Articles Tagués ‘DGSI’

Dimanche midi ; nous suivons sur ce blog depuis jeudi soir un des grands scandales de la Ve République, qui n’intéresse presque personne.

En effet, le gouvernement a refusé la liste des djihadistes français ayant opéré en Syrie proposée par le gouvernement syrien – celui-ci demandant qu’on arrête d’appeler à l’assassinat de Bachar-al-Assad, et qu’on rouvre notre ambassade à Damas (comme le font beaucoup d’autres pays de l’Union Européenne…).

Rappel Épisode 1

En fait, je viens de voir que tout a commencé dès le 16 novembre, sur Radio Classique, où l’ancien chef de la DST/DCRI balance sévèrement :

2’53 : Squarcini : Surtout, surtout, nous n’avons plus aucun contact avec les services secrets syriens, où tout se passe !

Durand : C’est ça la faille ?

Squarcini : Ben, il y a un problème opérationnel ! Vous ne pouvez pas connaitre le nom des Français qui sont en Syrie si vous ne discutez pas avec vos homologues syriens !

Durand : Donc ce qui fait que cette affaire n’a pas pu être empêchée, c’est l’absence d’informations à la source ?

Squarcini : Je pense qu’il a une faille au niveau de la source. […] il a manqué beaucoup d’éléments […]

Durand : Mais quand on entend ce qui a été dit aux jeunes gens au Bataclan, on a clairement entendu « C’est à cause de l’intervention française en Syrie que vous allez tous mourir ! »

Squarcini : C’est aussi dans le communiqué [de revendication de Daech], où le Président est ciblé nommément, et nos frappes également. Mais lorsqu’on va faire la guerre à l’extérieur, on rassure d’abord et on met des sacs de sable d’un certain niveau sur notre territoire national pour que les Français puissent vivre au quotidien sans aucun problème !

Traduction : “Sombre idiot, quand tu vas bombarder des terroristes, que ça va fâcher, assure-toi d’avoir mis toutes les chances du côté de ta population en récoltant le maximum de renseignements ! As-tu compris maintenant ce que j’ai longuement essayé de t’expliquer il y a deux ans ?”

J’imagine que Squarcini s’est attendu à une polémique, et/ou, vu le choix du lieu assez confidentiel (423 vues pour la vidéo… Mais bon, on s’intéresse plutôt ) et la mesure de ses propos, à avoir rapidement des signes d’une évolution de l’exécutif, façon “je préviens gentiment, mais bougez vite”.

Je rappelle enfin que si Squarcini a été nommé par Sarkozy, s’il y a bien une personne qui a intérêt à ce qu’il n’y ait pas une commission d’enquête, c’est Sarkozy, qui a ruiné la Libye, qui a rompu les relations avec Assad et fermé notre ambassade, et qui palpe l’argent du Qatar. Fin des théories conspirationistes envers Squarcini (c’est lourd), ou alors avec des preuves solides, merci.

(PS : au passage, soutien total à nos as du renseignement, hélas guidés par des aveugles…)

Rappel Épisode 2

On comprend avec le recul que le gouvernement a dû refuser toute évolution la semaine passée, d’où le fait que Squarcini ait sorti la sulfateuse jeudi dans Valeurs actuelles :

Vous avez proposé à votre ancien service il y a deux ans de lui transmettre une liste des Français qui combattent en Syrie. Pourquoi a-t-il refusé ?

Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. j’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques.

C’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie. Résultat : on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret.

Accusations gravissimes confirmées par un ancien ponte de la DGSE (ces gens là essayant de nous protéger, eux, que voulez-vous…).

Précision : des indiscrétions laissent à penser (et c’est logique), que Valls a d’abord accepté, mais que finalement, c’est Ayrault qui, forte sur pression de Fabius, a refusé, obligeant Valls a refuser. C’est Fabius qui depuis le début tient ces positions talibanesques délirantes – ce type n’a rien à faire au Quai d’Orsay, où il est évidemment largement “déploré”. Hollande est dans cette histoire comme habitude, insignifiant.

Rien d’étonnant sur le fond, c’était fièrement proclamé par Fabius, si on sait lire entre les lignes :

Mais sommes-nous tous d’accord ?

(d’autant que M. Fabius semble surtout avoir choisi les deux quand il copine les dictatures de l’Arabie ou du Qatar qui soutiennent le terrorisme…).

.

