Articles Tagués ‘drogues’

Le reportage accusateur

Un très intéressant reportage de Spécial Investigation de mars 2010, lisible ici, avait expliqué la méthode pour amener la drogue sur l’archipel des Bijagos et y décharger la coke. Un colombien disant s’appeler « Willmer » avait choisi de s’installer dans une petite maison ronde qui était tout simplement installée au bout d’une piste d’atterrissage débouchant sur l’Atlantique.  Des enfants interviewés parlaient de gros fûts à débarquer pour aider le colombien.  Ça ne pouvait être plus clair (cf ici à droite, l’image est saisissante) !!!

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26 octobre 2018

Commençons d’abord au Brésil, par un repêchage, en juin, d’un avion dont on n’avait pu voir que les formes au fond de l’eau, survolé par un hélicoptère de l’armée. On avait eu un peu de mal à en définir l’aspect, mais c’était bien un Beechcraft Baron bien classique, comme le montre la photo, une fois sorti de la la lagune d’Uberaba, dans le Pantanal, puis démonté pour être expédié par barge sur le fleuve. L’avion avait été intercepté le 25 avril dernier par les forces aériennes brésiliennes : repéré par un avion radar E-99, il avait été ensuite abattu par l’un des deux A-29 Tucano lancés à sa poursuite.

L’avion, un Beechraft Baron B-58 d’après ses vitres rectangulaires arrière) emportait une demi-tonne de coke, dont la majeure partie avait été récupérée.  Mais comme il en regorgeait littéralement c’est sans surprise qu’on avait découvert 60 kilos supplémentaires à son bord, dans un endroit non déterminé de l’avion.  Le corps du pilote n’avait pas été retrouvé : avait-il réussi à s’échapper lors de son amerrisse forcé, l’option reste possible.  Selon la police et l’armée, le Tucano avait atteint un des moteurs de l’appareil, et le fuselage ne portait aucune trace d’impact.  Tirer sur les avions de trafiquants est autorisé au Brésil en 2004.  La procédure a été utilisée pour la première fois en juin 2009, lorsque des pilotes ont tiré sur un véhicule monomoteur transportant 176 kilos de cocaïne à Rondonia.  Après les tirs de semonce, le pilote du monomoteur avait atterri.  On ne sait ce qu’il est advenu de ce chanceux, donc (et de son coéquipier car ils étaient deux à bord).  La seule chose gênante, dans cette pêche aux vestiges, est que dans tous les clichés de l’opération, la police prendra grand soin de disposer devant la partie du fuselage portant l’immatriculation de l’appareil un bout de métal, en l’occurrence ici la partie droite du gouvernail horizontal, disposé sciemment (on a replié exprès vers le haut son aileron, voir ici à droite) pour éviter qu’on ne le distingue.

Pour quelle raison ? Impossible de le savoir.  Cherchait-on ainsi à dissimuler le propriétaire de l’aéronef ? A noter que l’on avait acheminé le butin repêché via un petit Cessna immatriculé PT-KCL, siglé « Operaçoes Aéeras », celui de la police et à l’origine l’avion saisi à des trafiquants…

Le vol d’avion, un sport toujours très prisé

Voler des avions, ou tenter de les voler, demeure un sport brésilien fort pratiqué. ….   lire plus

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FRANCE (Narcotrafic): qui pour réellement lutter contre les méfaits de la drogue?

Publié: 6 juin 2018 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Amphétamines, Australian Customs and Border Protection Service., BAN, Blanchiment, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Champignons hallucinogènes, Cocaïne, Customs and Border Protection, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Ecstasy / MDMA, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), Héroïne, HM Customs Excise (UK), Khat, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Opium, Pays de transit, Pays producteurs, Police, Policia, Précurseurs, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR
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L’OCRTIS  qui semble être le seul service a avoir été chargé d’émettre un rapport sur ce que devrait être le futur service chargé de la lutte anti narcotrafic demande que son rôle de coordinateur soit renforcé avec, toujours coté Police, l’OCRGDF (Office central de répression de la grande délinquance financière) et le SIRASCO, le Service d’Information, de Renseignement et d’Analyse Stratégique sur la Criminalité Organisée.

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QUID de la Gendarmerie, des 1000 communautés de brigades et 700 brigades territoriales autonomes, des 8 commandements de la Gendarmerie ou COMGEND, qui sont établis dans les départements (DOM) ou communautés (COM) d’outre-mer : Nouvelle-Calédonie et îles Wallis-et-Futuna, Polynésie française, La Réunion, Mayotte, Guyane, Martinique, Guadeloupe et Saint-Pierre-et-Miquelon?

QUID de la Douane Française, de ses 8 338 agents de la SURV (terrestres, marins, aériens, aéroports)?

QUID de la DNRED, la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières et de ses 715 agents répartis en trois directions:

la Direction du renseignement douanier (DRD), la Direction des enquêtes douanières (DED), la Direction des opérations douanières (DOD).

La DNRED est chargée de:

  • collecter, centraliser, traiter et diffuser le renseignement d’origine douanière,
  • lutter contre les grands réseaux internationaux de contrebande (stupéfiants, tabac, armes, biens culturels, contrefaçons) en mettant en œuvre, si les enjeux le justifient, des techniques d’investigation spécialisées,
  • coordonner les activités opérationnelles menées avec les partenaires étrangers de la douane française.

Au sein de la communauté française du renseignement et dans le cadre du Conseil national du renseignement, la DNRED est prioritairement chargée des domaines suivants :

  • la lutte contre les activités criminelles et les flux financiers clandestins (principalement la lutte contre les narco-trafics),
  • la lutte contre le terrorisme et son financement, en appui de la DGSE, de la DGSI et de TRACFIN,

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Parce que l’OCRTIS estime que « La lutte contre le trafic de stupéfiants mobilise de nombreux acteurs qui peuvent poursuivre des stratégies divergentes, voire concurrentes […] et que La coordination est lacunaire au niveau territorial et perfectible au niveau central […]« , faisant allusion aux stratégies de la Gendarmerie et de la Douane, qui joueraient leur partition en solo, l’OCRTIS suggère que son rôle de coordinateur soit renforcé allant même jusqu’à écrire qu’il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services…

De qui se fout-on?

Voila des décennies que l’OCRTIS se tire la bourre avec douaniers et gendarmes profitant du fait que systématiquement toutes les affaires de stups tombaient pour « traitement » dans son escarcelle. De coups tordus en coups véreux, sans oublier les coups de vice, les coups pendables, les coups fourrés et autres coups de jarnac que l’OCRTIS savaient parfaitement mettre en œuvre pour le plus grand bien du déroulement des carrières de ses successifs dirigeants, imaginer qu’aujourd’hui ce seul service soit aux manettes pour diriger la lutte anti-narcotrafic me semble tout simplement impensable.

La Gendarmerie ne pipe mots…Logique puisqu’elle fait partie de la grande muette!

La Douane semble être aux abonnés absents dans ce combat futur et Rodolphe Gintz, son directeur général, pourtant aficionado de Twitter, ne s’exprime pas. Gérald Darmanin, qui sait profiter des avions douaniers pour ses déplacements, ne donne pas l’impression que ce combat anti-narcotrafic lui incombe.

Verra-t-on demain les avions et les bateaux de la flotte aéronavale douanière mis à disposition de l’OCRTIS quand ils seront enfin opérationnels?

A la mondialisation des trafics doit répondre une approche globale de l’État, indispensable à la maîtrise des quartiers de reconquête républicaine souligne encore l’OCRTIS!

Cette mondialisation n’a rien de nouveau, seule cette prise de conscience semble nouvelle et opportune pour récupérer le contrôle des opérations. Attention danger!

Mieux vaudrait alors créer un service englobant les services dédiés à la lutte anti-narcotrafic composés de douaniers, gendarmes et policiers en une espèce de GIR à compétence nationale et internationale.

Que je sache la DEA (Drug Enforcement Agency) remplit parfaitement ce rôle pour les Etats Unis d’Amérique démontrant aujourd’hui un rôle prépondérant dans la lutte anti-narcotrafic au niveau mondial.

« Il est urgent de réinstaurer un contexte de collaboration authentique entre services » insiste le rapport… Et bien, qu’un seul service nouveau soit créé pour enfin obtenir l’efficacité qui a fait grandement défaut depuis trop longtemps.

Marc Fievet

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FRANCE (Douane française): quant aux méthodes utilisées par la DNRED pour lutter contre le narcotrafic

Publié: 2 juillet 2017 par Marc Fievet dans 36, BAN, Blanchiment, CELTIC, Cyberdouane, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Gendarmerie, INTERPOL, Justice, Narcotrafic INFOS, OCRTIS, Police, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
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Le dîner-conférence qui s’était tenu le 18 septembre 2015 au Relais du Bois St-Georges à Saintes (17100) avait permis à Monsieur Jean Henri Hoguet, ancien directeur de la DNRED (Direction National du Renseignement et Enquêtes Douanières) de revenir sur les actions d’infiltration menées par son service pour lutter contre le narcotrafic et répondre, ainsi, aux souhaits de Michel Charasse, le ministre du Budget  (29 juin 1988 – 2 avril 1992), qui souhaitait alors des résultats dans cette importante mission de la Douane française.

Marc Fievet, l’ancien agent de la DNRED infiltré dans les réseaux du narcotrafic, s’est exprimé longuement devant une assistance attentive et particulièrement intéressée par les moyens mis en œuvre par la Douane française pour lutter contre le narcotrafic.

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Sur le Thème

DROGUES – NARCOTRAFIC – INFILTRATIONS

CONFÉRENCE (Gratuite) sur demande à

marcfievet@live.fr

ou

33 (0)6 84 30 31 81

Marc Fiévet a infiltré les réseaux de narcotrafiquants pendant sept ans pour le compte des douanes françaises et internationales. Il a risqué sa peau en montant la plus grosse entreprise de transport maritime dédiée à la drogue. Il a côtoyé pendant toutes ces années les organisations mafieuses et terroristes du monde entier (cartels colombiens, mafias corse et italienne, IRA, GAL…), il a permis le démantèlement de réseaux internationaux et a maintes fois été à la limite du raisonnable.

Jusqu’à l’indigestion ! En effet, Marc Fiévet, aviseur NS55, a été « récompensé » de ses services par onze ans de prison ! Condamné à perpétuité au Canada, il a pris 20 ans en France, dont dix incompressibles. Après toutes ces années passées derrière les barreaux, Marc Fiévet nous livre cette histoire hors du commun et règle ses comptes avec ceux qui l’ont lamentablement lâché et pour qui il travaillait dans l’ombre. 

DNRED (Douane Française): Corinne Cleostrate prend la tête de la direction du service de renseignement des douanes 

Publié: 26 juin 2017 par Marc Fievet dans 36, AFRIQUE, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du SUD, ASIE, Australian Customs and Border Protection Service., AUSTRALIE, BAN, Blanchiment, CELTIC, Customs and Border Protection, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, EUROPE, France, FSKN (Russie), Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, POLYNESIE, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR
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La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), récemment déstabilisée par un affaire portant sur des pratiques illégales d’enquêtes, aura désormais à sa tête une directrice, Corinne Cleostrate, dont la nomination a été officialisée dimanche au journal officiel.

Corinne Cleostrate, lorsqu’elle avait pris la direction de la DRD (Renseignement) du temps de Jérôme Fournel. 

Ancienne sous-directrice des droits indirects à la direction générale des douanes et droits indirects à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Corinne Cleostrate remplace l’ancien directeur de la DNRED, Jean-Paul Garcia.

Nommée à ce poste le 19 juin par un arrêté du ministre de l’action et des comptes publics, elle prendra officiellement ses fonctions à partir du 1er juillet.

LIRE la suite 

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/une-directrice-prend-la-tete-de-la-direction-du-renseignement-des-douanes-594ff583cd70530690d023a2

Par arrêté du ministre de l’action et des comptes publics en date du 19 juin 2017, Mme Corinne CLEOSTRATE, directrice des services douaniers de 1re classe, sous-directrice des droits indirects (sous-direction F) à la direction générale des douanes et droits indirects à Montreuil, est détachée, à compter du 1er juillet 2017, dans l’emploi d’administratrice générale des douanes et droits indirects à la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) à Ivry-sur-Seine, pour exercer les fonctions de directrice de la DNRED, en remplacement de M. Jean-Paul GARCIA.

lire aussi:

DOUANE FRANÇAISE: qui est Corinne Cleostrate, la nouvelle directrice de la DNRED? 

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Le 10 juin 2017, les douaniers ont réalisé une saisie de plus de 3 kg de méthamphétamine à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry lors du contrôle d’un voyageur à la descente d’un vol en provenance d’un pays d’Afrique du Nord.

La fouille et le démontage intégral de la valise et du bagage à main du voyageur a permis aux douaniers de découvrir, complètement dissimulés dans leurs parois intérieures, une quantité totale de 3,229 kg de méthamphétamine. L’analyse laboratoire a démontré que la méthamphétamine était pure à 100 %, ce qui lui confère une valeur marchande considérable.

L’individu d’une quarantaine d’année, qui a déclaré résider en Espagne et faire commerce de marchandises diverses entre l’Europe et l’Afrique, sera jugée en comparution immédiate cet après midi devant le Tribunal de Grande Instance de Lyon.

Il s’agit de la deuxième saisie de ce type : le 31 mai dernier, une saisie record de 7,263 kg de méthamphétamine avait déjà été réalisée par la brigade des douanes de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry.

Contacts presse :

  • Brice Hummel, Direction régionale des douanes de Lyon – Tél. 09 70 27 27 79
  • Nadège Bridon, Direction régionale des douanes de Lyon – Tél. 09 70 27 27 88

Source: http://www.douane.gouv.fr/articles/a13341-douanes-de-lyon-nouvelle-saisie-de-metamphetamine

AUTEUR: BIC

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FRANCE (OCRTIS): il y a un an, Arnaud Ardoin de LCP (La Chaine Parlementaire) avait cherché à comprendre les opérations policières menées contre le narcotrafic

Publié: 25 mai 2017 par Marc Fievet dans 36, Aeronarcotrafic, Amphétamines, BAN, Blanchiment, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Champignons hallucinogènes, Cocaïne, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Ecstasy / MDMA, Espagne, EUROPE, France, Gendarmerie, GIBRALTAR, Héroïne, INTERPOL, Justice, Khat, MAFIA, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, OCRTIS, Opium, Pays de transit, Pays producteurs, Police, Policia, Précurseurs, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Tabac - Cigarettes, TRACFIN
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FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

Publié: 27 mai 2016

LCPNS55Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, ancien infiltré des douanes françaises, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

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Pour regarder l’émission sur LCP: http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde/274542-drogue-quand-la-police-devient-dealer

source: https://ns55dnred.wordpress.com/2016/05/27/france-drogue-quand-la-police-devient-dealer/

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PAYS BAS (Narcotrafic): les Bataves ont réussi à  devenir la plaque tournante européenne du trafic de drogues

Publié: 29 avril 2017 par Marc Fievet dans Aeronarcotrafic, Albanie, Alcool, Allemagne, Amphétamines, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Champignons hallucinogènes, Cocaïne, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Ecstasy / MDMA, Espagne, EUROPE, France, FSKN (Russie), GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), Héroïne, HM Customs Excise (UK), Irlande, Italie, Khat, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, Opium, Pays de transit, Pays producteurs, Pays-Bas, Précurseurs, Sardaigne, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, Suisse, SVA, Tabac - Cigarettes, TRACFIN
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Europol, l’organisme européen en matière de police, pointe le rôle majeur des trafiquants néerlandais dans la production, l’importation et l’écoulement de drogues dans l’UE.

 Cannabis, cocaïne, ecstasy ou autres drogues synthétiques, les Pays-Bas confirment leur place de plaque tournante du trafic de drogues en Europe sur toute la ligne. 

Selon l’état des lieux dressé par Europol, l’organisme européen regroupant les polices des États membres, dans son dernier rapport intitulé « la menace du crime organisé et de la grande criminalité liée au trafic de drogues », le royaume batave détient plusieurs records dans le domaine.

LIRE plus:

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0211982325193-les-pays-bas-plaque-tournante-du-trafic-de-drogues-2080390.php

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Marc Fievet reçu par Yves Calvi pour la sortie du film Gibraltar

Ras le bol des constats chaque année plus accablants pour les régaliennes censées protéger la population des méfaits de la drogue sur les consommateurs mais aussi sur la population par la délinquance criminelle engendrée. 

Bientôt 30 ans que Marc Fievet, l’agent NS 55 de la DNRED, dénonce ces trafics et blanchiment sans qu’ aucune réaction efficace ne soit décidée.

Certes de réunions en colloques et autres concertations diverses, nos hauts fonctionnaires sont présents.

Certes on organise régulièrement des ententes cordiales pour montrer le savoir faire des différentes institutions participantes à  ce type d’actions…toujours conclues pat des gargarismes de satisfaction destinées à satisfaire le public, car même si les conditions climatiques étaient défavorables au point de bloquer les flottes maritimes et aériennes au sol, des comptes rendus dithyrambiques  des opérations sont pondus par des menteurs institutionnels.

Les couts de toutes ces mascarades, pour des résultats improbables, grèvent considérablement les budgets alloués aux forces de l’ordre en charge de cette problématique.

Il serait temps de revoir les nominations des hauts fonctionnaires qui dirigent nos services où seule la compétence devrait être prise en compte à l’exception de tous les paramètres qui actuellement définissent les parcours et postes à  occuper pour qu’une « carrière » soit « juteuse » et réussie.

Lire aussi: DOUANE INFO: la Hollande, l’autre pays… de la drogue…et c’est pas nouveau,  je le dénonçais déjà , avec preuves à l’appui,  dans les années 1990

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bilger2016« En France, le fiasco est total et on peut craindre qu’à force de voir se multiplier les rues des Cascades et les cités livrées aux délinquants et à ce sale profitable commerce, les actes de justice privée se développent avec l’adhésion accrue d’une population que l’impuissance ou le laxisme indignent. »

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Sale temps pour les dealers !

La comparaison peut choquer mais en même temps au regard de l’actualité il me semble qu’elle n’est pas totalement incongrue.

Contre le fléau de la drogue et de son trafic, on a eu les réactions de la France du bas et des Philippines du haut. Elles sont plus que discutables mais éclairent sur notre quotidienneté et les politiques d’Etat.

Un jeune homme a été placé en garde à vue au commissariat du XXe arrondissement pour avoir tiré au gros sel dans la nuit du 2 au 3 août, rue des Cascades, entre la rue de Ménilmontant et le parc de Belleville, sur des dealers de cannabis qui avaient pris l’habitude de s’installer à cet endroit. Il a fait feu sur un groupe à partir de l’un des nombreux passages piétons du quartier. Masqué, ayant pris la fuite, il a été rattrapé par l’une des personnes visées puis interpellé par les policiers. Il était porteur d’un fusil de chasse et de cinq cartouches de gros sel.

L’exaspération de certains voisins est à son comble pour ce trafic qui sévit sur cent mètres de cette rue – « leur territoire, ils y sont tous les soirs » – avec le passage fréquent de « belles voitures, des BMW ou 4/4 ». Mais un jeune homme du coin minimise étrangement : « Ils fument beaucoup c’est sûr, mais ce ne sont pas des gros dealers » (Le Parisien).

Toujours est-il que le tireur, justicier transgressif, a été appréhendé tandis qu’apparemment la banalité de ce commerce délictuel ostensible ne faisait l’objet d’aucune enquête ni intervention policières.

President-rodrigo-duterte-preen-e1462878578448Le président des Philippines est allé plus loin. Rodrigo Duterte en effet a enjoint à ses concitoyens de livrer les trafiquants de drogue à la police ou « de le faire eux-mêmes avec un pistolet… avec son soutien« , ajoutant à la télévision « Vous pouvez le tuer. Tirez-lui dessus et je vous donnerai une médaille« .

 

Depuis le 4 juin, date de son entrée en fonction, ont été relevées 603 morts violentes de toxicomanes ou vendeurs, dont 211 abattus par des tueurs non identifiés, les autres par la police. Les incitations au meurtre du président Duterte ont évidemment favorisé un mouvement sanglant et une bonne conscience homicide dès lors que les cibles concernaient la catégorie dénoncée.

Au cours de la même période, 114 833 toxicomanes et petits dealers se sont présentés à la police de peur de subir un sort expéditif.

Ces méthodes radicales inquiètent le bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime qui a condamné « l’apparent soutien aux exécutions extrajudiciaires » des autorités philippines (Le Monde).

Entre la rue des Cascades et les Philippines, il y a un dénominateur commun : l’impossibilité de mener contre les usagers et les trafiquants de drogue une lutte à la fois efficace et acceptable.

En France, le fiasco est total et on peut craindre qu’à force de voir se multiplier les rues des Cascades et les cités livrées aux délinquants et à ce sale profitable commerce, les actes de justice privée se développent avec l’adhésion accrue d’une population que l’impuissance ou le laxisme indignent.

Aux Philippines, le tableau est terrifiant mais une fois qu’on se sera indigné, qu’on s’interroge sur la perversion mortelle d’une politique qui aboutit aussi au fait qu’une multitude liée à la drogue se livre à la police et cesse tous trafics.

Serait-il donc inconcevable d’inventer une autorité de l’Etat qui soit crainte, sans morts ni exécutions, et capable de réprimer l’insupportable ?

Pour éviter le tireur sauvage de Paris et les tueurs officiels des Philippines.

Contre la drogue qui sévit partout et, de fait, ne mérite pas l’indulgence dont médiatiquement, artistiquement on la fait bénéficier.

http://www.philippebilger.com/blog/2016/08/sale-temps-pour-les-dealers-.html

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Par figaro iconSoline Roy – le 30/05/2016
Dans une longue enquête qui remonte aux origines de la guerre contre la drogue, Johan Hari, journaliste britannique indépendant, tord le cou à la la vision classique et dominante de l’addiction.

«Disons que les drogues ont toujours fait partie de ma vie.»Johann Hari ne s’en cache pas: consommateur à ses heures, proche de toxicomanes, il avait une idée toute faite en faveur de la légalisation des drogues. «Une petite partie de mon cerveau se demandait cependant si ma théorie tenait vraiment la route», avoue le journaliste britannique indépendant. De son questionnement est née La Brimade des stups.

Le flic, le dealer, la droguée

Il y a de l’épopée dans ce livre étonnant. En 400 pages, Johann Hari nous livre trois ans d’enquête, des centaines de rencontres, des heures de plongée au sein d’études scientifiques, d’archives et de statistiques, pour retracer l’histoire de la guerre des drogues et dresser le portrait d’un monde qui, depuis un siècle, ne parvient pas à se débarrasser du fléau. «Chacun sortira grandi de cette lecture, qu’il y adhère ou non», assure le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et signataire de la préface. «Ce livre va en choquer plus d’un, car il tord la vision classique et dominante de l’addiction pour en reconstruire une autre et proposer une stratégie où l’apaisement remplace le conflit, l’enfermement, la “guerre contre la drogue”.»

Johann Hari démarre sur un triptyque: le flic, le dealer, la droguée, trois figures des débuts de la bataille. On y suit Harry Anslinger, premier patron du Bureau des narcotiques américains dans les années 1930, qui allait convaincre son pays puis le monde de déclarer une guerre sans merci à la drogue. Arnold Rothstein, élégant prince du trafic d’opium et de cocaïne, l’un des pères du crime organisé américain. Billie Holiday, chanteuse géniale, mais née pauvre et noire, «violée, vendue à un mac, plongée la tête la première dans l’héroïne pour oublier».

Criminalité, prostitution, violences, overdoses

Par petites touches, portrait après portrait, Johann Hari nous montre un visage terrifiant de la lutte contre la drogue. Criminalité, prostitution, violences, overdoses… toutes plaies qui naissent et prospèrent grâce à la prohibition, montre-t-il. La pénalisation profite d’abord à la mafia, mais surtout elle renforce l’addiction, qui naît de la douleur et de l’isolement bien plus que de la chimie des produits. Quand votre vie a fait que vous n’avez plus aucun lien, «il vaut mieux être junkie que rien», nous disent les personnes croisées au fil des pages. Cessez donc, crient-ils, de nous traiter comme des animaux ou des criminels, mais aidez-nous comme des personnes malades. Pour cela, une condition selon Johann Hari: dépénaliser l’usage des drogues, voire les légaliser «non parce qu’elles sont anodines, mais parce qu’elles sont dangereuses». Là où elles ont été menées, ces politiques audacieuses ont profité d’abord et avant tout aux citoyens non usagers et respectueux des lois, affirme l’auteur. Il nous invite alors à découvrir plusieurs laboratoires d’une autre politique et raconte leurs succès et leurs échecs. L’une de leurs forces: rendre la drogue… ennuyeuse. «Le côté excitant, salace, sexy, vient de la prohibition, pas de la régulation.»

Puis l’auteur achève son voyage en France, où il «tombe des nues»: «La France est l’un des seuls pays démocratiques où la consommation de drogues est un crime (…). Et, ô surprise: c’est le pays qui a un des taux de consommation (…) les plus élevés d’Europe.»

La Brimade des stups, Johann Hari, Slatkine & Cie, 400 p., 23 €

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/05/30/25029-contre-drogue-recit-dune-guerre-sterile-sans-fin

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dnredL’information est confirmée par le parquet de Paris : l’ancien directeur des opérations (jusqu’en 2014) au sein de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) un service de la police judiciaire parisienne. La DNRED est une des 6 composantes de la communauté française du renseignement au même titre que la DGSI ou la DGSE. L’audition sous contrainte avait débuté mardi matin. Elle s’est terminée mercredi en fin d’après-midi. Le directeur n’a pas été déféré devant un magistrat à l’issue de sa garde à vue.

Les magistrats enquêtent sur les méthodes des services de lutte contre les stupéfiants. Après l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtris), ce sont les douanes qui font l’objet de la curiosité des juges. En janvier, ils ont perquisitionné les locaux de la DNRED, dans une atmosphère houleuse selon des témoins. La justice tente de savoir si les douanes, avisées par des indics, laissent entrer des tonnes de produits stupéfiants sur le territoire national puis procèdent à la saisie de la marchandise en en laissant une partie aux dealers-informateurs.

Ces livraisons sont encadrées par la loi. Mais elles peuvent susciter la convoitise ou la corruption de certains fonctionnaires. Dans un premier temps, les magistrats ont épluché le train de vie des douaniers mis en cause et n’ont pas pu démontrer d’enrichissement personnel à ce stade.

http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-l-ex-patron-du-renseignement-des-douanes-en-garde-a-vue-17-03-2016-2026045_23.php

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L’inspection générale de la Police nationale (IGPN), la police des polices, vient d’être saisie d’une enquête sulfureuse visant l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS).

Enquête de la police des polices sur la disparition de plusieurs tonnes de cannabis Crédit Image : AFP / FRED DUFOUR Crédit Média : Damien Delseny

C’est l’enquête qui dira si c’était véritablement pour « remercier », mais ce qui est certain c’est que depuis quelques jours, l’IGPN, la police des polices, a été chargée de faire la lumière sur les liens qui existent entre l’un des plus gros trafiquants de cannabis français, arrêté le mois dernier en Belgique, et l’office central de lutte contre le trafic de drogue.

Des gardes à vue au plus haut niveau ?

L’affaire agite la police judiciaire depuis plusieurs semaines, et les intéressés eux mêmes s’attendent à des remous, avec des gardes à vue, sans doute même du patron de cet office et des perquisitions. Les juges en charge de l’enquête sur la saisie du mois d’octobre sont persuadés que les policiers leur ont caché des éléments de cette livraison surveillée. Et que la quantité, déjà énorme, saisie cachait en fait une cargaison cinq fois supérieure.

Des pratiques tolérées et encadrées par la loi

La livraison surveillée consiste en quelque sorte à effectuer une filature de la drogue depuis le Maroc jusqu’en France, de manière à identifier les équipes qui viennent récupérer la marchandise. Au mois d’octobre dernier, la procédure a été respectée.

Mais le vrai problème, c’est la découverte de l’origine du tuyau : un trafiquant bien connu, qui serait donc aussi le « tonton » de la police. Alors les questions qui se posent aujourd’hui sont simples : l’office des « stups » peut-elle lutter contre le trafic en s’associant avec l’un de ses barons ? Et les policiers peuvent-ils, pour pécher au gros, devenir les associés momentanés d’une importation de cannabis ?

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/enquete-de-la-police-des-polices-sur-la-disparition-de-plusieurs-tonnes-de-cannabis-7782389956

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faux cul
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Quand une saisie record révèle les liaisons dangereuses entre « stups » et « indics »

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En octobre dernier, les douanes effectuent une saisie record de 7 tonnes de résine de cannabis dans l’ouest parisien. Problème : le trafiquant présumé est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.
L’affaire était trop belle.Quatre fourgons suspects, garés dans les beaux quartiers de la capitale, au bas des immeubles haussmanniens du boulevard Exelmans, dans le 16e arrondissement. Dans les coffres de trois des utilitaires, 7 tonnes de résine de cannabis que les agents de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) découvrent le 17 octobre dernier. Une « saisie record » pour Paris intra-muros, saluée dès le lendemain par François Hollande. Le président fait le déplacement jusqu’aux locaux de la DNRED, à Ivry-sur-Seine, où, devant les piles de « valises marocaines », il déclare espérer qu’il s’agit-là d’un « coup fatal » porté aux trafiquant. Mais dans ce dossier, la réalité est bien plus complexe : l’enquête va surtout révéler que l’importateur de la drogue, interpellé fin février en Belgique, était surtout un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups.
>> La visite de François Hollande dans les locaux de la DNRED, le 18/10/15 :

Le Président de la République, François Hollande, et le ministre des Finances, Michel Sapin, en présence de la directrice générale des douanes, Hélène Crocquevieille, et du directeur adjoint, Jean-Michel Thillier, sont venus féliciter les agents de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED) pour la saisie exceptionnelle de 7,1 tonnes de résine de cannabis. Cette affaire a été réalisée dans la nuit du 17 au 18 octobre en plein Paris.

Un grossiste en cavale…

L’enquête des douanes débute quelques jours avant la saisie du boulevard Exelmans, dans la nuit du mardi 13 au 14 octobre, sur la base d’un renseignement. Le conducteur d’une voiture suspecte est interpellé au péage d’Ancenis, près de Nantes, sur l’autoroute A11, dans le sens Paris-Nantes. Pour les enquêteurs de Bercy, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là de la voiture ouvreuse d’un convoi de livraison de drogue. La découverte d’un fourgon abandonné sur une aire d’autoroute en amont du péage leur donnera raison : à l’intérieur, les douaniers saisissent 1,9 tonne de résine de cannabis.

C’est en remontant la piste du « shit » nantais que les enquêteurs de la DNRED se retrouvent donc boulevard Exelmans. 7 tonnes de résine de cannabis, le chiffre est certes un record, mais le « coup porté » est à nuancer. Dans le jargon, on parle d’une « saisie sèche », car elle ne mène à aucune interpellation. Et si une facture et des traces ADN retrouvées dans l’un des véhicules permet de remonter jusqu’au grossiste présumé du trafic, celui-ci a disparu. Un grossiste, peu précautionneux, dont les revenus lui permettaient de louer un luxueux penthouse… boulevard Exelmans, juste au-dessus des fourgons chargés de shit.

…et « indic » de l’Office central des stups

Les investigations sur ce trafic sont immédiatement confiées à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre. Il en est cependant dessaisi à peine une semaine plus tard, par le procureur de Paris, François Molins. Et pour cause : le grossiste en shit du boulevard Exelmans est enregistré officiellement au Bureau central des sources (BCS) de la DCPJ… comme indicateur. Un « tonton », dit-on dans le jargon policier, de l’OCRTIS, le service même qui est censé enquêter sur son trafic. Les investigations atterrissent finalement au 36 quai des Orfèvres, à la Brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris.

Originaire de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, le trafiquant en question, Sofiane H., a été condamné en 2011 à 13 ans de prison et deux millions d’euros d’amende pour avoir animé un trafic international de cannabis, alors qu’il se trouvait déjà en prison, en 2002. Selon nos informations, c’est l’ancien patron de l’OCRTIS lui-même qui avait recruté ce trafiquant lors de sa détention en Espagne. Les 7 tonnes saisies par les Douanes faisaient en fait partie de ce qu’on appelle dans le jargon, une « livraison surveillée ». En clair, il s’agit d’une technique d’enquête destinée à attraper du gros gibier. On laisse importer et acheminer, là en l’occurrence depuis le Maroc, une grosse quantité de drogue par un « trafiquant-indic » afin d’interpeller derrière les grossistes qui vont se répartir la marchandise. Ces livraisons se font sous les contrôles de la police avec la bénédiction de la justice. Selon nos informations, le TGI de Perpignan était avisé, mais pas le parquet de Paris. L’histoire ne dit pas si les douanes ont court circuité volontairement ou involontairement la livraison surveillée par l’OCRTIS.

Sofiane H. a finalement été interpellé le 22 février, à Gand, en Belgique dans le cadre de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par le juge d’instruction qui dirige l’enquête. Placé en détention provisoire, il devrait être transféré en France rapidement.

La sensible question de la gestion des indics

Cette affaire met en lumière les liaisons sulfureuses et dangereuses entre flics et indics. Longtemps, les relations flics-tontons sont restées tabous. Elles étaient régies par le principe du fameux 10% : l’indic repartait avec 10% de l’argent ou de la drogue saisie, avec tous les risques que cela comportait pour les fonctionnaires de police. Mais en 2004, la loi Perben II a reconnu officiellement et encadré le recours aux indics, comme leur rémunération. A l’instar de Sofiane H, les indics sont enregistrés confidentiellement au Bureau Central des Sources (BCS), qui dépend du service interministériel d’assistance technique (SIAT). Ainsi, les « primes » perçues par les « tontons » oscillent environ (officiellement) entre 50 et 10.000 euros. « On a besoin de gens qui sont immergés au plus près des terreaux de délinquance et de la grande criminalité. Il faut rester lucide sur ce que l’on permet de faire à un indic et sur ce que l’indic va nous permettre de réaliser à l’affaire », précise Isabelle Trouslard, secrétaire nationale du syndicat Synergie-officiers, précurseur sur le combat de la gestion des indics. Pour la syndicaliste, « les textes en la matière restent insuffisants ».

L’opération semblait avoir été un succès. Plus de sept tonnes de cannabis avaient été saisies dans le 16e arrondissement. Mais aucun des commanditaires n’avait été arrêté dans l’opération, au cours de laquelle les Douanes ont court-circuité la police. Plus embarrassant encore, un homme a été arrêté en Belgique : trafiquant, il était aussi un indic très utile pour les forces de l’ordre.

Aujourd’hui, neuf affaires de drogue sur dix sont résolues grâce à des indics. Et plus l’affaire est importante, plus le trafiquant informateur est souvent élevé dans la hiérarchie de la voyoucratie. Ce qui est le cas de Sofiane H. « Une tonne c’est environ 5 millions d’euros à la revente au détail, la prime c’est entre 10.000 et 20..000 euros, on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre », constate un ancien grand flic à la retraite. Et d’ajouter : « les politiques font de la lutte contre le trafic de drogue leur priorité, ils veulent des résultats mais ne veulent pas savoir comment on les obtient. Après c’est facile de jouer les vierges effarouchées. Aujourd’hui l’OCRTIS est quasiment le seul service à s’attaquer au démantèlement des réseaux de trafic internationaux ».

Reste à savoir désormais, ce qu’aura à raconter Sofiane H. lorsqu’il sera rendu à la France et se retrouvera confronté aux enquêteurs du 36, et peut-être un jour de l’IGPN, la police des polices.

L’affaire promet sans doute encore des rebondissements…

http://www.itele.fr/justice/video/drogue-quand-une-saisie-record-revele-les-liaisons-dangereuses-entre-stups-et-indics-155824

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bresil-3 10 février 2016

Le Brésil est une vieille connaissance, question trafic de cocaïne : en 1994, une article évoquait déjà ce « nouvel espace » qui s’offrait à lui. « La cocaïne n’a jamais été aussi bon marché, abondante et pure, au Brésil « avait-on pu lire à ce propos. Vingt ans plus tard, avec l’organisation de la coupe du monde de football en 2014 (désastreuse pour l’équipe brésilienne !) on s’attendait à une explosion de la consommation, et on n’a pas été déçu en effet, avec la prolifération des vols des petits Cessna venus du Pérou ou de la Bolivie, pour la plupart, dans les mois qui ont précédé. Au Brésil, la coke est aujourd’hui devenue tellement commune qu’elle apparaît dans les films, que attaque-filmcertains détournent sur You Tube en faisant croire à un nouveau scoop. La réalité, bien plus prosaïque et inquiétante est là : les narco-trafiquants sont bien implémentés dans le tissu politique du pays (voire même incrustés depuis des années), un bon nombre d’élus étant tombés sous le charme d’ambassadrices d’un genre spécial des caïds locaux de la drogue…

Commençons par un poursuite digne d’Hollywood. La scène a été filmée récemment, le 24attaque octobre dernier, au Brésil, par un jeune homme âgé de 25 ans, appelé Luiz Fernando Sampaio Puretz. On l’entend faire lui-même les commentaires sur la vidéo. Celle-ci commence par un drôle de bruit : celui d’une rafale de tirs, provenant des deux mitrailleuses 12,7 mm  qui équipent les Embraer Super Tucanos de la chasse brésilienne. Cela continue avec la poursuite d’un avion de tourisme par ce même Tucano, en difficultés, à l’évidence. Visiblement, le jeune homme venait de filmer l’interception d’un avion lié à un trafle endommagéeic de drogue. Confirmation dès le lendemain par le Centre Public d’Information de l’Armée de l’Air brésilienne qui par note du dimanche (25 octobre) indique « qu’un avion sans plan de vol et qui a pris une route connue pour être utilisé pour des activités illicites » et qu’il a été intercepté samedi dans la région de la municipalité de Japorã. Une vidéo postée par l’armée montre l’interception avec effectivement des tirs touchant l’aile gauche de l’avion. On retrouvera l’avion concerné au sol, avec effectivement l’aile gauche trouée comme une passoire.   (ci-contre à droite on aperçoit les dégâts). L’appareil, un Embraer 721 « Sertenajo » (un
Cherokee 32R Lance Piper construit sous licence au Brésil) immatriculé PT-EXP, avait  quand même réussi a fuir à basse altitude, quoique gravement endommagé, le long de la frontière, avant de retourner dans l’espace aérien brésilien et d’atterrir clandestinement à l’aéroport de Paranavai Edu Chaves, dans l’état de Parana, à environ 250 kilomètres de la frontière avec le Paraguay. avion visitéC’est là qu’il a été retrouvé abandonné par ses occupants.  Le plus étonnant était que le même appareil avait déjà été contrôlé par les douanes, mais au Paraguay, le 26 septembre 2012, retrouvé posé sur une route en pleine campagne, ce qui montrait une vidéo.

A bord, une cargaison de produits électroniques et certains médicaments (et non de la drogue) répartis en 17 colis, vraisemblablement de contrebande. Avaient été alors arrêtés  le pilote brésilien Atilon Bezerra de Alencar, et son compatriote Paulo Cesar Maidana, et trois paraguayens Walter Daniel Casco, Miltiade Galeano Espínola et Julio Leiva. A côté de l’avion, trois véhicules avaient été saisis. Un petit camion Kia, une camionnette Mitsubishi Montero, et une Toyota Corsa. Un trafic était établi, mais l’appareil n’avait donc pas été saisi, ce qui peut surprendre. L’avion poursuivi n’était donc pas un inconnu pour la police paraguayenne en tout cas ! Selon les enquêteurs il faisait partie de l’organisation du narcotrafiquant Esequiel Gomez de Souza, aujourd’hui en prison dans le pays. En  2012, De Souza avait réalisé le transport d’un volume étonnant de cocaïne : « Ezequiel Gomez de Souza, né dans la ville de Salto del Guaira, le 26 mars 1980, est l’élément clé qui a conduit la Senad à saisir la plus grande expédition de cocaïne  enregistrée dans le pays, samedi 10 novembre dernier, dans la ville de la Paloma, dans le département de Canindeyú (au Paraguay), où est tombé 1,748 kilogrammes de drogue. Il a également été le sommet de l’iceberg qui a conduit à la formation de l’exploitation agricole Águila Negra, (aigle noir) où le groupe effectuait un travail externalisé où redistribution de la cocaïne a été démantelée. »

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C’était un réseau fort structuré, de Souza fidélisant ses petits producteurs tout simplement… en les protégeant : »de Souza utilisait sa structure de contrebande pour travailler dans le commerce de la cocaïne. Plus l’entreprise avait des revenus élevés et moins les agences de sécurité la dérangeaient… Comme il assurait la « sécurité » de la cocaïne de Bolivie du Brésil les producteurs ont vu en lui un allié parfait. L’antidrogue locale avait bien découvert son commerce, mais sans connaître son infrastructure. Car cet homme savait comment résoudre le problème : par des mensualités de 20 000 dollars en espèces pendant plus d’un an ». Sur place, la police avait trouvé cinq petits avions de transport (des Cessna, mais aussi un rare Aerocomp Comp Air 10 – où avaient-ils déniché ce bidule aérien rarissime – et quatre grandes voitures de luxe. La ferme servait de centre de conditionnement pour partir au Brésil après être arrivé de la Bolivie.

