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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

NEW YORK / VIENNE / GENÈVE / NAIROBI, 26 juin 2018 – L’usage non médical de médicaments sur ordonnance est en train de devenir une menace majeure pour la santé publique et pour les forces de l’ordre dans le monde entier, les opioïdes causant les dommages les plus importants et représentant 76% des décès impliquant des drogues, selon le dernier rapport mondial sur les drogues, publié aujourd’hui par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Le fentanyl et ses analogues demeurent un problème en Amérique du Nord, alors que le tramadol – un opioïde utilisé pour traiter la douleur modérée et sévère- est devenu une préoccupation croissante dans certaines régions d’Afrique et d’Asie. L’accessibilité du fentanyl et du tramadol à des fins médicales est essentielle pour traiter la douleur, mais les trafiquants les fabriquent illicitement et les dispersent dans des marchés illégaux causant des dommages considérables pour la santé.

La saisie mondiale d’opioïdes pharmaceutiques en 2016 était de 87 tonnes, soit environ la même quantité que l’héroïne saisie cette année-là. Les saisies d’opioïdes pharmaceutiques – principalement le tramadol en Afrique de l’Ouest et du Centre, et l’Afrique du Nord représentaient 87% du total mondial en 2016. Les pays d’Asie, qui représentaient auparavant plus de la moitié des saisies mondiales, ont déclaré seulement 7% du total en 2016.

La fabrication mondiale de cocaïne en 2016 a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré, avec une production estimée à 1 410 tonnes. La plus grande partie de la cocaïne provient de Colombie, le rapport montre également que l’Afrique et l’Asie émergent comme centres de trafic et de consommation de cocaïne.

De 2016 à 2017, la production mondiale d’opium a bondi de 65 pour cent pour atteindre 10 500 tonnes, l’estimation la plus élevée enregistrée par l’ONUDC depuis le début de la surveillance de la production mondiale d’opium, par cette dernière, au début du XXIe siècle. Une augmentation marquée de la culture du pavot à opium et une amélioration progressive des rendements en Afghanistan ont permis à la production d’opium l’an dernier, d’atteindre 9 000 tonnes.

« Les conclusions du rapport mondial sur les drogues montrent que les marchés de la drogue se développent, la production de cocaïne et d’opium ayant atteint des records absolus, cela présentent de multiples défis sur plusieurs fronts », a déclaré le directeur exécutif de l’ONUDC, Yury Fedotov. Il a souligné que « l’ONUDC s’est engagée à travailler avec les pays pour trouver des solutions intégrées et équilibrées aux problèmes de la drogue et pour progresser vers les objectifs de développement durable ».

« Le rapport mondial sur les drogues est un pilier essentiel de notre soutien, une assistance afin de traduire les obligations internationales en action concrètes et une aide pour renforcer les capacités de terrain, pour permettre la mise en place de réponses efficaces et pour protéger la santé et le bien-être de l’humanité ».

Le cannabis était la drogue la plus utulisée en 2016, avec 192 millions de personnes l’ayant consommé au moins une fois au cours de l’année précédente. Le nombre total de consommateurs de cannabis continue de progresser et semble avoir augmenté d’environ 16% au cours de la décennie précédent 2016, reflétant cepedendant l’augmentation de la population mondiale.

Des drogues telles que l’héroïne et la cocaïne, disponibles depuis longtemps, coexistent de plus en plus avec de nouvelles substances psychoactives (NPS) et avec des médicaments délivrés sur ordonnance. Un flot croissant de préparations pharmaceutiques d’origine imprécise, destinées à un usage non médical, ainsi que la polytoxicomanie et le trafic de plusieurs drogues, complexifient, de plus, grandement le problème.

Vulnérabilité de divers groupes d’âge et de sexe

Le nombre de personnes consommant des drogues dans le monde au moins une fois par an est resté stable en 2016 avec environ 275 millions de personnes, soit environ 5,6% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans.

En examinant les vulnérabilités de différents groupes d’âge, le rapport constate que la consommation de drogues et les dommages associés sont les plus élevés chez les jeunes, par rapport aux personnes plus âgées. La plupart des recherches suggèrent que l’adolescence précoce (12-14 ans) à tardive (15-17 ans) est une période de risque critique pour le début de la consommation de substances et peut atteindre un pic chez les jeunes adultes (18-25 ans).

Le cannabis est une drogue de prédilection commune pour les jeunes. Cependant, l’usage de drogues chez les jeunes diffère d’un pays à l’autre et dépend, chez les jeunes, de la situation sociale et économique des personnes concernées: les drogues de club, prises durant la vie nocturne ou dans des lieux festifs parmi les jeunes aisés; s’opposent à l’utilisation de substances inhalées parmi les enfants de la rue pour faire face à leur situation difficile.

La consommation de drogues chez les personnes âgées (âgées de 40 ans et plus) a augmenté plus rapidement que chez les plus jeunes. Ceci, bien que les données disponibles soient limitées, nécessite notre attention, constate le rapport. Les personnes qui ont traversé l’adolescence à une époque où les drogues étaient populaires et largement disponibles sont plus susceptibles d’avoir essayé des drogues et, possiblement, d’avoir continué à les utiliser.

Les usagers de drogues plus âgés font souvent face à de multiples problèmes de santé physique et mentale, ce qui rend les traitements médicamenteux efficaces plus difficiles, cependant peu d’attention a été accordée aux troubles liés à l’usage de drogues chez les personnes âgées.

À l’échelle mondiale, les décès directement attribuables à la consommation de drogues ont augmenté de 60% de 2000 à 2015. Les personnes âgées de plus de 50 ans représentaient 27% de ces décès en 2000, cette proportion est passée à 39% en 2015. Approximativement, chez les individus de 50 ans et plus, les trois quarts des personnes décédées suite aux troubles relatifs à l’usage de drogues, font partie de la génération vieillissante des utilisateurs d’opioïdes.

La majorité des personnes qui consomment des drogues sont des hommes, mais les femmes ont des habitudes d’usage de drogues plus spécifiques, constate le rapport. La prévalence de l’usage non médical d’opioïdes et de tranquillisants par les femmes reste à un niveau comparable à celui des hommes, sinon plus élevé. Alors que les femmes commencent à consommer des substances plus tardivement que les hommes, elles ont tendance à augmenter plus rapidement leur consommation d’alcool, de cannabis, de cocaïne et d’opioïdes que les hommes et à développer rapidement des troubles liés à la consommation de ces drogues.

Les femmes souffrant de problèmes liés à la consommation de substances présentent des taux élevés de stress post-traumatique et peuvent également avoir vécu des situations difficiles durant leur enfance, telles que la négligence physique, la maltraitance ou des abus sexuels. Les femmes continuent de représenter seulement une personne sur cinq suivant un traitement. La proportion de femmes traitées a tendance à être plus élevée pour les tranquillisants et les sédatifs que pour les autres substances. Le traitement de la toxicomanie et la prévention, le traitement et les soins du VIH devraient être adaptés aux besoins spécifiques des femmes.

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Le rapport mondial sur les drogues et d’autres contenus sont disponibles ici:

Le rapport mondial sur les drogues 2018 fournit un aperçu global de l’offre et de la demande d’opiacés, de cocaïne, de cannabis, de stimulants de type amphétamine et des nouvelles substances psychoactives (NPS), ainsi que de leur impact sur la santé. Il met en évidence les différents schémas d’utilisation et les vulnérabilités de certains groupes d’âge et de sexe, et souligne l’évolution du marché mondial des médicaments.

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Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Brian Hansford
Advocacy Section Chief, UNODC
Telephone: (+43 1) 26060-83225
Mobile: (+43-699) 1458-3225
Email: brian.hansford[at]un.org

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onudc

247 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans ont pris des drogues au cours de 2016 au niveau mondial, l’équivalent des populations de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni réunies.

Proportionnellement à l’augmentation de la population mondiale, ce chiffre n’a pratiquement pas augmenté depuis ces quatre dernières années selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport mondial 2016 sur les drogues. Mais les impacts sanitaires dus à la consommation de drogues se sont aggravés.

De plus, la lutte contre le trafic international n’arrive pas à endiguer une offre en constant développement, notamment en Afrique qui joue un rôle de plus en plus important dans cette diffusion.

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Lire:

l’ONUDC dans son rapport 2016.

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yuriPour Yuri Fedotov, le directeur général de l’ONUDC, « l’héroïne continue à être la drogue qui tue le plus de personnes et cette résurgence doit être traitée de manière urgente ». En effet, au cours des deux dernières années, la mortalité par overdose avec de l’héroïne a nettement augmenté en Amérique du Nord (où elle était en baisse), en Europe de l’Ouest et en Europe centrale. Cette évolution de la mortalité sur l’héroïne, qui peut s’expliquer par le retour en force de cette drogue sur ces zones, ne prend cependant pas en compte les effets destructeurs et mortels de nombreuses nouvelles substances souvent dérivées des opiacés qui ne font pas encore l’objet d’un contrôle international aussi bien documenté.

SOURCE: http://www.rfi.fr/hebdo/20170113-drogues-consommation-trafic-cannabis-afrique-cocaine-heroine-sante

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Les réseaux de narcotrafiquants  continuent à introduire sur le territoire national de la drogue, plus particulièrement la résine de cannabis. Des tonnes de cette substance dangereuse introduites de la frontière ouest du pays sont récupérées par les services de sécurité chaque année qui cernent aujourd’hui le modus operandi des trafiquants de drogue organisés en réseaux bien structurés dont les tentacules sont déployées dans plusieurs pays, inscrits dans la catégorie des gros consommateurs. Depuis plusieurs années, le premier producteur mondial de ce poison qui a envahi de nombreuses régions de l’Algérie est incontestablement le Maroc.
«Le Maroc est resté, en 2014, premier producteur mondial de résine de cannabis», selon le rapport 2016 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié jeudi dernier. Les rapports provenant des États membres sur les pays producteurs de résine de cannabis «suggèrent que le Maroc continue d’être le plus grand producteur mondial de résine de cannabis, suivi par l’Afghanistan et, dans une moindre mesure, le Liban, l’Inde et le Pakistan», souligne l’ONUDC dans son rapport 2016 sur les drogues, basé sur des données disponibles jusqu’à 2014.  Selon les chiffres fournis par l’ONUDC, le Maroc a produit en 2013 quelque 700.000 tonnes

Lire:

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/96272

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guerredrogueFrançois Polet

Source : Alternatives Sud

Déchaînement de violence, corrosion des institutions, nouvelles inégalités – le narcotrafic s’impose comme un obstacle majeur à la démocratisation d’un grand nombre de pays au Sud. Promu depuis quarante ans par les États-Unis, le modèle de la « guerre aux drogues » a alimenté le phénomène et généré quantité d’effets pervers. Depuis l’Amérique latine notamment, la contestation du régime international prohibitionniste monte en puissance.

Avec autour de 200 millions de consommateurs et plus de 300 milliards de dollars de chiffre d’affaire, le commerce des drogues illicites se porte bien. Il s’agit même d’un secteur porteur :
entre 2008 et 2011 le nombre d’utilisateurs de stupéfiants aurait augmenté de 18 % d’après le dernier rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc, 2013), bien au-delà du taux de croissance de la population mondiale. Comme d’autres segments de l’économie, l’industrie des stupéfiants profite pleinement de l’augmentation du pouvoir d’achat et des changements de modèle de consommation dans les marchés émergents, en Asie et en Amérique du Sud en particulier.

L’enjeu de cette livraison d’Alternatives Sud est de mettre en lumière les effets de l’économie des drogues – et des politiques mises en oeuvre pour la combattre – sur les sociétés et les États du Sud. Si dans les pays occidentaux les impacts des drogues – de leur utilisation et de leur commerce – sont globalement maîtrisés par les pouvoirs publics, il en va tout autrement dans les nations en développement, où l’insécurité sociale et la faiblesse des institutions démultiplie la puissance économique et politique des narcotrafiquants. Les contributions rassemblées dans ce numéro l’illustrent sans détour : le noeud « narcotrafic – guerre aux drogues » constitue un obstacle majeur à la construction de relations sociopolitiques plus égalitaires et démocratiques dans un nombre considérable de pays du Sud.

Esquisse de géographie du narcotrafic

Du fait de la nature illicite des activités concernées, des évolutions complexes et permanentes auxquelles elles-sont sujettes et du manque de données dans un grand nombre de pays, les agences officielles cherchant à identifier les lieux, flux, volumes et acteurs du narcotrafic procèdent par estimations ou recoupements et présentent des fourchettes larges. Cela étant, un certain nombre de réalités dominent la géographie mondiale des drogues et peuvent sans trop de risque être dégagées.

