Articles Tagués ‘deux policiers’

Huit suspects, dont deux policiers de la Police aux frontières, ont été écroués dans un dossier de cocaïne qui confirme l’attrait de la République dominicaine pour les trafiquants français.

« Ne dis jamais que tu m’connais bien. Tu sais très bien que c’est moi qui décide sur ce que je laisse voir de ma vie. » La photo de Leonardo DiCaprio, une coupe de champagne à la main, complète ce « post » mis en ligne avant les fêtes sur son compte Facebook par Clément-Roch Geisse. Un message qui va longtemps faire cogiter ses collègues de la Police aux frontières de Roissy.

Le gardien de la paix, 38 ans, et son supérieur, le brigadier-chef Christophe Peignelin, 51 ans, ont en effet été arrêtés dimanche dernier en « flag » par l’OCRTIS, l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants, avec 39 kg de cocaïne dans le coffre de leur voiture de service. Ils dorment en prison depuis vendredi.

. »D’abord il y a eu le doute, puis la colère et maintenant, c’est un sentiment de trahison », résume Jean-Yann William, cadre SGP-FO à Roissy, syndicat auquel appartenaient les deux « ripoux » présumés. « Ils ont porté le discrédit sur l’ensemble des 1.700 collègues de la plate-forme. »

Clément-Roch Geisse (Crédit DR)

« L’un ne marchait pas sans l’autre, témoigne un collègue. La différence de grade ne se voyait plus. » Pourtant, quel drôle de duo ils faisaient, l’un caricature de « beau gosse » night-clubber au bronzage impeccable et aux uniformes retouchés – la « Geisse attitude », plaisante un ami policier sur Facebook – et le second, quinquagénaire sportif, père de famille discret, voire fuyant… Rares sont ceux qui connaissaient la passion de ce dernier pour les perruches ou l’engagement au FN de son épouse, également mise en examen dans le dossier. En revanche, tous comprennent mieux aujourd’hui ses multiples refus de promotion au grade de major qui l’aurait fait changer d’affectation.

Un verrou, deux cadenas

Comme les douaniers de Roissy – démasqués en 2012 après avoir, des années durant, pillé les millions des trafiquants de drogue qui transitaient par l’aéroport –, les deux hommes étaient très appréciés par leur hiérarchie. « Les meilleurs résultats du terminal 2! », confirme une source policière qui souligne leur bonne connaissance de la fraude documentaire et le ciblage des vols sensibles. Qui a entraîné l’autre? Selon les premiers éléments de l’enquête, ce serait Clément – après avoir sympathisé, lors d’une sortie nocturne, avec Kamel Berkaoui, 34 ans, organisateur présumé du trafic, grièvement blessé au moment de son interpellation – qui aurait poussé son chef dans la combine. La somme de 40.000 € par passage est évoquée pour « sécuriser » le débarquement des « mules » et de leur précieuse marchandise. Au moins deux passages ont été établis par les enquêteurs. Mais depuis combien de temps durait la combine?

La réponse se trouve peut-être à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) au domicile de Clément Roch. Depuis que la police y a débarqué, M. Helder, propriétaire du garage Les Ateliers du Parc qui louait un deux-pièces au gardien de la paix, regarde autrement l’impressionnante porte en fer – un verrou, deux cadenas – que son locataire a fait installer à son insu. « C’était il y a trois ou quatre ans. Il m’a dit qu’il avait peur qu’on lui vole son arme de service… » Le garagiste se dit « sur le cul ». Cela fait plus de dix ans qu’il connaît son locataire. « À l’époque, je réparais les voitures des gars de la CRS 2 de Vaucresson. Lui débarquait de Bordeaux et faisait de la prévention routière dans les écoles. Un garçon gentil, sympa, qui appréciait les tenues flashy, fluo… »

« La Rep dom » est devenue la plaque tournante du trafic

Une Maserati est garée à l’entrée de l’allée. « C’est à un client, intervient Helder. Je ne lui ai connu que deux voitures : une Twingo puis une Clio. » Ses collègues se souviennent pourtant de l’avoir vu au volant d’une Ferrari. « Il a beaucoup fréquenté un certain Eddy, sur Boulogne, qui tenait un commerce de location de voitures haut de gamme », croit se souvenir Helder. Ne serait-il pas non plus le neveu du célèbre Jean Roch, un des rois des nuits parisienne et tropézienne, comme en sont convaincus nombre de ses collègues de Roissy? « C’est une blague! », en rigole encore l’intéressé sollicité par le JDD.