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interceptionL’armée brésilienne tire donc sans trop discuter sur les avions des trafiquants, et ce depuis une loi lautorisant, datant de 2004. Plusieurs vidéos montrent comment ça se passe : une datant de 2006, où l’on peut voir un Cessna blanc à queue verte poursuivi par un avion militaire Tucano (A-29) forcé à se poser sur une route de terre. Mais on peut aussi facilement se faire avoir sur le net, avec ce genre de vidéos, si on ne fait pas attention. La preuve avec ce qui suit… Car une autre vidéo (floutée, ici à gauche) montre un Beechcraft Baron attaqué à la mitrailleuse par deux Tucanos après avoir été approché et avoir refusé d’obtempérer. La vidéo montrée par l’armée de l’air révélant la dimension sonore de l’événement singulier. On y distingue le Cessna Baron l’aile gauche fumante après la passe de tir, l’avion s’inclinant et se dirigeant vers le sol. Le problème de la vidéo, outre son étrange montage (des coupures ont été faites, visiblement) étant sa date : mise en ligne le 29 mai 2015, rien ne dit que la séquence montrée soit de cette date ou alentour.chute good Il semble en tout cas que lors de l’approche, l’un des Tucanos se soit fait tirer dessus, semble-t-il, par les occupants de l’avion de tourisme (il s’en écarte juste après). En prime, lorsque l’avion des trafiquants plonge, il émet une fumée  noire, ce qui fait penser à un traitement vidéo de post-production plutôt qu’à la réalité. Pas de trace de crash non plus à relever dans les registres, pas de date exacte visible : le cas reste intriguant. Le seul exemple relevé d’un Beechraft Baron 58 porteur de 560 kilos cocaïne est celui du N6037U, (modèle TH-1021) qui s’était écrasé le 5 mars 2011 après avoir volé trop bas dans la Sierra Serra Amolar dans le Pantanal (le Mato Grosso du sud). L’avion, récemment exporté devait porter l’immatriculation PR-PCR. Or l’avion du jour, visible ici, ne portait pas la même décoration que celui intercepté vu dans la vidéo. L’exemplaire arborant une décoration plus ancienne et originelle du B-55, comme ici le PT-JZD , le PR-CFS ou le PR-CGC. Le « flou » artistique apposé aux images par l’armée exclut en tout cas une immatriculation à l’américaine: on a bien deux lettres, puis trois, séparées par un tiret. Et en cherchant un peu plus, on découvre qu’on a bien failli se faire avoir… par une production filmographique de Roberto Carminati,  en forme de publicité pour les forces aéronavales brésiliennes (un film s’intitulant « Segurança Nacional« ), datant de 2010, dont un extrait est visible ici. On y distingue l’immatriculation du Beechcraft dans le film : « PT-KIL ». Un joli pied de nez ! La production n’a pas indiqué quel appareil a été utilisé, peut-être bien un des trois indiqués. Mais on avait eu au final un vrai « soap opéra », un superbe nanar, comme film, selon la critique !!! Pas malin du tout de balancer ça sur le net de cette façon ! Surtout venant dun… maquettiste !

traficUne autre vidéo encore, tout aussi impressionnante, mais bien plus réaliste celle-là, rappelle celle des trafiquants péruviens pris sur le fait en 2014 par de courageux journalistes d’investigation. Cette fois-ci, ça se passe de nouveau au Brésil, en 2013, avec une scène assez hallucinante qui ne sera révélée que l’année suivante. Celui de l’arrivée d’un hélicoptère et d’un transfert de 445 kilos de cocaïne du petit Robinson 66 (R-66) chargé à ras bords vers une voiture stationnée auprès, dont le coffre et les sièges arrières seront rempli de paquets de cocaïne. En échange, l’hélicoptère recevant des bidons d’essence, apportés en lisière de forêt près du lieu d’atterrissage. Le problème étant quand les policiers découvrent à qui appartient réellement l’hélicoptère (qui vaut quand même ses 970 000 dollars). Immatriculé PR-GZP, il est en effet la (co) propriété de Limeira Agropecuária, une entreprise qui appartient au jeune député Gustavo Perrella (de Solidarité-MG) helicoptero-apreendidoreprésentant le Minas Oeiras, à sa sœur et à un cousin. Or Gustavo n’est autre que le fils du sénateur Zeze Perrella (PDT-MG) ancien président de Cruzeiro, club de football brésilien. Tout de suite, la presse fait le buzz avec cette découverte. Un buzz alimenté par d’excellentes analyses, parfois. Ainsi cet article passionnant qui démontre que l’hélicoptère ne venait pas de très loin, obligatoirement (une analyse faite sans avoir vu la vidéo, signalons-le) : en ajoutant le poids de l’aéronef (581 kg), celui des pilotes (140 kg) et le poids de la cocaïne (445 kg) un petit malin avait calculé qu’on en était déjà à 1166 kg, la limite d’embarquement de l’hélicoptère. « Cela laissait seulement 59 kg pour le carburant. Avec 224 kg, selon de recherches, l’autonomie de la R-66 est de trois heures, en volant à 220 km / h. Ainsi, vous pouvez faire, jusqu’à atteindre la limite de la jauge…  666 km. Huuummm … Règle de trois: si, avec 225 kg de carburant, on peut voler 660 km, avec 59 kg, on vole un maximum de 173,8 kilomètres… ». Résultat, l’appareil ne avait pas venir de très loin…

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Il n’était pas venu de très loin en effet… Mais la veille il était encore au Paraguay, ce qui est encore plus étonnant et plus intriguant. Selon la police, une recherche faite dans son GPS avait montré que l’hélicoptère était encore dans le pays voisin, le 23 novembre, à Pedro Juan Cabalero, endroit où il avait très certainement chargé la coke. Puis il s’est envolé vers le Brésil où la drogue avait été alors dissimulée. L’hélicoptère, sans sa cocaïne, avait été ensuite vu et enregistré dans l’aéroport de Campo de Marte. Le lendemain, cette fois avec la drogue à bord, il a fait une escale dans le Minas Gerais et s’est dirigé vers Espírito Santo. C’est quand il a atteint la ville de Afonso Claudio, dans la région montagneuse de Espírito Santo (ici à gauche), que la police fédérale était intervenue. alfonso claudioLa famille Perella pouvait-elle ignorer le sort de son hélicoptère pendant plusieurs jours, voilà bien tout le mystère. Au simple prix du carburant utilisé, par exemple, on a des doutes sur la totale liberté et l’autonomie laissée à son seul pilote. Le dénommé Rogério Almeida Antunes, un employé de la société de Perella qui avait avoué avoir reçu 60 000 dollars pour transporter la drogue, sans avouer de la part de qui, et qui accusait au passage le co-pilote de l’aéronef, Alexandre José de Oliveira d’avoir été l’initiateur du transfert de coke, lui aussi arrêté. Selon la police, la famille Perella lui aurait en effet laissé les clés de l’appareil, ce qui la disculpait, bien évidemment.  Le procédé semblait un peu gros. Mais toujours selon la police, l’étude des 11 téléphones cellulaires de la famille Perella aurait effectivement démontré que le pilote avait organisé « de son propre chef » (et celui du trafiquant sous les ordres duquel il avait agi), la famille n’ayant pas une seule fois évoqué en conversations le projet. La presse restera néanmoins dubitative relevant au passage des liens avec une personnalité plus haut placée encore, notamment « les relations intimes entre Perrela et le candidat potentiel à la présidence de la République, Aécio Neves  (le petit-fils de l’ancien président brésilien Tancredo Neves). Un rapport informe que le sénateur Zézé Perrela (PDT-MG) a également payé de son bureau et financé le carburant utilisé dans le célèbre hélicoptère. Zézé et Gustavo, père et fils, sont de plus en plus empêtrés dans l’affaire », avait-on pu lire. L’information étant reprise en boucle sur les chaînes Telesur et l’un des sites de « buzz » Etats-Unis, TMZ, car Neves a un poids considérable dans le pays : il a été battu de justesse par Dilma Rousseff, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne de 2014… Pour la présidente alors en difficultés, l’affaire était plus qu’intéressante à suivre, on le comprend.

Le hic demeurant effectivement le dernier  « saut de puce » effectué par l’hélico et détecté par notre calculateur amusé : « la police enquête pour savoir si l’aéroport Claudio a été utilisé comme une voie pour trafic de drogue, car il est déjà d’information publique que l’hélicoptère de la Limeira Agricultural Company, et du sénateur famille Zézé Perrela, saisi a Espírito Santo en transportant 445 kilogrammes de cocaïne novembre dernier, a touché terre à un moment donné avant dans le village de Sabarazinho (à seulement 14 km de l’aéroport minier de Claudio), trois heures avant d’entreprendre un voyage à un endroit précis dans la ville de Santo Afonso Claudio Espirito. La police a atteint une telle confirmation sur la base du suivi hélicoptère GPS, ainsi que dans le plan de vol noté les pilotes, saisi par la police fédérale de Espírito Santo, dans le sud-est, l’année dernière ». Le dossier s’épaississant avec celui du journaliste Lucas Ferraz, la « Folha de S. Paulo », qui a découvert et révélé qu’Aécio Neves « avait construit la piste de la ferme qui appartenait à son grand-oncle, en plus d’être à côté de la succession de la famille du candidat. La semaine dernière, Aécio Neves a admis qu’il l’a utilisé, même si l’espace n’a pas encore été approuvé par l’Agence nationale de l’aviation civile ». « Or l’investissement par le gouvernement et l’État pour la construction de la piste a été  de 14 millions de reals. Claudio possède 25 000 habitants et se trouve à 50 kilomètres de Divinópolis, où il y avait déjà une piste d’atterrissage et de décollage ». Bref, personne n’avait au départ compris pourquoi cette piste à cet endroit, une piste construite avec l’argent de l’Etat, alors qu’elle semblait plutôt d’usage privé.

sabarazinioPrivée, car très liée  la famille Neves. « Le village (de Sabarazinho, ici à gauche) est à 14 kilomètres de Claudio et c’est aussi l’endroit des exploitations familiales Tolentino, où est née Risoleta Neves, épouse de Tancredo Neves, la grand-mère d’Aécio Neves. Elle est mentionné dans l’enquête sur l’analyse des messages des pilotes qui ont été capturés par les stations de radios de base (RBS), qui sont les dispositifs qui font le lien entre les téléphones cellulaires et la compagnie de téléphone. Une information publiée par le portail  G1 en novembre 2013 a révélé que la police avait identifié et fermé un laboratoire de raffinage de cocaïne dans la ville de Claudio … Le site a été démantelé après une dénonciation anonyme où l’on a trouvé de la cocaïne et de la marijuana. Personne n’a été arrêté. Selon un rapport publié dans « Folha de S. Paulo », un des sénateurs parents d’Aécio Neves (PSDB-MG) était en liaison  avec l’aéroport de  Claudio.  La poudre de l’hélicoptère a été saisie le 24 novembre. Trois jours plus tard, le 27 novembre, après la révélation de la saisie dans les médias, le propriétaire a déposé une plainte à la police militaire de Divinópolis. Selon cette même police, la dénonciation a été faite de façon «anonyme». Le propriétaire dit qu’il a vu un hélicoptère survolant la région à basse altitude et a ensuite trouvé sur leurs terres 13 jerricans de 20 litres chacun, avec dedans une substance similaire au kérosène ». La théorie de notre calculateur se tenait donc : l’hélicoptère venait de pas très loin, car il avait été obligé de se ravitailler. Ce que la vidéo avait révélé. Et il l’avait fait sur des terres appartenant au clan Neves. Là où a existé un laboratoire de transformation de la cocaïne. Rien pour prouver quoi que ce soit, mais des présomptions fort embarrassantes pour un candidat à la présidence du pays !

baron saisiDans la foulée des investigations on avait déjà découvert le 15 août 2013  trois avions, saisis par la police fédérale, dans le sud du pays, avions qui auraient été utilisés pour transporter de la drogue entre la Bolivie et le Brésiavion saisi 3l. Des appareils confisqués en cours de peinture, avec encore leurs collants de masquage, tel ce Beech Baron ci-contre (à gauche), et un autre exemplaire aux moteurs en réfection. Les vieux Baron semblent avoir encore la cote, au Brésil. Les trafiquants voulaient être discrets semble-t-il en les présentant sous des immatriculations plausibles et non avec un simple adhésif. Selon la police « Opération White Bull» désignait « selon les trafiquants le fait de négocier la vente de cocaïne sans attirer l’attention ». Le 10 juin 2014, la PF (polie fédérale) a appréhendé les voitures de luxe, avions, bateaux, dans le respect des mandats de perquisition et de saisie de force et de la probation, durant l’opération « Athos », qui s’est tenue le mardi (10) dans cinq États: le Minas Gerais, à Sao Paulo, à Rio de Janeiro,  au Parana et à Santa Catarina. L’action a démembré une organisation criminelle liée au commerce de la drogue qui a apporté des produits de la Bolivie et du Paraguay à l’intérieur de São Paulo et de les a distribuées au Minas Gerais, à Rio de Janeiro et dans le Nord. » Dans la foulée encore, ferrariLe 14 juillet, par ordonnance de la Cour suprême (STF), la police saisissait également trois véhicules de luxe à Brasilia dans le deux résidences (Casa da Dinda et villa Collor) de l’ancien président et sénateur Fernando Collorde Mello (PTB): une Ferrari, une Porsche et une Lamborghini. Officiellement pour détournement d’agent public, provenant du scandale Petrobras. Or Colorde Mello n’est autre que l’ancien  et 32e président de la République du pays (de 1990 à 1992), et… un grand partisan de la privatisation du pays !!!

saisieEn mars dernier lors de l’Operação Elementar, c’était un yacht d’une valeur de 3,5 millions d’euros. et 15 voitures de luxe, dont des Ferrari et des Jaguar, qui étaient saisis à Brasilia. La police confirmant lors que parmi les personnes arrêtées il y avait quatre officiers de police du District Fédéral. Sandra Maria da Silveira et Paulo Barongeno, le chef de la division des opérations aériennes. Ils étaient chargés de protéger les membres de la bande, à travers les fuites d’informations confidentielles  qu’il distillaient ou en avertissant des témoins repérés. Un des agents arrêtés était un retraité de la police civile, l’agent Marcelo Toledo. Il avait déjà été nommé dans les enquêtes sur le fonctionnement du système de corruption signalé dans l’enquête n°650, de la Cour Supérieure de Justice. Un dossier dans lequel les deux agents cités avaient yachtfreiné les investigations visant l’agent de change Fayed Antoine Traboulsi, accusé de blanchiment d’argent. Traboulsi, un libanais né à Beyrouth le le 28 Février 1961 mais naturalisée brésilien, surnommé « le turc », contrôlait aussi les maisons de poker à Brasilia. Le yacht de 19 mètres de long saisi appartenait justement à Traboulsi (il s’appelle « Georgette » le prénom de sa mère !). Pour l’acheter le 12 Décembre 2012, à Sea Marine (1), qui l’annonçait en vente à 1,6 millions d’euros (le navire coûterait aujourd’hui autour de 1,4 millions), Fayed avait utilisé une société écran, selon l’enquête, pour faire un premier dépôt d’un montant de 275 000 euros, puis d’autres, à partir d’autres comptes. Dans des proportions étonnantes : à parti de 10 comptes courants de particuliers et d’entreprises pour réaliser 17 dépôts différents ; sur une période de 11 jours seulement !!!

imagesEt ce n’était pas tout. Lors de l’Opération Miquéias , avait même été arrêté Luciane Hoepers, une ex top modèle « miss bum bum » au Brésil » (je vous laisse découvrir ce que c’est), devenue « agent immobilier », soupçonnée elle aussi d’organiser tout un réseau en  blanchiment d’argent et en détournement de fonds de pension. Sur les magazines qui avaient fait sa gloire, la voici devenue « la muse de la corruption« . En fait elle servait d’appât pour politiciens véreux. Car la fameuse Luciane était bien liée à Fayed Antoine Traboulsi (2), l’organisateur du réseau, comme l’ont montré les écoutes téléphoniques qui ont révélé également plusieurs contacts du mannequin ou de ses amies avec des politiciens, dont les députés Goiás Samuel Belchior, Daniel Vilela et Leandro Vilela – tous du PMDB… Dans la liste de contact de la miss Bum Bum, il y avait le nom de presque tous les maires des municipalités ou des anciens maires des villes du Mato Grosso, du Mato Grosso du Sud, du Goiás, de Santa Catarina et de São Paulo !!! En 18 mois d’investigation, il avait été prouvé que le groupe autour de Traboulsi avait ainsi empoché plus de 70 millions d’euros avec ce système d’hameçonnage par belle interposée. interpol nunesUn système de séduction des hommes politiques qui était bien rodé explique Brasilia BR : « le schéma dévoilé par la police fédérale montre également la grande influence que le groupe criminel a eu sur les gouvernements locaux et les représentants de l’Etat. Les « pastinhas » comme on les appelle les lobbyistes, ont voyagé à travers le Brésil pour convaincre les politiciens d’investir des fonds publics dans des sociétés fictives, qui ont ensuite été fermées. Ainsi, le bénéfice était réparti entre les criminels et l’agent public. La propriété d’un représentant de l’Etat de Goiás, par exemple, était la recherche et la cible de la saisie. Les maisons au moins de sept maires ou d’ anciens maires ont également perquisitionnées par des agents dans neuf états et le District fédéral. »  submarineLes « pastinhas » avaient donc pour fonction de séduire les maires et les convaincre de prendre l’argent public sur de faux fonds de pension. Deux autres complices constamment cités dans les enquêtes sont Carlos Eduardo Rocha Marzola et Flávio de Carvalho Junior, ceux qui ont ouvert les comptes des sociétés écrans. Or à bien regarder, on aurait dû faire davantage attention au personnage. Louis Antoine Traboulsi avait en effet déjà été condamné en 2012 par la Securities and Exchange Commission à payer 760 000 euros pour pratique déloyale sur le Stock Exchange. Les ramifications du réseau s’étendant partout. Selon le magazine « Istoé » au moins deux commissaires de la police civile seraient parmi les détenus. Pour ajouter à cela, le même jour était arrêté le trafiquant de drogue Nunes, Mario Sergio Machado Nunes, connu sous le nom de « Goiano» et qui, selon les dernières enquêtes en cours, avait des liens avec le baron de la drogue colombien Pablo Escobar et Joaquin « El Chapo» Guzman, indiquaient les autorités. L’homme s’était surtout fait remarquer jusqu’ici en développant des sous-marins transporteurs de drogue pour échapper aux gardes-côtes… et c’est encore une autre question que celle de ces fameux sous-marins (pour l’instant, j’en resterai ici à l’étude du trafic par avion seulement).

(1) le chantier italien créé par la famille Radice (Roberto décédé en 2012 avait été ministre des Travaux Publics dans le premier gouvernement Berlusconi), en faillite en 2014, est passé sous contrôle chinois le 27 mars 2015.

(2) sa propre histoire étant un résume »L’histoire de Fayed Traboulsi au Brésil commence avec la guerre civile connue par le Liban dans les années 1980,  la violence faite à sa famille libanaise qui l’incite à quitter le pays et aller à São Paulo dans une tentative pour une vie meilleure. Il est aussi passé par Goiânia. Fils du colporteur Antoine Assaf Taboulsi Fayed a bientôt atterri dans la capitale du pays. Il a commencé à se faire de l’argent et rencontrer une brésilienne, alorsqu’ il travaillait comme gestionnaire dans les hôtels San Marco et Saint-Pierre. À ce moment, il changeait toujours l’argent chez le changeur Chaker Youssef Nasr, dans un bureau du Kubitschek Plaza Hôtel. Il avait été indiqué aux clients par son compatriote. L’histoire de Fayed commencent à changer le 19 Décembre, 1995, quand, vers environ 13h30, Chaker a été assassiné au cours d’un vol dans son propre bureau. La famille de la victime ne voulanit pas faire fonctionner l’entreprise,  Fayed a été approché par Chico Gordo, l’un des employés du changeur d’argent, pour reprendre et étendre l’échange des dollars. Le Libanais ne le savait pas, mais la mort de Chaker serait un tournant de sa vie. Fayed avait l’argent pour acheter la société. Avec Chico Gordo, l’ancien responsable du portefeuille de la clientèle. Simplement et rapidement, il est s’est retrouvé assis sur une entreprise qui gagnait des millions de dollars dans les années suivantes. A cette époque, Fayed Antoine Traboulsi a commencé, vraiment,  le change en dollars, en laissant de côté les petites quantités de change généralement occupés par des touristes venus visiter la capitale. Resté anonyme derrière un comptoir jusqu’à ce que, selon les personnes qui lui étaient proches il a commencé à être recherché par les politiciens et les hommes d’affaires pour réaliser des transactions et un pillage illégal. Pour cela, « le Turc » a réuni une équipe de prête-noms, qui ont été mis à la disposition des comptes courants de changeur de monnaie, ouverts dans différentes banques. Ces personnes étaient en charge de la réception des dépôts, des retraits et de donner de l’argent aux personnes  indiquées par Fayed. À ce jour, le changeur d’argent utilise toujours la tactique pour masquer les dépenses et les marchandises des millionnaires. Il a le pouvoir de donner juste un coup de téléphone et de déplacer des millions sans qu’un seul nom n’apparaisse dans toute la transaction. » Le Turc a agi librement et tranquillement dans la capitale pendant plus de 20 ans. Il a fait fortune, a gagné la confiance des politiciens, des hommes d’affaires et de nombreux policiers. Son influence chez certains délégués et les agents de la police civile était telle que le groupe a tenté de nuire à une enquête de l’Office lutte contre le crime organisé (Deco). Pourtant, le changeur d’argent a finalement arrêté en mars 2013. Fayed, cependant, réussi à se faire libérer au bout de quelques jours » (…)  À la fin de mars de cette année, le changeur d’argent a été condamné à six ans de prison, en régime fermé, suite à l’arrêt de la Cour pénale 1er de Wansbeck, le résultat des enquêtes de l’opération Departed. Au pénitencier de Papuda, il n’est même pas resté 24 heures reclus, pourtant. Une injonction signé par le juge Cicero Romao, de la Cour fédérale de district et dans les Territoires (TJDFT), a prononcé sa libération. Aujourd’hui, il  est simplement retenu par son passeport, car il lui est interdit de voyager à l’improviste par la justice. Son avocat est Antonio Carlos de Almeida Castro, l’kakay, un des meilleurs criminalistes dans le pays. »

PS : le trailer du navet est ici :

http://www.adorocinema.com/filmes/filme-202451/trailer-19533862/

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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Coke en Stock (CXIII) : au Brésil on tire sur les avions, en vrai comme au cinéma, et la corruption est partout

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Année faste, pour les trafiquants aériens en 2015 au Honduras ! En une année on a en effet assisté à une pluie d’appareils, la plupart retrouvés incendiés, une tendance qui avait démarré il y a longtemps on le sait, mais qui avait vu la tendance augmenter avec la taille des appareils, devenus plus gros et transportant davantage encore de cocaïne. Des Beechcrafts, notamment et même un jet, un Learjet 25, retrouvé abandonné cet été à Tegucigalpa. Même s’il l’appareil n’est plus tout neuf (il affiche aujourd’hui 45 ans d’âge) un modèle similaire se vend encore aujourd’hui plus de 185 000 dollars. La tendance nouvelle étant la provenance : si la plupart proviennent du Venezuela, quelques uns ont eu comme donneurs d’ordres des brésiliens. Avec au bout du compte, l’institutionnalisation du trafic chez un industriel et homme politique accusé sur le tard de blanchiment d’argent.

Miguel_FacusseLes avions retrouvés incendiés au Honduras, c’est une vieille histoire : ainsi en 2004, un document de Wikileaks avait révélé que les vestiges d’un avion retrouvé à moitié enterré ayant emporté une tonne au moins de cocaïne était atterri dans la propriété de Miguel Facussé Barjum, « un homme éminent au Honduras »,  « l’un des individus les plus riches de la nation également, un grand industriel, et l’oncle de l’ancien président hondurien Carlos Flores Facussé. » Un bulldozer était même venu retourner la terre au dessus des vestiges de l’avion de la drogue. Selon Wikileaks, Don Miguel Facussé, était présent sur la propriété au moment de l’incident. Or comme le signalait Wikileaks, ce n’était pas la première fois que la propriété recevait ce genre de visite :  « en juillet 2003, un bateau go-fast s’était abîmé en mer en s’écrasant su un mur de la même propriété après avoir engagé un échange de tirs avec les forces de police nationales. Deux trafiquants de drogue connus ont été arrêtés dans cet incident et 420 kilos de cocaïne ont été récupérés. Plus tôt dans l’année, un autre avion poursuivi était arrivé dans la même propriété et semblait avoir utilisé la même piste d’atterrissage », notait le câble. Faucussé, fondateur de la société Dinant Chemicals of Central America, S.A. en 1960, puis de Cressida Corporation, a rendu l’âme cet été seulement, le 23 juin dernier, âgé de 91 ans. Il avait débuté sa carrière en 1944, au Costa Rica en achetant des avions de l’armée US pour en faire des avions commerciaux. En 1980, il était devenu le conseiller du président Roberto Suazo Córdova et de son neveu, Carlos Roberto Flores, qui deviendra lui aussi président. Sa fortune reposait sur l’huile de palme, dans ses propriétés d’un total de 22 000 acres dans la région Bajo Aguán, très surveillées et régimentées sous le regard d’une milice privée brutale. Des exactions n’on eu de cesse entre miliciens et paysans. Quatre-vingt-deux personnes ont été tuées en effet dans des conflits fonciers entre ces 2009 et 2012, selon un rapport de 2 014 par Human Rights Watch. Sept seulement on été l’objet d’un procès ! Des terres  appartenant auparavant a des coopératives agricoles paysannes ! Le Monde Diplomatique titrera avec justesse en 2010  « au Honduras, les uns comptent leurs dollars, les autres leurs morts »…

honduras_tegucigalpa_movimiento-unificado-campesino-del-aguan_marchEn 2011, Facussé avait été accusé d’été impliqué dans l’assassinat de Zacate Grande, le présentateur et l’animateur de la radio La Voz, fort critique envers lui et sa façon de briser les révoltes au sein de ses employés agricoles. J’ai déjà décrit ailleurs le personnage (en 2013) « la région de Bajo Aguán ayant été l’objet depuis 2009 et bien avant encore d’attaques répétées de milices cagoulées où beaucoup on cru voir à juste raison l’œuvre de Miguel Facussé (ici à gauche), qui s’en est pris également à des journalistes, dont certains ont été retrouvés assassinés. Ce ne sont plus de simples suspicions : l’un d’entre eux, Juan Chinchilla qui avait été kidnappé le 8 avril 2011 dans la vallée de l’Aguan mais qui avait réussi à s’échapper deux jours plus tard, avait dénoncé à son retour les sbires de Facussé, qu’il avait reconnu, et qui lui avaient infligé des tortures dans la grande tradition des cours donnés par la School of Americas ».  En 2012, Facussé avait été accusé de « crimes contre l’humanité» par la Cour Pénale Internationale pour son rôle dans le conflit sanglant qui avait fait rage terres au Honduras. En 2012 encore, Facussé a été accusé d’avoir orchestré l’assassinat, lors d’un mariage, de l‘avocat des droits de l’homme Antonio Trejo, qui travaillait pour les familles déplacées et contre lui dans la basse vallée de l’Aguán River, également connu Bajo Aguán. Lors de son décès, c’est une radio américaine, KGNU installée à Boulder, au Colorado, qui avait été la première à l’annoncer. Elle avait de bonnes raisons : l’un de ses journalistes s’était fait tirer dessus par un garde de sécurité dans l’une des plantations de palmiers à huile lors d’une visite d’une délégation des droits de l’homme dans la région. J’en étais resté personnellement à l’époque aux avions bourrés de coke arrivés dans le pays en 2012. Les années qui ont suivi… cela a empiré (l’année précédent le bilan que j’avais fait n’avait guère été meilleur). Pour ce qui est des paysans rien non plus n’a changé. En 2013, on exhumait ainsi les restes du corps d’un paysan disparu, José Antonio López Lara. Il avait disparu le 29 avril 2012. Parti le matin pêcher dans la rivière Ilanga, dont les eaux bordent la finca d’exploitation de palme Paso Aguán, appartenant à Miguel Faussé Barjum, il n’était jamais revenu vivant.

plantéDepuis, au Honduras tout a plutôt empiré, en effet.La criminalité a encore augmenté… et le trafic de coke aussi. Remarquez, on avait pu observer une baisse de trafic en 2014, paraît-il, mais un article judicieux l’avait vite remis à sa juste place  : « après un intermède de près de 18 mois, les avions de la drogue sont de nouveau là, en utilisant des bandes d’atterrissage illicites dans le centre du Honduras, même si le Honduras a une couverture radar complète (depuis). En février 2014, William Brownfield, le secrétaire adjoint du Bureau des stupéfiants et au droit international au Département d’Etat américain, avait  pourtant annoncé à El Heraldo que les vols de drogue avaient chuté abruptement: « durant  les 12-18 derniers mois, le nombre de traces ou les vols, qui atterrissent au Honduras ont énormément diminué. Nous parlons d’une réduction de plus de 80%. » Cette tendance était encore vraie à partir de mai 2015, quand le général Kelly  du US Southern Command a affirmé que les vols de drogue en général étaient en baisse partout, et que le Honduras avait chuté de la première à la cinquième place en tant que destination pour les vols de drogue. Cependant, il y avait des signes au début de 2015 comme quoi ça n’allait pas se passer comme en 2014″ note avec justesse l’auteur de l’article en date d’octobre dernier. Car l’avis de  William Brownfield, ressemblait plutôt à de la méthode Coué, à relever nombre d’avions transportant de la coke retrouvé dans l’année écoulée.baron crashé Déjà, une photo datant du 15 août 2014 avait annoncé la tendance qui allait suivre : celle d’un gros Beechcraft 200 de 11 places, à fière allure construit en 1998, immatriculé N70AJ, retrouvé le nez planté dans la terre,  train avant brisé, un avion retrouvé à La Mosquitia et annoncé par les autorités comme « complètement détruit« .  L’avion avait servi auparavant d’ambulance aérienne en 2013, chez Aerocare (il avait aussi changé 20 fois d’immatriculation !) . Le 17 mars, le même appareil avait le chemin de la Nouvelle-Orléans à Cancun. Il appartenait à Central Virginia Aviation Inc, installé à Petersburg, en Virginie, après avoir failli devenir… mexicain. En mars, au même endroit on avait déjà retrouvé un avion sans immatriculation, un Piper Aztec blanc intact, aux deux tons de bleu, lui aussi abandonné, avec des traces de cocaïne à bord (ici à droite)..

Pourtant, en janvier 2015, l’armée hondurienne qui avait reçu trois radars achetés 30 millions de dollars à Israël annonçait que ça en était fini des vols de cocaïne au dessus du pays… ce qui avait laissé pas de circonspects… « En supposant que le flux de drogues que vous connaissez au Honduras a en fait été réduit, cela vaut la peine de se poser la question de combien le bouclier de l’air de l’armée aurait contribué à un tel phénomène. Le premier radar du Honduras est devenu opérationnel en mars 2014, – le pays a approuvé la loi autorisant d’abattre les avions de la drogue deux mois avant –  et pourtant l’armée prétend que, dans ce laps de temps, elle a pratiquement éradiqué la drogue. Même si le bouclier aérien a eu un impact considérable sur le trafic transnational de drogue au Honduras, le pays doit encore faire face à des problèmes de sécurité publique,  qui affectent la vie quotidienne de ses citoyens. Ceci est, après tout, une nation qui a enregistré le taux d’assassinats le plus élevé du monde en 2014 », selon Human Rights Watch.

En mai on apprenait qu’un aavion saisivion (ci contre à gauche) posé en 2006 immatriculé XB-JPL à Tocontin (Tegucigalpa), de nuit, après que l’aéroport ait été fermé, et laissé abandonné plusieurs jours, puis saisi et revendu une bouchée de pain (736 000 dollars seulement) par le gouvernement du Président Manuel Zelaya n’était autre qu’un cadeau du trafiquant « El Chapo » à un politicien. Les deux pilotes avaient été arrêtés. Selon le député Mario Pérez, les deux pilotes mexicains, avant de disparaître tranquillement avaient été interrogés et auraient en effet déclaré que l’envoyeur était bien « El Chapo » Guzmán.

La nouveauté est survenue en février, avec l’article d’un journal… brésilien qui annonce que le trafic provenant de son pays est le fait au départ des vénézuéliens, avec la coke des Farcs colombiens, qui emportent la drogue au Venezuela vers le  Honduras pour atterrir chez les cartels mexicains de Sinaloa et Los Zêtas. Pour chaque vol, les militaires mexicains payent jusqu’à 400 000  dollars aux  militaires vénézuéliens révèle le magazine, citant « des documents officiels fournis par une source de la Police fédérale brésilienne ». el diarioLa source étant en fait Paulo Flores, Ronald Roland et Manoel Gonsalez, trois détenus, des trafiquants de drogue présumés. « Un avion a atterri en outre, une ville dans l’Etat de Zulia, près de la base militaire de Maracaibo » et « les trafiquants au moins une fois versée une somme supplémentaire de commission de 100 000 dollars pour prendre un avion dans un hangar de l’armée vénézuélienne » note le même article. Les mêmes versent jusqu’à 200 000 dollars à des policiers honduriens », ajoute-t-il. Et la confirmation arrive en effet le 10 mai, avec la chute inopinée d’un avion dans la communauté d’indiens Wawina dans le secteur d’Huas, dans le département de Gracias a Dios. L’avion, complètement calciné, transportait de la drogue… c’était certes de la marijuana, mais le 11 mai, on a retrouvé un pilote sévèrement brûlé dcommanderans l’hôpital voisin de Tocoa, Colón.  l’homme est brésilien, et il s’appelle Flavio Augusto Gómez. L’avion, un Cessna 206 datant de 1979, était immatriculé XB-AYS. Le second pilote, Darío Urtuzuástegui Gutierrez,  était lui mort carbonisé. L’avion s’avère être l’ex N732YN de Skytram Aviation Inc. En fait les trois hommes cités au départ sont les responsables d’un cartel brésilien… évoluant dans la région de Sinop (mais ça nous le verrons plus en détail quand nous aborderont le Brésil, qui à ce jour échappe toujours à notre enquête… l’un des trois hommes arrêtés détenait une compagnie d’hélicoptères dont la police avait filmé les vols emportant de la cocaïne (ça aussi nous le verrons un peu plus tard)!  En juillet, c’était un Aero Commander qui avait tenté de décoller du Goloson International Airport à La Ceiba, avec à bord 400 gallons de kérosène et 12 000 dollars. Les deux pilotes avaient été arrêtés, on les verra menottés devant l’appareil.

learjetEn juillet toujours, deux pilotes mexicains se posent la nuit dans un avion sur l’île de Roatan au large du Honduras (c’est à environ 400 kilomètres au nord de Tegucigalpa) laissent l’appareil, sur place et quittent l’aéroport sans donner d’explications. L’avion est immatriculé XB-LTD et il vient bien du Mexique. Or c’est un Learjet 25B qui est donc ainsi retrouvé abandonné. Un des pilotes Calderon Cortés  est arrêté le 29 juillet à l’aéroport international Ramón Villeda Morales de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, où il essayait de fuir le pays en prenant un vol ordinaire. Les deux autres pilotes qui ont amené l’avion, identifiés comme Carlos Rafael Ramirez et Enrique Arias Gaona, étaient déjà retournés au Mexique dès le 17 juillet sur un vol commercial ordinaire. L’avion (en photo à droite, de Sin Embargo), dans lequel les autorités honduriennes ont trouvé des traces de cocaïne, qui en est à sa 16 ème immatriculation depuis 1971, avait déjà été mis à l’abri par les militaires et le Bureau administratif des biens saisis (OABI). Le 26 juillet, il est saisi définitivement par les douanes honduriennes et décommissionné. Comme prise de guerre anti-drogue ! Un appareil aussi ancien (il est né il y  50 ans !) qui n’a en fait que peu de valeur : il  se négocie à 100 000 dollars seulement (un Learjet de 1968 est ici annoncé à ce prix).

avioneta
En août, le 22, c’est dans le département de Colón, dans la partie Caraïbe du Honduras, que l’on découvre par la presse les restes d’un bimoteur vénézuélien, « il a été « brûlé » par son équipage, qui a pris la fuite avant que les autorités n’arrivent, a déclaré à Efe le colonel Germán Alfaro, chef de l’opération Xatruch, qui a son siège en Basse Aguán (Caraïbes). L’avion « aurait transporté de la cocaïne, mais son montant n’a pas été déterminé, » a dit la source militaire. Dans de tels dispositifs les trafiquants transportent habituellement au moins  2 000 kilos de cocaïne, selon les autorités. » En 2013, le 28 octobre un avion similaire avait été retrouvé incendié le long d’une piste clandestine . Il portait le numéro d’immatriculation N895AC c’était un Beech C90 appartenant à Global Ventures Inc de Wilmington dans le Delaware (photo ici à droite). Direct Global Ventures, Inc, dirigé par le guatémaltèque Michael Zureikat, détenait aussi un Learjet 55, le N890AC, ex ambulance AeroCare, cédé depuis à Mark Solomon Trustee. Visiblement, il s’intéresse aux avions… 

conquest1Autre appareil incendié : le 14 septembre,dans la municipalité d’ El Jobo à San Esteban, Olancho, près de Tegucigalpa, des voisins entendent des bruits sourds au petit matin, suivi d’explosions. Le lendemain la police découvre les restes calcinés d’un gros bimoteur. L’avion est  cette fois dépourvu de tout signe distinctif. Il n’y avait aucune piste d’atterrissage sur place, seule une vaste étendue de terrain plat. Les vestiges de l’avion révèlent par des détails (la profondeur fixée sur leavioneta-olancho1-2 fuselage et non sur la queue, les énormes pipes d’échappement faisant le tour de l’extrados, l’avant aux doubles compartiments à bagages bien visibles) qu’il s’agît bien d’un bon vieux Cessna 441 Conquest II à turbopropulseurs (modélisé ça donne ça). Un des avions préférés des trafiquants ayant tenté la traversée de l’Atlantique (ici celui de trafiquants, racheté à l’Etat mexicain après avoir été saisi pour… trafic de drogue)… manifestement, l’avion d’Olancho a réussi à se poser sans encombre et a été détruit par le trafiquants. Un principe des dizaines de fois vus… au Venezuela.

bae hawker 700Des jets conduits par des pilotes mexicains à la réputation de casse-cous, le Honduras en avait vu  arriver un en décembre 2013… qui n’avait pas su freiner à temps et était sorti de la piste de l’aéroport de Roatan en s’enfonçant dans les taillis. Surprise, les pilotes ne l’étaient pas, mexicains.
Le Hawker N545GM, qui n’avait pas annoncé de plan de vol préalable. L’avion, qui avait été repeint à neuf, venait juste d’être vendu par le « célèbre « Bank of Utah Trustee » (qui détient un nombre incalculable d’avions) à des mexicains. Il aurait dû porter une immatriculation mexicaine en XA... ce que manifestement il n’arborait pas. L’avion avait été lui aussi saisi, dans l’attente d’explication. Mais surprise, les pilotes n’étaient pas mexicains. Juan Ramon Martinez Anariba du Honduras, était originaire d’El Progreso, dans l’Etat du Yoro et il ératétait donc hondurien; Guillermo Gutiérrez Bolaños était bolivien et Winston Orlando Gonzalez Centon, originaire du Guatemala âgé, de 19 ans seulement. Les trois avaient affirmé s’être posés à cet endroit dans l’espoir d’y vendre l’avion. Au final, on déclarera que c’était le mauvais temps qui avait été la raison du détournement du plan de vol initial. Etrangement, le 9 mars de l’année suivante (2014), alors que Juan Ramon Martinez Anariba était au restaurant à faire la fête avec des amis, et qu’un un coup de fil l’appelait  au dehors, un homme était venu tranquillement à sa hauteur lui loger plusieurs balles en pleine tête. « L’homme était connu comme étant un commerçant » avait dit alors la presse. Commerçant… et pilote à ses heures. Visiblement, d’aucuns n’avaient pas apprécié son atterrissage raté… L’avion avait été vendu le 5 janvier 2012 à une société appelée K.B.H. Aviation SA, dont le siège était au… Panama, à Marbella comme le montre le document ci-dessous (montage de l’accord de 14 pages signant la vente) :

tust agreement

Etonnant encore lorsqu’on retrouve un document de 2011 évoquant la société KBH, mais pas à un endroit où on l’aurait attendue : « Jet Commercial (CJI) va entreprendre le travail de modifier une  configuration de palettes SF 12 pour un B727-200 de passagers converti en cargo pour KBH Aviation SA, représentant son client, la police fédérale du Mexique (police fédérale du Mexique). L’avion, un B727-264C a été construit en 1981 et sera converti en vertu des certificats aéronautiques d’Engineers, Inc. (AEI) de type supplémentaire (STC). Avec plus de 70 conversions exécutées, CJI est le Conversion Center AEI le plus expérimenté. L’avion sera installé également avec des winglets Dugan Air par CJI. » L’appareil concerné est le superbe XC-MPF (ici dans son ancienne livrée bien moins chatoyante).

Le 25 septembre, un monomoteavionet droga cessnaur Cessna 210 (à train rentrant donc) s’écrase près de la municipalité de San Félix, Tripoli, entre La Masica et San Juan Pueblo,  en Atlántida sur la côte Caribe, a à  350 kilomètres au nord de la capitale. Un Cessna monomoteur avec à bord deux jeunes, Francisco Ismael Meza, originaire de Silca, en Olancho, et German Enrique Bustillo, de Olanchito, dans le Yoro. Si les jeunes pilotes sont bien honduriens, dans les vestiges calcinés on retrouve une carte bancaire  mexicaine, deux téléphones cellulaires avec leurs mémoires respectives, un téléphone satellite Iridium, deux bidons, l’un avec du carburant pour aéronef et l’autre vide. « En outre, les pompiers ont trouvé une facture d’achat dans une pharmacie dans la ville de Cholula, au Mexique, au nom de Hugo Marquez, qui suggère aux autorités que l’avion a décollé à partir de là » indique l’article. L’appareil n’avait déposé aucun plan de vol, ajoute-t-il. Selon laDirección de Lucha Contra el Narcotráfico (DLCN)., les deux jeunes pilotes étaient en relation avec le trafiquant Carlos el Negro Lobo; livré aux USA en mai 2014. 39 billets de 100 dollars totalisant 3 900 dollars avaient été trouvés entretemps dans le portefeuille d’une des victimes, laissant entrevoir des activités douteuses.

aztrec à terreEn octobre, le 22, à La Cuarenta, c’est un autre avion encore qui s’écrase, un avion immatriculé N40212, un Piper Aztec PA-23-250 de 1979 appartenant au départ à un dénommé Rosario Luis Del, de Miami, en Floride qui s’est placrash avionnté nez en avant dans un champ boueux d’une hacienda d’El Jiote au nord de l’agglomération, à El Progreso, dans l’Etat de Yoro. Dedans, il y a  16 lampes et 14 lanternes avec leurs supports, deux gilets de sauvetage, et même un dinghy gonflable, plus quatre fûts de plastique avec environ 65 gallons de carburant et un millier de pesos colombiens. L’éventail complet du matériel des trafiquants devant voler au dessus des eaux ou se poser en plein champ. L’avion aurait contenu entre 600 kg et 1 tonne de cocaïne selon la police. Les riverains affirment avoir vu plusieurs voitures autour de l’épave, après le crash. Coïncidence ou action volontaire, l’appareil était tombé dans une ex-propriété d’un gang des Cachiros, saisie entre 2013 et 2014 par le gouvernement pour trafic de drogue et trafic d’armesTout autour, on a en effet des biens désormais gérés par le Bureau Administratif des Biens Saisis (OABI), tous vides, répartis dans les départements de Cortes, Colon et Yoro, avec 11 maisons, deux bâtiments, deux hôtels, cinq domaines dont un comportant une entreprise de transformation de l’huile de palme deux lots, un immeuble, et même un zoo, et un centre d’écotourisme lié au clan. Les trafiquants étant liés à Juan Gómez Meléndez, ex gouverneur et député assassiné en janvier 2015. L’atterrissage du bimoteur avait fait l’objet de préparations. Trois jours avant, des hommes avaient en effet été aperçus faire des coupes sur des arbres alentours ou en abattre, avaient remarqué les habitants. Le 4 juillet 2014, c’était un Cessna 340 immatriculé TG-COX qui s’était posé à  Coyotes Central, près d’Olanchito sur une des anciennes pistes de la Standard Fruit Company, soupçonné lui aussi d’avoir transporté de la drogue. Le pilote avait prétexté un ennui moteur pour se poser. L’avion avait son propre hangar à La Aurora Internacional au Guatemala.

Le bilan de l’année est donc plutôt catastrophique, mais les autorités visiblement, ne veulent pas le voir, comme le note El Nuevo Diario le 1er octobre 2015 qui fait l’éloge de la réduction des arrivages d’avions de cocaïne en 2014 : « le Honduras a réduit de 98,11% le nombre d’atterrissages d’avions transportant des drogues ces cinq dernières années, et a saisi environ 8 263 kilos de substances interdites et détruit 80 pistes d’atterrissage clandestines, a déclaré un officiel aujourd’hui ».  On ment, ouvertement : « Le chef de l’exploitation de la police du Honduras, Hector Ivan Mejia, a déclaré aux journalistes que, en 2011, 106 avions ont atterri leur pays transporter de la drogue, et en 2015, a été réduite à deux, représentant un 98,11% de moins ». Ah voilà donc l’explication : on a acheté des radars coûteux et il faut qu’ils soient… rentables. Or les exemples montrés ici dans l’année démontent la prétention à une telle réduction. A quoi peut donc servir cette méthode Coué gouvernementale, voilà tout le problème. Un nouveau gouvernement (de droite) a été élu le 24 novembre 2013, avec l’aide semble-t-il des Etats-Unis. C’est Juan Orlando Hernández qui a remporté l’élection, il est devenu président le 27 janvier 2014. Prendra-t-il le sujet de la drogue en mains, comme promis ? Rien n’est moins sûr, dans un tel pays ravagé par une criminalité hors-normes.

N5888KMais les choses évoluent, semble-t-il, quand même, avec une belle prise. Des barons de la drogue tombent, enfin. Le 18 décembre, c’est dans un autre Beechcraft, un Beech B300 SuperKing Air 350 immatriculé N5888K (photo Thomas Ramgraber) que montent en effet deux frères, Luis Alonso et Miguel Arnulfo Valle Valle sur l’aérodrome militaire de l’ Honduran Air Force (FAH), juste à côté du Toncontin International Airport, à Tegucigalpa. Ce sont en fait deux trafiquants, arrêtés avec le troisième frère Jose Innocent Valle Valle et sa femme Griselda Amaya Arguera qui seront extradés plus tard aux USA. L’avion décrit est en effet enregistré comme appartenant au Département de la Justice US… !!! C’est surtout avec leur arrestation la découverte d’un réseau de trafiquants honduriens habitant Copan, ancienne cité Maya, lié à El Chapo, menant un voie très « glamour » selon la presse hondurienne. Des villas décorées d’un goût douteux, avec piscine bien sûr, les épouses des narcos craquaient l’argent çà qui mieux mieux (ici le défilé des horreurs de goût accumulés dont les plafonds peints façon Pompéi). Une famille de trafiquants menée par le bout du nez par les sœurs Lemus, Jasmine et Mayra, en fuite juste après l’arrestation d’Arnulfo, le chef de clan. A Copan, elles menaient grande vie, dit-on, « organisant dans leurs villas ou dans des hôtels de grandes fêtes, des célébrations d’anniversaire avec des ensembles et des stylistes internationaux qui étaient disponibles 24 heures sur 24 pour répondre à vos caprices » peut-on lire. La coke comme mode de vie bourgeoise, en quelque sorte. Du clinquant partout, le propre des arrivistes démunis d’éducation et de goût. Des gens riches en tout cas : les juges ont fait saisir… 52 propriétés leur appartenant. « Le chef de file des trois femmes était toujours Mayra, qui se mêlait à la vie politique et était même devenue lors de la dernière élection générale adjointe au maire pour le Parti libéral. » note le journal (en photo; Mayra Lemus pose avec trois robes différentes dans sa villa de El Espíritu, à Cotán).