Pour des raisons à la fois climatiques, historiques et politiques, la production mondiale des deux substances illicites les plus rentables – la cocaïne et l’héroïne – n’est le fait que de quelques pays du Sud seulement. La quasi-intégralité de l’offre mondiale de cocaïne est issue de trois pays andins – le Pérou, la Colombie et la Bolivie. La production de l’héroïne est géographiquement plus concentrée encore : environ 85 % provient des cultures de pavot à opium d’Afghanistan. La Birmanie, principal pays producteur jusqu’au début des années 1990, et le Mexique, fournissent le gros du volume restant.

A l’instar de bien des produits tropicaux, les principaux marchés de ces deux drogues sont situés au Nord. Principaux marchés en volume : 65 % de la cocaïne environ et plus de la moitié de l’héroïne y seraient consommés. [1] Mais aussi et surtout principaux marchés en valeur – le gramme de poudre est beaucoup plus cher dans les rues des villes occidentales que dans les métropoles du Sud. La demande du premier monde représenterait donc 80% des profits liés à la cocaïne et près de 70% de ceux de l’héroïne (Onudc, 2010). Effet de la mondialisation, ce tableau est cependant en train de s’infléchir, du fait d’un tassement de la consommation globale de ces deux drogues aux États-Unis et en Europe et de la croissance concomitante de la demande dans les pays émergents, notamment en Amérique du Sud (le Brésil serait devenu le deuxième plus gros consommateur de cocaïne derrière les États-Unis), en Chine et en Asie du Sud-Est. La hausse est également forte en Afrique, où le nombre de consommateurs de cocaïne serait passé d’un million environ à plus de deux millions entre 2004-2005 et 2011 (Onudc, 2013).

Á l’opposé de cette configuration, la géographie du cannabis est on ne peut plus décentralisée : on en consomme et on en produit dans toutes les régions du monde (avec une explosion des cultures indoors en Europe et aux États-Unis). La prédominance de ces circuits courts n’empêche pas l’existence d’un trafic international, dont les principaux flux vont du Maroc et de l’Afghanistan vers l’Europe, et du Mexique vers les États-Unis. Du fait qu’elles ne nécessitent pas de cultures végétales, l’offre et la demande des drogues de synthèse (amphétamines, méthamphétamines, ecstasy, etc.) sont elles aussi plus rapprochées géographiquement, avec cependant l’existence de commerces intra-régionaux notables en Europe, en Asie de l’Est (et Océanie) et en Amérique du Nord (du Mexique vers les États-Unis).

Les activités du narcotrafic ne se limitent bien entendu pas aux pays sources, abritant les cultures et laboratoires qui alimentent le marché mondial, mais affectent également les pays de transit, placés sur les voies reliant les sites de production aux marchés les plus lucratifs. Á la rigueur, du fait des changements de tactiques incessants des trafiquants et de la démultiplication des itinéraires indirects via les territoires moins contrôlés, aucune nation n’est épargnée. Certaines d’entre elles sont néanmoins plus concernées en ce qu’elles sont placées sur les « routes » principales du trafic. Le Mexique et les pays d’Amérique centrale en particulier ont le malheur de servir de voie d’acheminement principale de la cocaïne sud-américaine vers les États-Unis. Le Venezuela, mais aussi le Brésil (dont la frontière amazonienne avec les trois pays producteurs fait plus de 7 000 km) servent quant à eux de tête de pont pour l’envoi (par avion ou bateau) de la production andine vers l’Europe, dont une portion notable transite depuis une dizaine d’années par les pays d’Afrique de l’Ouest.

L’héroïne afghane est exportée suivant trois grandes routes. La « route des Balkans », qui relie l’Europe via l’Iran et la Turquie et dans une moindre mesure le Caucase. La « route du Nord », qui mène à la Russie via les républiques d’Asie centrale. La « route du Sud » qui passe par le Pakistan pour ensuite se fractionner en un vaste réseau d’itinéraires reliant l’Asie du Sud-Est, l’Afrique et l’Europe, notamment via les pays du Golfe. L’héroïne birmane alimente le marché chinois ainsi que les pays du Sud-Est asiatique, qui servent par ailleurs de transit vers le juteux marché australien. Quant au marché états-unien, il est quasi intégralement satisfait par l’héroïne mexicaine.

Escalade des profits, asymétrie des bénéfices

La dimension principale de l’économie internationale des drogues réside dans la valeur ajoutée disproportionnée aux étapes du transport et de la commercialisation du produit. Les marges sont énormes lors du franchissement d’obstacles physiques et douaniers – le prix du gramme de cocaïne triple du fait du « simple » franchissement du mur séparant le Mexique des États-Unis – et lors du fractionnement en petites doses sur les marchés de consommation (Labrousse, 2011). Une répartition du profit extrêmement inégale entre les différents intervenants de la chaîne en résulte.

L’exemple de la filière de la cocaïne vers les États-Unis est éloquent (Onudc, 2010) :

 en 2008, les dizaines de milliers de cultivateurs de coca alimentant le marché états-unien ont gagné environ 500 millions de dollars, soit 1,5 % seulement du profit global lié à ce trafic ;

 les trafiquants dans les pays andins qui ont collecté la matière première, l’ont transformée dans leurs laboratoires et ont vendu la cocaïne à des réseaux internationaux ont touché environ 400 millions de dollars, soit 1% du profit ;

 les réseaux colombiens et mexicains qui ont organisé son transport jusqu’aux grossistes états-uniens ont dégagé 4,6 milliards de dollars de bénéfice, soit 13 % du profit ;

 ces grossistes ont à leur tour empoché environ 5,3 milliards de dollars, soit 15 % du profit ;

 enfin les organisations et individus ayant orchestré et réalisé la distribution de la cocaïne dans les rues états-uniennes ont accumulé jusqu’à vingt-quatre milliards de dollars, soit 70 % du profit global.

La même asymétrie se vérifie s’agissant de l’héroïne afghane (Onudc, 2010). La vente « à la ferme » de l’opium a rapporté 400 millions de dollars aux cultivateurs de pavot en 2009, soit 0,6% seulement du revenu de la filière. Si l’on inclut les profits dérivant de la transformation et du trafic vers la frontière, l’économie afghane de l’opium a généré 2,4 milliards de dollars, soit 3,5% seulement des profits totaux de l’industrie des opiacés (héroïne, opium et morphine) en 2009.

Une économie politique plus complète des filières doit également prendre en compte les acteurs captant indirectement une partie considérable des profits du secteur : forces de sécurité et personnel politique arrosés par les narcotrafiquants, groupes rebelles en tout genre prélevant l’impôt « révolutionnaire », mais également sociétés de comptabilité et autres conseillers financiers facilitant le recyclage des profits et enfin secteurs économiques formels profitant de cet afflux d’argent en quête de respectabilité (immobilier, tourisme, sociétés financières des paradis fiscaux) et des dépenses somptuaires des barons de la drogue (industrie du luxe). D’après la littérature sur le blanchiment, les deux tiers environ des profits du narcotrafic seraient l’objet d’opérations de lavage, soit autour de 220 milliards de dollars par an (Onudc, 2011).

Coûts sociaux et politiques du narcotrafic au Sud

Dépendances, inégalités et droit du plus fort

C’est un fait, l’industrie de la drogue constitue une alternative économique – de survie ou d’ascension sociale – pour des millions d’habitants des campagnes et des périphéries impliqués dans les cultures illicites (paysans andins, afghans, marocains, etc.) ou le transport du produit fini (les « mules »). Au Mexique seulement, 468 000 personnes environ auraient tiré leurs revenus du secteur en 2008, faisant du narcotrafic le cinquième plus gros employeur du pays (Rios, 2008). Et plus d’un million d’individus seraient impliqués dans le transport d’héroïne à l’échelle mondiale (Onudc, 2010). Ces bénéfices économiques de court terme pour une partie des plus pauvres ne compensent cependant pas les effets sociétaux massivement déstructurants du narcotrafic.

Á l’échelle de la paysannerie tout d’abord, comme le décrivait Olivier Dabène à propos des pays andins, «  l’intérêt des paysans pour la culture du cocaïer a entraîné un relatif abandon des cultures vivrières comme le maïs, le riz ou la pomme de terre, et donc une hausse de leurs prix. Certains groupes ont été déplacés dans des zones amazoniennes totalement isolées, afin d’échapper aux contrôles. Mais lorsque les prix chutent, ces populations sont laissées à l’abandon, sans moyen de subsistance. (…) tandis que leur environnement subit des dommages irréversibles, en raison de l’utilisation intensive de produits chimiques et de la déforestation » (Dabène, 1996). Perte d’auto-suffisance alimentaire locale donc, mais aussi sujétion de territoires entiers à des réseaux criminels dont on attend le rachat des récoltes et des services de protection… ou dont on craint les représailles en cas de velléité d’émancipation.

Ce phénomène de détournement de la main d’oeuvre des activités traditionnelles ne se limite pas à l’agriculture – les revenus disproportionnés que procure la participation au trafic, même à ses plus bas échelons, par rapport aux autres types d’emploi, plongent des populations entières dans une situation de « dépendance économique » au narcotrafic difficilement réversible. Ce lecteur d’un journal régional mexicain ne dit pas autre chose : « Sinaloa est et a toujours été un État où l’argent vient du trafic de drogues. D’où pourrait-il bien venir d’autre ? Les industries agricoles et de la pêche sont fermées. On ne peut même plus tirer d’argent de l’industrie minière car les gens ne veulent plus y travailler. Les trafiquants de drogues paient les mineurs dix fois plus, juste pour surveiller la drogue. Qu’allons nous faire s’il n’y a pas d’autre endroit où obtenir de l’argent ? ». [2]

Du fait de la forte asymétrie dans la répartition des profits, le narcotrafic est par ailleurs facteur de renforcement ou de création de nouvelles inégalités. « En provoquant des changements rapides de train de vie, en produisant de nouveaux statuts, (la drogue) perturbe les rapports sociaux et économiques et remet en cause le système productif, politique et culturel du pays » expliquent Miguel de Barros, Patrícia Godinho Gomes et Domingo Correia dans leur article sur la Guinée-Bissau, où la présence de la drogue est pourtant « relativement faible ». Quand bien même certains parrains s’emploient à soigner leur image de « bienfaiteurs des pauvres » en redistribuant une petite partie de leurs bénéfices sous la forme de cadeaux divers, une partie autrement conséquente de leurs gains sont généralement réinvestis dans la terre, l’immobilier ou des activités de la région, constituant des mini-empires économiques peu compatibles avec un développement local démocratique.

La conséquence la plus spectaculaire du narcotrafic réside évidemment dans le climat de violence qu’il installe dans certaines régions de production ou de transit. Les guerres entre cartels pour la domination des villes frontières avec les États-Unis et la « guerre aux drogues » menée par les militaires ont fait 55 000 morts entre 2006 et 2011 au Mexique, soit le conflit le plus meurtrier de la planète sur cette période. Moins médiatisé, le taux d’homicides serait plus élevé encore dans les petits pays d’Amérique centrale traversés en amont par la même cocaïne. Comme l’indique cependant Luis Astorga dans sa contribution sur le Mexique, les niveaux de violence sont moins tributaires des quantités de drogues en jeu que de la configuration du champ criminel et de la capacité de l’État à réguler la compétition entre gangs.

Dans les périphéries des villes comme dans les zones rurales les plus isolées, le monopole de la violence que détiennent les gangs liés au narcotrafic sur la vie de territoires entiers a généré un archipel de zones de non-droit, ou plutôt de zones où les codes des gangs et l’allégeance au plus fort ont remplacé le droit formel. « Là se configurent de nouvelles strates, des codes où se mêlent les principes libéraux du marché et les règles qui organisent et protègent les activités illégales, comme cela se passe dans les structures organisées du « Primeiro Comando da Capital » et du « Comando Vermelho » de Rio de Janeiro, ou dans les « bacrim » (bandes criminelles émergentes), comme on les appelle en Colombie, telles que le « Bureau Envigado », « Les Urabeños », « Los Rastrojos » dans les quartiers de Medellín » relève Ricardo Soberón Garrido dans sa réflexion sur les paradoxes du narcotrafic en Amérique latine. On y constate la diffusion d’une culture de l’enrichissement personnel rapide par la violence criminelle qui fonctionne comme modèle de réussite sociale crédible, bien que hautement risqué, pour des millions de jeunes sans perspective autre d’ascension sociale.

