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DOUANE FRANÇAISE: l’enquête tronquée sur les ripoux de la Douane et leurs comptes cachés à Andorre

Publié: 4 mai 2015 par Marc Fievet dans DNRED, Douane française, Narcotrafic INFOS, SERVICES FRANCAIS, TRACFIN
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LA  HONTE !

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modifié le 12/04/2015 à 14h34 par THIERRY LéVêQUE

L’enquête sur une affaire de vol d’argent de la drogue par des douaniers de l’aéroport de Roissy va s’achever sans avoir fait la lumière sur un système frauduleux d’une ampleur sidérante.

À l’aéroport de Roissy, des douaniers subtilisaient des valises d’argent depuis 1997.
L’enquête tronquée sur les ripoux de la Douane et leurs comptes cachés à Andorre© archives maxppp

Y a-t-il un trésor secret des douaniers français constitué sur toute la planète avec l’argent de la drogue ? Cette question posée par l’arrestation, fin 2012, de sept agents de la Brigade de surveillance extérieure (BSE) de l’aéroport de Roissy n’aura pas de vraie réponse.

Après deux ans d’investigations, « l’instruction touche à sa fin et le dossier devrait être rapidement communiqué au parquet » pour le règlement en vue du procès en correctionnelle, a dit à « Sud Ouest » un porte-parole du parquet de Bobigny.
Dans le dossier « Harpagon »

La police et la justice avaient perçu d’emblée la mesure du scandale baptisé Harpagon, comme le montre un rapport daté du 23 juin 2012 et remis à la direction de l’OCRTIS (l’office anti-drogue), qui fait la synthèse des éléments d’enquête.

Un des suspects a déclaré avoir commis son premier vol en 1997. Un autre a expliqué avoir commencé en 2002 et un troisième… en 1994, relève ce rapport.

Ce dernier a admis avoir alors été « initié par un ancien », ce qui indique que les vols duraient sans doute depuis au moins deux décennies.

Un autre suspect a donné une idée de l’ampleur des sommes en admettant une quinzaine de vols de valises depuis 1998.

Les poursuites n’iront donc pas au-delà des suspects à l’origine de l’affaire. Cet aboutissement paraît tronqué quand on prend connaissance d’un rapport de police de 2012, que « Sud Ouest » s’est procuré.

Principale révélation choc : c’est peut-être depuis… quinze ans, voire vingt, que les douaniers de la BSE, chargés de contrôler les bagages des voyageurs à l’embarquement, volaient l’argent envoyé aux cartels sud-américains par les mafieux européens pour rémunérer les envois de drogue.
Ceux-ci adoptent de plus en plus souvent cette méthode pour faire voyager l’argent, évitant les circuits financiers, donc l’électronique et les ordinateurs du renseignement. Le pot aux roses a été découvert par hasard.

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Des millions placés en Andorre

Tout commence le 12 avril 2012, quand une valise contenant 640 000 euros en grosses coupures provenant du trafic de drogue et destinée à la République dominicaine disparaît mystérieusement à Roissy. Chez les policiers français de l’OCRTIS (Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants), c’est la stupéfaction. Ils suivaient, grâce à une information, la piste de deux trafiquants, espérant ainsi mettre au jour toute la filière.

Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi.

Les policiers examinent les enregistrements de vidéosurveillance de la zone de tri des bagages du terminal 2C. Un douanier peut y être vu se faisant remettre trois valises suspectes avant leur embarquement en soute, puis n’en ramener que deux. Les enquêteurs constatent que cet agent appelle un de ses collègues, qui prend l’avion le soir même pour Toulouse. Il est appelé à son arrivée par un numéro de la principauté d’Andorre, micro-État et paradis fiscal pyrénéen dont les co-princes sont le roi d’Espagne et le président français. Les conversations sont écoutées : l’argent est plus tard déposé dans une banque, où un conseiller propose même des placements avantageux.

Les policiers arrêtent trois douaniers le 19 juin 2012, et leurs premières déclarations amènent quatre autres interpellations le lendemain. De fortes sommes en espèces sont saisies. Six des sept suspects passent aux aveux. Les recherches effectuées en Andorre donnent des résultats effarants : six des douaniers y possèdent des comptes créditeurs de plusieurs centaines de milliers d’euros et leurs historiques montrent qu’ils y ont déposé et retiré dans le passé des millions d’euros en espèces, sans que cela effarouche outre mesure les banquiers andorrans.

