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Afficher l'image d'origine«La lutte contre le crime organisé est impossible sans opérations undercover»

Fausto Cattanéo

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Casquette de base-ball et lunettes de soleil sur la visière, Fausto Cattanéo, 58 ans, a repris sa tenue de commissaire de la police antidrogue suisse. Pendant plus de dix ans, le Suisse-Italien a enfilé les habits des «parrains» ­ Rolex en or, fringues de luxe italiennes, «bague à 55 000 francs suisses prêtée par un ami joaillier» ­ pour «traiter d’égal à égal» dans des palaces en Suisse, à Miami, Istanbul, Rio de Janeiro, avec langoustes, champagne à gogo et cigares cubains. Agent undercover (sous couverture), en opérations financées par l’Etat et contrôlées par la justice. Pour décapiter les mafias, le représentant masqué de la loi a dû s’acoquiner avec les hors-la-loi, pseudo- conseillers financiers ou avocats véreux, capables de blanchir des millions de narcodollars en Suisse.

Jusqu’au vertige!

Replié dans une modeste maison rose de la banlieue de Locarno (Suisse), le retraité du double jeu a accroché ses trophées : médailles et écussons des polices antidrogue américaine et européenne, «cravate en or» des carabiniers italiens, faux passeport au nom de Pierre Consoli, «mon oncle préféré», une photo de son pote «Sam» de la DEA (douanes américaines) et de «Consoli» enlacés devant un monticule de paquets bruns d’héroïne iranienne : «100 kilos! Ça vaut 4 millions de dollars», siffle l’agent. Une belle prise et un réseau démantelé, à l’issue d’une infiltration ponctuée de péripéties et de gages, de mensonges et d’improvisations.

Flic par hasard à 27 ans, ce fils de bûcheron et de cordon-bleu, surnommé «Tato» (le petit dernier de quatre enfants), a remisé ses «deux rêves de jeunesse», pilote d’avion ou cuisinier. Le voilà commissaire, agent de sécurité de la Swissair, «à côté du cockpit», bombardé chef du service antidrogue de Locarno en 1975. Contre son gré. «Je ne connaissais rien aux stupéfiants.» Mais le polyglotte (cinq langues) n’y a pas coupé. Ramasser les cadavres de toxicos lui a donné la rage et la «force» de s’attaquer aux filières via les blanchisseurs helvètes implantés à Lugano, grosse place financière qui brasse de l’argent sale, aux portes de l’Italie, à 50 kilomètres de Milan.

Afficher l'image d'origineA ses débuts, en 1980, un versement à Lugano de 6 millions de dollars de La Paz le met aux trousses de «Miss Bolivie» et d’un fils Suarez, puissante famille qui détient le monopole de la cocaïne. Le commissaire s’infiltre à Miami pour les tractations avec le fils Suarez, puis en Bolivie pour embarquer la marchandise. Sur une piste d’atterrissage aménagée à Cochabamba, «c’est l’équipe paramilitaire de Suarez, les Fiancés de la mort, des fascistes italiens, suisses et allemands dirigés par Klaus Barbie alias Altman, qui charge les 600 kilos de pâte de coca». Au procès, à Miami, Suarez Junior a pointé deux doigts en direction de Cattanéo et «a fait mine de tirer».

L’agent undercover qui s’éclipsait au moment des arrestations n’a jamais compris pourquoi la procureure Carla Del Ponte (aujourd’hui présidente du Tribunal pénal international) a versé au procès du fils de Pablo Escobar son «journal de bord d’infiltré» du cartel colombien, une pièce d’ordinaire confidentielle. Au risque de l’exposer. Trop «incontrôlable» et jusqu’au-boutiste aux yeux de la magistrate. L’ex-commissaire dénonce sa «frilosité» : «La lutte contre le crime organisé est impossible sans opérations undercover.» Avant d’atteindre Escobar junior, le flic a passé une année à manipuler son ambassadeur, Mario Calderón, à le «tenir en dépendance psychologique», à jouer sur son point faible, l’alcool, pour mieux le lui reprocher ­ «je ne veux pas travailler avec un type qui boit» ­, jusqu’à l’arrivage à Francfort de 390 kilos de coke cachés dans les doubles fonds de barils de bile de taureau destinés à l’industrie cosmétique.Afficher l'image d'origine

