Articles Tagués ‘Rodolphe Gintz’

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Depuis Jean Luc Vialla, en passant par Pierre Mathieu Duhamel, François Auvigne, le plus lâche, Alain Cadiou, François Mongin, Jérome Fournel, Hélène Crocquevielle et maintenant Rodolphe Gintz, les Directeurs généraux de la Douane française se succèdent sans qu’aucun d’entre eux n’ait eu le courage de traiter mon dossier, toujours inaccessible, puisque classé secret défense.

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Redécouverte d’une vieille connaissance au passage

A feuilleter les témoignages de l’époque, on a de quoi parfois se dire que c’est une histoire sans fin ce trafic, et que la quête au super-trafiquant passe parfois par de bien étranges pratiques.

Car à ma grande surprise, au détour du compte-rendu de l’opération Ballena Blanca en date du 13 mars 2010 (le raid de la police datant de 2005 on le rappelle), il y a donc dix années, voici ce que j’ai trouvé comme nom bien connu cité : « l’opération Ballena Blanca a été découverte en mars 2005 avec l’arrestation de cinquante personnes de nationalités différentes pour leur implication présumée dans un réseau qui aurait blanchi à Marbella plus de 250 millions d’euros et dont les ressources ont été mobilisées par 350 millions de personnes. et plus de 250 fermes.  La vérité est que, parmi toutes les accusations portées, la plupart ont été démis de leurs fonctions et 19 seulement ont été condamnés à des peines allant de trois ans d’emprisonnement à 15 ans d’emprisonnement pour le principal impliqué, Fernando del Valle. Différents accusés liés au cabinet d’avocats Fernando del Valle de Marbella seront assis sur le siège. Le bureau du procureur anticorruption accuse cet avocat, ses employés et ses clients de former un réseau de sociétés de criblage pour blanchir de l’argent obtenu illégalement et cacher les véritables propriétaires de cet héritage. Le ministère public estime que les fonds prétendument blanchis et placés dans un lieu sûr dans des paradis fiscaux s’élèvent à 12 millions d’euros.  

Le trafiquant franco-algérien Sofiane Hambli (ici à droite), qui siégera sur le banc, fait partie des clients de Del Valle. Del Valle fait face à une demande fiscale de 15 ans de prison et une amende de 37 millions d’euros ». Le même Hambli  écopera en 2011 de trois années de prison.  Oui, vous avez bien lu : en 2005, déjà, on avait repéré comme accusé d’un trafic en Espagne « l’un des plus grands trafiquants français de haschich du xxie siècle » selon Wikipedia qui le présente ainsi : « en juin 1997, alors âgé de 22 ans, Sofiane Hambli est l’un des principaux revendeurs d’un réseau fournissant en haschisch marocain la région alsacienne, il échappe aux gendarmes lors de l’opération « Paco68 » et se réfugie en Espagne. Il s’installe alors dans la ville andalouse de Marbella, circule en voitures de luxe et investit dans l’immobilier ».  

Voilà un jeune homme qui a démarré tôt dans le « métier » !!!  Arrêté en Espagne en 2002 et extradé en France, pour y être incarcéré, il avait vu sa peine bizarrement passer de 8 à 5 ans… pour ne même pas en profiter vraiment, puisqu’il avait réussi à s’évader l’année suivante de sa prison de Metz, pour être finalement repris en 2006… et pour en ressortir dès l’année suivante « ayant purgé sa peine de cinq ans » (?) selon sa biographie… puis de nouveau repartir en Espagne, et se refaire pincer en 2009 à…  à Puerto Banus !!!  Sidérant parcours !  Voilà un homme qui a de la suite dans les idées, en tout cas.  Ou la même obsession pour le même « métier » !!!

Tout une suite d’étranges arrestations-libération qui laissent plutôt pantois….

Le reste vous le savez, je suppose :  c’est lui qui est cité dans une drôle d’affaire d’informateur (c’est lui bien sûr) qui mouille depuis des mois maintenant François Thierry, le patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis).

Et quand je dis « mouiller » c’est une grosse fuite d’eau (ou de coke liquide ?) qui s’est répandue depuis, une affaire dont le blog de Marc Fievet (dont je ne saurais trop vous recommander la lecture) nous tient au courant régulièrement, car cela fait des années qu’il décrit ces manœuvres tortueuses qui ne sont pas à l’honneur de la République.

