Articles Tagués ‘Jimmy Cournoyer’

paissePatrick Paissé, un trafiquant de Blainville, considéré comme l’un des principaux lieutenants du caïd lavallois Jimmy Cournoyer, surnommé le «roi du pot», vient d’écoper de quatre ans de pénitencier, à New York.

Photo d’archives
Patrick Paissé, 41 ans, de Blainville, est devenu le troisième Québécois condamné à une peine d’incarcération dans l’enquête sur ce réseau qui a écoulé pour un milliard de dollars de marijuana dans l’État de New York pendant 14 ans.

Mario «Diego» Racine, 33 ans, de Laval, demeure le seul Québécois toujours en attente de procès dans cette enquête des policiers américains de la Drug Enforcement Administration (DEA) qui avait permis une centaine d’arrestations.

Détenu aux États-Unis depuis un an et demi à la suite de son extradition du Canada, Paissé, 41 ans, s’était reconnu coupable d’une accusation de complot pour importation de marijuana.

Rôle « crucial »

L’enquête de la DEA a notamment établi qu’entre 2002 et 2005, Paissé a orchestré l’envoi hebdomadaire d’environ 50 kg de marijuana dans l’État de New York, en provenance du Québec.

Paissé avait d’abord rencontré un distributeur américain à l’hôtel Delta de Montréal et ce dernier lui avait payé 100 000 $ pour une première cargaison de 20 kg de cannabis.

Réseau infiltré

«Les profits étaient énormes», mentionne le procureur fédéral Steven Tiscione dans les documents de cour.

La drogue traversait la frontière par la réserve amérindienne d’Akwesasne, et le réseau comptait sur l’aide des Hells Angels pour l’acheminer à destination.

Paissé a cependant connu des ennuis, notamment après s’être fait voler une livraison de 600 livres de marijuana.

Puis, le distributeur avec lequel il faisait affaire et des «courriers» de l’organisation se sont fait épingler par la DEA et ont décidé de collaborer à l’enquête.

► En août dernier, son ancien patron, Jimmy Cournoyer, avait été condamné à une peine exemplaire de 27 ans de pénitencier. Alessandro Taloni, un Montréalais proche du clan Rizzuto et impliqué dans une filière de cocaïne du réseau, a aussi écopé de dix ans d’incarcération dans cette affaire, l’an dernier.

RACINEUn présumé complice du roi du pot Jimmy Cournoyer pourrait également devoir subir son procès aux États-Unis puisque la Cour d’appel vient de maintenir son extradition.

Mario Racine, à qui la justice américaine reproche d’avoir comploté avec le caïd Cournoyer pour importer plus d’un milliard $ de marijuana dans l’état de New York, souhaitait être jugé au Québec.

Mais il vient d’être débouté en Cour d’appel.

Le Québécois d’origine brésilienne devrait être envoyé dans un pénitencier américain au plus tard dans 45 jours en vertu de la Loi sur l’extradition.

Dans une décision rendue aujourd’hui, le plus haut tribunal de la province stipule que «la décision du ministre [de la justice du Canada d’extrader Racine] était la bonne et, a fortiori, qu’elle est raisonnable.»

L’accusé soutenait quant à lui qu’une poursuite en territoire canadien serait tout aussi efficace et que la décision de la justice canadienne de l’extrader était «insuffisamment motivée» et qu’elle représentait «une atteinte à son droit constitutionnel de rester au pays.»

Mario Racine est considéré par les policiers américains de la Drug Enforcement ­Administration (DEA) comme le bras droit de Jimmy Cournoyer.

Avec plusieurs autres complices, ils auraient fait passer chez nos voisins du Sud une grande quantité de cannabis provenant de la Colombie-Britannique.

Avec les profits, ils se seraient procuré de la cocaïne en Californie dans le but de l’écouler au Canada.

Jimmy Cournoyer, qui a plaidé coupable à des accusations de gangstérisme, de complot et d’importation et distribution de cannabis, a été condamné à 27 ans de prison le mois dernier à New York.

Il devra purger au moins les neuf premières années de sa peine dans un pénitencier américain.

Au Québec, Mario Racine est toujours en attente de son procès pour trafic de cannabis et possession de drogue en vue d’en faire le trafic.

Une importante plantation de marijuana à laquelle il serait lié avait été découverte par les policiers de Laval en 2010.

L’avocate de Racine n’a pas voulu commenter.

Claudia BerthiaumePublié le: mercredi 10 septembre 2014, 14H15 | Mise à jour: mercredi 10 septembre 2014, 14H47SOURCE: http://www.journaldemontreal.com/2014/09/10/un-presume-complice-du-roi-du-pot-aussi-juge-aux-etats-unis

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À New York, la poursuite est convaincue que le «roi du pot», Jimmy Cournoyer, va récidiver après y avoir importé 109 tonnes de marijuana

Journal de Montréal, Publié le: lundi 21 juillet 2014, 19H03 | Mise à jour: lundi 21 juillet 2014, 23H11

Le «roi du pot» Jimmy Cournoyer devrait écoper d’«au moins 30 ans» de pénitencier, le mois prochain, à New York, pour avoir importé des quantités «exorbitantes» de drogues aux États-Unis en s’alliant avec des organisations criminelles «parmi les plus violentes au monde».