Lire : L’Arabie ? Un Daech qui a réussi

============================================================

Le Drian : la décence, c’était avant…

Je vais passer très vite sur la panne de décence du fait que, non content de ne pas avoir démissionné après le naufrage historique de la semaine passée (pour que même Slate le dise… Mais comme je le dis, la propagande, la fabrication du consentement c’est bien gentil, mais encore faut-il ne pas mourir sur le chemin du journal…)…

… le ministre de la Défense vient nous expliquer que, bien entendu, il reste candidat aux régionales (faut pas abuser, on ne va pas se laisser détourner de ses objectifs vitaux par une petite guerre), et que surtout, aucun souci, s’il gagne, eh bien il restera au ministère en cumul des mandats (si Hollande le veut – inch’Hollande)

============================================================
Le Scandale d’État non seulement confirmé mais amplifié !

Mais le vrai sujet est la suite du scandale d’État.

Eh bien, trèèèèèèèèèèèèèèèès timidement un journaliste du Monde a posé une petite question à M. Le Drian (il n’allait quand même pas mettre sur la table les accusations des pontes de la DST et DGSE, le Monde on a dit…) qui dans une interview lamentable a montré qu’il n’a toujours rien compris à la situation, sur plusieurs sujets, le principal étant sans doute celui-ci :

7’53 Le Drian : dans cette affaire de la lutte contre cette armée de l’ombre [OB : mais comment on peut être aussi con ?], tout le monde a besoin de tout le monde

8’40 Le Drian : la nouveauté par rapport aux États-Unis, c’est qu’il y a eu une accélération de la transparence dans le renseignement militaire

9’15 Le Drian : le renseignement c’est aussi un outil de souveraineté

———–

9’45 Journaliste : Est-ce que vos services reparlent avec les services du gouvernement syrien, de Bachar al-Assad ?

Le Drian : Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Elkabach : Est-ce que ça pourrait le devenir ?

Le Drian : Pas pour l’instant.

(fin du passage, ils partent sur  un délire sur la Russie qui changé de position (sic.)…)

Sidérant…

Bref, on aura facilement la liste des djihadistes français qui sont allés combattre… aux États-Unis.

Je vous rappelle les paroles de Bachar al-Assad, à propos de la politique “Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure” de Hollande :

« Comment voulez-vous qu’il y ait coopération à partir du moment où vous refusez tout autre contact, où il n’est pas question de rouvrir votre ambassade et encore moins de faire une déclaration reconnaissant l’actuel régime syrien comme légitime ? À partir du moment où Hollande et Fabius font de mon élimination une condition sine qua non, ils ne peuvent pas me demander d’échanger avec eux. En fait, leur contradiction profonde, c’est qu’ils combattent le terrorisme d’une main et le soutiennent d’une autre, en fournissant armes et matériel à une opposition qui n’a strictement rien de modéré et encore moins de laïc. Nous avons actuellement en Syrie 20 000 djihadistes étrangers qui combattent au sein de Dae’ch, d’Al-Nosra ou autre, et vous savez parfaitement bien qui les finance. » […]

L’Occident a combattu de toutes ses forces la nation arabe : aujourd’hui, elle a en face d’elle l’islamisme wahhabite et nous en payons tous le prix.»

Si j’insistais autant depuis 3 jours, c’est que, connaissant bien les mentalités de ces gens-là, je craignais bien qu’il soient assez fous pour s’entêter, et ne pas renouer des contacts au plus vite avec la Syrie, pour tenter de déjouer tout nouvel attentat.

Je pense au fond de moi qu’ils n’en sont tout simplement psychologiquement pas capables. Cela implique de n’avoir aucun afect, mais que de la raison – or ces gens, c’est le contraire, signe de notre époque. Faites d’ailleurs le ratio émotion / raison dans les médias, c’est éloquent.

Certes peut-être que des contacts se nouent en ce moment, mais aucun geste apparent n’a été fait par Hollande.

Si on voulait renouer, Hollande n’avait qu’à prétexter que, “bien qu’aucune faute n’ait été commise” (heum heum), la situation exige un renouveau politique. Je remplace M. Fabius par M. Védrine, et nous rouvrons notre ambassade à Damas, pour rejoindre beaucoup d’autres pays de l’Union. La France maintien son souhait d’un processus démocratique à la fin de la guerre, où les Syriens décideront librement et par eux-mêmes de leur avenir, blablabla”.

