Articles Tagués ‘François Thierry’

Lire ou re lire cet article d’Emmanuel Fansten paru le 25 janvier 2017 dans Libération. 

Une bande audio réalisée lors d’une réunion à la direction du renseignement des douanes met en cause François Thierry, ex-patron de la lutte antidrogue soupçonné d’avoir récupéré des valises de came à Roissy.

C’est un enregistrement clandestin longtemps resté secret. Une bande audio explosive, versée à la justice et authentifiée par un huissier, qui révèle un nouvel épisode de la guerre des services au sommet de l’Etat et illustre les méthodes troubles de l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry. Déjà visé par plusieurs procédures judiciaires et aujourd’hui en poste à la Sous-direction antiterroriste (Sdat), le commissaire est soupçonné d’avoir personnellement récupéré des valises de drogue à l’aéroport de Roissy, en dehors de toute procédure judiciaire. A l’époque, les accusations d’une douanière auraient été étouffées par les policiers.

Grand flic

La scène se déroule le 21 septembre 2010. La veille, une informatrice de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a été interpellée par l’Ocrtis, provoquant un pataquès judiciaire et une crise ouverte entre les deux services rivaux. Une réunion est alors organisée en urgence par le patron de la Division des recherches, Roger Combes, au siège de la DNRED, situé à l’époque rue de Charonne, dans le XIe arrondissement de Paris. Autour de lui, ont pris place son adjoint, Claude Lubrano, le responsable de la division des recherches de Paris, Philippe Gozard, ainsi que quatre enquêteurs de l’équipe «stups» des douanes. Soucieux de garder une trace en cas de problème, un des participants enregistre discrètement l’échange. Au fil de cette longue discussion à sept voix, la conversation dévie sur François Thierry. Après avoir passé plusieurs années à la tête du Service interministériel d’assistance technique (Siat), l’unité ultraconfidentielle qui chapeaute tous les agents infiltrés, le grand flic a été nommé cinq mois plus tôt à la tête de l’Ocrtis. Plusieurs douaniers s’étonnent de sa présence régulière à Roissy.

«- Oui mais bon, ça, on fait avec , tempère Philippe Gozard. Et puis ça existe, et puis on peut pas faire, on peut pas faire autrement. François Thierry a été, même en temps que patron du Siat, il allait chercher les… les valises à l’aéroport.

– En plus directement, réagit un agent.

– Ah bah ça, on l’a vu, enchaîne une autre. Il est parti avec sa valise vert-fluo, 50 kg dedans, et encore, 50 kg, je suis généreuse.

– Le problème, c’est qu’il est flic, s’étrangle Roger Combes.

– Mais oui, mais on n’est pas là pour le balancer non plus, moi je suis pas l’inquisiteur.

– C’est ça, le souci, c’est que ce mec-là, tout le monde sait.

– Le jour où il tombera, j’aurai ma conscience, c’est pas moi qui l’aurai balancé, parce que j’en ai rien à foutre, il vit sa vie. Rien à caguer.

– Et il n’empêche que ce mec-là, c’est le patron de l’Office des stups. Et quand il va voir le magistrat, le magistrat lui mange sur la main (sic).»

Quelques mois après cette réunion, à la suite d’un mystérieux courrier anonyme dénonçant les pratiques des douaniers, une enquête préliminaire est ouverte en novembre 2011, confiée à… l’Ocrtis. Soupçonnés d’avoir détourné de la drogue afin de rémunérer des indics, plusieurs agents de la DNRED sont mis en examen, dont la plupart de ceux qui se plaignaient de François Thierry. Mais dans les auditions, il n’est étrangement fait nulle part mention des valises transportées par le commissaire. «L’Ocrtis n’a pas voulu acter mes déclarations à ce propos», expliquera trois ans plus tard une des douanières mises en examen, Patricia B., lors d’une confrontation devant le juge Hervé Robert. A cette occasion, cette dernière confirme qu’elle s’est bien retrouvée nez à nez face à François Thierry, notamment le 6 février 2010, et qu’un de ses collègues en poste à Roissy lui a affirmé que le patron des Stups était là «toutes les semaines».

Surpris, le magistrat convoque trois jours plus tard François Thierry pour recueillir ses explications. «Je n’ai aucun souvenir de l’événement rapporté», commence par se défendre le commissaire, avant d’envisager trois hypothèses, «si tant est que j’ai bien été là ce jour-là». Première hypothèse : une «livraison surveillée» classique, technique qui permet de faire passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat afin de piéger des trafiquants. Mais vérification faite, aucune procédure judiciaire de ce type n’était ouverte à l’époque des faits. Deuxième hypothèse avancée par Thierry : il s’agissait d’un «exercice conduit au titre d’une opération factice». Troisième et dernière hypothèse, plus baroque encore que la précédente : l’opération visait en fait à «crédibiliser» un gros indic du service en l’aidant à faire passer de la marchandise, fausse évidemment, afin de faire croire à ses complices qu’il disposait d’une sortie à l’aéroport de Roissy. «Très ponctuellement, pour cet informateur, nous avons été amenés à aller chercher deux ou trois valises expédiées depuis Bogota, qui contenaient, pour un premier envoi des vêtements, pour le deuxième envoi du sable et pour le troisième, je n’ai gardé aucun souvenir», a expliqué sans rire le commissaire.

Piste en suspens

Par acquit de conscience, le juge d’instruction lance alors des vérifications en Colombie. La réponse arrive quelques semaines plus tard, le 14 septembre 2014, par le biais de l’attaché de sécurité intérieure à Bogota. «Aucun élément lié à la réception ou à la réexpédition de matériels techniques envoyés au Siat durant les années 2009 et 2010», tranche le fonctionnaire en poste à l’époque. De son côté, après de nouvelles vérifications faites auprès de son service, François Thierry admet que «le Siat n’a conservé la mémoire d’aucune opération judiciaire sur le site de l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle». «Aucune trace de ma présence sur place ce jour-là», précise-t-il avant de soumettre au juge une ultime hypothèse : «Nous procédions à la récupération de matériels techniques (balises, moyens vidéo) revenant des DOM-TOM ou de l’étranger et confiés avec précaution et discrétion à un équipage d’une compagnie aérienne compréhensive. Non évoquée lors de mon audition, faute de l’avoir eue en mémoire, cette pratique reste fréquente.» Piste qui restera en suspens. Trois mois plus tard, le juge Robert rejoint la Cour des comptes. Transmis au cabinet de Jean Gervillié, le dossier va alors flotter près de deux ans avant de rebondir. En janvier 2016, tous les douaniers sont à nouveau entendus, dont Roger Combes, le patron de la Division des recherches à l’origine de la réunion enregistrée en septembre 2010. «Avez-vous autre chose à déclarer avant que nous mettions fin à notre audition ?» lui demande ce jour-là le magistrat. «Je pense que François Thierry n’est pas honnête mais je ne suis rien par rapport à lui, répond Combes. Je n’ai jamais pu me livrer à ce point, personne ne m’aurait cru. J’ai conscience qu’en vous parlant sur les doutes que j’ai sur ces personnes qui ont eu ce type d’agissements pendant toutes ces années, je mets ma vie en péril.»

Emmanuel Fansten

http://www.liberation.fr/france/2017/01/25/stups-les-etranges-bagages-du-commissaire_1544070

Lire aussi:

Pour François Thierry, trois affaires sur les rails

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/20/pour-francois-thierry-trois-affaires-sur-les-rails_1557158

00000000000000000000000000000000000000

Les boeuf-carottes en train d’écumer le pot-au-feu de l’OCRTIS

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

François Thierry, l’ancien patron de la lutte anti-drogue (OCRTIS) est dans le collimateur de la justice.

Quatre policiers de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris) ont également été placés en garde à vue, ce lundi, par l’IGPN.

 

L’actuel numéro 2 de l’Ocrtis, le magistrat Patrick Laberche, ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, a lui aussi été placé en garde à vue (Photo: à droite).

 

Une perquisition a lieu dans les locaux du service.

 

Plus: http://www.liberation.fr/france/2017/03/20/saisie-de-cannabis-a-exelmans-perquisition-en-cours-a-l-office-des-stups_1557015

000000000000000000000000000000000000

 

La justice s’intéresse au rôle de François Thierry dans une saisie record de cannabis en octobre 2015. Cet ancien directeur de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris) avait déjà été entendu le 1er mars dans une autre affaire.

L’ancien patron de la lutte anti-drogue est dans le collimateur de la justice. Quatre policiers de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (Octris), dont son ancien directeur François Thierry, ont été placés en garde à vue, ce lundi, par l’IGPN.

Les méthodes de son ex-service, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) sont particulièrement dans le viseur des juges de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, après que Libération a révélé le rôle trouble d’un indic de François Thierry dans le montage d’une opération d’infiltration baptisée Janissaire.

L’actuel numéro 2 de l’Ocrtis, le magistrat Patrick Laberche, ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, a également été placé en garde à vue (Photos: à droite). De même, deux policiers de l’Office des stups sont actuellement entendus et une perquisition a lieu dans les locaux du service.

Entre ce lundi et mardi, neuf autres fonctionnaires sont convoqués devant l’IGPN, dessinant les contours d’un vaste coup de filet.

Ces gardes à vue s’inscrivent dans le cadre d’une enquête sur une saisie record de cannabis!!!

http://www.liberation.fr/france/2017/03/20/saisie-de-cannabis-a-exelmans-perquisition-en-cours-a-l-office-des-stups_1557015

—-
Lire plus:

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/20/01016-20170320ARTFIG00174-l-ex-chef-de-la-lutte-anti-drogue-a-ete-place-en-garde-a-vue.php

http://www.leparisien.fr/faits-divers/saisie-de-7-tonnes-de-cannabis-l-ancien-patron-des-stups-en-garde-a-vue-20-03-2017-6778548.php

http://www.lepoint.fr/societe/saisie-de-cannabis-en-2015-quatre-policiers-en-garde-a-vue-20-03-2017-2113239_23.php

0000000000000000000000000000000000000000000

DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières): lorsque Jean Michel Pillon « traitait » directement avec Alain David (Omar Abdel) Benhamou, »le Chacal »

Publié: 4 mars 2017 dans 36, Australian Customs and Border Protection Service., Blanchiment, Customs and Border Protection, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, FSKN (Russie), Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INFOS, Justice, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Dans le livre   » L’INFILTRÉ » d’Hubert Avoine, retour sur les 25 dernières années de la lutte contre le narcotrafic avec l’OCRTIS, la DNRED, l’UDYCO (Unidad de Drogas y Crimen Organizado ) et le DEA

ocrtis1dnred11Résultat de recherche d'images pour "udyco"drugenforcementadministration

————————————————————-

avoine1Pendant six ans, le rôle d’Hubert Avoine a été de pénétrer les réseaux, d’identifier les intermédiaires, de recueillir des informations et de les transmettre.

