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Le reportage accusateur

Un très intéressant reportage de Spécial Investigation de mars 2010, lisible ici, avait expliqué la méthode pour amener la drogue sur l’archipel des Bijagos et y décharger la coke. Un colombien disant s’appeler « Willmer » avait choisi de s’installer dans une petite maison ronde qui était tout simplement installée au bout d’une piste d’atterrissage débouchant sur l’Atlantique.  Des enfants interviewés parlaient de gros fûts à débarquer pour aider le colombien.  Ça ne pouvait être plus clair (cf ici à droite, l’image est saisissante) !!!

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26 octobre 2018

Commençons d’abord au Brésil, par un repêchage, en juin, d’un avion dont on n’avait pu voir que les formes au fond de l’eau, survolé par un hélicoptère de l’armée. On avait eu un peu de mal à en définir l’aspect, mais c’était bien un Beechcraft Baron bien classique, comme le montre la photo, une fois sorti de la la lagune d’Uberaba, dans le Pantanal, puis démonté pour être expédié par barge sur le fleuve. L’avion avait été intercepté le 25 avril dernier par les forces aériennes brésiliennes : repéré par un avion radar E-99, il avait été ensuite abattu par l’un des deux A-29 Tucano lancés à sa poursuite.

L’avion, un Beechraft Baron B-58 d’après ses vitres rectangulaires arrière) emportait une demi-tonne de coke, dont la majeure partie avait été récupérée.  Mais comme il en regorgeait littéralement c’est sans surprise qu’on avait découvert 60 kilos supplémentaires à son bord, dans un endroit non déterminé de l’avion.  Le corps du pilote n’avait pas été retrouvé : avait-il réussi à s’échapper lors de son amerrisse forcé, l’option reste possible.  Selon la police et l’armée, le Tucano avait atteint un des moteurs de l’appareil, et le fuselage ne portait aucune trace d’impact.  Tirer sur les avions de trafiquants est autorisé au Brésil en 2004.  La procédure a été utilisée pour la première fois en juin 2009, lorsque des pilotes ont tiré sur un véhicule monomoteur transportant 176 kilos de cocaïne à Rondonia.  Après les tirs de semonce, le pilote du monomoteur avait atterri.  On ne sait ce qu’il est advenu de ce chanceux, donc (et de son coéquipier car ils étaient deux à bord).  La seule chose gênante, dans cette pêche aux vestiges, est que dans tous les clichés de l’opération, la police prendra grand soin de disposer devant la partie du fuselage portant l’immatriculation de l’appareil un bout de métal, en l’occurrence ici la partie droite du gouvernail horizontal, disposé sciemment (on a replié exprès vers le haut son aileron, voir ici à droite) pour éviter qu’on ne le distingue.

Pour quelle raison ? Impossible de le savoir.  Cherchait-on ainsi à dissimuler le propriétaire de l’aéronef ? A noter que l’on avait acheminé le butin repêché via un petit Cessna immatriculé PT-KCL, siglé « Operaçoes Aéeras », celui de la police et à l’origine l’avion saisi à des trafiquants…

Le vol d’avion, un sport toujours très prisé

Voler des avions, ou tenter de les voler, demeure un sport brésilien fort pratiqué. ….   lire plus

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Lors de la visite à la DNRED du président Hollande et du ministre Sapin, suite à la saisie du Boulevard Exelmans, le directeur Jean Paul Garcia est absent, remplacé par Hélène Crocquevieille, la DG de la Douane française

Dans l’affaire de la saisie de sept tonnes de cannabis, Me Cohen-Sabbant vise le procès-verbal des deux douaniers « verbalisateurs ».

Ils auraient soi-disant été « destinataires d’un renseignement » – arrivé « miraculeusement » le 17 octobre, ironise Me Cohen-Sabban – concernant ces camionnettes « stationnées boulevard Exelmans » et lestées de 212 « valises marocaines ». Elles se trouvaient précisément sous les fenêtres d’Hambli qui attendait, dit-il, le coup de fil des acheteurs pour envoyer ses chauffeurs leur apporter la marchandise, en accord avec l’Office des stups (OCRTIS) prêt à les « péter », c’est-à-dire les arrêter.

lire plus: https://ns55dnred.wordpress.com/2016/12/06/france-ocrtis-sophiane-hambli-va-porter-plainte-contre-la-dnred/

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L’appareil lui appartenait toujours, selon la FAA, lorsqu’il s’est écrasé.  
Et bien revoilà que notre homme a fait reparler de lui, en plein mois d’août et d’une façon aussi spectaculaire, comme l’a indiqué le journaliste Pierre Nizet dans le journal La Meuse en date du 20 août dernier.  
Le frère du consul honoraire de Belgique en Utah semble cette fois-ci dans de beaux draps, accusé cette fois d’avoir participé à un trafic d’or.  
Oui, de l’or cette fois, habilement dissimulé.
 
passeport-marc-didier-510x362Le passeport du belge Marc Didier  saisi par la police
Après la coke, le métal précieux …
L’avion saisi cet été au Paraguay avec de l’or habilement dissimulé dans un alliage de bronze appartient en effet à notre désormais habitué des faits divers, à savoir Marc Didier et sa société d’achat et de vente d’avions installée dans le fief mormon de Draper, Best Aircraft Deals, LLC (son siège est en effet situé à 1378 E Perrys Hollow Road, à Draper (84040), son « agent » résidant au 1378 Perrys Hollow road de Salt Lake City, UT 84103).  Or c’est aussi l’adresse de la maison (estimée plus de 900 000 dollars) du patriarche mormon de la famille Didier, à savoir Charles Didier, d’origine belge, devenu il y a plusieurs années une haute autorité de l’église mormone (le fils ayant été privé par décision de justice de sa propre villa, comme j’ai pu déjà l’écrire ici-même).  Dans le registre de création d’une des sociétés de Marc Didier, Charles est d’ailleurs le « secured party » de l’entreprise, à savoir son garant.  Et il l’est aussi pour Best Aircraft Deals… ou l’était, Best Aircraft Deals, créé le 11 février 2015 a en effet été fermé le 12 juin suivant…  l’agent représentant la société se définissant comme celui de Dominican Oil & Gas Exploration, LLC to, dont le responsable n’est autre que… Marc Didier en personne (la firme ayant été créée voici aujourd’hui onze ans).  Tant d’opacité maintenue laisse envisager plein de choses douteuses, et … c’est le cas.  Le nom de Dominican Oil & Gas Exploration, LLC était apparu en 2011 avec un premier lien avec des mexicains, en s’associant à Grupo Zapata Arce, une division de Metales y Minerales S.A. De C.V, pour d’obscurs achats et ventes d’acier.  Le même mois, le groupe ainsi formé avait investi 1,200,000 dollars dans Rsignia, Inc.  (1) un groupe s’occupant de cyber securité solutions mais aussi de détection, de calculs de risques d’impacts (« mitigation« ), de contre-mesures ou d’analyses.  La société a été acquise en 2012 par KEYW Corporation (2).  En 2016, Air&Cosmos annonçait que Rsignia INC avait signé un contrat de trois ans avec l’Air Force Research Laboratory…bae-125Marc Didier avait rappelons-le bel et bien acheté le BAE 125  numéro de série 257138/NA-0298, immatriculé N917TF.  On l’avait retrouvé en pièces détachées sur la plage de Puerto Columbia le 20 mai 2015, après un crash filmé de bout en bout par l’armée colombienne, qui avait suivi de près sa descente, filmée par des caméras infrarouges. L’appareil n’avait pas été abattu, semble-t-il, mais il s’était bien crashé avec un moteur en feu.  Il lui avait été vendu le 1er mai 2015 par Florida Aircraft Sales, mais n’avait été radié du registre américain que le 28 mai bout-repêché1-12015 et annoncé comme vendu à Marc Didier (et à une de ses entités, le « Grupo Zapata Arce Division Metales y Minerales LLC« , une société travaillant officiellement au Mexique et en Chine dans l’extraction du minerai de fer et la fabrication d’acier, du moins c’est ce qu’elle annonçait)… Lavion s’était donc écrasé huit jours auparavant, la FAA ne l’ayant radié définitivement que le 2 juin 2015 alors qu’il était déjà en miettes !!! Etrange rattrapage de faits… L’enquête que j’avais effectuée avait révélé d’autres étrangetés de ce dossier, comme le fait que Marc Didier affichait sur le net un autre lien pour les achats d’avions, un lien ne répondant plus depuis plusieurs mois déjà. Tout avait intrigué dans cette affaire, comme le fait que le site B3A (Bureau of Aircraft Accidents Archives) relatant les crashs, affichait désormais depuis un lien perdu vers la photo de l’appareil (voir ici  et là) alors que le dossier relatant l’accident avait lui disparu… le site d’Aviation Safety Network relatant lui désormais le crash, précisant bien que « the aircraft was identified as N917TF which departed Fort Lauderdale Executive Airport, Floria for Toluca, Mexico on May 1, 2015′.Avec l’ami Falcon, on avait donc bien retrouvé l’avion avant que ASN n’annonce sa disparition… le seul bout reconnaissable flottant en mer était bien le bon ! A noter que l’ASN n’a mis en ligne cette certitude que le le 4 août 2016… soit bien après nos révélations !!!
lire sur: http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxv-les-mormons-encore-et-la-decouverte-dun-veritable-consortium-international-de-contrebandiers/