Ce n’est pas fait, ils semblent donc persister à nous mettre en risque par idéologie, à ne pas écouter.

Bien sûr, rien ne dit qu’avoir des renseignements syriens empêcherait le prochain attentat, mais rien ne dit non plus le contraire, et, personnellement, j’apprécierais qu’on ne prenne aucun risque avec ma sécurité. Comment dit-on déjà ? Ah oui, “Tout le monde a besoin de tout le monde.”

Si vous voulez comprendre les racines de la crise syrienne, pour bien comprendre quelles peuvent en être les issues, lisez ici l’analyse de cet ancien ponte de la DGSE.

Première réaction ce matin de Jacques Raillane , alias “Abou Djaffar”, ancien analyste de la DGSE, spécialiste du renseignement et de la lutte contre le terrorisme :

Journalistes, pourquoi rester complices de ce silence ? Cela mérite enquête et débat !

Il y a un moment où le silence devient criminel. Pensez aux victimes et à leurs familles !

On ne parle pas Politique, on parle Sécurité, de nous tous, et Construction de notre avenir
Bonus

11’30 Le Drian Jusqu’où va l’évolution des Russes ? Il faudra le vérifier avec M. Poutine. Car si nous sommes dans une coordination, cela veut dire que la Russie frappera Daech, et ne frappera plus l’Armée Syrienne Libre !

Selon l’universitaire Frédéric Pichon (docteur en Histoire contemporaine. Ancien élève de l’IEP de Paris) :

“L’Armée Syrienne Libre a été une franchise commode. Elle était composée des mêmes combattants qui aujourd’hui sont dans le Front islamique, financé par les Saoudiens, ou des combattants du Front al-Nosra ou des groupes affiliés à Al-Qaida. Il y a toujours eu une grande porosité entre ces groupes de combattants. On a essayé de nous vendre une fiction de « modérés » au sein de l’ASL, à laquelle de nombreux experts n’ont jamais cru. Je comprends que pour un certain discours, il fallait dire que l’on soutenait des nationalistes, mais on ne les a jamais trouvés. Il y avait des Syriens, des hommes libres qui se revendiquaient de l’ASL. Ils allaient du salafiste bon teint au djihadiste, en passant par des gens qui défendaient leur quartier ou leur village.”

Un commandant de “l’Armée Syrienne Libre” :

Merci pour ce moment M. Le Drian… Je me sens en sécurité grâce à vous, renvoyez 10 militaires de plus patrouiller dans les couloirs du RER, c’est super utile.

============================================================
Médias

Hier, chez Ardisson, on a parlé (enfin, on l’a effleuré) du scandale (ben, s’il ne reste qu’Ardisson pour s’informer…).

23’55 : le journaliste de Valeurs Actuelles sort la bombe.

http://player.canalplus.fr/embed/?param=cplus&vid=1332809

Réaction d’Ardisson : “Alors, on continue, bla bla bla”

On a eu aussi le Figaro

Source : Tristan Quinault Maupoil, pour Le Figaro, le 20 novembre 2015.

LE SCAN POLITIQUE – Selon l’ancien directeur central du renseignement entre 2008 et 2012, Manuel Valls a refusé une liste de djihadistes proposée par la Syrie. Des députés demandent des explications.

Par opposition au régime de Bachar el-Assad, la France a-t-elle refusé une liste de djihadistes Français qui combattent en Syrie? C’est ce qu’assure Bernard Squarcini, l’ancien directeur central du renseignement entre 2008 et 2012. Il explique à Valeurs Actuelles: «Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. J’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements».

«On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques. C’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie», regrette l’ex-haut fonctionnaire. «Résultat: on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret», ajoute encore Bernard Squarcini alors que certains des terroristes impliqués dans les attentats de la semaine dernière avaient justement transités par la Syrie. Une déclaration qui a été aussitôt relayée par Jean-Frédéric Poisson (LR) et Gilbert Collard (FN). Dans deux questions écrites distinctes adressées à Manuel Valls, les députés demandent des explications. Légalement, le premier ministre a deux mois pour y répondre.

«Caractère sensible et grave de cette allégation»

«Le caractère extrêmement sensible et grave de cette allégation réclame des réponses: cette allégation est-elle fondée? Ce refus a-t-il eu des conséquences sur la capacité de la France à connaître plus précisément les connexions entre les français partis en Syrie et les réseaux islamistes présents sur notre territoire?», demande ainsi Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien démocrate, militant d’un rapprochement de la France avec Bachar el-Assad. Ce dernier a d’ailleursrencontré deux fois le raïs syrien en 2015. Dans le même texte, le député des Yvelines demande au gouvernement de réouvrir son ambassade à Damas, fermée après le début de la révolution syrienne.