Pour qui ? Pour quoi ? 

Il l’ignorait et n’avait pas à le savoir, persuadé que cela contribuait à un combat juste et nécessaire. Malgré les méthodes troubles qu’il lui arrivait d’observer, il a cru sincèrement au bien-fondé de ces missions.

Après tout, il travaillait directement sous les ordres de François THIERRY, le patron de l’ OCRTIS  (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) et  n’avait aucune raison de s’inquiéter quant à la légalité de ces opérations. Mais au fil des mois, le doute s’est épaissi et la méfiance a fini par s’installer. Hubert Avoine pense alors qu’il était devenu complice d’un système qui, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, contribuait à sa diffusion massive.

Jusqu’à la rupture, aussi brutale que violente.

0000000000000000000000000000000000000000000

Lire aussi:

ESPAGNE (les années sombres du terrorisme et du narcotrafic d’Etat): retour sur les cloaques de Felipe Gonzalez, José Barrionuevo, José Luis Corcuera, Rafael Vera et des mercenaires du GAL

https://ns55dnred.wordpress.com/2016/11/16/espagne-les-annees-sombres-du-terrorisme-et-du-narcotrafic-detat-retour-sur-les-cloaques-de-felipe-gonzalez-jose-barrionuevo-jose-luis-corcuera-rafael-vera-et-des-mercenaires-du-gal/

OCRTIS (actions d’infiltration): Hubert Avoine nous informe de la réalité d’un système qui, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, contribue en fait à sa diffusion massive

Publié: 4 mars 2017 dans 36, Aeronarcotrafic, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du SUD, Blanchiment, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Cocaïne, Colombie, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Espagne, France, GIBRALTAR, INFOS, NARCOTRAFIC, Narcotrafic maritime, OCRTIS, Police, Santo Domingo, Secret Defense, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

avoine1Pendant six ans, le rôle d’Hubert Avoine a été de pénétrer les réseaux, d’identifier les intermédiaires, de recueillir des informations et de les transmettre.

Pour qui ? Pour quoi ? 

Il l’ignorait et n’avait pas à le savoir, persuadé que cela contribuait à un combat juste et nécessaire. Malgré les méthodes troubles qu’il lui arrivait d’observer, il a cru sincèrement au bien-fondé de ces missions. Après tout, il travaillait directement sous les ordres de Francois THIERRY, le patron de l’ OCRTIS  (Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) et  n’avait aucune raison de s’inquiéter quant à la légalité de ces opérations. Mais au fil des mois, le doute s’est épaissi et la méfiance a fini par s’installer. Hubert Avoine pense alors qu’il était devenu complice d’un système qui, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, contribuait à sa diffusion massive. Jusqu’à la rupture, aussi brutale que violente.

°°°°°°°°°°°°°°°

À l’origine d’une enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour « trafic de stupéfiants » et visant les méthodes de la police, Hubert Avoine raconte pour la première fois le détail de ses missions, d’abord pour l’Office français des stups, puis pour le département de la Justice américain.

Un récit sidérant, à la lisière du polar, qui pourrait dissimuler un des plus gros scandales de la Ve République.

LIRE PLUS: https://ns55dnred.wordpress.com/?s=ocrtis

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Au chapitre 11, la banque blanchisseuse HSBC apparait…

marcAviseur international avait publié sur ce sujet, avec cette préface:

« Et bien sûr,  notre TRACFIN ne savait rien , ni l’ex DG de la Douane française Francois Mongin, aujourd’hui  « Internal audit » chez HSBC! »

LIRE:

BLANCHIMENT (HSBC): l’argent de la drogue et 670 milliards de dollars blanchis 

000000000000000000000000000000

 

 

C’est un témoignage inédit. Celui d’un ancien indic de la police qui dénonce les méthodes de l’office de lutte contre les stupéfiants. Ses accusations ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête. Il a choisi BFMTV pour raconter son histoire. Un homme de l’ombre aujourd’hui en pleine lumière. Hubert Avoine a travaillé comme informateur de la brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants jusqu’en 2013.

« Pendant six ans, mon rôle a été de pénétrer les réseaux, d’identifier les intermédiaires, de recueillir des informations et de les transmettre. Pour qui? Pour quoi? Je l’ignorais et je n’avais pas à le savoir, persuadé que cela contribuait à un combat juste et nécessaire », présente-t-il dans son livre à paraître ce jeudi.

Des dizaines de valises de cannabis
Il affirme avoir infiltré les réseaux des plus gros narcotrafiquants. Dans son ouvrage, L’Infiltré, il dénonce les méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants. Son contact était alors François Thierry, l’ex-patron de la lutte antidrogue depuis muté à la sous-direction antiterroriste, placé en garde à vue ce mercredi matin dans l’affaire
Lire

http://www.bfmtv.com/police-justice/un-ancien-indic-de-la-police-accuse-l-office-des-stups-de-complicite-avec-des-trafiquants-de-drogue-1112575.html

0000000000000000000000000000000000

AFP, publié le mercredi 01 mars 2017 à 10h58

L’ex-patron de l’Office des Stups convoqué par la police des polices
L’ancien patron de la lutte antidrogue en France, François Thierry, a été placé en garde à vue mercredi matin à l’IGPN, la « police des polices », dans le cadre d’une enquête conduite par des juges d’instruction parisiens, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

La convocation à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) de l’ancien chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) s’inscrit dans une affaire distincte de deux autres informations judiciaires, qui s’interrogent notamment sur les relations entre l’office des « stups » et les indicateurs.

L’un de ces deux dossiers confiés à des juges d’instruction fait suite à la saisie record de 7 tonnes de cannabis, découvertes par les douanes dans des camionnettes stationnées boulevard Exelmans à Paris le 17 octobre 2015. L’opération, à l’époque encensée par le président de la République François Hollande, avait très vite été entachée de soupçons entourant le rôle trouble d’un indicateur, Sofiane Hambli, sur fond de rivalités entre services de douanes et de police.

Mais selon Libération, l’Ocrtis conduisait en parallèle une opération d’infiltration secrète, baptisée +Janissaire+, destinée à démanteler, avec l’aide de Sofiane Hambli, des réseaux de trafiquants dont celui d’un des plus gros importateurs français de cannabis du Maroc. Sous couvert de l’opération « Janissaire », l’Ocrtis a directement supervisé l’importation d’au moins 15 tonnes de cannabis qui ont été saisies, selon une source proche de l’enquête.

Les enquêteurs cherchent à savoir si d’autres quantités de drogue ont pu être écoulées dans le cadre d’opérations de l’office des « stups » alors que Libération évoque l’importation par ce biais d’au moins 40 tonnes.

L’autre information judiciaire, également confiée à des juges d’instruction, a été ouverte en septembre après les révélations d’un indicateur qui a mis en cause François Thierry, pour avoir facilité l’importation de « plusieurs dizaines de tonnes de cannabis » au bénéfice d’un présumé trafiquant de drogue.

http://actu.orange.fr/france/police-l-ancien-patron-de-l-antidrogue-en-garde-a-vue-CNT000000DOFp0.html

http://m.20minutes.fr/societe/2022543-20170301-ancien-patron-lutte-anti-drogue-place-garde-vue
http://www.europe1.fr/faits-divers/francois-thierry-lancien-patron-de-la-lutte-anti-drogue-place-en-garde-a-vue-2991014
http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1683ZX

lire aussi:

L’ex-patron des Stups cuisiné par les bœuf-carottes

Le séisme judiciaire couvait depuis des mois. Mercredi matin, l’ex-patron de l’Office central de répression contre le trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) a été placé en garde à vue dans les locaux de l’IGPN, la police des polices. Visé par plusieurs enquêtes judiciaires, l’ancien visage emblématique de la lutte antidrogue est soupçonné d’avoir lui même supervisé une partie du trafic en s’appuyant sur plusieurs indics au pouvoir exorbitant. Un système mis en place depuis plusieurs années avec l’aval de la plus haute hiérarchie policière, et qui semble avoir totalement échappé au pouvoir judiciaire. C’est la découverte «fortuite» de 7 tonnes de cannabis en plein Paris, en octobre 2015, qui a mis le feu aux poudres et braqué les projecteurs sur les méthodes troubles de l’Office des stups, sur fond de guerre des polices. Comme l’a depuis révélé Libération, ce sont en réalité 40 tonnes de cannabis qui sont entrées à cette occasion en France, sous couvert d’une opération d’infiltration baptisée «Janissaire». Mais c’est un autre dossier qui vaut aujourd’hui à François Thierry et à un de ses anciens subordonnés, Jocelyn B., d’être cuisinés par les «bœuf-carottes».

http://www.liberation.fr/france/2017/03/01/l-ex-patron-des-stups-cuisine-par-les-boeuf-carottes_1552622

000000000000000000000000000000000

francois-thierry-ocrtisUne bande audio réalisée lors d’une réunion à la direction du renseignement des douanes, 18 rue de Charonne, met en cause François Thierry, ex-patron de la lutte antidrogue soupçonné d’avoir récupéré des valises de came à Roissy.

°°°°°°°°

 DNRED (Douane française): lorsque NS 55 passait rue de charonne

————

En janvier 2016, tous les douaniers sont à nouveau entendus, dont Roger Combes, le patron de la Division des recherches à l’origine de la réunion enregistrée en septembre 2010. «Avez-vous autre chose à déclarer avant que nous mettions fin à notre audition ?» lui demande ce jour-là le magistrat. «Je pense que François Thierry n’est pas honnête mais je ne suis rien par rapport à lui, répond Combes. Je n’ai jamais pu me livrer à ce point, personne ne m’aurait cru. J’ai conscience qu’en vous parlant sur les doutes que j’ai sur ces personnes qui ont eu ce type d’agissements pendant toutes ces années, je mets ma vie en péril

C’est un enregistrement clandestin longtemps resté secret. Une bande audio explosive, versée à la justice et authentifiée par un huissier , qui révèle un nouvel épisode de la guerre des services au sommet de l’Etat et illustre les méthodes troubles de l’ancien patron de l’ Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry. Déjà visé par plusieurs procédures judiciaires et aujourd’hui en poste à la Sous-direction antiterroriste (Sdat), le commissaire est soupçonné d’avoir personnellement récupéré des valises de drogue à l’ aéroport de Roissy , en dehors de toute procédure judiciaire.