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8 février 2016

Comme on a pu le voir dans l’épisode précédent, un bon nombre d’élèves-pilotes formés par le nombre important d’écoles de l’air boliviennes sont devenus des transporteurs de coke, effectuant le plus souvent le trajet Pérou-Bolivie, puis Bolivie-Brésil, ou inversement. Si ces écoles nourrissent elles aussi le trafic, c’est qu’un certain laxisme existe à leur égard. Notamment l’absence totale de vérification des ventes d’appareils américains, provenant le plus souvent de rebuts, ce qui explique aussi un bon nombre de crashs recensés étant donné leur vétusté. Mais d’autres formes de facilitation du trafic apparaissent dans les arcanes du pouvoir du pays. Les militaires eux aussi ont été tentés, comme on va s’en apercevoir, et une personnalité surprenante est apparue dans ce contexte : l’ex miss Bolivie, devenue proche d’un ministre, retrouvée en liaison avec un trafiquant brésilien recherché, lié lui-même à des personnes troubles que l’acteur Sean Penn avait suivis de près, sans que la presse ne le rappelle récemment. Pourquoi donc, voilà une bonne question !

cessna couchéLa chute des avions commencée l’année 2015 se poursuite donc en ce milieu d’année : le 13 juin, nouvel arrivage, à Piraicito cette fois. Et nouveau décollage raté : un très élégant Cessna 210 Centurion II s’est couché sur l’aile droite, visiblement embourbé sur sa roue droite, en tentant de décoller sous le feu des hommes de l’armée bolivienne  venus intercepter l’appareil. A bord, il y a 60 paquets de cocaïne pour 125 kg au total. Au moment de l’intervention des soldats, deux hommes se sont échappés dans les montagnes, mais il seront arrêtés un peu plus tard, cachés dans des buissons. Deux frères ont été tués dans l’affrontement, en descendant de leur 4×4 venu prêter main forte à l’avion :  Carlos Toni (30 ans) et Yasmani Carballo Loza (25 ans), impliqués selon les renseignements « dans des activités de trafic de drogue ». crash cessnaDeux radios et un bidon à essence d’aviation sont également découverts. L’avion est immatriculé ZP-TMV. Selon la version officielle, une patrouille avait déjà observé un atterrissage d’avion léger dans la région, lorsque le Cessna est à nouveau apparu, plusieurs personnes dans un véhicule ont ouvert le feu sur les soldats, la réplique ayant tué les deux trafiquants présumés. Le 26 juin, on reparle de l’école des kamikazes vu dans l’épisode précédent avec un petit Cessna 152 appartenant à une école d’instruction, Alas Beni, qui s’est écrasé à Trinidad; à quelques mètre seulement de l’aéroport Jorge Henrich.  Alexis Soruco (l’instructeur) et David Fernando (Edwin) Orellana (l’étudiant) sont tous deux tués dans l’accident. L’appareil,  CP-2808 a été complètement détruit à l’impact. Il est effectivement en miettes. L’avion, numéro de série 15284032ancien N4937H américain datait de… 1979, il avait 36 ans… il avait été exporté des USA en 2013 par « RAUL BEUNO EXPORTATION INC« , enregistré à… Wilmington, dans le Delaware (on l’aurait parié !). L’enquête évoquera une panne moteur, tout simplement. Le 15 juillet, on découvre 40 kilos de coke à Beni, avec 49 000 dollars à la clé. Le trafic avait lieu à Trinidad et Santa Ana; le gang ayant pour chef un dénommé « Negro Fabio ». Trois avions et un véhicule lui appartenant sont saisis.

CP2838Le 22 août on part.. au Pérou, direction les vallées de l’Apurimac et de l’Eune (zone du VRAE). Deux hélicoptères MIL en patrouille ont aperçu un avion bolivien, ou plutôt ce qu’il en restait. Il était immatriculé CP-2838. Aperçu ici  à El Trompillo (SRZ / SLET) en Bolivie le 22 janvier 2015. « Tombé à Vilcabamba et chargé avec de la cocaïne, son pilote avait survécu à l’accident et avait réussi à communiquer par téléphone satellite avec la Bolivie, au propriétaire de la coke… qui lui avait envoyé un autre avion pour la transporter alors que deux groupes d’indigènes de Llochegua étaient partis pour secourir le conducteur et la charge « . Ce sont eux qui auraient vidé l’avion, « peu de temps avant l’arrivée du contingent de police ». Le CP-2838 avait été exporté en Bolivie en 2013 par Martin Rapozo. En Bolivie, il a été enregistré au nom de Sandra Datzer Rodriguez, la femme de Fernando Rapozo, le frère de Martin. Avant cela, il avait volé à Anchorage, Alaska… exactement comme le Cessna U260G CP-2890 retrouvé lui aussi abandonné mais avec à côté  356,6 kilos de cocaïne et un téléphone satellite , deux GPS Garmin device deux transmetteurs radio et deux téléphones portables. Or surprise, le propriétaire de l’avion s’appelait aussi…  Martin Rapozo !!! Selon Insight Crime « l’avion était un parmi ces dizaines de vieux avions américains vendus à des acheteurs boliviens au lieu d’être envoyés à la ferraille »…

saisie

Mapa_nuevo2L’excellent Insight Crime va à partir de cet exemple brosser un terrible réquisitoiavions rapozore contre celui qui prive de vie de jeunes pilotes boliviens : « Martin Rapozo Villavicencio, le propriétaire du petit avion écrasé CP-2890 en 2014, a acheté plus de 30 avions aux États-Unis, qui ont été par la suite exportés vers la Bolivie. Idl-Reporteras et  Caretas ont lu les numéros d’immatriculation des 33 avions de Raposo, dont beaucoup ont été repérés volant dans le VRAEM et dans la vallée de Pichis-Palcazu. Beaucoup d’avions ont été déclarés sur des sociétés fictives enregistrées, mais certains ont également été enregistrés sous le nom de son frère, Fernando Rapozo. A plusieurs reprises, le nom de la famille Rapozo est apparu lorsque l’on regarde dans les registres des avions, capturé, ou crachés au Pérou ». A droite les 10 avions repérés comme appartenant bien à la famille Rapozo. Le 26 Août, 2015  la presse bolivienne rapporte que le Pérou avait détecté pas moins de 222 vols de narco-avions en trois mois, sur le territoire national péruvien. Il était entré autant d’aéronefs pour charger 77 tonnes de drogue, selon un député du Pérou. Un rapport de la Direction Anti-Drogue révèle que 13 vols par jour partent vers la jungle péruvienne dans l’est de la Bolivie. Le gouvernement a approuvé la loi pour abattre des avions emportant de la drogue.

CP-2914blessésLes arrivés incessantes au Pérou rendent les militaires impatients sur la gâchette. Le Cessna CP-2914 visible ici à gauche resté accroché dans les arbres a été abattu par un hélicoptère péruvien le 15 avril 2015 dans le Río Tambo, à Satipo. Son pilote, Ramos Silva, 28 ans, est brésilien. Pilote de ligne à Curitiba, il a a été blessé lors du crash à Satipo. Selon la presse « il a été embauché par une connaissance d’un ami qui vit en Bolivie pour faire ce transport privé ». Aucune trace de drogue n’avait été trouvé à bord ». Ses parents et surtout sa mère, Vera Lúcia de Moura, crient à l’erreur manifeste. Le 17 avril, le pilote Brésilien est transféré à Lima et il est admis à l’hôpital Hipólito Unanue publique, après avoir reçu une balle dans le bras et l’abdomen. Le 21 mai, il est libéré de la prison de Satipo, dans le département de Junín. Visiblement, il y a avait eu.. bavure. On avait pu voir les miliaires péruviens s’activer dans leur hélicoptère auprès des deux blessés, dont le jeune Silva (ici à droite).


Et ce n’est pas fini. « Le 13 février de cette année (2015), les forces de sécurité publique auraient découvert les restes d’un avion écrasé dans les forêts de Pichari. Le numéro de série sur le moteur de l’avion était encore identifiable, et lié à un avion acheté par une entreprise d’ Opa-Locka, en Floride, et exporté- vers « Rapozo Export » à Santa Cruz, en Bolivie. Sur les trente avions achetés par Rapozo aux États-Unis (où il a une résidence à Tarpon Spring, en Floride) et exportés vers la Bolivie, les dossiers des forces de sécurité ont compté le CP-2859, capturé en juillet 2014; le CP-2721, capturé en 2012, tandis que le CP-2812 écrasé juste trois jours après le CP-2890 en novembre 2014. En termes de sécurité aérienne, le trafiquant bolivien Rapozo et d’autres transporteurs ont fabriqué les lignes de bus les plus mortelles de Lima question sécurité. Presque tous ces avions sont achetées vers la fin de leur capacité de voler. Chaque pont aérien de vol représente un profit pour les trafiquants de drogue, mais le mépris pour la vie des pilotes. »