C’est la peine exemplaire que réclame au tribunal la patronne des procureurs de la poursuite dans le district Est de l’État de New York, Me Loretta Lynch, dans une lettre datée du 20 juillet et dont Le Journal a obtenu copie.

Elle plaide même pour l’imposition de la peine maximale en vigueur là-bas, soit l’incarcération à perpétuité. Pour la procureure, «la question n’est pas de savoir si Cournoyer va récidiver mais plutôt quand il va le faire».

«De ses modestes débuts où il faisait pousser de la marijuana dans son appartement à 18 ans, Jimmy Cournoyer a passé les 15 années suivantes à bâtir un vaste réseau criminel d’envergure internationale […] avec des groupes du crime organisé parmi les plus violents et puissants au monde, générant plus de revenus que le produit national brut d’un petit pays», écrit la représentante du US Attorney.

Mafia, Hells et «El Chapo»

Ce document de cour explique en détail comment le caïd de Laval a pu écouler pas moins de 109 tonnes de marijuana sur la côte Est américaine, entre 1998 et 2012, en plus d’avoir importé 83 kg de cocaïne au Canada. Soit au-delà d’un milliard $ en stupéfiants.

Pour ce faire, le Québécois qu’on surnommait «Cosmo» et «Superman» dans le milieu interlope comptait sur l’aide des Hells Angels pour transporter son cannabis de l’autre côté de la frontière, en passant par la réserve mohawk d’Akwesasne.

Il détenait «un partenariat lucratif» avec la mafia montréalaise — Giuseppe «Joey» Fetta, un ancien protecteur du parrain Vito Rizzuto, fut son garde du corps — visant à investir les millions $ de la vente de marijuana dans l’importation de cocaïne à Montréal.

Selon des complices, Cournoyer se vantait d’être «‘backé’ par les Italiens», non seulement à Montréal mais à New York, par l’entremise de la famille mafieuse Bonanno, mentionne le procureur Steven Tiscione dans le document judiciaire de 27 pages.

C’est auprès du dangereux cartel mexicain de Sinaloa que les représentants californiens de Cournoyer négociaient l’achat de cette cocaïne.

Son leader, «El Chapo» Joaquin Guzman Loera, arrêté au début de l’année alors que sa tête était mise à prix, aurait touché au moins un million $ de Cournoyer, selon l’enquête de la Drug Enforcement Administration (DEA).

« Casser des gueules »

D’après la poursuite, le Lavallois de 34 ans n’hésitait pas à «casser des gueules» pour avoir son dû.

Après s’être fait dérober une cargaison de pot par un ex-associé en 2007, Cournoyer s’est retrouvé avec une dette de 1,2 million $ envers les Hells. Il aurait fait kidnapper la conjointe du voleur, à Montréal. Elle fut tabassée et menacée de se faire torturer et tuer, elle et son enfant. La dette a vite été remboursée.


Cournoyer — qui s’est aussi livré au trafic d’armes à feu — aurait même menacé d’éliminer plusieurs ex-associés qui ont aidé les policiers à l’épingler, lui qui s’était constitué un fonds «anti-délateurs» de deux millions $.

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Georges St-Pierre

photo courtoisie

Georges St-Pierre

Transféré au Québec?

La possibilité que Jimmy Cournoyer puisse écourter sa peine du tiers en venant la purger au Québec inquiète les procureurs new-yorkais de la poursuite.

En plaidant coupable il y a plus d’un an, le caïd lavallois avait obtenu que les autorités américaines ne contestent pas son éventuelle demande au gouvernement Harper de pouvoir purger sa peine plus près de chez lui.

Même s’il n’est pas garanti que sa requête sera acceptée, la poursuite fédérale américaine écrit qu’il est «improbable» que Cournoyer passe la totalité de sa sentence derrière les barreaux.

S’il est transféré au Canada, «Cosmo» deviendra admissible à une libération conditionnelle au tiers de sa peine et sera automatiquement libéré après en avoir purgé les deux tiers.

Pareil transfert aurait «un impact significatif» sur la décision que rendra la justice américaine le 20 août prochain, selon le document de cour déposé hier.

20 ans minimum

En juin, la défense a réclamé l’imposition de la peine minimale prévue dans cet état pour les crimes commis par le Québécois, soit 20 ans de pénitencier.

Cournoyer a même pu compter sur l’appui de Georges St-Pierre, qui a écrit une lettre implorant la clémence du juge envers son «grand ami». L’ex-champion mondial de l’UFC, qui disait considérer Cournoyer «comme un frère», s’est ensuite excusé auprès de ses fans en mentionnant que sa lettre était «une erreur», qu’il ignorait tout des crimes de Cournoyer et qu’il voulait seulement l’aider.

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