A l’ époque, les accusations d’une douanière auraient été étouffées par les policiers.

LIRE l’article d’Emmanuel Fansten: http://www.liberation.fr/france/2017/01/25/stups-les-etranges-bagages-du-commissaire_1544070

dnred11

0000000000000000000000000000

 

FRANCE: l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a-t-il laissé Sofiane Hambli porter plainte contre la DNRED?

Publié: 27 décembre 2016 dans 36, Blanchiment, CELTIC, Cyberdouane, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Drogues, Gendarmerie, Guardia Civil, INFOS, Justice, NARCOTRAFIC, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

ocrtis1La plainte de Sofiane Hambli, ex-importateur de cannabis et  ex-informateur privilégié des stups (OCRTIS), reflète les rivalités entre policiers et douaniers (DNRED) engagés dans la lutte antidrogue.

Les coups bas dans les services sont « monnaie courante » et la rivalité entre chefs des services est en France une réalité du terrain.

———————————————————————————————————

La lutte contre le trafic de stupéfiants ressemble à un champ de bataille.

La dernière grenade dégoupillée a éclaté le 9 décembre 2016 avec cette plainte inédite visant les douanes. Elle émane de Sofiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants de cannabis en France. Jusqu’à son arrestation cet automne, cet homme de 41 ans était un informateur privilégié des policiers de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), concurrent direct des gabelous (douaniers).LP/Arnaud Journois

Sofiane Hambli aurait préféré rester dans l’ombre mais son interpellation, consécutive à la découverte en plein Paris de 7 tonnes de résine de cannabis en octobre 2015, a ruiné son business lucratif, la vie de château et les arrangements à l’amiable avec François Thierry; désormais l’importateur dévoilé craint maintenant pour sa vie.

Et comme, c’est la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) qui l’a fait tomber puisque l’OCRTIS n’hésite plus à parler de piège tendu par les enquêteurs de la DNRED, la plainte que vient de déposer Sofiane Hambli n’a pu qu’être avalisée par l’OCRTIS, trop heureuse de se dégager du merdier dans lequel son directeur François Thierry l’a précipité.

—————–

Lire l’article du Parisien:

http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-importateur-de-cannabis-attaque-les-douanes-25-12-2016-6492546.php

———————————————————–

Lire aussi l’article de l’Aviseur international

°°°

FRANCE (Justice): « Sofiane HAMBLI contre la DNRED (Douane française) » ou « Descente chez les Tartuffes »

sophiane-hambliLe 9 décembre 2016, Maitres Joseph Cohen-Sabban et  Fabian Lahaie, les avocats de Sofiane Hambli, ont déposé une plainte contre les douanes françaises et plus particulièrement contre la DNRED.

Que va faire l’OCRTIS pour tirer d’affaires son indic, qui est, pour l’instant, le seul à pâtir de cette guerre des services français?

——————————————————

dnred-nantesBien qu’inhabituelle, cette plainte, qui n’est pas sans rappeler celle déposée en son temps par Marc Fievet, l’agent infiltré NS55 de la DNRED, qui avait porté plainte contre X et qui se solda par une décision rendue par la Juge Sophie Clément absolvant aussi bien la DNRED, que Marc Fievet de toutes actions de narcotrafic, sans pour autant permettre à Marc Fievet d’obtenir enfin réparation des 3888 jours non stop passés en détention aussi bien en Espagne, en Angleterre,  au  Canada  et en  France.

En effet le NON-LIEU rendu par la Juge d’instruction parisienne Sophie Clément suite à son instruction qui s’était heurtée au SECRET DÉFENSE, se concluait par «  qu’il n’y a pas lieu de poursuivre quiconque pour complicité de trafic de drogue car « les investigations entreprises, les auditions réalisées, l’étude des documents figurant en procédure, ne permettent pas de caractériser à l’encontre de Marc Fievet les faits de trafic de stupéfiants « .

Lorsqu’il s’ est agi de condamner les donneurs d’ordre des actions d’infiltration de Marc Fievet, ce dernier ne peut être reconnu coupable de narcotrafic, mais lorsqu’il s’agit de trouver une solution pour réparer les manques importants d’assistance et de soutien à l’agent infiltré que fut Marc Fievet, les Douanes françaises continuent encore en 2016 à considérer que Marc Fievet ne peut bénéficier de cette décision de la juge Sophie Clément…

Cherchez l’erreur! 

——————

LIRE plus:

FRANCE (Justice): « Sofiane HAMBLI contre la DNRED (Douane française) » ou « Descente chez les Tartuffes »

000000000000000000000000000000000000000

FRANCE (Justice): « Sofiane HAMBLI contre la DNRED (Douane française) » ou « Descente chez les Tartuffes »

Publié: 25 décembre 2016 dans 36, Blanchiment, CELTIC, Cyberdouane, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, Guardia di Finanza, Guardia di Finanza (Italie), HM Customs Excise (UK), INFOS, Justice, NARCOTRAFIC, NS 55, OCRTIS, Police, Policia, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SVA, TRACFIN, UAR
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

sophiane-hambliLe 9 décembre 2016, Maitres Joseph Cohen-Sabban et  Fabian Lahaie, les avocats de Sofiane Hambli, ont déposé une plainte contre les douanes françaises et plus particulièrement contre la DNRED.

Que va faire l’OCRTIS pour tirer d’affaires son indic, qui est, pour l’instant, le seul à pâtir de cette guerre des services français?

——————————————————

dnred-nantesBien qu’inhabituelle, cette plainte, qui n’est pas sans rappeler celle déposée en son temps par Marc Fievet, l’agent infiltré NS55 de la DNRED, qui avait porté plainte contre X et qui se solda par une décision rendue par la Juge Sophie Clément absolvant aussi bien la DNRED, que Marc Fievet de toutes actions de narcotrafic, sans pour autant permettre à Marc Fievet d’obtenir enfin réparation des 3888 jours non stop passés en détention aussi bien en Espagne, en Angleterre,  au  Canada  et en  France.

En effet le NON-LIEU rendu par la Juge d’instruction parisienne Sophie Clément suite à son instruction qui s’était heurtée au SECRET DÉFENSE, se concluait par «  qu’il n’y a pas lieu de poursuivre quiconque pour complicité de trafic de drogue car « les investigations entreprises, les auditions réalisées, l’étude des documents figurant en procédure, ne permettent pas de caractériser à l’encontre de Marc Fievet les faits de trafic de stupéfiants « .

Lorsqu’il s’ est agi de condamner les donneurs d’ordre des actions d’infiltration de Marc Fievet, ce dernier ne peut être reconnu coupable de narcotrafic, mais lorsqu’il s’agit de trouver une solution pour réparer les manques importants d’assistance et de soutien à l’agent infiltré que fut Marc Fievet, les Douanes françaises continuent encore en 2016 à considérer que Marc Fievet ne peut bénéficier de cette décision de la juge Sophie Clément…

Cherchez l’erreur! 

——————

secret-defense

Avis n° 2005-03 du 27 janvier 2005


NOR : CSDX0508078V


Vu la loi no 98-567 du 8 juillet 1998, et en particulier ses articles 4 (2e alinéa), 7 et 8 ;

Vu la lettre de saisine du ministre de l’économie, des finances et de l’industrie en date du 16 décembre 2004 et la demande présentée le 17 novembre 2004 par Mme Sophie Clement, vice-présidente chargée de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l’instruction ouverte à son cabinet sur plainte de M. Marc Fievet concernant ses relations avec les douanes françaises ;

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, ayant examiné l’ensemble des documents classifiés qu’elle a recueillis au terme des investigations conduites par son président en vertu des pouvoirs que lui confèrent les articles 5 et 6 de la loi susvisée,

Emet un avis défavorable à la déclassification des pièces contenues dans le dossier établi au nom de M. Fievet, en sa qualité d’aviseur de la direction générale des douanes et droits indirects.

Fait à Paris, le 27 janvier 2005.

Pour la Commission consultative

du secret de la défense nationale :

Le président,

P. Lelong

SOURCE: http://www.admi.net/jo/20050211/CSDX0508078V.html


Revoir le reportage

——————————–

 

A lire:

infiltre2

Préfacé par Jean Henri Hoguet – ex DI-DNRED

Postfacé par Yves Bonnet – ex Directeur de la DST

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Plus d’infos avec le témoignage de Jean Henri Hoguet et Yves Bonnet.

 

°°°°°°°°°°°°°°°

Revoir l’intervention de Marc Fievet sur LCP

LCPNS55

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

Plus:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fievet#La_justice_en_d.C3.A9saccord_avec_l.27administration

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lutte antidrogue : l’importateur de cannabis attaque les douanes

Elle émane de Sofiane Hambli, l’un des plus gros trafiquants de cannabis en France. Jusqu’à son arrestation cet automne, cet homme de 41 ans était un informateur privilégié des policiers de l’Office central pour la répression du trafic illicite des

La plainte du trafiquant Sofiane Hambli, ex-informateur privilégié des stups, reflète les rivalités entre policiers et douaniers engagés dans la lutte antidrogue.

LIRE: http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-importateur-de-cannabis-attaque-les-douanes-25-12-2016-6492546.php

00000000000000000000000000000000000

 

ecusson-ocrtisLa Police espagnole affirme que dans l’affaire de Marbella des sociétés ont été organisées pour blanchir l’argent originaire du clan franco tunisien de Sofiane Hambli

Le fil de l’opération la Baleine Blanche, sinon le principal qui a mis à découvert l’un des plus grands réseaux de blanchiment d’argent sale de l’histoire de l’Espagne, a commencé à se débrouiller au printemps 2004, quand la Police espagnole suivait la piste de Sofiane Hambli. De nationalité française et d’origine tunisienne, il se cachait depuis quelques mois à Marbella après avoir fait une fuite spectaculaire pendant sa conduite de la prison de Saint Mihiel à l’hôpital de Metz, en Lorraine.