ATB CessnaLe 1er septembre,  c’est un pilote brésilien de trafiquants de drogue lié au Commando Vermelho qui est tué dans une fusillade avec la brigade des antinacos de l’Unidad Móvil Policial para Áreas Rurales (UMOPAR) à Montero (en fait il meurt dans son transfert à l’hôpital d’El Trompillo), dans le département de Santa Cruz, alors que son avion contenant 300 kilos de cocaïne s’est embrasé. Son copilote paraguayen est arrêté. L’avion est à nouveau un Cessna 210L immatriculé ZP-BHW, l’ancien N4643Q américain.  Ce dernier, le  27 août 2014 faisait le trajet Floride-Providenciales (une île dépendant de l’archipel de l’archipel des Turques-et-Caïques) Le journal télévisé d’ATB rend compte de l’affaire et montre même le survivant arrêté en l’interviewant : l’homme avoue bien avoir transporté 300 kilos de coke. L’avion avait été enregistré comme exporté au Paraguay. Le vendeur étan « N6364S LLC », enregistré bien sûr dans le Delaware ! Le site de la société annonce exporter au nom d’Arturo Anibal Acosta. En 2014, le 18 avril, l’homme a vendu le  Cessna 210L Centurion, numéro de fabrication 21059940 datant de 1973, immatriculé aux USA N627BA, dans l’état de « USADA A REPARAR » à un dénommé LUIS MARIA SARUBBI DUARTE.

saisie capitaineRebelote le 3 septembre avec un Cessna Stationair TU206G 6 avec l’enregistrement CP-2781  (ex N925Y américain, venu de Boise, dans l’Idaho) qui se fait pincer à l’atterrissage, juste avant son redécollage, après que les hommes du Groupe pour le Renseignement et les Opérations Spéciales (ISOG) et de la FELCN (les forces boliviennes) soient restées en planque une semaine sur place en attendant son arrivée. A bord, 362 kilos de pâte de coca… prête à partmilico-narco-1ir vers le Brésil. Cette saisie courante dan le secteur et surtout l’arrestation de son pilote vont bousculer le choses en fait. Car son pilote n’est autre que Yimy José Urzagaste Zabala, qui est aussi capitaine de la Fuerza Aérea Boliviana (FAB), comme l’atteste la photo ci-contre prise lors de sa formation. L’affaire fait automatiquement grand bruit. En avril, un article avait indiqué que les forces de la FELCN elles-mêmes étaient « vulnérables aux narcotrafiquants ». Car son cas pose question, et il n’est pas le seul : en mars, c’est l’ancien commandant de la police nationale et ancien chef de la FELCN, le général Oscar Nina qui avait été accusé de blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite et d’avoir eu des liens avec le trafiquant le plus connu, Joaquin «El Chapo» Guzman, dont les déboires ont fait la une de tous les journaux récemment. En septembre, c’était  le chef du Groupe de la police civile de soutien (GACIP) de la ville bolivienne d’El Alto, Juan Carlos Tapia Mendoza, qui avait été arrêté le 12, accusé de trafic de cocaïne. 42,7 kilos de cocaïne ont été retrouvés chez lui, à Santa Cruz, à 900 kilomètres de El Alto. Zabala, Nina, puis Tapia : l’Etat bolivien voit ses représentants sombrer devant l’attrait de l’argent que leurs promettent les trafiquants !

CP-2630 19Sep15Le 19 septembre, c’est encore un autre Cessna U206F modèle Stationair, immatriculé CP-2630 (N°U20602939) qui est retrouvé à San José de Chiquitos. A intérieur, on a retrouvé 6 sacs de jute avec 35 paquets de cocaïne. Le 7 octobre, c’est un nouvel appareil d’une école d’aviation de Viru Viru qui se crashe dans une commune rurale de Santa Rosa del Sara, blessant le pilote instructeur et son élève. « Une défaillance mécanique » selon le rapport des autorités. L’avion était un Cessna 152 II (IFR) immatriculé CP-153, ex N89564. Le numéro de fabrication de l’avionest le N°15282788 : il datait de 1979… et avait donc 36 ans d’âge, encore une fois.

Les avions pleuvent, et la Bolivie ou le Pérou leur font la chasse. idl-rLe Pérou surtout, comme on avait pu le voir avec un Cessna CP-2907 aperçu à Santa Rosa fin novembre 2014. Filmé ici au dessus de sa zone d’atterrissage en tain de tenter de fuir un Hind de l’armée péruvienne. L’équipe de IDL-R à l’affût filmant la poursuite. Des Hind plus très jeunes, que le Pérou possède en effet depuis les années 90... C’est à la même équipe que l’on avait dû l’atterrissage d’un Cessna (CP-2873) ensuite attaqué par les forces terrestres péruviennes. 

miss bolivia

Une question se pose : en Bolivie, Morales, partisans de ne pas pénaliser les paysans faisant pousser de la coca, plante « nationale » a-t-il trop laissé faire ? On serait à même de le penser en lisant un article inquiétant du journal Veja. Celui-ci évoque clairement des liens entre des trafiquants et le pouvoir. « Veja a eu accès aux rapports produits par une unité de la police bolivienne de renseignement, révélant entre autres choses, une connexion directe entre un confident d’Evo Morales, le ministre de la présidence Juan Ramon Quintana, et un trafiquant de drogue brésilien qui purge actuellement sa peine dans la prison de sécurité maximale de Catanduvas à Parana. Un document intitulé « Arrestation d’un fugitif international » et signé avec le nom d’infiltration « Carlos », décrit comment les agents boliviens ont identifié la maison du Brésilien Maximiliano Dorado Munhoz Filho en 2010″. 

Maximiliano Dorado Munhoz Filho« Max, comme il est connu, et sa bande avaient une hacienda à Guajara-Mirim et dans huit autres villes de Rondonia, qui ont reçu la drogue apporté à partir d’aéronefs boliviens. Mensuellement, le groupe de « Max » reçoit environ 500 kilos de cocaïne qui sont ensuite transportés à San Paulo et Rio de Janeiro (schéma extrait de Globo.com, dossier Epoca). Le trafiquant de drogue s’est échappé de Urso Branco (1) dans Rondonia en 2001, et d’ici là il est  soupçonné se cacher en Bolivie.  En fait, il était caché dans un bâtiment sur la rue Chiribital,  au coin de Pachiuba dans un quartier riche de Santa Cruz de la Sierra. Le 18 novembre 2010 à 14 heures, les policiers qui gardaient le bâtiment y ont été les témoins d’un dîner de fête. Quintana, alors le deuxième  homme le plus puissant de la République est apparu en compagnie de Jessica Jordan, 28 ans, célèbre dans son pays pour être élue Miss Bolivie seulement quatre ans plus tôt. Tous deux avaient à l’époque, une position de confiance parmi les institutions étatiques ». Quintana a été le directeur de l’Agence pour le développement de macro-régions et des zones frontalières. Il y a deux mois, Jessica a été nommée par le vice-président Alvaro Garcia Linera (ci-dessous à gauche avec Jessica) comme Directrice Régionale du Développement de l’Etat de Beni, département qui partage des frontières avec Rondonia, entre le Brésil où va la plupart de la drogue bolivienne. Jessica Quintana est entrée dans la maison de Max les mains vides et 20 minutes plus tard est ressorti avec deux mallettes. Le contenu de celui-ci est inconnu » précise Veja, laissant entendre bien des choses  fort deuxdérangeantes. « Deux mois après la réunion avec les membres du gouvernement de Morales, « Max » a été arrêté dans une opération conjointe menée par la Police fédérale brésilienne et un groupe de membres triés sur le volet du service de renseignement a conduit de la Bolivie au Brésil. D’autre part, Quintana a été nommé par Evo Morales, l’année suivante en tant que ministre de la présidence, l’équivalent de la maison civile brésilienne, poste qu’il avait déjà occupé de 2006 à 2009. L’histoire de l’agent Carlos et de la rencontre entre les membres du gouvernement et le trafiquant de drogue brésilien et font partie d’une série de documents divulgués à la presse bolivienne et américaine pour mouvement politique vers le socialisme (MAS), le parti de Morales ». Depuis, en avril 2014, Jessica a été éloignée et expédiée comme consul à New-York. ce qui n’a pas été sans critiques : « Jessica Jordan n’a pas les capacités politiques et diplomatiques pour prendre la charge. Le gouvernement devrait nommer une personne avec une histoire et une expérience diplomatique pour effectuer un bon travail et bien représenter notre pays « , avaient  les députés de la Convergence nationale (CN), Osney Martinez et Thomas Monasterio ». Mannequin et ambassadrice : à quand ici un poste de ministre pour Nabila (ou son chien) ?.