En fait, les sœurs Lemus les ont déjà quittés auparavant : craignaient-elles l’arrestation de leurs proches, comment l’auraient-elle appris (par la voie « politique » et leurs relations dans le milieu local ?)valle mujer. Laissant paraît-il leurs maris éplorés : les cocus de la coke, en quelque sorte ! « Ils se déplaçaient avec leurs propres gardes du corps où ils voulaient, quand ils le voulaient et personne ne les arrêtait parce qu’ils avaient le pouvoir« , déclare Julian Pacheco, ministre de la sécurité. Des trafiquants aux très grands revenus, grâce à la cocaïne. « Les frères de la région de Copan ont maintenu une relation de travail de cinq ans avec le célèbre transporteur salvadorien Sibrián Ernesto Jorge Ulloa, alias Chou (depuis extradé au Salvador, il y a écopé de 77 ans de prison en novembre 2014) qui est également lié au cartel de Sinaloa. Via cette société,  avec Ulloa, les cargaisons de drogue de Valle étaient envoyées au Salvador (…) Les premières livraisons reliant la vallée remontent à juillet 2008, lorsque les deux groupes Ulloa Sibrián- Valle ont amené 270 kilos de cocaïne, comme enregistré dans le témoignage d’un employé de Chou qui a été capturé en 2011 avec un kilogramme de cette drogue dans une station d’essence à San Juan Opico. (…) Parfois Sibrián Ulloa achetait la drogue au cartel Valle, indique ce dossier (…) Un dénommé Fausto était un de ceux qui transportait l’argent. Un témoin a déclaré qu’à une occasion, Faust à apporté 800.000 dollars, à titre de paiement pour 90 kilos de cocaïne. dollarsCet argent aurait été reçu par Arnulfo Valle (…). À une autre occasion, Fausto et le témoin sont allés dans une ferme d’El Espíritu, détenue par Arnulfo Valle, pour apporter 745 kilos de cocaïne »(…). 

Lorsque les policiers étaient entrés dans la villa, ils avaient dû creuser le jardin (ici à gauche) pour découvrir la cachette aux billets, déposés dans un fût de plastique enterré. Il y en avait pour 1,3 million de dollars en coupures !!! Une goutte d’eau : les calculs de l’administration hondurienne parlent de 50 millions de dollars de revenus annuels générés par le trafic sen cinq ans ! Lors de l’une des opérations menées, ont été capturés Glendys Herminia Valle, Miguel Angel Espinoza Lopez, Willian Eulises Anael Antonio Vargas Reyes et Chávez Guevara (au Salvador). Leur plan a été  découvert alors qu’ils s’apprêtaient à réaliser la livraison de 295 kilos de cocaïne (en 2009) sur un site vallonné près du village de San Francisco Sumpul, municipalité de Sinuaea, dans l’Ocotepeque. La drogue était cachée selon les spécialistes dans la voiture, dans laquelle ils étaient ». Mais  en 2009, deux  juges sur trois chargés de l’affaire avaient déclidé  de clore l’affaire !!! Preuve de la terreur qu’ils faisaient régner sur place ! Depuis, leur dossier a été rééouvert. En juillet 2015, les trois frères Valle pourtant extradés, les journaux parlaient déjà de la « réorganisation » du clan, à Copan. C’était déjà reparti ! « Les chiffres sur la violence de 2012 ont placé Copan comme étant l’un des départements les plus violents du Honduras, avec un taux de 104,7 homicides pour cent mille habitants, la diminution du nombre s’est traduite en 2013, lorsque le taux d’homicide publié par l’Observatoire de la violence se situait à Copan avec 61,9%, une baisse significative de 50%. Mais en 2015, ce taux a augmenté de cinq points… «   Pourtant, surprise, dans l’accusation américaine contre les frères Valle Valle, seul un meurtre leur a été imputé à Arnulfo : celui de José Cristian Espinosa Erato, en mars 2014 au Honduras. Celui d’un rival sur le marché ! Les règlements de compte qui avaient suivi la « réorganisation » du clan Valle, à l’évidence. Les sœurs Lemus sont elles toujours introuvables, à l’heure actuelle. Aux Etats-Unis, le 5 janvier dernier, les frères Valle se déclaraient coupables de trafic de cocaïne, en espérant que de l’être pour 5 kilos seulement (le motif actuel de leur arrestation) leur éviterait un long emprisonnement.

Jaime-RosenthalLe pays ne sort pas de la violence engendrée par le narcotrafic. Miss Honduras, enlevée puis assassinée, en a fait les frais avec sa sœur en novembre 2014. Tout le pays est gangréné. Jusqu’au plus haut de l’Etat, car des politiciens sont en cheville avec les trafiquants notoires. Le pire exemple du genre étant celui de la découverte des malversations de la famille du magnat Jaime Rosenthal (photo El Tiempo), 79 ans, leader du  Parti Libéral et candidat à plusieurs reprises à la candidature présidentielle. Juan Orlando Hernández une fois élu trouve aussi là le moyen d’affaiblir un adversaire politique et surtout son parti d’opposants, mais à sa décharge il faut convenir que l’enquête sur les agissements de la famille Rosenthal avait commencé bien avant son élection. Son père, Yankel Rosenthal, était un juif qui avait émigré de Roumanie arrivé sans le sou au Honduras en 1929. L’incroyable réussite des Rosenthal (la famille détenait 20 entreprises différentes dans le pays et 23 propriétés foncières, Jaime ayant accumulé une fortune personnelle de 690 millions de dollars) avait fait des jaloux, c’est évident. marathonAujourd’hui, le neveu de la famille dirige le plus grand club de football du pays, le Marathon, à San Pedro Sula (un football bien lié à l’empire du crime dans le pays). Commencée dans l’élevage bovin, elle l’avait conduite en 1974 à créer sa propre banque, si bien que l’ arrestation de son patriarche et sa chute avaient eu deux conséquences inattendues : la première et la plus dramatique étant la fermeture de sa fameuse banque, qui avait provoqué l’émoi chez ses clients. L’Etat ne pouvant totalement calmer le jeu en déclarant ne pouvoir couvrir que les dépôts supérieurs à 9000 dollars, grugeant les plus petits dépositaires, effondrés. La seconde, plus étonnante, avait eu plus de répercussion médiatique. C’était celle de l’annonce de près de 10 000 crocodiles devenus cannibales par la force des choses, les employés de la ferme où ils étaient parqués n’ayant plus d’argent pour les nourrir et n’étant plus payés eux-mêmes. La ferme, Crocodrilos Continental, s’étale en effet sur 70 hectares, les 11 000 crocodiles américains (Crocodiles Acutus) y occupant pas moins de 135 mares. Les crocodiles étant destinés à finir en sacs à mains pour les riches héritières de Miami ! crocodilosLa ferme avait aussi quelques lions. Les sociétés diverses de Jaime faisaient en effet de tout, outre les peaux de crocodile : du ciment, de l’immobilier, des articles en cuir, des assurances, un écoparc (Ecoparque Joya Grande) des bovins, des projets agro-industriels, du tourisme, de la télévision par câble et des médias…  et parmi ces médias, le journal El Tiempo (et il savait  l’utiliser), et une chaine de télévision (Channel 11). Avec Jaime, son propre fils Yani, 50 ans et son neveu Yankel, 46 ans avaient été finalement arrêtés et accusés de blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue, après une très longue enquête démarrée aux Etats-Unis. Le groupe Rosenthal s’appuyait sur son paravent du Grupo Continentainstallé au Panama. 19 ses sociétés ont été saisies en octobre 2015. Trois sociétés offshore d’investissement avaient été repérées lors de l’enquête américaine : Shalimar, Ltd., Desland Overseas, Ltd., et Investissements Preyden, Ltd, tous situés dans les îles Vierges britanniques : le bon vieux plan classique de la magouille financière. L’OFAC avait identifié également trois entités américaines en Floride : Inverciones Continental U.S.A., Corp., Shalimar Real Estate Holdings II, Inc., and Shalimar Real Estate Holdings III, Inc. Toutes trois bloquées également.

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15-10-08-honduras-cachiros-checkLe lien entre les Rosenthal et le gang de la famille des Cachiros, longtemps masqué, a fini par éclater au grand jour raconte « Inside Crime » dans un excellent article sur les liens entre les élites et le pouvoir au HondurasAu sein du groupe Continental, justement, on trouvait en effet des membres des Cachiros et ce n’était pas un hasard. Les liens dataient de longtemps. Santos Rivera Maradiaga, le patriarche de la famille, avait comme Jaime, commencé à vendre des bovins à viande et les avait amenés à l’abattoir des Rosenthal à San Pedro Sula, à la fin des années 1970 et début des années 1980. C’est là que les deux familles ont lié leur sort. Mais c’est plus tard en 2006 que ses liens se sont fort renforcés, via des prêts bancaire et une cavalcade de chèques : « la grande entente entre les Rosenthal et les Cachiros a commencé en 2006, lorsque la Banque leur a prêté de l’argent pour leur bétail et leurs sociétés laitières. «Nous avons commencé à avoir une relation avec eux, par des prêts, lorsque les relations ont commencé avec la banque », a expliqué Patricia Rosenthal. «L’usine de conditionnement de la viande ils la connaissaient déjà. Ils  nous ont apporté plus de bétail et nous nous sommes dit, « regardons, cela pourrait être un bon client », et nous leur avons prêté de l’argent pour qu’il achètent des bovins et des fermes laitières. Ils ont vendu les produits laitiers à la Ceiba et ont acheté un grand ranch de bétail, le bétail lui-même et d’autres usines de conditionnement de viande. Pour la banque, Ce ne fut pas une mauvaise affaire, je veux dire qu’ils avaient de bonnes bêtes. Leurs acheteurs nous payaient directement, et c’était de gros acheteurs. Les  Rosenthal affirment que la famille Rivera Maradiaga est passée au-dessus du processus de vérification de la banque et a remboursé ses prêts avec ses chèques de ses clients, et non par sa trésorerie. (Voir un exemple d’un chèque signé par Jaiver Rivera Maradiaga ci-dessous, le 15 octobre 2008). D’autres prêts ont suivi, y compris pour de vastes exploitations de palmiers africains des Cachiros. Les Rosenthal disent que la relation avait un sens parce qu’ils travaillaient fort dans leurs projets agricoles. Ils ont dit que Continental avait trois branches à Tocoa, dans l’épicentre des activités de Cachiros au moment de leur apogée. » Bien entendu prècise l’article, les Rosenthal n’avaient pas su que les Maradiaga faisaient déjà aussi dans le trafic de drogue…. ce qui est difficile à croie et ce que démentent les faits :   « cependant, les Rosenthal admettent qu’ils avaient entendu des  rumeurs sur les Cachiros,  bien avant la désignation du Trésor américain. Et au début de 2012, les Rosenthal étaient clairement inquiets : « en mars de cette année, 18 mois avant que les fonctionnaires du département du Trésor des États-Unis ne mentionnent les Cachiros par leur nom, Jaime Rosenthal avait écrit une lettre à l’ambassadeur des États-Unis Lisa Kubiske. (Voir une copie partielle de la lettre ici) « chez Banco Continental, SA nous sommes et voulons être très prudents à propos de notre entreprise et de nos clients ».  « Depuis que Grupo Continental est impliqué dans de nombreuses entreprises, y compris l’agro-business, nous devons être prudents sur les gens, surtout avec qui nous faisons des affaires. » avait-il écrit. Comme déjà pour se disculper.

Le pays est gangrené en profondeur, des pans entiers de l’économie appartiennent au narco-trafic. Pas sûr que le gouvernement mis en place récemment soit capable d’endiguer le flux. Mais la fin des Valle et des Cachiros, appelés aussi « Les cousins »(« Los Primos »)  saluée ici par l’ambassadeur US au Honduras semble marquer un grand pas, néanmoins, dans la lutte contre le trafic de cocaïne dans le pays.

on peut relire :

en 2011 :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xv-le-honduras-du-90482

en 2013 :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxii-retour-au-136880

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxiii-retour-au-136882

pour tout savoir sur les Vallle :

http://es.insightcrime.org/noticias-sobre-crimen-organizado-en-honduras/valles-perfil

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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17 décembre 2015

 L’affaire est encore assez méconnue, et pourtant, elle mérite le détour. En ce qui concerne les gros porteurs de drogue, l’histoire a en effet retenu un autre préalable à l’expédition du Mali de 2009 dont je vous ai longuement déjà entretenu sur le net à plusieurs reprises, tant le sujet est emblématique (c’est le point de départ de ma série « Coke en Stock », débutée il y a cinq ans déjà !!!). Un jet commercial a en effet effectué un vol au départ de Colombie vers le Mexique, avec un lot astronomique de drogue à bord : c’était en 1994, et l’avion utilisé… cocorico, une Caravelle !!

Une Caravelle portant le numéro de construction 184, qui avait volé pour la première fois le 12 octobre 1965 pour la Syrian Arab Airlines (d’inscription YF), puis après avoir été louée à plusieurs compagnie a été adoptée en 1984 par Air Calédonie, pour atterrir chez Aero Services en FranceAEI caravelle, en 1990. L’un des deux avions tombé entre des mains colombiennes, après être devenu Air Entreprise International (AEI ici en haut à gauche la F-BJTU, qui sera aussi Air Charter) et ainsi enregistrée chez Iberoamericana de Carga portant l’enregistrement HK-3962X, puis HK-4029X. Son incroyable histoire figure dans un cara bismagazine des narcotiques américains retrouvé après une longue recherche. Suivie par un Orion P-3 muni d’un radar lenticulaire, la Caravelle s’était en effet posée sur une piste en terre à Sombrerete, près de la Sierra Madre dans l’état de Zacatecasau Mexique, en pleine nuit, à une heure du matin, le 4 août 1994. Elle était tellement surchargée qu’elle en a explosé son train avant et brisé son nez. Impossible de redécoller. Voilà qui n’est pas sans rappeler les déboires du Boeing 727 de Tarkint !

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On enterre le biréacteur en plein désert !

Sur place, on décide de la découper au lieu de l’incendier, et d’enterrer les morceaux les plus grands, les plus petits étant brûlés ! Avant cela, trois Chevrolet Suburban avaient été nécessaires pour la vider : elle contenait en effet environ entre 8 et 10 tonnes de cocaïne ! La police arrêtera plus tard un convoi de 16 véhicules de la police des transports dans lesquels avait été transvasé les 3/4 de la drogue contenue dans la Caravelle. Les conducteurs de camion étaient tous… officiers de la police fédérale mexicaine ! C’était elle, l’organisatrice du réseau : l’avion avait vu entre temps ses ailes d’avion démantelées, ses équipements électroniques enlevés, et le reste avait été enterré dans le sable, comme on le retrouvera plus tard (voir l’image ci-dessous).  L’opération avait en fait été élaborée de bout en bout, par le chef du bureaCaravelle baturi4-nov-1995u mexicain des narcotiques, Mario Ruiz Massieu, qui était en réalité le maître de tout le réseau de cocaïne du pays. Les investigations de la police américaine poussèrent plus haut encore, et conclurent également à l’implication du frère aîné du président mexicain, Raul Salinas de Gortari. Pour effectuer de tels transferts, il faut remonter jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Exactement comme pour ATT !!!

L’enquête démontra également que l’armée mexicaine avait participé au déchargement de l’avion, comme on a pu le voir. La corruption incroyable du gouvernement mexicain d’alors, aussi veniel que celui de Mauritanie sous ATT, avait rendu caduque la lutte contre la drogue ! Le public américain n’en saura rien : pour ne pas déclasser le Mexique de son titre accordé par Clinton « d’allié de lutte contre la drogue », on étouffera l’affaire Massieu, qui remontait pourtant jusque Amado Carrillo Fuentes, alors le « Maître des Airs » des vols de cocaïne dont il avait été l’initiateur avec Massieu. A l’époque, le chargement de chacune des Caravelle valait 200 millions de dollars... Pour des observateurs, le Mexique de 1994 était déjà une « narco-démocratie » Fuentes aurait possédé à lui seul une fortune de 25 milliards de dollars ! De quoi acheter toutes sortes de collections ! Fuentes, mort pendant un opération de chirurgie plastique ratée, a laissé une descendance… qui continue son « œuvre » : son propre fils, qui a été arrêté le 2 avril 2009. Un des plus violents du moment. Un reportage télévisé, excellent, montre comment était mort Fuentes, très certainement d’une crise cardiaque durant l’opération de chirurgie esthétique, ou en raison d’une allergie à un sédatif ayant interféré avec ses prises de coke journalières, mais aussi comment ses chirurgiens, retrouvés par les amis du défunt furent sauvagement assassinés et leurs corps entassés dans des fûts ensuite rempli de béton. La vision d’un des cadavres encore replié dans sa gangue de béton glace le sang. Pour parfaire cette vision apocalyptique, lorsque la police remettra le corps de Fuentes passablement abîmé lors de l’opération et en cours de putréfaction, les parents venus chercher son corps s’apercevront que son cerceueil ne rentrait pas par le portillon de cabine du Learjet affrété pour le conduire sur son lieu d’enterrement: ils devront le monter à bord dans un boddybag noir, laissant le cercueuil sur place !!!

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Pas la première à transporter de la coke

L’avion était la troisième Caravelle ayant servi à ce genre de transport. Ci-dessus, la HK-3857X, N°268, au départ une Sterling partie de Copenhague le 23 août 1993 pour Bogota via Malaga et le Cap-Vert. Elle est alors décapée et change de numéro pour devenir HK-3869. En 1994 elle est revenue 3857X chez Aerogolfo. Elle aurait elle aussi été enterrée au Mexique après un vol de drogue.   » La première avait été la HK-3676X qui avait passé par des périodes sombres sous la marque Aerosucre Colombie, en 1994″. On ne s’était pas embêté en peinture, une méthode que tous les trafiquants futurs reprendront. L’article visible ici précise en effet que « vous pouvez noter que les couleurs Aerosucre sont en fait la même que Aero Lloyd, on a seulement effacé le nom et on a mis le drapeau colombien, pour vous donner un aperçu de la nature des affaires d’Aerosucre ». Un article qui décrit ici son périple : « le 4 août 1994, la Caravelle a quitté l’île colombienne de San Andres, l’un des points de départ pour les routes habituelles de trafic de drogue, a fait un arrêt quelque part au Panama et est entrée dans le ciel mexicain au niveau de la péninsule du Yucatan, et a continué tranquillement vers le centre du pays sans être inquiété. Mais le Service des douanes américaines détecté le vol, et l’a dit aux autorités mexicaines. L’avion a atterri sur la piste d’une mine de la société Zacatecas. à la périphérie de Sombrerete Lorsque les policiers sont arrivés à l’avion, il a été constaté que son intérieur avait vu ses sièges retiréspour accueillir les emballages de drogue : 2 tonnes et demi ont été trouvés à bord, mais il a été estimé que le dispositif en contenait dix , le reste de la charge n’ayant jamais été connu On pense que cet envoi était adressé à Amado Carrillo, « le seigneur du ciel », qui est alors responsable de leur transport aux États-Unis par d’autres moyens. En ce qui concerne les avions, les pilotes de l’armée de l’air mexicaine (FAM) ont été chargés de mener la Caravelle saisie à la base aérienne militaire de Santa Lucia, dans l’État de Mexico. »

caravelle SEC

La saga des modèles

« La deuxième était la Caravelle 10B3 de type, qui a commencé sa vie en 1966, avec le nombre de construction 211, le 20 Janvier elle avait été livrée à la compagnie aérienne finlandaise Finnair, réceptionnée sous l’immatriculation OH-LSH, etsurnommé « Kuopio » en l’honneur d’une ville de ce pays. L’avion a fourni un service sur des routes situées en Finlande et certaines en Europe (…) en août 1991, en fin de vie commerciale chez Finnair, elle a été vendue à la compagnie charter française Aero Service Europe, Ltd. et a reçu l’enregistrement F-GDFZ. L’avion est devenu un vétéran dans son pays natal, et commence alors la période triste où l’avion est tombé dans les mains colombiennes illégales. Notre deuxième Caravelle, a été emmenée en Colombie avec l’inscription HK-3836X, et inscrit au registre de la société SERCA Colombie en Avril 1993, huit mois après son apparition sur le circuit avec les compagnies aériennes d’Amérique du Sud, et en juin 1994 chez Express Jet Colombie et en décembre de cette année auprès de la SEC en Colombie, où elle a continué de porter le même registre. L’auteur note sur la photo visiible ici montre qu’ à travers les fenêtres se trouvait peut être vu la cargaison mystérieuse Le 11 mars 1995, la Caravelle 10B3 numéro de construction 211 et inscription HK-3836X est devenu le deuxième Caravelle à tomber au Mexique, quand elle a quitté la Colombie. Les autorités vont détecter l’avion sur son chemin à travers les cieux mexicains, et les avions du bureau du procureur général de la République (PGR) vont même réussir à filmer le vol et l’atterrissage sur un site connu comme étant Punta Baja, à Guaymas, Sonora, et également filmé comment l’expédition illégale a été placée dans plusieurs camions. La police et les forces militaires sont arrivées plus tard, seulement pour sécuriser la zone et de saisir l’avion,qui avait eu un atterrissage dur mais des dégâts modérés. Le personnel de FAM réussit à la faire rédécoller, et l’a emmenée à Sainte-Lucie, pour retrouver les autres Caravelle. »

La découverte de celui qui autorisait les vols en Colombie

Et l’affaire ne s’arrête pas loin et rejoint un des acteurs récents de la lutte antidrogue (du moins ce qu’il a toujours prétendu faire). Les avions partaient alors tous de Colombie. Avec des autorisations accordées facilement par le Directeur de l’Aviation Civile du moment dans le pays : un poste-clef, incontournable même pour délivrer les documents nécessaires ! Des tonnes de cocaïne seront ainsi transportées à bord de ses Caravelles et autres 727, depuis des aéroports clandestins. L’homme qui délivrait les fameux passes s’appelait… Alvaro Uribe. Oui, l’ancien président de Colombie. « Dans un document officiel, classé « sans vérification finale »datant de 1991 et rendu par la Defense Intelligence Agency (DIA), en page dix du numéro 82, Uribe est décrit comme collaborateur du cartel de Medellin, et ami intime de Pablo Escobar ; il aurait également aidé le cartel en ce qui concerne les lois sur l’extradition. L’accusation concernait notamment des permis accordés par Uribe – lorsqu’il était directeur de l’aéronautique colombienne – à des avions du narcotrafiquant Pablo Escobar.  » précise Wikipédia. Uribe sera ensuite maire de Medellin et Gouverneur d’Antioquia, et développera les brigades paramilitaires Convivir, responsables de massacres épouvantables dans l’Uraba Antioquenio. Fuentes utilisera aussi de plus petits avions, ceux vus dans la propriété d’Escobar de type Cessna, qui transporteront généralement autour de 600 kg. Ils largueront la drogue en mer, parfois sur terre, aux environs des Etats de Veracruz, de Chiapas, de Oaxaca et de Guerrero. En somme, si Wikileaks avait existé en 1991, tout le monde aurait pu lire le rapport secret de la DIA américaine sur les activités réelles d’Alvaro Uribe…

Des transferts industriels de coke

transapelLe but était d’amener directement au Mexique ou aux USA d’importantes quantités de cocaïne, en alternant avec de plus petits appareils. Le trafic avait été inauguré par l’américain Barry Seal, dont je ne répète pas la carrière, lisible ici. Escobar et les trafiquants colombiens faisaient dans l’industriel, travaillant en flux tendu, en quelque sorte, alternant petits et gros appareils selon la demande. Il existait pour Barry Seal d’autres points de chute, en Arkansas même ou ailleurs dans le pays (*) : « Selon Bo Abott, une des pistes d’atterrissage dans l’Arkansas réalisée pour livrer la drogue était juste au sud de l’Interstate 30 sud-ouest vers Memphis, Tennessee, appelé Marianna. Plusieurs autres témoins sérieux comme contacts m’ont écrit le même aéroport, et le rôle joué par la police de l’Etat pour protéger les opérations de drogue et d’armes. Abbott m’a décrit la manière dont la Police de l’état d’Arkansas avait bloqué les routes menant à la petite piste d’atterrissage lorsque les avions de cocaïne arrivaient. Cara bloquéeJ’ai un de ces cas décrits au printemps de 1982. Abbott a volé sur un Cessna 210 contenant 300 kilos de cocaïne (ici sa version pressurisée) de l’un de plusieurs entrepôts de Tocumen appartenant aux trafiquants de drogue Walter et Sonia Atala et sur les pistes de « cropdusters » (comme celui-ci) comme la piste d’atterrissage à Marianna, Arkansas. Il a fait une escale de ravitaillement au Belize, célèbre pour la transfert de la drogue chargée par avion, puis il s’est rendu à sa destination de Marianna. Un agent de la DEA de Memphis a pris la cocaïne apportée par Abbott, tandis que des soldats de la cavalerie d’état de l’Arkansas bloquaient la route menant à la piste d’atterrissage. Une semaine plus tard, Abott a redécollé avec six valises pleines d’argent, pour l’apporter à Cesar Rodriguez sur l’île de Contadora. Abbott dit que l’avion avait été fourni par Robert Corson par l’intermédiaire de Jim Bath de Houston. (Corson avait été impliqué dans des les scandales de prêts bancaires.) Il existe plusieurs points de chute répertoriés ici (*), pour les atterrissages comme pour les largages. Dans le chapitre, deux clichés de l’atterrissage de la N°232, décrit ci-dessous.

L’incroyable atterrissage de la Caravelle de Transapel

train caravelleDes atterrissages en kamikaze, il y en eut d’autres. Tel celui de la Caravelle 10 R HK-3869 qui effectua pour Aerogolfo des vols en 1994 vers l’île colombienne de San Andrés, au large du Nicaragua, alors complètement aux mains des trafiquants, selon la DEA américaine. En juin de cette année-là, cette N° 232 se vit remettre un autocollant en faisant un avion de chez « Transapel », société de cargos colombiens de type Lockheed Electra, plutôt. Peu de temps après, le 4 août 1994, elle est retrouvée abandonnée sur la piste de Sombrerete, dans l’état de Zacatecas, au Mexique. Elle avait été suivie jusque là ou presque par un Lockheed P-3 Orion des douanes américaines depuis San Andrés d’où elle avait décollé, puis par un petit Cessna Citation du gouvernement mexicain qui avait pris le relais.  ra plus cessnaSon atterrissage fut on ne peut plus rude : elle grilla littéralement les pneus de son train principal, la rendant inutilisable et incapable de redécoller. On la voit ici entouré d’avions de la PGR mexicaine, notamment en Cessna 421. On pense qu’elle transportait ce jour-là entre 8,5 et 10 tonnes de cocaïne, dont seulement 2,5 tonnes furent retrouvées, ce qui fera accuser les agents fédéraux qui l’avaient prise en charge dès son arrivée et qui avaient donc détourné le reste. Selon la DEA la Caravelle aurait appartenu au baron de la drogue Amado Carrillo Fuentes, du cartel de Juaiez, surnommé le “seigneur des cieux”. Or ce dernier utilisait plutôt des Beechcraft 200 ou des Aero Commander, comme on peut le voir sur un extrait de vidéos montrant un rassemblement de ses appareils (d’autres 200 présents sur le cliché étant ceux de la PGR).

 

fuentes

L’entrée en scène de Noriega

C’est Noriega qui avait intronisé Rodriguez comme dirigeant de la compagnie privée d’avions desservant l’île, la plupart véhiculant de la drogue à bord. Bref, le lien avec les leaders narco-trafiquants existait bel et bien ! Des liens associant des trafiquants et des hommes en vue : Bath étant lui-même un ancien directeur de la plus que controversée Bank of Credit and Commerce International (BCCI), dans laquelle il servait de représentant à Salem Ben Laden, le frère de l’autre, après avoir dirigé une banque à Houston où l’on trouvait John Connally ; et les saoudiens Ghaith Pharaon et Khalid bin Mahfouz. En 1981, il était à la tête de Skyway Aircraft Leasing Ltd, un broker de jets, fort lié à la CIA (u’on retrouvera dans l’affaire des 4,5 tonnes de coke du DC-9 coincé au Mexique). Il gérera aussi Southwest Airport Services, dirigeant ainsi le Houston Gulf Airport, tout en devenant le fournisseur attitré en kérosène de la base militaire d’ Ellington Field : bref, il avait le profil parfait de l’homme travaillant pour la CIA. Ce qu’il a été pendant des décennies maintenant !!!

La « corporacion »

L’autre version d’un Bo Abott de son vrai nom Basil Norris Abbott III, comme simple trafiquant démasqué est lisible ici. Mais il semble bien avoir été plus que cela, dans le jeu habituel des informateurs US. L’homme s’est en effet défini comme informateur de Ron Gospodarek, agent de la DEA… ce qui a été prouvé. Même chose pour le couple Atala, resté inconnu aux USA, et décrit comme piliers du trafic par Abott : or Michael Levine, l’ancien chef de la DEA à Buenos Aires, a lui aussi nommé Suarez et Atala comme les maîtres du trafic bolivien en 1993 dans son livre « Thcover225x225e big white lie ». Dans cet ouvrage, Levine explique comment la CIA a créé  » La Corporacion« , appelée aussi la « General Motors de la cocaïne, » qui a conduit directement à l’épidémie de cocaine/crack des années 80 aux USA. Selon l’ouvrage encore, Abbott explique « qu’ Atala avait un entrepôt dans une zone de libre-échange à Colon, au Panama, qu’il a participé à des vols de drogue à partir de cette installation. Colon étant devenu après un pôle majeur dans le commerce de la drogue dans l’hémisphère. Selon Abbott le gouvernement américain n’avait pas vraiment envie d’attraper les grands barons de la drogue. Au lieu de cela, l’objectif était de vérifier le trafic et de protéger certains courtiers. Il affirme que c’était bien la méthode de la CIA pour maintenir un contrôle politique sur les pays d’Amérique centrale et du Sud ». Abott avoue aussi dans le livre un soutien direct à Arce Gomez, le « ministre de la cocaïne » bolivien, et son aide flagrante aux escadrons de la mort de type néo-nazis. Tout est bien lié ! Arce Gomez, qui avait terrorisé la Bolivie, en ayant comme conseiller Klaus Barbie, sera extradé en 2009 seulement… après avoir reçu des cartels la bagatelle de 75 000 dollars tous les deux semaines en échange de sa collaboration !

Une armada aérienne pour les suivre, pourtant

Pour suivballonre le trajet des Caravelle (mais sans les intercepter donc !) les douanes américaines avaient pourtant mis en place tout un dispositif. Comportant à la fois un avion P-3 Orion spécialement modifié, car porteur d’une antenne lenticulaire de type Awacs et plus étonnant encore des… ballons, porteurs de radars, d’un modèle surnommé « Fat Albert ». Le premier ballon à hélium de 12,000 m3 attaché à 7600 m de câble de ce genre avait été testé en décembre 1980, à Cudjoe Key, en Floride. Le premier site opérationnel anti-drogue ayant été établi à High Rock, Grand Bahamas Island, en 1984, sous le nom de Tethered Aerostat Radar System, et devenu le réseau AFER. Chaque ballon emportait au départ le radar Lockheed Martin L-88, qui avait un rayon de 370 km de portée (depuis c’est l’AN/DPS-5 S-band CFAR/MTI ou l’AN/TPS-63 qui le remplace). Le second site, celui qui avait suivi les Caravelle, a été construit à Fort Huachuca, en Arizona, deux ans plus tard. Avant 1992, trois agences exploitent le réseau TARS : l’Armée de l’Air, l’US Customs Service (les douanes) et l’US Coast Guard. En 1992 a transféré la gestion entière du système au ministère de la Défense, sous l’égide de l’Air Force.
Des ballons ?

Aujourd’hui, 10 sites exploitent ce système autour de la frontière mexicaine et en Floride et Lousiane (Deming, au Nouveau-Mexique, Eagle Pass, Marfa et Matagorda au Texas, Yuma et Fort Huachuca en Arizona, Morgan City en Louisiane, plus celui de Cudjoe Key, en Floride et un à Puerto Rico, à Lajas). En 2004, à Cudjoe Key, un des ballons a été équipé d’un émetteur de télévision pour transmettre le programme de « TV Marti » vers Cuba… en février 2013, comme l’année précédente, le Congrès avait recommandé d’arrêter le système en raison de ses coûts, mais il semble avoir échappé jusqu’ici au couperet financier. La question qui demeure étant pourquoi un tel déploiement de technique pour au final laisser passer plusieurs bi-réacteurs Caravelle ??? Aurait-on voulu rassurer le Congrès, pour lui prouver que l’argent octroyé était bien investi dans la lutte anti-drogue ? Ces ballons semblent avoir été maintenus comme supports de radars aériens, et l’un d’entre eux a récemment défrayé la chronique en s’échappant de son aire de fonctionnement, arrachant des lignes électriques avec ses câbles qui pendaient. Echappé de sa base située dans  région de Washington, il a dérivé jusqu’au comté de Montour, dans l’État de Pennsylvanie.

L’imbroglio entretenu des immatriculations

Avait été également mis en place sous Clinton tout un système, dont les ravages continuent aujourd’hui, notamment la valse des numérotations d’appareils, jamais vérifiée par les officiels de l’aviation US (la FAA) : « Abbott m’a dit que la CIA volait des avions de l’aviation générale Aux États-Unis pour son utilisation propre (et celui du Conseil de Sécurité Nationale) et pour les envois de drogues illicites. Ce qui coïncidait avec ce que plusieurs d’entre mes informateurs m’avaient déclaré ces dernières années, et tel que l’avait décrit aussi Reed Terry, ancien de la CIA dans son livre « Compromised ». Certains des avions volés avaient été enregistrés au nom de la société Pacific Sea Food. L’avion volé avait été repeint et de nouveaux numéros de série lui avaient été appliqués, après quoi il avait volé en Amérique centrale et en Amérique du Sud avec des chargement d’armes, puis sur les vols de retour avec de la drogue. « L’opération « rachat » – « BuyBack » impliquait l’Operation Pacific Seafood Company de la  CIA. La drogue était  emballée dans des containers de crevettes et expédiés à divers endroits aux Etats-Unis. « Il s’agissait d’une opération commune DEA-CIA ; comme celle du « Snow Cone » – une opération voisine de contrebande de drogue en Amérique centrale ».  De la drogue et des fruits de mer, des crustacés ou du poisson, pour déjouer l’odorat des chiens détecteurs. En Afrique, on effectuera la même chose avec les poissons des grands lacs… les fameux Tilapias. Avec un autre précurseur… anglais, Christopher Barrett-Jolley, qui travaillait pour le trafiquant belge Ronald Rossignol. A l’époque, pour embarquer des caisses de Kalachnikovs, on ne s’embarrasse pas trop : on les pose sur les sièges d’un BAC-101 qui était pourtant destiné à la ferraille… l’équilibrage d’un avion est tout un art, on le sait !!!

Des balises disséminées pour guider les avions

customsPendant ce temps, la CIA ne chômait pas, en créant tout un circuit de passage d’avions déterminé par des points de contrôles savamment disséminés. Sans GPS, à l’époque, voilà qui aidait particulièrement bien les pilotes de nuit ! De véritables autoroutes à coke avaient ainsi été tracées… au détriment des brigades anti-drogues US : « Les différentes opérations sous Snow Cone comprennaient notamment le fonctionnement « Watch Tower », qui se composait de balises radio secrètes stationnées à des endroits éloignés les uns des autres entre la Colombie et le Panama. Les pilotes suivent les balises d’aide de la CIA pour voler de l’Amérique centrale au Panama au ras du niveau de la mer sans être détectés par des avions US d’interdiction de la drogue volant à haute altitude Les pilotes des vols de drogue suivaient les signaux basse fréquence émis par les balises pour atteindre leur destination d’Albrook Army Airfield au Panama. » L’infrastructure mise en place par la CIA était donc très lourde pour assurer le trafic !!!volpati

L’armée de l’air mexicaine (FAM), elle, fera reprendre du service aux vieilles Caravelles saisies. Elles y ont gagné le surnom de « narcojets ».  « La 232 est devenue l’enregistrement et la 211 a hérité du 10506 Elles ont été peints avec le schéma utilisé par les avions cargos de la FAM à l’époque : fuselage blanc, avec le fond en gris (seulement sur la 10507), avec un filet bleu sur les deux côtés... »

Ghostofmomo avec un coup de main de Falcon (sur les sources en particulier).

Les photos des Caravelle sont empruntées en grande partie  l’ouvrage « CARAVELLE, LA FRANÇAISE DE LA JET SET » de John Wegg

(*) les différentes pistes utilisées par Barry Seal avec son Provider :

 Marana Air Strip, AZ 

 Pinal Air Park, AZ 

 Firebird Lake Airstrip/Gila Indian Reservation, AZ 

 Angel Fire Airstrip, NM 

 Greybull, Wyoming

 Homestead Air Force Base, FL area 

 Blue Grass Airport, Lexington, Kentucky

le compte rendu de la première Caravelle poursuivie

http://www.abqjournal.com/border/c1…

reportage sur Barry Seal

http://www.youtube.com/watch?v=Bicz…

documentaire sur Mena et le trafic de cocaïne :

 

1) http://www.youtube.com/watch?v=bZ-T…

2) http://www.youtube.com/watch?v=Mdai…

3) http://www.youtube.com/watch?v=WRxX…

4) http://www.youtube.com/watch?v=1NOf…

5) http://www.youtube.com/watch?v=g1qC…

6) http://www.youtube.com/watch?v=01y9…

sur les liens entre le Mexique actuel et la période des années 90 :

http://www.pbs.org/wgbh/pages/front…

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cvii-lincroyable-histoire-de-la-caravelle-enterree-au-mexique/

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assembléeVENEZCoke en Stock (CVI) : une promesse de 800 kilos de coke et… la chute de la maison Maduro à la clé

Y aurait-il un lien direct entre le trafic de cocaïne et la vie politique, dans un pays ? On serait bien tenté de le croire, à constater l’étrange coïncidence entre la saisie d’un jet espérant transporter 800 kilos de cocaïne en Haïti et la claque électorale prise par le pouvoir actuel aux dernières élections vénézuéliennes (1). Car l’affaire, survenue le 11 novembre dernier, et dont on découvre aujourd’hui les arcanes, est bien plus grave encore qu’il n’y paraissait au départ. Ce jour-là des « proches » du président vénézuélien en exercice avaient été arrêtés en Haîti, à leur descente d’avion, un jet d’affaires privé, avait-on brièvement appris. Aujourd’hui on en sait un peu plus : c’est bien 800 kilos de cocaïne qui devaient être à bord au prochain voyage, et encore une fois, l’armée vénézuélienne qui était dans le coup : une participation dont je vous avais parlé, ici-même, mais cette fois-là, c’était bien la première fois qu’on s’approchait autant de la famille même de Nicolas Maduro, et même d’Huguito, le propre fils d’Hugo Chavez !!! Pas vraiment une bonne nouvelle pour le bien léger Nicolas Maduro à la veille des élections… qui viennent de se terminer par… la perte totale de la majorité à l’Assemblée Nationale. L’incroyable corruption du régime va-t-elle enfin éclater au grand jour, beaucoup l’attendent en effet… et avec elle, la dénonciation du trafic d’Etat de la cocaïne, d’un pays bel et bien devenu un narco-Etat.

assembléeVENEZ…..L’équipe de l’ineffable Michel Collon n’a toujours pas commenté, au moment où je vous écris, la défaite électorale cinglante (2). La seule chose que l’on trouve en se lançant dans l’investigation du blog du même nom c’est une théorie complotiste comme quoi le 7 décembre, il allait y avoir des attentats pour déstabiliser les électeurs, ces actions menées bien sûr par l’opposition. Manque de chance, les observateurs étrangers ont dit que ça c’était plutôt bien passé dans l’ensemble, malgré quelles velléités de bourrages d’urnes ici et là. Les personnes jetées en prison par Maduro comme opposants commencent donc à respirer :  « Il devient très difficile pour le gouvernement vénézuélien de cacher ses vraies couleurs », a confié Thor Halvorssen, président d’une fondation pour les droits de l’homme et proche de Leopoldo Lopez, un leader de l’opposition incarcéré. Critique de longue date de Chavez et de Maduro, Thor Halvorssen a indiqué que ces deux arrestations sont un autre exemple de la corruption qui prévaut au sein de l’administration Maduro. « Le gouvernement vénézuélien est une entreprise criminelle composée de cartels de drogue, d’un système financier qui blanchit de l’argent et de kleptocrates », a dit Thor Halvorssen à la télévision Fox New Latino. « Maduro, sa famille et ses hommes de main font que le cartel de Pablo Escobar parait désorganisé et petit en comparaison », a-t-il dit. « Le Venezuela utilise l’armée, le ministère des affaires étrangères et le secteur bancaire comme des accessoires à son lucratif business de drogue », a-t-il poursuivi. »  web-versionSi la charge paraît forte, on peut quand même rappeler qui l’a faite : Thor Halvorssen,  de son nom complet Thor Halvorssen Mendoza (ici à l’ONU),  est le créateur du mouvement de l’Oslo Freedom Forum, le président de l’Human Rights Foundation et il tient le Venezuela à cœur : son père, un moment injustement accusé de trafic de drogue pour le Cartel de Medelin a été torturé par la police vénézuélienne alors qu’il était innocent et sa mère, qui participait à un meeting pacifique a été tuée par balles… par des membres de la sécurité présidentielle. Les assassins après deux procès aux jugements contraires avaient été condamnés à 3 ans de prison, dont ils n’effectueront qu’à peine 6 mois… Halvorssen est en prime d’être tenace un homme vigilant : lorsque Lionel Messi était venu par exemple prétendre à aider le Gabon en serrant la main d’Ali Bongo, en opération de com complète de ce dernier, il avait sévèrement tacle le régime, en affirmant que la famille du président «est tristement célèbre pour son traitement de la trésorerie nationale comme un compte bancaire privé». Pour Michel Collon, il est vrai, Ali Bongo est bien un « héritier de dictateur« , mais pas Maduro, alors…. si l’on comprend bien.

YV2030Mais revenons d’abord sur le scénario décrit au début. Un petit jet avait quitté l’aéroport de Caracas le 8 novembre dernier et s’était arrêté à Marqueta jusqu’au 10 novembre. Il était reparti plus tard vers Port-au-Prince, avec aux commandes le capitaine Paul Urbano, avait -on appris (il est ici photographié par Reuters). Surprise à l’arrivée  ; la DEA US fait débarquer tout le monde, deux pilotes et quatre passagers, Efraín Campos et Francisco Flores, Jesfran Moreno, et Marco Uzcategui, suivis d’une fouille de l’avion qui découvre de la drogue à bord. Si l’on évoquait d’abord la présence à nord de 800 kg de cocaïne (3) , il s’avère que c’était ce qui avait été promis d’être acheminé du Honduras et non ce qu’il y avait dedans : où ne figurait que des échantillons de coke pour en montrer la qualité, soit un seul kilo à bord. L’avion n’avait en tout cas pas été inspecté lors de son décollage alors que les autorités avaient il y a quelques mois fait tout un barouf sur leurs contrôles aux aéroports ! Comme à l’habitude, c’était un informateur de la DEA qui avait attiré tout ce beau monde au Honduras, dans un premier temps. Et comme à l’habitude, tout avait été filmé, énonçant le deal pour 800 kilos, preuve de l’implication directe des personnes arrêtées. Comme seule réaction, le président Maduro avait parlé « d’embuscade impérialiste ».

