a-t-il expliqué aux «bœufs-carottes», cinq hommes présentés comme des policiers français se relayaient pour charger et décharger sur la plage des dizaines de paquets remplis de drogue, récupérées sur des Zodiac venus du Maroc.

esteponaAu total, 19 tonnes auraient transité par la villa au cours de ce seul séjour. Une mission payée à Stéphane V. en cash par François Thierry. Il sera à nouveau sollicité plusieurs fois par le grand patron des Stups pour des opérations identiques, jusqu’en décembre 2014.

Selon ce témoin, jugé crédible par le parquet, le schéma était parfaitement rodé. La drogue était achetée en gros à Marbella. Une partie des équipes, préalablement identifiées par l’Ocrtis, était ensuite interceptée dans des «go-fast» à la remontée. Les autres pouvaient alors inonder le marché sans être inquiétées. La came étant payée au départ, rien n’était perdu. Une stratégie basée sur un double objectif : faire grossir la taupe de François Thierry tout en éliminant les équipes concurrentes, grosses saisies et convocation de la presse à l’appui.

Les conséquences

Difficile d’imaginer qu’un commissaire loué pour sa prestance, son professionnalisme et sa connaissance des dossiers ait pu agir de la sorte sans l’aval de sa hiérarchie. Combien d’équipes sont tombées dans les pièges tendus par l’Ocrtis ? Combien de livraisons surveillées ont été autorisées ces dernières années sur la foi d’informations tronquées ? Combien de suspects sont désormais potentiellement libérables par des avocats pugnaces ?

Toutes les procédures judiciaires dans lesquelles le nom de Sofiane Hambli apparaît risquent en tout cas d’être fragilisées. Comme en juillet 2015, quand la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a annulé l’ensemble d’une procédure ayant abouti à la saisie de 132 kilos de cocaïne par l’Ocrtis, dans l’affaire dite de la «coopérative». «Une provocation policière», avait estimé les magistrats pour motiver leur décision, soulignant le rôle «déterminant» de l’Office dans la mise en place du trafic. A l’époque, cet arrêt avait mis en émoi les services enquêteurs, inquiets de voir leurs méthodes soudainement retoquées par la justice. Cette nouvelle affaire, autrement plus sensible, risque de relancer sérieusement le débat.

Emmanuel Fansten

http://www.liberation.fr/france/2016/05/22/stups-revelations-sur-un-trafic-d-etat_1454417
Lire aussi :François Thierry : tuyaux, «tontons» et tonnes de shit
Lire aussi :«En tout, 19 tonnes de cannabis ont transité par la villa au cours de ce seul séjour»
LIRE aussi:
FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »
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LIRE ou Relire: « Cocaïne, fric et flics »
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