Selon Insight Crime toujours, la Bolivie est aujourd’hui « à l’épicentre du trafic de drogue en Amérique du Sud » . Avec notamment en point de mire le trafic vers le Brésil. « La Bolivie est très située près de celui qui est actuellement le deuxième plus grand consommateur de drogues illicites dans le monde: le Brésil. Elle partage une frontière avec également le principal producteur de cocaïne au monde, le Péro, et le principal producteur de cannabis en Amérique du Sud, le Paraguay. En outre, l’Argentine connaît une augmentation de la consommation intérieure de drogue, en particulier de « crack » ou du « paco », une forme de cocaïne qui peut être produite en Bolivie. Aujourd’hui, même les marchés intérieurs de la consommation de drogue au Chili et au Pérou affichent une croissance. Aujourd’hui, la Bolivie est littéralement au cœur du commerce de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud. Si l’on ajoute le fait que la Bolivie produit également son propre cocaïne, nous constatons qu’il ya une variété d’opportunités criminelles. Cette dynamique en Amérique du Sud est totalement indépendant des itinéraires de trafic de drogues traditionnelles qui fournissent le marché américain. En effet, des sources nous ont dit ici à InSight Crime a déclaré que l’analyse chimique de la cocaïne saisie aux États-Unis montre que seulement cinq pour cent de celui-ci vient de Bolivie. » L’exception en Bolivie étant une faible criminalité : « curieusement, il ya peu de violence entre clans criminels de la Bolivie, ce qui est la raison pour laquelle leurs activités attirent peu d’attention. Contrairement aux Colombiens et de plus en plus du Brésil, la criminalité organisée bolivienne préfère résoudre pacifiquement leurs différends. Ceci peut être expliqué en partie par la force de la culture indigène en Bolivie, qui a horreur de la violence et essaye de trouver des solutions communes à des problèmes. Cependant, il ya des preuves d’une augmentation des meurtres liés à la drogue à Santa Cruz, même si cela est peut être plus liée à la COT que les différends entre clans criminels de la Bolivie. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a averti que l’augmentation de la violence est presque inévitable si la Bolivie maintient sa position en tant que producteur et de point de transit pour les drogues. » 
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L’un des principaux trafiquants brésiliens opérant en Bolivie s’appelle Maximiliano Dorado Munoz Filho. En 1996 il avait été condamné à 7 ans de prison pour trafic de drogue. Il avait été arrêté dans l’état de Rondonia, dans le Guayaramerín, au Brésil, il avait mis en place un laboratoire de cristallisation de la cocaïne. Trois ans plus tard, il est accusé d’avoir ordonné l’assassinat du Directeur de la Sécurité de la prison d’ursa Branco à Porto Velho, où il avait été enfermé. En 2000, retrouvé libre, il est à nouveau arrêté pour trafic de drogue et possession illégale d’armes à feu : la police brésilienne a établi qu’il était le propriétaire d’un avion transportant la drogue, qui était entré au Brésil. en 2001, il avait fuit le Brésil pour se réfugier en Bolivie. Deux ans plus tard on l’accuse de l’assassinat du capitaine Edvilson, de la police militaire de l’Etat de Rondônia, dans la ville de Pimenteiras, à la frontière avec la Bolivie. En fuite depuis novembre 2010, il est arrêté à Trinidad, puis est expulsé de la Bopennlivie par les autorités, pour se retrouver à la prison fédérale de Porto Velho au Brésil pour y purger une peine de 33 ans d’enferment. Son frère, Osi, a été arrêté près de Trinidad, dans l’état de Beni. Mais l’histoire des deux trafiquants va devenir plus… complexe, disons, en mêlant des personnes inattendues. Les deux frères étaient liés à Jacob Ostreicher, avait-on appris lors de l’enquête. En 2010, l’homme aurait remis  25 millions de dollars  à une secrétaire colombienne, Liliana Rodriguez, la secrétaire d’André Zolty, un avocat suisse, pour un obscur projet de développement agricole datant de 2008 portant sur la production de riz. Les 25 millions devaient être en effet investis en Bolivie selon lui, du blanchiment selon d’autres. Le gestionnaire de la ferme des investisseurs, Ronny Suarez, avait en effet été déclaré comme trafiquant de drogue. Au même moment, l’ambassadeur américain avait critiqué la confiscation des grandes fermes et des ranchs de grands propriétaires terriens décidés par Morales, dont celui d’un éleveur américain, nommé Ronald Larsen. Selon les investisseurs, c’est Liliana Rodriguez (Claudia Liliana Rodríguez Espitia) qui avait détourné leur argent lors de l’achat de machines et de fournitures à crédit et en mettant aussi des titres fonciers à son nom seul, disaient-ils, reconnaissant qu’elle avait planté le riz sur des terres appartenant au trafiquant de drogue brésilien Maximiliano Dorado et à son frère cadet. Une défense qui semblait un peu sommaire, Rodriguez étant leur femme de confiance depuis des années. Les révélations de l’affaire feront grand bruit, Zolty et Ostreicher étant des juifs orthodoxes. Etrangement, l’acteur Sean Penn, qui a fait parler de lui récemment pour l’affaire d’El Chapo, avait lui aussi rencontré Ostreicher et avait même assisté à son procès en décembre 2011 !!! Après avoir réglé une caution, le même Ostreicher, né à Brooklyn, sera simplement assigné à résidence en Bolivie. Le cas va devenir plus étonnant encore, quand le 16 décembre 2013, Ostreicher réapparaît soudainement aux États-Unis après être resté près de 30 mois en Bolivie. Personne ne sachant comment il avait réussi à fuir le pays ! Au Brésil, pendant ce temps, Maximiliano Dorado Munoz Filho semblait lui toujours jouir d’une aura incroyable et de soutiens jusque dans la magistrature : récemment, en 2015, on a appris en effet qu’il avait déjà réussi à changer de statut comme prisonnier… pour réussir à sortir en semi-liberté et pour aller prendre par la même occasion des cours de pilotage d’avion (ça ne s’invente pas !) :  « Pendant deux ans et dix mois, Maximiliano Dorado Munhoz Filho, l’un des chefs (« ambassasors ») du « Narcosul », est resté derrière les barreaux pour implication dans le trafic de drogue entre le Brésil et la Bolivie. En octobre de l’année dernière, Max a réussi à passer du régime fermé à la résidence surveillée. Le 6 mars de cette année,  il a encore bénéficié d’un autre avantage: il a gagné le droit de prendre des cours de pilotage d’aéronef à l’aéro-club de Porto Velho – alors que les plus grandes organisations du Narcosul y opéraient un pont aérien de cocaïne de la Bolivie, le Brésil, le Pérou et le Paraguay »… le problème n’est pas que bolivien, visiblement. C’est bien pourquoi nous allons nous diriger vers le Brésil, dans de futurs épisodes…

(1) Le pénitencier de sécurité maximale Jose Mario Alves da Silva, mieux connu sous le nom d’ursa Branco (Ours Blanc), est une prison dans la ville brésilienne de Porto Velho, Rondônia. La vie y est infernale : « depuis 2001, les personnes de ette prison souffrent de graves abus, avec des épisodes de faim et la mort même pour les prisonniers, la police en ayant violemment exécuté comme répression (au moins une centaine de détenus). Le cas de non respect répété des droits de l’homme a été l’objet d’un jugement de la Cour des droits de l’homme interaméricaine, avec des sanctions imposées au Brésil et le suivi des mesures adoptées par le pays »

on peut relire :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xxxix-en-bolivie-une-91607

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-cxii-en-bolivie-aussi-des-liens-inquietants-avec-le-pouvoir/

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coke en stock

9 novembre 2015

Et puis dans ma longue saga sur l’historique des transferts de cocaïne, a émergé soudain une découverte, fortuite, à  vrai dire, et initiée… par mes lecteurs. L’un d’entre eux m’ayant remis en tête récememment la vente de biréacteurs Caravelle en fin de vie à  des personnes susceptibles de les utiliser à  des fins indélicates, je me suis remis à fouiner… pour tomber sur un pan complet fort instructif de la grande période des transferts massifs de cocaïne de Colombie directement vers la Californie via des avions réaction, bien aidé il est vrai par une rencontre sur le net fort au courant de l’aviation. Et tomber sur le cas de ce biréacteur français qui démontre par l’exemple que l’affaire du Boeing de la cocaïne couvert au Mali en 2009 a eu un précurseur français… 14 ans auparavant. Retour -en plusieurs étapes- sur ce fait historique, une livraison encore une fois de plusieurs tonnes de coke en plein désert… mexicain cette fois, et non malien. Avec à  l’autre bout… des comptes bancaires suisses. Comme quoi rien n’est vraiment nouveau ! Tout avait commencé en fait sous Bill Clinton, en son fief de l’Arkansas… avec le trafiquant Barry Seal, qui travaillait pour la CIA. Avant de parler Caravelle, on va (à nouveau) parler d’autres avions et… de l’Arkansas.

mena-db623Tout part de la mena, encore une fois, ou plutôt des multiples pistes au fin fond de l’arkansas ou des etats-unis, où atterrissaient les petits bimoteurs de Barry Seal et de ses collègues de la Cia, en plein fief cliftonien. Même s’il n’y avait pas qu’au hangar de Rich Mountain aviation, à la Mena, tenu par l’association de Seal et, Fred Hampton, que les opérations de rapatriement de drogue colombienne se faisaient. Seal, un agent de la DEA, c’est à  noter, était donc aussi un trafiquant de drogue, voilà  qui détermine tout de suite un des points forts du système : ceux chargés de poursuivre les trafiquants l’étaient eux-mêmes, et le sont encore pourrait-on dire, A  constater l’inefficacité totale de la lutte antidrogue de la DEA en Amérique Centrale et du Sud depuis des années. DEA et CIA travaillent en effet la main dans la main, c’est que révèle¨à l’évidence toute l’affaire Barry Seal…