Mais revenons donc d’abord à l’avion lui-même, avant d’examiner la personnalité de ses occupants. D’abord l’appareil, donc, hautement reconnaissable avec son train d’atterrissage bas, ses ailes droites et son cockpit à hublot de côté similaire à une vitre de portière de voiture : c’est bien un Citation I, apparu en 1971 dans les cieux : (beaucoup) plus lent que les Learjet, il avait vite été surnommé « Slowtation » ou « Nearjet » ! Des clichés le montrent arborant une immatriculation à un endroit inhabituel : sur les Citation de ce type, ce sont plutôt les réacteurs qui l’arborent.Ce pourrait être un… autocollant, la méthode habituelle pour les avions de trafiquants, dérobés ou achetés, ils sont en effet maquillés de la sorte. Mais on s’apercevra que non.  YP-55CP-1024x419On retrouve  assez vite son historique, qui est pour le moins tourmentée. L’avion, un Citation-I, numéro de fabrication 500-0215, a porté d’abord l’immatriculation YV-TOOO en 1975 puis est devenu YV-55CP, deux ans plus tard (il est photographié ici à droite  le 6 novembre 1979 par Peter Nicholson) . Il appartient depuis le début à la Banque de Maracaibo. Cette banque fermée (6 avaient fait faillite à l’arrivée de Chavez !), l’avion est revendu plus tard -à une date non précisée de prime abord-  à la Sabenpe, une une entreprise vénézuélienne fondée en 1980 et dédiée à la collecte, YV-55CPle transport et la récupération des déchets, dont le fondateur s’appelait Jose Domingo Santander. La société, dont le capital a un montant de trois milliards de bolivars, est en réalité gérée par les frères d’origine libanaise, Khaled Majed et Khalil Majzoun. Les profits réalisés lui permettent en 2003, de prendre le contrôle du principal producteur de thon vénézuélien, et de son usine de boîtes (Eveba) se ralliant à ce moment-là au régime de Chavez pour fonder tout un empire industriel. Eveba avait été rachetée à l’influente famille de Castro Iglesias, et l’homme qui avait grandement facilité la transaction était Diosdado Cabello. Les frères Majed et Majzoun Khalil étaient  en effet alors décrits par ‘opposition comme des proches de l’actuel président de l’Assemblée Nationale. On voit ici (ci-contre à gauche) l’appareil décoller de la base de Francisco de Miranda  le 24 juillet 2003 appartenant toujours à la Sabenpe. Il avait gardé son appellation YV-55CP. On remarquera que ce sont les réacteurs qui supportent alors l’immatriculation.

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Sun_Channel_Kalil_Ferragud_Les liens avec les sociétés des frères Khalil avec le nouveau pouvoir n’ont fait que se renforcer, une fois Chavez en place. Les industriels l’ayant soutenu étant en effet largement récompensés en obtention de marchés nationaux. Majed Kalil (ici en photo avec Nara Farragut et Carlos Arroyo, du marketing d’AdSales), est un libanais d’origine, étroitement lié à José Vicente Rangel et son épouse, ainsi qu’à Diosdado Cabello comme on a pu le voir. « Les frères Khalil ont émergé et monté fortement en puissance durant les premières années de l’administration Chavez, qui a favorisé certaines entreprises avec d’importants contrats, des prêts et un accès facile aux licences en franchise de droits à l’importation. Ces compagnies privilégiées ont été aidés dans la mesure ou elles plaçaient leurs produits sur le marché local à travers des programmes sociaux financés par le gouvernement, à travers des organisations comme la Casa, le Programme des services agricoles ou Proal, le Programme des aliments stratégiques, que Khalil a investi » peut-on lire.

RIMBeaucoup plus troublant, l’empire des frères Khalil s’est aussi étendu dans l’armée : « de nombreux contrats ont été obtenus avec le gouvernement. Grâce à sa compagnie Hardwell Technologies responsable des systèmes informatiques du Département de renseignement de l’armée vénézuélienne, il a obtenu le contrat pour l’installation de l’équipement radar et de la tour de contrôle du Maiquetia Simon Bolivar International Airport. La société Pacific Rim Energy a également été choisie pour des de travaux et de services pour le maire de la municipalité Libertador de Caracas, le Commandement général de la Marine, la Banque centrale du Venezuela et de l’état Inviobras Bolivar, en collaboration avec différents ministères tels l’éducation, la Défense, le tourisme ou l’économie populaire, entre autres organismes gouvernementaux ». La liste de ses clients comprend aussi Corporation de Guayana, Edelca (Electrification del Caroni), PDVSA ou il apparaît également. Tout ceci sans qu’il y ait eu un quelconque appel d’offres, nulle part : « Le député de l’Assemblée nationale, Juan Jose Molina, a indiqué que dans les activités menées dans la société Pacific Rim Energy (une société de production et distribution d’énergie,  d’accessoires électriques et d’éclairage, d’exploitation minière et de forage, entre autres) des frères Khalil n’avaient aucune année d’expérience. Et qe la société n’ avait alors que seulement deux employés de déclarés. » A ce stade on peut en effet évoquer clairement la prévarication, un des piliers du système Chaviste… du favoritisme, pour des sociétés souvent incompétentes dans le domaine recherché.

rodriguezPlus grave encore quand on découvre que Majed Khalil est lié au lieutenant Jose Antonio Morales Rodriguez, qui a servi comme directeur du Bureau du Secrétaire de la Présidence et qui a été mentionné par l’ancien magistrat Eladio Aponte, dans un des grands scandales qui a émaillé en 2012 le régime de Chavez.  Aponte est en effet l’un des hommes qui a ordonné la libération d’un trafiquant de drogue notoire, Pedro Magino Belicchi, arrêté avec pas moins de deux tonnes de cocaïne au Venezuela. L’homme était soupçonné de trafic de cocaïne au sein même des casernes de l’armée vénézuéliennes ! En 2012, Aponte avouera avoir agi sur ordre gouvernemental pour sa libération, d’où l’énorme scandale provoqué. Dans une terrible confession il avait avoué en effet qu’en tant que membre de la Commission judiciaire, il avait sciemment  écarté un grand nombre de juges qui ne voulaient pas suivre les décisions demandées par le gouvernement. « Le pire de tout,c’est quand Aponte a cité le cas  d’un lieutenant de l’armée qui avait été arrêté avec plus de 2 000 kilos de cocaïne. Aponte a déclaré que la cocaïne « dormait » tranquillement au quartier général de l’Armée vénézuélienne en attendant d’être transportée vers le centre du pays. Il a affirmé que le lieutenant était la main droite d’un haut commandant militaire qui était devenu l’aide de Dona Elena Frias de Chavez – la propre mère d’Hugo Chavez (Pedro José Magino Belicchi). L’homme, qui est actuellement attaché militaire au Brésil, a rapporté avoir reçu des appels téléphoniques de partout du Haut Commandement militaires vénézuéliens, y compris d’un capitaine nommé Morales (l’assistant personnel du Président de la République, Hugo Chavez) pour relâcher l’homme et le laisser tel quel ». Pour certains juges comme pour certains journalistes, ces révélations étaient « à vomir ». « Incroyable mais vrai: tout le haut commandement militaire, y compris le Président adjoint, appelant un juge de la Cour suprême à libérer un lieutenant qui a été capturé avec 2 000 kilos de cocaïne! Au sein d’une caserne de l’armée !!! » note l’article. Sidérant, en effet !

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Mais il n’y a pas eu que cela. Son partenaire dans la société, Tarek William Saab, et l’un des liens les plus importants des cellules régime fondamentaliste islamiques qui ont aidé des islamistes virulents, admirateurs du Hezbollah, à s’installer, notamment dans l’île de Margarita. Ils suivent les préceptes du Sheikh Abdulaziz Bin Ibrahim Al Ibrahim (la gigantesque mosquée de Caracas porte son nom, elle a été payée par les saoudiens), avec Hassan Majzoub, comme président du Venezuela’s Islamic Center. L’antisémitisme est une constante en effet du régime, comme le montre ce rapport (et celui-ci, sur le langage même de Chavez).   Tarek William Saab est depuis 2004 gouverneur de l’État d‘Anzoátegui dont le fief est BarcelonaSon visa américain  a d’ailleurs été révoqué pour ses liens avec ces extrémistes. base_image« Lorsque Rangel était vice-président, Majed était en charge du lobbying pour ouvrir des portes à l’étranger pour Chavez. » peut-on lire. Le 4 octobre dernier, Tarek William Saab avait été interrogé par Interpol, à sa descente d’avion à Mexico, à propos de drogue et du narcotrafic, et aussitôt, sur Twitter, l’homme avait parlé « d’agression contre le Venezuela » et de « provocation ». Selon lui, il était sur place pour participer à la « 12e Conférence des Instituts nommés par les droits de l’homme de l’ONU ». Plus tard,  un peu gêné, il déclarait qu’il avait été arrêté pour une autre raison, car « il n’avait pas renouvelé son visa américain depuis 2001 ». Sa nomination comme nouvel  Ombudsman (médiateur de la République), à la tête de la Commission pour la Vérité et la Justice chargée d’enquêter sur les meurtres, la torture, les disparitions et les violations des droits humains entre 1958 et 1998 avait été l’objet de critiques, vu ses postures… plutôt musclées (depuis il s’est acheté un costume). En février dernier, il démentait l’usage de la torture à la prison de la Sebin (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional), malgré les témoignages opposés les dénonçant.

ramon-carrizales_16958Pour revenir au fameux jet, en 2004, le fils de son propriétaire d’origine, Domingo Alberto Santander, le revend à Marco Uzcategui, qui a pour amie une députée chaviste, Iris Varela. Encore une proche du pouvoir… Elle a été députée de 2001 à 2011, et est l’actuelle ministre des Affaires pénitentiaires, depuis le 26 juillet 2011 (ça devrait bientôt changer !) L’avion est alors enregistré aux archives du Ministère de l’Infrastructure, dont le responsable est alors le colonel Ramón Carrizales (ici avec Chavez). Cet ancien colonel de l’Armée vénézuélienne, diplômé de l’Académie Militaire du Venezuela en 1974,  admis à la retraite en 1994 et est devenu le ministre des Infrastructures de 2004 à 2006 puis a été ministre du Logement de 2006 à 2008 mais il a aussi été vice-président du Venezuela du 6 janvier 2008 au 25 janvier 2010, date à laquelle il a présenté sa démission pour « raisons personnelles ». Or un mystérieux incendie déclaré comme accidentel (et plutôt providentiel selon certains !) dans l’immeuble du ministère à Parque Central avait détruit les archives des avions qui y étaient stockés, dont ceux saisis pour trafic de drogue. Voilà qui était bien pratique ! Et entre temps, le colonel Ramón Carrizales était devenu le responsable de l’Etat d’Apure… là où ont lieu les atterrissages clandestins de « jets » qui emportent la cocaïne !

avion-narco-rampla-4Ce n’est pas la seule surprise. Le 23 février 2011, un surprenant avis judiciaire de saisie conservatoire du fameux avion est prononcé par la justice vénézuélienne (les archives ayant brûlé ?) . On apprend alors qu’il a changé d’immatriculation et qu’il est devenu l’YV2030 (ici à droite), « que sa valeur est estimée à 800 000 dollars et qu’il a été cédé à Alexander Vasquez Mendoza, citoyen, vénézuelien titulaire de la carte d’identité n°8.380.584, en sa qualité de directeur général de l’aéroport de Caracas, pour qu’il en prenne soin et le place sous la garde ». achatL’acte précise bien sûr qui sont les personnes qui s’opposent et s’écharpent alors comme propriétaires de l’avion : « Pacheco Laura Yepez citoyen en sa qualité de président de la société Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA, dûment inscrit au registre du commerce de la deuxième circonscription judiciaire du district et de l’Etat de Miranda Capital à compter du 3 Avril, 1989 , enregistré sous le n ° 26, Volume 122-A-Sgdo; et aux statuts modifiés en date du 11 Juin 2003, enregistrée sous le n ° 53 Volume 72- A-Sgdo; et Marco Tulio Uzcategui ». Tous deux sont impliqués dans les sérieux  litige à propos de l’appareil dont ils réclament l’un et l’autre propriétaires . En cherchant un peu, on retrouve même l’acte de transaction de Coinspectra, CA, qui date du 7  juin 2002, l’avion ayant été acheté 2 730 000 dollars exactement, , réglé en un seul chèque de la banque Banco Mi Casa Entidad de Ahorri y Prestamo; le vendeur étant bien Inversions Sabenpe CA. Passer de 2,3 millions à l’achat pour être revendu à 800 000, c’est une excellente affaire pour celui qui le récupère !!! Aurait-on assisté à une belle magouille judiciaire ?
C’est en tout cas bien le même avion : « il est précisé que la Cour a déménagé au hangar n ° 067 à la ligne C, où l’avion de marque Cessna Citation Jet 500 modèle, de série 500-0215, YV2030 acronyme, blanc avec des rayures d’or rouge et bleu, u qui est dans le hangar 067 rangée C  de l’aéroport de Caracas ».  Le motif de sa saisie est assez obscur en fait:  c’est un imbroglio à partir d’un défaut de paiement à un avocat d’entreprise, Humberto B. La Rosa, qui gérait justement la propriété de l’avion, installé au départ à l’aéroport situé près de la ville de Charallave, dans l’État de Miranda Oscar Machado Zuloaga. L’appareil est donc manifestement récupéré à la suite d’un accord passé par l’une des deux personnes citéJOSE-VICENTE-RANGEL-AVALOS-6es dans le litige, qui n’est autre que Marco Tulio Uzcategui. Son rival a abandonné. Derrière sa saisie se profilait aussi une sombre histoire de drogue reliée à divers services gouvernementaux, y compris l’ancien maire de la municipalité de Sucre, José Vicente Rangel Avalos (ici à gauche), qui avait à l’époque, la responsabilité du contrat de service avec la collecte des déchets. C’est le fils de l’ancien avocat et homme politique José Vicente Rangel  (vice-président, il avait remplacé Diosdado Cabello et a été ministre des affaires étrangères et de la Défense). Avalos a été lui aussi mêlé au trafic de drogue via sa relation avec Hector Tobia, un courtier d’assurance internationale, partenaire en affaires du père et du  fils Rangel qui lui servaient d’hommes de paille. L’homme à son bureau à Multicentro Empresarial Las Mercedes et vit à Prados del Este. Uzcatequi, lui, étant un homme fort proche de la famille présidentielle actuelle ; sa fille unique est en effet l’amie d’enfance et d’école des enfants de Cilia Flores, la première dame du pays !
avion haitiMais il y a d’autres moyens de récupérer des avions que ceux d’en modifier les actes d’achat… pour traficoter. En août 2013, le fameux avion réapparait à Barquisimeto, à Panama City (ici ça en est un autre), autorisé à nouveau à voler par l’autorité de l’aviation civile du pays. Lors de ce vol, le 30 et 31 août, on avait remarqué que son commandant de bord n’était autre que Víctor Daniel Álvarez, le même qui a été arrêté le 8 mai dernier  en République Dominicaine, au cours d’une tentative de vol raté sur l’avion de la banque Peravia, alors aux mains du banquier vénézuélien Jose Luis Santoro.. qui avait fui le pays par!s la faillite de son établissement et les accusations de fraude des autorités dominicaines (il s’incrustera longtemps sur le net avant de s’échapper : jusqu’en  juin 2015  un blog célébrait ses exploits de banquier !) !!! Et là encore, l’histoire est invraisemblable (à croire que le Venezuela y est abonné).  Selon les dominicains en effet, « José Luis Santoro castillan, président de la banque, Gabriel Jimenez Aray, le vice-président; et l’éxécutant Daniel Morales Santoro, s’étaient associés pour commettre divers crimes et blanchir des actifs totalisant 28,8 millions de dollars. Actuellement, ils sont recherchés par la justice de ce pays des Caraïbes. »Selon le site Acento, de la République Dominicaine «  Santoro est monté à bord du vol 107 de Copa Airlines à destination de Panama, où il vrochaers le Venezuela, et Jimenez a voyagé sur le vol 324 de la compagnie aérienne américaine Delta Airlines à destination d’Atlanta, en Georgie, aux États-Unis. » Un énorme escroquerie, encore une !  Fait sidérant, la plainte contre eux émanait au départ…  du Venezuela, même; ou plutôt du groupe – américain- Consortium Kaya Armoring qui avait remporté la construction de véhicules blindés pour la Banque centrale du Venezuela !!! Santoro n’est pas tout à fait un inconnu à vrai dire : en 1994, c’est lui qui avait fondé la Cámara Venezolana de Televisoras Independientes, dont il était devenu le vice-président !!  En réalité c’était une magouille bien montée depuis le début par une minuscule société américaine : la fameuse société Kaya Armoring, justement, qui avait en effet engrangé 3 591 000 dollars versés par la Central Bank of Venezuela (BCV) avec son contrat, déposés chez Santoro et depuis totalement évaporés… Or Consorcio Kaya Armoring Blindados Inc, est une firme de Floride… aujourd’hui inexistante !!! Derrière elle, il n’y avait que deux hommes , dont Javier Rocha, d’Onyx Armor Corp… un beau cas d’espèce que ce Javier..  il est aussi…charpentierLe pouvoir vénézuélien; à l’évidence, s’était fait escroquer, tout simplement  par deux hommes, en cheville avec des banquiers véreux !!!

citation2-1024x396Revenons donc à cette tentative (ratée) de « rapatriement »de l’appareil du banquier, car la suite de l’histoire dans l’histoire est fort surprenante. L’avion qui avait été visé par Victor Alvarez, avec ses complices, était un Cessna 550, tiens un modèle similaire à celui d’Haïti, immatriculé N61MA (à gauche en photo signée Juan Antonio Rodriguez, prise à Puerto Rico)…. Les quatre complices étaient arrivés à l’aéroport avions Joaquin Balaguer dans un Aero Commander AC90, immatriculé YV3962, piloté par Armando Gutierrez et Jorge Ygner. Un deuxième avion saisi, un Cessna, était piloté par Victor Alvarez et Alexander Lira. Le 10 mai, ils écopaient d’une peine de prison légère de trois mois… levée dès le 25 suivant par la Cour d’Appel dominicaine de la province de Santo Domingo, dirigée par Mary Perez,, la cour ayant «  constaté qu’il n’y avait eu aucune tentative de vol »…. à cette occasion, l’avocat des pilotes avait fait remarquer qu’on pouvait avoir confiance dans Alvarez : c’est un «  militaire retraité de la Force aérienne vénézuélienne » !!! Etaient-ils venus récupérer le Cessna Citation du banquier, et qui les avait bien envoyés, l’affaire demeure bien étrange ! Qui était de mèche avec qui, dans cette affaire, on se pose la question… sur l’entreprise de bâtiment à l’origine du dernier vol… haïtien !!!

Car même si ont ne possède aucun détails sur d’autres aéronefs en possession de l’entreprise incriminée, on peut remarquer l’existence de toute une organisation, l’exploitation du Citation réapparu a en effet conduit à la formation d’une nouvelle société appelée Coinspectra Aviacion, C.A. , bel et bien déclarée selon les documents de la FAA américaine. Or une autre société en Floride avait déjà été enregistrée en juillet 2009, possédant trois immeubles, avec les adresses de dizaines d’autres entreprises,  mais qui n’ont jamais exercé d’activités leur statut étant resté totalement inactif. Et comme responsables elles avaient toutes comme nom Uzcategui et Laura Pacheco… de Construction et de Maintenance Company Coinspectra, CA !!!

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neveuxMais ce sont aussi les passagers de l’avion qui retiennent l’attention dans cette affaire. Car outre Marco  Uzcategui en personne (de nouveau, dira-t-on !), les deux jeunes personnes à bord posent particulièrement problème : ce sont en effet deux neveux de Nicholas Maduro, pas moins (voir l’arbre généalogique Maduro-Flores ci-dessus). En réalité, ce n’est pas la première fois que des jeunes gens proches de Maduro et Flores sont impliqués dans le transport de drogue (pour s’y retrouver dans la famille, c’est ici). Des informations  ont circulé immédiatement sur le fait que Pablo Urbano Perez, et Pedro Miguel Rodriguez, soient deux pilotes de la Venezuelan Air Force. Il ne semble pas, le premier étant diplômé civil de la FAA : c’est en revanche bel et bien un ancien pilote de PDVSA, peut-être un ancien pilote militaire, tout au plus. Fait plus troublant, son certificat d’aptitude physique a piloter s’arrêtait en juin 2015... Fait tout aussi troublant, un ancien chef de la sécurité de Hugo Chavez réfugié aux USA avait révélé lors de son interrogatoire que Walter Jacob Gaviria Flores (le fils de Cilia et de Walter Gaviria), utilisait des jets appartenant à la compagnie nationale de pétrole PDVSA, justement  (ici  et ci-dessous le Bombardier Learjet 45 YV2565 à San Tomé (4)) pour transporter de la drogue, selon ABC News. Le chef de la sécurité avait alors impliqué aussi Huguito Chavez, le fils de l’ancien président Hugo Chavez et l’ancien ambassadeur cubain au Venezuela, German Sanchez Otero, et d’autres officiels cubains dans le transport de cocaïne. Il avait affirmé que les jets de PDVSA transportaient régulièrement des cargaisons de drogue vers Cuba pour qu’elles soient ensuite  acheminées vers les USA (4). L’opposition, en apprenant la saisie de l’avion et les noms des neveux pouvait alors ironiser, en jouant sur les mots : » el cartel de la los Soles, ou el cartel de los Flores «  ? Voir pourquoi pas les « turbulents neveux de l’oncle Picsou Maduro » ? Pourquoi donc un pays qui promettait tant socialement parlant a-t-il réussi à sombrer dans le pire des narco-trafics ? Qui a trompé les gens à ce point ? Les responsables seront-ils jugés un jour ?

 

learjet(1) je ne suis pas le seul à faire le lien : lire ici l’analyse de The National Interest.

« Le mauvais état de l’économie du Venezuela a officiellement laissé la porte ouverte pour la pénétration du commerce de la drogue dans le pays. Selon L’International Narcotics Control Strategy Report du Département d’Etat (en mars 2015), « Le Venezuela est un des principaux pays de transit de la cocaïne. La proximité du pays avec  des pays producteurs de drogue, une AML (Anti-Money Laundering) inefficace du régime, la coopération bilatérale limitée, et la corruption endémique dans le commerce et le gouvernement, incluant la police, ont continuer à rendre le Venezuela vulnérable au blanchiment d’argent et à d’autres délits financiers. Les principales sources de fonds blanchis sont générés par les organisations de trafic de drogue et la corruption dans le contrôle du régime de change du Venezuela. « 

(2) le premier billet signé Alex Anfruns est paru le 8 décembre. On le retrouve avec son collègue Philippe Menut chez Jacques Tourtaux, le « sanglier rouge » de Lille… ou le nostalgique du stalinisme, un énième confusionniste, ce qui n’a pas l’air de les déranger  : « Le Sanglier Rouge – le blog de Jacques Tourtaux, militant pseudo Anti impérialiste et ex militant de la CGT cheminot, National -Stalinien convaincu , nationalisme débridé, apologies de régimes totalitaires « non alignés » liens directs vers des sites d’extrême droite comme Alterinfo , La Voix de la Syrie (site de la négationniste Ginettte Skandrani) , alainindependant (site négationniste) voir la page  » cachée » **** jacques-toutaux.pro/links.html, basé a lille *** jacques-toutaux.pro/ pour le reste un ramassis perpétuel de copiés collés d’agence officielles des régimes de Poutine, d’Iran et de Syrie.. »

(3) des informations contradictoires subsistent à ce sujet : selon ACN, l’agence d’infos privée  vénézuélienne de l’Etat de  Carabobo, ne pas confondre avec l’agence cubaine (Agencia Cubana de Noticias):  « la plupart de la cachette de 800 kilos qu’aurait cherché à négocier les neveux de la première dame Cilia Flores était sur un yacht, de style dbanca andorrae catamaran, resté en République Dominicaine, vraisemblablement à La Romana; et aucun dans l’avion  le Citation 500. Cet avion avait seulement des échantillons de haute pureté de la cocaïne ».  Y-a-t-il eu confusion avec cet autre info anglaise émanant de The Times (of US and Americas), selon laquelle la fouille d’une maison en République Dominicaine, à Casa de Campo, où habitait l’un des neveux avait révélé 125 kg de cocaïne et 22 d’héroïne, dont une partie aurait été dissimulée dans un yacht de 135 pieds appelé The Kingdom (immatriculé Y0016 portant le drapeau de Nassau). Le hic, c’est que l’homme arrêté ce jour -là sur le bateau s’appelait Francisco Flores Suarez, qui aurait été confondu avec Franqui Francisco Flores de Freites, celui arrêté aux côtés d’Efrain Flores à Haiti.  floresLa confirmation de l’erreur arrivait le 21 novembre. Beaucoup plus intéressante, en revanche, était l’annonce de poursuites contre le trésorier de PDVSA, nommé Erick Flores Malpica dénoncé justement par Efrain Flores comme complice dans un énorme schéma de blanchiment d’argent. (4) Selon un  journal espagnol (ABC) en effet, le travail de Malpica dans l’opération était de blanchir de l’argent provenant de la vente de drogue à travers la compagnie pétrolière appartenant à l’État. Or Erik Flores Malpica avait aussi été nommé le 16 octobre 2012 « commissaire présidentiel pour les affaires économiques et financières« , alors que c’est lui aussi un autre neveu de la première dame… En mars dernier, les autorités andorranes et l’Espagne avaient accusé la Banca Privada d’Andorre de blanchiment d’argent dont l’origine était bien celle du pétrolier vénézuélien PDVSA. Son directeur Joan Pau Miguel, un temps en fuite, avait été arrêté le 13 mars (photo Cronica Business). Avec lui, c’est tout un énorme château de cartes qui s’était effondré. : on parle de 2 milliards de dollars de blanchiment de drogue ! Entraînant la chute de la maison Maduro !

(4) voir ici en détail les appareils

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxviii-chavez-le-160616

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxiii-au-venezuela-160235

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxvii-au-venezuela-160116

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lxxxii-le-venezuela-160618

http://www.alterpresse.org/spip.php?article15882#.VmYMBrzQbcc

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cvi-une-promesse-de-800-kilos-de-coke-et-la-chute-de-la-maison-maduro-a-la-cle/

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 30 novembre 2015

Un peu étonnante, cette appellation « d’Air Cocaïne » pour le Falcon coincé depuis deux ans sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana (1) et ses occupants récemment lourdement condamnés (20 ans !) sur place. Pour moi, le vocable était celui, plutôt, que portait depuis 2009 l’extraordinaire Boeing 727 retrouvé calciné en plein désert au MaliLe début de cette série, justement, alors que nous voici au numéro 105, aujourd’hui, tiens. Les deux affaires ont-elles des liens ? Peut être bien, car derrière les deux des ramifications européennes existent bel et bien : on a bien affaire à une mafia internationale… aux assises françaises assurées, comme l’a dit d’ailleurs l’un des pilotes condamné récemment (1). Une mafia tellement puissante qu’elle peut défier des Etats ; ou s’accommoder des chefs d’Etats, comme elle l’avait fait visiblement avec Amadou Toumani Touré (ATT), et comme elle l’avait fait plusieurs décennies auparavant avec le président du Mexique… Carlos Salinas de Gortari, très lié à une certaine famille texane… Retour d’abord au Mali, avant d’évoquer des faits assez extraordinaires apparus ces dernières années…

cockpit_mali_boeing-354abL’affaire du transport d’un tonnage aussi conséquent de cocaïne fait en effet penser, dans une moindre mesure, à ceux effectués au temps de Pablo Escobar, dans les années 80, ou évoque aussi l’affaire trouble du 727 malien de 2009, dans laquelle les services secrets français semblent s’être beaucoup activés pour épargner dans un premier temps le président Amadou Toumani Touré (ATT), complice visiblement des narco-trafiquants. C’est la DGSE (malienne et non française) qui avait bloqué l’accès aux ruines fumantes de l’appareil, bloquant l’accès aux débris du Boeing 727, rappelons-le (mais quel était sa liberté exacte face à son homologue français, déjà bien présente dans le pays ?). Comme le précisait Wikileaks, en tout cas, on avait bloqué l’accès aux ruines encore fumantes (2) :

 

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Un agent plutôt trouble

On a retrouvé après les vestiges où les détails de l’identification de l’avion avaient été enlevés avec minutie, l’incendie n’ayant pas tout détruit… Les américains avaient fort peu apprécié, comme d’ailleurs les algériens : « en novembre 2009, lors d’une rencontre avec le commandant de l’Africom à Alger, le géArtemisia_annua-82637néral Ward, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait qualifié le Président ATT d’ être l’ami des voleurs et des victimes en même temps’’ explique Mali Jet. Bref, ça se savait en haut lieu qu’ATT trafiquait !!!  Ici, en France, on se souvient surtout de l’effervescence montrée alors par le président français lors de l’affaire, venu faire la leçon au même ATT devant les objectifs des photographes et son souci premserge-daniel1-d0d66ier d’aller récupérer au plus vite Pierre Camatte, dont beaucoup faisaient dans la presse un membre (très discret) de la DGSE française, justement.  Venu là probablement pour observer le trafic, en se présentant comme un humanitaire bénévole désireux d’implanter sur place une plante capable de lutter contre le paludisme, l’Artemisia Annua (L’armoise annuelle ou qinghao). Le procédé étant lui-même controversé. A ce jour, l’homme n’a toujours pas confirmé l’assertion et la même plutôt catégotiquement démentie. Mais on se souvient ici du lapsus du coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République, Bernard Bajolet, passé depuis à la tête de la DGSE...à son propos, lors d’une audition du Sénat. Venu prendre des renseignements sur les filières d’otages ou sur le trafic de drogue ??? (En photo Serge Daniel, le correspondant de RFI au Mali, en reportage dans le nord du pays en 2009, devant l’épave du fameux Boeing « Air Cocaïne » (N°1 ?) : le premier aussi à l’avoir décrite précisément et à s’être posé les bonnes questions au sujet de cet événement).

L’envoyé de Sarkozy fort actif sur place

En tout cas, le pouvoir en France à ce moment là s’intéresse beaucoup à la région, avec d’autres envoyés… officieux. En 2009, Bajolet était un ancien directeur général des services du département des Hauts-de-Seine, devenu conseiller à la présidence de la République sous Nicolas Sarkozy qui officiait alors à la tête des services secrets français, héritiers de la Françafrique de Foccard. gadoulet-2-daf10Lors de sa nomination en 2008 à la place du chiraquien Pierre Brochand, la presse l’avait présenté comme un « fidèle » du président Sarkozy.  Un autre personnage est aussi important à la même époque, qui avait quitté la DGSE en 2008, c’est Jean-Marc Gadoullet (ici à droite) un ancien colonel du 11e choc, arborant Croix de guerre et Légion d’honneur, très présent lors des prises d’otages au Sahel, son terrain de prédilection, grâce à ses contacts privilégiés avec Ahmada Ag Bibi, l’un des lieutenants d’Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine (ici à gauche (3)). Gadoullet, avec un tel répertoire et un tel agenda, devait être obligatoirement au courant de l’étendue du trafic. al_galy-2-56670Et notamment des passages réguliers de gros porteurs venus directement d’Amérique du Sud. Ses liens étroits, également, avec Mami Coulibaly, le patron de la DGSE malienne devait pour sûr lui avoir ouvert les yeux sur ce qui se tramait à Tarkint. Lorsque il négociera la libération de trois otages d’Areva, dont Françoise Larribe, devant le terrible Abou Zeid, rencontré à sept reprises, en annonçant un peu vite le paiement de 12 millions de rançon (et 20 voire 25 en octobre 2013 pour les autres otages), Gadoullet scellera de fait la chute de Coulibaly : ATT n’ayant pas supporté que le premier informé ait été Sarkozy, que le responsable malien avait appelé en premier, et non lui-même !!! Des responsables de la sécurité malienne parlant en priorité à Nicolas Sarkozy, pour quelle raison exactement ? Par seule défiance d’ATT, leur supérieur hiérarchique attitré ??? Quelle étrange procédure !

Les notables maliens noyés jusqu’au cou dans le trafic

mali_jet-d5190Mali Jet en fait ici le 10 mars 2014 un résumé affligeant, de cette implication présidentielle malienne dans le trafic, bien plus intense que ne le laissait entrevoir l’épave calcinée, simple bout d’un immense iceberg : « c’est en 2009, avec l’affaire ‘’Air Cocaïne’’ que la preuve de l’implication de l’ancien chef de l’Etat, ATT, dans le trafic de drogue, a été établie. Pour preuve, entre novembre 2009 et février 2010, au moins quatre atterrissages en territoire malien, d’avions bourrés de cocaïne, ont été autorisés par Koulouba (la présidence) ». L’accusation est en effet grave : c’est bien celle d’une collusion entre le pouvoir et les trafiquants : »le cas le plus médiatisé fut le Boeing 727 d’Air Cocaïne, calciné à Tarkint, au nord de Gao, après qu’on l’ait débarrassé de son contenu. baba_ould-c8353Selon ce rapport accablant, en novembre 2009, c’est le maire de Tarkint, Baba Ould Cheick (ici à droite), les officiels de Gao, et le maire Sadou Diallo, qui étaient présents pour accueillir les quelques tonnes de cocaïne qui furent toutes déchargées avant qu’on ne leur fit prendre une destination inconnue. Ce Baba Ould Cheick aurait également été présent lors de l’atterrissage d’un avion cargo sur la piste de Néma, près de la localité de Kita, à 76 km de Tombouctou, le 25 janvier 2010. Plusieurs tonnes de cocaïne ont été déchargées et il a fallu quatre rotations de six véhicules 4×4 pour transférer la drogue en un lieu non déterminé. Les véhicules auraient été escortés par des hommes d’AQMI lourdement armés ». Terrible révélation d’un trafic régulier de gros porteurs, avec un président qui fermait les yeux, au point de laisser des terroristes reconnus venir directement se servir à l’arrière des appareils. Incroyable scénario, digne d’Hollywood !

Pas un seul atterrissage, mais plusieurs !!!

nema-55242C’est un fait qu’il n’y avait pas eu un vol de fort tonnage de coke, mais plusieurs. Aujourd’hui, personne ne le nie plus. « Cet émissaire d’ATT, Baba Ould, a accueilli un autre appareil à Ain In Esseri, prés de Tinzaouten, le 9 février 2010. Mais le hic est que de tels atterrissages se seraient produits également au sud et à l’ouest du pays. En témoigne cet avion qui a déchargé, le 6 février, 4 tonnes de cocaïne prés de Kayes, en présence de plusieurs responsables locaux et de militaires basés à Nampala ; ces derniers ayant même balisé la piste. Rien n’indique dans le document que ces commis de l’Etat étaient mis au parfum du contenu de l’appareil dont le lieu et les conditions d’atterrissage étaient, quand-même, plus que suspects ». En somme, le trafic durait depuis des mois, voire des années : de gros porteurs avaient remplacés les « Mermoz » qui officiaient sur petits bimoteursou plutôt, comme au temps de Barry Seal aux USA, effectuaient des rotations alternées. Un jour un petit Cheyenne (ici un Piper PA-31T, modèle américain, N85GC, détenu il y a quelques temps maintenant par un français), un autre… un énorme Antonov ou un vieux Boeing… pour amener la coke. Rappelons ici cette analyse de l’adaptativité remarquable des trafiquants au fur et à mesure des saisies, ou les tarfis des pilotes pour faire le trajet du Venezuela à la côte Ouest africaine : entre 200 000 et 300 000 dollars l’expédition !!

Un gros porteur russe de prévu 

« L’un des avions de l’Organisation a été capturé en Sierra Leone en juillet 2008 avec des plus de 1.320 livres de cocaïne à bord. Les membres de l’équipage et leurs contacts locaux – trois Colombiens, deux Mexicains, deux Vénézuéliens et un homme de Guinée-Bissau – ont été condamnés en Sierra Leone en avril et extradés vers les États-Unis. L’arrestation fait suite à deux vols de cocaïne similaires, l’un d’un avion vénézuélien. Cet avion avait atterri en Mauritanie, sur la côte ouest de l’Afrique, et un autre d’un avion prêt à décoller pour l’Afrique du Venezuela, mais il est difficile de savoir si le même gang en était responsable. En 2009, l’Organisation a acheté un avion de fret en Moldavie qui est capable de transporter 7 tonnes de cocaïne à un moment, dit la DEA (c’était l’avion de Yaroshenko,un des pilotes de Viktor Bout, un énorme Ill-76). Le gang prévoyait d’utiliser l’avion pour des expéditions à travers l’Afrique de l’Ouest en utilisant les coordonnées de navigation par satellite. Des gangs africains feraient alors passer clandestinement la drogue en Europe. D’autres contrebandiers ont apparemment la même idée. Le 2 novembre, une tribu a trouvé la carcasse incendiée d’un Boeing 727 stationné dans le sable dans la région de Gao au Mali. Il y avait des barils vides de carburant à proximité (on notera quil n’y en avait plus sur les clichés…). Les enquêteurs pensent que l’avion venait du Venezuela et qu’il été utilisé pour la contrebande de drogues, Comme l’a dit Schmidt, le directeur régional de Office de l’ONU contre la drogue et le crime, lors d’une conférence le 16 novembre, selon le service fonctionnel de nouvelles Agence France-Presse. Le Mali n’a pas commenté les dires de Schmidt. En décembre, Antonio Maria Costa, chef de l’ONU Office contre la drogue et le crime, a appelé la découverte de la 727 « un nouvel exemple des liens entre la drogue, la criminalité et le terrorisme. » 

Des trafiquants liés à l’intelligentsia locale

3930024-5926720-a5311A noter qu’en Mauritanie, j’avais retrouvé en 2011 la trace d’un trafiquant français lié à Chbih Ould Cheikh Melainine (ici à droite), un élu local titulaire d’un « passeport pour la liberté », décerné en 2003 par le Parlement européen, et lié également à Mohamed Ould Haïdalla, le fils de Mohamed Khouna Ould Haïdalla, le lieutenant-colonel de l’armée, devenu président de la Mauritanie entre 1979 et 1984. Eric « Mika » Walter, alias « Amegan », en cheville avec un baron colombien et un trafiquant… algérien. On avait intercepté sa camionnette avec à bord 762 kilos de cocaïne (14 millions d’euros) correspondant à un « arrivage » par petit porteur bimoteur. Et là encore, même scénario  : « A bord du véhicule, deux espagnols : Miguel Calderon Angel et son compatriote Juan Carlos Perro, un mexicain, un sahraoui du nom de Bouya Ahmed, et le propriétaire du bus Mohamed Ahmedou. Tous seront arrêtés… et vite libérés. De quoi écœurer les policiers mauritaniens, ravis de leur prise. » avais-je écrit. « Deux autres personnalités ont été mises en cause. La première est un homme politique très connu, Chbih Ould Cheikh Melainine, incarcéré pendant des années sous le précédent régime. Ses accointances avec les rares protagonistes connus de l’affaire (dont le fils de l’ex-président) lui ont valu d’être longuement entendu par la police avant que le dossier le concernant ne soit « classé sans suite » avait écrit Le Monde le 31 avril 2007après l’arrivée du petit bimoteur à Nouadhibou. L’homme avait travaillé auparavant au sein de la SpoissonOFRIMA celle chargée des pêcheries (à gauche un extrait de « Le Dossier de la Mauritanie  » d’Attilio Gaudio). Sur sa page Wikipedia, aucune trace de son implication. Le Cridem criera à l’époque à la chasse aux sorcrières des journalistes quand ceux-ci évoqueront le cas de Chbih Ould Cheikh Melainine… : « l’affaire de la drogue, au lieu de livrer ses véritables contours à une opinion toujours sur sa faim, s’est tout simplement transformée en une cabale dirigée contre le maillon faible : la presse. Après avoir essuyé la colère des hommes d’affaires, les journalistes sont sous les griffes d’hommes politiques. La machine de la poursuite judiciaire n’a jamais aussi bien fonctionné pour terroriser le 4e pouvoir. Comme si on veut pousser les journalistes jusqu’au dernier retranchement. Cette manière d’agir s’apparente à une volonté délibérée d’étouffer la liberté de la presse« . Une presse qui savait prendre des photos pourtant : en 2012, un cliché montrait Chbih Ould Cheikh Melainine avec comme décor derrière lui le chef du hezzbollah Sayyed Hassan Nasrallah, et de Mohamad Mughniyeh, tué à Damas en 2008…

Et un français, Eric Walter, à la tête du réseau !

Walter avait pourtant tout déballé lors de son interrogatoire : embour saisie 2007n fait, « Eric Walter Ameganprénommé aussi Mika est un franco-congolais, âgé de 27 ans, au moment de son extradition, le 20 janvier 2009, par le Sénégal, vers la Mauritanie. Principal accusé dans les diverses affaires de transit de drogue qui secouent le pays, il se singularise, des autres détenus, par la densité et la précision de ses aveux. Il y livre les noms des réseaux avec lesquels il coopère, outre-Atlantique et en Guinée Bissau. Dans ses aveux, il participe à la séquestration puis à la torture de son complice Mini Ould Soudani avec l’aide de Sid ‘Ahmed Ould Taya, officier de police. Il reconnait avoir projeté de faire atterrir, en Mauritanie, un avion chargé de stupéfiants en provenance de l’Amérique Latine. » On apprend par la même occasion lors de la demande d’extradition d’Amegan du 20 avril 2009 d’où il est originaire exactement : « est autorisée l’extradition du nommé Eric Walter Amegan, né le 31 octobre 1972 à Paris XIV (France), de Augustin et de Bénédicte Géoffry, agent immobilier, demeurant à la Résidence Mangrove Saly, Mbour » dit le décret signé du premier ministre sénégalais Cheikh Hadjibou Soumaré et du président de la République, Abdoulaye Wade. Il habitait Mbour, un des hauts-lieux du trafic de drogue au Sénégal ! Là où on a retrouvé échoué un petit bateau avec encore à bord des tonnes de cocaïne, et un peu plus tard la maison des trafiquants qui attendaient d’être livrés.  « Le 27 juin 2007, la gendarmerie sénégalaise a saisi 1,2 tonne de cocaïne sur une plage de M’bour, à 100 km au sud de Dakar. Le 30 juin 2007, une autre cargaison de 1,2 tonne a été saisie dans une maison non loin du lieu de la première saisie. Sept personnes ont été arrêtées » note le rapport d’octobre 2007 de l’ONU « sur la situation du trafic de cocaïne en Afrique de l’Ouest »

Deux super-avocats pour le défendre !

Mais il y aura plus étonnant encore car Walter, pourtant condamné en un premier temps à 15 ans de prison, (c’est 30 habituellement, mais il a avait eu comme défenseurs deux ténors français : Eric Dupont-Moretti et Jacques Vergès)., s’est retrouvé… libre à la suite d’une bien étrange intervention comme je l’avais aussi découvert : « Condamné à 15 ans comme sa victime, un décret présidentiel du 15 février 2011 leur accorde une réduction de peine de 5 ans. En profitera, également, Sid’Ahmed Ould Taya, correspondant d’Interpol en Mauritanie durant la période de commission des faits mais dont la peine initiale ne dépassait pas 7 ans. Il sortira de prison un peu plus tôt. Le 23 février, soit une semaine après la remise, l’ambassadeur de France à Nouakchott s’entretient avec le Ministre de la Justice, Abidine Ould Khaïry. Rien ne filtre de l’entrevue. Un premier pas est franchi, seulement deux mois après le séjour de Antonio Injai à Nouakchott et son audience avec le Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Pourquoi s’arrêter en milieu de pente ? Le 13 juillet 2011, Eric Walter et 30 autres sur les 32 prévenus sont acquittés par la Cour d’appel de Nouakchott » s’émeut Adrar Info, qui fait un lien direct entre l’intervention de l’ambassadeur français et la libération d’Eric Walter ! « Cette étonnante mansuétude renforce en effet l’idée d’un pouvoir mauritanien décidément très lié aux réseaux de drogue du pays« , avais-je conclu.

La fuite d’ATT

ATT, en ce qui le concerne, a depuis fuit le pays pour se réfugier au Sénégal, où il a témoigné le 30 mars dernier devant des juges français sur une autre affaire : celle des fonds lybiens qui auraient été versés à Nicolas Sarkozy. Comme le rappelle en effet ici RFI Afrique, c’est en effet le malin Amadou Cheikh Bani Kanté, qui coordonnait le LAP, les fonds d’investissement libyens au Mali. A la lecture de cet affligeant dossier à charge, on comprend mieux l’intérêt ou le but de l’intervention française qui a suivi… le changement de président français et le départ pitoyable d’ATT, finalement lâché par l’Elysée, à savoir par un Sarkozy ulcéré… par l’attitude du chef d’état Malien, toujours tout sourire lors de ses rencontres.