Auprès de Paris Match, le député Olivier Marleix (LR) parle d’un «refus d’une extrême gravité». «Quoi qu’on pense de Bachar el-Assad, puisque nous sommes en guerre, on ne refuse pas des informations aussi vitales! Nos services se sont privés de contact indirect avec les services syriens», complète l’élu de l’Eure-et-Loir qui justifie donc de réclamer une commission d’enquête parlementaire.

À suivre (?)

https://www.les-crises.fr/le-gvnmt-est-il-pret-a-nous-sacrifier-par-ideologie/

Posté avec WordPress pour Android

00000000000000000000000000000000000000000000000

FRANCE-NARCOTRAFIC: plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches.

Publié: 1 février 2015 par Marc Fievet dans NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES FRANCAIS
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

31 janvier 2015, par G.Moréas

Cocaïne, fric et flics

L’arrestation ces derniers jours de policiers de la PAF, mis en cause dans un trafic qu’ils sont censés surveiller ; la disparition d’une cinquantaine de kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la brigade des stups du quai des Orfèvres, autant d’affaires récentes qui plombent la police. Une seule raison : le fric. En octobre dernier, c’était un ancien chef d’Interpol qui était mis sous les verrous en Équateur, et l’on se souvient des nombreuses arrestations parmi les autorités de l’aéroport de la station balnéaire de Punta Cana, en République Dominicaine, après la découverte de 682 kg de cette drogue dans un Falcon 50 français, en mars 2014.

https://i2.wp.com/moreas.blog.lemonde.fr/files/2015/01/Narcops.jpg

Le trafic de stupéfiants, et notamment celui de la cocaïne, génère de tels bénéfices que tous les intermédiaires s’enrichissent… en une traînée de poudre – du moins s’ils ne vont pas en prison. Quant aux « cocotrafiquants », le fric les rend omnipuissants. Devant ces kilos de drogue qui défilent sous leur nez et qui disparaissent en fumée dans les incinérateurs, certains flics craquent. Ils passent du côté obscur. Même s’ils ne sont que quelques-uns, ils font mal à la corporation. Mais, comme dit le directeur général Jean-Marc Falcone, « la police nationale fait le ménage dans sa propre institution ».

Sniff !

https://i0.wp.com/moreas.blog.lemonde.fr/files/2015/01/Prix-des-drogues-20131.jpg

En France, d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, la cocaïne se revend 68 € le gramme, pour une pureté moyenne qui tourne autour de 35 %. Ce qui met le produit pur autour de 200 000 € le kilo alors qu’il est acheté aux cultivateurs l’équivalent de 2 à 3000 €. On imagine les retombées que cela engendre tout au long de la chaîne d’intermédiaires ! Évidemment, les narcotrafiquants sont les premiers à passer à la caisse. Pour la seule cocaïne, leur chiffre d’affaires annuel se situerait dans une Prix des drogues 2013 fourchette comprise entre 75 et 100 milliards de dollars (Rapport mondial sur les drogues de 2011). Un chiffre qui est d’ailleurs en baisse sur ces dix dernières années, notamment aux États-Unis, mais qui représente environ le quart du marché de l’ensemble des drogues. Même si l’on tient compte du prix du traitement (20 à 30% du prix d’achat), la marge est impressionnante. Certains analystes estiment que le trafic de drogue dans sa totalité équivaut à 1 % du PIB mondial. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (2009), les produits stupéfiants représenteraient environ un cinquième du produit du crime dans le monde et il faudrait un budget de 200 à 250 milliards de dollars pour couvrir les dépenses de santé annuelles liées à la consommation des « drogues illicites ». Je suppose que les drogues licites sont les médicaments ! Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce type de criminalité donnent le tournis. On a l’impression d’un petit monde qui s’agite en vase clos. Pour l’UE, les coûts cachés ou apparents liés aux produits stupéfiants oscilleraient entre 28 et 40 milliards d’euros par an. La cocaïne est la deuxième drogue la plus consommée en Europe. Quant à la France, elle dépenserait plusieurs milliards d’euros (je ne suis pas sûr qu’il soit tenu une comptabilité), dont une grande partie pour lutter contre l’importation de la « bigornette », comme disait Francis Carco dans La dernière chance, en 1935. En effet, via les Antilles et la Guyane, notre pays est en première ligne. Ainsi, le mois dernier, près de 30 tonnes de drogue ont été saisies lors d’une opération Interpol menée en Amérique centrale et dans les Caraïbes. En partie de l’héroïne et du cannabis, mais principalement de la cocaïne, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars. Cette opération baptisée Lionfish II a été menée conjointement par 39 pays, dont 4 de l’UE : l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la France. Mais c’est la France qui a financé l’opération (je ne sais pas si l’UE participe). La partie opérationnelle est revenue à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en coordination avec le secrétariat général d’Interpol. « L’opération a également permis de fermer une cinquantaine de laboratoires de fabrication de stupéfiants. La marine nationale colombienne a saisi un semi-submersible qui servait à transporter de la drogue, deux avions légers ont été saisis en Équateur et une vingtaine de pistes d’atterrissage dissimulées dans la forêt ont été détruites par les autorités colombiennes… », peut-on lire sur le site d’Interpol.