L’avion de Seal
barry sealUn journaliste, Micah Morrisson, dans le Wall Street Journal, va décrire parfaitement ce qui s’y passe dans cet endroit reculé des USA, dès le le 29 juin 1994 (à droite un passage bas d’avion attribué à Barry Seal dans un documentaire US): « Mena est un bon endroit pour un mystère. Les forêts de pins et de feuillus des montagnes Ouachita qui l’entourent depuis longtemps sont un paradis pour les hors la loi, des générations de bouilleurs à la maison ou pour les agriculteurs de contrebande de marijuana aux chemises rouges de terre En 1981, le passeur de cocaïne Adler Berriman (« Barry ») Seal est arrivé sur les lieux, et a établi une base d’opérations à l’aéroport de Mena. Le dossier de M. Seal est bien connu des forces de l’ordre, il a été souvent présenté comme ayant fait plus de 50 millions de dollars avec ses activités illégales. Travaillant chez Rich Mountain Aviation, l’une des entreprises locales qui s’est transformé en un centre de remise en état des aéronefs de Mena, M. Seal a importépour près de 1,000 dollars de cocaïne par mois à partir de la Colombie dans les années 1980, selon l’enquêteur de Arkansas State Russell Welch, qui suit le cas de Seal depuis plus d’une décennie. passage bas barry sealEn 1984, M. Seal a « basculé » pour la DEA, devenant l’un de ses informateurs les plus importants. Il a pris l’avion pour la Colombie et recueilli des informations sur les dirigeants du Cartel de Medellin dont la cheville ouvrière est Lehder Carlos et a témoigné dans d’autres affaires très médiatisées. Quant à l’associé de M. Seal, Fred Hampton, le propriétaire de l’aviation de Rich Mountain Aviation, il a acheté une parcelle de terrain près de la petite communauté dans l’arrière-pays de Nella, à 10 miles au nord de Mena, et y a fabriqué en une piste. Les responsables locaux de la police pensent que l’achat était à l’initiative de Seal. » L’avion montré dans une vidéo amateur comme étant celui de Barry Seal est un modèle Navajo PA31-310, comme celui-ci, qui se distingue par ces trois larges hublots sur les côtés (le quatrième, celui de la porte d’accès est obturé, c’est une version « cargo ») : l’avion n’étant pas pressurisé. Certains Navajo ont été transformés pour pouvoir larguer des parachutistes (comme ce modèle). Seal utilisait, on le sait, cette méthode de largage pour délivrer la cocaïne.

La Louisiane, et l’île de Lehder

3324385676_c07b82f0d7-1Dans « The Crimes of Mena » de Sally Denton et Roger Morris sorti en juin 1995; on la description de la méthode Seal :  « Les cassettes vidéo personnelles de Seal, en la possession des auteurs, montrent une scène dans laquelle il a utilisé l’équipement de parachutage de l’armée américaine  ainsi que des dispositifs militaires de précision, dans ses opérations de transport de la drogue. Au milieu de l’après-midi après un certain nombre de passage à vide, l’un de ses avions abandonné une charge de plusieurs sacs polochons attachés à un parachute. En quelques secondes, la cargaison assis sur la piste d’atterrissage en herbe, à distance récupérée par Seal et chargé sur un hélicoptère qui avait suivi les avions volant à basse altitude. « Ceci est la première goutte jour de cocaïne dans l’histoire de l’État de Louisiane, » Seal raconte sur la bande. Si les sacs polochons vu dans les films à la maison des contrebandiers ont été remplis avec de la cocaïne – comme Seal le déclare lui-même sur la bande – cette charge unique valait déjà des centaines de milliers de dollars ».

L’armée complice

avion441-510x379-0336e-d2798Cette complicité avec les militaires, c’est exactement encore ce qu’écrivait Micah pour la base de Nella (Mena) dans l’Arkansas :  » En 1984, les rapports de surveillance policières parlaient d’une activité étrange de type militaire autour de Nella. « Nous avons eu des rapports sur des armes automatiques ; de nombreux incendies, sur des hommes d’apparence latino-américaine dans la région, des gens en tenue de camouflage se déplaçant silencieusement à travers des chemins avec des armes automatiques, des largages d’avions, un trafic d’avion bimoteur, des choses comme ça », dit l’ancien enquêteur de l’Internal Revenue Service, William Duncan, qui a commencé à enquêter sur Mena en 1983. Les habitants de la campagne autour de Nella ont confirmé les rapports d’avions qui chargeaient sur place dans le milieu des années 1980. « Mais les gens ne parlent pas beaucoup de ça ici », a déclaré un habitant du quartier. « Si vous le faisiez, vous auriez pu vous réveiller un matin et trouver un tas de vos animaux morts. » Visiblement, on a fait peur à l’entourage…. de la même manière qu’on a fait peur à des gens à d’autres endroits pour qu’ils ne mettent pas le nez où ils ne devraient pas.norman cay La mort d’un des pilotes (Emile « But » Camp), certes accidentelle, à Fourche Mountain au Nord de Mena, un an avant celle de Barry Seal ravivant les peurs de possibles manipulations, Camp ayant beaucoup à dire sur le cas de son propre collègue (un autre pilote de Seal, Eric Arthur, pilote de Piper Seneca, natif des Turks and Caicos Islands, se fera hacher menu par les hélices d’un appareil en 1984 sur l’île de Lheder (ici à droite), où se posait régulièrement Seal : Lehder, Escobar ou  Rafael Caro Quintero…. et Seal partageaient les mêmes avions. En tête de chapitre, un avion attribué à Seal dans une vidéo : c’est un Navajo Panther, et non un Cheyenne. Plus étonnant encore, l’avion ressemble comme deux gouttes d’eau au Panther découvert dans le hangar des appareils appartenant à la société de Caro Quintero, Taxi Aereo Nacional de Culiacan SA :

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La méthode inventée deviendra classique

Les mêmes avions… et les mêmes méthodes. La preuve en étant cet extrait de l’ouvrage « Kings of Cocaine: Inside the Medellín Cartel – An Astonishing True Story of Murder, Money, and International Corruption » de Guy Gugliotta et Jeff Leen : « la contrebande sérieuse de cocaïne en avion privé est devenu une réalité lorsque Carlos Lehder et George Jung ont finalement rencontré Bam Kane à Miami pendant la première semaine d’août 1977, Kane dit qu’il était prêt, après un an d’attente et des retards, à faire voler la cocaïne pour eux. Pour s’envoler de Nassau, le fuselage de son petit avion bimoteur était équipé de réservoirs de carburant de caoutchouc pliable pour augmenter sa portée et était guidé par un Loran, une radio balise capable de le guider à quelques miles de sa cible (voir ici le principe, ainsi que l’explication ici). Au dessus de la Colombie, un co-pilote envoyé en repérage pour Kaneloran_kln88 avait souligné l’emplacement d’ une petite piste d’atterrissage privée dans une ferme en dehors Medellin, celle où  était Pablo Escobar. Avec 250 kilos de cocaïne à bord, cinq fois plus que Carlos I.ehdci n’avait jamais manipulé. Bam Kane est retourné à Nassau, a ravitaillé, et  est entré furtivement dans l’espace aérien américain. La cocaïne a alors été  chargée dans des chariots de supermarché et a été transportée en voiture à Fort Lauderdale sur un parking, là où Kane a divisé la charge en deux et l’a mise ans les coffre des deux voitures. Lorsque les Colombiens son venus, il leur a donné une voiture et a retenu l’autre jusqu’à ce qu’ils payent sa redevance Kane a eu son argent dans les quarante-huit heures et Jung et Lehdcr se sont divisé un cool million de dollar :  tout avait fonctionné comme sur des roulettes ».

réunion

Un parc aérien riche

Dans le jugement du 20 janvier 1993, on retrouvera trace complète des avions utilisés par Lehder (je résumé ici le long texte). Le Piper Navajo aircraft, Registration N50RK, dans lequel avaient volé  Carlos Lehder, Jak Carlton Reed, et Russ O’Hara  pour emporter 6 à 700 livres de coke à Rio Hacha en Colombie le 6 mars 1976. Le fameux N50RK est souvent attribué à Pablo Escobar, en fait. l’avion un Piper PA-31 Navajo sans winglets, construit en 1977 sous le numéro 51434430/A63918, inscrit chez A o Z Leasing à Corona del Mar, en Californie a été exporté le 11 juin 1981 en… Colombie. Son registre indique que ses propriétaires étaient des associés (« partnership« ).N50RK escobar De la coke transférée ensuite dans le Beechraft Queen Air, Registration N923Q.  En « avril ou début mai 1978 », Carlos Lehder, Jack Reed Carlton, et Russ O’Hara ont volé sur le Piper Navajo, inscription N50RK, de Cay, aux Bahamas de Norman, sur une piste en Colombie, avec un arrêt en route à Aruba, pour emporter environ 300 kilogrammes de cocaïne, avec retour à Norman Cay, Bahamas. L’avion était à l’époque toujours… californien. Vers la mi-juillet 1978 à ou vers décembre 1978 Reed et Stephen C. Yakovac ont fait plusieurs vols de chargements de cocaïne pour un total de 1358 kg de cocaïne en provenance bonanzade Norman Cay, aux Bahamas, sur une piste en herbe en Floride près du lac Okeechobee , en utilisant un Cessna 206, d’enregistrement N756LY. L’avion était enregistré en 1982 chez Red Aircraft Sales, à Fort Lauderdale avant d’être « exporté au Panama » !!! En mars 1979 Reed et Stephen C. Bluemel, ont volé sur un Bonanza à empennage en V, d’enregistrement N18337, en emportant environ 300 kilogrammes de cocaïne en provenance de Norman’s Cay, aux Bahamas vers la piste d’atterrissage lac Okeechobee, en Floride. Au mois de mNormans-cay-bonanzaars ou au début d’avril 1979 Edward Hayes, Carlos Lehder et Leverett Merrill Francis ont chargé environ 350 à 300 kilos de cocaïne dans un avion bi Beechcraft Bonanza, d’inscription N537ML, sur Norman Cay, aux Bahamas, et Ward et Francis, ont piloté l’avion au piste d’atterrissage d’Astor Park à Lake County, dans le Middle District de Floride, où la cocaïne a été chargée par une équipe au sol recruté par Jack Reed Carlton. Cette cocaïne a ensuite été transportée par véhicule à moteur d’Astor Park vers la «maison de planque» de Lighthouse Point, Floride, loué par Stephen C. Bluemel. Le gag, c’est que le Bonanza à queue papillon des dealers volait toujours récemment : il a été photogrphié à Santa Paula Airport en août 2010… et un autre similaire semble être resté dans un hangar sur Norman’s Cay, comme on peut le voir ici à gauche…