Sans protection de l’Etat, Fausto Cattanéo, qui n’a toujours pas d’adresse publique mais une boîte postale, reçoit encore des menaces des trafiquants. L’ex-agent se fait du mauvais sang, pas tellement pour sa grande carcasse ­ 1,80 m et 80 kg ­ mais pour sa blonde femme brésilienne, Isabel Maria, qui l’a aidé voilà dix ans à traquer les cartels de Rio de Janeiro lors de son ultime opération dite «Mato Grosso», sabordée par des magistrats helvètes. Une enquête «trop dérangeante» qui a révélé de sales pratiques de flics des stups français, brésiliens, suisses et italiens. En 1991, l’agent undercover s’est immiscé entre deux acheteurs, des Napolitains de la Camorra et les fournisseurs boliviens, par l’entregent d’un «chasseur de primes».

A Rio de Janeiro, il mise sur une livraison de cinq tonnes de cocaïne du Brésil en Europe, évoquée dans les conversations téléphoniques. Et tombe amoureux d’Isabel Maria, une vendeuse de bijoux, qui l’a démasqué : «Tu es agent secret, toi !» Elle l’aide ensuite à traduire les écoutes.

En janvier 1992, un commissaire de l’office des stups français (Ocrtis) se plaint de Cattanéo au ministère public fédéral suisse : «Trois chasseurs de primes ne veulent plus travailler avec lui car il fréquente une prostituée.» «Des ragots qui auraient dû être traités par le mépris», peste encore l’ex-flic. Or, ses supérieurs l’ont éjecté de l’opération Mato Grosso et relégué à l’Institut de criminologie de Lausanne. Il enrage, enquête, tombe sur une histoire de ripoux. Un indic lui balance une livraison à Nice de 50 kilos de cocaïne montés par des «collègues» des stups français et suisses, avec pour livreurs deux chasseurs de primes qui ont empoché les 800 000 dollars de la vente.

( FRANCE (OCTRIS année 1989): un grand cru pour Mario Le Corff)

Cattanéo trouve les preuves et les apporte au juge suisse chargé d’une enquête interne sur son cas. Il doit encaisser la riposte : «La presse et la rumeur ont colporté que j’avais enfilé les habits des trafiquants, quitté le commissariat pour entrer dans l’organisation criminelle… Ma mère de 82 ans et mon frère juge sont morts dans le doute.» En 1993, Cattanéo plonge dans une «dépression vertigineuse» et oscille au bord du suicide, face au lac Majeur, le doigt sur la détente de son calibre 9 de service. Broyé et ruiné, avec 350 francs suisses par mois, le flic pleure, impuissant, à des milliers de kilomètres d’Isabel Maria, menacée à Rio et qui se cache dans les favelas, «les endroits les plus malfamés mais les plus sûrs», pour échapper à ses tueurs. Il repart au Brésil, se marie et exfiltre sa belle à bord «d’un bus plein de contrebandiers», 3 000 km jusqu’à Asunción, au Paraguay.

Le 27 juin 1994, l’enquête interne démontre que Fausto Cattanéo a accompli sa mission «en toute légalité».

Réhabilité, le flic opte pour la retraite anticipée avec plein salaire, l’équivalent de 40 000 F par mois.

A Locarno, Isabel Maria tient une boutique de fringues et Fausto Cattanéo se dope au vélo tout-terrain, grimpe 20 km à flanc du mont Motti, pédale 10 000 bornes par an pour se «gonfler» et raconte tout dans un livre sur ses opérations undercover (1). «J’ai été envoyé au feu sans protection. Qui peut prétendre sortir indemne de ce grand jeu ? Pour être crédible, il faut jouer avec ses tripes», écrit le flic suisse, qui en veut à l’Etat de l’avoir laissé tomber. «On sort rarement intact de ce genre d’exercices schizophrènes.».Fausto-Cattaneo

photo MARC VANAPPELGHEM

(1) Fausto Cattanéo. Comment j’ai infiltré les cartels de la drogue. Editions Albin Michel.