En Espagne on avait surveillé les activités de l’organisation qu’il était présumé diriger. Le 14 mai de l’année passée quatre de ces hommes ont été arrêtés et 3.250 kilos de hachisch ont été confisqués. Une semaine après, Hambli a été appréhendé à la porte d’un concessionnaire automobile de San Pedro d’Alcántara et sa détention s’est soldée par un incident où un agent et le franco tunisien lui-même ont été blessés et où une autre personne, d’origine turque, a fui.

marbella-copieLa Police le considère comme étant à la tête de l’une des plus grandes organisations de trafic de hachisch en France. Jugé dangereux et « impulsif », ses liens tentaculaires qui le conduisaient jusqu’à DVA Abogados (le cabinet d’avocat de del Valle), ont été découverts dans l’affaire de l’investigation de Baleine Blanche à Marbella. Ainsi que cela est dit dans le jugement sommaire sur lequel est levé le secret et auquel a eu accès Malaga Hoy.

Le beau-père de Hambli, le septuagénaire tunisien Mabrouk Ben Rondhane Chebicheb, reste en prison parce qu’il est soupçonné d’avoir blanchi des capitaux obtenus par son gendre par le trafic de drogue.

Dans ce sens il y a l’affaire de 2004 instruite par le juge de Marbella Michel Ángel Torres où on parle d’un turco tunisien en connexion avec del Valle et manifestement les autorités judiciaires françaises enquêtaient au printemps 2004 sur Chebicheb et sa famille pour blanchiment en Espagne de fonds originaires du trafic de hachisch de Hambli. En France, le trafiquant présumé avait dit devant les autorités judiciaires qu’il devait son niveau de vie élevé à l’argent de son beau-père, de Mabrouk Ben Rodhane Chebicheb.

Mais la connexion supposée avec del Valle va plus loin. Le franco tunisien, selon les recherches policières, après avoir fui de France, s’est caché dans une demeure de Nueva Andalucía qui est propriété de Garden Gates Inversiones, une entité constituée par une employée de Fernando del Valle et une autre société dont le siège social est au Delaware (États-Unis) dont le représentant légal est del Valle lui même.

En définitive le fugitif de la justice française résidait habituellement dans un immeuble dont le titulaire est une société créée, constituée et maintenant administrée par Fernando del Valle et Estela Elena Herrera [une employée de son bureau] », comme les enquêteurs le soulignent dans ces informations.

Le cabinet d’avocats de del Valle a constitué deux autres sociétés pour la famille Chebicheb : Ansaf Pro et Silverkey Properties. La police française a exprimé à la police espagnole ses soupçons selon lesquels la société Silverkey est impliqué dans le blanchiment d’argent comme sophiane-hamblipropriétaire de 20 pour cent d’une société civile immobilière (SCI) de Mulhouse, la ville natale du franco tunisien, et dont un gérant est son beau-père, et la gendarmerie croit qu’ « elle sert à blanchir des fonds du trafic de Sofiane Hambli« .

Dans Ansaf Pro les enquêteurs trouvent une autre piste moins évidente. La société est administrée par Chebicheb et deux autres personnes identifiées comme Ibrahimy Anour et Ibrahimy El Said. Curieusement dans la déclaration de l’impôt des sociétés 2002, le n° d’identification de ces deux derniers coïncide avec le n° des documents d’identité de Fernando del Valle et d’Estela Elena Herrera, une  » falsification claire « , conformément au critère de la Police, qui aurait pour but de cacher l' »identité » des sociétaires authentiques de l’entité.

Hambli a été extradé la veille du jour de Noël de l’année passée vers la France et depuis lors il reste emprisonné à Strasbourg. Son nom a commencé à être cité dans l’environnement de la contrebande de drogues à la fin des années 90.

st-mihielEn 1999 il a été jugé et condamné à huit ans de prison pour trafic de hachisch. En 2002 il a été arrêté sur la Costa del Sol et extradé en France. Il est rentré à la prison de Mulhouse, mais la police le soupçonnait de continuer à diriger ses affaires depuis la prison, pour cela il a été déplacé à Saint Mihiel. Conduit à l’hôpital de Metz le 4 août 2003 pour une radiographie, un motocycliste mystérieux est apparu, celui-ci a menacé les agents avec une arme. Hambli a sauté sur la moto et la piste a été perdue durant des mois jusqu’à ce qu’en mai 2004 il ait été appréhendé par la police espagnole à la porte d’un vendeur de voitures de San Pedro d’Alcantara.

………………………………………………………………………………………………………………………….

francois-thierry-ocrtisEt, en 2011,  François Thierry fait défendre Sofiane Hambli par Anne-Claire Viethel.

L’avocate qui n’est autre que la compagne de François Thierry qualifie la peine de « sévère » et réussit à faire sortir son client de prison au bout de trois ans. Certains s’étonnent alors de cette remise de peine et se demandent qui s’est acquitté de l’amende (deux millions d’euros).

https://www.tempspartage.org/arrestations.php

000000000000000000000000000000000000000

 

 

OCRTIS (Sofiane Hambli): serré par la DNRED (douane française), il réclame l’impunité et fout le bordel entre les deux services.

Publié: 21 juillet 2016 dans Cannabis - Hachis - Haschich, DNRED, Douane française, INFOS, NARCOTRAFIC, OCRTIS, SERVICES FRANCAIS
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Sophiane Hambli,Spécialiste du transport de drogue à travers l’Espagne et la France, Sofiane avait passé un accord avec la police. Serré par les douanes, il réclame effrontément l’impunité et sème au passage la zizanie entre les deux services.

Sofiane, la quarantaine et déjà un beau palmarès criminel derrière lui, sans compter les millions mis au frais, n’était pas une source de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) : considéré comme l’un des plus gros transitaires de shit marocain en France, logisticien respecté de Tanger à Malaga, il était la source. Et pas celle de n’importe qui puisque son officier traitant n’était autre que le patron du service, le commissaire François Thierry, l’homme chargé en France de fixer pour tous les policiers les règles présidant à l’encadrement des informateurs.

Sofiane est aujourd’hui en prison après un croche-pied historique des collègues de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) fait aux policiers; le commissaire, lui, attend de pied ferme l’occasion de s’expliquer devant les deux juges de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris chargés de démêler l’affaire, Baudoin Thouvenot et Marc Sommerer.

Lire l’article sur: http://www.marianne.net/trafic-drogue-indic-qui-revait-avoir-carte-tricolore-100244596.html

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

Publié: 27 mai 2016

LCPNS55Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

Durant ce mois de mai, la justice a affaire à deux histoires de grands flics qui flirtent avec la légalité, deux histoires d’indics, deux histoires qui posent question du lien trouble entre policiers et voyous.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

francois-thierry-ocrtisOCRTIS France: lire ou relire l’audition de François Thierry au Sénat en janvier 2011 MERCREDI 26 JANVIER 2011 Présidence de M. François Pillet, sénateur, coprésident et de M. Serge Blisko, député, coprésident Audition de M. François Thierry, commissaire divisionnaire, chef de l’office central pour la répression du trafic des stupéfiants M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Mes chers collègues, nous accueillons aujourd’hui M. François Thierry, Commissaire divisionnaire, […]

————————————–

 FRANCE (OCTRIS année 1989): un grand cru pour Mario Le Corff ET Pour mémoire, les drôles dessous d’une grosse saisie de cocaïne réalisée par l’OCRTIS Mercredi, 4 Mai, 1994 L’Humanité Le procès qui s’est ouvert hier à Grasse n’aurait été que celui de trafiquants pris dans le filet des stups si un commissaire suisse n’y […]

————————————–

Mardi, le commissaire divisionnaire Vincent Le Beguec a été nommé à la suite de la commission administrative paritaire (CAP) – l’instance chargée d’étudier les mutations dans la police. Pur flic de PJ, Le Beguec, 52 ans, arrive de la Direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes (DIPJ). Auparavant, il a dirigé la brigade des stups de Lille, […]

 ————————————–

Dans les années 90, à Estepona (Andalousie), Marc Fievet, AKA ‘NS 55 DNRED’, gérait le restaurant Saint Georges, dont le co-propriétaire était la Douane française. Bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre 2015 ———————————- Par Emmanuel Fansten — 8 juin 2016 à 20:21

Après nos révélations sur les méthodes de l’ex-patron […]

————————————–

Publié le 31 mai 2016 dans Libertés publiques L’ancien patron des stups, François Thierry, est accusé d’avoir participé au trafic de cannabis en France. Sa condamnation éventuelle ne signera en aucun cas la fin de la corruption du secteur, conséquence directe de la prohibition. Par Édouard H. Scandale, stupeur et surprise dans

————————————–

Faut-il créer un parquet national antidrogue? « Il y a une réelle insécurité juridique pour les enquêteurs. Si on veut lutter vraiment contre le trafic, on ne va pas pouvoir continuer comme ça longtemps… », prévient un policier spécialisé. °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° ENQUÊTE- Un grand flic charismatique mis en cause. Un indic qui passe aux aveux. Un ex-infiltré qui […]

————————————–

Par Catherine Fournier Mis à jour le 29/05/2016 | 07:04 , publié le 29/05/2016 | 07:04 C’est un petit monde où chacun a son surnom : Mohamed Benabdelhak, dit « le bombé », Djamel Talhi, alias « Johnny Depp », Mohamed Bouarfa alias « l’autruche » et Sofiane Hambli, aka « la Chimère ». Ce dernier, comme ses compères, appartient au cercle fermé des millionnaires du cannabis. Comme […]

————————————–

Il a travaillé en sous-main pour le compte de la France mais aussi pour les Etats-Unis : Stéphane V., jugé crédible par la justice, détaille les méthodes sans scrupules des Stups. Le témoignage de Stéphane V. est tellement compromettant qu’il a aussitôt provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire au parquet de Paris. Cet homme de 52 ans a […]

————————————–

En attendant, les trafiquants ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils semblent décider de la quantité qui sera saisie, et quand. °°° Après la saisie de 7 tonnes de shit à Paris, la justice a mis son nez dans la lutte contre le trafic de stups. Où l’on découvre que les douaniers ont mis […]

————————————–

Par Frédéric Couteau lundi 23 mai 2016 AFP Un scoop retentissant dans Libération ce matin : le journal révèle et détaille par le menu « le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus […]