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Une maîtresse coûteuse

Le douanier de la valise de Roissy, le seul à ne pas avoir de compte en Andorre, justifie son comportement par la nécessité d’entretenir une maîtresse en Thaïlande. Il avoue notamment un envoi dans ce pays de 270 000 euros, et déclare : « Quand on a une maîtresse là-bas, il faut payer très souvent pour l’entretenir. »

Les premiers juges d’instruction lancent des commissions rogatoires en Thaïlande, en Côte d’Ivoire et à Hongkong, où des pièces saisies en perquisition prouvent que les douaniers y avaient blanchi une partie de leur trésor via des comptes bancaires et des appartements. Le résultat de ces demandes d’aide de la justice est à ce jour inconnu. La procédure s’enlise au fil des mois et des changements de juge d’instruction du tribunal de Bobigny.

Un fait déroutant est pourtant très vite apparu : le vol d’argent de la drogue était un système qu’on se transmettait à la douane. Un des suspects a ainsi expliqué aux juges avoir été initié en 2003, à son arrivée à la brigade. Cinq autres douaniers lui ont alors payé des vacances aux Pays-Bas et en Espagne, propices à une mise en condition et à une « formation ». Au retour, il a ouvert un compte en Andorre.

L’ancienneté du dispositif laisse penser que plusieurs « générations » de douaniers se sont ainsi enrichies, elle fait entrevoir des personnes peut-être encore en poste à la douane et inconnues des policiers. Les charges d’« association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes, vols en bande organisée et blanchiment en bande organisée » auraient donc pu concerner des dizaines de douaniers. Ça ne s’est pas produit, et les sept suspects ont été libérés après moins d’un an de détention provisoire.

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Dossier dérangeant

Le dossier est-il dérangeant ? Cette timidité judiciaire fait évidemment les affaires de l’avocat des suspects, Daniel Merchat. « Que des pratiques illégales aient existé au-delà de la prescription n’a aucun intérêt. Je considère que l’élargissement des investigations au-delà de 2002 est une perte de temps et un gaspillage de l’argent public », a-t-il déclaré à « Sud Ouest ».

À ses yeux, les douaniers ont fait quelque part leur métier. « Ils ont estimé que dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, compte tenu de ce qu’ils percevaient comme de l’inertie, il était plus efficace de priver les trafiquants du produit de leur business, c’est-à-dire de leur argent. Ce sont des soldats perdus qui ont continué leur guerre contre les cartels par d’autres moyens que ceux que leur donnait la loi. » La douane a mené une enquête administrative dont le résultat n’est pas public. Un porte-parole nous avait déclaré en 2014 avoir « entièrement redéfini les méthodes de travail pour limiter tout risque de nouveaux agissements frauduleux » et avoir lancé « au plan national une démarche de maîtrise des risques déontologiques ». Il s’agit de « comportements totalement isolés », considérait-il.

Compte tenu des délais habituels, le procès ne devrait pas se tenir avant fin 2015, voire début 2016.

source: http://www.sudouest.fr/2015/04/12/l-enquete-tronquee-sur-les-ripoux-de-la-douane-1889033-4697.php

La DNRED et le TRACFIN savaient-ils?

Que savait Jean Paul Garcia?

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Que savait Jean Baptiste Carpentier?

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LIRE aussi:

FRANCE: Histoire secrète de la corruption sous la 5e République.

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Il nous reste encore un avion, dont des lecteurs attentifs ont signalé l’absence dans la série. En fait d’absence, c’est un oubli volontaire de ma part, car cet appareil nous amène ailleurs que dans les pays visités jusqu’ici. Le Brésil, jusqu’ici épargné par mon enquête, pour une raison simple : je ne peux pas tout évoquer, et il faut bien mettre des sujets en retrait, pour mieux les traiter après, d’autant plus que ce pays est un arrivant plus récent que les autres dans la course à la production, même s’il sert depuis plus longtemps de relais, comme le fait le Venezuela. Sao Paulo sombre dans le crack, pourtant, car c’est le produit le plus abordable. Dans le pays, c’est en effet la consommation qui a fait un énorme bon en avant… hélas. Tout le monde le confirme. Il faut bien aller chercher la drogue… au Venezuela ; ou bien la porter… au Mexique, dans ses pays limitrophes. C’est à quoi s’échinent plusieurs pilotes.