Le rôle des USA et de l’Algérie dans l’affaire

base-secrete-americaine-c49a4Ce qui avait été la pierre angulaire de la discorde, c’était bien entendu le refus d’ATT de l’accord de réadmission sur l’immigration, ou celui de la base française à Mopti, mais aussi un fait oublié qui avait fort déplu à l’Elysée : « au même moment, les Américains renforçaient leur coopération militaire avec le Mali, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Des manœuvres militaires entre les forces des deux pays se succédaient à un rythme soutenu, soit à Bamako et/ou dans les localités du nord. Ce n’était guère un secret, les Américains s’étaient confortablement installés à Gao. Cette présence américaine agaçait l’Elysée. Et ATT, à cause de cette présence américaine au nord, s’est retrouvé dans le collimateur de la France de Sarko et du voisin algérien (qui considérait le nord du Mali comme une arrière cour). » Des américains en fait fort bien équipés en moyens de surveillance, grâce à leurs avions espions déguisés en appareils civils, ceux dont je vous ai parlé ici, ou de leurs P-3 Orion décollant de leur base secrète algérienneLes algériens étant eux-mêmes équipés d’avions américains, des Beechcraft 1900 Hisar équipés par Raytheon (ils en ont 6 exemplaires), susceptibles aussi de détecter les trafics.

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Le choix d’ATT

Des américains au courant du trafic de drogue, et qui, à coup sûr, pistaient aussi les trajets transatlantiques des narco-trafiquants. Ayant capturé Viktor Bout à Bangkok en 2008, ils avaient aussi appris les projets du célèbre trafiquant en ce qui concerne l’usage d’un gros porteur russe (un Ill-76 et Antonov 12 pour faire le relais !) piloté par Konstantin Yaroshenko, pour effectuer les mêmes rotations que celles du Boeing du désert ! Le pauvre se fera lui aussi pincer  : lui aussi à pris 20 ans Qui donc exactement pouvait craindre de voir découvert l’incessant ballet d’avions gros porteurs se posant de nuit en plein désert malien, les soutes gorgées de coke ? Qui était au courant, et qui laissé faire ? Non, décidément, dans cette affaire, comme dans toute affaire ou la cocaïne se compte en tonnes, on n’arrête pas d’être surpris. Dans un premier temps, on songe à ATT lui-même. Or c’est justement lui qui a souhaité la présence américaine et non la française ! En 2009, il faut bien le constater, l’armée malienne balbutie toujours sa lutte contre le terrorisme contre AQMI. et à cette époque, le Mali a le soutien de l’équipe Bush. Et comme on sait que où il y a de la drogue, il y a la CIA qui suit… on imagine vite un scénario déplaisant pour Paris. Les avions espions US continueront à circuler au Mali, au point de ne plus afficher leur livrée « civile », et d’arborer le look militaire de la base dont ils sont issus. En janvier 2014, en pleine opération Serval, on verra ainsi un débarquer à Gao un U-28A du Special Operations Command, immatriculé 070821, (c’est justement l’ex Sierra Nevada Corporation, N821PE) qui appartient au 319e Special Operations Squadron installé à Hurlburt Field; Plus besoin de se dissimuler !

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Les bourdes américaines

toyota-2-b37ddEt en fait de formation, comme j’ai pu ici l’expliquer, les américains commettront de belles bourdes. En offrant notamment aux militaires maliens des Toyota que l’on retrouvera peu de temps après… chez l’adversaire, revendus une bouchée de pain à en révolter le New York Times, qui écrit, dépité, le 13 décembre « ce qui est pire, aujourd’hui, c’est que la rébellion islamiste utilise les soldats et les officiers formés par les américains qui ont fait défection de l’armée régulière du Mali l’an dernier, en emportant avec eux leur formation de la lutte contre le terrorisme, leurs compétences de combat avancés, ainsi que leur connaissance des méthodes de renseignement occidentaux. La France est maintenant à affronter un ennemi islamiste que les Etats-Unis ont involontairement aidé – et les Etats-Unis peinent aujourd’hui à offrir de l’aide » reprend l’opposition droitière à Obama. En ajoutant que « le coup d’Etat au Mali – effectué par un officier formé par les américains – a surpris le renseignement américain autant que les transfuges du Mali ont fait équipe avec d’ex-soldats libyens et des milices islamistes pour se fabriquer une oasis d’Al-Qaïda dans le nord du pays. Les mêmes unités formées par les USA qui avaient été considérées comme le meilleur espoir de repousser une telle avance se sont retrouvés à la fin, comme étant la clé de voûte dans la défaite militaire du pays », note encore amèrement le New-York Times. On peut lire ici une analyse similaire, que j’ai rédigée en janvier 2013.

L’intervention française, pour mettre fin au trafic

soldats français maliCar c’est bien le trafic de drogue, qui alimente les terroristes, ce à quoi on s’est (enfin) attaqué, lors de l’opération Barkhane… (lire ici le compte-rendu fait par Rand) avec bien du retard, il est vrai, la presse n’ayant pas échappé au non dit. L’Express mettra en cause nommément Baba Ould Cheikh le 21 mars 2013 seulement… révélant dans son article l’ampleur des dégâts dans la société malienne, et jusque dans la vie politique : « les narcos achetaient les élections locales et faisaient élire certains députés », raconte Mohamed Ould Mahmoud, consultant pour des ONG. Drapé d’un boubou blanc, ce membre d’une grande famille berabiche (arabe) de Tombouctou, poursuit : « Le régime d’ATT a laissé certains clans, liés au trafic, armer des milices pour combattre les rebelles touareg. Quitte à attiser les rivalités entre communautés et à faire du Nord une « narco région »… » Deux ans après, le problème était toujours présent semble-t-il, mais cela pointe davantage désormais vers les pays voisins, dont la Guinée Bissau, éternel mauvais élève de l’Afrique : « l’argent sale de la grande criminalité achète tout », s’inquiète ce fin connaisseur des questions de sécurité. « Le responsable d’un convoi de drogue touche 20 000 dollars et il peut garder le pick up. Un officier supérieur gagne lui un million de francs CFA (1520 €) par mois et un trafiquant peut lui en proposer beaucoup plus d’un coup s’il ferme les yeux. C’est par de tels moyens que les narcos ont pris possession de la Guinée Bissau » Une Guinée Bissau cet été en pleine tourmente politique, après des années de luttes intestines violentes.

La troublante rencontre Sarkozy-ATT

sarkozy-att-2-56d79Que s’est-il dit lors de la rencontre haute en couleurs entre Sarkozy et ATT lors du retour du premier en février 2010 de sa visite au Gabon, on ne le saura peut-être jamais, mais pour le site Mali Jet il aurait pur s’agir d’une forme de… chantage bien particulier : « comme si cela ne suffisait pas, Baba Ould allait encore faire parler de lui peu après, cette fois en tant qu’émissaire d’ATT auprès d’AQMI, afin de faire libérer un otage français, du nom de Pierre Camatte, suite à un chantage de déballage que le Président Sarkozy faisait peser sur les autorités maliennes. Le document n’informe pas sur le niveau d’information de Sarkozy par rapport à ces activités criminelles, encore moins s’il avait ou pas de quelconques intérêts directs ou indirects sur ce trafic de drogue de la dimension du cartel de Medellin. La plupart des suspects arrêtés ont été libérés sur ordre d’ATT ; le cas de Mohamed Ould Awainatt, un narcotrafiquant de Gao, en est une parfaite illustration. » images-5-17-583b2En somme, selon le magazine malien, Nicolas Sarkozy, très certainement, savait ce qui se passait sur place question trafic ; dans lequel un français avait été pris dans la nasse (Eric Vernet, gérant d’une petite affaire d’aviation dont les appareils faisaient aussi du convoyage d’or provenant des mines, comme on peut le lire ici). L’avion de Vernet avait été vu en Guinée Bissau emportant les fameux « sacs de ciment »…Mais Sarkozy été contraint de prendre langue avec un trafiquant notoire pour récupérer son envoyé. Il savait obligatoirement, donc ce que faisait ou dissimulait ATT, bien renseigné par la DGSE. Et donc aussi ce qu’il y avait dans les avions venus se poser dans le désert ! Peut-être qu’un jour aussi on retrouvera l’un des acteurs français de cette saga « d’Air Cocaïne N°1 », le fameux Éric Vernet… qui sait. Il court toujours, aujourd’hui, comme son ami Miguel Angel Devesa, l’ex flic ripoux espagnol, qui lui n’avait pas hésité à découper son complice Juan Carlos Soto Garcia, un Colombien, à la scie électrique… rappelons ici qu’ils ont tous été relâchés par la justice d’ATT !!! Dont le tronçonneur de trafiquant, aujourd’hui toujours en liberté, celui qui avait amené un camion citerne auprès du 727 posé à Tarkint pour lui permettre de redécoller : le kérosène, frelaté, avait mis fin aux espoirs des trafiquants ! J’ai moi-même traité le sujet de l’importance majeure du trafic de cocaïne au Mali lors d’une suite d’articles lisibles ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131180

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131319

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131320

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131321

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131348

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-lix-au-mali-la-131435

Retour sur « Air-Cocaïne 2 »

punta_cana_falcon-cd446Quittons le Mali et revenons donc à l’un des principaux acteurs « d’Air Cocaïne II« , l’avion de Punta Cana, si on considère que le 727 incendié à Tarkint était l’Air Cocaïne I... C’est un internaute bien au fait de l’aviation, dont l’avatar est « Falcon » – est le même qui sévit chez Agoravox souvent sur le même ton souvent sarcastique mais toujours ultra-précis, car notre homme a de la bouteille question informations aéronautiques) qui nous glisse ici en forum une affirmation ramenant des années en arrière : « Alain Castany. Beaucoup ont relevé ses exploits de « courtier » (qu’il n’était pas) de la compagnie d’assurance Axa. Mais il y en a d’autres. Ce « serial entrepreneur », a monté et géré pas moins de 8 entreprises qui ont toutes fini en liquidation judiciaire. Regardons de plus près l’une d’entre elles, Global Aérofinance qui, de novembre 1989 à juin 2006, a acheté et revendu 26 avions et hélicoptères, dont les Caravelles F-BJTU et F-GJDM en septembre 1994 qui se sont retrouvés aux mains d’un cartel de narcotrafiquants colombiens ! Ces cartels ont acheté un total de 10 Caravelles, dont 2 autres à Francis Lagarde, repreneur de la compagnie Europe Aéro Service. Le prix officiel était de 1,9 million de dollars, plus 1 million versé discrètement aux colombiens sur un compte bancaire panaméen … »  En fait cette assertion est à relativiser : Castany, en broyer ne pouvait pas savoir nécessairement qui véritablement achetait les appareils, à moins de rencontrer les trafiquants en personne (on va voir que d’autres l’ont fait à sa place…), et en prime les appareils qui ont été vendus sont en plus passés entre plusieurs sociétés d’Amérique du Sud comme on va le voir : difficile d’assurer l’assertion faite sur le net. La charge semble donc un peu lourde. Mais elle a le mérite de faire revenir plus de trente ans en arrière…. et laisse subsister un gros doute dans l’esprit. Car effectivement, qu’il y ait eu ou non implication, des appareils français, les fameuses Caravelle, fleurons de l’industrie aéronautique des années 60 ont connu 30 ans plus tard une toute autre gloire, ou plutôt une triste fin, comme transporteurs de quantités astronomiques de cocaïne… plus de 10 fois par vol ce qu’emportait le Falcon saisi à Punta Cana ! Ce que révèle surtout l’affirmation, c’est que notre homme avait travaillé pour le sulfureux Lagarde… voilà qui nous ramène à la même chose, en fait. Mais il y a deux décennies et plus, déjà… ce qu’on va voir dans un autre épisode !

Des Caravelle ???

caravelle_F-BJTU-1-d1d05Car ce qu’il faut noter, plutôt, ce sont les appareils eux-mêmes dont la traque révèle de belles surprises. Revenons donc pour cela près de 20 ans en arrière. Six SE-210 (Super Caravelle 10B3) ont bien été louées par EAS (Europe Aéro Service) à partir de 1992 (F-GELP / F-BJEN / F-BJTU / F-BMKS / F-GDFY / F-GDFZ) à Air Charter International (ACI), filiale d’Air France. Lors de la fusion entre Air France et Air Inter en 1998, Air Charter (ici sa F-GDFY), créée au départ en 1966 sous le nom de SAFA, pour Societé Aérienne Française d’Affrètements, s’arrête défnitivement le 24 Octobre 1998 (elle était devenue entretemps Air Charter tout court). Le modèle immatriculé F-GDFY, une Caravelle fabriquée en 1964 a alors déjà cara_sec-8834cété vendue à SERCA Col en 1993, et a été vite revendue à LA Suramericanas l’année suivante, pour devenir SEC Colombia. Le 12 mars 1995 elle a été saisie à Bahia Kino par la police mexicaine, après la découverte de 1,5 tonne de coke à son bord. On remarquera sur la photo le contenu encore visible à travers les hublots non occultés et pas protégés. La Caravelle présentée comme « cargo » par la SEC n’avait rien d’un avion cargo !!! Le transport en vrac pouvait s’y avérer dangereux, font remarquer des internautes !

Pas si bête que ça, comme choix !

caravelle_F-BJTU_-2-29c65Un choix d’avion qui peut surprendre en effet. D’où venait l’intérêt des narcotrafiquants colombiens des années 80-90 pour la Caravelle française ? C’est le journal Libération qui nous l’explique ici : « Planeurs. Au milieu des années 90, les cartels sud-américains se sont pris d’une subite passion pour nos bonnes vieilles Caravelle. Avec leurs récurrents problèmes de pressurisation, elles étaient sur le point d’être radiées de l’espace aérien en Europe. Les compagnies qui en possédaient encore devaient s’en débarrasser au plus vite. Pour les narcotrafiquants, par contre, l’utilité de la Caravelle est double. D’abord, elle peut planer sur plusieurs centaines de kilomètres : moteur coupé, elle défie les contrôles radar. Ensuite, l’achat d’une Caravelle permet de blanchir un peu d’argent. De l’art de joindre l’utile à l’agréable. Entre 1993 et 1994, la plupart des Caravelle en activité ont ainsi pris le chemin de l’Amérique latine. Elles y ont connu un destin contrasté. Le 15 mars 1994, une Caravelle d’origine danoise explose lors d’un atterrissage à Bogota : à son bord, un stock de dynamite mal maîtrisé. Le 8 novembre 1995, une autre est retrouvée complètement détruite dans le désert californien, après avoir toutefois rempli sa mission : livrer 16 tonnes de cocaïne au cartel du golfe du Mexique ». Seize tonnes de coke !!! En réalité, c’est la moitié qui aurait été transporté, mais quand même, et la Caravelle de Bogota n’a pas explosé !

Les précurseurs du 727 malien 

Des Caravelle, et non des Falcon… qui auraient servi à transporter des quantités astronomiques de cocaïne. Les vraies précurseurs du Boeing du désert malien. On le sait, aujourd’hui, comme on a pu vous l’expliquer ici récemment. De retrouver autant d’années après une personne impliquée à l’époque dans ces reventes douteuses est sinon troublant, du moins très inquiétant. A près de trente ans d’intervalle, c’est une très mauvaise image qui resurgit, avec également l’apparition de plusieurs noms français comme têtes de réseau : la French Connection serait-elle de retour, ou pire, n’aurait-elle donc jamais cessé (il faut à nouveau y plonger pour tenter de comprendre ce qui se passe aujourd’hui) ? Les atermoiements d’ATT, les protections évidentes dont on bénéficié les acteurs de l’affaire de Tarkint, les ténors du barreau français déplacés pour les sortir de l’ornière sont très, très inquiétantes. Plus inquiétant encore, quand on apprend que l’un des principaux protagonistes, relâché par le pouvoir malien sur injonction présidentielle est libre comme l’air, et semble bel et bien recommencer ailleurs la même chose. Mais cela nous l’apprendrons dans les prochains épisodes de cette saga sans fin. On a tenté d’amalgamer à plusieurs reprises la guerre à la coke à celle contre le terrorisme, ou de faire un peu trop facilement des dealers touaregs des terroristes seuls : or une conclusion d’article sur la French Connection nous éclaire sur cet amalgame un peu vite fait : « malgré les coups portés, les policiers savent que la French Connection, ou ce qu’il en reste, demeure en sommeil. « La guerre contre la drogue est un peu comme la guerre contre le terrorisme », explique Walter Minnick, conseiller des affaires intérieures à la Maison Blanche en 1971. « Ce n’est pas une guerre qu’on peut gagner définitivement. Le but, c’est de contrôler le fléau. » Un fléau qui est de retour, à l’évidence.

GhostofMomo

(1) aux dernière nouvelles il devrait être vendu pour… pièces détachées !

(1) « On est jugé sur une histoire locale dominicaine de trafic de drogue international qui s’avère localement être un œuf clair, c’est à dire une histoire montée. Vous imaginez bien que lorsqu’on fait un coup de filet comme ça avec autant de drogue à la clef, c’est qu’en amont il doit y avoir un réseau énorme », explique Bruno Odos.

(2) Lire ici les trois documents fondamentaux : http://www.crethiplethi.com/wikileaks-president-of-mali-links-drug-trafficking-to-terrorism/usa/2010/ C’est dans le deuxième qu »apparaît l’ordre d’ATT de ne pas permettre d’accèder tout de suite à l’épave.

(3) disparu dès l’arrivée de l’armée française, il était réapparu le 29 juillet 2014, à la façon de Ben Laden, avec Kalachnikov et drapeau jihadiste derrière lui. On le soupçonnait alors dêtre réfugié en Algérie. La question de ses protections n’est toujours pas élucidée. J’avais alors parlé de « double jeu algérien ». Je ne m’étais donc pas trompé :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-1-129361

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-2-129431

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-3-129411

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/mali-le-double-jeu-algerien-4-129487

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cv-deux-air-cocaine/

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drogue silandra

19 novembre 2015

Tout n’a donc pas été « orchestré »comme on a pu le lire, mais tout a été fabriqué dans le sens de faire mousser des gens, et pas nécessairement les deux pilotes dans cette histoire. L’extrême droite agit toujours ainsi, on l’a vu, et ça se confirme encore une fois à Punta Cana. Et tout se retrouve dans le vocabulaire employé pour « vendre » aux médias une opération et s’en targuer. Là encore, on retrouve donc Christophe Naudin à la manœuvre. Il est en effet venu annoncer fièrement aux médias que lors de l’opération barbouzarde que lui et ses amis, des anciens de l’Aéronavale,  » « on a fait le travail de l’État« . C’est le rêve de tout homme d’extrême droite en effet que de se substituer à un état toujours jugé comme « faible ». J’ai beaucoup lu le forum du Gaulois qui a dépasse les 600 pages sur l’affaire de Punta Cana. Il est plein d’enseignements. Beaucoup d’anciens militaires, plutôt orientés à droite (toute ?)  y sont apparus, tenant des propos similaires. Le 20 août, j’y avais relevé cette perle signée « Jean-Charles » :

« Nos autorités politiques » ?

Vous voulez rire !!

Ce ne sont pas des bras cassés, comme ceux qui nous « gouvernent » actuellement ,qui auront les couilles de faire leur travail consistant pourtant à défendre deux de leurs ressortissants dans un pays qui semble totalement ignorer et même bafouer les règles du droit international…..

Nos autorités politiques…… Laissez moi rire….. bien que l’occasion ne soit pas la meilleure pour çà….

Je pense que pour que le problème ait des chances d’être réglé il va falloir attendre que les français osent enfin se doter de véritables dirigeants enfin dignes de leurs fonctions…

Ça risque de faire long, je sais….mais il me semble que c’est la seule chance pour ces deux pilotes de revenir vite en France….. »

france2Un propos bien représentatif, d’autres posts évoquant la « trahison » des autorités françaises à propos des deux hommes, fiertés de leur pays, puisqu’ils « avaient porté l’arme nucléaire » selon leur avocat. N’ayant jamais vu de bombe nucléaire sous un Alpaha Jet ou un Crusader, j’avais mis en doute l’assertion. C’est l’ami Falcon qui m’a rappelé qu’à une époque on avait bel et bien fait des essais de bombinette atomique sous un Etendard IV, à mon grand étonnement (1) . Il n’empêche : si on imaginait ce genre de pilote comme étant obligatoirement fort raisonné, et pas simplement une machine à tuer sans distinctions, on déchante un peu à voir l’attitude des deux  revenants de Punta Cana, notamment Brunos Odos lors de sa mémorable prestation à France 2. Prêts à entonner avec leurs soutiens « une trahison des élites » chère à l’extrême droite… entretenue par une mise en scène de « l’exfiltration » des deux mêmes pilotes (terme résolument militaire, choisi exprès) car un petit malin a aussi mis en ligne sur le même forum des photos venues certainement de proches des anciens de l’Aéronavale montrant un trio étonnant de touristes à bord d’un voilier… piloté par Christophe Naudin.bateau rapide Odos et Fauret, décrit par ce même Naudin comme « recueillis en mer » (« j‘ai recueilli en mer Bruno Odos et Pascal Fauret et après je les ai exfiltrés jusqu’à Saint-Martin« ) ont donc été emmenés jusque Saint-Martin sur un bateau de croisière, loué ou prêté sur place? La photo des deux pilotes « exfiltrés » par un « commando« , tous fiers à bras avec leurs gilets de sauvetage, à bord d’un canot de touristes, est donc une photo de propagande organisée. C’est celle d’une excursion vers l’île de Saona, (l’adresse est ici) dont on a dramatisé la prise de vue.  Car c’est tranquillement à bord d’un voilier de croisière que la seconde partie du voyage du retour s’est faite et non en hors-bord rapide. En photo, on a retrouvé le promène-couillons dominicains qui leur a permis de se faire passer pour des touristes. C’est bien le même bateau rapide pour touristes comme l’indiquent les détails soulignés par les flèches.).

Les autorités dominicaines ayant été bernées par la géolocbarge bac Punta del Maralisation des téléphones portables des deux pilotes, donnés à des tiers restés dans les alentours de l’hôtel où ils étaient consignés. Sur France 3, Naudin pouvait donc parader, et glauser sur l’Etat français qui n’a « pas su faire ce qu’il a fait, lui »: une croisière d’extradition. Mieux encore, quand on apprend quel  a été leur compagnon de virée ! On retrouve le même canot rapide accosté à Punta del Mar, d’où ils sont donc partis, juste à côté d’un bac… militaire, arborant un drapeau tricolore indéterminé (français ?), visible ici à droite. Sur leur esquif, l’un d’entre eux à accroché un petit drapeau français bien visible devant l’objectif. On soigne la mise en scène, à coup sûr !!! En tout cas, ils sont visiblement partis d’un endroit où étaient aussi présent des militaires !!!

escapade nautiqueCar un troisième individu est apparu depuis (d’abord flouté, comme sur notre premier épisode, puis montré, ici à droite). Le sommet de l’aventure, à coup sûr, et pas non plus un intellectuel, à ce qu’il a pu écrire sur sa propre personne dans « Paroles d’Actu » là encore un faux nez du FN  sur le net : fondé par Nicolas Roche, alias « Phil Defer », le site consacre la majeure parti de ses « actus »… au Front National ! On y trouve par exemple des liens directs vers Joffrey Bollée  le directeur de cabinet de F. Philippot. Élu au Comité Central du Front National; l’individu s’intitule lui-même « décodeur bleu marine N°1″ ou DBM pour répandre la propagande frontière.  Et c’est souvent gratiné, en effet, on appelle ça du « fact-checking » aux USA, une pratique inaugurée par le TeaParty. En somme, commenter façon extrémiste l’actualité.  Le quatrième individu en petit chapeau blanc de touriste de l’expédition, celui qui tient en main le téléphone satellitaire (on pense à un Thuraya) se présente donc ainsi : « je n’ai pas fait d’études. Je ne supportais pas ce monde carcéral que l’on appelle « éducation nationale ». Ça commence fort en effet, puis il explique ce qu’il est devenu après ce désintérêt pour l’éducation : un soldat, pardi ! « À dix-sept ans, je me suis demandé comment servir mon pays du mieux possible. J’ai donc pris mon sac et suis parti m’engager dans la Légion étrangère. Après quelques mois passés au sein de cette nouvelle famille, j’ai signé pour cinq ans au sein de l’Armée de Terre (j’y ai servi huit ans en tout). Engagé comme deuxième classe en tant que pilote de chars Leclerc, je terminerai chef de patrouille pour une mission de six mois au Liban. »

malinowskiC’est donc bien ça : l’un des « marins » recrutés pour amener les deux fugitifs sur le 14 mètres de Naudin est un ex-légionnaire devenu conducteur de chars de plus de 50 tonnes ! Surprenant, non ? Mais ce n’est pas ça le plus surprenant. Ce qui laisse véritablement par terre, c’est qu’il s’agît de… Pierre Malinowski, le fameux assistant parlementaire de Jean-Marie (photographiés ensemble ici à gauche), décrit à l’épisode précédent ! Voilà aussi qui en dit long sur les choix du « menhir« , lui-même ancien parachutiste !!! Et voilà qui commence à faire beaucoup d’extrême-droitistes au m2 dans cette histoire ! En regardant bien, sur le petit bateau à moteur on en distingue même un de plus, barbu, à gauche sur la photo : le pilote de l’embarcation. Ils sont donc 5 à bord avec celui qui la prend, la photo. Un homme qui pourrait très bien être Chauprade en personne, vu ce qu’il a expliqué depuis sur la fuite organisée. Pour mémoire, et pour comparer au nouveau venu, Pascal Fauret l’un des deux pilotes de Punta Cana, s’était engagé lui à  18 ans, le 8 mai 1978, comme élève pilote dans la Marine Nationale. La « communauté d’esprit » est aussi à chercher là.

Une communauté qui a choisi, dès le départ de scinder les accusés de Punta Cana en deux camps bien distincts. On a pu lire ici et là que l’accident provoqué par une moto (invraisemblable aussi celui-là : aurait-on essayé d’attenter à sa vie ?) touchant Castany avait empêché son départ avec les deux pilotes. Or il n’en a jamais été question : la lecture attentive des modifications de l’article de Wikipedia sur le sujet est à ce sujet sans appel en effet. On y découvre aussi du trollage d’article à partir de la même adresse IP l concerne lui en priorité :  « je viens de reverter un utilisateur Careful149 (d · c · b) qui n’intervient manifestement que pour Castany. Comme par hasard créé aujourd’hui et sans présentation. L’idée persistante est de le faire passer pour un pilote alors que ce n’est pas le cas. Est-ce une perruque de ton IP anonyme? » peut-on lire. Visiblement, c’est bien Castany, le broker, l’élément le plus « gênant » des quatre, Pisapia étant partout présenté comme un simple homme de main. Or ce fameux Castany, personne du comité de défense ne souhaitait, bien avant la fuite, le rapatrier comme l’indique un participant à la page Wiki : « bonjour Hilti99, je le sais parce que je suis dans le comité de soutien cité en référence dans l’article. Je n’en suis donc pas sure, j’en suis certaine à 100% !!! Je vous informe donc que le comité de soutien composé de plus de 2000 personnes, soutenu lui même par le SNPL, par AIR FRANCE, et par les affaires étrangères, ne soutient pas du tout PISAPIA et CASTANY. Ces deux là ne touchent aucun financement de quoi que ce soit pour se loger, nourrir ou se défendre. A l’inverse les liens du comité avec l’ambassade sont forts, et jamais les 4 co accusés ne sont reçus en semble : uniquement Pascal et Bruno. De même, les élus français font bien la différence. Simplement, et c’est normal, la protection consulaire est due à tous les compatriotes français, coupables ou innocents ». Etonnante participation qui affirme que le gouvernement français via son ambassade avait déjà aussi… choisi un camp ! De là à en déduire un petit coup de main, ou de fermer les yeux…

Les voilà donc en tout cas en train d’essayer de retrouver en pleine mer le bateau à voiles qu’à dégoté notre as de la sécurité. Il a vu bien grand, notre videur de poubelles fan de biométrie : après avoir hésité tout d’abord en faveur d’un Bavaria 40 ou 41, on découvre, grâce à ses barres arrières doublées, son profil bien plus bas sur l’eau et sa largeur qu’il s’agît plutôt d’un Sun Odyssey 469 de chez Janneau (ils ont voyagé « français » cocorico !), un engin de 14 mètres de long (c’est en effet un 50 pieds) déplaçant 10 tonnes doté de 3 ou 4 cabines (selon l’aménagement souhaité par le client) et doté de presque 1002 de toile… qui ne semble pas avoir été vraiment utilisée. Un bateau à voiles  donné pour 10 personnes et occupé par trois seulement, visiblement : drôle de choix.  En fait, c’est plutôt le moteur Yanmar de 54 cv qui semble avoir fait la traversée… vers Saint Martin, en cinq bonnes journées de retour, car, à l’évidence, le bateau a démarré là son périple. Les vérifications des aménagements intérieurs confirment bien que l’on est à bord d’un Odyssey, avec sa cuisine linéaire à droite de la descente de pont... et ses trois lits double… : on n’a pas lésiné sur le confort (à moins que d’autres « ex-agents soient montés à bord ?). S’il s’agît d’une location, les tarifs sont de 2500 euros la semaine, chez un loueur des îles Vierges au départ de Tortola. En tablant large sur deux, pour l’aller Tortola-Bahihaye (la côte de St-Domingue, puis direction St-Martin et retour à Tortola, on compte donc 5000 euros, pas plus (la pleine saison d’hiver n’est pas encore arrivée !). De Marin en Martinique, c’est à peu près les mêmes tarifs. Le bateau paraît largement disproportionné, donc : aussi songe-t-on plutôt qu’à un engin loué, à un bateau prêté par un des nombreux « amis » (corses ?) que possède le FN  sur place, à Saint-Martin. Au quel cas la note de frais aurait fondu de 5000 euros… Une autre photo prise de la vedette accompagnatrice confirme bien notre découverte : c’est bien un Sun Odyssey 469 qui leur a servi. à s’échapper :

compar

Le forum de Paroles de Gaulois nous a apporté plein de renseignements et des photos inédites de l’expédition, dont celle ci-dessus (quant à leur origine, cela mélange les amis de la famille). Ci-dessous, les photos extraites du forum ayant mis en ligne celles faites par les fuyards durant leur expédition comparées aux dépliants publicitaires) :

bateau décrit

garminComme autres équipements, les lascars avaient un GP Garmin 72H, qu’une de leurs photos montre en gros plan, et pour entrer en relation avec le bateau rapide de touristes un talkie-walkie, type Kenwood ou Sencor SMR 20. On est loin de l’équipement « militarisé » de mercenaires ou de spécialistes de la DGSE. On parle « exfiltration », mais on la réalise avec un bateau d’excursion pour touristes, un voilier de vacances et des gadgets à 100 euros maxi chacun. On est loin, très loin, de la somme totale annoncée par Naudin pour les frais de l’expédition, même en comptant les tickets d’avions, même pris au dernier moment (on apprendra un peu plus loin qu’ils avaient été gracieusement offerts par des pilotes de ligne compatissants…).

plan bateau

Mais il nous a a aussi apporté des détails qui en disent long sur la façon de présenter l’aventureuse expédition, for amateur plutôt que professionnelle :  » Naudin a expliqué que le voilier, en cours de route, s’était retrouvé à cours de gasoil. « Le choix a donc été fait de faire toute la route au moteur, sans doute pour éviter de tirer des bords dans l’alizé. Et sur 500 miles, le réservoir du voilier s’est vidé avant d’arriver à Saint Martin, c’est bien normal car un voilier bien que doté d’un moteur, est fait avant tout pour naviguer à la voile. Naudin dit aussi qu’ils ont fait une escale discrète pour acheter du gasoil. Cette escale a peut-être eu lieu à Tortola (british) plutôt qu’à St Croix (U.S.) puisque Fauret de son côté a dit que pendant tout le temps passé dans les eaux américaines, ils n’étaient pas tranquilles. » La capacité en gas-oil de l’Odyssey est de 240 litres. Un forum US estime la consommation, d’un Yanmar 54 à 1,1 gallon par heure (4,16 litres de gasoil) ce qui donne 57 heures ininterrompues (deux jours) : avec une escale à Tortola, effectivement, et avec 2 fois 240 litres, ça fait bien 4 jours a moteur… ce sont tout sauf de fins régatiers ! Enfin me direz-vous, on ne va pas demander à des aviateurs de se transformer du jour au lendemain en des Tabarly ! la réflexion du posteur amène une autre interrogation : si effectivement une escale a été tentée à Tortola, les passagers du 14 mètres avaient intérêt à avoir leurs papiers en règle. Ce qui ferait aussi de Christophe Naudin le fournisseur des faux passeports dont ils ont été munis pour prendre ensuite l’avion, en deux fois, en prime. Selon le même Naudin, ils auraient récupérées leurs cartes d’identité véritable : pourquoi pas, mais en ce cas, on ne peut que supposer une complicité dominicaine, car la justice locale avait à coup sûr dû les confisquer, comme procédure classique d’assignés à résidence. Si les coûts de location, victuailles ou mazout et tickets d’avions en vols commerciaux de dernière minute paraissent peu élevés pour la facture totale de l’opération, les 100 000 euros annoncés par le même Naudin incluraient donc comme frais annexes du graissage de patte. Exactement ce que laissait entendre l’ancien général à la télévision dominicaine : cette fuite ne peut pas s’expliquer sans corruption à un stade de sa réalisation.

bateaux comparés

prise drogue SeqoyahUne corruption et peut-être bien aussi une protection… de la Marine française ? C’est à quoi on aboutit en effet comme réflexion, à regarder l’étonnant dispositif déployé dans l’arc antillais par les français, mais aussi les américains les canadiens et les anglais. Car dans le secteur, les semaines précédentes, sinon les jours qui précédaient, un navire de la Royale, la frégate Ventôse, a réalisé un score mémorable de saisie de coke. Une vidéo d’interception de bateau à voiles suspect, mise en ligne à la suite de l’intervention du 3 octobre dernier montre en effet l’efficacité des marins pour prendre possession ce jour-là de 808 kg de cocaïne, saisis à bord d’un 15 mètres arborant faussement  pavillon américain. L’annonce médiatique évoquant ce voilier « arraisonné samedi 3 octobre 2015 au matin par la frégate de surveillance « Le Ventôse », dans le cadre d’une action de coopération internationale associant la France, les États-Unis et le Canada. Les moyens des forces armées aux Antilles et de la Douane ont été mobilisés sous l’autorité du Préfet de la Martinique, délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer ». « Le fruit d’une enquête menée sur une année par les agents de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED) y était-il ajouté. Le voilier, siglé « Sequoyah – Oklahoma City ». « Listé grâce au concours d’un avion de patrouille maritime CP 140 Aurora des forces armées canadiennes et d’un Falcon 50 de la Marine nationale, le voilier Sequoyah a été intercepté le 3 octobre 2015 au matin par la FS Ventôse. La cargaisosilandran saisie à son bord du sloop s’élève à 808 kg de cocaïne pure. » L’engin était en fait un Beneteau de 51.5 pieds (15 mètres), pour 11 passagers, de type Cyclades, comme le modèle en location sur lîle de Tortola ou Saint Martin, visible ici (pour 4395 dollars la semaine). Un engin fort semblable au yacht de touristes de nos trois compères ! Un bateau de ce type; le « Knot Guilty » fabriqué en 2008 était en vente à Antigua (au nord de la Guadeloupe) pour 169 000 dollars. Il était également proposé en location par Virgin Island Sailing. Le 6 suivant, c’était un go-fast que la frégate avait intercepté avec trente-trois ballots de marijuana, pour un poids de près de 800 kg avec l’aide des USA (« la Joint Inter Agency Task Force South ») Et le 13,  à 400 milles nautiques (740 km) des Antilles c’est un bateau belge (d’un modèle bien plus ancien semble-t-il) qui commençait à entamer sa traversée pour l’Europe que le Ventose avait encore intercepté avec 535 kg de cocaïne pure à bord. « ’équivalent après coupage de « plus de 2,6 millions de sachets de 1 gramme sur le marché de détail », selon le communiqué de la Préfecture.

Là encore, le Falcon 50 de surveillance de la Marine avait joué un rôle prépondérant (2). « Cette opération est la 4e prise en moins de 15 jours réalisée par les forces armées aux Antilles, pour un volume de près de 2,1 tonnes de stupéfiants interceptés. Elle porte le bilan total de cette année 2015 à 8,3 tonnes de drogue interceptées en mer par l’action conjointe des services français dans la zone maritime Antilles, dont 6,3 tonnes par les frégates de la Marine nationale » écrit France-Antilles. voilier

drogue silandraEn avril, l’interception de trois individus à bord du voilier  avait été plus mouvementée : « cette opération est le fruit d’une enquête de deux ans menée par le renseignement douanier français, en lien avec des services espagnols et britanniques. Elle a mobilisé un avion et deux vedettes garde-côtes des douanes mercredi vers 21H00 (heure locale), à quelque 200-220 kilomètres au large de la Martinique. » Les suspects avaient tenté de filer, grâce à la puissance de leur voilier  (eux au moins semblaient savoir naviguer !) : « Il a fallu une bonne demi-heure pour arraisonner le « Silandra » , du fait de sa grande pointe de vitesse poussée par son énorme surface de voile. Il tentait d’échapper à ses poursuivants. Ce qui ne les a pas empêché d’appréhender les trois occupants de l’embarcation en toute sécurité, comme l’ont confirmé Éric Corbaux, le procureur de la République, Gisèle Clément, directrice régionale des garde-côtes pour les Antilles-Guyane, Simon Riondet, chef de l’OCRTIS pour la Caraïbe et Michaël Lachaux, patron de la DNRED et l’amiral représentant le préfet, délégué de l’État pour l’action en mer. » Pas évident en effet : « Les trois suspects, qui se trouvaient à bord d’un voilier de 20 mètres, ont refusé de se soumettre au contrôle. Nous avons dû faire stopper le bateau de nuit, par une mer déchaînée », a raconté à l’AFP Michaël Lachaux, de la DNRED. Dans le bateau, le « Silandra », qui voyageait sous un faux pavillon américain, les forces de sécurité ont trouvé pas moins de 80 ballots dans lesquels la cocaïne était conditionnée. « Il y en avait partout », a-t-on commenté aux douanes ». Selon les douaniers, à bord «  il y en avait partout »… ce que montrent en effet les photos de la saisie (voir ici la vidéo). Selon le Parisien, le Silandra reliait à une autre engeance encore : « les enquêteurs surveillaient un bateau acheté 500 000 euros en liquide, le «Silandra» dont le nouveau propriétaire espagnol était connu pour avoir appartenu à l’organisation séparatiste basque ETA dans les années 80« .  L’homme étant José Luis Folgueras Álvarez,  avec comme compagnon l’espagnol Luis Roberto Sánchez Arija et le vénézuélien  Juan Carlos Yovera. (DNRED (Douane française): la DED permet la saisie de 2,25 tonnes de cocaïne)

Ce jour-là, c’est un Cessna 406  « Vigilant » des douanes (ici le F-ZBGD) qui avait repéré le yacht. La France possède 14 avions de ce type. On peut ici en voir un à l’œuvre en train d’intercepter un go-fast semi-rigide puis un deuxième revenants d’Espagne à vide. Un bateau de cette taille et de cette allure payé en liquide : on croît rêver ! Tout en se disant que des valises de billets peuvent aussi servir à acheter des transporteurs à cocaïne : yachts de 50 pieds, petits bimoteurs à turbopropulseurs, go-fast ou … Boeing 727, pour les plus gourmands !

seizure irlandLes opérations de saisie de coke sont bien le fait d’une coopération entre pays : l’un des plus beaux exemples étant la  longue poursuite en septembre 2014 d’un autre voilier, le Makayabella, un voilier de 60 pieds (18,90m de longueur) battant pavillon des Îles Vierges britanniques, parti du Venezuela et arrêté au large de… l’Irlande, après une surveillance commencée au Portugal puis en Martinique : « la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED), basée à la Martinique. Le groupe de travail fonctionne en collaboration avec un siège international à Lisbonne (Portugal), qui surveille les navires suspects dans les eaux territoriales européennes. Ce bateau faisait l’objet de surveillance, entre autres par les douaniers de Martinique depuis le mois d’août 2013 ». A bord, il y avait une tonne de cocaïne ! Dawne Powell, 56 ans, James Hill, 31 ans, David Webster, 44 ans, et Philip McElhone, 29 ans, arrêtés, seront condamnés à 11 ans de prison. Le couple Powell détenait un autre bateau, le Sea Breeze, acheté 18 000 livres en cash par son mari Stephen, condamné lui à 16 ans de prison. Ils avaient fait preuve d »un bel amateurisme  : le second navire (un 7 mètres à moteur) devait servir à transvaser les 41 ballots de coke et les amener à terre, mais il était bêtement tombé en panne d’essence et avait dû appeler les secours du bateau de sauvetage du RNLI de Rosslare le 19 septembre. La grand-mère de la famille faisait partie de l’équipe !!! Le bateau (un sloop en aluminium) avait été construit… en France, à Antibes (par Ferru Yachting), en 1986, et avait été acheté 140 000 livres (173 000 euros) par les trafiquants anglais du Yorkshire à John Nicholson et Susan Bruce, organisateur de croisières. Le bateau sera racheté par un irlandais 70 000 euros seulement ; le grand gagnant de l’affaire ?

atr72_air_caraibes_grand_casse-b6834Une fois arrivé en vue de Saint-Martin, c’est le débarquement et la montée dans un premier avion pour nos fuyards. Un ATR42 d’Air Caraïbes, pour se rendre à… Fort de France-Lamantin, et prendre un long courrier Airbus A330-300 de Corsair (3) pour rentrer un métropole. En bénéficiant de l’aide, là encore de personnes navigantes selon le Monde « Pour le vol retour vers la métropole, l’équipe de M. Naudin aurait, selon nos informations, utilisé des billets réservés au personnel (les « GP » dans le jargon, pour « gratuité partielle » [ les « GP », même si les choses se sont un peu améliorées, voyagent souvent dans des conditions à la limite de la fraude avec la complicité du personnel de bord]) de la compagnie Air Caraïbes grâce à la complicité d’un commandant de bord, qui les aurait fait monter à bord sans passeport. « Il n’y a pas eu de fraude documentaire », a seulement détaillé de son côté M. Naudin. »… Comme pilotes, on peut penser à quelques uns qui sont liés au Front National, tel l’ineffable William Gachignard, copilote âgé de 43 ans chez Air France,  le porte-parole du fort conservateurs Syndicat national des pilotes de ligne mais aussi conseiller municipal «Bleu Marine» à Compiègne; mais sous le prénom de François… ou bien de Patrick Mignon,  » Commandant de Bord à Air France sur 777, 30 ans de service, 20.000 heures de vol, ancien Instructeur, Contrôleur et Officier de Sécurité des Vols, » venu expliquer ici pourquoi il a fait grève, en oubliant de préciser sa deuxième casquette. Ou sa troisième, vu qu’il est passé lui du FN à Debout la France de Dupont-Aignan, qui, il est vrai ne trouve pas Marine LePen détestable, loin de là. Il est venu sur Boulevard Voltaire, site complotante d’extrême droite (4) pour défendre les deux pilotes. A noter que Air Caraïbes et Corsair ont failli avoir le même patron, Jean-Paul Dubreuil, pilote lui-même de Beechcraft à ses heures. A ses tous débuts,dans les années 80, alors gérée par famille Rossi, la compagnie appelée Corse Air International volait  sur quatre Caravelle SE-210. C’est le A-330 de Dubreuil, aujourd’hui 157e fortune française, qui est devenu le célèbre « Air Sarko One » avant de devenir celui de l’actuel président Hollande. Lors de la tentative de rachat, l’homme de fer de Dubreuil, Marc Rochet, s’était heurté à une question tabou chez les pilotes de Corsair (dont le PDG est un ancien d’Air France) : la productivité, la même qui plombe aujourd’hui Air France et ses syndicalistes FN du SNPL… ironie du sort, de son licenciement par Air France, le PDG  de Corsair avait argué de la perte de ses tickets de vols gratuits ….

clostermannLes pilotes et le FN ? Décidément, c’est la saison des amours : on trouve encore un autre commandant de bord à Air France… et qui possède un nom prestigieux, puisqu’il s’agit de Jacques Clostermann, le propre fils du héros du « Grand Cirque » (décidément, après les guignols voici les clowns !). « Cet ancien pilote de chasse (sur Mirage III), devenu commandant de bord chez Air France, est passé par le RPR puis le Rassemblement Bleu Marine. Il se définit comme un gaulliste souverainiste et social. Pas question toutefois de renier son engagement pour Marine Le Pen. «Je souhaite son accession à l’Élysée et Gilbert Collard est le cordon ombilical qui relie Mon Pays la France au RBM, puisqu’il est président d’honneur de Mon pays la France et secrétaire général du RBM et moi-même je suis administrateur du RBM», explique-t-il. De fait, le RBM se veut une structure d’accueil d’autres mouvements «attachés à la souveraineté de la France et aux valeurs de la République», comme le SIEL (Souveraineté Indépendance et Libertés) animé par Karim Ouchikh, ou le PEC (Patrie et Citoyenneté) présidé par Bertrand Dutheil de La Rochère (5) ancien chevènementiste » écrit l’Express. Renseignement pris, on reste effaré par la tenue de son blog, qui véhicule tous les poncifs extrémistes, notamment islamophobes, et soutient ouvertement Vladimir Poutine. Ou met en ligne sur Twitter une belle couverture signée Minute, sur laquelle figure… Aymeric Chauprade,  qui parle « d’élimination » des français candidats au Jihad… chez Agoravox, j’avais évoqué ici Jacques Clostermann, il était venu soutenir l »UFJ de Philippe Karsenty, l’ami de la furie Pamela Geller, avec  Christian Roger, ancien leader de la patrouille de France (en 1966 sur Fouga ; c’est lui, accroupi !). J’avais alors écrit : « on sait que ça vole bas, au FN, il devrait pouvoir servir à quelque chose…. (6)

Capture d’écran 2015-11-07 à 20.49.57Tout ce déploiement des forces et ces prises réussies quelques jours à peine avant la promenade de santé de nos deux pilotes anciens de l’Aéronavale nous amène à une réflexion évidente, que d’autres ont indiqué également sur le net en termes simples : « ce qui est certain, c’est que personne n’a jugé utile de les prendre en chasse, si les Américains avaient voulu les rattraper, ils l’auraient fait sans aucune difficulté car ils disposent de moyens énormes sur la zone caraïbe, et la croisière n’aurait jamais atteint Saint Martin «  nous a dit « Dany7 ». Et il ne semble pas avoir tort en effet, tant il est impossible à un voilier de ce genre de ne pas subir de surveillance sur le trajet où  a navigué, et ce sur plus de 700 km. Personne à ce jour n’a fait le lien entre la saisie du 3 octobre et la fuite des deux aviateurs à peine deux semaines après, à bord d’un bateau similaire, dans un endroit où plusieurs forces nationales passent leur temps à scruter la mer à l’affût du moindre transfert douteux. Jusqu’à quel point la Marine française ignorait-elle la présence de ce bateau pour ne pas l’avoir intercepté ?ventôse

Le Ventôse:

Depuis juillet 2014, le nouveau commandant de la Ventôse est le capitaine de frégate Yves-Pierre Pilfert, un ancien plongeur-démineur de formation, en remplacement du  CF Savoyant, entré à l’Ecole navale en 1993. Il avait reçu en 2012 la croix de Chevalier de la Légion d’honneur pour son travail à la tête du groupement des plongeurs démineurs de la Manche.   En 2000, déjà, Pilfert avait effectué un stage dans les Antilles contre le narco-trafic, avant même de devenir démineur : c’est un problème qu’il connaît donc très bien.