————————————–

les PIEDS NICKELÉS chez les narcotrafiquants °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° De la cocaïne saisie sur un voilier au large de la Martinique et entreposée sur la base militaire de Fort-de-France, le 17 avril 2015. (Photo douane française. AFP) Emmanuel FANSTEN ENQUÊTE La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a annulé…
————————————–

« L’OCRTIS est devenu le premier narcotrafiquant de France! » dixit un ancien magistrat instructeur °°°°°°°°°°°°°°° Magouille institutionnelle, dossiers montés et arrangés, les « suceurs de roues » n’ont guère évolué depuis l’époque de Mario Le Corff. (Marc Fievet -NS 55 DNRED) LIRE: NARCOTRAFIC: quand Mario Le Corff de l’OCTRIS montait des opérations douteuses…Mais…

——————————————-

Et s’il s’agissait d’une histoire « à la Michel Neyret » ? François Thierry était à la tête du prestigieux Office centrale de répression du trafic de stupéfiants (Ocrtis), c’est-à-dire la prestigieuse brigade des stups. Il a depuis été muté à la sous-direction antiterroriste… et ce n’est pas une promotion. Grand flic, il avait alors pour habitude de […]

————————————–

OCRTIS: le grand flic, son « indic » et les 15 tonnes de cannabis Publié: 7 avril 2016 

LE MONDE | 06.04.2016 à 11h28 • Mis à jour le 07.04.2016 à 07h35 Par Julia Pascual et Soren Seelow Au sièges des douanes, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 18 octobre 2015, les sept tonnes de cannabis saisies la veille. | Benjamin Girette / IP3 Rarement les révélations d’un indic auront été attendues avec autant de fébrilité par […]

————————————–

FRANCE (Grand Bal des « Faux-culs »): tous, du BCS en passant par la DCPJ, la DNRED, l’ IGPN, l’ OCRTIS, le SIAT et … le Parquet vont rivaliser dans le port de « faux-nez »Publié: 4 mars 2016

Quand une saisie record révèle les liaisons dangereuses entre « stups » et « indics » °°° En octobre dernier, les douanes effectuent une saisie record de 7 tonnes de résine de cannabis dans l’ouest parisien. Problème : le trafiquant présumé est aussi un « indic » de l’Office central de lutte contre le trafic de stups. L’affaire était trop belle.Quatre […]

000000000000000000000000000000000000000


MERCREDI 26 JANVIER 2011

Présidence de M. François Pillet, sénateur, coprésident et de

M. Serge Blisko, député, coprésident

Audition de M. François Thierry, commissaire divisionnaire, chef de l’office central pour la répression du trafic des stupéfiants

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Mes chers collègues, nous accueillons aujourd’hui M. François Thierry, Commissaire divisionnaire, Chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, auquel je souhaite la bienvenue.

Nous avons auditionné la semaine dernière deux représentants de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies qui nous ont dressé un tableau très éclairant des évolutions de la toxicomanie en Europe.

Nous souhaitons aujourd’hui approfondir avec vous la question des trafics. Vous dirigez l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, qui centralise tous les renseignements pouvant faciliter la recherche et la prévention des infractions en matière de lutte contre le trafic illicite des produits stupéfiants ; il assure également la coordination des opérations tendant à sa répression.

Votre service a également un caractère opérationnel et peut agir seul. Vous vous trouvez donc à la croisée de l’administration et de l’action de terrain ce qui fait de vous un interlocuteur particulièrement précieux.

Je vous propose de nous exposer les grandes lignes de votre action et les principaux enseignements que vous tirez de votre expérience. Nous nous permettrons ensuite de vous poser quelques questions.

Vous avez la parole…

M. François Thierry. – Merci de ces mots de bienvenue. A titre personnel, je suis très intéressé par votre démarche et sensible à l’intérêt que vous portez à la matière sur laquelle nous nous investissons quotidiennement. Nous trouvons particulièrement intéressant de vous rencontrer et de pouvoir évoquer avec vous tous ces sujets, pour certains extrêmement sensibles.

Je m’occupe des stupéfiants depuis plus de dix ans à des titres divers, y compris un passage par le service d’infiltration français que j’ai eu l’honneur de diriger quelques années. Je dirige aujourd’hui l’Office central des stupéfiants, qui est rattaché à la Direction centrale de la Police judiciaire ; il existe depuis 1953. Ses missions sont celles que vous avez rappelées. Elles nécessitent cependant quelques précisions.

Ce service est un service de police qui compte en son sein des policiers, des gendarmes et des douaniers. C’est un service interministériel qui réunit quotidiennement des gens différents par leur origine et leur mode de fonctionnement dans le but d’embrasser le plus largement possible la problématique de la lutte contre les trafics.

Sa dominante est répressive mais il tente de mettre en oeuvre une approche transversale, différenciée et la plus large possible.

Ce service compte aujourd’hui un peu plus de cent personnes, pour l’essentiel installées à Nanterre. Les services espagnols, italiens, allemands disposent en effet d’effectifs plus importants. Les résultats ne sont d’ailleurs pas forcément fonction du nombre…

L’Office central des « stups » reste donc en Europe, même s’il est reconnu, un service dont l’effectif est mesuré.

A côté de l’implantation de Nanterre, il existe plusieurs antennes, dont l’une aux Antilles, créée en 2004. Une autre se trouve à Roissy et s’occupe essentiellement des enquêtes douanières. D’autres antennes sont en cours de création depuis août 2010 à Lille et à Marseille, l’objectif étant d’essayer de développer en métropole ce qui a fonctionné à Fort-de-France avec de très bons résultats. Si l’activité de ces deux antennes connaît des résultats intéressants en 2011, nous proposerons de décliner ce système dans d’autres grandes villes.

Nous disposons d’enquêteurs et de moyens d’enquête propres. Nous travaillons de la même façon que d’autres services consacrés à la lutte contre le trafic de stupéfiants et sommes saisis par des magistrats d’enquêtes préliminaires, d’enquêtes de flagrance ou sur commission rogatoire.

Nous luttons de manière très classique contre les trafics, en privilégiant ceux dont les débouchés sont internationaux. Nous sommes en effet correspondants des services spécialisés étrangers de lutte contre les stupéfiants. Toute enquête contre un trafic de stupéfiants à l’étranger et ayant des débouchés en France sera traitée par nous et toute enquête née en France connaissant des évolutions en direction de l’étranger aura vocation à passer par nous à un moment ou un autre.

Des dossiers franco-français nous sont également souvent confiés quand l’ampleur du trafic détecté dépasse les capacités d’un service territorial ou si, en raison de sa complexité, il nécessite l’appoint de personnes extérieures, que nous fournissons volontiers.

Nous avons aussi nos initiatives puisque nous gérons nous-mêmes des informateurs et que nous avons notre propre façon de prospecter pour identifier des trafics. Le fait de ne rien découvrir n’est pas forcément un signe de bonne santé d’un ressort géographique donné.

A ces missions que nous partageons avec les services de police et de gendarmerie s’ajoutent des missions spécifiques de l’Office central des stupéfiants ; j’ai évoqué les relations internationales avec d’autres services d’enquête, extrêmement importantes chez nous : nous avons en notre sein des officiers de liaison étrangers, pour la plupart européens -bien que nous ayons développé des liens avec d’autres services hors d’Europe. Il existe également des missions de synthèse et d’analyse, car nous tenons des statistiques répressives à l’intention des autorités politiques et de l’exécutif : commentaires des flux, recherche des faiblesses du système, propositions de stratégies nouvelles ou d’adaptation du dispositif…

Nous essayons donc de développer notre faculté de proposition, d’analyse, de réflexion et de recul en matière de lutte contre les trafics.

Nous sommes en outre membres d’un certain nombre d’institutions européennes internationales et nous participons à un certain nombre de travaux préparatoires visant des changements législatifs ou des ajustements européens.

Enfin, nous sommes porte-parole de la France dans le domaine de la lutte contre les trafics ; nous participons aux travaux et aux fichiers d’Europol ainsi qu’à un certain nombre d’enquêtes dans des affaires où la France n’est peut-être pas directement impactée mais qui concernent le territoire européen. Nous sommes ainsi amenés à lutter, par exemple, contre des trafics basés en Afrique -pour ce qui concerne la cocaïne- ou en Turquie ou en Russie -pour ce qui concerne l’héroïne- et à destinations de l’Europe.

Vous aurez compris que nous ne sommes pas trop de cent pour exécuter toutes ces missions en permanence !

Le bilan 2010 est en cours de constitution mais je puis d’ores et déjà vous faire part des évolutions que nous avons pu constater concernant ces phénomènes extrêmement structurés dans nos sociétés européennes…

La France reste à plusieurs titres un pays très concerné par les stupéfiants. Tout d’abord, elle est, pour des raisons géographiques, un pays de transit très important entre les deux grandes portes d’entrée des produits que sont les Pays-Bas et l’Espagne. Nous sommes, en Europe, au carrefour d’un certain nombre de réseaux d’acheminement. Les produits stupéfiants traversent donc notre territoire en permanence pour alimenter d’autres pays. Ceci est resté vrai en 2010, avec quelques particularités puisqu’on assiste, semble-t-il, à une diminution des flux routiers, notamment par voie de fret.

Nous pensons que les trafiquants ont eu énormément de déboires avec ce vecteur depuis deux à trois ans et cherchent des moyens plus discrets de faire voyager les produits stupéfiants.

La France reste également un pays de transit pour toute la messagerie expresse, ce qui est peut-être moins connu. Le hub de Roissy est devenu le second d’Europe pour Federal Express, DHL et Colissimo. Plusieurs millions de paquets par semaine transitent par ces hubs. Certes, les quantités sont mesurées mais il existe un trafic de fourmi et ces opérateurs nous posent un important problème de logistique, les paquets ne restant en transit sur notre territoire qu’un temps très court. Il est extrêmement difficile pour les services douaniers de détecter les trafics en une heure à peine.

La France demeure également le lieu d’une importante consommation de cannabis. La consommation de cannabis concerne en France un peu plus de 500.000 usagers quotidiens ou très réguliers et un peu plus d’un million d’usagers occasionnels.

Un certain tassement de la demande s’est cependant produit il y a deux ans et semble se poursuivre. Les chiffres, non seulement se sont stabilisés, mais décroissent lentement et régulièrement. Le produit semble passer lentement de mode -même si c’est peut-être au profit d’un autre- et on assiste à un début de désintérêt pour lui, ce qui est en accord avec ce que l’on peut constater dans d’autres pays.