Revenons donc sur notre appareil « oublié ». Pas par notre désormais célèbre ministre Padrino, il est vrai, qui en avait fait aussitôt un tweet, comme à son habitude, dès le 10 avril 2014. Affirmant selon lui de façon bien prétentieuse que « les narcotrafiquants ne respectaient pas la souveraineté du pays », sous-entendant que l’avion, encore une fois, avait été abattu…  Le communiqué paru dans le Latin American Tribune le 12 avril 2014 suivant était lui ainsi rédigé : « Brasilia – Un jet privé qui a décollé du Brésil et est entré dans l’espace aérien vénézuélien avec son transpondeur désactivé a été intercepté par la force aérienne de la nation andine,a déclaré vendredi l’armée brésilienne. L’avion, un Learjet 25, a quitté le Brésil jeudi sans plan de vol approuvé (…) À un certain moment entre le décollage et l’entrée dans l’espace aérien du Venezuela, le transpondeur de l’avion a été désactivé, en violation des règles de l’aviation internationale, selon la déclaration. Les forces armées vénézuéliennes ont forcé l’avion Learjet à atterrir sur le soupçon d’être utilisé pour des « activités illicites », a déclaré la force aérienne du Brésil. Les autorités brésiliennes enquêtent sur les occupants de l’avion, a indiqué le communiqué ». Sur le blog de Padrino, certains s’étonnaient déjà de ne pas voir d’immatriculation, d’autres évoquant déjà le fait que l’appareil s’était posé et avait été incendié après….

Un bloggeur moqueur retrouvait vite l’appareil, le Learjet 25D PT-OHD brésilien, un avion ancien (il date de 1979, c’est l’ex : N712RW, N712SJ, N55DD, N55MJ) photographié ici également en 2007 à Florianopolis, sur l’île de Santa Catarina, ici dans une plus ancienne livrée d’une bonne dizaine d’années. L’appareil aurait décollé le 10 avril du Belem/Val-de-Cans-Julio Cezar Ribeiro International Airport (ici en photo à cet endroit) . L’avion n’avait pas été enregistré depuis le 21 octobre 1998, la dernière fois chez Superjet Aerotaxi Ltda, une firme effectivement installée à Florianopolis, sur l’aéroport local d’Hercilio Luz.  L’avion appartiendrait à un dénommé Valdir Coronel Salinas, et l’avion serait en fait parti de Breves, exactement, une piste de décollage située a 222 km de Belém et aurait survolé la Guyana, donc pour se rendre au Venezuela. Dans ses registres, le petit Learjet référencé 296 a appartenu aussi à Tupy Taxi Aereo Ltda, détenteur d’un M-8 Mitsubishi. L’appareil est surtout apparu en janvier 2014 comme étant en vente, à Fioranopolis, dans l’Etat de Santa Carina, au prix de 900 000 dollars.

Notre vaillant ministre vénézuélien Padrino avait déjà tweeté l’arrivée d’un autre appareil du même type, un Learjet 35 cette fois, à moteurs Garrett TFE731-2 à la place des General Electric CJ610 du modèle précédent. La photo qu’il avait alors tweeté était plutôt étrange : on y voyait deux colonnes de fumées sortant tout droit de hublots cassés, l’avion étant encore sur ses roues, posé près de San Fernando de Apure. Il en avait fait également une intervention télévisée, montrant l’appareil saisi selon lui le 30 novembre 2013. L’intervention mêlait en diapositives deux avions, un Beechcraft 90 et un Learjet, dont on montrait l’immatriculation bien visible : N175BA. Or on pouvait facilement se rendre compte que ce n’était qu’un faux numéro, fait rapidement au ruban adhésif. Un numéro qui était celui d’un Learjet décommissionné en 1988 !!! le PT-LKQ de Pollux Taxi Aereo Ltd en fait, « scrappé » le 9 juillet 1989. En revanche, des observateurs remarquaient vite les couleurs de l’avion, celle du Learjet PT-XLI (numéro de série 35A-299), qui avait été interdit de vol, n’ayant pas réussi à passer les tests de la Annual Maintenance Inspection (IAM). Un appareil appartenant jadis à la First Security Bank of Utah (Trustee) mais devenu Lider Taxi Aero SA…