Une vidéo indiquée par l’ami Fievet soulève des interrogations: c’est celle qu’a enregistrée Philippe Labro sur le sujet. Lui aussi ne comprend pas trop pourquoi ce voilier a pu autant voguer sans être inquiété… semble-t-il, terminant de façon ironique et attristée sur son peu d’espoir de voir un jour la vérité apparaître dans cette incroyable affaire !!!

UnknownCar de tout cela il ressort une chose évidente : l’envahissement des idées du FN au sein même de l’armée, et spécialement de la Marine Nationale (*).

(*) Un article de presse paru en novembre 2013 dans le Figaro Magazine consacré aux« Réseaux secrets du Front national », avait montré qu’il y avait matière à s’inquiéter en effet :  « l’article rappelle évidemment le rôle de l’amiral Jean-Yves Waquet, ancien pacha du Redoutable, « rallié au FN depuis 2008 et candidat à la mairie de Toulon en mars prochain », qui « s’occupe des dossiers de défense pour Marine Le Pen ». (Lire notre article sur le programme Défense du FN).« En coulisses, poursuit l’article, plusieurs piliers du monde militaire travaillent discrètement pour Jean-Yves Waquet. Il est en lien avec quelques officiers supérieurs en activité qui l’ont contacté spontanément. L’amiral est surtout épaulé par un tandem de choc, composé d’un ancien combattant d’Indochine et d’un ancien officier de la DGSE. Le premier, ami de longue date de Jean-Marie Le Pen, cultive ses relations parmi ses ex-comparses. « Nous sentons le pouls des armées en direct », dit-il. Le second, fin connaisseur de l’Asie, rallié à Marine Le Pen depuis 2008, reçoit toutes les études des think tank sur la défense. Les deux sont des membres actifs de plusieurs associations d’anciens combattants, ou de militaires comme la très influente Association de soutien à l’armée française (Asaf), présidée par le général Henri Pinard-Legry, un invité régulier de Radio Courtoisie. Ils soutiennent les critiques virulentes contre les restrictions budgétaires émises par le général Vincent Desportes, ou par les Sentinelles de l’Agora, un groupe d’officiers, relayé notamment par le général Jean-Claude Thomas »…  L’article, cité par le vigilant Daniel Merchet, ajoutait un chapitre après cette mise en garde. Un chapitre aujourd’hui… prophétique : « enfin, le Figaro Magazine nous apprend qu’Aymeric Chauprade, spécialiste de géopolitique exclu de son enseignement au Collège interarmées de défense en 2009, a fait son coming-out, en apparaissant, « pour la première fois », à la tribune de l’université d’été du FN, le 14 septembre. Selon le Fig Mag, Aymeric Chauprade conseille Marine Le Pen « depuis quatre ans ». Ce blog avait, en son temps, critiqué la sanction visant cet intellectuel, sans partager ses convictions. Il nous a confirmé, avant la campagne présidentielle, qu’il s’apprêtait à rejoindre Marine Le Pen, mais ne souhaitait pas alors rendre publique cette information »….  aujourd’hui, il semble passé à l’action, fort de ses soutiens dans  l’armée…

étendard bombe(1) C’est en effet étonnant, mais compréhensible : les marins s’étaient sentis exclus de cette capacité-là, réservée alors aux seuls Mirage IV de l’armée de l’air. Voici ce qu’en a pensé Jean-Louis Saget, pilote d’essai chez Dassault :  « l’Armée de l’air avait donc la bombe atomique sur le Mirage IV. et les marins nous avaient demandé dans le creux de l’oreille: Est-ce que vous ne pourriez pas nous la monter sous l’aile de l’Étendard ? Elle faisait quand même pas loin de 1500 kg!
On l’a mise sous l’aile droite, et sous l’aile gauche on a mis un bidon de 13001, ce qui fait que l’Étendard était catapulté à 11,51, sensiblement au-delà de ses masses normales de catapultage. On avait fait les essais, c’était techniquement pensable, pas facile, mais techniquement pensable. Ça faisait une grosse dissymétrie, ensuite il n’était pas questiobombe atom étendardn d’apponter dans cette configuration. C’est comme ça qu’un jour Goupil s’est fait catapulter devant le général de Gaulle qui passait sur le porte-avions. Ils balancent l’avion avec sa bombe atomique. Évidemment, les aviateurs qui étaient là, tout à fait surpris, de Gaulle, pas au courant… Alors on se catapultait à Bedford avec 11,51, et en plus on avait du vent arrière sur la catapulte, je peux vous dire qu’on avait 5,5 g à chaque coup ! On était chaque fois à la charge limite. Ça s’est bien passé, les qualités de vol étaient bonnes. L’Étendard est un avion finalement très sain, on pouvait lui faire des tas de misères ! ». E
n photo ci-dessus la bombe atomique, dissimulée dans un pot de roquettes. [Melun, octobre 1997]. Et surprise au détour de la biographie de Pascal Fauret, que découvre-t-on ? Ceci « Pilote de chasse – Chef de patrouille – Qualification appontage de nuit – Qualification  nucléaire –Super-Etendard (SUE) »

(2) « En dehors des côtes françaises de la métropole et de la zone Antilles/Guyane, les Falcon 50 de la marine sont aussi régulièrement déployés en Afrique de l’ouest et dans l’océan Indien ».

(3) « D’après nos informations, Christophe Naudin, qui est aussi fin connaisseur dans le domaine des faux papiers et l’usurpation d’identité, était même assis à côté d’eux, à bord des avions qui les ont ramenés à Paris. D’abord sur le premier vol, un vol Air Caraïbes entre Saint-Martin, île franco-néerlandaise des Antilles, et Fort-de-France, en Martinique. Puis sur le second, en direction de la France, un vol Corsair entre Fort-de-France et Orly, arrivé samedi matin ». 

images(4) « fondé par Dominique Jamet, ancien rédacteur en chef au Quotidien de Paris et ancien rédacteur de nombreux journaux (France-Soir, L’Événement du jeudi, Marianne…), est partisan d’une liberté d’expression totale hormis les appels à la haine, à la torture et au meurtre. Au début des années 1980, il a été membre des Comités d’action républicaine de Bruno Mégret/ En juillet 2012, il a rejoint le parti politique Debout la République et en est élu vice-président le 16 novembre 2013. Il sera à la tête de la liste présentée par ce parti aux élections européennes en Île-de-France en 2014 ». Le gag, c’est qu’en 1997, Mignon avait combattu Dupont-Aignan  (qui a aussi été RPR, ne l’oublions pas :  « c’était en 1997. Le jeune Nicolas Dupont-Aignan, qui a ravi la mairie d’Yerres deux ans plus tôt, se présente sous le sigle RPR aux élections législatives. Il a parmi ses adversaires un certain Patrick Mignon, militant Front national. Ce dernier obtient près de 15% des suffrages. Pas assez pour empêcher NDA de l’emporter au second tour face au sortant socialiste. Depuis, les cartes ont été rebattues. L’adversaire FN d’hier est devenu aujourd’hui un allié de Nicolas Dupont-Aignan qui présentait mardi matin les huit candidats que son parti Debout la République (DLR) a investi dans l’Essonne. Patrick Mignon, habitant de Gif-sur-Yvette, est candidat DLR dans la 5e circonscription ».

(5) lié familièrement à Ludovine Dutheil de La Rochère, de la « Manif pour tous » : « elle a lâché un nom à particule pour un autre. Ludovine Dutheil de La Rochère, née Mégret d’Étigny de Sérilly, est la présidente de la Manif pour tous, VRP de la famille MST (mocassins-serre-tête) sur les plateaux de télé où Frigide lui avait chauffé (!) la place. Une barjot de Dieu « aux convictions religieuses traditionalistes », selon son ancien directeur à la revue Commentaire. « Je me situe dans l’Église catholique pleinement et entièrement », répondait-elle dans un portrait que lui consacrait Libération en juin 2013. « Catho tradi, non. Disons plutôt classique, portée par de très fortes convictions chrétiennes avec, parfois, un très fort dogmatisme », rectifie un proche cité par la Croix. » Que ce monde extrême-droitiste est donc petit !!!

(6) Comme le précise ici Peter Davies dans « The National Front in France: Ideology, Discourse and Power » (sorti en 2012) , le père de Clostemann, mort en 2006 avait déjà été récupéré par le FN, bien avant sa disparition : « Au pouvoir, les premiers élus FN n’ont pas eu peur d’agir. Non seulement cela, mais nous pouvons détecter un énorme symbolisme dans les mesures politiques spécifiques. Par exemple, seulement un mois après les élections municipales de de conseillers FN à Marignane sont créées deux nouvelles commissions, qui prennent  la responsabilité du «tourisme» et des «vétérans». La second e décision particulièrement digne de mention, reflétant comme il le fait le respect et la vénération du FN pour tous les Français qui ont combattu et se sont sacrifiés pour la nation. De la même façon, la tâche triviale de renommer des ronds-points , on pourrait  lefaire valoir, a révélé beaucoup sur la philosophie des élus FN. En mars 1996, la presse a révélé qu’un groupe de ronds-points sur l’avenue du 8 Mai à Marignane devaient être renommé d’après quatre soldats morts pour la France: Pierre Clostermann, le général  général, le Maréchal Koenig et Raoul Salan. Cette décision semble confirmer la volonté du conseil d’honorer de grands héros nationaux et, en effet, de révéler ses penchants ».

 

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/grand-guignol-a-punta-cana-5/

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Comme je vous l’avais dit dans l’épisode précédent, on a oublié pas mal de choses dans cet épais dossier… sciemment ou pas, c’est la justice qui nous le dira, au final (du moins on l’espère 8). Mais il faut bien convenir qu’on a largement escamoté une partie des déboires de la société SN-THS (1) qui avait affrété l’avion de Punta Cana. Une société qui s’était mise dans une situation délirante qui l’avait amené en moins de deux ans à devoir la bagatelle de plus de 700 000 dollars à un fond d’investissement américain, qui, comme on le sait n’aime surtout pas perdre de l’argent, et a alors la dent dure. C’est ainsi que l’on va en effet découvrir aujourd’hui un deuxième Falcon 50, un Falcon oublié qui était devenu bien cher… au fil du temps, sans jamais avoir volé à l’endroit où on l’avait expédié : le Congo, dont je vous parlais aussi déjà. Qu’était-il allé y faire, voilà tout le problème, en effet. Mais on n’a pas oublié que ça dans ce théâtre de grands guignols de Punta Cana. Deux autres pilotes avaient été emprisonnés quelques mois avant nos deux pilotes français, pris dans un autre avion transportant de la drogue. Un précédent – américain – lui aussi oublié, mais avec un fin bien plus heureuse pour les pilotes concernés… pourquoi ces deux là avaient été libérés et pas les deux français, voilà qui demande une explication…

N7GXSN-THS, ou plutôt sa filiale Aero Jet Corporate, avait en effet dépêché un Falcon 50 « long range » (4,100 miles) à Brazzaville en juillet 2011, pour de raisons à ce jour toujours inexpliquées. Au pays des faux lingots, l’avion envoyé n’était qu’un avion de leasing, loué auprès d’un groupe bancaire californien, au départ Gabelli Funds, tombée sous la coupe des « hedge funds » Och Ziff Capital Management (lié à Goldman Sachs Group Inc) et Australia’s Macquarie Bank en 2006. Selon un jugement rendu aux USA, le protocole d’accord pour la location du Falcon 59 immatriculé N7GX signé le 4 juillet 2011, avec la société américaine GATX Capital Corporation demandait 25 000 dollars par mois pour le prêt du tri-réacteur qui datait déjà de 1983 et avait volé entre autres pour Whirlpool Leasing Services à la fin des années 80 sous le numéro N96CE, avant de devenir N1S chez GATX puis Sun Company. Pourquoi un tel appareil à demeure là-bas, sur place, sans visiblement avoir été utilisé, on se perd en conjectures : en juillet, c’est le début de l’offensive du M23 qui attaque la ville de Bunagana, à moins d’un kilomètre de la frontière avec l’Ouganda. L’avion devait-il avoir un rôle… de prévision d’évacuation envisagée de sommités du pays ?  A cette époque, les journaux étaient très virulents à propos du soutien français à Denis Sassou Nguesso : l’appareil faisait-il partie (discrètement) de ce soutien ? Le doute subsiste.

En tout cas, l’avion promis est livré par les américains dès le 8 juillet, mais très vite, l’accord passé ne sera pas respecté. A partir de décembre 2012, en effet, la firme lyonnaise suspend ses paiements mensuels. Aussitôt, une bataille juridique commence qui va se révéler désastreuse pour SN-THS. Faisant valoir le paragraphe 15 de l’accord prévoyant un « Event of Default » provoquant un « Right to terminate the Lease and repossess the Aircraft » sans appel, GATX réclamait son appareil. La plainte elle-même est déposée contre Aero Jet plus tardivement, le 25 juin 2013. Plus que prendre du temps, ce sont des dégâts occasionnés par un mauvais stockage (l’avion laissé à l’extérieur à Brazzaville subira la foudre en juillet 2012 !) qui rendront furieuse la firme américaine, pressée par ses actionnaires, qui exigera que l’avion soit rendu dans la « requisite condition » prévue au départ. falcon us 1983La note totale réclamée montera vite à un sommet : 130 980 dollars pour impayés, plus 353 688 de plus pour faire revenir l’avion sur le sol US, et le faire réparer, plus une dévaluation de 140 400 dollars du prix de vente de l’avion vieilli. Soit 658 393 dollars, sans même compter les 48 514 dus aux réparations consécutives aux dégâts du coup de foudre à réparer. Si on ajoute les frais d’avocats, et de dépenses indues ou d’autres babioles, on tombait à un total effarant de 700 783 à devoir pour SN-THS lors du jugement définitif aux USA sur l’affaire, exigeant le retour de l’appareil. Incroyable chiffre, provoqué par un laxisme de la part de la firme lyonnaise. L’avion, vu ici à Shannon sur ce qui semble être son chemin du retour, (il rentre aux USA le 12 avril) annoncé comme bon à ferrailler, fut revendu à West Star Aviation le 5 juillet 2013 : il y a effectivement finit en pièces détachées ! Un Falcon 50 de 1983 comme le N°098 immatriculé 600WG (ici à droite) se vend aujourd’hui à peine 1 395 000 dollars  : comment a-t-on pu risquer de perdre la moitié de sa valeur, sans même en bénéficier ? C’est sidérant !

aerojet congoPlus étonnant encore, il reste un drôle de reliquat de cet échec. Un site… tels divers sites créés par Africa Air Assistance d’Eric Vernet (une autre histoire sur laquelle je vais bientôt revenir), lors de l’affaire du Boeing 727 malien. Un site appelé « AerojetCongo », vestige de la tentative d’implantation, semble-t-il de SN-THS et sa filiale Aerojet dans le pays. Une sorte d’OVNI html, qui contient peu de choses. En page d’accueil, l’auteur du site présente bien un Falcon 50 « ce jet d’affaires tri-réacteur est un avion aux qualités remarquables: rapide et sur, il vous permettra de rejoindre votre destination en toute discrétion et dans les meilleurs délais »… mais il n’a rien à voir avec la firme lyonnaise, ou presque, à part qu’il lui emprunte bien son logo de « Corporate ». Un agrandissement du cliché nous révèle en effet qu’il s’agit du 9H-MSL… qui a été livré en 2013 à Sky Free, enregistré à Malte. Le Falcon N°215, l’ex F-GOLV, l’ancien Lov Fly SARL, lui-même ex HB-JSV, ex D-BOOK. Lov Fly étant la société d’un certain Stéphane Courbit comme chacun sait. Celui qui a prêté ses avions à un ex-président qui rêve tant de le redevenir.  Sky Free possède aussi le 9H-BEC dont le look en couleur noir mat détone dans le milieu. En  avril 2014, Aerojet Congo avait passé une petite annonce pour recruter une hôtesse de l’air « assidue & motivée » et « disponible & joignable 7j/7 , H24 »., « habitant Brazzaville et ses environs » dans le magazine « Les dépêches de Brazzaville » et sur Facebook. L’ancien commandant de bord de ce Falcon, a été pendant 8 ans de 2001 à 2009 pilote pour Aviation Défense Service, (Av Def) qui possède aussi des Falcon 20 comme ce F-GPAD, testeurs d’engins de l’armée de l’air ou de l’Otan, comme ce brouilleur JEWCS. Coïncidence étrange, Pascal Odos, après Luxeuil est lui aussi sorti de chez Aviation Défense Service – St Gilles où il a piloté de 2003 à 2004 (la même année il était aussi chez SA-THS). En 1992, sur la base de Luxeuil sur Mirage 2000N, il volait avec le Missile nucléaire ASMP (portant habilitation « Très Secret « ). Il est rentré chez SN-THS en 2004 comme instructeur/examinateur et chef pilote sur SAAB 2000, Falcon 50 et 900.

23034024La coïncidence devient un peu plus parlante quand on rapproche les deux événements. Le défaut de paiement pour le Falcon de GATX débute en décembre 2012. Le 9 décembre, l’autre Falcon plus connu aujourd’hui est vu en train d’atterrir à l’aéroport de La Môle – Saint-Tropez (ici à gauche) en provenance de Puerto Plata (République dominicaine) avec cette fois-là Nicolas Pisapia comme seul passager. « Dix valises boueuses« sont vues en sortir, les policiers étant déjà à l’affût en surveillance : on se doute déjà de quelque chose, depuis des mois déjà. La plainte qui pendait au nez de GATX est déposé en juin 2013. Fin février, alors que SN-THS s’attend à devoir bientôt payer un procès ou les arriérés de non paiement effectue avec le même avion un vol vers Quito (Équateur) : les trois personnes à bord sont les mêmes, pilotes et passager unique. Sur place, à l’initiative des policiers français, la police équatorienne fouille l’avion et photographie même Nicolas Pisapia. Résultat : l’avion revient… à vide.  Comment a-t-on pu laisser pourrir au grand air un avion de la valeur d’un Falcon, même âgé, sachant que ce genre d’engin se détériore rapidement sans entretien ? Et à quoi donc pouvait avoir été destiné cet avion, à cet endroit précis du monde en proie au moment où on l’amène à un phénoménal chaos ? La firme de Lyon ne disposait-elle déjà plus de 25 000 dollars de revenus mensuels ?  Lors de l’enquête, on a découvert en effet selon Wikipedia que « Fabrice Alcaud apparaît aussi dans le dossier français via sa société luxembourgeoise CAPS SA, qui a payé par avance à SN-THS le précédent vol pour Puerto Plata à la place de ses clients. « Une simple « avance » en attendant que les vols soient payés, jure l’intéressé. Un scénario difficile à croire », écrit Le Point« . 

Dans le livre air cocaïne (dont l’un des deux auteurs est convaincu de l’innocence des pilotes !), on tombe sur une indication fort étrange reprise ici par le Point, qui est mettre avec ce qui précède il me semble: « zéro euro, c’est la somme qu’a reçue la SN THS, la société qui employait Pascal Fauret et Bruno Odos, en paiement du vol vers Punta Cana. En clair : les clients n’ont jamais payé et les patrons de l’entreprise ont tout de même accepté de faire le vol. Curieux, pense la juge d’instruction, qui sait pertinemment qu’un vol transatlantique de cette nature coûte plus de 100 000 euros »…  le magazine ajoutant « bonne poire, Fabrice Alcaud dit s’être substitué au client en attendant le paiement du vol. »
shortRevenons aussi pour expliquer la calamiteuse gestion de SN-THS sur un autre événement, lui aussi cité dans le forum des « Gaulois », mais présenté au bénéfice des défenseurs de la thèse de l’innocence des pilotes. Une affaire qui est un précédent, et qui aurait dû logiquement servir de modèle aux français, puisqu’au final deux pilotes, américains ceux-là, accusés eux aussi de transport de cocaïne, avaient été libérés par la justice dominicaine, après … avoir quelques échanges parfois tendus. L’affaire remonte au 2 décembre 2010. Ce jour-là,un vieil avion cargo Short « Sherpa » SD-30 (le grand frère du bon vieux Short Skyvan (2)) immatriculé N936MA, de la firme américaine Air Cargo Carriers, visité par la police dominicaine et ses chiens renifleurs, révèle que près de 145,9 kilos de cocaïne et 2,03 kilos d’héroïne sont – maladroitement- dissimulés à bord, dans le plancher ou dans le plafond de la soute. Les deux (jeunes) pilotes, Kevin Kuranz, âgé de 31 ans, de Sheboygan, et Christopher Schmidt (28 ans seulement) de Maryville, Tennessee, clament aussitôt leur surprise et leur innocence, et se plient aussitôt aux injonctions des policiers, sans chercher à discuter.

pilotes US ACAPour le premier, basé avec son collègue à Puerto-Rico, c’était son premier vol en République dominicaine. Les deux pilotes n’étaient pas à bord, ils revenaient de leur hôtel en attendant de redécoller. Envoyés illico en cellule, ils se retrouvent comme les deux pilotes français lors de leur première incarcération au milieu de droits communs, ce qu’ils n’apprécient pas mieux que les français. « On était à 10 par cellule« , indiquent les deux américains. Aux USA, les parents du premier évoquent ainsi l’événement : « Les pilotes ne chargent pas l’avion», a déclaré Joe Kuranz. « Ils sont chargés par les gens qui vivent là-bas. Ils entretiennent également les avions. Les pilotes ne sont là que pour voler ». On distingue bien les similitudes, déjà, relevées par les défenseurs des deux français… qui oublient la présence du « 3eme pilote » ou revendiqué comme tel, veste empruntée à l’appui… ou le fait qu’ils étaient à bord, déjà, de leur appareils lors de la descente de police. La société ACA est ancienne, elle date de 1986, et vole depuis au travers des Etats-Unis ou vers le Mexique, le Canada ou l’arc des Antilles. Elle n’a qu’un crash à son actif avec la collision de deux de ses avions (les N372AC et N3735W) qui avaient pris vite feu, car l’enquête montrera que les Shorts de l’entreprise avaient été modifiés par l’armée US en Irak pour transporter plus de kérosène (une révélation gênante du journal Sentinel Archives. Ils s’étaient heurtés en vol alors que la firme souhaitait faire une photo publicitaire : un remake de l’accident du XB-70 et du Starfighter de Walker. Seul le  N372AC s’en était sorti, en se posant sur le ventre sur l’aéroport enneigé de Juneau-Dodge CountyN372AC-1 (l’autre s’étant écrasé). Un autre incident aura lieu le 18 mai 2012 avec l »Air Cargo Carrier SH36 dont les freins brûleront à l’atterrissage.  Chez ACA, le directeur des opérations, Steve Altnau, est très clair avec la presse quand il annonce que « La société nie toute connaissance en la matière et espère que notre pilote et notre co-pilote, qui sont détenus pour interrogatoire, seront libérés ». L’affaire va ainsi durer jusqu’au 22 décembre, soit vingt jours après, date à laquelle la juge en charge du dossier, Carmen Diaz Amezquita, décide de libérer les deux pilotes, sans donner plus de détails. A peine si on remarque que dans se attendus, « le comportement des pilotes américains a été la clé de la libération selon le tribunal dominicain »… Avoir la plus complète coopération et aucune obstruction de faite, ni de réclamations. Faut-il y voir à contrario l’attitude des deux français pour expliquer un tout autre jugement final, ou faut-il y voir une pression de l’omniprésente DEA dans le pays, on ne le sait. Toujours est-il que là-bas, deux pilotes ayant clamé leur totale innocence avaient été entendus au bout de moins de 3 semaines, malgré de lourds soupçons sur leur tête. Le départ impromptu des français étant catastrophique, en ce cas de figure… La juge avait en revanche demandé l’arrestation de trois militaires, liés selon elle à un réseau de drogue.

jimenezLa corruption de militaires mais aussi de civils était à l’origine de l’affaire, comme l’avait déjà relevé Wikileaks en 2008 et l’année même de l’affaire de l’avion cargo US, pointant du doigt vers le président  » En 2008, un câble de l’ambassadeur américain à Santo Domingo Robert Fannin US citait le témoignage des investisseurs ayant subi en 2007 une demande du ministre du Tourisme du moment Felix Jimenez, qui sollicitait un pot de vin de 10 millions de dollars de la compagnie américaine Forbes pour lui permettre de construire une usine d’éthanol dans le nord du pays. Dans un câble distinct 2009, l’ambassade citait le cabinet global d’investissement Advent International racontant qu’il subissait le harcèlement du directeur du département des aéroports Andrés Van der Horst, qui menaçait aussi de tout bloquer, si la société ne  procédait pas à d’autres investissements en République Dominicaine. Les deux télégrammes critiquaient le climat des affaires dans le pays dirigé par le président Leonel Fernandez, pays classé 101 sur 178 sur les pays répertoriés en 2010 pour la perception de la Corruption chez Transparency International. »

Jimenez ce disciple de Juan Bosch (élu président en 1962, il a été renversé le 25 septembre 1963, par le colonel Elías Wessin de l’armée de l’air) semble avoir résolument tourné casaque : il est aujourd’hui à la fois président du conseil d’administration de la raffinerie Petróleo PDV (depuis 2012) et promoteur immobilier, notamment dans des hôtels dont Stanza Mare, à Bávaro, et Vista Mare, à Samaná !!! van der Horst intervient lui au World Economic Forum… l’ex ministre du tourisme devenu investisseur privé… dans le tourisme : on avait dit le Danemark, comme royaume, c’est cela ??? 

(1) et sa filiale Aerojet Corporate

http://lyon-saveurs.fr/air-cocaine-sn-ths-et-la-place-lyonnaise-au-coeur-du-dossier/

(2) les héritiers directs de l’aile à grand allongement chère aux Hurel-Dubois français de l’IGN.

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/grand-guignol-a-punta-cana-4/

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1-million-dollars

Punta Cana et le FN, c’est en tout cas une vieille histoire. En novembre 2014, il y a a peine un an, les médias avaient perdu Jean-Marie de vue. En fait, il passait alors ses vacances d’hiver  à… Punta Cana, quel hasard (en fait il y va depuis des années à la même époque, quand il ne compte pas ses lingots suisses, sans doute !) pour « y écrire ses mémoires », paraît-il. Chez un « ami corse », selon Paris-Match et dans « hôtel aux sept restaurants  (?) »… selon l’Express. Difficile de retrouver lequel, « d’ami corse »…  En 2012, LeMonde rappelait son séjour habituel en ces termes : « M. Le Pen, qui revient de trois semaines de vacances en République Dominicaine, est reposé »… en 2008, il y était déjà. Et avant 2008 aussi, mais pas au même endroit : « au temps du FN prospère, Jean-Marie aimait à séjourner à Saint-Barth, chez l’ami Le Rachinel, député européen, mais surtout l’imprimeur historique du Front.« Depuis, les deux sont fâchés à morton le sait, Rachinel étant passé chez la concurrence (et dissidence) de Carl Lang, en se faisant au passage rembourser 6 millions d’euros par le FN, ce qui avait porté un coup très dur au parti, qui avait même dû se résigner à vendre son « paquebot »…

EryxPunta Cana depuis des années, et auparavant aussi les Antilles, où Jean-Marie est allé naviguer tôt. C’est l’ex-épouse répudiée de Jean-Marie, Pierette, celle qui avait posé nue dans Playboy par bravade qui l’a raconté dans son livre en évoquant une croisière, organisée par un des meilleurs amis de son mari, juste après le baptême de leur fille… Marine (ah tiens !) : « Éric fit très bien les choses. Le baptême eut lieu en grande pompe à l’église de la Madeleine. Pour ceux qui ne croient pas « aux signes », je ferai remarquer qu’il s’en présenta un, de taille ; l’aumônier Pohpot qui officiait, et déposa l’eau sur le front et le sel sur la langue de Marine. Pohpot était une célébrité. Connu de tous les hommes du « Milieu » es-qualité d’aumônier de la prison de Fresnes. (…) Le baptême eut lieu le 25 avril 1969. Eric et Jean-Marie se fréquentant hors de la maison, je ne le voyais que rarement. Pourtant, lorsque des amis louèrent « L’Eryx II » (l’ancien bateau du comte de Vogüé (1)), Eric fut de la croisière aux Caraïbes (…) Au retour, ils furent arrêtés pas la police. Dans un premier temps, Jean-Marie me dit : C’était fatal ! Il gagne trop d’argent. Le fisc lui cherche des misères… Quelques jours plus tard des journaux me tombèrent entre les mains. Je lus : Eric Bottey exerce un phénoménal proxénétisme hôtelier et Véronique (ndlr : sa compagne) dirige l’ancienne maison de Mme Claude rue de Bougainvilliers… Jean-Marie refusa évidemment de m’expliquer et s’en tira par une dérobade : «  Laisse donc ! En attendant, j’interdis que Marine regarde la télé jusqu’à nouvel ordre ! » Marine était en effet très attachée à Éric Bottey. Avec elle, il débordait de gentillesse : un vrai parrain (…) ». « Eric » n’était autre en effet que Henri Botey, dit « Monsieur Éric » était en effet proxénète et règnit alors avec sa femme Carmen Vallet sur des tas de bouges parisiens : La « Bohème », le « Yellow Dog », le « Tiffany », le « Sulky », le « Lautrec »; car il était alors devenu « l’Empereur de Pigalle » comme on le surnommait (on l’appellait aussi « rase-mottes » tant il est petit). Tombé pour proxénétisme, il réapparaîtra en 2011 sur les mêmes accusations, mais entre temps il s’était dégotté des prête-noms. L’Oryx II était un beau schooner de 25 mètres, construit en 1964 par Camper&Micholson, qui naviguera ensuite beaucoup en Polynésie. LePen effectuera d’autres croisières, dont une avec le père de Laurent Joffrin, avec qui il était ami. Monsieur Eric, pendant ce temps, continuera, lui, à compter les billets…

HI-924Les hélicoptères, le conseiller présidentiel dominicain Chauprade semble bien les connaître. Celui qu’il a loué 12 110 dollars, sans qu’il ne s’en soit aperçu, est pourtant plein de renseignements, ou plutôt la société à laquelle il appartient. La société Helidosa ne transporte en effet pas que des gens. Un autre modèle de la même firme a été en effet à l’origine d’un conflit qui nous renseigne sur ce à quoi il servait parfois, et sur ce qui se passe exactement là-bas. C’est le directeur des douanes, Juan Fernando Fernandez qui avait mis le feu aux poudres en bloquant un autre appareil de la société, alors chargé d’une cantine fermé et parait-il « piégé », envoyé par la compagnie canadienne Barrick Gold. Une société minière, qui exploite la plus grande mine d’or de République Dominicaine, en accord avec le gouvernement, et dont l’exploitation a commencé récemment. Le coffre scellé contenait de l’or, selon ses propriétaires, pour une valeur de 11 millions et 600 000 dollars, ce que les autorités auraient bien voulu vérifier. « Les journalistes couvrant la section des Amériques ont la preuve de la version de l’expédition de l’or et de l’argent, qui a été transporté à partir du site de la mine à l’endroit, dans un hélicoptère du ministère des Travaux publics, selon l’ingénieur Gonzalo Castillo. Le numéro de l’appareil de la société dominicaine SA (Helidosa, visible icifondée en i992, est le HI-924 selon les rapports obtenus à partir de l’aéroport international des Amériques. » Un conflit sur un transport d’or dont les responsables de la mine ne veulent pas révéler la teneur exacte ? voilà qui rappelle… toute l’affaire de Punta Cana depuis le début: ce serait en ce cas une affaire double, mêlant cocaïne et or en fait. La mine canadienne produit-elle plus d’or qu’elle n’en déclare, et comment cet or est lui aussi « extradé » du pays, voilà une piste intéressante à suivre en effet, en tout ça c’est ce que soupçonne l’Etat Dominicain. Mais Barrick Gold est fort suspicieux, et veille partout à sa réputation : difficile donc de savoir ce qui s’y passe vraiment.

gold miningD’autant plus l’extraction de l’or traîne une fort mauvaise réputation qui n’est pas qu’environnementale. En 1996, la banque Lehman Brothers Inc, bien connue comme catastrophe industrielle, avait ainsi fortement recommandé d’investir dans une mine qui aurait été basée sur « le gisement le plus riche au monde » selon son découvreur. Elle était Située à Busang dans les Philippines, une recommandation faite à partir d’un géologue, John Felderhof , qui aurait découvert le gisement en 1989 et entraîné avec lui le canadien David Walsh pour fonder Bre-X Minerals. C’étaient alors précipités sur l’affaire les trois plus grands groupes miniers spécialisés, Barrick Gold, Placer Dome, et Freeport-McMoRan Copper & Gold. Une deuxième banque, banque J.P. Morgan adoubera elle aussi le projet, sans chercher plus loin. Le gouvernement indonésien (corrompu) avait ensuite débarqué pour réclamer et obtenir 40% des parts du gisement. En fait il n’y avait rien à extraire, mais le responsable du projet minier, Michael de Guzman, le véritable créateur de l’arnaque, avait trompé les résultats des premiers forages en « salant », à savoir en mettant des particules d’or d’autres régions proches, extraites de rivière (ou même des morceaux de son alliance) pour continuer à faire monter les prix d’abats des parcelles à creuser. Tout était faux, mais tout le monde avait investi… et tout le monde perdra beaucoup d’argent dans l’affaire (100 millions de dollars se sont paraît-il évaporés dans l’histoire, payés par les investisseurs, espérant des bénéfices en retour !). En 1997, les archives des forages prennent feu, comme par hasard (on pense que c’est de Guzman qui les a détruites lui-même), et quelque temps après le même de Guzman… meurt, en tombant d’un avion au dessus de la jungle… on retrouvera bien un corps trois jours après (seulement alors qu’il était tombé en pleine jungle, on voit ici son corps prétendu ramené dans un filet)corps retrouvé, mais des doutes sérieux demeurent encore aujourd’hui sur le fait que ce soit vraiment le sien. Etrange décès en effet. Entre temps, les grands groupes avaient dû se rendre à l’évidence qu’il n’y avait rien à extraire à Busang… selon Wikipedia « La Mine d’or de Bre-X Busang est un scandale financier caractéristique des engouements spéculatifs sur la Bourse de Vancouver, qui est en fait une extension de la Bourse de Toronto. » En Europe, le quotidien La Tribune résumera toute l’affaire en une seule expression bien frappée : pour le journal suisse, cela avait été une « arnaque plaquée or »... le magazine TV « Masterminds » de Canada’s CBC News a raconté l’histoire en détail. On peut le voir ici. La crédulité des banquiers et des grands groupes miniers avait été tout simplement sidérante dans l’affaire !

st-trondL’or, comme deuxième piste de l’affaire ? C’est possible en effet. Souvenez-vous. Lors de l’enquête, il avait été décrit à la juge chargée de l’enquête qu’à la Môle, le même avion avait déjà atterri, venant de Punta Cana, mais avec à bord des valises moins nombreuses et bien plus lourdes. Un avion de la même société avait fait un vol avec à bord ce type de valises vers St-Trond (Sint-Truiden) minuscule aérodrome belge dans la province de Limbourg« Depuis des années, un marché parallèle s’est développé en République dominicaine. Le gouvernement et le géant canadien Barrick Gold, qui exploite sur l’île une immense mine d’or, se livrent une lutte sans merci sur le montant des taxes. Et les trafiquants en profitent pour faire sortir en douce quelques kilos d’or sale. Mais pourquoi vouloir ramener de l’or de République dominicaine ? Là encore, c’est Nicolas Pisapia qui donne la réponse : « Ça leur sert à faire des investissements immobiliers », dit-il aux enquêteurs. Franck Colin, lui, nie en bloc : « Absolument pas. Je comprends les conditions dans lesquelles il se trouve. Je ne veux pas lui faire plus de mal mais je n’ai aucun lien avec des notaires ou des agents immobiliers à Quito ». Colin se décharge de toute responsabilité et affirme n’avoir fait que l’intermédiaire entre Daryan et Nicolas Pisapia, » avait -on pu lire dans Le Point le 10 mars 2015. Dans le Parisien, même son de cloche avec les étranges atterrissages à St-Trond : St-Trond « Jean L. est courtier en aviation d’affaires, il fait l’intermédiaire pour la location de jets privés. A la demande d’un businessman belge, il a organisé, entre novembre 2011 et décembre 2012, quatre vols entre Le Bourget et le petit aérodrome belge de Saint-Trond, en faisant notamment appel à SN THS. Motif officiel de ces déplacements : convoyer de l’or st-trond beechbrut. Mais la juge d’instruction s’interroge sur la nature réelle de la marchandise. Des soupçons qu’elle assoit sur les déclarations des pilotes qui ont effectué ces vols. « C’était bizarre, car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et, en aucun cas, je ne devais me détourner de ma route, explique l’un d’eux. Si je ne pouvais pas me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. » Toujours selon ce pilote, le passager à embarquer portait « cinq ou six valises énormes et rigides ». « Une fois arrivé en Belgique sur le terrain désaffecté, deux voitures sont arrivées. A peine arrivés que les valises étaient chargées », poursuit le pilote, qui invoquera la météo pour refuser un deuxième voyage après ce transport « douteux ». Chez SN-THS, certains c’étaient donc aperçus de quelque chose, bien avant l’affaire de Punta Cana !!! Certains pilotes, en tout cas !!!
crusader fauretMais pas seulement : dans le livre récent « L’Affaire Air cocaïne de s Marc Leplongeon et Jérôme Pierrat », le second dirigeant de SN-THS, Fabrice Alcaud, affirme avoir eu des doutes sur le vol… avant même son départ, et en avoir fait part à la DGSE. En photo à droite, le KingAir 350 OO-GMJ d’Air Service Liège sur ce fameux aéroport de St-Trond. Dans les années 90; on avait même pu photographier deux Crusaders français et un se poser sur la base aérienne belge alors encore en activité lors d’un meeting aérien . A l’époque, on s’amusait pas mal dans l’aéronavale comme on le raconte dans un blog dédié : le 25 novembre 1994, à la fin du meeting de St Trond, justement, un Crusaders a décollé ailes repliées et est resté 30 minutes en l’air de cette façon : il n’y a que 8 pilotes au monde à avoir tenté l’expérience pour devenir membre du très fermé « wing-folded club F-8«  nous raconte le site contenant les archives des Crusaders français. l’histoire ne dit pas si Pascal Fauret, ci-dessus à bord de son appareil, a fait partie de ce club fort restreint… de pilotes casse-cou, ayant hérité de l’admiration ce jour-là de tous ses pairs… en photo, l’expérience menée par un pilote américain. à Naples (en Floride)… (ça sera aussi fait avec un Phantom F-4B ( le N°. 152327) ! Le drôle de pari avait débuté semble-t-il au « Death Angel squadron » de Da Nang, au Viet-Nam, en 1966… et avait été refait à Miramar par un jeune pilote du Navy Fighter Squadron VF-53 « Iron Angels » le 22 janvier 1968…

falcon SN-THSAu sujet de St-Trond, la juge en charge du dossier français va obtenir des pilotes de SN-THS des témoignages incroyables sur un petit biréacteur qui était venu s’y poser. Dans le livre « L’Affaire Air Cocaïne: Mafia et jets privés », deux dépositions apparaissent. La première est celle d’une pilote appelée Samantha, qui lui dépeint une étrange virée en Falcon 10 (le seul avion que possède en fait en propre SN-THS (*), le modèle Modèle Falcon 10 N° de série 203 immatriculé  F-GPGL, ici à droite dans son hangar, lors de sa vente aux enchères) vers le petit aérodrome belge.  » C’était un vol, il y a deux ou trois ans. C’était pour SN-THS. Il fallait se mettre à vide au Bourget puis récupérer un passager. Il fallait le déposer en Belgique et repartir sans le ramener […]. C’était bizarre car je devais me poser sur un petit terrain militaire désaffecté en Belgique et en aucun cas je ne devais me détourner de ma route. Si je ne pouvais me poser sur ce terrain, je devais faire demi-tour et revenir au Bourget. Il fallait partir très tôt pour arriver aux aurores en Belgique. Il faisait à peine jour pour pouvoir se poser », raconte-t-elle ». Puis pour les suivants, le passager se fait accompagner de valises qui ressemblent plutôt à des cantines de métal l: » Ensuite est arrivé un chariot avec cinq ou six valises énormes et rigides. J’ai été surprise de voir de si grandes valises en métal […]. On a passé le filtre tous ensemble, mais le problème est qu’à cette heure-ci le Bourget est une vraie passoire. J’avais des doutes et je ne savais pas si la personne derrière son écran était vraiment regardante. » Ce jour-là, Samantha n’avait pas réussi à porter une seule des valises, tant elles étaient lourdes. L’avion à peine arrivé en Belgique, sur le petit terrain désaffecté, deux grosses voitures noires étaient venues récupérer le passager, environ 70 ans et d’origine flamande, ainsi que ses bagages ». Un second témoignage confirme l’étrange ballet au même endroit : « et cette fois-ci c’est Émilien, lui aussi pilote, qui s’y colle. Tout comme Samantha, il raconte un voyage en Falcon 10 à destination de la Belgique et de l’aéroport désaffecté de Saint- Trond. « J’ai récupéré au matin l’avion qui avait été chargé sans ma présence, dit-il. Pour pouvoir charger les valises, l’aménagement intérieur de l’avion avait été enlevé. Un seul siège pour le passager avait été gardé. » Le vol était « au départ du Bourget et à destination de Saint-Trond, raconte Émilien. Un endroit où l’on ne peut pas se poser par mauvais temps. Les instructions étaient de retourner au Bourget si l’on ne pouvait pas se poser. On est partis là-bas, on a pu se poser et on a été accueillis par une personne se présentant comme le directeur de l’aérodrome, mais je ne sais pas s’il s’agissait vraiment de lui. Il y avait deux grosses voitures : une de type 4 x 4 et une de type Espace. Ils étaient là pour prendre le passager et charger les valises. Le vol paraît louche mais, sur le coup, ce qui m’a paru bizarre est le fait de partir du Bourget et de devoir y retourner si l’on ne pouvait pas se poser ». Et cela s’est passé avant l’affaire de Punta Cana !!!

falcon 10Le Falcon 10 ? Un petit jet privé bien connu des militaires… et de l’Aéronavale, tient, quel hasard. Connu par Patrick Philippot, le plus capé des pilotes de « Cruse » (Crusader) qui a apponté apponté 867 fois dont 160 de nuit avec la célèbre 12 F, a fini sa carrière comme commandant de la 57 S sur… Falcon 10 « Mer », par exemple.  L’avion de Dassault, surnommé « miniFalcon« a  servi à tout chez les marins : « de transport VIP Marine et ministériels, pour des missions d’entraînement au profit des bâtiments à la mer telles que calibrations, radar, plastron, acquisition/ détection d’objectifs, et, pour les pilotes, entraînement radar et au vol sans visibilité ». Tous les pilotes de l’Aviation Embarquée, opérationnels habituellement sur les avions de l’Aéronautique Navale, passent un jour sur Falcon 10 de la SRL pour s’entraîner au VSV ou tester leurs qualifications. Les missions de liaisons englobent les nombreux déplacements qu’impliquent le commandement et la gestion d’une force navale. Certaines destinations peuvent être lointaines comme Dakar », par exemple » note le site dédié. Voilà donc pourquoi on trouve tant d’anciens pilotes de Crusaders que d’Etendard reconvertis en pilotes de petits Falcon… ou de plus gros, tant Dassault tient à garder ses avions proches les uns des autres pour faciliter le passage de l’un à l’autre. L’autre grand utilisateur de Falcon étant Olivier Dassault, qui possède le sien propre, peint selon ses goûts (une jolie réussite) avec lequel il s’était rendu à plusiers reprises en Colombie, dans la villa »Cactus »  de Thierry Gaubert témoin de mariage de Nicolas Sarkozy, une villa proche de celle de  Jean-Philippe Couzi – les deux sont reliées par un tunnel (2), comme celles d’Escobar -, l’ancien époux d’Astrid Betancourt, la sœur de l’autre) mais ça aussi c’est encore une autre histoire (3).