Enfin le développement du narcotrafic dans une région donnée va généralement de pair avec un accès plus aisé aux drogues et une hausse de la consommation locale. Le phénomène se vérifie dernièrement en Afrique et dans les républiques d’Asie centrale, deux régions où les quantités en transit vers les gros marchés ont singulièrement augmenté. Les défis que cette hausse des niveaux de dépendance implique en matière de santé comme de sécurité publiques sont considérables. Or comme le relèvent Kwesi Aning et John Pokoo dans leur article sur l’Afrique de l’Ouest, «  les centres de soins de santé dans la région sont en sous-nombre et sous équipés, qui plus est les équipes médicales ne sont pas formées à la prise en charge des conséquences de la dépendance à la drogue ».

Corrosion des institutions, criminalisation du politique, conflits

Si la banalisation de la violence criminelle sous l’effet du narcotrafic est propre au continent latino-américain, aucun territoire de culture ou de transit des stupéfiants n’échappe à l’action délétère du trafic sur les institutions. Celle-ci découle « logiquement » de la puissance financière des mafias vis-à-vis des représentants de l’État dans les régions concernées. D’autant que, pour les sites de production comme pour les « routes » de la drogue, les préférences des trafiquants vont aux régions isolées, négligées par les pouvoirs centraux, où les autorités locales comme les agents des échelons inférieurs de la police ou de la douane sont mal payés et donc sensibles aux arguments « sonnants et trébuchants » des criminels. Il n’est qu’à imaginer la rencontre entre un garde-frontière guinéen ou malien dont le salaire, quand il est versé, dépasse à peine 50 euros et un « narco » colombien brassant des millions de dollars.

Mais l’influence corruptrice des trafiquants va le plus souvent bien au-delà des agents locaux pour toucher les niveaux supérieurs de la justice, de la police, de l’armée, de la classe politique, des services secrets. L’enjeu : obtenir par l’achat des autorités des conditions optimales pour le développement discret de leurs activités criminelles. Achat agrémenté d’intimidation lorsque l’autorité en question refuse de marchander sa probité. Mais les agents de l’État ne sont que rarement objets passifs de corruption. Dans bien des cas ce ne sont pas les trafiquants qui les approchent, mais eux-mêmes qui traquent les contrebandiers afin de monnayer leur libération. Aux Philippines notamment, Nex Benson nous apprend que le rançonnement des trafiquants, grands ou petits, est un véritable fléau au sein de la police anti-drogues.

Dans plusieurs pays, des responsables publics de haut rang vont jusqu’à devenir collaborateurs actifs des trafiquants, voire organisateurs directs de trafics. Phénomène de « criminalisation du politique » donc, mais aussi parfois de « politisation de la criminalité », lorsque des barons de la drogue rentrent en politique afin d’influer le cours des décisions dans le sens de leurs affaires. Principales incarnations des narco-États dans les années 1990, la Birmanie – longtemps considérée « État trafiquant type » (Labrousse, 1993) -, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, la Turquie ou le Nigeria se sont vues déclassés par l’Afghanistan, la Guinée Bissau, le Mexique ou le Tadjikistan comme États les plus régulièrement associés au concept [3]. Plus généralement, si le poids politique du narcotrafic a baissé dans les pays andins, il aurait augmenté en Amérique centrale et au Mexique, dans les républiques d’Asie centrale, mais aussi en Afrique de l’Ouest.

Relevons enfin que les activités du narcotrafic contribuent au financement de dizaines de conflits politiques, religieux ou identitaires qui constituent autant de sources de déstabilisation politique et de crispations autoritaires. La récente prise du Nord-Mali par des groupes armés islamistes dont une partie des ressources provenait du rançonnement du trafic transsahélien de la cocaïne en constitue la dernière illustration. Les interactions entre drogues et conflits peuvent prendre des formes variées (Labrousse, 2011). Il existe parfois une proximité politique ou ethnique entre les producteurs de cultures illicites de régions marginalisées et les guérillas prétendant défendre leurs droits – cas des FARC « révolutionnaires » dans les régions pauvres de Colombie ou des talibans dans les provinces à majorité pachtoune d’Afghanistan.

Les organisations rebelles peuvent également tirer profit de la commercialisation des drogues, en taxant les trafiquants ou en assurant elles-mêmes le rôle d’intermédiaires – cas des Tigres tamouls du Sri Lanka. Enfin certaines d’entre elles finissent par s’impliquer dans les étapes les plus rentables de la transformation et de la distribution sur les marchés de consommation – cas du Parti des travailleurs du Kurdistan. Alain Labrousse relève aussi qu’au cours du conflit la drogue peut devenir un enjeu relatif, voire une fin en soi, les organisations politiques dégénérant en organisations purement criminelles. Ce processus de criminalisation concerne d’ailleurs tout autant les forces contre-insurrectionnelles chargées de mater les rebelles.

Libéralisation économique et expansion du narcotrafic

Si les responsabilités des élites du Sud ne peuvent être éludées, l’ampleur et les formes empruntées par l’économie du narcotrafic ces trente dernières années sont davantage le résultat d’un certain nombre de biais et d’asymétries de la gouvernance internationale. Sur le plan de la gestion de la mondialisation tout d’abord. Les politiques de libéralisation des économies et des marchés financiers promues depuis les grandes agences internationales ont indiscutablement contribué au renforcement du narcotrafic.

 La baisse des tarifs douaniers et autres barrières aux échanges a radicalement augmenté les flux de marchandises et de capitaux, ainsi que le caractère transnational des filières de production, notamment dans le secteur agroalimentaire. « Bien souvent les réseaux de trafiquants ont profité des instruments et des mécanismes qui libéralisent le commerce de biens et services pour transporter la drogue et d’autres produits illicites » indique Ricardo Soberón Garrido. Dans la pratique, la priorité à l’augmentation et à la fluidité des échanges qui commande le commerce international rend le contrôle systématique des containers virtuellement impossible.

 Les politiques d’ajustement structurel préconisées par la Banque mondiale, le FMI et le GATT/OMC aux pays latino-américains, africains et asiatique au cours des années 1980-1990 – ouverture aux importations de biens agricoles et démantèlement des politiques de soutien à la petite agriculture – ont objectivement renforcé l’attrait économique des cultures de pavot, de coca et de cannabis pour les paysans pauvres. Les autorités elles-mêmes ont parfois fermé les yeux sur des cultures illicites qui permettaient d’amortir les coûts sociaux de l’ajustement et d’accumuler des devises étrangères protégeant le pays d’une éventuelle crise de la dette (Dabène, 1996).

 Combinées aux effets de la crise économique et de la baisse des recettes d’exportation, ces mêmes mesures d’ajustement ont mené à un resserrement brutal des moyens des États. Les plus affaiblis, en Afrique notamment, ont d’une part réduit leur contrôle sur des pans entiers de leur territoire – y favorisant la prolifération d’activités criminelles -, d’autre part poussé une partie de l’élite politique et militaire à se reconvertir dans des activités illicites pour se maintenir au pouvoir, signant le passage de l’État « kleptocrate » à l’État « malfaiteur » (Bayart, Ellis et Hibou, 1997). Les nouveaux narco-États sont avant tout des États faillis.

 Les politiques de dérégulation de la sphère financière depuis les années 1980 ont quant à elles hautement facilité les opérations de blanchiment de l’argent sale. « Ce phénomène est venu renforcer la puissance des organisations criminelles transnationales les plus liées au commerce de la drogue » (Lalam, 2011). Malgré quelques avancées sur le secret bancaire suite au 11 septembre 2001 et à la crise financière de 2008, les pays riches ont les plus grandes difficultés à mettre de l’ordre dans l’entrelacs de places off-shore et autres paradis fiscaux servant de zone d’intersection entre les flux financiers licites et illicites.

Le régime international de contrôle des drogues

Le principal carburant du phénomène du narcotrafic réside cependant dans l’orientation adoptée depuis un siècle par la communauté internationale pour… réduire la consommation de drogues, à savoir la mise en place et le renforcement d’un régime international de contrôle des drogues axé sur la prohibition. Ce régime est aujourd’hui l’objet de vives critiques, du fait de son inefficacité et de ses effets pervers, mais également de son caractère asymétrique et de ses contradictions, reflets d’inégalités politiques historiques au sein de l’ordre international.

De La Haie à l’Initiative de Mérida : un régime déséquilibré

Le projet d’un système international de contrôle des drogues naît en 1912 lors de la Convention internationale de l’opium de La Haie, à laquelle seules une douzaine de nations participent. Visant à éviter toute production et distribution d’opium en dehors d’un cadre scientifique et médical strictement contrôlé, la rencontre est, déjà, le résultat de l’activisme des États-Unis, qui viennent de prendre les Philippines aux Espagnols et constatent avec effroi le degré d’intoxication de la population des îles, et plus largement de cette partie de l’Asie, suite au « libre » commerce imposé par les européens depuis les guerres de l’opium du 19ème siècle. La restriction de l’opium est à la fois un devoir moral et une manière d’affaiblir commercialement les puissances coloniales, tout en améliorant la relation entre les États-Unis et la Chine, principale victime du commerce de l’opium (Sinha, 2001).

Dès sa naissance donc, la diplomatie des drogues est animée par un mixte étonnant de motivations morales, économiques et géopolitiques. Les traités internationaux adoptés par la suite dans le cadre de la Société des nations, puis des Nations unies, en porteront tous la marque, notamment les trois principaux textes qui constituent l’armature juridique du régime de contrôle actuel : la Convention unique sur les stupéfiants (1961), qui ramasse les traités antérieurs en un seul texte et porte essentiellement sur l’opium, l’héroïne, la cocaïne et le cannabis ; la Convention sur les substances psychotropes (1971), suite au décollage de la consommation de LSD et autres substances de synthèse en Occident ; et enfin la Convention contre le trafic illicite de stupéfiant (1987), qui vise à harmoniser les législations nationales dans un sens nettement répressif.

Outre son orientation prohibitionniste et répressive, au détriment des considérations de santé publique et de droits humains, le régime de contrôle international consacré par ces textes connaît deux déséquilibres, particulièrement préjudiciables pour les anciennes colonies. Tout d’abord l’idée d’un contrôle souple sur les substances d’origine végétale, défendue par les États du Sud dont de larges pans de la population consommaient de manière traditionnelle les matières incriminées ou vivaient de leur production, a été écartée. A l’inverse, les besoins des industries pharmaceutiques occidentales ont été globalement épargnés – ceux-ci relevant des domaines « médical » et « scientifique » -, notamment au sein de la Convention de 1971 sur les produits de synthèse.

Par ailleurs, comme le signale Jai Sinha, en étant centrée sur l’offre de stupéfiants (la production et le trafic), elle déplace « le fardeau et les coûts du contrôle des stupéfiants principalement vers les pays en voie de développement asiatiques et latino-américains, qui n’avaient ni la disposition culturelle, ni les ressources requises pour procéder à une telle ingérence – ni la puissance économique ou militaire qui leur aurait permis de refuser ce qu’on leur imposait » (2001). Des pouvoirs étendus furent par ailleurs accordés à l’Organe internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), organisme onusien sous influence états-unienne chargé de vérifier le respect des trois conventions. Dans la pratique, l’appareil de contrôle s’appliquera essentiellement dans un sens Nord-Sud, les pays occidentaux – États-Unis en tête -, s’appuyant sur la qualité juridiquement contraignante des conventions pour réclamer le durcissement des politiques anti-drogues dans le reste du monde.

L’ingérence au nom de « la lutte contre les drogues » franchit plusieurs paliers lorsque les États-Unis décidèrent de porter au coeur de l’Amérique latine la « guerre aux drogues » proclamée en 1971 par le président Nixon. Des opérations en terrain bolivien et péruvien de la Drug Enforcement Administration (DEA) dans les années 1980 à l’énorme programme d’assistance militaire à la Colombie dans le cadre du « Plan Colombie » au tournant du millénaire, l’implication états-unienne prit des formes de plus en plus massives et diversifiées dans les campagnes nationales de démantèlement des trafics. [4] Signe d’un déplacement du front principal de la guerre aux drogues, l’Initiative de Mérida, sorte de réplique à moindre échelle du Plan Colombie, vise à renforcer les forces armées mexicaines dans le cadre de la « guerre contre le trafic de drogues » décrétée en 2006 par un président Calderón en manque de légitimité. L’« initiative » soutient également les efforts de répression en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

Instrumentalisation des trafics… et de la guerre aux trafics

Le régime international de contrôle des drogues n’est pas seulement biaisé dans ses orientations répressives et centrées sur l’offre. Á l’instar d’autres politiques internationales, il est aussi l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques. Le rôle de « croisé de la prohibition » que les États-Unis se donnent volontiers dans les enceintes de la diplomatie des drogues n’a pas empêché leurs services secrets de subordonner allègrement la « guerre aux drogues » à d’autres dimensions de leur politique extérieure. Des débris du Kuomintang réfugiés en Birmanie aux Contras du Nicaragua, en passant par les talibans afghans, l’objectif suprême du containment a régulièrement amené la CIA à tolérer, voire à soutenir directement la mise en place de réseaux d’écoulement d’héroïne ou de cocaïne permettant le financement clandestin de groupes armés objectivement alliés.