Des Learjet brésiliens ? Ce n’est pas ce qui manque en effet, avec la firme Lider, une société de taxi aérien a créé le 12 Novembre 1958 à Belo Horizonte, avec au départ trois petits Cessna 170A monomoteur à quatre places, avant de passer au Beech 18 bimoteur, puis trois Aero Commander 500B et avant d’importer le premier jet d’affaires au Brésil, le Learjet 24, dont elle est devenue le représentant au Brésil. Un homme d’affaire bien particulier lui en acheté… beaucoup. Il s’appelle Nelson Almeida Taboada, c’est le quatrième fils de Joseph Vidal Taboada, patriarche de dynastie de Bahia, et dans un livre dédié à l’imposante famille d’industriels, on le voit parader dans les années 70 dans son premier Learjet, le PT-LBJ. L’homme est un ancien coureur automobile (sur Volkswagen Cocinelle dopée !), qui s’est lancé dans la céramique puis dans l’agriculture extensive à la brésilienne, avec notamment Terra Norte Empreendimentos Rurais e Comerciais S.A, qui occupe d’énormes superficies agricoles, là-bas… L’industriel, qui adore collectionner les diplômes d’honneur, semble avoir énormément d’emprise sur le pouvoir, au point d’obtenir en 2010 une dérogation pour faire voler ses anciens Learjets devenus trop bruyants. Et lorsqu’on découvre le document qui le précise, on reste bouche bée devant le nombre de Learjets lui appartenant :  soient les PT- LQK, PT-LMM, PT-LBW, PT-ISO, PT-OHD, PT-IIQ (mis en vente en 2011 après 11 303 heures de vol et .. 10 142 atterrissages, preuve qu »il évoluait plutôt en « régional », PT-JKQ, PT-LEA, PT-LEN, PT-LKD, PT- LNN, PT-LMS (photographié ici en train de s’amuser ou de démontrer que les pistes de terre ne lui font pas peur, à Cascavel par exemple) et pour finir, dit le texte, l’avion PT-LUZ, à la superbe décoration noir bleu-nuit.. Treize Learjet, dont… notre fameux PT-OHD, pourtant jamais apparu comme enregistré chez Terra Norte !!! Notre industriel se targue d’avoir développé toute une région, en précisant que dans sa plus grande ferme a été construit une piste de 2500 mètres de long ! La « réserve » d’anciens Learjet est donc conséquente au Brésil !!

D’autres appareils se sont posés du Brésil, et ce n’est pas un hasard en effet : le pays est en plein développement. Le marché brésilien en effervescence repose désormais sur un cartel qui lui est propre, qui fait craindre pour la prochaine coupe du monde de 2016, étant donné la violence engendrée et le taux élevé d’armement des trafiquants. La frontière bolivienne étant particulièrement sensible. Mais c’est la géographie et l’histoire du pays qui déterminent ce trafic, orienté à la fois vers le Mexique, mais aussi vers l’Afrique rappelle America’s Quartely  : « alors que le géant sud-américain ne produit pas de cocaïne, son vaste littoral de 10, 500 miles (17 000 kilomètres) de frontières faiblement surveillées (plus de la moitié est de la jungle) présente une opportunité intéressante pour les trafiquants. Dix pays partagent des frontières avec le Brésil, dont les trois plus grands pays de la cocaïne pays producteurs (Bolivie, Colombie et Pérou) et l’un des plus grands producteurs de marijuana (Paraguay). En outre, la relation de plus en plus le commerce légitime entre le Brésil et l’Afrique a ouvert un nouveau corridor pour le trafic illicite. Le commerce avec ce continent atteint 17,2 milliards de dollars en 2009. Ce n’est pas par hasard que dans la même année, le Brésil est également devenu le principal point d’origine de cocaïne expédiée à l’Afrique ». L’article citant l’Angola et le Nigeria comme points d’expéditions privilégiés.

L’excellent site Insight Crime pointe les faiblesses évidentes du pays dans le domaine de la lutte contre les cartels de drogue :  « le système juridique du Brésil est lent, corrompu et inefficace. En 2012-2013, selon le Global Competitiveness Report du Forum économique mondial, le Brésil est placé 71 sur 144 pays pour son indépendance judiciaire. Seulement 8% des cas d’homicides annuels du Brésil sont résolus, selon les chiffres officiels. Il y a partout un mélange de tribunaux fédéraux et régionaux, que ce soient des tribunaux militaires, pour le travail ou les questions électorales, tandis que le plus haut tribunal du pays est la Cour suprême fédérale (Cour suprême). Les prisons du Brésil sont surpeuplées, avec des détenus gardés dans des conditions terribles. Les plus grands groupes criminels, traite notamment du Red Command et le PCC, ont été fondés dans les prisons. Leurs dirigeants effectuent le trafic de drogue, les enlèvements et les schémas d’extorsion de l’intérieur. Les prisons fonctionnent à 170%t de leurs capacités, avec une population de 550 000 détenus en 2012. On estime de 3 80 000 à 9 500 .000 armes à feu illégales au Brésil, et 5,2 millions d’armes à feu enregistrées. La plupart des armes sur le marché noir sont soupçonnés d’avoir été fournies par l’industrie légale des armes du Brésil, le deuxième plus grand dans l’hémisphère occidental. La disponibilité généralisée des armes illégales a contribué au nombre élevé de décès par armes au Brésil, qui se élèvent à environ 70 pour cent de tous les homicides ».