Etrangement, le même petit Falcon effectue en septembre 2012 plusieurs aller-retours entre Lyon et Burgas ou Varna tel ce trajet relevé le 13 septembre 2012 par Flight Radar :

trajet falcon 10

Des voyages vers la Roumanie ou la Bulgarie d’un côté, quelques uns vers la Belgique, SN-THS, cette micro-structure est très affairée en cette année 2012 (on peut avoir une idée de la taille de l’entreprise en regardant le peu de choses qui a été mis en vente aux enchères lors de sa fin : même en informatique, c’était le strict minimum, tout tenait sur un MacMini – à moins que l’essentiel ait été gardé par la justice !). En fin d’année, un premier voyage a lieu vers Punta Cana, en Falcon 50 déjà : « décembre 2012 : Le Bourget – Puerto Plata (République dominicaine) – Saint-Tropez avec escale aux Açores. A bord, on retrouve les pilotes Fauret et Odos, et Pisapia. Au retour, le Falcon transporte sept ou huit bagages très volumineux. Leur déchargement est digne d’un film à grand spectacle : deux voitures pénètrent sur le tarmac pour récupérer les valises. Frank Colin assiste à la scène depuis la terrasse de l’aéroport. Sa présence dans le Var ? Pour voir le « bel avion », justifie-t-il. François-Xavier Manchet, douanier de 48 ans, est en poste à Toulon. Vieil ami de Frank Colin, lui aussi est présent à Saint-Tropez à l’arrivée du premier vol du Falcon. C’est d’ailleurs grâce à son intervention que les deux voitures pénètrent sur la piste. Le dossier comporte plusieurs écoutes téléphoniques troublantes entre lui et Colin, comme ce jour où l’homme d’affaires lui demande de se débarrasser d’une voiture. En décembre 2012, Manchet établit un document officiel antidaté de déclaration d’espèces pour son ami qui se balade avec 500000 € en liquide ». Pour le fameux douanier, on y reviendra plus tard, si vous le voulez bien. On notera surtout la présence, déjà de Pisapia lors de ce premier vol, et le rôle trouble d’un douanier de la Môle. Difficile aujourd’hui pour les pilotes de dire qu’ils ne se connaissaient pas, ou si peu, comme l’a affirmé dimanche soir à la télévision Pascal Fauret : « Nous n’étions pas mariés. Depuis le départ, nous avons été noyés dans la dénomination ‘les quatre Français’ mais ce n’était pas un vol de copains. J’étais là dans le cadre de mon travail ». Certes, mais de porter des valises volumineuses des clients, toujours les mêmes, à plusieurs reprises, ça crée des liens d’amitié, même si ce n’est pas l’amitié virile des pilotes sur porte-avions…  des valises aussi lourdes que celles amenées en Belgique à St-Trond, via le petit Falcon !

gulfstream congoDe l’or (vrai ou faux ?) circulant en jet, un intervenant de forum déjà cité était venu en parler, mais dans un autre endroit du monde : l’Afrique. « Tout cette histoire me rappelle l’ affaire du jet privé à Goma en 2011, un sublime Gulfstream V,  immatriculé N886DT (Voir *) de la compagnie Arcadia aviation (ex VP-BEP, numéro de fabrication 636. ex N556GA and N910V, chez Amoco-BP),, la photo est un document FlightWare, est bloqué à l’aéroport après une course poursuite avec les policiers dans la ville où il a quelques morts. Il y avait 450 kg d’ or et 4 millions de dollars à bord appartenant à un seigneur de guerre local (officiellement – il s’agîssait de Bosco Ntaganda, surnommé « Terminator » en raison de sa sauvagerie proverbiale), qui vient d être transférer à la CPI de la Haye  (nota : son procès c’est ouvert le 2 septembre 2015) l’équipage a finit par être libéré, et l’avion convoyé à Kinshasa, peut être l’est il encore ? » avait écrit « warbirdreamer ». Et effectivement, à part que l’avion vole à nouveau : là aussi ça avait eu un côté « hollywoodien ». Ça ressemblait en effet à un film, là encore:  « C’est un coup digne d’Hollywood – jeudi dernier, un jet Gulfstream est arrivé à l’aéroport de Goma avec deux Nigérians, un Français et un Américain à bord. Selon les sources locales, l’avion a été immédiatement reçu par les gardes fidèles du général Bosco Ntaganda, inculpé par l’ICC. Ces soldats ont débarqué certaines boîtes et se sont dirigés vers la ville. Sboscoelon une version des événements, la Garde Républicaine s’est lancée dans la poursuite, mais s’est arrêtée quand elle a vu que les boîtes se dirigeaient vers la résidence de Bosco. L’équipage a été arrêté par les agents du renseignement congolais, les moteurs de l’aéronef encore en train de tourner. Et donc, qu’y avait-il dans les boîtes ? Selon le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, 6,8 millions de dollars. Les premières autorités congolaises ont suggéré que Bosco pouvait être derrière eux, mais le chef du renseignement d’Amani Leo, le colonel Wilson Nsengiyumva (également un ex-officier de la CNDP), a dit que Bosco avait dirigé cette opération d’infiltration contre les hommes d’affaires congolais anonymes qui « avaient essayé de voler les richesses du pays « .  Selon d’autres sources, cependant, Bosco (ici à gauche, photo du Great Lake Post) essayait de vendre en fait près de 500 kilos d’or – d’une valeur d’environ 20 millions de dollars sur le marché international, si elle est de qualité décente. Qui donc avait-il amené cet or à Bosco ? Il est vrai que beaucoup de ses soldats contrôlent des zones minières, mais le commerce de l’or passe en général par Bukavu ou Butembo, et pas par Goma. Et 500 kilos représenterait une somme énorme, un huitième de commerce de l’or estimé dans le Kivu, bien que ces estimations sont très approximatives, compte tenu de la nature clandestine de ce commerce. Et qui sont présumés et ses partenaires d’affaires ? enfant soldatLa presse suggère qu’ils sont américains, avec Edouard Carlos St. Mary III, Nigérians pour Adeola Ehinmola et Mukaila Aderemi Alexander Lawal, et un citoyen français avec Stéphane Franck M’Bemba. » Ce dernier étant un agent chargé de la sécurité de la Camac (pour « Cameroon-American » la société pétrolière installée à Houston de l’industriel Kase Lawal). Avant de quitter Abuja, l’équipe de la Camac avait reçu «les assurances, la haute considération et l’estime» du conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonhattan, l’ambassadeur Layiwola Lasseinde ». Le gouvernement aussi s’était visiblement fait berner ! L’idée de base étant d’acheter les 500 kilos d’or congolais (ou 450) environ 10 millions de dollars, et d’en doubler la valeur une fois rendu aux USA… le deal avait été signé à New York même, le 2 décembre 2010, par un gros industriel américain d’origine camerounaise.. qui espérait cupidement doubler sa mise. Pour en revenit à « Bosco Terminator’, ce qui lui est activement reproché, outre cette affaire d’or, c’est surtout l’emploi d’enfants soldats (la photo plus que parlante provient ici d’Info Afrique).

dossier CAMAC ONUTout avait été étrange de bout en bout dans cette affaire d’avion débarqué réputé plein d’or (à droite la photo de l’appareil à Goma, dans le dossier à charge de l’ONU) : « le 15 mars 2011, le Gulfstream, les quatre passagers et le pilote sont transférés à Kinshasa, où le parquet général de la République se saisit du dossier. La justice autorise à garder 112 jours aux arrêts les inculpés, dès lors que ces derniers sont susceptibles d’être passibles d’une peine supérieure à six mois de prison. Mais Flory Kambage Numbi, le procureur général de la République, opte pour une «amende transactionnelle». Vendredi 25 mars, après avoir accepté de verser une amende de 3 millions de dollars (2,1 millions d’euros) pour «blanchiment de capitaux, achat illégal et détention illicite de substances minérales», les inculpés ont été libérés du centre pénitencier de Kinshasa. Libres de quitter le pays ». Superbe !! A part que les « prisonniers » sont logés au « Kivi Light Hotel » et que celui-ci… appartient à Bosco Ntaganda, qui ira jusqu’à leur proposer la note des 112 jours au tail d’un cinq étoiles, ce qu’il était loin d’être !

protagonistesLe 26, l’équipe redécolle du Congo… mais sans les lingots d’or, et même lesté de billets qui s’avèrent tous être des faux !!! Tout n’était qu’une immense arnaque, dans laquelle était tombée le business man Kase Lawal (en gris la présentation Powerpoint qui a servi d’appât), qui dans l’affaire avait perdu au bas mot… 30 millions de dollars (certains estiment la perte à 62 millions !). Dans le deal signé à New-York, il devait partager la somme à 40% pour lui, 30% pour l’américain St Mary et 30 pour le basketteur intermédiaire… (qui eux s’étaient fait payer semble-t-il !). Il s’était fait avoir, malgré son image d’industriel aguerri : Powerp3-d5c8a« sa société Camac Energy, dont le siège est à Houston, négocie aujourd’hui près de 100 000 barils de pétrole par jour, dont une partie produite dans ses blocks nigérians d’Oyo. Cotée au New York Stock Exchange, la société, est, avec près de 2 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) de chiffre d’affaires, l’une des plus importantes entreprises du business afro-américain. Ses contacts, tant avec les milieux politico-affairistes du Nigeria que dans les cercles du pouvoir américain et les milieux de l’énergie de Houston, ont permis à Kawal de devenir aux Etats-Unis incontournable dans le business international, particulièrement avec l’Afrique. Après avoir déjà été employé par les administrations Bush et Clinton au sein de commissions dédiées au commerce international, puis avoir contribué financièrement à la campagne sénatoriale d’Hillary Clinton en 2008, celui-ci a été nommé le 20 novembre 2010 powerp2-b9643par la Maison Blanche au sein d’un comité de 30 personnes sur la politique économique internationale« . Lawal un des généreux donateurs de la campagne électorale de Barrack Obama, s’était fait berner par des escrocs bien ordinaires (comme intermédiaire on était tombé sur Dikembe Mutombo, star du basket US originaire du Congo ancien joueur de basket de la NBA chez les Houston Rockets, converti à l’aide humanitaire…. et au profit) : « Le rapport de l’ONU nous apprend que Ntaganda et d’autres hommes forts de l’est-congolais sont de fait en relation avec «un réseau à grande échelle d’escrocs en faux or travaillant dans toute l’Afrique de l’est». Parmi eux, justement le Camerounais Eddy Michel Malonga, le vrai-faux propriétaire de l’or sur Nairobi, ainsi qu’un autre compatriote, Yusuf Omar, recherché par les services de renseignement congolais. Un homme qui, deux mois avant l’affaire du Gulfstream V de la Camac, avait utilisé la même arnaque pour tenter de gruger, a nouveau à Goma, et une nouvelle fois avec la complicité de Ntaganda, le passager d’un jet Hawker 4000 arrivé de Dubaï: le pakistanais Tariq Fawad Malik, agissant pour le compte de la très trouble société Black Pearl International. Arrivé au Congo avec deux millions de dollars en cash, il fit capoter le deal après avoir découvert que l’or qu’on lui proposait était en fait de la pacotille »…  L’avion utilisé était un jet Hawker-Beech 4000 immatriculé (photo de 2010 de Billy McNally sur Flickr), loué à Dubai Empire Aviation Group166 au nom de hawkerBlack Pearl Capital Limited, de Dubai, ayant comme adresse une boîte aux lettres (P.O. Box 211050). Un avion appartenant à UBS Leasing AG en Suisse, qui l’avait loué à Elegant Aviation Limited, aux bons soins de soins de la Codan Trust Company Limited, dans les îles Vierges britanniques !! L’avion étant alors exploité par Empire Aviation Group, de Dubaï ! Toujours la même série de sociétés écrans pour perdre les enquêteurs et leurrer la sécurité des aérodromes !!! Celui-là, en tout cas ne voulait pas se faire connaître. Sur Mutumbo, rien dans sa biographie sur l’affaire : on écorne pas une légende !

La suite fut pire encore pour la société qui avait fourni l’avion : « en raison de la saisie, Southlake se retrouvait en défaut sur les 43 millions de dollars de prêt sur l’avion et son créancier VFS Financement, une filiale de General Electric, l’avait poursuivi dans le comté de Dallas en mars 2011. Southlake s’était mis entre temps sous le chapitre 11 de protection de la faillite, le même mois. Le vendredi 21 Septembre 2012, le Dr Kase Lawal en en qualité de directeur de Camac était condamné à verser 32 millions d’indemnités aux propriétaires de Southlake Aviation, David Disiere, Teresa Disiere et Disiere Partners, après que le tribunal ait déterminé que les responsable de CAMAC International Corp avaient fait volé l’avion de Southlake au dessus du pays africain sans même avoir d’autorisation ». SN-THS, rappelons-le, n’a pas survécu longtemps à l’affaire de la saisie du Falcon… qui ne lui appartenait même pas. Aux dernières nouvelles, l’avion, désormais en piteux état sans entretien depuis plus de deux ans, est en passe d’être racheté » pour en faire… des pièces détachées ! J’ai traité en détail toute l’affaire ici. Southlake n’a pas résisté à la mise en faillite. On peut encore voir en vente aujourd’hui son autre Gulfstream N168WM datant de 1986.

Sur un forum, un intervenant ajoute sa pierre (précieuse !) au dossier : « fait intéressant: un tribunal de l’Arizona a décidé l’an dernier que deux hommes d’affaires étaient coupables d’avoir fraudé des investisseurs pour plus de 640 000 dollars dans un système pyramidal qu’ils avaient mis en place avec un certain Edward Carlos St. Mary qui dirige une société appelée Axiom (…) L’investissement ? Acheter des diamants. La devise de la société était « acheter pas cher, pour vendre haut. » Apparemment, ça n’a pas fonctionné cette fois ». Selon la presse américaine, l’une de ces personnes était en effet un négociant en diamants de Houston (Texas), Edward Carlos St. Mary (ici à droite), au « passé suspect » : il a déjà tenté d’autres escroqueries, dont il était à chaque fois passé au travers, d’aucuns affirmant qu’il bénéficiait pour cela de l’aide active de la CIA. « Des dossiers de jurisprudence à son égard montrent des jugements par défaut contre lui totalisant plus de 1,5 million de dollars et l’un d’entre eux lui enjoint de rembourser 700 000 de plus. Les avocats des lésés affirmant ne pas avoir réussi à localiser des actif de Carlos St. Mary qui n’a remboursé aucune fraction du montant convenu, quelque soit l’établissement concerné. En attendant, il vit dans une maison enregistrée au nom de son épouse d’une valeur de près de 1,6 millions de dollars aux Woodlands ». « Le gars était très charmant « , a déclaré l’avocat John Venzke, qui représentait un groupe de trois investisseurs qui ont perdu de l’argent avec lui « il vendrait de la glace aux Esquimaux s’il le pouvait ». Un site s’inquiète de ce lien supposé : « revenons au jet en question, selon le ministre Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement congolais, le jet en question est recherché par les autorités américaines, mais il se cache au Congo pour l’exploitation des minerais du général-épicier. Au fait, ce jet trafiquait de l’or, tandis que selon Mende, il était recherché pour trafic de drogue, d’armes et munitions de guerre. Allez-vous croire que les services américains soient assez incompétents pour ne pas réussir à localiser ce jet ? ». Car c’est bien là tout le problème :disiere house l’appareil aurait-il aussi servi pour d’autres trafics illicites ? On songe à des armes, ou à de la drogue, avec les vilaines habitude de la CIA !!! » Selon Daniel Hopsicker, David Disiere lui-même, qui se présentait partout comme pilanthrope, n’était pas non plus un saint. Sa société d’assurances Cascade Insurance Co. de Shreveport en Louisiane tombée en faillite, il avait recruté comme homme d’affaires l’ancien Gouverneur Edwin W. Edwards contre qui il témoignera en justice, alors qu’ils étaient tous deux accusés de détournements de fonds leur valant jusqu’à 200 années de prison ! D’autres casseroles furent aussi reprochées à Edwards : le congressiste  Cleo Fields avait ainsi été filmé en 1997 recevant 20 000 dollars en billets d’Edwards ! Il  sera condamné à 10 ans pour racket. En 2014, il souhaitait à nouveau se représenter au Congrès ! Il perdra largement (32% contre 68 %) face à son concurent républicain  Garret Graves, Disiere continuant lui à vivre dans sa luxueuse propriété  de 1452 m2 à Southlake, avec ses 7 garage pour une valeur de 3 500 000 dollars (ici à droite).

1-million-dollarsOk, allez-vous me dire, mais SN-THS dans tout ça ?  Eh bien la société installée à Bron, soupçonnée de transporter aussi de l’or par la juge qui instruit actuellement l’affaire avait aussi un pied à terre en Afrique, dans le même pays que celui où avait atterrit le Gulfstream aux faux lingots, une société dont les déboires mirobolants pourraient aussi expliquer plein de choses. Mais ça, ça sera pour demain si vous le voulez bien… une chose à la fois, ce dossier est tellement lourd ! Presqu’aussi lourd que 26 valises à bord d’un Falcon ? 26 valises qui ne pouvaient pas contenir de l’or cette fois-là, car sinon, me chuchote à l’oreille l’ami Falcon, l’avion n’aurait jamais réussi à décoller (4) ! La piste, revenue récemment sur la discussion via l’ineffable commandant de bord Philippe Henneman , lui aussi ancien de l’Aéronavale, s’effondre en toute logique. Reste celle des devises… Même en petites coupures, 2,3 m3 de billets de banque… font également un joli paquet : comme le dit ici un bloggeur, répondant à l question « Quelle place peut prendre 1 million de dollars en grosse coupures (des billets de 100$) ? » .  « Et bien voici la réponse, 1.000.000$ ça tient dans un sac McDo, un tambour de machine à laver, un bac a légume de frigo ou un micro-onde ! C’est assez compact en fait … » A 2 millions chaque valise comme évaluation, on est déjà à 52 millions de dollars. Ce qu’a gagné l’actrice Jennifer Laurence l’année 2014. Ou le prix des permis d’exploitation des gisements miniers de cuivre et de cobalt de Luiswishi et de Lukuni (à 20 km au nord de Lubumbashi, la deuxième ville en taille de la République démocratique du Congo), cédés par La Gécamines à Congo Dongfang International Mining, filiale locale du groupe minier chinois Zhejiang Huayou Cobalt Co...!!! Ne reste donc que … la coke, comme solution !

L’exemple est devenu un cas d’école, intitulé ici « Business Aircraft Operations: Transactional and Operator Risks What can really go wrong when things go wrong? » signé David M. Hernandez, Vedder Price P.Cn chez Corporate Jet.

http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Case-of-the-big-man-and-the-oil-man-2532426.php

http://www.mediacongo.net/show.asp?doc=19647#.VjfkbbzQbcc

http://www.theatlantic.com/international/archive/2012/03/the-warlord-and-the-basketball-star-a-story-of-congos-corrupt-gold-trade/253813/

« Evidemment, les membres de la famille de la star du basketball n’ont jamais été arrêtés et le nom de Mutombo n’a jamais été mentionné dans cette affaire jusqu’à la publication d’un rapport de l’ONU sur l’activité des milices congolaises dans lequel il a été démontré que Mutombo Dikembe et sa famille étaient à la tête de ce complot.  Quand on interroge Mutombo Dikembe et M. Lawal sur cette transaction, ils affirment tous deux n’avoir aucun commentaire à faire. Mais M. Carlos déclare avoir gardé des preuves de ce marché (enregistrements et copies de SMS).Selon le négociant de diamants, la dernière fois qu’il a vu l’or, il était dans un coffre à la Banque Centrale du Congo et il sait juste que le Général Ntaganda a fini avec une partie considérable de l’argent de M. Lawal et que le reste est sûrement entre les mains du gouvernement ou ne fusse que les $3 millions de l’amende perçue [pour leur libération]. Et lui rien…. Je suis sûr que ce qui s’est passé n’était qu’un plan sournois et calculé » a-t-il déclaré.

Note de l’auteur (*):

 L’ami Falcon me précise que Le F10 F-GPGL dont il est question dans l’article a été vu à St Trond le 10 décembre 2012, pour le vol THZ103, décollage à 7h52 GMT, que le Falcon 10 n° 103 F-GPGL attribué par moi à SN-THS ne leur appartenait pas en fait : « il s’agit exactement d’un Falcon 100 (avec un 4ème hublot à droite) qui appartenait à Polygone SA, une filiale de GL Events / Olivier Ginon, le 3ème actionnaire de SN THS juste pour pouvoir utiliser leur hangar. SN THS n’a jamais possédé d’avion en propre. et enfin que le Gulstream de la « photo du N886DT n’est pas le G-V-636, mais le G-III-463″…

(1) c’est la famille qui gère le château de Vaux le Vicomte, propriété familiale.

(2) Le document fort intriguant reçu le 1er juillet 2011 par Gaubert et envoyé par Couzi est ce mail, qui évoque la vente de « Nibar », un bar à prostituées au nom évocateur (pour des français !) mais aussi des travaux bizarres, dont la démolition d’un « quai » et d’un « mirador »  et l’existence d’un « tunnel qui n desservirait  » après travaux « que la terrasse de ta chambre »… un tunnel ? Mais pour quoi faire ?

(3) racontée ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-110787

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sarkozy-apres-le-mega-naufrage-le-111035

(4) en l’occurrence : une valisette  » Spinner Cosmolite »de Samsonite fait comme dimensions  69cm x 46cm x 29 cm = environ 92 litres (0,092 m3). 26  exemplaires font donc 2,39 m3 de capacité totale. Un seul m3 d’or pèserait déjà à lui seul… 19,3 tonnes !

On peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-election-americaine-ca-se-151926

document essentiel ; le rapport de l’ONU sur les ressources minérales de la République Démocratique du Congo et leur convoitise, où apparaît Mutombo.

http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/2011/738

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/grand-guignol-a-punta-cana-3/

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coke en stock

9 novembre 2015

Et puis dans ma longue saga sur l’historique des transferts de cocaïne, a émergé soudain une découverte, fortuite, à  vrai dire, et initiée… par mes lecteurs. L’un d’entre eux m’ayant remis en tête récememment la vente de biréacteurs Caravelle en fin de vie à  des personnes susceptibles de les utiliser à  des fins indélicates, je me suis remis à fouiner… pour tomber sur un pan complet fort instructif de la grande période des transferts massifs de cocaïne de Colombie directement vers la Californie via des avions réaction, bien aidé il est vrai par une rencontre sur le net fort au courant de l’aviation. Et tomber sur le cas de ce biréacteur français qui démontre par l’exemple que l’affaire du Boeing de la cocaïne couvert au Mali en 2009 a eu un précurseur français… 14 ans auparavant. Retour -en plusieurs étapes- sur ce fait historique, une livraison encore une fois de plusieurs tonnes de coke en plein désert… mexicain cette fois, et non malien. Avec à  l’autre bout… des comptes bancaires suisses. Comme quoi rien n’est vraiment nouveau ! Tout avait commencé en fait sous Bill Clinton, en son fief de l’Arkansas… avec le trafiquant Barry Seal, qui travaillait pour la CIA. Avant de parler Caravelle, on va (à nouveau) parler d’autres avions et… de l’Arkansas.

mena-db623Tout part de la mena, encore une fois, ou plutôt des multiples pistes au fin fond de l’arkansas ou des etats-unis, où atterrissaient les petits bimoteurs de Barry Seal et de ses collègues de la Cia, en plein fief cliftonien. Même s’il n’y avait pas qu’au hangar de Rich Mountain aviation, à la Mena, tenu par l’association de Seal et, Fred Hampton, que les opérations de rapatriement de drogue colombienne se faisaient. Seal, un agent de la DEA, c’est à  noter, était donc aussi un trafiquant de drogue, voilà  qui détermine tout de suite un des points forts du système : ceux chargés de poursuivre les trafiquants l’étaient eux-mêmes, et le sont encore pourrait-on dire, A  constater l’inefficacité totale de la lutte antidrogue de la DEA en Amérique Centrale et du Sud depuis des années. DEA et CIA travaillent en effet la main dans la main, c’est que révèle¨à l’évidence toute l’affaire Barry Seal…

L’avion de Seal
barry sealUn journaliste, Micah Morrisson, dans le Wall Street Journal, va décrire parfaitement ce qui s’y passe dans cet endroit reculé des USA, dès le le 29 juin 1994 (à droite un passage bas d’avion attribué à Barry Seal dans un documentaire US): « Mena est un bon endroit pour un mystère. Les forêts de pins et de feuillus des montagnes Ouachita qui l’entourent depuis longtemps sont un paradis pour les hors la loi, des générations de bouilleurs à la maison ou pour les agriculteurs de contrebande de marijuana aux chemises rouges de terre En 1981, le passeur de cocaïne Adler Berriman (« Barry ») Seal est arrivé sur les lieux, et a établi une base d’opérations à l’aéroport de Mena. Le dossier de M. Seal est bien connu des forces de l’ordre, il a été souvent présenté comme ayant fait plus de 50 millions de dollars avec ses activités illégales. Travaillant chez Rich Mountain Aviation, l’une des entreprises locales qui s’est transformé en un centre de remise en état des aéronefs de Mena, M. Seal a importépour près de 1,000 dollars de cocaïne par mois à partir de la Colombie dans les années 1980, selon l’enquêteur de Arkansas State Russell Welch, qui suit le cas de Seal depuis plus d’une décennie. passage bas barry sealEn 1984, M. Seal a « basculé » pour la DEA, devenant l’un de ses informateurs les plus importants. Il a pris l’avion pour la Colombie et recueilli des informations sur les dirigeants du Cartel de Medellin dont la cheville ouvrière est Lehder Carlos et a témoigné dans d’autres affaires très médiatisées. Quant à l’associé de M. Seal, Fred Hampton, le propriétaire de l’aviation de Rich Mountain Aviation, il a acheté une parcelle de terrain près de la petite communauté dans l’arrière-pays de Nella, à 10 miles au nord de Mena, et y a fabriqué en une piste. Les responsables locaux de la police pensent que l’achat était à l’initiative de Seal. » L’avion montré dans une vidéo amateur comme étant celui de Barry Seal est un modèle Navajo PA31-310, comme celui-ci, qui se distingue par ces trois larges hublots sur les côtés (le quatrième, celui de la porte d’accès est obturé, c’est une version « cargo ») : l’avion n’étant pas pressurisé. Certains Navajo ont été transformés pour pouvoir larguer des parachutistes (comme ce modèle). Seal utilisait, on le sait, cette méthode de largage pour délivrer la cocaïne.

La Louisiane, et l’île de Lehder

3324385676_c07b82f0d7-1Dans « The Crimes of Mena » de Sally Denton et Roger Morris sorti en juin 1995; on la description de la méthode Seal :  « Les cassettes vidéo personnelles de Seal, en la possession des auteurs, montrent une scène dans laquelle il a utilisé l’équipement de parachutage de l’armée américaine  ainsi que des dispositifs militaires de précision, dans ses opérations de transport de la drogue. Au milieu de l’après-midi après un certain nombre de passage à vide, l’un de ses avions abandonné une charge de plusieurs sacs polochons attachés à un parachute. En quelques secondes, la cargaison assis sur la piste d’atterrissage en herbe, à distance récupérée par Seal et chargé sur un hélicoptère qui avait suivi les avions volant à basse altitude. « Ceci est la première goutte jour de cocaïne dans l’histoire de l’État de Louisiane, » Seal raconte sur la bande. Si les sacs polochons vu dans les films à la maison des contrebandiers ont été remplis avec de la cocaïne – comme Seal le déclare lui-même sur la bande – cette charge unique valait déjà des centaines de milliers de dollars ».

L’armée complice

avion441-510x379-0336e-d2798Cette complicité avec les militaires, c’est exactement encore ce qu’écrivait Micah pour la base de Nella (Mena) dans l’Arkansas :  » En 1984, les rapports de surveillance policières parlaient d’une activité étrange de type militaire autour de Nella. « Nous avons eu des rapports sur des armes automatiques ; de nombreux incendies, sur des hommes d’apparence latino-américaine dans la région, des gens en tenue de camouflage se déplaçant silencieusement à travers des chemins avec des armes automatiques, des largages d’avions, un trafic d’avion bimoteur, des choses comme ça », dit l’ancien enquêteur de l’Internal Revenue Service, William Duncan, qui a commencé à enquêter sur Mena en 1983. Les habitants de la campagne autour de Nella ont confirmé les rapports d’avions qui chargeaient sur place dans le milieu des années 1980. « Mais les gens ne parlent pas beaucoup de ça ici », a déclaré un habitant du quartier. « Si vous le faisiez, vous auriez pu vous réveiller un matin et trouver un tas de vos animaux morts. » Visiblement, on a fait peur à l’entourage…. de la même manière qu’on a fait peur à des gens à d’autres endroits pour qu’ils ne mettent pas le nez où ils ne devraient pas.norman cay La mort d’un des pilotes (Emile « But » Camp), certes accidentelle, à Fourche Mountain au Nord de Mena, un an avant celle de Barry Seal ravivant les peurs de possibles manipulations, Camp ayant beaucoup à dire sur le cas de son propre collègue (un autre pilote de Seal, Eric Arthur, pilote de Piper Seneca, natif des Turks and Caicos Islands, se fera hacher menu par les hélices d’un appareil en 1984 sur l’île de Lheder (ici à droite), où se posait régulièrement Seal : Lehder, Escobar ou  Rafael Caro Quintero…. et Seal partageaient les mêmes avions. En tête de chapitre, un avion attribué à Seal dans une vidéo : c’est un Navajo Panther, et non un Cheyenne. Plus étonnant encore, l’avion ressemble comme deux gouttes d’eau au Panther découvert dans le hangar des appareils appartenant à la société de Caro Quintero, Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA :

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La méthode inventée deviendra classique

Les mêmes avions… et les mêmes méthodes. La preuve en étant cet extrait de l’ouvrage « Kings of Cocaine: Inside the Medellín Cartel – An Astonishing True Story of Murder, Money, and International Corruption » de Guy Gugliotta et Jeff Leen : « la contrebande sérieuse de cocaïne en avion privé est devenu une réalité lorsque Carlos Lehder et George Jung ont finalement rencontré Bam Kane à Miami pendant la première semaine d’août 1977, Kane dit qu’il était prêt, après un an d’attente et des retards, à faire voler la cocaïne pour eux. Pour s’envoler de Nassau, le fuselage de son petit avion bimoteur était équipé de réservoirs de carburant de caoutchouc pliable pour augmenter sa portée et était guidé par un Loran, une radio balise capable de le guider à quelques miles de sa cible (voir ici le principe, ainsi que l’explication ici). Au dessus de la Colombie, un co-pilote envoyé en repérage pour Kaneloran_kln88 avait souligné l’emplacement d’ une petite piste d’atterrissage privée dans une ferme en dehors Medellin, celle où  était Pablo Escobar. Avec 250 kilos de cocaïne à bord, cinq fois plus que Carlos I.ehdci n’avait jamais manipulé. Bam Kane est retourné à Nassau, a ravitaillé, et  est entré furtivement dans l’espace aérien américain. La cocaïne a alors été  chargée dans des chariots de supermarché et a été transportée en voiture à Fort Lauderdale sur un parking, là où Kane a divisé la charge en deux et l’a mise ans les coffre des deux voitures. Lorsque les Colombiens son venus, il leur a donné une voiture et a retenu l’autre jusqu’à ce qu’ils payent sa redevance Kane a eu son argent dans les quarante-huit heures et Jung et Lehdcr se sont divisé un cool million de dollar :  tout avait fonctionné comme sur des roulettes ».

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Un parc aérien riche

Dans le jugement du 20 janvier 1993, on retrouvera trace complète des avions utilisés par Lehder (je résumé ici le long texte). Le Piper Navajo aircraft, Registration N50RK, dans lequel avaient volé  Carlos Lehder, Jak Carlton Reed, et Russ O’Hara  pour emporter 6 à 700 livres de coke à Rio Hacha en Colombie le 6 mars 1976. Le fameux N50RK est souvent attribué à Pablo Escobar, en fait. l’avion un Piper PA-31 Navajo sans winglets, construit en 1977 sous le numéro 51434430/A63918, inscrit chez A o Z Leasing à Corona del Mar, en Californie a été exporté le 11 juin 1981 en… Colombie. Son registre indique que ses propriétaires étaient des associés (« partnership« ).N50RK escobar De la coke transférée ensuite dans le Beechraft Queen Air, Registration N923Q.  En « avril ou début mai 1978 », Carlos Lehder, Jack Reed Carlton, et Russ O’Hara ont volé sur le Piper Navajo, inscription N50RK, de Cay, aux Bahamas de Norman, sur une piste en Colombie, avec un arrêt en route à Aruba, pour emporter environ 300 kilogrammes de cocaïne, avec retour à Norman Cay, Bahamas. L’avion était à l’époque toujours… californien. Vers la mi-juillet 1978 à ou vers décembre 1978 Reed et Stephen C. Yakovac ont fait plusieurs vols de chargements de cocaïne pour un total de 1358 kg de cocaïne en provenance bonanzade Norman Cay, aux Bahamas, sur une piste en herbe en Floride près du lac Okeechobee , en utilisant un Cessna 206, d’enregistrement N756LY. L’avion était enregistré en 1982 chez Red Aircraft Sales, à Fort Lauderdale avant d’être « exporté au Panama » !!! En mars 1979 Reed et Stephen C. Bluemel, ont volé sur un Bonanza à empennage en V, d’enregistrement N18337, en emportant environ 300 kilogrammes de cocaïne en provenance de Norman’s Cay, aux Bahamas vers la piste d’atterrissage lac Okeechobee, en Floride. Au mois de mNormans-cay-bonanzaars ou au début d’avril 1979 Edward Hayes, Carlos Lehder et Leverett Merrill Francis ont chargé environ 350 à 300 kilos de cocaïne dans un avion bi Beechcraft Bonanza, d’inscription N537ML, sur Norman Cay, aux Bahamas, et Ward et Francis, ont piloté l’avion au piste d’atterrissage d’Astor Park à Lake County, dans le Middle District de Floride, où la cocaïne a été chargée par une équipe au sol recruté par Jack Reed Carlton. Cette cocaïne a ensuite été transportée par véhicule à moteur d’Astor Park vers la «maison de planque» de Lighthouse Point, Floride, loué par Stephen C. Bluemel. Le gag, c’est que le Bonanza à queue papillon des dealers volait toujours récemment : il a été photogrphié à Santa Paula Airport en août 2010… et un autre similaire semble être resté dans un hangar sur Norman’s Cay, comme on peut le voir ici à gauche…

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La grande époque du trafic de coke

En 1985,  on retrouvera un Cessna Conquest 441, cette fois, posé sur une autoroute, a i-75 à l’ouest de Palmetto, en  Floride, vidé de ses occupants. Un avion soupçonné d’avoir apporté de la coke. Son immatriculation sera attribuée en 1988 à un Boeing 727. Deux ans plus tard, en 1987, la police découvrait tout un matériel radio sophistiqué chez des trafiquants arrêtés à Miami : scannersdes scanners radios sophistiqués pour écouter la police, et une véritable station d’observation avec jumelles sophistiquées en haut d’un appartement de Sunny Isles. Au sommet du trafic, Lloyd Frink, le responsable du Grand Prix de Palm Beach et de l’International Motor Sports Association (IMSA). En trois ans, Don et Bill Whittington, Davie`s Randy Lanier et Davie`s Marty Hinze, tous pilotes de course, avaient été arrêtés pour trafic de drogue. Alors que Seal balançait ses paquets sur terre, Frink les récupérait lui plutôt en mer, ses paquets étant équipés de balises émettrices :  « la cocaïne, munis d’émetteurs, tombait dans l’océan depuis des avions, raconte le FBI. Des bateaux suivraient le signal radio et ramassaient des paquets flottants avec la drogue illicite. Frink et un autre pilote d’hydravion, appelé Lake (un Lake Buccaneer LA-4-200 en fait), volaient au dessus des bateaux transportant de la cocaïne de Scrub Cay dans les Bahamas, à Nassau, disent les autorités, selon le procureur adjoint Michael Runowicz déclaré jeudi. Le réseau de contrebande importé 10 tonnes de cocaïne d’une valeur de 10 millions dollars, selon, les agents du FBI. »

Des risques énormes, et des accidents révélateurs

principeDe accidents ont eu lieu, lors de ses vols de nuit dangereux. Le pilotage à l’arrivée de la Mena n’étant pas si facile que cela… comme témoignage, celui du shérif local avait surpris, à propos d’un crash d’un des appareils contenant la coke : « A. L. Hadaway, l’ancien shérif du lieu, a été fort surpris d’apprendre que « Camp, un pilote expérimenté, s’était écrasé. « Il aurait pu trouver cet aéroport de nuit tous feux éteints, je l’ai vu le faire », a déclaré Hadaway, qui est aussi un pilote. Furr (le manager de Rich Mountain) a dit qu’il y avait quelques doutes que la mort de Camp aît pu être simplement accidentelle :« J’ai entendu parler d’un assassinat, que Camp avait une bombe à bord, qu’il avait avec lui 500 livres de cocaïne et 3 millions de dollars en numéraire » a-t-il dit. Vous pouvez entendre plein de choses à ce propos ».  Dans une fort étonnante déposition d’un policier, Russell Franklin Welch, lisible ici, on peut en effet lire la thèse de l’attentat contre Camp : « donc, environ le 20 Février 1985, une personne inconnue à mes yeux, avant cette époque; ^portant le nom de Emile Camp, s’est écrasé en avion près de Mena et a été tué. J’ai reçu un appel d’abord de Rudy et Furr et plus tard, je pense, de Freddie Hampton. Je ne me souviens pas de l’ordre exact sur ce point. Mais ils tous deux craignaient que cela avait été un assassinat, parce Barry Seal allait au tribunal – il à la cour à ce moment-là à Miami, en Floride, sur un – témoignage pour la gouvernement dans une opération qu’il avait aidé à effectuer. Ils le sentaient comme cela – que l’accident d’avion d’Emile Camp était en quelque sorte un assassinat pour expédier ce procès, soit pour Barry Seal ou pour la défense dans le procès, Emile Camp étant la seule personne avec Barry Seal personne qui pourrait témoigner de ce qui se passait en ces temps particuliers« . Seal sera descendu, on le rappelle alors qu’il commençait à témoigner à sonpropre procès, et surtout à commencer à tout révéler. L’avion de Camp était le N8658E, un Piper Seneca noir, gris et rouge.maule L’avion appartenait à « Seal Adler B » : le nom réel complet de Barry Seal. Des Piper Seneca, il en avait trois : le N8658E, le N8275T (enregistré chez « Pay and Save Inc » (drôle !)et le N8049Z, tous peints exactement pareil, avec des noms de code internes… japonais. Exercés à voler bas et à tester les détections radars de la base. Peints pareils, les avions étaient complètement interchangeables. Les avions étaient enregistrés à Boward County… en Floride. Barry Seal utilisait aussi un avion précis : un petit Maule, dont la spécialité est l’atterrissage et le décollage court, idéal au Nicaragua (présenté ici par Terry Reed).

Un seul hangar est tout s’explique

rich_mountain-8279aL’origine du trafic est vite cernée, et elle se situe dans un hangar précis de Mena même :« M. Duncan et M. Welch, enquêteurs de police de l’état d’Arkansas, ont poussé leur enquête sur M. Seal et de Rich Mountain Aviation. Ils soupçonnaient que M. Seal, en dépit de son travail avec la DEA, ait continué d’importer des drogues et à blanchir l’argent par le biais des entreprises locales et les banques, en utilisant éventuellement la piste d’atterrissage de Nella comme base pour des largages de drogue. En 1986, la chevauchée sauvage de M. Seal a pris fin. Trois tueurs à gseal deadages colombiens armés de mitraillettes l’ont rattrapé alors qu ‘il était assis derrière le volant de sa Cadillac blanche à Baton Rouge, en Louisiane, et lui ont délivré une récompense éternelle. Huit mois après l’assassinat, l’avion cargo de M. Seal a été abattu au-dessus du Nicaragua. A bord il y avait un chargement de munitions et de fournitures pour les Contras. Un membre d’équipage, Eugene Hasenfus, a survécu. Avec l’accident, et l’étalage de l’affaire Iran-Contra, les enquêteurs ont commencé à examiner la piste de Nella sous un jour nouveau. Barry Seal ne faisait pas simplement que voler la drogue aux États-Unis, pensaient-ils, peut-être aussi qu’il apportait aux Contras nouvellement formés des armes de l’extérieur. » 

Des largages et une récupération par hélicoptère

mena_hangar-7084dLe policier qui avait découvert le trafic a fait un témoignage fort précis sur les méthodes inventées par Barry Seal, qui deviendron communes à tous les trafiquants suivants :  « nous avions un problème difficile pour montrer la réalité de l’arrivée de la drogue à la Mena. Nous avons appris la méthode de fonctionnement de Barry Seal et des personnes qui avaient été impliquées avec lui. Lui-même à cette époque, expliquait au Congrès et aux journaux exactement  son mode de fonctionnement qui, pour aller en Colombie dans un avion au système de carburant modifié, muni de réservoirs souples pour transporter du carburant supplémentaire, pour voler ainsi jusqu’en Colombie chargé avec de la cocaïne et pour revenir dans ce pays, toucher le continent, et laisser tomber sa cocaïne dans des sacs de voyage dans une non divulguée que personne ne connaissait grâce aux coordonnées Loran, vers une équipe au sol dans un hélicoptère, qui allait ramasser la cocaïne ». L’hélicoptère était essentiel dans la pratique, une grande part dans le fonctionnement ». Les avions ont fait qu’il utilisait nous savions (par un informateur) qu’ils étaient les mêmes car l’informateur de Louisiane, nous a dit qu’ils étaient stationnés au Mena Airport chez  Rich Mountain Aviation. Nous savions que ces avions environ toute les semaines ou deux quittaient l’aérodrome, pendant un jour ou deux, puis revenaient. Nous savions que ces avions avaient des réservoirs souples à l’intérieur. Nous savions aussi en fait ces avions avaient des couvertures couvrant leurs tableaux de bord dans le cockpit pour les dissimuler au regard des étrangers tentés de voir de quoi était fait l’équipement sophistiqué du cockpit, les radios et les Lorans et des choses que je ne connais pas du tout (…) l’informateur nous a dit qu’il y avait de fait de la cocaïne dans l’aérodrome. » Détail saisissant : la secrétaire de Richmond Aviation s’appelait Lucy Gonzalez, et elle était la fille d’un sénateur colombien.