Avec la fin de la guerre froide et surtout les attentats du 11 septembre 2001, le narcotrafic devient un enjeu central de la doctrine sécuritaire des États-Unis et dans une certaine mesure des autres puissances. Pour les stratèges du Pentagone, l’Afghanistan démontre que le terrorisme et les réseaux de la drogue sont des phénomènes qui s’alimentent mutuellement, voire se confondent, dans les zones de non-droit délaissées par les États faillis, il s’agit donc de recourir aux grands moyens pour combattre le « narco-terrorisme » partout où il fait mine de s’enraciner. La force évocatrice de l’expression diabolise les acteurs, dépolitise les enjeux et est rapidement réappropriée par des pouvoirs nationaux en quête de légitimation de leurs stratégies répressives, de la Colombie au Sri Lanka. Les conseils, offres de services et pressions de toutes sortes se multiplient des États-Unis vers les États supposés manquer de fermeté ou de capacité d’action dans la répression du phénomène. Ces mêmes États que la doctrine d’hier jugeait pléthoriques et envahissants…

Et pourtant ce regain d’activisme international contre les trafics cohabite avec d’autres enjeux, à commencer par celui de la proximité géopolitique avec les États-Unis. Mercille le démontre dans son article sur l’Afghanistan, où Washington s’accommode d’alliés – Hamid Karzai et son entourage en l’occurrence – dont les liens avec le trafic d’héroïne ont suffisamment été démontrés, tout en menant une « guerre aux drogues » sélective visant uniquement les trafiquants liés aux talibans. Une même compréhension a prévalu dans le contexte colombien face à la tolérance du président Uribe vis-à-vis de groupes paramilitaires d’extrême droite tout autant, si pas plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC. Le fait que les États-Unis avaient dû fermer leur base militaire au Panama en 1999 et que l’ex-président colombien mettait à leur disposition l’accès à plusieurs bases n’y était certainement pas pour rien.

Le conditionnement géopolitique de la guerre aux drogue apparaît aussi clairement dans le très controversé processus de « certification » auquel les États-Unis s’adonnent annuellement afin d’évaluer la coopération des pays de production ou de transit au système de contrôle international. D’une part l’objet de cette évaluation, qui peut déboucher sur une suppression de l’aide états-unienne, réside moins dans l’engagement des gouvernements dans la lutte contre la drogue que dans leur collaboration avec les agences anti-drogues américaines. D’autre part il est évident que les considérations stratégiques pèsent lourdement dans la classification des États. Ainsi les deux pays ayant récemment rejoint la Birmanie dans la catégorie des pays ayant « clairement échoué à remplir leurs obligations » en matière de respect des conventions internationales ne sont pas la Guinée Bissau ou l’Afghanistan mais… le Venezuela et la Bolivie.

Le régime international de contrôle en question

Développement sans précédent dans l’histoire de la diplomatie des drogues, l’idéologie prohibitionniste qui imprègne le régime international de contrôle des stupéfiants est depuis quelques années l’objet d’un mouvement de contestation au plus haut niveau politique. Les contributions rassemblées dans ce numéro s’en font toutes l’écho d’une manière ou d’une autre.


Effet ballon et criminalisation de la pauvreté

Ces remises en question naissent d’abord de la constatation de l’échec de l’approche outrancièrement répressive de la « guerre aux drogues ». Cet échec se lit d’abord dans les chiffres. En 1998, lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur les drogues (UNGASS), les gouvernements s’étaient donné dix ans pour libérer le monde des drogues (« a drug free world »). En 2008, le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde avait pourtant augmenté de 34 %, celui de cocaïne de 27 %, celui de cannabis de 8 % (Commission mondiale pour la politique des drogues, 2011). Non seulement l’approche répressive ne s’est pas montrée efficace, mais elle s’avère contre-productive car c’est l’interdiction des drogues elle-même qui multiplie le prix de celles-ci et suscite les activités criminelles liées à son commerce. En témoigne le précédent historique du fabuleux enrichissement de la mafia et de l’expansion de son pouvoir corrupteur durant les années de la prohibition de l’alcool aux États-Unis.

La lutte frontale contre les trafiquants a bien permis de démanteler tel cartel ou de « nettoyer » telle région, mais elle n’a jamais débouché sur une baisse globale de la production. Car, à demande égale, la réduction de telle ou telle filière entraîne un renchérissement du produit qui stimule les trafiquants à augmenter la production ou le trafic ailleurs. Un phénomène de géographie économique qualifié d’« effet ballon » [5]. Ainsi la performance du système de surveillance états-unien dans les Caraïbes dans les années 1990 n’a pas entraîné de baisse de l’entrée de cocaïne sur le territoire états-unien, mais un déplacement du trafic par l’itinéraire centro-américain et mexicain. De même, le succès du « bridge denial » entre le Pérou et la Colombie au début des années 1990 a mené à une chute de la production de coca au Pérou mais à une augmentation concomitante des cultures colombiennes. Quelques années plus tard, les campagnes d’éradication forcenées du Plan Colombie ont mené à une (petite) baisse de la production colombienne… immédiatement compensée par un rebond des productions péruvienne et bolivienne.

La focalisation de la répression sur la production et le trafic a par ailleurs des effets pervers dramatiques, qui démultiplient les coûts sociaux et politiques du narcotrafic et en créent de nouveaux. En s’efforçant de démanteler les gangs, les forces de l’ordre perturbent les positions acquises et déclenchent régulièrement de sanglantes guerres de succession. A fortiori lorsque, comme c’est souvent le cas, elles mènent des campagnes à géométrie variable et concentrent leurs forces sur certains réseaux en en épargnant d’autres. La militarisation de la lutte contre les trafics a également comme conséquence une hypertrophie des appareils de sécurité militaire et policier (au détriment des dépenses sociales), un nivellement par le bas du respect des droits humains et une criminalisation des populations pauvres qui fournissent l’essentiel des « petites mains » de la production et du trafic.

Par ailleurs, les campagnes d’épandage aérien telles qu’elles ont été pratiquées à grande échelle en Colombie ont eu des conséquences désastreuses sur la végétation environnante. Plus généralement, les campagnes d’éradication forcée en Colombie ou au Pérou alimentent indirectement la déforestation en incitant les trafiquants à déplacer leurs plantations dans des régions toujours plus isolées de la forêt amazonienne, où ils entrent en contact avec les populations indigènes qui utilisent traditionnellement les terres convoitées. La prophétie de Ricardi Soberon à ce propos est pour le moins inquiétante : « De plus en plus, le bassin de l’Amazone sera confronté à une colonisation progressive et désordonnée, catalysée par les activités économiques illicites. Cela entraînera non seulement la destruction rapide, mais aussi l’implication graduelle des sociétés rurales ancestrales dans cette spirale associée à la criminalité. »

Quant aux programmes de développement alternatif menés parallèlement aux campagnes d’éradication pour détourner les paysans des cultures illicites, ils ont donné des résultats mitigés. Dans leur contribution sur le « miracle » de San Martin (Pérou), Mirella van Dun, Hugo Cabieses Cubas et Pien Metaal identifient les faiblesses de la majorité de ces expériences : focalisation sur les monocultures d’exportation, dépendance des financements internationaux, mauvaises gestion et méconnaissance des causes structurelles de l’implication des populations dans les cultures incriminées. Sans compter le fait que, étant donné « l’effet ballon », la moindre production dans telle région est rapidement compensée par une extension des cultures dans la région voisine.


Fronde latino-américaine

Il en va de la politique des drogues comme de bien d’autres domaines de la diplomatie interaméricaine : la prééminence de la vision états-unienne ne va plus de soi. « Un développement décisif » pour reprendre le titre de l’article d’Amira Armenta, Pien Metaal et Martin Jelsma, qui reviennent dans le détail sur les ressorts du désaccord latino-américain. Cette insatisfaction largement partagée vis-à-vis du modèle prohibitionniste imposé de l’extérieur a des tonalités variables suivant les contextes nationaux.

L’évolution la plus remarquable a paradoxalement été initiée par deux chefs d’États conservateurs et proches des États-Unis, les présidents Otto Perez Molina (Guatemala) et Juan Manuel Santos (Colombia), qui ont mis sur la table lors du Sommet des Amériques d’avril 2012 la nécessité d’une révision réaliste des politiques de contrôle des drogues sur le continent. Avec leurs homologues du Costa Rica et du Mexique notamment, ils estiment que leurs sociétés paient un prix exorbitant à la guerre aux drogues orchestrée depuis Washington, notamment sous la forme d’une escalade de la violence et d’un encombrement de leurs systèmes carcéraux. Si aucune alternative n’a fait l’objet d’un consensus, des options autrefois inimaginables sont en cours de débat entre présidents centro-américains, en ce compris la « dépénalisation » du transit et la réglementation de la production, du commerce et de la consommation de drogues.

La dissidence du président bolivien était plus prévisible. Porté par un large mouvement populaire de réappropriation « nationale » des ressources naturelles, Evo Morales est aussi un syndicaliste cocalero qui, à ce titre, a plusieurs fois été la cible des opérations de la DEA durant les années 1980. « Coca oui, cocaïne non ! » – pour le leader aymara, la feuille de coca mastiquée par des millions d’indiens depuis des millénaires doit être réhabilitée en tant que symbole de l’identité nationale et les conventions internationales qui la criminalisent doivent être modifiées. Les agents de la DEA seront expulsés en 2008, une question de «  dignité et de souveraineté ». Cinq ans plus tard, le gouvernement affirme, chiffres à l’appui, que la nationalisation de la lutte contre le narcotrafic s’est traduite par une plus grande efficacité. Ce rejet de l’ingérence états-unienne est sans surprise partagé par les voisins vénézuélien et équatorien.

Moins spectaculaire, l’évolution des pays du cône sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans le sens d’une dépénalisation de la possession de drogues « pour usage personnel » traduit cependant un changement important dans les mentalités et la montée des préoccupations de santé publique. En pointe dans le débat, l’Uruguay envisage de mettre en place un « Institut national du Cannabis » qui, d’une part, distribuerait des licences de production, d’autre part, vendrait directement le produit, ce qui ferait du petit pays sud-américain le premier « fournisseur officiel » de cannabis au monde. Notons par ailleurs que l’ex-président brésilien Fernando Enrique Cardoso est président de la Commission mondiale pour la politique des drogues, une initiative de tout haut niveau (y participent notamment deux anciens présidents du Mexique et de Colombie, ainsi que l’ex-Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan) visant à sortir le monde de la « guerre aux drogues ».

La fronde latino-américaine débouchera-t-elle sur une réforme du régime international des drogues ? Si pour Armenta, Metaal et Jelsma le déblocage du débat est irréversible, l’adoption de propositions communes de changements de la part des nations latino-américaines n’est pas pour demain. La conjoncture internationale est pourtant favorable, souligne Carolina Cepeda, avec une présidence Obama ayant pris ses distances avec les accents les plus répressifs de la lutte contre les drogues (l’éradication forcée notamment) et débarrassé son lexique de l’expression « guerre aux drogues ». Un assouplissement qui ne va cependant pas jusqu’à sortir du paradigme prohibitionniste… et qui pourrait même s’assimiler à une tactique pour diviser les pays critiques, d’après Luis Astorga. D’autant que les partisans de la ligne dure comptent des alliés de poids dans le reste du monde, à commencer par la Russie et la Chine. Mais le choix récent de deux États états-uniens de légaliser l’usage du cannabis est peut-être annonciateur d’une évolution plus nette des positions américaines. Et les États latino-américains devraient pouvoir compter sur des alliés, notamment européens, pour faire bouger les lignes dans les enceintes internationales.