Fausto Cattaneo en 8 dates

15 février 1943 : Naissance au village de Mecolcina, en Suisse italienne.

1969 : Ecole des commissaires de police.

1975 : Chef du service antidrogue de Locarno.

1988 : Représentant de la Suisse

à l’étranger pour les enquêtes sous couverture.

1992 : Conflit avec sa hiérarchie sur l’opération «Mato Grosso» au Brésil.

1992 : Envoyé à l’Institut de criminologie de Lausanne. Mariage avec la Brésilienne Isabel Maria.

1994 : Réhabilité par une enquête interne.

2001 : Livre sur ses opérations d’infiltration des cartels

http://www.liberation.fr/portrait/2001/03/10/une-vie-stupefiante_357355

LIRE aussi:

REMEMBER l'Opération COTUGRE et ses suites: Alessandro Troja a été tué le 17 octobre 1990C’est Alessandro Troja qui permit l’arrestation de Claudio Pasquale Locatelli avec 42 kilos de cocaïne dans le sud de la France par l’OCTRIS de Mario Le Corff.

 

http://marcfievet55.skyrock.com/3176736767-REMEMBER-l-Operation-COTUGRE-et-ses-suites-Alessandro-Troja-a-ete-tue.html

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Le 27 novembre 1993, le commissaire Fausto Cattaneo, responsable du Service « Informations sur la drogue » de la police suisse, transmet un rapport à toutes les autorités judiciaires suisses compétentes, dont Carla Del Ponte, rapport qui restera sans suites. Malheureusement…


Un rapport dont le contenu a été repris dans un livre intitulé « Comment j’ai infiltré les cartels de la drogue », paru chez Plon en 2001 (dont a également été tiré le film Dirty Money, l’infiltré), où le commissaire Fausto Cattaneo explique que dans le cadre de l’opération Mato Grosso, infiltré parmi les trafiquants de drogue brésiliens auprès de qui il se fait passer pour un avocat mafieux, l’un d’eux, un certain Juan Ripoll Mary, lui parle de l’empire économique et financier de Silvio Berlusconi, qui serait impliqué dans le blanchiment d’argent des narcotrafiquants…

Source: http://adscriptum.blogspot.fr/2010/09/liceberg-silvio-berlusconi-la-partie.html

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Par Augustin K. FODOU – 13/12/2014

Le Chef de la Cellule Aéroportuaire Anti-Trafics / Antenne de l’Office Central des stupéfiants a présenté à la presse ce vendredi 12 décembre, deux saisies sur une Sénégalaise et deux Nigérians.

Une jeune sénégalaise répondant au nom de Maguette Thiam a été arrêtée à l’aéroport international de Bamako-Sénou en début de semaine. Elle venait de Lomé via Addis Abeba à bord d’un vol d’Ethiopian Airlines et devait rallier Dakar par la voie terrestre. C’est grâce à la coopération entre la Cellule Aéroportuaire Anti-Trafics/Antenne de l’Office Central des stupéfiants (CAAT/AOCS) et les autres aéroports que la jeune dame a été interpellée et fouillée, a indiqué le capitaine Alhader Yoro Maïga, Chef de la CAAT/AOCS. « Au cours de la fouille, nous avons constaté que dans son sac à dos, il y avait un cartable et une doublure dans le croisement intérieur du sac. Après avoir déchiré la doublure, nous avons trouvé un premier paquet. Une autre plaque a été dissimulée dans le cartable que nous avons déchiré. Une analyse rapide a révélé une réaction à la cocaïne » a expliqué le capitaine Alhader Yoro Maïga. Les deux plaques pèsent 1.689kg.