miami road drg plane

La grande époque du trafic de coke

En 1985,  on retrouvera un Cessna Conquest 441, cette fois, posé sur une autoroute, a i-75 à l’ouest de Palmetto, en  Floride, vidé de ses occupants. Un avion soupçonné d’avoir apporté de la coke. Son immatriculation sera attribuée en 1988 à un Boeing 727. Deux ans plus tard, en 1987, la police découvrait tout un matériel radio sophistiqué chez des trafiquants arrêtés à Miami : scannersdes scanners radios sophistiqués pour écouter la police, et une véritable station d’observation avec jumelles sophistiquées en haut d’un appartement de Sunny Isles. Au sommet du trafic, Lloyd Frink, le responsable du Grand Prix de Palm Beach et de l’International Motor Sports Association (IMSA). En trois ans, Don et Bill Whittington, Davie`s Randy Lanier et Davie`s Marty Hinze, tous pilotes de course, avaient été arrêtés pour trafic de drogue. Alors que Seal balançait ses paquets sur terre, Frink les récupérait lui plutôt en mer, ses paquets étant équipés de balises émettrices :  « la cocaïne, munis d’émetteurs, tombait dans l’océan depuis des avions, raconte le FBI. Des bateaux suivraient le signal radio et ramassaient des paquets flottants avec la drogue illicite. Frink et un autre pilote d’hydravion, appelé Lake (un Lake Buccaneer LA-4-200 en fait), volaient au dessus des bateaux transportant de la cocaïne de Scrub Cay dans les Bahamas, à Nassau, disent les autorités, selon le procureur adjoint Michael Runowicz déclaré jeudi. Le réseau de contrebande importé 10 tonnes de cocaïne d’une valeur de 10 millions dollars, selon, les agents du FBI. »

Des risques énormes, et des accidents révélateurs

principeDe accidents ont eu lieu, lors de ses vols de nuit dangereux. Le pilotage à l’arrivée de la Mena n’étant pas si facile que cela… comme témoignage, celui du shérif local avait surpris, à propos d’un crash d’un des appareils contenant la coke : « A. L. Hadaway, l’ancien shérif du lieu, a été fort surpris d’apprendre que « Camp, un pilote expérimenté, s’était écrasé. « Il aurait pu trouver cet aéroport de nuit tous feux éteints, je l’ai vu le faire », a déclaré Hadaway, qui est aussi un pilote. Furr (le manager de Rich Mountain) a dit qu’il y avait quelques doutes que la mort de Camp aît pu être simplement accidentelle :« J’ai entendu parler d’un assassinat, que Camp avait une bombe à bord, qu’il avait avec lui 500 livres de cocaïne et 3 millions de dollars en numéraire » a-t-il dit. Vous pouvez entendre plein de choses à ce propos ».  Dans une fort étonnante déposition d’un policier, Russell Franklin Welch, lisible ici, on peut en effet lire la thèse de l’attentat contre Camp : « donc, environ le 20 Février 1985, une personne inconnue à mes yeux, avant cette époque; ^portant le nom de Emile Camp, s’est écrasé en avion près de Mena et a été tué. J’ai reçu un appel d’abord de Rudy et Furr et plus tard, je pense, de Freddie Hampton. Je ne me souviens pas de l’ordre exact sur ce point. Mais ils tous deux craignaient que cela avait été un assassinat, parce Barry Seal allait au tribunal – il à la cour à ce moment-là à Miami, en Floride, sur un – témoignage pour la gouvernement dans une opération qu’il avait aidé à effectuer. Ils le sentaient comme cela – que l’accident d’avion d’Emile Camp était en quelque sorte un assassinat pour expédier ce procès, soit pour Barry Seal ou pour la défense dans le procès, Emile Camp étant la seule personne avec Barry Seal personne qui pourrait témoigner de ce qui se passait en ces temps particuliers« . Seal sera descendu, on le rappelle alors qu’il commençait à témoigner à sonpropre procès, et surtout à commencer à tout révéler. L’avion de Camp était le N8658E, un Piper Seneca noir, gris et rouge.maule L’avion appartenait à « Seal Adler B » : le nom réel complet de Barry Seal. Des Piper Seneca, il en avait trois : le N8658E, le N8275T (enregistré chez « Pay and Save Inc » (drôle !)et le N8049Z, tous peints exactement pareil, avec des noms de code internes… japonais. Exercés à voler bas et à tester les détections radars de la base. Peints pareils, les avions étaient complètement interchangeables. Les avions étaient enregistrés à Boward County… en Floride. Barry Seal utilisait aussi un avion précis : un petit Maule, dont la spécialité est l’atterrissage et le décollage court, idéal au Nicaragua (présenté ici par Terry Reed).

Un seul hangar est tout s’explique

rich_mountain-8279aL’origine du trafic est vite cernée, et elle se situe dans un hangar précis de Mena même :« M. Duncan et M. Welch, enquêteurs de police de l’état d’Arkansas, ont poussé leur enquête sur M. Seal et de Rich Mountain Aviation. Ils soupçonnaient que M. Seal, en dépit de son travail avec la DEA, ait continué d’importer des drogues et à blanchir l’argent par le biais des entreprises locales et les banques, en utilisant éventuellement la piste d’atterrissage de Nella comme base pour des largages de drogue. En 1986, la chevauchée sauvage de M. Seal a pris fin. Trois tueurs à gseal deadages colombiens armés de mitraillettes l’ont rattrapé alors qu ‘il était assis derrière le volant de sa Cadillac blanche à Baton Rouge, en Louisiane, et lui ont délivré une récompense éternelle. Huit mois après l’assassinat, l’avion cargo de M. Seal a été abattu au-dessus du Nicaragua. A bord il y avait un chargement de munitions et de fournitures pour les Contras. Un membre d’équipage, Eugene Hasenfus, a survécu. Avec l’accident, et l’étalage de l’affaire Iran-Contra, les enquêteurs ont commencé à examiner la piste de Nella sous un jour nouveau. Barry Seal ne faisait pas simplement que voler la drogue aux États-Unis, pensaient-ils, peut-être aussi qu’il apportait aux Contras nouvellement formés des armes de l’extérieur. » 

Des largages et une récupération par hélicoptère

mena_hangar-7084dLe policier qui avait découvert le trafic a fait un témoignage fort précis sur les méthodes inventées par Barry Seal, qui deviendron communes à tous les trafiquants suivants :  « nous avions un problème difficile pour montrer la réalité de l’arrivée de la drogue à la Mena. Nous avons appris la méthode de fonctionnement de Barry Seal et des personnes qui avaient été impliquées avec lui. Lui-même à cette époque, expliquait au Congrès et aux journaux exactement  son mode de fonctionnement qui, pour aller en Colombie dans un avion au système de carburant modifié, muni de réservoirs souples pour transporter du carburant supplémentaire, pour voler ainsi jusqu’en Colombie chargé avec de la cocaïne et pour revenir dans ce pays, toucher le continent, et laisser tomber sa cocaïne dans des sacs de voyage dans une non divulguée que personne ne connaissait grâce aux coordonnées Loran, vers une équipe au sol dans un hélicoptère, qui allait ramasser la cocaïne ». L’hélicoptère était essentiel dans la pratique, une grande part dans le fonctionnement ». Les avions ont fait qu’il utilisait nous savions (par un informateur) qu’ils étaient les mêmes car l’informateur de Louisiane, nous a dit qu’ils étaient stationnés au Mena Airport chez  Rich Mountain Aviation. Nous savions que ces avions environ toute les semaines ou deux quittaient l’aérodrome, pendant un jour ou deux, puis revenaient. Nous savions que ces avions avaient des réservoirs souples à l’intérieur. Nous savions aussi en fait ces avions avaient des couvertures couvrant leurs tableaux de bord dans le cockpit pour les dissimuler au regard des étrangers tentés de voir de quoi était fait l’équipement sophistiqué du cockpit, les radios et les Lorans et des choses que je ne connais pas du tout (…) l’informateur nous a dit qu’il y avait de fait de la cocaïne dans l’aérodrome. » Détail saisissant : la secrétaire de Richmond Aviation s’appelait Lucy Gonzalez, et elle était la fille d’un sénateur colombien.