Bibliographie

Bayart J.-F., Ellis S. et Hibou B. (1997), « De l’État kleptomane à l’État malfaiteur », in La Criminalisation de l’État en Afrique, Bruxelles, Éditions Complexe.

Commission mondiale pour la politique des drogues (2011), Rapport de la Commission mondiale pour la politique des drogues, juin 2011.

Dabène O. (1996), « Les narcodémocraties andines », Les Études du CERI n°20, septembre.

Labrousse A. (1993), « Drogues et réseaux » in P. Boniface et J. Golliet (sous la dir. de), Les nouvelles pathologies des États dans les relations internationales, Paris, Dunod.

Labrousse A. (2011), Géopolitique des drogues, Paris, Puf.

Lalam N. (2011), « Argent de la drogue : blanchiment et mondialisation financière », Drogues et enjeux internationaux, bulletin n°2, novembre.

Onudc (2013), Rapport mondial sur les drogues 2013, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Onudc (2011), Estimating Illicit financial flows resulting from drug trafficking and other transnational organized crimes, United Nation Office on Drug and Crime (ONUDC), rapport de recherche, octobre.

Onudc (2010), Rapport mondial sur les drogues 2010, Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Vienne.

Rios V. (2008), Evaluating the economic impact of Mexico’s drug trafficking industry, Mimeo, http://www.gov.harvard.edu/files/Rios2008_MexicanDrugMarket.pdf

Sinha J. (2001), L’historique et l’évolution des principales conventions internationales de contrôle des stupéfiants, Direction de la recherche parlementaire, Bibliothèque du Parlement canadien, Ottawa.


Notes

[1En incluant la Russie, premier pays consommateur d’héroïne. Quant à l’opium afghan (non transformé en héroïne), il est très majoritairement consommé en Asie, en particulier en Iran (environ 40% pour ce seul pays).

[2Cité dans Rios (2008).

[3Un concept dont le contenu comme l’application, il faut le souligner, sont l’objet de controverses scientifiques et d’instrumentalisations géopolitiques.

[4Pour autant, comme le précisent Tickner et Cepeda dans ce numéro à propos du Plan Colombie, l’adoption de ces dispositifs d’assistance externe anti-drogues répond aussi aux stratégies des gouvernements locaux.

[5En référence au fait que si l’on comprime un ballon gonflable en un endroit, l’air à l’intérieur de celui-ci ne diminue pas mais se déplace.

 

http://www.cetri.be/Ravages-du-narcotrafic-naufrage-de

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Dans l’Etat Shan, le trafic et la consommation de stupéfiants empoisonnent la vie des habitants, qui tentent d’enrayer le fléau avec des camps de désintoxication ou des milices, aux méthodes douteuses.

Les portes cadenassées cèdent enfin, après de longues minutes d’attente et quelques coups de klaxon, laissant la voiture pénétrer dans l’enceinte barricadée de tôle. En silence, des individus s’approchent du véhicule d’un pas timide, quittant les huttes rudimentaires à l’intérieur desquelles ils fuyaient la chaleur de midi. Onze personnes, dont une femme, vivent dans ce camp de désintoxication bâti à la hâte en lisière de Kutkai, dans l’Etat Shan, dans le nord-est de la Birmanie. Elles sont enfermées afin de se libérer de leur addiction. La plupart sont accros à l’héroïne, certaines à l’opium ou à la méthamphétamine. Aucune n’a le droit de quitter les lieux avant la fin du sevrage, sauf pour se rendre collectivement à l’église, une fois par mois. Les visiteurs sont rares, les divertissements aussi.

Quelques jours avant notre arrivée, un pensionnaire rétif a réussi la grande évasion. «Je ne sais pas comment il a fait, il a dû sauter par-dessus la palissade», avance Kaum Seing Kham, le responsable du camp. Avachi sur une chaise en plastique, les mains enfouies dans son blouson de cuir, il semble résigné, comme écrasé par sa fonction. L’homme fait partie de la minorité ethnique kachin, de confession chrétienne, implantée dans le nord et le nord-est de la Birmanie.

Antalgiques et foi chrétienne

La Convention baptiste kachin, une congrégation religieuse, gère le «centre de réhabilitation» de Kutkai. Plusieurs fois par jour, les pensionnaires sont tenus de lire des passages de la Bible. «Quand les gens connaissent la Bible, ils peuvent contrôler leur esprit et arrêter la drogue», croit savoir Kaum Seing Kham. L’essentiel de la thérapie est résumé là. Lorsque la sensation de manque devient insupportable, les antalgiques prennent le relais de la foi. Et ramènent le silence, la nuit, dans les huttes de bambou.

Un jeune homme en bermuda s’avance, sourire en coin. Mai Aung Tun, 28 ans, a rejoint le camp de Kutkai sous la pression de ses parents. Il déplie ses bras et montre de longs sillons gris, tracés par les piqûres d’héroïne qu’il s’injecte depuis la fin de l’adolescence. «J’étais seul, j’avais envie de trouver le bonheur», hasarde ce livreur à moto habitué à mêler vitesse et défonce. Il dort mal, ses nuits agitées troublent le dortoir commun où les pensionnaires dorment en rang d’oignons. «Parfois, je veux rester… Parfois, je me dis que je devrais simplement fuir cet endroit pour aller chercher de l’héroïne.»

Le chef du camp écoute la discussion sans se départir de son masque las. Il s’ennuie comme les autres. «Notre méthode fonctionne, tout dépend de la volonté de la personne. Ceux qui échouent ne sont pas assez patients», défend le délégué de la Convention baptiste kachin, devenu expert en dépendance en seulement quelques semaines.

etat-shanDans le nord de l’Etat Shan, le Kachin n’est pas le seul à tenter de lutter contre la drogue avec des moyens dérisoires. La tâche est immense. A 70 kilomètres de la frontière chinoise, Kutkai est fendu par une route interminable et poussiéreuse. Les camions défilent le long des collines écorchées par le brûlis, à proximité du Triangle d’or (région, à cheval entre la Birmanie, le Laos et la Thaïlande, connue pour sa production de drogue). Les activités illicites prospèrent – trafics d’armes, d’êtres humains, d’espèces sauvages et de stupéfiants. La Birmanie est le deuxième pays producteur d’opium (matière première de l’héroïne), derrière l’Afghanistan, et c’est dans l’Etat Shan que se concentrent plus de 90 % des champs de pavot.

A côté de cette culture ancienne est apparue, à la fin des années 90, la production de méthamphétamine, souvent appelée «yaba». Pour fabriquer ces comprimés colorés, les précurseurs chimiques venus de Chine sont discrètement synthétisés dans des arrière-cuisines ou des labos mobiles. «Nous n’avons pas assez d’éléments comparatifs, mais la Birmanie pourrait être le premier pays producteur de méthamphétamine», prévient Jochen Wiese, du bureau de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Birmanie.

Dans l’Etat Shan, le commerce des stups a trouvé un terreau idéal. Miné par les conflits entre l’armée birmane et des guérillas ethniques qui revendiquent l’autonomie de leur territoire, la région vit une guerre civile interminable. Elle est enclavée, constamment menacée par d’imprévisibles attaques armées. Sur la route de Kutkai, un lacet aride semé de check-points, on peut croiser des hommes en armes et en treillis. Au-delà de la voie goudronnée, les terres sont sous le contrôle de l’armée régulière, de milice locales progouvernementales ou du Front de libération de l’Etat Palaung (minorité ethnique) et de ses alliés. Au centre de la bataille, l’organisation et la taxation du trafic de drogue génèrent de précieuses ressources financières, et toute opposition à ce négoce recèle son lot de dangers.

Malgré les risques, de plus en plus de Birmans inventent des solutions à leurs problèmes, aussi précaires soient-elles. Il existe plusieurs dizaines de camps de désintoxication comme celui de Kutkai. A Rangoun, l’équipe de l’ONUDC juge sévèrement ces initiatives. «Ce ne sont pas de véritables centres de réhabilitation, dénonce Vi Cuong Tran, spécialiste de la réduction des risques, mais plutôt des endroits où l’on garde les individus que la famille ne peut plus gérer.»

Menottes et bâtons

Faute de structures adaptées, les camps de fortune sont le seul espoir des habitants et les campagnes de prévention menées par l’ONUDC ont des effets limités. «Le pays manque cruellement de services et d’équipements, reconnaît Jochen Wiese. Notre action sur le terrain doit absolument être accompagnée par des politiques publiques.» Le président Thein Sein, ex-général au pouvoir depuis 2011, s’était engagé auprès de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) à gouverner un pays «sans drogue» à l’horizon 2015. Une promesse illusoire.

 LIRE:

Guillaume Pajot Envoyé spécial à Kutkai et Rangoun (Birmanie

http://www.liberation.fr/planete/2016/02/16/kutkai-au-coeur-de-la-birmanie-gangrenee-par-les-drogues_1433810

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Par Philippe Broussard et Boris Thiolay, avec Henrique Valadares, publié le 16/10/2015 à 15:38


saisie-de-58-kilogrammes-d-heroine-a-djalalabad_5444535Saisie de 58 kilogrammes d’héroïne à Djalalabad, en novembre 2012. L’Afghanistan, à lui seul, produit 85% de la poudre consommée dans le monde. AFP PHOTO/Noorullah Shirzada

Des Etats-Unis à la Russie, cette drogue dérivée de l’opium fait des ravages. Comme au temps de la French Connection, l’Europe est touchée. L’Afghanistan inonde les marchés d’une poudre à bas prix, qui séduit de nouveaux clients. Un trafic dont filières mafieuses et terroristes tirent bénéfice.

Dès la sortie du métro, le parcours est balisé. Place du 8-Mai-1945, à côté de la mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des rabatteurs aiguillent le client potentiel. 300 mètres plus loin, les voies d’accès à la cité Cordon sont surveillées par les « choufs » (guetteurs), des mineurs en jogging et sweatshirt à capuche. Soudain, l’un d’eux hurle: « Pu! Pu! » Ce cri d’alerte – « Ça pue! » – signale l’arrivée d’une fourgonnette de police. A l’intérieur de la cité, les dealers remballent leur marchandise et les acheteurs s’éparpillent. Le business reprend dès que les flics ont tourné le dos. Pour se réapprovisionner, un vendeur va chercher des doses planquées dans le cimetière voisin.

« Une came disponible, parmi d’autres »

A l’image de la cité Cordon, une quinzaine de « fours » (points de vente) tournent à fond à Saint-Ouen, commune accolée aux XVIIe et XVIIIe arrondissements de Paris. Chaque jour, près de 2000 consommateurs – des jeunes banlieusards, des bobos, des salariés lambda – font leurs emplettes dans ce « supermarché de la drogue » à neuf stations de métro de la place de l’Etoile. La plupart d’entre eux sont là pour acheter de la résine de cannabis (10 euros la barrette de 2 grammes) ou de l’herbe (20 euros le sachet). Mais tous les types de stupéfiants sont en stock. Certains demandent de la « CC », la cocaïne, à 80 euros le gramme. D’autres cherchent « Hélène », alias H.: de l’héroïne. La plus dangereuse, la plus addictive des poudres. Moyennant 40 euros le gramme, Hélène arrive en quelques minutes…

Même tableau, trois stations de métro plus loin, à Saint-Denis: à deux pas de la basilique et du Stade de France, certains fours débitent des dizaines de grammes aux heures de pointe. 1 kilo a d’ailleurs été saisi, en avril, dans la cité Gabriel-Péri. « Il y a encore vingt ans, se défoncer à l’héro, c’était revendiquer une marginalité, des références culturelles: Baudelaire, William Burroughs, Lou Reed… explique Gérald, un musicien de 49 ans, dont quinze passés avec une seringue prête à l’emploi. Aujourd’hui, des jeunes consommateurs y arrivent presque par hasard, parfois sans le savoir. C’est une came disponible, parmi tant d’autres. » Lui-même continue, une ou deux fois par mois, de « chasser le dragon », technique consistant à inhaler la fumée libérée par la poudre chauffée sur une feuille d’aluminium.

Aux Etats-Unis, les autorités crient à l' »épidémie »

C’est ainsi: l’héroïne n’est pas seulement une drogue d’autrefois, estampillée années 1970, truands marseillais et French Connection. Ce film noir de 1972, ressorti en août dernier en version restaurée, renvoie à un temps lointain où elle se consommait avant tout par injection. Blanche ou brune, elle avait alors l’image d’une poudre tueuse de stars et de jeunes urbains plus ou moins marginalisés. L’émergence du sida, dans la décennie suivante, n’a fait qu’assombrir le tableau; l’héro et ses seringues sont apparues plus repoussantes encore, et nettement moins glamour, aux yeux des clients potentiels, qu’un sniff de cocaïne aux effets énergisants.