Sur Facebook, Clément-Roch Geisse appelait cette Ferrari « Titine ». (Crédit DR)

Deux ans d’enquête ont précédé le coup de filet de dimanche contre ce réseau qui avait attiré l’attention d’au moins trois services de police. La PJ de Versailles qui suivait un tuyau suite à une saisie d’armes à Plaisir (Yvelines). L’office des Stups qui s’intéressait à des déplacements suspects vers Punta Cana. Et la PJ parisienne qui enquêtait sur l’origine des quelque 500.000 € retrouvés dans le coffre de la Peugeot de Berkaoui, lors d’un contrôle inopiné à Paris en 2011. Contrôle qui avait donné lieu à une tentative de corruption et valu un an de détention provisoire à l’intéressé.

« La filière existait par ailleurs, sans les deux policiers, insiste une source proche de l’enquête. Mais c’est vrai que c’était plus confortable avec eux. » En mai 2014 la PJ de Nice avait également démantelé une filière à Roissy qui s’appuyait, elle, sur la complicité de bagagistes. Une filière de cocaïne en provenance notamment de République dominicaine. «  »La Rep dom » est devenue la plaque tournante du trafic de coke vers l’Europe, confirme un policier spécialisé. Des vols directs. Des touristes par milliers. Peu ou pas de contrôle au départ. En fait, les trafiquants se sont greffés sur l’explosion du tourisme dominicain. »

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

dimanche 01 février 2015

source: http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Trafic-de-cocaine-qui-sont-les-deux-ripoux-de-la-Police-des-Frontieres-715736

lire: FRANCE-NARCOTRAFIC: plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches..

0000000000000000000000000000

Dimanche, deux fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) ont été interpellés à l’aéroport de Roissy dans le cadre d’une enquête portant sur un vaste trafic de drogue. Les policiers sont soupçonnés d’avoir fermé les yeux sur le passage de valises contenant de la cocaïne, transportées par des « mules ».

Les policiers ont été arrêtés en fin de matinée alors qu’ils venaient de contrôler des passagers en provenance de Punta Cana, en République dominicaine, dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par un juge d’instruction parisien.

Interpellées à Saint-Vivien, Lesparre et Mérignac

Cela faisait déjà plusieurs mois que les enquêteurs de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) travaillaient sur cette équipe de présumés trafiquants composée d’une dizaine de suspects qui ont tous été placés en garde à vue à Nanterre et Versailles.

Mais, dès dimanche après-midi, l’enquête a rebondi en Gironde où résident la mère d’un des deux policiers mis en cause ainsi que deux autres personnes de son proche entourage. Les policiers de l’OCRTIS se sont rendus à Bordeaux où, avec l’appui de la division des affaires criminelles de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ), ils se sont rendus au domicile de la mère, à Saint-Vivien-du-Médoc.

Cette femme de 76 ans a été placée en garde à vue. Elle a été rejointe quelques heures plus tard par une jeune femme de 20 ans, habitant Lesparre. Et, hier après-midi, une Mérignacaise de 32 ans a été appréhendée à son tour et conduite en garde à vue dans les locaux de la PJ bordelaise. Toutes deux connaissent bien le suspect.

Garde à vue prolongée

Les enquêteurs travaillent sur le volet financier de l’affaire. Ils cherchent à savoir si ces personnes ont bénéficié des largesses du policier en poste depuis quelques années à Roissy et qui a été arrêté avec son collègue alors qu’ils venaient de récupérer auprès des passagers contrôlés, deux valises contenant chacune 20 kilos de cocaïne.

Selon toute vraisemblance, ces policiers ont considérablement amélioré leur train de vie en facilitant l’arrivée de cocaïne en France. Ils en auraient tiré des revenus conséquents et auraient été généreux avec leur entourage.

Dimanche et lundi, les enquêteurs de l’OCRTIS ont effectué des perquisitions et auditionné les trois femmes dont la garde à vue devait être prolongée. En fonction des éléments recueillis et retenus à leur encontre, elles pourraient être déférées devant le juge d’instruction en charge du dossier.

En uniforme

Les investigations sur ce trafic ont débuté en décembre 2012 et donné lieu à de multiples filatures et écoutes téléphoniques. Le rôle des policiers impliqués dans l’affaire pourrait être important.

En effet, il apparaîtrait dans la procédure qu’ils allaient chercher les passeurs sur le tarmac de l’aéroport à bord de véhicules sérigraphiés, en uniforme, et leur faisait même franchir les contrôles douaniers pour passer la drogue sans être inquiétés.

Parmi les gardés à vue, figure également le commanditaire présumé du trafic, interpellé à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine).

http://www.sudouest.fr/2015/01/27/cocaine-a-roissy-des-girondines-interpellees-1810448-2780.php

000000000000000000000000000

Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des …

8 déc. 2011 – L’O.C.R.T.I.S. a été créé par le décret du 3 août 1953 qui répondait aux recommandations de la Convention internationale sur les stupéfiants …

000000000000000000000000000000000000000