Aux États-Unis, la demande a chuté d’environ 20 %. Elle diminue dans de moindres proportions mais de manière régulière dans d’autres pays européens. On peut donc estimer que l’on a atteint un plafond dans l’utilisation de ce produit.

On constate toutefois l’émergence du cannabis « indoor », domestique, ce qui est très préoccupant pour l’avenir.

Il faut noter que le Maroc a saisi plus de 100 tonnes de cannabis en 2010 alors qu’il n’en saisissait il y a dix ans que 3 ou 4 par an. Les Marocains expliquent qu’ils ont récemment diminué les surfaces cultivées en cannabis d’au moins un tiers. Il faut reconnaître leur effort mais nous sommes par ailleurs persuadés que le rendement à l’hectare a considérablement cru. Il faut donc nuancer cette annonce de succès majeur tout en saluant un résultat qui n’allait pas de soi.

Les Espagnols ont également fait un effort alors qu’ils sont seulement pays de transit, le cannabis n’ayant pas la faveur de leurs usagers. Ils saisissent également plusieurs dizaines de tonnes par an.

Tous ces efforts conjugués ont fini par payer ; on constate une réduction de la demande et, progressivement, du produit disponible, même s’il faut rester vigilant en ce qui concerne le cannabis domestique.

La France reste un pays de consommation de cocaïne, produit très préoccupant. Le plafond n’est probablement pas encore atteint, le nombre d’usagers continuant à augmenter, tout comme celui des trafiquants interpellés.

On pense que le développement de cette activité n’est pas encore arrivé à son point d’équilibre ; c’est pourquoi nous sommes extrêmement motivés pour poursuivre la lutte contre les trafiquants de cocaïne qui ont la particularité d’être particulièrement corrupteurs pour les États dans lesquels ils oeuvrent. On l’a vu de manière spectaculaire dans des États comme le Mexique ou le Venezuela et, plus près de nous, plus récemment, dans les États africains concernés.

On se rassure en se disant que la situation de ces États n’a rien à voir avec la nôtre et que les trafiquants bénéficient dans ces pays de structures faibles, voire inexistante, à tout le moins largement désorganisées. C’est pain béni pour les trafiquants que de s’installer dans des endroits où l’oeuvre de justice a beaucoup de mal à rencontrer des succès.

On voit des organisations sud-américaines progresser désormais au Sahel, au Maghreb et, ces dernières années, en Espagne. Même si leur impact est moins fort pour le moment en France en termes de corruption, nous sommes extrêmement vigilants parce qu’elles sont très puissantes en raison des fonds dont elles peuvent disposer, des méthodes qu’elles utilisent et des succès qu’elles comptent déjà à leur actif.

Je ne m’étends pas sur le problème de santé public car je sais que d’autres le développeront de manière détaillée, mais il est vrai que la cocaïne pose des problèmes majeurs en termes de santé publique et de polytoxicomanie, la cocaïne associés à d’autres produits ayant des effets terribles.

Nous restons donc extrêmement combatifs sur le sujet. On a saisi en 2010 plus de 5,6 tonnes de cocaïne, ce qui reste dans la moyenne de ce que l’on saisit habituellement.

Pour ce qui est de la consommation, nous sommes également -mais à un niveau bien moindre- un pays consommateur d’héroïne. Il y a deux ou trois ans, je l’aurais à peine citée, aujourd’hui on assiste lentement mais sûrement à une reprise de son usage malgré les efforts de l’État en matière d’accompagnement des toxicomanes, les soins dispensés, les campagnes d’information, la disponibilité de produits de substitution. Ce produit a une apparence plus « attirante » qu’autrefois, s’injecte moins, se sniffe et se fume plus qu’avant mais a toujours les mêmes effets dévastateurs sur la santé et sur les capacités d’insertion de nos concitoyens dans la vie sociale.

L’héroïne revient progressivement par l’Est de l’Europe. Les chiffres des saisies, plus d’une tonne cette année, sont en augmentation régulière. Je pense qu’il faudra être extrêmement vigilant et surveiller la diffusion de l’héroïne par le biais du milieu festif ou des « raves parties ».

Les trafiquants ont bien étudié le problème. Ce sont des « commerçants » : ils ont compris les inconvénients de leur produit et ont énormément travaillé le packaging, l’image, la publicité, les effets secondaires et le mode de prise. Il fallait que ce soit plus à la mode qu’un « shoot » qui a aujourd’hui mauvaise presse.

Ils ont réussi à offrir un produit relativement compétitif et disposent d’environ deux ans de stocks, en raison de l’importante production afghane et maintenant iranienne. Ils peuvent ainsi se permettre d’offrir des prix bas pour favoriser la reprise de la consommation.

Nous sommes également, marginalement, un pays consommateur d’ecstasy et d’amphétamines. On annonce une augmentation des saisies d’ecstasy de 500 % mais nous partons de chiffres extrêmement modestes : environ 700.000 cachets ont été saisis cette année, ce qui reste très en-deçà des 2 à 3 millions saisis couramment par an il y a dix ans.

Ce produit n’a donc pas fonctionné commercialement. Il faut toujours ramener le trafic de stupéfiants à celui d’un commerce. Certes, ce n’est pas un commerce comme un autre mais il génère pour les trafiquants des problématiques commerciales classiques de production, d’acheminement, de stockage, de marché, de marges, de risques sur la route. Il faut rapprocher les lieux de stockage des lieux de demande. Si vous mettez trop de temps à répondre à une demande, vous allez être concurrencé sur votre marché et vous ne serez plus compétitif, de même que si vous êtes trop cher ou si votre marchandise est de mauvaise qualité. Si vous effrayez le consommateur -ce qui est fréquent dans le domaine des stupéfiants- vous ne serez plus compétitif non plus !

Toutes ces problématique sont au coeur du métier de trafiquant de stupéfiants et nécessitent des adaptations incessantes.

L’ecstasy n’a pas la faveur du consommateur français, contrairement à ce que l’on constate aux Pays-Bas, en Belgique ou en Grande-Bretagne, mais cela ne signifie pas qu’elle ne resurgira pas sous une autre forme. Il faut noter qu’il existe d’autres produits assez proches qui peuvent devenir à la mode en quelques mois.

L’ecstasy, en tout état de cause, ne représente pas un problème pour l’État français pour le moment, dans la mesure où, peu diffusée, elle est restée confinée dans des milieux particuliers pour ce qui est de l’usage mais aussi de la distribution. Ce n’est pas un produit aux mains du banditisme organisé. Autant la résine de cannabis est aux mains de trafiquants extrêmement déterminés et violents, autant la cocaïne est aux mains d’organisations qui ont des moyens d’intervention sur la vie d’un État, autant l’héroïne est aux mains d’organisations étrangères qui font de l’argent ailleurs et essayent de développer leur marché, autant l’ecstasy et, pour l’instant, les drogues de synthèse, restent l’objet de « micro trafics », avec des lieux de production peu éloignés du lieu d’usage, et ne sont pas pour le moment aux mains de maffias ou d’organisations criminelles.

Nous sommes restés un pays de transit et un pays consommateur de deux produits phares mais nous allons peut-être désormais de plus en plus devenir un pays producteur. Peu à peu diminue ce qui nous distinguait des pays producteurs que nous avons énormément dénoncés, comme le Brésil qui a récemment regretté d’être pointé du doigt par l’Europe en tant que plate-forme de départ pour la cocaïne. En tant qu’enquêteur, je puis toutefois vous dire que c’est bien une réalité.

La France peut devenir, comme d’autres pays européens désormais, un pays producteur. La Belgique et les Pays-Bas accueillent ainsi depuis longtemps des laboratoires de transformation ou de production de drogues de synthèse.

Aujourd’hui, ils accueillent en outre des centres de culture qui permettent de trouver du cannabis « made in Europe », ce qui n’était pas le cas jusqu’alors, ou dans des proposions modestes. Nous avons tous en tête l’image de l’étudiant cultivant du cannabis chez lui après avoir ramené des graines d’un voyage aux Pays-Bas. A cette production a succédé progressivement, depuis deux ou trois ans, celle effectuée dans des appartements dédiés à cette culture, voire dans des lieux plus importants exploités par des gens dont les préoccupations sont avant tout commerciales.

Le cannabis européen est produit de manière hydroponique ; il est transgénique, les semences ayant été manipulées pour être plus productives. Le principe actif du cannabis, le tétrahydrocannabinol, est présent entre 3 et 6 % dans la plante à l’état naturel, comme au Maroc. Le plant peut aller jusqu’à 25, 30 ou 35 % de concentration. On en trouve à 37 ou 38 % quand le plan a été génétiquement modifié pour que son rendement en THC soit supérieur. La particularité de ces plans est d’avoir une croissance plus rapide et d’être plus forts, ce qui conduit aussi le cannabis à être plus dangereux qu’avant et susceptible de davantage d’utilisations en raison de sa très forte teneur en principes actifs.

On a vu apparaître des plantations en Belgique, aux Pays-Bas et un peu en Pologne. Le Canada est également touché, avec des surfaces très importantes de serres agricoles ayant fait faillite rachetées par des gens qui y ont installé des plantations de cannabis et qui font énormément d’argent avec.

Ceci est préoccupant pour deux raisons : les plantations sont très proches de l’endroit où le produit est consommé -le délai de route s’est donc considérablement raccourci- et le produit est plus fort.

Aux Pays-Bas, comme en Belgique, cette production est déjà aux mains d’organisation criminelles extrêmement structurées qui commencent à se voler les récoltes, incendier les plantations, enlever les jardiniers et demander des rançons, un jardinier compétent ayant dans ces pays une valeur sur le marché du cannabis.

Ce produit très fort qui a la faveur des clients est par ailleurs peu cher, les risques sur la route étant moindres, de même que les surfaces de stockage ou le nombre de personnes à corrompre ou à payer pour les passages.

Ce cannabis a également su se prévaloir d’une image « bio ». Les trafiquants marocains, libanais ou afghans ont de plus en plus mauvaise réputation : les produits ont été tellement coupés que les consommateurs se sont tournés vers un produit vendu comme plus naturel et de manière plus directe. Ce produit risque donc d’avoir la faveur des consommateurs dans les deux à trois ans qui viennent, et de nous poser problème.