Comme on le sait, la cocaïne est cultivée et traitée dans le nord de l’Amérique Latine, essentiellement en Colombie, en Bolivie et au Pérou. Elle suit ensuite trois axes d’exportation « traditionnels », l’un vers les États-Unis et le Canada ; les deux autres vers l’Europe et l’Afrique (on peut se demander si la fin de l’embargo sur Cuba ne changerait pas la donne). L’UE est d’ailleurs fortement « attaquée » par des passeurs qui viennent d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique du Nord.

Dans la mer des Caraïbes, la « Méditerranée américaine », la lutte contre les trafiquants est menée par les forces armées de différents pays. Pour ce faire, plusieurs accords ont été passés, trop sans doute, au point de ne pas s’y retrouver. Ce qui favorise la suprématie américaine. En 2008, un accord a été signé entre le commandant supérieur (COMSUP) de Fort-de-France et le commandant régional américain. Nom de code : Narcops. Et en novembre 2011, une première opération conjointe d’envergure pour lutter contre le trafic à destination de l’Europe et de l’Afrique du Nord a été mise sur pied. La France dispose en permanence de deux bâtiments de guerre qui patrouillent le secteur avec chacun un hélicoptère embarqué. Parfois, un sous-marin nucléaire pointe son nez. En cas d’intervention sur un go fast, un tireur d’élite prend position pour neutraliser les moteurs. Puis il reste en appui pour protéger l’équipe d’intervention. En cas de nécessité, l’ordre d’ouvrir le feu doit venir de Matignon, via le Secrétariat général à la mer, qui assure la coordination interministérielle des actions de l’État en mer. Il faut dire que dans ce type d’opération, plusieurs ministères sont concernés : Défense, Intérieur, Justice, Finances et Santé. C’est une exception française. La police judiciaire est également très active. Il existe une antenne de l’OCRTIS à Fort-de-France et deux détachements, l’un à Pointe-à-Pitre, l’autre à Saint-Martin, et les gendarmes disposent d’un patrouilleur. Mais depuis quelques années c’est la Guyane qui inquiète. Elle a déjà pris sa place dans un trafic de « mules » à destination de la métropole. Mais cela pourrait bien évoluer, notamment en raison de sa proximité avec des pays trafiquants, comme le Surinam et le Venezuela, et aussi d’une présence policière moins forte. Dans ce département où 40 % des moins de 30 ans sont au chômage et où 44% des travailleurs sont fonctionnaires, il doit être difficile de rêver sa vie. Pour comprendre, comment on en est arrivé là, c’est-à-dire une situation inextricable malgré les moyens mis en œuvre, il faut jeter un coup d’œil en arrière… De 1860 à 1910, la coca et la cocaïne sont des denrées qui s’exportent mondialement, notamment par deux réseaux principaux partant des pays andins, l’un vers l’Allemagne et le reste de l’Europe, l’autre vers les États-Unis. Les Américains deviennent alors les plus grands consommateurs au monde. Le revirement est brutal. En 1915, les États-Unis se lancent dans une croisade solitaire contre ce fléau qui ravage l’Amérique, diabolisant l’Allemagne en le dépeignant comme l’empire de la drogue. Peu à peu, différents pays emboîtent le pas au géant américain, jusqu’à l’interdiction mondiale en 1950. En quelques décennies, un produit licite devient illicite et sa commercialisation échappe alors aux contrôles des États. Les filières légales disparaissent laissant la porte ouverte aux aventuriers et aux trafiquants de tout crin. Au retour de la guerre du Vietnam, de nombreux soldats américains sont devenus héroïnomanes. Aussi, en 1971, le président Nixon déclare la guerre à la drogue, notamment à l’héroïne. Georges Pompidou reçoit le message 5 sur 5 et Marseille perd ses labos de morphine-base. Dans le même temps, la consommation de cocaïne explose aux États-Unis. Comme un pied-de-nez – plus gentiment nommé la contre-culture. La justice moralisatrice se met en place et le nombre d’incarcération explose. Les prisons sont remplies de jeunes, surtout des Noirs et des Latinos au point que certains s’interrogent : existerait-il une raison cachée à cette pénalisation à outrance ? Un peu comme en France on utilise la pénalisation de la consommation de cannabis pour contrôler les jeunes des cités. Toute proportion gardée, bien sûr ! Même si la consommation mondiale semble stagner, peut-être à cause des drogues de synthèse, la guerre contre le trafic de cocaïne n’est pas prête d’être gagnée. Trop de fric en jeu. Et l’amusant, si l’on peut dire, c’est que plus la répression est efficace, plus les prix grimpent – et plus les trafiquants s’en mettent plein les poches. Y a pas de morale à mon histoire !