La piste du carburant qui remonte aux trafiquants
IA Piper Navajo PantherLe témoignage est primordial, car il indique aussi les types d’appareils utilisés. « Mais un des aspects les plus importants en fait, que nous avons appris, c’est que Barry Seal possédait aussi des hélicoptères, dont deux d’entre eux, étaient à Rich Moutain Aviation pour une période de temps. Et ils avaient aussi une sorte de plancher, qu’ils faisaient rouler au dehors du hangar, par manque d’un meilleur mot, sur lesquels les hélicoptères pouvaient atterrir sur, puis étaient rentrés dans le hangar. Et la seule chose que l’on savait c’est qu’en fait Barry Seal avait besoin de ces hélicoptères pour pour ramasser les paquets de drogue après leur chute de l’avion lui-même. Nous savons aussi que Joe Evans aidait Barry Seal avec sa licence de camion à plateau avec un grand réservoir de carburant sur le dos de celui-ci sous un nom commercial fictif. Et nous savions ce que ce camion était utilisé pour l’achat de carburant, en grande quantités dans différentes zones environnantes de Mena, à savoir dans sou un nom d’entreprise fictive, en utilisant les numéros de queue d’avions fictifs ». Ce qui nous a amené à croire que peut-être de la cocaïne avait été stockée dans la zone. Mais on n’a jamais été en mesure d’établir nous-mêmes le fait. Pour nous, ce n’était pas nécessaire pour son opération d’apporter tout cela dans cette région. Ce qu’il avait était un endroit sûr pour ses avions. – Combien d’avions y avait-il là, Russell?  demande le président du jury – « selon les informations que nous aviescobarons, il y avait quatre avions à un moment, dont deux Cessna Seneca; et je pense aussi dire vrai pour deux Panther Navajo et deux Seneca ». Le Navajo Panther étant une amélioration du Navajo équipé de moteurs Lycoming TIO-540-J2BD avec des hélices quadripales Harztell capable de voler sur 800 miles en réservoirs internes (en tête de chapitre un Panther avec Winglets)… Les trafiquants avaient choisi ce qui se faisait de meilleur pour l’époque : le premier Piper à turbopropulseurs, le Cheyenne n’a été mis en service qu’à partir de 1974. On peut voir dans un documentaire Pablo Escobar en personne atterrir à son Hacienda Napoles à bord de l’un d’entre eux (image ici à droite, je reviendrai plus loin sur cet appareil plutôt… particulier).

Ce menteur invétéré de Clinton et ses douteux amis

US-FILES-CLINTON-GRAND JURY-TESTIMONYOn a souvent évoqué les Bush comme pires présidents, mêlés à des activités fort douteuses, le père ayant lui-même été à la tête de la CIA, ne l’oublions pas. Mais les Clinton n’ont rien à leur envier, toujours selon le Wall Street Journal de 1994 : « par une coïncidence intéressante, tout en fonctionnant comme un agent de Barry Seal, la DEA a également mené une enquête sur les activités liées à la drogue du courtier en obligations de Little Rock, Dan Lasater, un partisan de Clinton. En Octobre 1986, M. Lasater avait tait accusé à Little Rock complot en vue de distribuer de la cocaïne, la DEA a confirmé qu’il était la cible d’une recherche de trafic de drogue impliquant son avion privé et un petit aérodrome au Nouveau-Mexique, à la station de ski d’Angel Fire (photo ici à droite) que M. Lasater avait acheté en 1984. M. Lasater a exécuté une mystérieuse série de transactions pour le compte de Dennis Patrick, résident du Kentucky, qui a dit qu’ll n’avait pas eu connaissance de ces millions dans les transactions de son compte bancaire en 1985 et 1986. On ne sait pas ce que ces transferts représentent, à partir des bordereaux de confirmation que M. Patrick a montré sur papier seulement, avec le peu d’argent qui en sortait. dan lasaterPourtant, il est intéressant de noter que l’activité trépidante dans le compte est arrivée à une fin abrupte en février 1986 – le mois même où Barry Seal a été tué. Bien sûr, tout cela peut être juste une coïncidence, et peut-être même que le gouverneur Clinton ne savait même pas que des trafiquants de drogue, la CIA et la DEA opéraient dans sa cour. Peut-être qu’il ne voulait pas le savoir. Après tout, comme Nous venons de l’apprendre, l’Arkansas de Bill Clinton était un endroit très étrange. » Lasater sera condamné en 1986 pour trafic de drogue, mais ne fera que 6 mois sur les 30 requis, et Clinton en 1990, lui octroiera un pardon complet, effaçant toutes les accusations contre lui. Dclinton rogerifficile d’imaginer que cette mansuétude eût été elle aussi fortuite ! En 1993, un ex-agent de la DEA, Robert Bonner avait confirmé devant les caméras du magazine 60 Minutes qu’il y avait bien un trafic de drogue à la Mena : vous dites. Une tonne de cocaïne a été exportée vers les Etats-Unis d’Amérique …. En collaboration avec la CIA ? Bonner : C’est exactement ce qui semble s’être passé ». Chez les Clinton, le propre frère du président, Roger, protégé de dan Lasater, dealer de coke, en prenait lui-même : on le voit ici sur cette  vidéo de la Police se prendre un rail dans un motel.