Il n’y a aucune raison pour que nous ne courrions pas le risque de voir la production s’implanter dans notre pays : nous avons nous aussi des surfaces agricoles à même d’accueillir ces fermes et des exploitations en faillite pouvant être rachetées. Cela générera les mêmes troubles qu’ailleurs. On estime à 45.000 le nombre total des plantations, de dimensions diverses, aux Pays-Bas. Les autorités en découvrent plusieurs par jour. Pour un aussi petit pays, ce chiffre paraît énorme.

Je termine le bilan en signalant la progression très prometteuse et très importante du nombre de saisies d’avoirs criminels, qui ont plus que doublé l’an dernier, pour atteindre un peu plus de 30 M€.

L’essor de l’activité de saisie est réel et sa logique est désormais intégrée pas les services. Ce qui était une conséquence est maintenant un des critères les plus importants d’ouverture de dossiers. On progresse au niveau européen sur ce sujet et on va jusqu’au Maroc pour récupérer le patrimoine des trafiquants !

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Merci de cet exposé très clair et très enrichissant.

La parole est aux parlementaires.

Mme Christiane Hummel, sénatrice. – Etant du Sud-Est de la France, je ne suis pas surprise d’apprendre que l’on cultive du cannabis. J’en ai même vu dans des champs et on a apporté dans ma médiathèque municipale, une nuit, une trentaine de pots de cannabis dont quelqu’un voulait sûrement se débarrasser !

Je suis cependant étonnée que l’on trouve sur Internet des sites ou l’on vende des graines de cannabis et des kits. On y explique également comment cultiver. N’y a-t-il pas moyen d’interdire cette vente ?

Mme Catherine Lemorton, députée. – Vous disiez en préambule que la France est un pays de transit entre deux plaques tournantes, les Pays-Bas et l’Espagne. La Belgique est-elle confrontée au même problème ?

Par ailleurs, quelle est la relation entre la baisse des saisies de cannabis et la baisse de sa consommation ? La politique de saisies en quantités importantes et les lois plus ou moins répressives selon les pays y contribuent-elles ?

Quant aux gros efforts de la France en matière de traitements de substitution aux opiacés, je rappelle que l’on avait un fort retard à rattraper.

Vous évoquez d’autre part un important stock d’héroïne. S’agit-il de produit pur ou coupé ? A Toulouse, les trafiquants mélangent l’héroïne à de la brique rose : les quantités ne sont-elles pas, par suite, démultipliées ? Avez-vous une idée de l’importance de la revente illégale de méthadone et de Subutex ?

Mme Fabienne Labrette-Ménager, députée. – Les saisies d’avoir criminels existent-elles dans les autres pays ?

Mme Marie-Thérèse Hermange, sénatrice. – Vous avez saisi 66 tonnes de cocaïne en 2010 ; quel est le rapport entre ce que vous saisissez et ce qui ne l’est pas ?

Par ailleurs, constatez-vous un trafic de faux médicaments dans les banlieues ?

D’autre part, quel est l’impact des nouvelles drogues -GHB, GBL- sur la santé ?

Enfin, je m’étonne, face aux conséquences de la prise de cocaïne à vie, que l’on ne fasse pas appel aux chercheurs pour attirer l’attention des usagers sur les risques qu’ils encourent.

M. Georges Mothron, député. – Je suis élu de la seconde couronne. Vous faisiez référence à la relation, dans certains quartiers, entre la tranquillité et la vente de drogue. Or, je le vois chez moi, la tranquillité est souvent synonyme de prosélytisme salafiste. Les services collaborent-ils parfaitement en matière de renseignements, de façon que vous puissiez être aussi bien informés que possible ?

Par ailleurs, quelle est la structure d’âge de la consommation de cannabis, de cocaïne mais aussi d’héroïne ? Y a-t-il des profils particuliers de consommateurs dans les strates socioprofessionnelles ?

M. François Thierry. – Il est vrai qu’en matière de criminalité, Internet va être un des gros enjeux des années à venir.

Pour ce qui concerne les stupéfiants, Internet propose non seulement des graines à la vente mais aussi la méthode pour planter et récolter, ainsi que le matériel. Plus de 400 sites sont accessibles en France. Internet propose également de la vente de produits nouveaux comme le « spice », cannabis de synthèse fabriqué sous forme de spray dont on peut imbiber n’importe quel support à fumer.

Ce produit est interdit mais la molécule, Delta 09, est extrêmement puissante. On manque de recul pour évaluer ses incidences sur la santé publique mais un produit plus fort que le cannabis ne devrait pas être bon pour la santé. De tels produits -méphédrone, kétamine, spice- sont disponibles sur Internet…

Je n’ai pas de solution en matière de contrôle d’Internet : nous sommes pourtant nombreux à être concernés. Nous agissons avec Internet comme pour tous les autres moyens de transport du produit. Nous faisons de la veille et nous allons en faire davantage. Nous visitons ces sites, faisons de l’infiltration, comme pour les autres affaires.

Nous réalisons aussi des livraisons surveillées. Leur nombre a plus que doublé en un an. Ce mode d’action auquel nous croyons beaucoup consiste à laisser passer le produit pour interpeller son destinataire et éventuellement son fournisseur. Nous essayons de ne pas couper un chaînon du transport pour voir où va le produit et qui est derrière, en accord avec les magistrats. Tout cela est très rôdé, même en Europe.

C’est plus difficile avec certains pays, plus concernés que d’autres : appeler les Pays-Bas pour les informer que nous réalisons une livraison surveillée de 800 g de spice ne les intéresse pas vraiment : ils ont 2.000 demandes par semaine ! Nous essayons toutefois de motiver nos correspondants et de privilégier ces modes d’action classiques qui donnent de très bons résultats.

On ne fera pas de miracle avec Internet dans le domaine des stupéfiants. Le problème est ici identique à celui que posent la pédopornographie, le terrorisme, les financements occultes, etc. Internet sert à tout cela, comme il sert à plein de choses.

Pourquoi n’existe-t-il pas un discours plus vigoureux à propos des dangers de la cocaïne ? Les usagers qui ont une vie sociale développée, des relations familiales normales, qui font usage de cocaïne à titre ponctuel ou régulier, soit pour travailler mieux soit dans le cadre de fêtes et qui m’expliquent qu’ils hésitent à absorber un yaourt périmé depuis une journée ou deux me font toujours sourire : il y a en effet dans la cocaïne au minimum seize produits chimiques différents, voire plus, sans compter les coupages. Les feuilles de cocaïne trempent d’abord dans un bain de kérosène afin de les transformer en pâte que l’on fait réagir avec de l’acide sulfurique, puis chlorhydrique. C’est cette substance que l’on s’introduit dans le nez, alors qu’on hésite par ailleurs à manger un yaourt périmé ou que l’on recherche du bio sous prétexte que c’est meilleur !

La cocaïne souffre encore d’un important déficit d’information des consommateurs. C’est un produit encore à la mode qui a été fort bien lancé commercialement par ceux qui en vendent. Il jouit encore d’une certaine faveur dans la « jet set » ou dans une certaine classe sociale et ce ne sont pas les confessions publiques d’animateurs de la télévision qui y changeront quelque chose…

Une alerte est effectivement nécessaire en matière de santé publique mais ce n’est pas à moi de la lancer, certains s’en occupent d’ailleurs très bien. On sait qu’il existe un chiffre noir des décès par overdose de cocaïne et que certaines personnes développent des troubles mentaux sévères mais aussi bien d’autres pathologies. Nous sommes persuadés qu’un certain nombre d’infarctus, de ruptures d’anévrisme, etc., sont dus à la consommation de ce produit sans ce soit détecté. Il reste donc de gros progrès à faire dans ce domaine.

Pour ce qui est de l’héroïne, les deux ans de stock concernent le produit tel qu’il arrive en Europe, avant la plus grosse partie des coupages. L’héroïne est fréquemment coupée avec du plâtre, de la farine, de la colle, du sucre, du talc, de la brique et avec énormément d’anesthésiants vétérinaires qui renforcent son effet. L’usager a l’impression que le produit est bon parce qu’il a un effet puissant ; en réalité, c’est surtout l’anesthésiant vétérinaire ajouté qui produit l’effet.

Concernant la méthadone et le Subutex, peu de cas de trafics sont recensés. On sait qu’il existe un détournement -depuis le vol d’ordonnance jusqu’à la revente dans la rue- et de la contrefaçon mais il n’y a pas de dossier d’envergure, en France. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas.

Les cas ponctuels sont en général gérés par les services territorialement compétents. Pour le moment, on n’a pas perçu l’émergeante d’un phénomène préoccupant, même si la Suède nous alertés plusieurs fois à propos de Subutex venant de France vendu en fraude dans ce pays. On a trouvé la source et déféré l’auteur mais il ne s’agissait pas de grosses quantités.

Concernant les avoirs criminels et la cohésion européenne dans ce domaine, tout le monde a très bien compris l’intérêt que cela pouvait représenter en période de budget contraint. Outre la recherche d’efficacité, nous avons aussi la volonté d’essayer de coûter le moins cher possible à l’État. C’est pourquoi nous tentons de récupérer le plus d’argent possible.

Cela fait l’objet d’un atelier européen géré par Europol qui pousse les pays en retard à adopter des législations permettant le versement des avoirs criminels dans le budget des États. La Grande-Bretagne est extrêmement motrice sur le sujet, la France également. Des progrès restent à accomplir mais nous avons largement compensé notre retard. Nous croyons beaucoup aux perspectives d’évolution dans ce domaine. J’ai évoqué le Maroc ; nous avons également d’autres pistes avec l’Afrique ou la Turquie. Ce n’est qu’un début mais on arrive à remonter la trace de certains patrimoines alors qu’auparavant, on n’osait même pas poser la question ! Cela va donc dans le bon sens.

Quel est le rapport entre ce qui est saisi et ce qui passe ? Nous saisissons de manière certaine entre un cinquième et un quart de ce qui entre. Cela varie selon les produits, le moment et la typologie du trafic sur lequel on travaille. Un trafiquant, pour commercialiser un kilo, doit envoyer 1,5 à 2 kilos, voire plus. Les saisies ont donc d’un impact réel sur le trafic.