© JDM

    Des capsules contenant de la cocaïne

La deuxième affaire concerne deux Nigérians, l’un en en provenance de Sao Paulo et l’autre de Rio de Janeiro. Tous deux ont transité par Lisbonne avant de débarquer à Bamako. A leur arrivée à l’aéroport vers 1h40, ils ont été ciblés et soumis à un test urinaire. Lors de l’interrogatoire, Obirefu et Adiegwa ont déclaré avoir avalé des capsules contenant de la cocaïne et pèsent entre 17 et 20g. Ils n’ont pas fini de faire ressortir toutes les capsules contenant de la cocaïne pure au moment où la saisie a été présentée à la presse qui en a dénombré une centaine. « C’est après l’enquête qu’on pourra peser le tout et donner le poids réel » a poursuivi le capitaine.
La jeune sénégalaise est actuellement à la disposition de la justice, les deux autres le seront, lorsque l’enquête préliminaire sera terminée.

Quelle est la destination finale des saisies ?
« Beaucoup s’interrogent sur la fiabilité des saisies. La lutte contre la drogue est une chaîne. Après l’interpellation, la justice fait son travail, les saisies sont mises sous scellé et envoyées à la direction de la pharmacie et du médicament pour destruction, mais d’abord un test d’échantillonnage est fait pour vérifier si c’est ce qui a été réellement saisi » a déclaré M. Kanouté, chargé de communication à la direction de l’office central des stupéfiants.

Pour plus d’efficacité, les agents demandent des meilleures conditions de travail notamment la motivation pour éviter la tentation, surtout que les saisies se font tout le temps. « Ceux qui sont dans la lutte contre les stupéfiants et leur famille sont exposés à tout, même au narcotrafiquant. Si le personnel est bien motivé, ça va les mettre à l’abri de beaucoup de choses » a souligné le capitaine. Actuellement le kilo de cocaïne sur le marché européen varie en 60 et 70 Millions de FCFA a ajouté le chef de la CAAT.

 http://www.journaldumali.com/article.php?aid=9532
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Tema de actualidad: Narcotráfico, amenaza global

La policía brasileña desarticula un grupo que introducía droga desde Bolivia y Paraguay

22:00 12/08/2014
Río de Janeiro, 12 ago (Nóvosti)

La policía federal brasileña desarticuló este martes un grupo de narcotraficantes que introducían droga y armas en autobuses y camiones a través de la frontera de Paraguay y de Bolivia, informaron fuentes oficiales.

La desarticulación fue posible gracias a una gran operación policial, denominada Urutau, que tuvo lugar en cinco estados del norte, centro-oeste, sur y sureste de Brasil al mismo tiempo.

Cuatro de los cinco estados en los que el grupo actuaba, Mato Grosso, Mato Grosso del Sur, Paraná y Rondonia, forman parte de la frontera occidental brasileña y limitan con Paraguay, Bolivia y Argentina, si bien este último país no albergaba la actividad de los narcotraficantes.

Según los datos difundidos por la policía, el grupo adquiría marihuana, cocaína y armas en la localidad de Umuarama, en estado de Paraná (sur) y después transportaba la mercancía en falsos fondos de autobuses y camiones para otros estados brasileños a través de la frontera con Paraguay y con Bolivia.

© RIA Novosti.

Posteriormente, la droga era transportada para los grandes núcleos urbanos de Brasil, especialmente Sao Paulo y Río de Janeiro, las dos grandes metrópolis del país suramericano.

Desde el inicio de las investigaciones, el pasado mes de marzo, tres personas residentes en Umuarama han sido detenidas durante el proceso de transporte de drogas, mientas que otras cuatro personas fueron arrestadas en diferentes localidades de los estados de Sao Paulo y Mato Grosso.

Las autoridades incautaron tres toneladas de marihuana, 401 kilos de cocaína, ocho de hachís, 321 balas y armas de diferente calibre, además de cinco vehículos que eran utilizados para el transporte de la droga.

En otra operación contra el tráfico de drogas, cerrada este martes por la Policía Federal en Río de Janeiro, los agentes incautaron 2,5 toneladas de marihuana y detuvieron a cinco personas.

Según fuentes policiales, la droga fue encontrada durante dos acciones diferentes desarrolladas de forma simultánea en la carretera que une Sao Paulo y Río de Janeiro, las dos ciudades más pobladas de Brasil.

source: http://sp.ria.ru/bilaterial_relations/20140812/161247170.html

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