C’est encore InSight Crime qui a révélé en novembre dernier l’organisation du trafic brésilien. L’origine se situait à Sinop, a 503 km de Cuiaba, d’où partaient des avions vers le Honduras, tel celui-ci, un Piper PA-31T Cheyenne II bien reconnaissable retrouvé crashé dans un champ dans la région d’Olancho. A bord, on avait trouvé 600 kilos de cocaïne. L’avion arborait un petit drapeau colombien, alors qu’il présentait un enregistrement brésilien. Un Cheyenne peut emporter 226,7 kg de bagages seulement, au départ, malgré ses 5,73 m3 de capacité d’emport (ici la soute d’un Chieftain). Autrement dit, l’avion était… plein de cocaïne  ! Le procédé était bien rodé  : « La police, qui a commencé à étudier l’organisation en 2011, estime que près d’une tonne de cocaïne a été expédiée chaque mois à partir de la région vénézuélienne de l’Apure, à la frontière colombienne et dominé par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, ou FARC, au Honduras au profit des cartels de la drogue mexicains. Le réseau criminel basé au Brésil achetait des avions dans ce pays et modifiait leurs codes d’identification, les adaptaient pour transporter des marchandises et le utilisaient pour expédier des drogues en provenance du Venezuela vers le Honduras. Les avions étaient alors abandonnés. Les membres de l’organisation retournaient ensuite au Brésil sur des vols commerciaux… »

Au Honduras, des jets peuvent aussi faire l’affaire. Et celui apparu de façon totalement inattendue le 15 août 2013 sur l’aéroport de Roatan peut aussi y postuler. « Apparemment, les pilotes ont fait irruption certains règlements aériens internationaux et ont ensuite quitté l’avion sur la piste, donc on a donné l’ordre d’envoyer l’appareil à la base militaire pour la recherche », a déclaré le colonel Javier Barrientos » L’avion est alors effectivement renvoyé et parqué à de la Ceiba, sur la base militaire Héctor Caraccioli Moncada, où il est photographié. Des agents de la Direction de Lutte contre le trafic de drogues et tests de toxicologie seront déployés pour déterminer si des drogues ou d’autres substances interdites ont été transportés dedans. « L’avion poursuivra sa détention pendant la durée du processus de recherche. Les résultats des tests réalisés restent à déterminer « , a déclaré le militaire. Selon l’accusation, le jet de luxe était piloté par Luis Lozano et Mark Gordon Solís, qui ont été détenus à Roatan. Les autorités n’ont pas déterminé leur nationalité, bien que les deux sont des résidents américains » pouvait-on lire. L’avion porte sur le flanc avant, bien visible, le nom de ses propriétaires : l’Aero Group. Il porte l’immatriculation N95IRK. Celui-là, on en reparlera bientôt, si vous le voulez bien…

Un autre appareil aussi, venu du Brésil mérite toute notre attention. Un Beechcraft 90 blanc, doré et vert photographié ici par Luis Augusto B. Fernandes le 6 mars 2009… oui vert, et non bleu comme on peut l’imaginer parfois. On l’avait aperçu à Curitiba Bacacheri, une station balnéaire réputée où l’armée brésilienne avait un aéroport militaire et une base pour former ses cadets (la Escola Paraense de Aviação). Mais ce n’est pas là qu’il deviendra célèbre, mais au Venezuela…   une station balnéaire pour personnes riches, semble-t-il : le 8 nov 2012, un Piper PA-31T2-620 Cheyenne IIXL de Táxi Aéreo Hércules, immatriculé PT-MFW, s’y écrasait un peu avant de se poser à l’aéroport, à Capivara dos Monfron, une zone durale de d’Almirante Tamandaré. A bord, il y avait Leandro Ferreira dos Santos ; un employé de la Brink’s ; mort avec les deux pilotes. Un passager, retiré blessé des débris, décédera un peu plus tard. L’avion transportait 5,5 millions de dollars… Et il y en a d’autres encore, à examiner…

 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-xcii-direction-le-165760

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