Elles font partie des préoccupations majeures des trafiquants, qui sont obligés de changer leurs routes et d’adopter des stratégies plus onéreuses. C’est ainsi que la cocaïne voyage de moins en moins sous sa forme finie. Traditionnellement, la cocaïne peut voyager en pain d’un kilo ; aujourd’hui, elle est déstructurée et mélangée à d’autres supports dans un laboratoire du pays de départ. Il s’agit de lui donner une forme différente pour la rendre moins détectable et plus facilement dissimulable et stockable à l’arrivée. Ceci nécessite, outre le laboratoire du pays de départ, d’en avoir un dans le pays d’arrivée pour retransformer la cocaïne et la rendre à nouveau compatible avec une commercialisation directe.

Ces deux laboratoires sont pour les trafiquants des outils extrêmement compliqués à mettre en place : il leur faut des gens compétents, ils risquent de se faire escroquer par leurs associés qui sont, avec nous, leur principal problème. Nous y voyons une forme de succès, même si cela n’a pas tari le trafic.

Quant aux faux médicaments, nous ne sommes pas saisis de ce sujet.

Concernant les quartiers, la collaboration entre services de renseignements est réelle. Elle pourrait s’accroître et s’améliorer, la marge de progression demeurant importante mais nous leur transmettons tout ce que nous identifions. Nous avons moins de retours de leur part, ce qui est normal car nous interpellons plus de 170.000 personnes par an. Notre volant d’activités est forcément supérieur à celui des services qui enquêtent sur les mouvements salafistes.

M. Patrice Calméjane, député. – Que peut-on faire pour vous aider à lutter contre la vente de produits par l’intermédiaire des hubs ?

Par ailleurs, que changeraient pour vous les salles d’injection, si elles étaient institutionnalisées ?

Mme Brigitte Bout, sénatrice. – A combien estimez-vous le nombre de trafiquants qui circulent sans que vous les arrêtiez ?

M. Gilbert Barbier, corapporteur pour le Sénat. – Un best-seller récent a montré comment travaillait l’Office de répression des stupéfiants à Roissy, faisant des révélations dont la véracité reste à confirmer. Que pensez-vous du trafic dans nos aéroports, notamment à Roissy ?

Mme Françoise Branget, corapporteure pour l’Assemblée nationale. – Concernant les trafics, la répression du trafic illicite de stupéfiants s’inscrit dans une politique publique. A-t-elle un impact sur l’offre ? Une politique de prévention plus appuyée, qui pourrait réduire la demande, réduirait-elle l’offre ?

En second lieu, certains proposent d’instaurer des salles d’injection, d’autres la dépénalisation, voire la légalisation de certains produits, comme le cannabis. Que pensez-vous de ces éventuelles évolutions de la loi ?

M. Serge Blisko, coprésident pour l’Assemblée nationale. – Monsieur le Commissaire, de quels changements législatifs auriez-vous besoin dans votre travail ?

M. François Thierry. – Il faut bien sûr travailler sur la demande. On ne peut méconnaître le fait que ces produits auront à terme des conséquences très nocives sur la santé de nos concitoyens si ceux-ci en sont usagers. C’est pourquoi ils sont interdits. Il n’y a pas d’autres justifications. Il faut donc absolument travailler à la réduction de la demande, nous sommes d’accord sur ce sujet.

Les organisations criminelles qui recourent au trafic de stupéfiants ont des stratégies commerciales extrêmement agressives. Les diminutions de la demande sont toujours compensées, comme on le voit aux Pays-Bas, par une relance de la stratégie commerciale de l’organisation qui se sent visée.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut arriver à réduire la demande, mais toute réduction accroît la concurrence entre organisations et développe des stratégies commerciales agressives : tout le monde a vu des reportages sur les « drug runners » qui, aux Pays-Bas, le long des autoroutes, cherchent, les armes à la main, à vendre de force leurs produits !

Il ne s’agit pas de ne rien faire mais il ne faut pas attendre des organisations criminelles qu’elles baissent les bras devant une réduction de la demande. Ce ne sera pas le cas ! Mon propos rejoint un peu la problématique de la dépénalisation, voire de la légalisation. Dépénaliser ou légaliser n’enlèvera rien à la détermination de ces organisations qui, de toutes façons, continueront à s’enrichir par d’autres moyens ou en utilisant les failles de la dépénalisation ou de la légalisation.

Le cannabis n’est pas un produit stable, on l’a vu : si vous autorisez la production d’un cannabis le moins dangereux pour la santé, à 10 % de THC, les organisations criminelles vendront du 30, du 35 ou du 38 %. Ils en vendront aux mineurs si vous en avez interdit la vente aux mineurs ; ils en vendront la nuit si vous avez interdit la vente de nuit !

C’est ce qui se passe aux Pays-Bas, où toutes sortes de commerces sont apparus à côté du commerce légal, ce qui ne résout rien. Vous aurez autorisé un produit de plus, et Dieu sait que l’on a du mal avec ceux qui le sont déjà, comme le tabac et l’alcool. Si on avait pu les interdire, on l’aurait fait. On a aujourd’hui 10 millions d’usagers d’alcool, 12 millions d’usagers de tabac et on essaie, à coup de spots télévisés et d’affiches de toutes sortes, de conseiller aux usagers de moins consommer et de prendre garde à leur santé !

Autoriser un produit de plus ne diminuera pas l’activisme très violent de ces organisations criminelles, ni leur activité. Les Pays-Bas, qui s’étaient engagés dans cette voie, sont en train d’en revenir. Ils subissent des conflits entre bandes rivales qui se battent pour fournir les coffee shops. Les coffee shops sont autorisés à vendre 100 kg d’une provenance fléchée mais en vendent en fait 2 tonnes : 100 kg de la provenance fléchée et, sous le manteau, 1,9 tonne de provenances diverses !

Aux Pays-Bas, 75 à 80 % des gens qui viennent se fournir dans les coffee shops ne sont pas hollandais. Cela a généré des trafics énormes. L’État en récolte certes les fruits, les gens dépensant de l’argent par ailleurs, mais on ne sait plus comment se défaire de ces trafics. Les coffee shops sont fermés les uns après les autres et l’on assiste à des troubles associés colossaux, avec des plaintes du voisinage incessantes.

On va créer selon moi un problème plus compliqué que celui d’origine. Si, demain, la cocaïne connaît le même engouement, va-t-on nous expliquer qu’il faut la dépénaliser et la légaliser ? On va reculer le problème sans avoir un effet réel sur les organisations criminelles. Or, ce sont elles que l’on veut viser, non l’usager. Certes, l’usage reste répréhensible mais l’usager est peu poursuivi pénalement : il est surtout encadré. Quand il est poursuivi pénalement, c’est pour mieux l’inciter à décrocher, non pour lui infliger réellement une peine.

Les législateurs que vous êtes ont pour l’instant souhaité ne pas modifier le droit, les praticiens et la jurisprudence ayant adapté leurs réponses : on ne matraque pas l’usager comme un délinquant ordinaire, on essaye de l’inciter à suivre des canaux de santé publique dans son propre intérêt. C’est fort utile pour l’inciter à décrocher.

Il est important de conserver des infractions qui permettent de toucher les organisations criminelles ; si vous les supprimez, vous privez les services d’enquête d’un moyen d’accès à ces organisations. Il s’agit d’infractions occultes, difficiles à mettre en lumière. La situation peut être très calme dans un quartier alors que celui-ci est aux mains d’une organisation de trafiquants ! Un intérêt de l’incrimination est de contraindre l’usager à nous parler, avant de l’envoyer chez le médecin ou l’assistante sociale.

M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – C’est là votre réponse à la dernière question qui vous a été posée : qu’attendez-vous des politiques ?

M. François Thierry. – Nous attendons du législateur une sécurité juridique. L’arsenal existe déjà. L’Office pour la répression du trafic de stupéfiants existe depuis 1953. Le législateur français a été particulièrement clairvoyant en fixant de grands axes diversifiés de travail : soins, répression…Il a également laissé la coopération européenne se développer.

Le problème réside dans l’insécurité des régimes de garde à vue qui mettent terriblement à mal les procédures. On attend du législateur un signe fort et pérenne sur le sujet, une stabilisation de l’état du droit plutôt que des idées novatrices. L’effort doit porter sur la coordination, l’accompagnement et le développement de la lutte contre les trafics. Il faut continuer à taper au porte-monnaie, à donner des moyens pour lutter contre ces organisations criminelles, qui travaillent comme la maffia italienne il y a vingt ans ou les cartels colombiens et mexicains aujourd’hui. Même si c’est plus impressionnant au Mexique, la méthode de travail est la même. Il faut donc que les outils soient adaptés mais je crois qu’on en dispose déjà largement.

Les « salles de shoot », comme la dépénalisation, ne sont pas selon moi une bonne idée. La logique française a consisté à limiter la demande et à accompagner les personnes tombées dans l’usage incontrôlé de ces produits sur les plans médical et social. Elle a été aussi de les punir lorsque c’est judicieux. Mais la mission de l’État est plus d’accroître l’accompagnement des gens que d’organiser l’usage, qui risque de multiplier les problèmes.

Si vous créez des « salles de shoot », les dealers s’introduiront à l’intérieur : pour eux, ce sera un marché à prendre ! Vous aurez également des problèmes entre usagers : certains vont venir sans ce qui leur est nécessaire et voler les autres. Vous aurez également des vendeurs aux abords des salles de shoot… Vous entrez dans des problèmes sans fin et très difficiles à gérer à moins de poster des policiers dans chaque salle, ce qui est une antinomie totale dont personne ne veut !

Il faudra instaurer une zone où l’usage sera semi-encadré. Je comprends que, pour les professionnels de santé, cela puisse être une solution potentielle mais, à long terme, ce n’en est pas une. Certes, les pays qui se sont lancés dans cette voie depuis 1986 ont pu diminuer le nombre d’infections -et encore- et stabiliser l’usage des seringue mais, pour nous qui luttons contre les organisations criminelles, la problématique est marginale. Nous ne voulons pas voir se reproduire dans ces salles de shoot ce qui se passe déjà dans les hôpitaux français, où il existe, dans chaque service spécialisé, des toxicomanes ravitaillés par des dealers qui démarchent directement certains hôpitaux. Ce sera la même chose ! On croit résoudre le problème par ce biais alors qu’on l’élargit !
M. François Pillet, coprésident pour le Sénat. – Merci.
M. François Thierry. – Je reste à votre disposition. L’une de mes missions prioritaires est de vous informer.