Cette époque-là est révolue. L’héroïne est bien de retour. Aux Etats-Unis, où les autorités crient à l' »épidémie ». En Russie, où le phénomène atteint des sommets. En Europe occidentale, où 1,3 million d’usagers dits « problématiques » sont recensés. En France, le nombre de personnes (11-75 ans) ayant expérimenté au moins une fois cette drogue dérivée de l’opium est passé de 500000 en 2010 à 600000 en 2014.

Prudent, le directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), François Beck, rappelle que la population concernée demeure très inférieure à celle des adeptes de la cocaïne. Il préfère souligner la hausse de la consommation de l’ensemble des produits opiacés, notamment les médicaments détournés de leur usage. Il n’empêche, et l’Observatoire le relève dans ses études, l’héroïne attire de nouveaux consommateurs, habitués à passer d’une drogue à l’autre. « Dans les milieux festifs, son usage est dédramatisé, confirme Agnès Cadet-Taïrou, spécialiste du sujet à l’OFDT. En général, elle est sniffée ou inhalée à chaud. Seuls les héroïnomanes plus anciens utilisent encore des seringues. »

Si l’héroïne inquiète tant, c’est aussi parce que, après une période de relative pénurie (2010-2012), elle revient en masse sur le marché, en France comme à l’étranger. D’après l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la production mondiale d’opium n’a jamais été aussi élevée depuis les années 1930. Les prix s’en ressentent, qui ne cessent de baisser. A Paris, il faut débourser entre 35 et 40 euros pour 1 gramme, c’est-à-dire de quoi faire trois ou quatre doses. A Amsterdam, au plus près des fournisseurs, le coût peut chuter à une dizaine d’euros. Idem aux Etats-Unis.

L’Afghanistan en surproduction

Toutes les régions productrices contribuent au phénomène. L’Asie du Sud-Est, avec son « triangle d’or » Birmanie-Laos-Thaïlande, alimente les marchés en « blanche » (la qualité supérieure) et profite du boom économique des pays voisins, la Chine en tête, où la demande est forte. Mais l’Afghanistan domine largement, en fournissant à lui seul 85% de l’héroïne consommée sur la planète. Sa spécialité: la brune, plus répandue et moins onéreuse que la blanche.

A l’origine, le pavot à opium avait pour fief la province du Badakhchan, dans le nord-est du pays. Mais, ces trente dernières années, sa production s’est développée ailleurs, au gré des conflits successifs. Résultat: l’héroïne est devenue le nerf de la guerre, voire un enjeu. « L’Afghanistan est entré en surproduction depuis l’invasion soviétique de 1979, témoigne Olivier Maguet, administrateur de Médecins du monde, qui a mené plusieurs missions à Kaboul. A l’époque, les Américains ont laissé les moudjahidines profiter du trafic pour financer leur lutte contre le communisme. » En une décennie, la production annuelle d’opium est ainsi passée de 250 à 1200 tonnes.

Après le retrait de l’armée soviétique et sept années de guerre civile, le régime radical des talibans (1996-2001) prend le relais. Comme dans toute transaction commerciale classique, il taxe le trafic à hauteur de 5 à 10%. En 2000, les « étudiants en religion » font mine d’interdire la culture du pavot afin d’amadouer la communauté internationale. En réalité, la production d’opium grimpe à 4600 tonnes par an. En 2001, l’intervention militaire de l’Otan contre Al-Qaeda et ses soutiens talibans n’inverse pas la tendance.

Certes, la CIA tente de faire pourrir sur pied les fleurs de pavot grâce à un champignon parasite, mais la manœuvre échoue. En 2007, sous la présidence de Hamid Karzaï, allié de l’Occident, l’Afghanistan établit même un nouveau record annuel: 8200 tonnes!

Afghanistan: l’équivalent des Yvelines planté de pavot

« Aujourd’hui, les profits tirés du trafic rapportent chaque année 3,5 milliards d’euros à l’économie locale, soit davantage que le budget de fonctionnement de l’Etat, estime Karim Pakzad, spécialiste de l’Afghanistan à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Que ce soient les représentants d’un pouvoir corrompu, les insurgés talibans ou les seigneurs de guerre locaux, aucune des parties en présence ne veut s’en priver. »

La machine de mort tourne donc à plein régime. Au détriment, d’abord, de la population: plus de 1 million d’Afghans sur 38 millions sont dépendants. Selon l’ONUDC, la superficie des champs de pavot a augmenté de 7% entre 2013 et 2014, pour atteindre 2254 kilomètres carrés, soit la taille du département des Yvelines. Dans les provinces du Sud et de l’Est, sous contrôle des talibans, ces derniers tirent du trafic entre 10% et 15% de leurs revenus. Cette année, la production pourrait de nouveau franchir la barre des 7000 tonnes. Sans oublier que le pays compte des centaines de laboratoires clandestins de raffinage – notamment à Kaboul – capables de livrer quelque 400tonnes d’héroïne très pure.

Et la tendance n’est pas près de s’inverser. « Les producteurs profitent des recherches en agronomie pour utiliser de nouvelles graines à haut rendement », prévient le commissaire Clément Vivès, responsable de la Mission de lutte anti-drogue (Milad) au ministère de l’Intérieur.

La multiplication des circuits d’exportation prouve combien ce business est mondialisé . Le trafic d’opium et d’héroïne produits en Afghanistan rapporterait chaque année près de 70 milliards d’euros aux divers cartels qui en contrôlent la production et la distribution. Au passage, des groupes terroristes prélèvent leur dîme, comme l’indique un ancien cadre de l’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA), Edward Follis, dans l’entretien qu’il a accordé à L’Express.

Aux Etats-Unis, les cartels mexicains qui raflent la mise

Aux Etats-Unis, où le nombre d’usagers a doublé en six ans, ce ne sont pas les djihadistes mais les cartels mexicains qui raflent la mise. Et à grande échelle… Une opération menée d’avril à juillet par les gardes-côtes américains a abouti à la saisie de 2 tonnes d’héroïne. Il a fallu pour cela intercepter une trentaine d’embarcations et deux… sous-marins! Pour les mafieux mexicains, tout est une question de stratégie commerciale, voire de marketing. Leur chiffre d’affaires concernant la cocaïne étant en baisse et celui du cannabis perturbé par sa légalisation dans certains Etats, ils ont misé sur le retour en grâce de l’héroïne.

Explication de Christopher Wilson, spécialiste du sujet au Centre de recherche Wilson à Washington: « La forte demande s’explique d’abord par l’abus de médicaments opiacés, prescrits pour des douleurs aiguës, tels que l’OxyContin. Les gens les utilisent de plus en plus et en deviennent dépendants. Mais comme cela revient très cher, ils se tournent vers l’héro, bien plus abordable. »

Les cartels ont flairé le filon et inondé le marché de poudre brune (chiva) et de « black tar » (« goudron noir »), héroïne surnommée ainsi parce qu’elle se présente sous forme de pâte visqueuse ou de caillou. Pour s’assurer des parts de marché face aux Colombiens et aux réseaux concurrents, ils n’ont pas hésité à agrandir les plantations de pavot, ouvrir des laboratoires non loin de la frontière, enrôler des chimistes, améliorer la qualité des produits…

« Ces organisations, structurées comme des entreprises, ont vite cerné le profil des clients, précise Christopher Wilson. Ceux-ci ne vivent plus seulement en zone urbaine. Il y a aussi des gens installés en milieu rural, dans des endroits épargnés auparavant. » De récentes études montrent que l’héroïne attire de jeunes Blancs de la classe moyenne, alors que, dans les années 1960 et 1970, plus de 80% des usagers venaient des quartiers noirs. Le sujet préoccupe tant le pays qu’il fait débat dans la précampagne pour l’élection présidentielle de 2016. La candidate démocrate Hillary Clinton s’est d’ores et déjà engagée à lancer un plan de lutte estimé à 10 milliards de dollars.

En France, en zone rurale, un commerce de proximité

En France, de telles études manquent. Mais une évolution sociologique des consommateurs semble également se dessiner. L' »héro », à l’évidence, séduit un public moins « trash » que par le passé. « Des poly-usagers, qui vont d’une drogue à une autre et pratiquent le sniff », résume le commissaire Matthieu Pittaco, de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS). « Le public concerné n’est plus le même qu’avant, confirme un intermittent du spectacle d’une quarantaine d’années, très au fait des pratiques dans le milieu alternatif. On est sorti de la caricature des junkies prêts à braquer pour une dose. Au tarif actuel de 35 euros, c’est abordable et facile d’accès.

A Paris, certains dealers, souvent originaires d’Afrique francophone, se déplacent à domicile sur un simple coup de fil. » Ce nouveau public, parmi lesquels des habitués du milieu techno, n’a pas toujours en mémoire les ravages d’autrefois ni la connaissance des usages liés à cette drogue très dangereuse. Certains feignent même d’ignorer qu’il s’agit d’héroïne (mot à consonance négative) pour la désigner sous le nom de « rabla » (« poudre » en arabe), mais aussi de « horse » (cheval) ou de « smack ». Ils en apprécient les effets planants et apaisants. « Elle aide à sortir en douceur d’une prise de coke à la suite d’une soirée, confie un habitué. C’est utilisé en phase d’atterrissage, comme un antidouleur surpuissant. Sauf que la dépendance vient vite, très vite… »

Selon la police, les réseaux du marché français ne sont pas comparables à ceux du cannabis ou de la cocaïne. En milieu rural, où le nombre d’usagers va crescendo, le deal s’apparente plutôt à un commerce de proximité. « Nous avons affaire à des acheteurs-revendeurs, poursuit Matthieu Pittaco. Ils vont aux Pays-Bas pour leurs besoins personnels, reviennent avec un peu de tout et vendent pour rentrer dans leurs frais, voire gagner un peu d’argent. Bref, c’est ce que nous appelons un trafic de fourmis. » D’après la Mission de lutte antidrogue, 99,4% des saisies effectuées en France sont inférieures à 5 kilos. En règle générale, il s’agit d’héroïne brune. La « blanche », destinée à une clientèle plus aisée, ne représente que de 5 à 10% de la consommation nationale.

L’émiettement du trafic s’accompagne de disparités régionales: l’héroïne est fortement présente dans le nord et l’est de la France, autrement dit à proximité des pays d’approvisionnement (Pays-Bas, Belgique, Allemagne), beaucoup moins dans le sud-ouest (Bordeaux, Toulouse), où les toxicomanes utilisent avant tout des médicaments opiacés. Autre constat: la drogue ne cesse de gagner en « pureté », c’est-à-dire en taux d’héroïne pure. Or, plus ce dernier est élevé, plus le risque d’overdose est grand. Surtout pour un public de consommateurs occasionnels, comme celui des rave parties et autres soirées techno, moins vigilant que les « anciens » face aux charmes mortels de l’éternelle « Hélène ».

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/alerte-a-l-heroine_1725138.html

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ELEVENTH MEETING OF HONLEA, EUROPE

PHOTO: http://diplomatie.belgium.be/fr/Newsroom/actualites/communiques_de_presse/affaires_etrangeres/2015/06/ni_220615_honlea.jsp

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BRUXELLES, 22 juin (Xinhua) — Les chefs des agences de lutte contre la drogue de la région européenne (HONLEA Europe) se sont réunis lundi à Bruxelles, capitale de la Belgique.

La réunion a été ouverte lundi matin par le ministre belge de la Justice Koen Geens, qui a souligné les efforts des parquets dans la lutte contre la production et le commerce de stupéfiants.

La réunion, qui rassemble une centaine de participants venus de la grande région européenne, prendra fin le jeudi 25 juin.

L’organisation de la réunion montre la « bonne » coopération entre les différents services administratifs chargés de la politique internationale en matière de drogue, a indiqué dans un communiqué le ministère belge des Affaires étrangères.

Le HONLEA (Heads of National Drug Law Enforcement Agencies) est un organe de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Cette organisation promeut la coopération internationale sur le plan des politique de lutte contre les stupéfiants et le crime organisé.

L’Organisation des Nations Unies reconnaît l’expertise belge dans la lutte contre la drogue, selon le communiqué.

source: http://french.xinhuanet.com/2015-06/23/c_134346875.htm

>>> COMMUNIQUE DE PRESSE (F/N/E) : La rencontre internationale des organismes nationaux de lutte contre la drogue commence à Bruxelles –
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ELEVENTH MEETING OF HONLEA, EUROPE

22 to 25 June 2015, Brussels, Belgium

The Eleventh meeting of the Heads of National Drug Law Enforcement Agencies (HONLEA), Europe will take place in Brussels, from 22-25 June 2015.