De la coke à la tonne

seal_aircraft-a8c07Une tonne, et beaucoup plus, car ce n’était pas par petit bimoteur seulement, mais par avion cargo militaire de taille conséquente, un Fairchild C-123 Provider. que cela se passait. « Dans la matinée de ce premier vol direct, Seal et Brown ont dû aller à l’aéroport régional de Mena Intermountain dans une région éloignée près de la frontière de l’Oklahoma. Il s’agit d’un établissement petit, rarement utilisé, et intéressant seulement pour une piste très longue, du type utilisé par les gros avions de vols transcontinentaux. Brown s’était attendu à trouver, un Baron ou un King Air, des petits bimoteurs pour lesquels il avait reçu une formation de pilote. De tels avions transportaient le gouverneur dans tout l’État. Au lieu de cela, a-t-il dit, il a trouvé cet « avion militaire énorme » alors que ce n’était pas vraiment un avion militaire. Il était sombre, presque noir, et avait seulement sur la queue les marquages ​​civiles minimums nécessaires pour l’opération. Le C-123K est un transport militaire avec deux moteurs, avec une porte cargo à l’arrière de son fuselage capable de charger une petite voitureA l’intérieur de l’avion, avec Brown, un autre pilote et deux autres personnes qui étaient des ouvriers, des « Beaners »-communs qui ressemblaient à des indiens d’Amérique centrale. Plus tard, Brown aurait appris à les connaître comme « kickers », parce qu’ils donnaient des « coup de pied » aux cargaisons de l’avion. Ils étaient tous en jeans, chemise et chaussures de sport. Seal, dit Brown, avait prescrit le code vestimentaire et insisté sur le fait que l’on n’ait pas une seule pièce d’identité sur soi, pas même des clés ou des bijoux. Seal avait même demandé à Brown de changer ses chaussures. Ils devaient être inreconnaissables. Quand Brown est monté dans l’avion, Seal co-pilote à ses contrôles jouait avec des jauges et des notes. Puis Seal a démarré les moteurs et Brown se souvient : « Ce putain… excusez-moi, je veux dire juste ce bruit de tonnerre de putain d’avion de merde qui était déjà en train de décoller. » Brown affirme que quand l’avion a décollé, il était assis sur un banc derrière les deux pilotes. Les « kickers » étaient assis loin à l’arrière de ce fuselage d’avio où il y avait des palettes sur roulettes. Des caisses étaient empilées, sur palettes partiellement couverts par une bâche. » Il est vrai que le Provider transportait de tout….
Les bases militaires dans le coup
250px-Stennis_International_Airport_-_Mississippi-625ceL’appareil utilisait aussi des bases militaires, notamment pour se ravitailler : à la DEA et la CIA on peut ajouter l’armée comme complicité : « Après l’avoir quitté Mena, l’avion a fait une escale de ravitaillement « Personne n’est descendu, » a dit Brown et le vol a repris. L’arrêt s’était arrêté à l’aérodrome de Stennis à Gulfport, Mississippi, un aérodrome fréquemment utilisées par le DEA (c’est resté un terrain militaire jusque 1970, ici en photo à gauche). Une fois de retour dans l’air, Sceller les fit sursauter en hurlant : « Eh bien, vous allez tous vous aggriper. » L’avion est alors descenu à ce que Brown appelle « une altitude d’enfer de beaucoup plus faible que celle à laquelle vous pensez pouvoir voler. » Seal évitait ainsi les radars. Bientôt, ils ont regagné l’altitude, mais ensuite ils sont redescendus à nouveau et « c’est alors ces deux enfoirés se sont mis à pousser obtenir ces palettes et à les faire rouler ». Lesrodriguez parachutes se sont ouverts au dessus de la charge sur les palettes. Plus tard les soupçons de Brown ont été confirmés : les palettes emportaient des M-16 pour les Contras. On ne sait pas s’ils avaient déjà été largués aux Contras. Seal semblait avoir eu des relations aussi chaleureuses aussi bien avec le cartel de Cali qu’avec les sandinistes. Il démontrait surtout être un employé du gouvernement très peu fiable. Environ trente minutes plus tard, Brown dit, le C-123K tard a atterri dans ce qu’on pensait être Tegucigalpa, au Honduras, bien que d’après les enquêtes c’était inconnu comme site central de la présence américaine. Après l’atterrissage, l’avion a été ravitaillé en carburant. Alors que Seal et les kickers étaient allé chercher quelques colis, Brown et le co-pilote, restés à bord échangeaient jamais plus que quelques mots . Puis, a dit Brown, Seal et les kickers sont revenus, portant quatre sacs. Brown dit qu’il n’avait amais revu les sacs depuis« . Tegucigalpa, là où sévissaient les escadrons de la mort formés par John Steele, retrouvé plcartes ciaus tard en Irak… comme tortionnaire travaillant sous les ordres directs de David Petraeus. Parmi les personnes très affairées à la Mena, un dénommé Felix I.Rodriguez (alias « Maximo Gomez » ici dessus à droite avec G.H.Bush), dont on reparlera un peu plus loin… mais aussi Bob Nash ou Aki Sakawatha, de la CIA. Tous se promenaient avec des fausses cartes d’entreprises de compagnies écrans sur eux, comme celle figurant ici à gauche…
La mort de deux ados trop curieux
reed-aba0bBill Clinton était-il au courant de ce trafic ? Sans aucun doute, peut-on affirmer aujourd’hui : « en Mars 1995, dans une déposition juridiquement contraignante, Cavalier Larry Patterson a également déclaré que Clinton savait, à propos de Mena. Patterson a dit qu’il avait ntendu des conversations à propos de « grandes quantités de drogues en cours de transfert dans l’aéroport de Mena, de grandes quantités d’armes, qu’il y avait une opération de formation continue des personnes étrangères à la région. » Lorsqu’on lui a demandé, « Y avait-il de ces conversations en présence du gouverneur Bill Clinton ? » il a répondu : enquête« Oui, monsieur. » Patterson avait été déposé en une action en justice déposée contre l’ancien chef du service de sécurité Clinton, Terry Reed, qui a dit qu’il avait formé les pilotes de Contra, sous la supervision de Seal, à Nella, Arkansas. Dans un autre hangar dans le cas, John Bender, un mécanicien, dit qu’il avait vu trois fois Clinton à Mena, à l’été 1985. Il n’y avait pas d’autres dignitaires locaux de présents, et Bender, et Clinton ne semblaient pas prendre part à aucune fonction officielle. Cela dit Bender Clinton est arrivée dans un avion Beechcraft et l’avion était toujours là Quand Bender est repartu en fin de journée. Le séjour de Clinton a duré des heures ». Bill Clintondeux_jeunes_tues_arkansas-d2d05, ce menteur professionnela toujours nié, comme il l’avait fait, fort mal à l’aise devant la truculente journaliste Sarah McClendon qui signait-là encore une fois son sens de la vérité pour lequel elle s’est toujours battue. Deux adolescents de 17 ans, trop curieux, Don Henry et Kevin Ives y ont laissé la vie, également, à s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Ils avaient assisté à quelque chose, pour sûr, mais à quoi : les largages de cocaïne des avions, tout simplement ! Une des deux mères, Linda Ives la maman de Kevin, obtiendra une exhumation du corps de son fils qui révélera qu’il avait été tué en recevant des coups et non par le train, dont le conducteur avait aperçu trop tard les corps disposés sur la voie.train Il fut conclut à un meurtre lié à un trafic de drogue ayant lieu à Saline County, Arkansas. On retrouvera après l’un des pieds des deux corps qui manquait, alors que l’exhumation avait tenu à ne pas révéler ce détail morbide : comme si quelqu’un voulait à nouveau faire savoir que l’affaire était douteuse depuis le début. L’homme en cause dans l’affaire étant le premier légiste à avoir examiné les corps, le Dr. Fahmy Malak, pour qui il s’agissait d’un accident : on découvrira qu’il avait quelque temps auparavant déclaré de mort naturelle un homme retrouvé… décapité ! Une des rares personnes à avoir assisté aux meurtres, Sharlene Wilson, agent informateur de la CIA, travaillant pour la Saline County Drug Task Force a été ensuite envoyée en prison à vie. Selon elle, d’autres jeunes avaient assisté au massacre, mais ils ont toujours eu trop peur de témoigner.
Les souvenirs de Tosh
plumlee-fa1c0J’avais déjà évoqué en 2011 le rôle trouble de Clinton : « parmi les pilotes de la Mena, et certainement un des pilotes de ce genre d’appareil, figurait Tosh Plumlee, qui utilisait l’aéroport de la Mena au nom de la CIA pour le trafic de drogue des Contras. Plumee a beaucoup de choses à raconter, c’est évident. Hélas, on ne pourra pas le savoir avant… 2020 : lors de l’enquête menée par le sénateur John Kerry (oui, l’ex-candidat et l’actuel secrétaire d’Etat d’Obama), il a déposé sous serment sur ces activités de transporteur de drogue pour la CIA. Hélas, sa déposition ne sera rendu publique que dans 10 années seulement ! Le temps de protéger Clinton, très certainement. Plumlee avait déjà révélé une petite partie dans on livre »Black Knights of Cuba », où il évoquait sans détours les liens entre les anti-castristes et l’assassinat de Kennedy.«
Et ça continue, aujourd’hui encore !!!
crash cessna 210On pense que tout cela est de l’histoire ancienne : détrompez-vous ! Un événement va répéter le schéma classique depuis l’époque de Lehder et de son île à cocaïne. Ça s’est passé le 14 novembre 2011 à environ 4 heures du matin sur Cayman Islands, autour de la piste de l’île de Cayman Brac, qui est parallèle à l’Océan, et qui n’es pas celle du petit Aéroport de l’île, qui est plutôt bien dégagée, elle Des témoins entendent vers 3h45 du matin un avion volant tous feus éteints et circulant d’ouest en est, puis une absence brusque de bruit de moteur, et juste après un énorme bruit.  Vers cinq heures du matin on découvre un crash d’avion, un Cessna T210N, immatriculé au Mexique en XB-LLD, construit à la grande époque des narcotrafiquants de la région, en 1981. dans la carcasse broyée qui s’est plantée dans les arbres en bord de piste (il ne reste pas grand chose de l’avion), il y a deux cadavres.cartographie un mexicain, Jose Santos Castaneda Castrejon âgé de, 35 ans et un colombien,  Fernando Duran Garcia âgé de 56 ans. Celui-ci avait reçu sa licence de pilote commercial en 1976… l’autre avait aussi son diplôme de pilotage si le second n’avait rien ingurgité, le corps de Garcia contient de la cocaïne et de la chlorphénamine (un antihistaminique) : le pilote était donc « high » au moment du crash ! Si le pilote était sous dope, l’avion avait à bord l’équipement complet de l’avion de trafiquants : il y a deux GPS Garmin 495 dont un connecté à l’allume-cigare de l’avion, et tous les sièges arrière sont manquants. A la place, il y a tout un système de fûts en plastique (il y en a 10)  reliés entre eux par des tuyaux et deux pompes électriques sous 24 volts.  L’un d’entre eu contient encore une cinquantaine de litres de kérosène. Les ailes ont été allongées pour emporter chacune un réservoir supplémentaire interne « extended range wings« ). Une carte GPS crashmodification jugée « amateur » par les enquêteurs, mais qui avait ajouté 600 litres de kérosène à bord (158 US gallons). Celle de gauche, qui a heurté les arbres et les poteaux télégraphiques en bord de route, les a copieusement arrosés de kérosène. L’avion a essayé de se poser, se laps étant sortis et son train en position basse bloquée (le Centurion a un train rentrant),  et l’origine de son crash est à chercher dans la perte totale de l’alimentation électrique de l’appareil.  Un eportage d’une TV locale montre les dégâts de l’appareil et le témoignage d’un résident, Glen Robinson, qui a entendu l’avion tomber. L’enquête ,visible ici montre que l’avion est parti de Guadalajara pour unbidons vol à destination de Chetumal, au Mexique; situé à une distance d’environ 858 Miles nautiques. , ce qui est faisable théoriquement par un Cessna 210 sans essence supplémentaire. L’avion a ensuite redqueueécollé vers le nord et vers la frontière du Belize,où il effectué un atterrissage bref sur une piste improvisé, puis a à nouveau volé 490 nm, vers l’est à travers la mer des Caraïbes du sud,  lorsque que son GPS s’est arrêté. Dans les mémoires des deux GPS, on retrouve des indications fort intéressantes : « un GPS a eu un itinéraire actif sélectionné à un emplacement au Venezuela près de sa frontière avec la Colombie. L’autre GPS avait un actif « aller à » sélectionné à un mi-chemin point entre la Jamaïque et le point le plus au nord de la Colombie » notent les enquêteurs. Toujours le même chemin !!! Et toujours la même méthode, plus de 35 ans après !!!
GhostofMomo
sur Jack Reed:
fhttp://www.gorillaconvict.com/2014/04/buccaneer-provocative-odyssey-jack-reed-adventurer-drug-smuggler-pilot-extraordinaire/
le texte de The Crimes of Mena
le  copieux dossier de Daniel Hopsicker sur le sujet (publié en 1997 déjà !) :

sources:

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/coke-en-stock-civ-retour-en-arkansas-a-la-mena/

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