source: http://moreas.blog.lemonde.fr/2015/01/31/cocaine-fric-et-flics/

000000000000000000000000000

* : http://fr.wikipedia.org/wiki/Indulgence_%28catholicisme%29

LIRE:

Il existe un lien établi entre les trafiquants de drogues en Amérique latine, dont la Colombie, et les gangs armés dans la région du Sahel.

7764337469_marc-fievet-sur-rtl-le-6-septembre-2013Après le SAC  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_d%27action_civique), le GAL  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupes_antiterroristes_de_lib%C3%A9ration) et  l’IRA  (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_r%C3%A9publicaine_irlandaise), c’est au tour des groupes islamistes présents dans le Sahel comme AQMI, le MUJAO, Ansar Dine et Boko Haram de « fonctionner » grâce aux profits générés par la cocaïne.

Les groupes terroristes disposent de deux sources principales de financement, explique le président de la CMAIS Mountacir Zian à Magharebia : le trafic de drogues et les enlèvements avec demande de rançons.

Imrane Binoual à Casablanca a contribué à ce reportage pour Magharebia – 12/09/2014

Alors que l’on craint que les combattants de l’État islamique (EI) ne deviennent une source d’inspiration pour les jihadistes hors du Moyen-Orient, les spécialistes lancent une mise en garde : le groupe a donné aux extrémistes de la zone du Sahel-Sahara le courage de s’enhardir.

LIRE:

Terroristes et trafiquants passent une alliance impie.

N’est-ce pas Jean Paul Garcia?

https://i1.wp.com/defense.blogs.lavoixdunord.fr/media/01/01/1985064283.jpg

Jean Paul Garcia, le « boss » de la DNRED

 » Nos activités étant celles d’un service de renseignement, 7 millions en fonctionnement, c’est peu « , grimace Jean-Paul Garcia (photo Sénat). D’autant qu’avec ses 700 agents,  » la DNRED a réalisé plus de la moitié des résultats des 17 000 agents des douanes en matière de lutte contre le trafic des stupéfiants, près de 70 % en matière de tabac « .

Le DNRED précise d’emblée les choses :  » Nos agents ont également vocation à se déplacer à l’étranger mais n’y conduisent jamais d’actions complètement clandestines, agissant toujours sous la couverture d’un service ami ou allié. La DNRED n’est pas un service de police judiciaire aussi son action est-elle purement administrative.

——————————

Anti-terrorisme : ce que signifient ces sigles au cœur de l’actualité

FOCUS – Les attentats perpétrés en France par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont mis en lumière les failles dans le système de prévention du terrorisme. Metronews fait le point sur les différents sigles dans ce domaine.

Jean-Yves Le Drian et Bernard Cazeneuve ont respectivement autorité sur la DGSE et la DGSI.

Jean-Yves Le Drian et Bernard Cazeneuve ont respectivement autorité sur la DGSE et la DGSI. Photo : JOEL SAGET / POOL / AFP

%d blogueurs aiment cette page :