The meeting is expected to discuss the current situation with respect to regional and subregional cooperation, trends in drug trafficking as well as practical measures taken in the implementation of recommendations that were adopted by the Tenth HONLEA Europe meeting in 2013.

In addition, the meeting will include four working groups of an operational nature on a variety of the most pertinent issues to the region, including on Airport Communication Project, container control, NPS and money-laundering. To underscore the practical and operational nature of the Eleventh meeting of the HONLEA Europe, the Belgian authorities are also organizing a field visit to the Port of Antwerp, during which participants will be invited to address major challenges and effective responses to drug trafficking using sea containers and to share their experiences with national customs and federal police officers and representatives of the private sector.

            

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La culture mondiale d’opium a explosé pour atteindre son plus haut niveau depuis les années 1930, en raison d’une forte hausse des surfaces cultivées en Afghanistan, s’alarme l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans son rapport annuel publié ce jour. Ce phénomène se traduit par une nette hausse de la consommation d’héroïne dans le monde, des Etats-Unis à la Chine, alors que cette drogue avait connu un fort recul il y a une vingtaine d’années, note l’agence. La production d’opium, à partir duquel est fabriquée l’héroïne, a plus que doublé en deux ans pour atteindre 7554 tonnes en 2014, relève l’ONUDC.

Cette hausse est principalement imputable à l’Afghanistan, qui assure 85% de la production mondiale. Les cultures de pavot à opium y ont encore progressé de 7% l’an passé, à 224.000 hectares, alors que des pans de plus en plus importants du territoire échappent au contrôle du gouvernement central. Avec cette hausse, les surfaces cultivées de pavot ont atteint 310.900 hectares dans le monde en 2014, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis la fin des années 1930, s’inquiète l’Office.

L’impact de cette hausse de l’offre est notable pour les consommateurs en Asie, qui absorbe les deux tiers des produits opiacés dans le monde, ainsi qu’en Europe et aux Etats-Unis, souligne l’ONUDC. « Aux Etats-Unis, le nombre de décès liés à l’héroïne augmente, et des indices suggèrent que l’héroïne est présente en plus grande quantité et à meilleur marché », relève Angela Me, coordinatrice du rapport. Dans ce pays, le nombre de morts d’overdose liée à l’héroïne a bondi de près de 40% en deux ans à 8257 décès en 2014, du jamais vu ces dix dernières années, est-il noté.

Toutefois, la hausse mondiale du trafic de produits opiacés ne se traduit pas par une augmentation notable des volumes saisis, ce qui suggère que les trafiquants ont adapté leurs méthodes, s’inquiète l’ONUDC. L’agence observe ainsi que l’Afrique tend à devenir une nouvelle plaque tournante pour les opiacés, un phénomène déjà observé il y a une dizaine d’années pour la cocaïne. Au total, quelque 32,4 millions de personnes dans le monde font un usage illégale de produits opiacés, selon les calculs de l’Onu.

SOURCE: http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/06/26/97002-20150626FILWWW00082-la-production-d-opium-au-plus-haut.php

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« Les militaires maliens veulent reprendre leur place dans le business du trafic de drogue »
Par
(image utilisée juste a titre d`illustration) (image utilisée juste a titre d`illustration)

De notre envoyé spécial à Bamako.-

C’est un quartier moderne dans une ville ancienne, une zone triste dans une cité pleine de vie. De-ci, de-là, quelques structures de béton figées en pleine construction parmi des immeubles de verre flambant neufs. Le quartier d’ACI 2000 à Bamako, qui est sorti du sol, comme son nom l’indique, durant la première décennie du XXIe siècle, était censé refléter un Mali rayonnant et tourné vers l’avenir. Aujourd’hui, c’est une excroissance de la capitale, pseudo-moderne et invivable selon de nombreux habitants, remplie de projets inaboutis.
Inaboutis ?
Pas pour tout le monde car l’un des vilains secrets de l’édification de ce quartier est « qu’un certain nombre d’investisseurs, maliens ou étrangers, s’en sont servis pour blanchir de l’argent, quitte à laisser tomber les immeubles en cours de construction », explique Hamadou, un guide dogon qui a trouvé refuge en marge de l’ACI 2000 depuis que sa région natale n’attire plus les touristes qui craignent pour leur sécurité.

La crise malienne de 2012-2013, et les erreurs qui l’ont précédée, est multiforme : elle mêle l’usure des élites, l’aveuglement international, l’incompétence de l’armée nationale, le terrorisme islamique, l’effondrement de la Libye post-Kadhafi, le séparatisme touareg, etc. Mais l’un des aspects les moins évoqués, que l’on retrouve pourtant en toile de fond de tous les dysfonctionnements du Mali, touche à la question du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest. En 2012, le Mali était devenu une plaque tournante du transit de stupéfiants entre l’Amérique du Sud et l’Europe, et tout semble indiquer qu’il l’est redevenu aujourd’hui, selon la plupart des experts.

Un des bâtiments inachevés du quartier ACI 2000 de Bamako. Octobre 2014.Un des bâtiments inachevés du quartier ACI 2000 de Bamako. Octobre 2014. © Thomas Cantaloube

« L’opération Serval en 2013 (l’intervention militaire française visant à libérer le nord du Mali de l’emprise des djihadistes –ndlr) a détourné les routes du trafic de drogue vers les pays voisins pendant environ un an, explique Pierre Lapaque, le représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Mais aujourd’hui, les routes qui avaient été fermées en raison de la présence d’hélicoptères ou de patrouilles ont été rouvertes. » La principale différence est qu’auparavant, les trafiquants convoyaient un chargement d’une tonne, alors que désormais, ils préfèrent transporter dix fois 100 kilos « afin de ventiler les risques ».

L’histoire de la contrebande au Sahel n’est pas nouvelle puisqu’elle remonte aux VIIe et VIIIe siècles, et qu’il s’agit avant tout d’un « marché d’opportunité », comme disent les économistes.

Cigarettes, médicaments, migrants, armes…, tout transite par la bande sahélienne qui s’étend de la Mauritanie au Tchad. La drogue n’est qu’une marchandise parmi d’autres, sauf qu’elle est bien plus rentable (un multiple de 1 à 16 du producteur au consommateur, voir graphique ci-dessous), et que cette rentabilité démultiplie la corruption et la déstabilisation des États de la région, qui n’ont jamais été très solides.

Le Mali n’est que la dernière illustration de ce phénomène qui a pris de l’ampleur au début des années 2000. En 2009, l’exemple le plus emblématique, mais aussi le plus grossier, qui rivalise avec les histoires abracadabrantes de contrebande à la frontière américano-mexicaine, s’est déroulé près de la ville de Tarkint, non loin de Gao, au nord-est du Mali. C’est celui d’« Air Cocaïne », un Boeing 727 retrouvé incendié sur une piste de fortune en plein désert. Provenant du Venezuela, l’avion-cargo s’était posé sans encombre, mais n’avait pas pu redécoller. Il avait donc été brûlé par les équipes au sol, venues dans une noria de 4×4, qui avaient bien entendu pris soin de vider l’aéronef de son précieux contenu : plusieurs tonnes de cocaïne.

Evolution de la valeur de la cocaïne qui transite par l'Afrique en dollars US par kilo.Evolution de la valeur de la cocaïne qui transite par l’Afrique en dollars US par kilo. © WACD

« “Air Cocaïne” était une époque de gros transbordements, bien plus risqués. Aujourd’hui, les trafiquants morcèlent leurs cargaisons », raconte Pierre Lapaque. Cela évite également la publicité inhérente à ce genre d’affaires. Car un Boeing 727 crashé au milieu du désert, ça attire les curieux et les soupçons de connivence au plus haut niveau de l’État malien – ce que sous-entendaient très clairement plusieurs câbles de l’ambassade américaine à Bamako, révélés par Wikileaks (comme celui-ci). « On ne fait pas atterrir un Boeing dans le désert sans un minimum de complicités locales, affirme le chercheur Georges Berghezan, du groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP).

« Quel meilleur marché que l’Afrique en expansion ? »

Selon de nombreuses sources concordantes, diplomatiques et universitaires, une partie des élites maliennes sous ATT touchaient les bénéfices du trafic de drogue transitant par le pays. « Les militaires, en particulier, ont beaucoup trempé dans le trafic : soit en fermant les yeux, soit, parfois, en protégeant des convois, estime un chargé de mission malien d’une grande ambassade occidentale. Mais il y a également des civils : ce sont eux qui, parfois, versent des pots-de-vin pour franchir les frontières, fournissent des véhicules, etc. Ce sont également eux qui blanchissent l’argent, soit via des projets de développement locaux plus ou moins bidons (constructions de routes ou de puits) soit via des achats de parcelles ou de biens immobiliers, comme à ACI 2000. »

Selon l’analyste de la Brookings Institution Vanda Felbab-Brown citée par l’association Stop The Drug War, « les élites locales détournent déjà les profits du bois, du pétrole ou des diamants. La drogue est juste une ressource supplémentaire pour s’enrichir. On dit beaucoup que le trafic de stupéfiants a provoqué la fragilité et l’instabilité des États ouest-africains, mais je pense qu’il a surtout envenimé les problèmes, il ne les a pas provoqués ». L’effondrement de l’État malien, en 2012, et sa faiblesse actuelle ne peuvent être mis sur le compte du trafic de drogue. Mais il est évident que celui-ci joue un rôle non négligeable.

L’ONUDC estime le montant du trafic en Afrique de l’Ouest à environ un milliard de dollars (800 millions d’euros), dont à peu près 50 % sont blanchis dans la région. Cette somme excède le PNB de certaines nations, notamment celui de la Guinée-Bissau, un quasi narco-État, qui est le principal point d’entrée de la drogue dans la région. « Il y a un vrai risque d’impact sur le principe démocratique de ces pays et la gouvernance des États, s’alarme Pierre Lapaque, de l’ONUDC. Comment un petit fonctionnaire qui gagne quelques dizaines d’euros par mois peut-il résister à des pots-de-vin de plusieurs milliers d’euros ? »

Les routes du trafic de drogue passant par le Mali.Les routes du trafic de drogue passant par le Mali. © Global Initiative

La croissance du trafic dans toute l’Afrique de l’Ouest inquiète les autorités internationales, notamment parce qu’une partie de la drogue provenant de l’Amérique du Sud à destination de l’Europe reste désormais dans la région. Sur les 30 à 35 tonnes de cocaïne qui arrivent d’Amérique du Sud par bateau dans les ports de la région, ou par avion, des petits bi-moteurs qui atterrissent sur des pistes de brousse, environ 18 tonnes repartent en direction de l’Europe occidentale, par des voies terrestres qui remontent par le Mali, la Mauritanie, le Niger, l’Algérie, la Libye, le Tchad, le Soudan et l’Égypte. Le reste demeure sur place. « Une partie est stockée, afin de maintenir les stocks tendus et donc les prix, explique toujours Pierre Lapaque. Mais l’autre partie est vendue sur place, car les groupes criminels ont toujours besoin de nouveaux marchés. Or, quel meilleur marché que l’Afrique en expansion ? »

Au-delà de la cocaïne, qui reste chère, la vraie préoccupation concerne la méthamphétamine. Cette drogue est désormais produite dans la région (c’est la seule, avec le cannabis) à hauteur de 1 à 1,2 tonne, ce qui est beaucoup, sachant qu’il y a sept ou huit ans, aucune production n’existait encore. Même si elle est principalement exportée vers les marchés asiatiques, sa consommation se développe à grande vitesse en Afrique de l’Ouest en raison de son faible coût (selon l’ONUDC, un kilogramme, qui coûte 7 000 dollars à la sortie du laboratoire, se vend 15 000 dollars dans la région et 150 000 dollars au Japon !). Surtout, le plus inquiétant, est que les cartels criminels commencent à payer les intermédiaires en produit, à charge pour eux de le revendre. Cela obéit à la logique de création de marchés locaux, mais cela signifie que la drogue risque de devenir, en Afrique de l’Ouest, un problème.

« Les militaires maliens veulent reprendre leur place dans le business du trafic de drogue »

(..)