La piste du carburant qui remonte aux trafiquants
IA Piper Navajo PantherLe témoignage est primordial, car il indique aussi les types d’appareils utilisés. « Mais un des aspects les plus importants en fait, que nous avons appris, c’est que Barry Seal possédait aussi des hélicoptères, dont deux d’entre eux, étaient à Rich Moutain Aviation pour une période de temps. Et ils avaient aussi une sorte de plancher, qu’ils faisaient rouler au dehors du hangar, par manque d’un meilleur mot, sur lesquels les hélicoptères pouvaient atterrir sur, puis étaient rentrés dans le hangar. Et la seule chose que l’on savait c’est qu’en fait Barry Seal avait besoin de ces hélicoptères pour pour ramasser les paquets de drogue après leur chute de l’avion lui-même. Nous savons aussi que Joe Evans aidait Barry Seal avec sa licence de camion à plateau avec un grand réservoir de carburant sur le dos de celui-ci sous un nom commercial fictif. Et nous savions ce que ce camion était utilisé pour l’achat de carburant, en grande quantités dans différentes zones environnantes de Mena, à savoir dans sou un nom d’entreprise fictive, en utilisant les numéros de queue d’avions fictifs ». Ce qui nous a amené à croire que peut-être de la cocaïne avait été stockée dans la zone. Mais on n’a jamais été en mesure d’établir nous-mêmes le fait. Pour nous, ce n’était pas nécessaire pour son opération d’apporter tout cela dans cette région. Ce qu’il avait était un endroit sûr pour ses avions. – Combien d’avions y avait-il là, Russell?  demande le président du jury – « selon les informations que nous aviescobarons, il y avait quatre avions à un moment, dont deux Cessna Seneca; et je pense aussi dire vrai pour deux Panther Navajo et deux Seneca ». Le Navajo Panther étant une amélioration du Navajo équipé de moteurs Lycoming TIO-540-J2BD avec des hélices quadripales Harztell capable de voler sur 800 miles en réservoirs internes (en tête de chapitre un Panther avec Winglets)… Les trafiquants avaient choisi ce qui se faisait de meilleur pour l’époque : le premier Piper à turbopropulseurs, le Cheyenne n’a été mis en service qu’à partir de 1974. On peut voir dans un documentaire Pablo Escobar en personne atterrir à son Hacienda Napoles à bord de l’un d’entre eux (image ici à droite, je reviendrai plus loin sur cet appareil plutôt… particulier).

Ce menteur invétéré de Clinton et ses douteux amis

US-FILES-CLINTON-GRAND JURY-TESTIMONYOn a souvent évoqué les Bush comme pires présidents, mêlés à des activités fort douteuses, le père ayant lui-même été à la tête de la CIA, ne l’oublions pas. Mais les Clinton n’ont rien à leur envier, toujours selon le Wall Street Journal de 1994 : « par une coïncidence intéressante, tout en fonctionnant comme un agent de Barry Seal, la DEA a également mené une enquête sur les activités liées à la drogue du courtier en obligations de Little Rock, Dan Lasater, un partisan de Clinton. En Octobre 1986, M. Lasater avait tait accusé à Little Rock complot en vue de distribuer de la cocaïne, la DEA a confirmé qu’il était la cible d’une recherche de trafic de drogue impliquant son avion privé et un petit aérodrome au Nouveau-Mexique, à la station de ski d’Angel Fire (photo ici à droite) que M. Lasater avait acheté en 1984. M. Lasater a exécuté une mystérieuse série de transactions pour le compte de Dennis Patrick, résident du Kentucky, qui a dit qu’ll n’avait pas eu connaissance de ces millions dans les transactions de son compte bancaire en 1985 et 1986. On ne sait pas ce que ces transferts représentent, à partir des bordereaux de confirmation que M. Patrick a montré sur papier seulement, avec le peu d’argent qui en sortait. dan lasaterPourtant, il est intéressant de noter que l’activité trépidante dans le compte est arrivée à une fin abrupte en février 1986 – le mois même où Barry Seal a été tué. Bien sûr, tout cela peut être juste une coïncidence, et peut-être même que le gouverneur Clinton ne savait même pas que des trafiquants de drogue, la CIA et la DEA opéraient dans sa cour. Peut-être qu’il ne voulait pas le savoir. Après tout, comme Nous venons de l’apprendre, l’Arkansas de Bill Clinton était un endroit très étrange. » Lasater sera condamné en 1986 pour trafic de drogue, mais ne fera que 6 mois sur les 30 requis, et Clinton en 1990, lui octroiera un pardon complet, effaçant toutes les accusations contre lui. Dclinton rogerifficile d’imaginer que cette mansuétude eût été elle aussi fortuite ! En 1993, un ex-agent de la DEA, Robert Bonner avait confirmé devant les caméras du magazine 60 Minutes qu’il y avait bien un trafic de drogue à la Mena : vous dites. Une tonne de cocaïne a été exportée vers les Etats-Unis d’Amérique …. En collaboration avec la CIA ? Bonner : C’est exactement ce qui semble s’être passé ». Chez les Clinton, le propre frère du président, Roger, protégé de dan Lasater, dealer de coke, en prenait lui-même : on le voit ici sur cette  vidéo de la Police se prendre un rail dans un motel.

De la coke à la tonne

seal_aircraft-a8c07Une tonne, et beaucoup plus, car ce n’était pas par petit bimoteur seulement, mais par avion cargo militaire de taille conséquente, un Fairchild C-123 Provider. que cela se passait. « Dans la matinée de ce premier vol direct, Seal et Brown ont dû aller à l’aéroport régional de Mena Intermountain dans une région éloignée près de la frontière de l’Oklahoma. Il s’agit d’un établissement petit, rarement utilisé, et intéressant seulement pour une piste très longue, du type utilisé par les gros avions de vols transcontinentaux. Brown s’était attendu à trouver, un Baron ou un King Air, des petits bimoteurs pour lesquels il avait reçu une formation de pilote. De tels avions transportaient le gouverneur dans tout l’État. Au lieu de cela, a-t-il dit, il a trouvé cet « avion militaire énorme » alors que ce n’était pas vraiment un avion militaire. Il était sombre, presque noir, et avait seulement sur la queue les marquages ​​civiles minimums nécessaires pour l’opération. Le C-123K est un transport militaire avec deux moteurs, avec une porte cargo à l’arrière de son fuselage capable de charger une petite voitureA l’intérieur de l’avion, avec Brown, un autre pilote et deux autres personnes qui étaient des ouvriers, des « Beaners »-communs qui ressemblaient à des indiens d’Amérique centrale. Plus tard, Brown aurait appris à les connaître comme « kickers », parce qu’ils donnaient des « coup de pied » aux cargaisons de l’avion. Ils étaient tous en jeans, chemise et chaussures de sport. Seal, dit Brown, avait prescrit le code vestimentaire et insisté sur le fait que l’on n’ait pas une seule pièce d’identité sur soi, pas même des clés ou des bijoux. Seal avait même demandé à Brown de changer ses chaussures. Ils devaient être inreconnaissables. Quand Brown est monté dans l’avion, Seal co-pilote à ses contrôles jouait avec des jauges et des notes. Puis Seal a démarré les moteurs et Brown se souvient : « Ce putain… excusez-moi, je veux dire juste ce bruit de tonnerre de putain d’avion de merde qui était déjà en train de décoller. » Brown affirme que quand l’avion a décollé, il était assis sur un banc derrière les deux pilotes. Les « kickers » étaient assis loin à l’arrière de ce fuselage d’avio où il y avait des palettes sur roulettes. Des caisses étaient empilées, sur palettes partiellement couverts par une bâche. » Il est vrai que le Provider transportait de tout….
Les bases militaires dans le coup
250px-Stennis_International_Airport_-_Mississippi-625ceL’appareil utilisait aussi des bases militaires, notamment pour se ravitailler : à la DEA et la CIA on peut ajouter l’armée comme complicité : « Après l’avoir quitté Mena, l’avion a fait une escale de ravitaillement « Personne n’est descendu, » a dit Brown et le vol a repris. L’arrêt s’était arrêté à l’aérodrome de Stennis à Gulfport, Mississippi, un aérodrome fréquemment utilisées par le DEA (c’est resté un terrain militaire jusque 1970, ici en photo à gauche). Une fois de retour dans l’air, Sceller les fit sursauter en hurlant : « Eh bien, vous allez tous vous aggriper. » L’avion est alors descenu à ce que Brown appelle « une altitude d’enfer de beaucoup plus faible que celle à laquelle vous pensez pouvoir voler. » Seal évitait ainsi les radars. Bientôt, ils ont regagné l’altitude, mais ensuite ils sont redescendus à nouveau et « c’est alors ces deux enfoirés se sont mis à pousser obtenir ces palettes et à les faire rouler ». Lesrodriguez parachutes se sont ouverts au dessus de la charge sur les palettes. Plus tard les soupçons de Brown ont été confirmés : les palettes emportaient des M-16 pour les Contras. On ne sait pas s’ils avaient déjà été largués aux Contras. Seal semblait avoir eu des relations aussi chaleureuses aussi bien avec le cartel de Cali qu’avec les sandinistes. Il démontrait surtout être un employé du gouvernement très peu fiable. Environ trente minutes plus tard, Brown dit, le C-123K tard a atterri dans ce qu’on pensait être Tegucigalpa, au Honduras, bien que d’après les enquêtes c’était inconnu comme site central de la présence américaine. Après l’atterrissage, l’avion a été ravitaillé en carburant. Alors que Seal et les kickers étaient allé chercher quelques colis, Brown et le co-pilote, restés à bord échangeaient jamais plus que quelques mots . Puis, a dit Brown, Seal et les kickers sont revenus, portant quatre sacs. Brown dit qu’il n’avait amais revu les sacs depuis« . Tegucigalpa, là où sévissaient les escadrons de la mort formés par John Steele, retrouvé plcartes ciaus tard en Irak… comme tortionnaire travaillant sous les ordres directs de David Petraeus. Parmi les personnes très affairées à la Mena, un dénommé Felix I.Rodriguez (alias « Maximo Gomez » ici dessus à droite avec G.H.Bush), dont on reparlera un peu plus loin… mais aussi Bob Nash ou Aki Sakawatha, de la CIA. Tous se promenaient avec des fausses cartes d’entreprises de compagnies écrans sur eux, comme celle figurant ici à gauche…
La mort de deux ados trop curieux
reed-aba0bBill Clinton était-il au courant de ce trafic ? Sans aucun doute, peut-on affirmer aujourd’hui : « en Mars 1995, dans une déposition juridiquement contraignante, Cavalier Larry Patterson a également déclaré que Clinton savait, à propos de Mena. Patterson a dit qu’il avait ntendu des conversations à propos de « grandes quantités de drogues en cours de transfert dans l’aéroport de Mena, de grandes quantités d’armes, qu’il y avait une opération de formation continue des personnes étrangères à la région. » Lorsqu’on lui a demandé, « Y avait-il de ces conversations en présence du gouverneur Bill Clinton ? » il a répondu : enquête« Oui, monsieur. » Patterson avait été déposé en une action en justice déposée contre l’ancien chef du service de sécurité Clinton, Terry Reed, qui a dit qu’il avait formé les pilotes de Contra, sous la supervision de Seal, à Nella, Arkansas. Dans un autre hangar dans le cas, John Bender, un mécanicien, dit qu’il avait vu trois fois Clinton à Mena, à l’été 1985. Il n’y avait pas d’autres dignitaires locaux de présents, et Bender, et Clinton ne semblaient pas prendre part à aucune fonction officielle. Cela dit Bender Clinton est arrivée dans un avion Beechcraft et l’avion était toujours là Quand Bender est repartu en fin de journée. Le séjour de Clinton a duré des heures ». Bill Clintondeux_jeunes_tues_arkansas-d2d05, ce menteur professionnela toujours nié, comme il l’avait fait, fort mal à l’aise devant la truculente journaliste Sarah McClendon qui signait-là encore une fois son sens de la vérité pour lequel elle s’est toujours battue. Deux adolescents de 17 ans, trop curieux, Don Henry et Kevin Ives y ont laissé la vie, également, à s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Ils avaient assisté à quelque chose, pour sûr, mais à quoi : les largages de cocaïne des avions, tout simplement ! Une des deux mères, Linda Ives la maman de Kevin, obtiendra une exhumation du corps de son fils qui révélera qu’il avait été tué en recevant des coups et non par le train, dont le conducteur avait aperçu trop tard les corps disposés sur la voie.train Il fut conclut à un meurtre lié à un trafic de drogue ayant lieu à Saline County, Arkansas. On retrouvera après l’un des pieds des deux corps qui manquait, alors que l’exhumation avait tenu à ne pas révéler ce détail morbide : comme si quelqu’un voulait à nouveau faire savoir que l’affaire était douteuse depuis le début. L’homme en cause dans l’affaire étant le premier légiste à avoir examiné les corps, le Dr. Fahmy Malak, pour qui il s’agissait d’un accident : on découvrira qu’il avait quelque temps auparavant déclaré de mort naturelle un homme retrouvé… décapité ! Une des rares personnes à avoir assisté aux meurtres, Sharlene Wilson, agent informateur de la CIA, travaillant pour la Saline County Drug Task Force a été ensuite envoyée en prison à vie. Selon elle, d’autres jeunes avaient assisté au massacre, mais ils ont toujours eu trop peur de témoigner.
Les souvenirs de Tosh
plumlee-fa1c0J’avais déjà évoqué en 2011 le rôle trouble de Clinton : « parmi les pilotes de la Mena, et certainement un des pilotes de ce genre d’appareil, figurait Tosh Plumlee, qui utilisait l’aéroport de la Mena au nom de la CIA pour le trafic de drogue des Contras. Plumee a beaucoup de choses à raconter, c’est évident. Hélas, on ne pourra pas le savoir avant… 2020 : lors de l’enquête menée par le sénateur John Kerry (oui, l’ex-candidat et l’actuel secrétaire d’Etat d’Obama), il a déposé sous serment sur ces activités de transporteur de drogue pour la CIA. Hélas, sa déposition ne sera rendu publique que dans 10 années seulement ! Le temps de protéger Clinton, très certainement. Plumlee avait déjà révélé une petite partie dans on livre »Black Knights of Cuba », où il évoquait sans détours les liens entre les anti-castristes et l’assassinat de Kennedy.«
Et ça continue, aujourd’hui encore !!!
crash cessna 210On pense que tout cela est de l’histoire ancienne : détrompez-vous ! Un événement va répéter le schéma classique depuis l’époque de Lehder et de son île à cocaïne. Ça s’est passé le 14 novembre 2011 à environ 4 heures du matin sur Cayman Islands, autour de la piste de l’île de Cayman Brac, qui est parallèle à l’Océan, et qui n’es pas celle du petit Aéroport de l’île, qui est plutôt bien dégagée, elle Des témoins entendent vers 3h45 du matin un avion volant tous feus éteints et circulant d’ouest en est, puis une absence brusque de bruit de moteur, et juste après un énorme bruit.  Vers cinq heures du matin on découvre un crash d’avion, un Cessna T210N, immatriculé au Mexique en XB-LLD, construit à la grande époque des narcotrafiquants de la région, en 1981. dans la carcasse broyée qui s’est plantée dans les arbres en bord de piste (il ne reste pas grand chose de l’avion), il y a deux cadavres.cartographie un mexicain, Jose Santos Castaneda Castrejon âgé de, 35 ans et un colombien,  Fernando Duran Garcia âgé de 56 ans. Celui-ci avait reçu sa licence de pilote commercial en 1976… l’autre avait aussi son diplôme de pilotage si le second n’avait rien ingurgité, le corps de Garcia contient de la cocaïne et de la chlorphénamine (un antihistaminique) : le pilote était donc « high » au moment du crash ! Si le pilote était sous dope, l’avion avait à bord l’équipement complet de l’avion de trafiquants : il y a deux GPS Garmin 495 dont un connecté à l’allume-cigare de l’avion, et tous les sièges arrière sont manquants. A la place, il y a tout un système de fûts en plastique (il y en a 10)  reliés entre eux par des tuyaux et deux pompes électriques sous 24 volts.  L’un d’entre eu contient encore une cinquantaine de litres de kérosène. Les ailes ont été allongées pour emporter chacune un réservoir supplémentaire interne « extended range wings« ). Une carte GPS crashmodification jugée « amateur » par les enquêteurs, mais qui avait ajouté 600 litres de kérosène à bord (158 US gallons). Celle de gauche, qui a heurté les arbres et les poteaux télégraphiques en bord de route, les a copieusement arrosés de kérosène. L’avion a essayé de se poser, se laps étant sortis et son train en position basse bloquée (le Centurion a un train rentrant),  et l’origine de son crash est à chercher dans la perte totale de l’alimentation électrique de l’appareil.  Un eportage d’une TV locale montre les dégâts de l’appareil et le témoignage d’un résident, Glen Robinson, qui a entendu l’avion tomber. L’enquête ,visible ici montre que l’avion est parti de Guadalajara pour unbidons vol à destination de Chetumal, au Mexique; situé à une distance d’environ 858 Miles nautiques. , ce qui est faisable théoriquement par un Cessna 210 sans essence supplémentaire. L’avion a ensuite redqueueécollé vers le nord et vers la frontière du Belize,où il effectué un atterrissage bref sur une piste improvisé, puis a à nouveau volé 490 nm, vers l’est à travers la mer des Caraïbes du sud,  lorsque que son GPS s’est arrêté. Dans les mémoires des deux GPS, on retrouve des indications fort intéressantes : « un GPS a eu un itinéraire actif sélectionné à un emplacement au Venezuela près de sa frontière avec la Colombie. L’autre GPS avait un actif « aller à » sélectionné à un mi-chemin point entre la Jamaïque et le point le plus au nord de la Colombie » notent les enquêteurs. Toujours le même chemin !!! Et toujours la même méthode, plus de 35 ans après !!!
GhostofMomo
sur Jack Reed:
fhttp://www.gorillaconvict.com/2014/04/buccaneer-provocative-odyssey-jack-reed-adventurer-drug-smuggler-pilot-extraordinaire/
le texte de The Crimes of Mena
le  copieux dossier de Daniel Hopsicker sur le sujet (publié en 1997 déjà !) :

sources:

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-civ-retour-en-arkansas-a-la-mena/

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liberacion_quintero
4 novembre 2015

L’histoire qui va suivre est tout simplement sidérante : c’est celle d’une manipulation qui perdure depuis plus de trente ans, et que certains ont découvert, pourtant, mais dont les médias américains se désintéressent de façon toute aussi sidérante depuis que la vérité a jailli. Un homme, un narcotrafiquant notoire, a été enfermé 28 ans pour- entre autre- avoir assassiné un agent de la DEA, qui sera présentée par Ronald Reagan comme un véritable martyr de la cause de la lutte contre la drogue, alors qu’on a fini par découvrir fort récemment qu’il n’y était pour rien. Plus étrangement encore, le trafiquant vient d’être libéré cet été sans avoir purgé la totalité de sa peine initiale, au prétexte d’une erreur de procédure… 28 ans après les faits.Mais le plus étonnant encore est de découvrir qui exactement a tué Enrique Camarena, en 1985…

lifeL’histoire est en effet incroyable. C’est celle d’un des plus gros mensonges élaboré par la CIA pour dissimuler ses activités réelles. Il aura fallu un peu moins de trente ans pour qu’elle éclate, en 2013. L’affaire avait commencé, rappelons-le ici, avec la découverte le 5 mars 1985 du corps mutilé d’Enrique Camarena, un agent des bureaux de la DEA à Guadalajara, au Mexique (dans l’État de Jalisco). Son corps est retrouvé un mois après sa disparition, jeté dans un fossé avec un adjoint (à droite les deux corps ramenés à la morgue par la police, photographiés par « Life »). Son crâne, sa mâchoire, son nez, ses pommettes avaient été écrasés. Ses côtes brisées. Sa tête avait été forée avec un tournevis. On s’était manifestement acharné sur lui, en le torturant. L’horreur totale. el buffaloComme agent de la DEA, Enrique surnommé « Kiki » Camarena avait auparavant infiltré un bon nombre de gangs lancés dans le trafic de marijuana, à l’époque, se faisant souvent passer pour un acheteur potentiel. Tout se passait autour de Guadalajara, la plupart des trafiquants venant de la région de Sinaloa. L’homme était efficace, et son plus haut fait d’armes est d’avoir provoqué la destruction d’une plantation gigantesque de 1000 hectares de marijuana, le Rancho Buffalo (ici à gauche), dans lequel il s’était fait photographier. Le ranch était la fierté de Caro Quintero, alors le plus gros trafiquant de la région. Le manque à gagner de cette destruction expliquait parfaitement pourquoi le cartel qui avait installé cette gigantesque usine à drogue aurait pu en vouloir à Enrique Camarena au point de vouloir l’assassiner. Quintero, originaire de Sinaloa… devenu depuis le nom du cartel parmi les plus violents du Mexique. A l’époque on parlait plutôt du Cartel de Guadalajara, situé plus au sud et dirigé par Félix Gallardo, Et on parlait aussi de « Sicile mexicaine » pour décrire la région de la frontière avec les Etats-Unis. Le frère de Caro,  Miguel Caro Quintero prendra la tête du cartel de Sonora, bâti en fait sur les ruines de celui de Guadalajara, une fois Gallardo arrêté.

La mise en scène de sa mort atroce

nancy reaganCamarenaLe meurtre, une fois découvert, avait été largement monté en épingle par Reagan (sa femme Nancy, très émue, viendra faire l’éloge de Camarena devant les caméras et fera pleurer toute l’assistance) et une active chasse aux tueurs avait été lancée. Ce fut l’opération Leyenda (Légende) organisée par la DEA, présentée comme la plus grande recherche de criminels jamais effectuée aux Etats-Unis. Les enquêteurs viseront en priorité Félix Gallardo, surnommé Le Parrain, et deux de ses lieutenants, Ernesto Fonseca Carrillo et Rafael Caro Quintero. Livrés au Mexique, les deux derniers seront rapidement jugés, Quintero écopant de 40 ans de détention (celle dont il n’a fait que 28 après sa libération surprise cet été). Ce n’était pas exactement ce qui avait été souhaité, à vrai dire : les américains voulant juger eux-mêmes Quintero, notamment et l’enfermer dans une prison fédérale US. Ils y tenaient beaucoup, mais ça n’avait rien à voir avec le meurtre horrible de l’agent de la DEA.

Un tueur présumé transporté par la CIA !

tosh plumleeCaro Quintero avait en effet d’abord fuit au Costa Rica, mais pas de façon très classique. C’est le pilote des coups tordus Tosh Plumlee qui l’avait vu emmené à bord d’un avion… de la CIA. Car à cette époque, Quintero était une pièce maîtresse de l’organisation Reagan, pour fournir de la dope, de la coke, celle qui nourrissait en argent pour acheter des armes aux contras dans leur lutte au Nicaragua. Son arrestation était l’œuvre d’une duplicité totale : c’était l’allié des américains, comme l’avait aussi été Ben Laden dans un autre registre (quoiqu’il trafiquait aussi de l’opium afghan) avant de se retourner contre eux. Un journaliste,  venu interviewer Plumlee affirmera en effet ceci :  « un peu plus tard, je trouvé des preuves plus intéressantes. Des copies d’une série de cartes livrés au gouvernement américain et classifiées jusqu’en 2020, montrant par quelles routes délimitées par Plumlee passaient les armes et la cocaïne transportée. L’entraînement des membres des forces des Contras nicaraguayens dans les ranchs de Caro Quintero étaient également détaillées. Ces cartes finalement m’ont convaincu que Plumlee était bien le pilote; L’homme qui été entré aux États-Unis transportant plus de 40 tonnes de cocaïne à la CIA, dans une période d’un an et, qui, en 1985, transporterait Caro Quintero au pays ». tosh plumlee airstripA gauche, un terrain d’atterrissage clandestin de Tosh Plumlee situé à  Potrero Grande, dans la province de Guanacaste au nord-ouest du Costa Rica .Quintero était bien le protégé, alors, de la CIA !!! Parmi les documents décrits dans l’article, une lettre signée  Gary Hart, ancien sénateur démocrate, en date du 14 février, 1991 envoyée au sénateur John Kerry qui deviendra plus tard le responsable du Subcommittee on Terrorism, Narcotics and International Communications au Congrès ! Hart y décrivait un entretien avec Plumlee de mars 1983, dans lequel ce dernier avait décrit point par point les opérations clandestines menées par la CIA. Parmi les détails donnés un ranch près de Veracruz appartenant à Rafael Car-Quintero… dans la lettre, Plumlee affirmait que ce n’était même pas la CIA la responsable, mais carrément et directement la Maison Blanche, le Pentagone et la NSC (la National Security Council) !!! Les côtés sombres de l’ère Reagan qui annonçaient celles de G.W.Bush !!!

Une scène rocambolesque

gulfstreamLa scène du départ au Costa Rica de Quintero vaut en effet son pesant de mouron :  c’est un plan machiavélique qui avait été mis au point pour jeter en prison Quintero sans avoir l’air de le faire : « Au début de mars 1985 on a appris que Caro Quintero devait sortir de Guadalajara pour échapper à la chasse à l’homme qu’avait déclenché le président américain Ronald Reagan en fermant la frontière américaine avec le Mexique, et des agents de la DEA ont couru à l’aéroport de la ville pour trouver des agents de la Direction de la Sécurité Fédérale du Mexique DFS et le jet Gulf Stream de Caro Quintero. Selon Héctor Berrellez, investigateur principal de la DEA sur l’enlèvement, la torture et l’assassinat de l’agent Enrique « Kiki »  Camarena, Caro Quintero est apparut à la porte de l’avion tenant une bouteille de champagne et en criant aux agents de la DEA fortement armés : « mes enfants, la prochaine fois apportez donc plus d’armes. » Les agents de la DEA en armes faisant une haie d’honneur à un narcotraficant, avouez que c’est plutôt rare… Caro Quintero s’était  s’abord envolé vers le Nord, vers Sonora emmené par le pilote Costa Ricain Warner Lotz pour aller voir son frère Miguel avant de rejoindre son ranch de Veracruz. De la frontière du Guatemala, un autre pilote , Luis Carranza, l’avait emmené au Costa Rica. Une fois là-bas, la CIA pouvait alors demander au Costa-Rica de l’arrêter…. pour mieux l’extrader ensuite vers les USA ! Au lieu de ça, Quintero fut renvoyé au Mexique par le Costa-Rica … raconte ici Plumlee. Manque de chance pour les USA, l’homme était resté emprisonné au Mexique, à la grande déception de l’équipe du successeur de Reagan, à savoir G.H.Bush, ancien… de la CIA.

Les avions de Rafael

avions quinteroL’envol vers le Costa Rica est décrit ici« les pilotes du Costa Rica Victor Hugo Miranda et Werner Lotz ont entrepris de déplacer le 17 mars 1985 l’un des hommes les plus recherchés par l’US Drug Enforcement Administration (DEA). C’était le trafiquant de drogue Rafael Caro Quintero, qui a voyagé à bord d’un avion privé privé Aero Commander 840 immatriculé TI-AQMici à droite, avec en dessous son Piper Navajo Panther à hélices à 4 pales comme celui-ci) – de Mazatlan, au Mexique, à l’aéroport Juan Santamaria à Alajuela. L’avion transportait un groupe de 6 mexicains identifiés à l’époque par les autorités comme Juan Carlos Camperos, José Albino Bazan, Jose Luis Beltran, Violeta Estrada, Miguel Angel Suarez et Sarah Cossio, les compagnons de Caro Quintero. Après avoir décollé d’une piste clandestine et avoir voler sept heures à bord de l’appareil aux vitres teintées -pour qu’aucun officier ne puisse voir les occupants atterrie à Tiquicia sur un côté de la piste, où il y avait un inspecteur et les responsables de la sécurité ou des narcotiques mais pas ceux des autorités douanières ou d’immigration, qui n’ont pas su ce que se passait sur l’aéroport. Une fois sur le sol du Costa Rica, le groupe de mexicains est monté à bord d’un véhicule Mercedes-Benz et à 2 kilomètres vers la « finca » La California ». Les avions étaient ceux de Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA, une des entreprises officieuses de Quintero. 35 entreprises lui servaient de machine à laver l’argent sale de la drogue.

Le trafic de la cocaïne organisé par la CIA

el toroLa cocaïne ramenée par Plumlee n’atterrissait pas en Louisiane ou en Arkansas, comme avec Barry Seal, mais elle était amenée par des avions de la CIA, des C-130 sur les bases d’El Toro (près d’Irvine en Californie, ici à gauche), de March AFB (en Californie encore) et Homestead AFB (près de Miami, une des villes majeures dans le trafic de coke), dans une opération militaire secrète dirigée par le Conseil de Sécurité Nationale de Reagan. « Kiki » avait découvert l’implication de la CIA en 1985 et devait donc  être supprimé, par crainte qu’il ne le révèle. Un autre personnage sera victime de la même élimination pour avoir voulu dénoncer le principe : le colonel Sabow, retrouvé mort dans de biens étranges circonstances le 22 janvier 1991. Les C-130 étaient ceux de la Mena, autre point majeur du trafic. Comme tout bon complot, d’autres témoins gênants seront aussi éliminés : « Jack Chisom, le co-propriétaire de T & G de l’aviation, qui a fourni des C-130 et un DC-7 pour des opérations dans le golfe Persique, a été retrouvé mort dans le désert de l’Arizona à la suite d’un accident avec délit de fuite ». Un « accident » bien improbable et jamais élucidé bien entendu. « Kevin », un marin qui prenait sa retraite à l’été 1994, était dans la maison de quelques amis quand Connie Chung ( présentatrice d’une émission d’information de l’époque) est apparue à la télévision. Le programme comportait un volet sur la mort du colonel Sabow et incluait une référence à de grandes quantités de drogues livrées aux bases militaires, et une interview avec un pilote qui a participé à ces vols. Le groupe de gens qui regardent le programme ont été étonnés. « Kevin », a assuré que tout ce qu’ils voyaient était vrai. Lui-même avait reçu l’ordre de charger de grandes quantités de drogues à bord des avions, dans l’idée que les drogues pourraient être utilisées pour les « opérations spéciales ». Il n’était pas censé en discuter avec quiconque. Plus tard, David Sabow l’avait appris et avait essayé de parvenir jusque « Kevin » pour une rencontre. Cinq jours plus tard, une source secrète lui avait dit : « Kevin à un lieu de travail et un numéro de téléphone confidentiel », mais « Kevin » était déjà mort. Il a été retrouvé pendu aux poutres de la grange de ses parents ». Le trafic de cocaïne de la CIA ne devait pas être su. D’où la jonchée de cadavres qui avait suivi…

La terrible révélation

berrellez… dont celui de Camarena, qui n’a donc pas été assassiné par Quintero !!! Celui par qui le scandale de ces terribles révélations est arrivé s’appelle Hector Berrellez (ici à droite dans son bureau de société privée). Ancien lui-même de la DEA, il avait bénéficié d’énormes moyens pour démêler l’affaire : on lui avait « offert un budget de 3 millions de dollars par an et une équipe de 20 agents enquêteurs ». Mais ses conclusions ne furent pas vraiment celles attendues par l’administration US. « Du bureau de la DEA à Los Angeles, il a en effet traqué pendant des années les rares initiés ou privilégiés prêts à échanger des informations pour de l’argent » (certains toucheront entre 3000 et 5000 dollars par mois pour le renseigner !). Le long texte de sa déposition est saisissant, tant ses découvertes font froid dans le dos, maintenant que Quintero vient d’être relâché dans la nature, alors qu’on le présente toujours comme un psychopathe extrêmement dangereux. « C’est moi qui a dirigé l’enquête sur la mort de Camarena, » dit Berrellez, et il ajoute: «Au cours de l’enquête, nous avons découvert que certains membres d’une agence de renseignement des États-Unis, qui avait infiltré le DFS (la Direction mexicaine de la sécurité fédérale), a également participé à l’enlèvement de Camarena. Deux témoins ont identifié Felix Ismael Rodriguez. Ils (les témoins) étaient avec le DFS. Et ils nous ont dit qu’en plus, il (Rodriguez) s’était identifié lui-même comme étant de « US l’intelligence. » « La CIA a ordonné l’enlèvement et la torture de » Kiki « Camarena, et quand ils l’ont tué, ils nous ont fait croire que c’était Caro Quintero afin de couvrir toutes les choses illégales qu’ils faisaient au Mexique avec lui -le trafic de drogue », souligne Jordan. Il  ajoute: « La DEA est le seul (organisme fédéral) ayant le pouvoir d’autoriser le trafic de drogue aux États-Unis dans le cadre d’une opération d’infiltration » « L’affaire d’El Bufalo n’était rien comparé à l’argent de la cocaïne vendue pour acheter des armes pour la CIA. »  Selon le rapport, Kiki avait découvert que gouvernement américain collaborait avec Quintero dans un échange d’armes à feu contre de la drogue. L’implication de la CIA dans l’assassinat d’un agent de la DEA est rien de moins qu’une divulgation qui affaiblit grandement le pouvoir ». En supplément, tout s’imbrique, car Rodriquez, le policier qui aurait assassiné l’agent de la DEA, avait des liens également avec le lieutenant-colonel Ollie Nord, qui deviendra consultant chez Fow News et George H. Bush, le père du prédécesseur d’Obama, qui a dirigé un temps la CIA, comme on l’a déjà précisé. C’est une des pires révélations de ces dernières années, mais qui permet de relier toutes les pièces du puzzle ensemble… Un psychopathe comme Quintero que l’on a fait mariner 28 ans dans une cage pour un assassinat qu’il n’avait pas commis… est aujourd’hui en liberté. Cela risque de faire bientôt des dégâts, à l’évidence !!!

Un procès truqué de bout en bout, des témoins payés

Le procès de Quintero  avait été trafiqué de bout en bout. Des dépositions sentant le téléphoné avaient entaché les débats, tel ceux d’ Hector Cervantes Santos, ou de Javier Vasquez Velasco, des hommes de main du Cartel. Le plus étrange étant celui de Jorge Godoy, qui avait mis en cause nommément des ministres mexicains qui auraient participé selon lui à des réunions pour décider de l’élimination de l’agent de la DEA : le jury avait fortement douté de leurs témoignages. Ce qui n’empêchera pas Ruben Zuno Arce le beau-frère de l’ex-président Luis Echeverría d’écoper d’une peine maximale d’emprisonnement (la perpétuité; il y est encore). Tout cela sentait pourtant de loin la fabrication et le graissage de patte. Hector Cervantes Santos révélera quelques années plus tard que toute sa famille avait été copieusement arrosée, ayant touché un demi-million de dollars en six ans. Les USA reconnaîtront avoir versé 2,7 millions au total pour que certains accusés repentis chargent leurs voisins. Pas un mot des découvertes de Berrellez, comme celle du dénommé Lawrence Harrison qui s’appelait en fait George Marshall Davis, agent de la CIA infiltré, mis en cause dans le meurtre de Camarena. Rien non plus sur l’assassin véritable, le policier Felix Rodríguez, un ancien exilé cubain qui avait préparé l’invasion de la Baie des Cochons en 1961 !!!

L’incroyable parcours  de Rodriguez

Un sacré phénomène, que ce Rodriguez, et une sacré pointure, dans le genre, puisqu’on le retrouve aussi derrière la capture de Che Guevara en Bolivie, dans laquelle il est censé avoir gardé la Rollex du Che (???), puis au Viet-Nam, au sein du projet Phœnix si décrié. Il était bien sûr mêlé à l’affaire des Contras. Il avait rencontré Bush père, alors vice-président, qui avait retenu de lui qu’il « voulait lutter au Salvador contre les insurgés« . En 1987,  Ramón Milian Rodríguez, la « lessiveuse » de l’argent sale du Cartel de Medellin l’accusera même accusé d’avoir détourné 10 millions de dollars de l’argent destiné aux contras ! Un pilote mercenaire de la CIA, Terry Reed, le mettra en cause pour des opérations douteuses « et le versement de pots de vins à des ex-présidents mexicains « . Un sacré parcours, donc.  Qu’un autre bien connu (Celerino « Cele » Castillobushfelix2), lui aussi, décrit ainsi  : « en août 1982, George Bush a embauché Donald P. Gregg, comme principal conseiller pour les affaires de sécurité nationale. À la fin de 1984, Gregg a présenté Oliver North à Felix Rodriguez, (un agent de la CIA), qui avait déjà travaillé en Amérique centrale pendant plus d’un an sous la direction de Bush. Gregg a personnellement présenté Rodriguez à Bush le 22 janvier 1985. Deux jours après sa rencontre de janvier 1985 Rodriguez est allé au à Salvador et a pris des dispositions pour mettre en place sa base d’opérations sur la base aérienne de Ilopango. Le 1er novembre 1984, le FBI a arrêté le partenaire de Rodriguez, Gerard Latchinian qui a été reconnu coupable d’une contrebande 10,3 millions de dollars de cocaïne aux États-Unis ». L’assassin véritable de Camanera était beaucoup plus connu que lui, en définitive !

Berellez jette l’éponge

Terrence.ajarLe projet de Berrellez de tout dévoiler s’effondrera à la nomination du nouveau directeur de la DEA : Terrence « Terry » Burke, qui « avait derrière lui 12 années d’activités paramilitaires à la CIA et avait lui aussi entraîné les anticastristes pour l’attaque de la Baie des Cochons«  (ici en photo en Afghanistan)… note judicieusement Jason McGahan, de LA Weekly. Au final, c’est  le « deputy director of the Federal Judicial Police in Mexico », Guillermo González Calderoni, qui contactera Berrellez en lui disant de laisser tomber l’affaire, car « elle puait trop » mais en lui révélant quand même que « l’ordre de tuer Camarena venait de Felix Rodriguez de la CIA. C’est votre propre gouvernement qui tué Camarena. » Poursuivi au Mexique, Berrellez tentera de lui fabriquer une impunité aux USA pour qu’il puisse se consacrer à sa passion, le golf. Peu de temps après il était déssaisi du dossier et Calderoni sera assassiné à McAllen, au Texas, en 2003.

Le premier vol de « rendition » !

rendition flightPire encore, pourrait-on dire avec cet article intelligent de Chris Kraul dans Le LA Times osant un parallèle entre les célèbres vols de « renditions » de l’ère de G.W.Bush pour amener des prisonniers à Guantanamo (ici le  CASA CN-235-300, numéroté N196D vu en plein désert du Lazygranch), dans un no man’s land judiciaire dramatique dont on ne sait les extraire aujourd’hui. Selon l’auteur, en effet , lors de l’affaire, on avait réussi à aller kidnapper un médecin de Guadalajara, Humberto Alvarez Machain, censé avoir administré des drogues à Camanera, pourqu’il tienne pendant les tortures, pour ensuite le ramener aux USA et le juger (c’était une suggestion de Berrellez en fait !). Ça a été un échec, car un  juge fédéral américain l’a aussitôt relâché pour insuffisance de preuves, mais également une réussite dans le sens où « la  Cour Suprême a statué en 1992 que la capture et le transport à travers la frontière – en termes juridiques, la restitution extraordinaire d’un citoyen étranger – était légale ».  La pleine signification de cette décision n’a pas été claire pendant des années, jusqu’aux attaques du 11 Septembre, lorsque les États-Unis ont invoqué la restitution extraordinaire pour capturer les suspects de terrorisme et de les livrer à  des «sites noirs» dans les pays tiers pour interrogatoire et la torture. « Elle a ouvert une alternative aux extraditions. Lorsque les Etats-Unis pour des raisons politiques ne veulent pas passer par ce long processus», a déclaré Margaret Satterthwaite, de l’Université de New York, professeur à l’école de Droit ».

Quintero n’a pas assassiné Camarena !

liberacion_quinteroQuintero (ici dans le couloir de sa prison) n’était donc pas coupable de l’assassinat d’Enrique Camarena. Il est aujourd’hui libre… de se venger, pensent certains.  S’il y en a qui doutent de ses capacités à reprendre ses activités passées, qu’il lisent donc cela : « Caro Quintero a poursuivi ses activités derrière les murs de la prison au point d’y vivre comme un roi. En 1989, le Washington Post a rapporté que Caro Quintero et un ami trafiquant avait repris deux blocs cellulaires conçus pour 250 détenus et les avait remodelés, installant des cuisines, des salons et des salles de chambres, des bureaux, des salles de bains de marbre, et pour Caro Quintero, une chambre à moquette épaisse avec des draps et des placards pleins de chemises de soie, des bottes de cow-boy et chapeaux de cowboy. Ses petites mains avaient des fusils, les téléphones cellulaires, les télécopieurs et les engins, d’autres moyens de communications. Selon les États-Unis Caro Quintero n’a jamais perdu le contrôle de son commerce de la drogue ».

28 ans que le trafic de coke perdure !!!

accident cessnaCela continue en effet, et dans le secteur de Sinaloa où le 17 septembre dernier encore un avion bourré de drogue était retrouvé le nez dans un canal après avoir manifestement raté un atterrissage de fortune sur un chemin adjacente. Un Cessna 206, le petit format préféré désormais des trafiquants (c’est le « best bush plane« ) immatriculé XB-JZL : l’immatriculation normalement d’un Cessna 421B Golden Eagle ex N1DX. Si l ‘image de l’avion crashé était impressionnante, son contenu encore davantage, puis que dans un aussi petit appareil on avait réussi à entasser un véritable étal d’apothicaire, avec de la coke, mais aussi du crystal meth aux terribles ravages et des comprimés divers d’amphétamines, le tout agrémenté « d’armes de gros calibres« . Deux véhicules trouvés un peu plus loin contenant du calibre .38, du .223 et même un lance-grenade de 40 mm !!! Un avion tombé à Sinaloa, dans le fief du Cartel du Pacifique. En tout, la cargaison a été évaluée à une demi-tonne, le maximum que l’appareil puisse emporter (il fait 987 kilos à vide et 1630 à pleine charge) . En juillet c’est un autre Cessna (XB-EDM) qui a été saisi à Ensenada (en Basse Californie, pas loin de Tijuana) avec à bord 262 kilos de meth, 92 kilos de coke, 38 kilos d’héroïne, 2 kalachnikovs et un pistolet calibre .40.. et de belles liasses d’argent. Ce qui laisse augurer d’un trafic à flux tendu, tant le contenu varié fait penser à une commande précise… cette fois pour une demi-tonne au total !!! Des avions le plus souvent volés !

Une gangrène entretenue… et organisée

Less médias US n’ont pas fait beaucoup de remous avec l’affaire revenue au grand jour, trente ans après, et au Mexique de même. A croire que personne ne veut voir la réalité, ou que personne ne souhaite s’apercevoir que le pouvoir rend fou, au point de supprimer ses propres troupes pour garder un semblant d’apparence. Voilà qui résonne pourtant étrangement, ce complot véritable, dans lequel la CIA a joué le rôle déterminant, lorsqu’on aborde ce qui est toujours présenté comme une théorie à propos du 11 Septembre. L’article de fond sur cette affaire, qui se dévore littéralement, à propos de Berrellez, se termine par cette phrase terrible « partout où vous irez, c’est la même histoire ». On serait tenté de le croire, hélas, à voir les avions continuer à faire circuler des quantités astronomiques de cocaïne… plus de trente ans après. Et de voir des états toujours aussi gangrenés, sinon devenus pire qu’à cette époque.

Falcon&GhostofMomo

sources

l’histoire romancée sur le sujet de Charles Bowden est excellente :

View at Medium.com

sur les aventures de Tosh Plumlee

http://www.ticotimes.net/2013/12/10/27-years-later-cia-pilot-tells-of-using-secret-costa-rican-airstrip-to-traffic-guns-cocaine

sur le cas de l’infortuné commandant Sabot, la source est ici

http://netteandme.blogspot.fr/2014/08/another-casualty-of-irancontra-marine.html

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cii-lenorme-mensonge-de-la-cia-qui-remonte-a-la-surface/

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