A suivre à Médiapart

Par Thomas Cantaloube

Source: Mediapart

SOURCE: http://malijet.com/actualite-politique-au-mali/flash-info/119788-le-mali-est-redevenu-une-zone-de-transit-du-trafic-de-drogues-en.html

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Lutte contre la drogue: hausse fulgurante des saisies de cannabis en dix ans (Office)

Les quantités de résine de cannabis saisies en Algérie ont enregistré une hausse vertigineuse durant les dix dernières années, atteignant plus de 614 tonnes durant la période allant de 2003 à 2013, selon l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT).

« Les quantités de résine de cannabis saisies en Algérie ont atteint 614 tonnes en dix ans, passant de plus de 8 tonnes en 2003 à plus de 211 tonnes en 2013, soit une augmentation estimée à plus de 2 500% », a déclaré à l’APS le directeur général par intérim de l’Office, Mohamed Benhalla.
Il a relevé que les chiffres démontrent une « hausse exponentielle » des quantités de résine de cannabis saisies provenant du Maroc ».

Selon le rapport de l’Office des Nations unies pour la drogue et le crime (ONUDC) pour l’année 2014, la superficie consacrée à la culture de cannabis au Maroc est estimée à 57.000 hectares contre 10.000 hectares en Afghanistan.
Ces chiffres viennent conforter le rapport élaboré par l’Observatoire européen de toxicomanie et de drogue, publié à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la drogue et le trafic illicite, le 26 juin 2014.
Selon ce rapport, le Maroc a maintenu sa place en tant que principal pays exportateur de résine de cannabis (hachich) vers les pays européens.

« En Algérie, les quantités de résine de cannabis saisies en 2004 ont dépassé 12 tonnes. Depuis 2008, ces quantités sont devenues de plus en plus importantes avec plus de 38 tonnes saisies, et en 2012 ces quantités ont dépassé 157 tonnes », a souligné M. Benhalla.

Les saisies « démontrent que d’importantes quantités de drogue sont déversées en Algérie, qui reste un pays de transit et fait l’objet d’un +drug bombing+ (bombardement de drogue) du Maroc », a-t-il précisé. Selon ce responsable, les quantités saisies en Algérie « ont augmenté de 20 fois depuis 2003, mais elles ne représentent que le 1/3 des quantités que font transiter les trafiquants vers d’autres pays ».

Il a affirmé que l’Algérie « n’a jamais cessé de soulever le problème du résine de cannabis sur la scène internationale, notamment au niveau de l’ONUDC, exprimant son inquiétude pour la santé des Algériens et l’évolution de la criminalité ».
« La résine de cannabis, qui est la drogue la plus consommée en Afrique, représente un danger réel pour les pays de ce continent dont l’Algérie », a-t-il averti, mettant en avant « les moyens humains, matériels et financiers mobilisés par l’Algérie dans le cadre de la politique de lutte » contre ce fléau.

« Cela pèse énormément sur le budget de l’Etat », a-t-il, toutefois, relevé.
Il  ajouté que toutes les quantités de drogue saisies sont détruites, conformément « au décret exécutif n°07-230 du 30 juillet fixant les modalités de prise en charge des plantes et substances saisies ou confisquées », dans le cadre à la loi sur la prévention et la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.

Lutte contre la drogue: hausse fulgurante des saisies de cannabis en dix ans (Office)

Les quantités de résine de cannabis saisies en Algérie ont enregistré une hausse vertigineuse durant les dix dernières années, atteignant plus de 614 tonnes durant la période allant de 2003 à 2013, selon l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT).

« Les quantités de résine de cannabis saisies en Algérie ont atteint 614 tonnes en dix ans, passant de plus de 8 tonnes en 2003 à plus de 211 tonnes en 2013, soit une augmentation estimée à plus de 2 500% », a déclaré à l’APS le directeur général par intérim de l’Office, Mohamed Benhalla.
Il a relevé que les chiffres démontrent une « hausse exponentielle » des quantités de résine de cannabis saisies provenant du Maroc ».

Selon le rapport de l’Office des Nations unies pour la drogue et le crime (ONUDC) pour l’année 2014, la superficie consacrée à la culture de cannabis au Maroc est estimée à 57.000 hectares contre 10.000 hectares en Afghanistan.
Ces chiffres viennent conforter le rapport élaboré par l’Observatoire européen de toxicomanie et de drogue, publié à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la drogue et le trafic illicite, le 26 juin 2014.
Selon ce rapport, le Maroc a maintenu sa place en tant que principal pays exportateur de résine de cannabis (hachich) vers les pays européens.

« En Algérie, les quantités de résine de cannabis saisies en 2004 ont dépassé 12 tonnes. Depuis 2008, ces quantités sont devenues de plus en plus importantes avec plus de 38 tonnes saisies, et en 2012 ces quantités ont dépassé 157 tonnes », a souligné M. Benhalla.

Les saisies « démontrent que d’importantes quantités de drogue sont déversées en Algérie, qui reste un pays de transit et fait l’objet d’un +drug bombing+ (bombardement de drogue) du Maroc », a-t-il précisé. Selon ce responsable, les quantités saisies en Algérie « ont augmenté de 20 fois depuis 2003, mais elles ne représentent que le 1/3 des quantités que font transiter les trafiquants vers d’autres pays ».

Il a affirmé que l’Algérie « n’a jamais cessé de soulever le problème du résine de cannabis sur la scène internationale, notamment au niveau de l’ONUDC, exprimant son inquiétude pour la santé des Algériens et l’évolution de la criminalité ».
« La résine de cannabis, qui est la drogue la plus consommée en Afrique, représente un danger réel pour les pays de ce continent dont l’Algérie », a-t-il averti, mettant en avant « les moyens humains, matériels et financiers mobilisés par l’Algérie dans le cadre de la politique de lutte » contre ce fléau.

« Cela pèse énormément sur le budget de l’Etat », a-t-il, toutefois, relevé.
Il  ajouté que toutes les quantités de drogue saisies sont détruites, conformément « au décret exécutif n°07-230 du 30 juillet fixant les modalités de prise en charge des plantes et substances saisies ou confisquées », dans le cadre à la loi sur la prévention et la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.

SOURCE: http://www.letempsdz.com/content/view/129391/1/

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Avec une production de 38 000 tonnes de cannabis, le Maroc reste le principal pays exportateur de cette drogue au niveau mondial, devançant l’Afghanistan, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan, a révélé un rapport de l’ONU sur les drogues en 2014.

Selon un rapport de l’Office des Nations unies pour la drogue et le crime (ONUDC) pour l’année 2014, la superficie consacrée à la culture de cannabis au Maroc est estimée à «57 000 hectares alors qu’elle avoisine les 10 000 hectares en Afghanistan». Ces chiffres viennent conforter le rapport élaboré par l’Observatoire européen de toxicomanie et de drogue pour l’année 2014 et publié à l’occasion de la Journée mondiale du lutte contre la drogue et le trafic illicite (26 juin).

Selon le document, le Maroc a maintenu sa place en tant que principal pays exportateur de résine de cannabis  vers les pays européens. Le royaume du Maroc constitue aux côtés de l’Afghanistan le plus grand exportateur de cannabis dans le monde notamment vers les marchés de l’Europe de l’Ouest et du Centre à travers les canaux de l’Espagne et du Portugal, a fait ressortir le rapport qui a concerné 30 Etats européens. 78 millions d’Européens âgés entre 15 et 64 ans ont déjà consommé du cannabis au moment où les autorités européennes ont saisi près de 700 tonnes de cannabis provenant essentiellement du Maroc et de l’Afghanistan.

Pour ce qui est du volet consommation de drogue, le document a démontré une stabilité des moyennes de consommation de drogue à travers le monde, soit un taux de 5% de la population mondiale (243 millions d’individus).

Par ailleurs, le nombre de toxicomanes s’élève à environ 27 millions d’individus, soit 0,6% de la population adulte dans le monde (1 sur 200 000 personnes). Selon le rapport, la production d’opium est en hausse en Afghanistan où se trouve la plus importante culture de pavot dans le monde. Ainsi la superficie cultivée a augmenté de 36% en passant de 154 000 hectares en 2012 à 209 hectares en 2013, tandis que la récolte a été estimée à 5 500 000 tonnes, soit 80% de la production mondiale d’opium.

La production mondiale d’héroïne en 2013 a, quant à elle, rebondi aux plus hauts niveaux par rapport à 2008 et 2011. L’Amérique, l’Océanie et certains pays européens et asiatiques ont enregistré une mutation des consommateurs d’héroïne vers les drogues de synthèse induite, en grande partie, par des prix plus bas et une facilité d’accès, a fait ressortir le document. Par contre, la disponibilité de cocaïne est en baisse dans le monde suite au recul de sa production en 2007.

Toutefois, la consommation de cocaïne reste importante en Amérique du Nord en dépit d’une baisse en 2006 tandis que la consommation et le trafic de cette drogue montent en flèche en Amérique du Sud, précise le rapport, selon lequel l’Afrique connaît une consommation émergente de la cocaïne ainsi que dans certains pays asiatiques grâce à l’amélioration du pouvoir d’achat. Il semblerait, selon le rapport, que la consommation de cannabis est en déclin au niveau mondial.

Même s’il est un peu prématuré d’assimiler les nouveaux cadres réglementaires qui autorisent la consommation de cannabis dans certains Etats américains et en Uruguay, il n’en demeure pas moins que nombreux sont ceux qui subissent des traitements suite aux troubles engendrés par la consommation de cette drogue dans la plupart des régions du monde, y compris en Amérique du Nord. Pour ce qui est des stimulants de méthamphétamine, les quantités saisies ont plus que doublé au niveau mondial entre 2010 et 2012 du fait d’une augmentation importante des laboratoires où est fabriqué ce type de drogues, notamment en Amérique du Nord et au Mexique.

144 tonnes de stimulants de méthamphétamine ont été saisies au niveau mondial, dont la moitié en Amérique du Nord et le quart à l’est et au sud-est de l’Asie. Selon le rapport, les nouvelles substances psychotropes illicites sur le marché mondial se sont multipliées à 348 substances entre 2009 et 2013, tandis que les nouvelles substances psychoactives non contrôlées sur le marché mondial ont été estimées, durant la même période, à 347 produits.

R. I.
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ONUDC

LIBREVILLE, 7 juillet (Xinhua) — Le représentant de l’Office des Nations Unies contre la drogue et les crimes (ONUDC), Ronan O’ Laoire, est arrivée lundi à Libreville pour une visite de travail, a-t-on appris de source officielle gabonaise.

Durant sa visite, M. O’Laoire aura un tête à tête avec le Premier ministre gabonais, Daniel Ona Ondo, et le ministre de l’ Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pacôme Moubelet Boubeya.

LIRE:http://french.xinhuanet.com/2014-07/08/c_133467238.htm

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MAROCSAHMarocRifCannabis

 

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Maroc et Afghanistan, premiers producteurs de drogue dans le mondeMalgré la baisse régulière et rapide des superficies sur lesquelles s’etend la culture de résine de cannabis, le Maroc reste le premier producteur mondial de celle-ci, relève le rapport 2014 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (l’ONUDC), présenté jeudi dernier à Hanoi au Vietnam.
Avec 38.000 tonnes de cannabis produits sur une superficie de 52.000 hectares en 2012, le Maroc continue à dominer un marché de 177 millions  de consommateurs de cannabis dans le monde, sous forme d’herbe ou de résine. Ce chiffre est situé, d’après ledit rapport,  au milieu d’une fourchette allant de 125 à 227 millions de consommateurs, soit entre 2,7 et 4,9% de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans.
Le rapport 2014 de l’ONUDC rapporte que plus de 170 millions de personnes consomment du cannabis dans le monde contre 17 millions pour la cocaïne. Le nombre  total de consommateurs est de 243 millions.
Malgré la diminution de la popularité de la résine de cannabis  en Europe, et le niveau important des saisies de résine et herbe de cannabis, le hachich continue de dominer le marché mondial  des drogues, révèle l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime qui a publié jeudi son rapport 2014.
LIRE:
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La culture du pavot à opium a fortement augmenté en 2013, essentiellement en Afghanistan, révèle l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime qui publie jeudi son rapport annuel.
L’Afghanistan, qui produit 80% de l’opium consommé dans le monde, a vu sa production bondir de 36% l’an passé, avec une surface cultivée de 296.720 hectares, soit « la plus étendue depuis 1998« , souligne l’ONUDC (voir le graphique dans le carrousel photo). Parallèlement, la culture de la cocaïne, essentiellement cultivée en Amérique Latine, reculait pour retrouver ses niveaux de 1989.
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