On a retrouvé par exemple dans les contacts de Thierry le fameux Chacal, celui des… GAL, on y revient (9) ! Mais Pour en rajouter encore, il faut savoir que malgré le fait qu’il ait été condamné en Espagne, il était bien revenu en France, pour se prendre treize années de prison, mais n’en faire…  que trois à Nancy (de 2011 à 2014 !!!) et se voir accorder le reste en semi-liberté en région parisienne.  Cerise sur le gâteau, son avocate d’alors s’appelait Anne-Claire Viethel, qui n’est autre que la femme de François Thierry…  Il ne fera en fait qu’un an de semi-liberté et s’est retrouvé libre en 2015  !!!  A part ça, il y en aurait encore pour dire que notre dealer ne serait pas informateur… Comme l’avait finement remarqué l’ami Fievet, quand le président François Hollande avait visité les locaux et qu’on lui avait montré les tonnes de hasch saisies en plein Paris… devant l’adresse de chez Hambli, il était bien le seul à sourire.  Tout le service derrière était livide.  La « découverte » des camionnettes de hasch (sept tonnes d’un coup !) fichant en l’air une opération douteuse de plusfaçon Thierry !  Hambli a été de nouveau arrêté en novembre 2018 dans un fast-food de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), alors que sous contrôle judiciaire, il n’avait pas le droit de quitter son luxueux appartement de Paris (avec piscine intérieure, c’est la photo du début de ce chapitre) !!!  Chez lui ça fait donc 22 ans que ça dure… dont au moins 12 au service de la police :  il est inscrit depuis 2007 au Bureau central des sources (BCS) qui gère les indicateurs !!!  Aurait-on trouvé un deuxième Neyret ?

SOURCE

(9) « Sa véritable identité est un des secrets les mieux gardés de la République. À la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) comme à la direction des enquêtes douanières, la plupart de ceux qui ont travaillé avec lui connaissent uniquement son surnom » explique Emmanuel Fansten. Il sait que le « Chacal » est né en 1952, d’origine algérienne, et a un faux nom : Alain David Benhamou.

Après avoir « fait ses armes à Cannes », il apparaît « dans les radars du crime organisé » dans les années 1980 avant de réussir à rejoindre l’Etat espagnol.  « En échange de leurs services, le Chacal et ses associés sont autorisés à organiser le trafic de drogue autour de Marbella, nouvelle capitale européenne de la came. La fin de la « guerre sale » et la disparition des GAL vont ouvrir une période de prospérité sur la Costa del Sol, où de nombreux truands français ont trouvé refuge » écrit Emmanuel Fansten. Avant d’indiquer que, dans les années 1990, le Chacal sera « recruté » par la Police judiciaire de Bordeaux, « redirigé » vers la Direction des enquêtes douanières puis vers le Siat, « la cellule qui chapeaute l’ensemble des indics et gère les infiltrés ».

Marc en sait beaucoup, sur le « Chacal »… je ne saurais que trop vous recommander la lecture de son blog.

LIRE plus: Le Chacal au service des services

Revoir le Trombinoscope des années 90: NARCOTRAFIC (Costa del Sol – GAL, Policia, Guardia civil): le trombinoscope des années 90

 

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Actuellement, en cette dernière semaine du procès « Air cocaïne », après le réquisitoire fleuve de l’avocat général Marc Gouton, les avocats des accusés vont tous se défoncer pour une issue la plus favorables possible pour tous.

Maitre Eric Dupond-Moretti, avocat de Pascal Fauret et Bruno Odos, a achevé sa plaidoirie par un: « Si vous n’acquittez pas ces deux hommes, c’est à désespérer de tout«  et Maitre Vey, d’ajouter à l’adresse de la cour: « Nous espérons que vous allez les acquitter  pas uniquement au bénéfice du doute , mais pour rétablir leur honneur, c’est important pour des militaires« .

Bravo! Effets de manche et trémolos dans la voix ont réussi à extirper des larmes des proches des pilotes…Mais en réalité, ce n’est pas le jugement qui sera prononcé contre tous ces hommes qui sera important. Pour l’exemple, peut-être, une fois encore, la justice massacrera des vies sans s’intéresser au laxisme des autorités en charge de la sécurité des Français et qui ne font pas le job.

La DNRED ne sait rien sur cette affaire ou ne souhaite pas s’exprimer et peut compter sur le mutisme professionnel de Corinne Cleostrate, l’OCRTIS, c’est pareil, d’ailleurs l’office a été dessaisi, les gendarmes ont fait ce qu’ils ont pu…et la DCRI, service pointu s’il en est un, ne sait pas non plus…Il est triste de constater que toutes ces agences de renseignements et d’enquêtes, filatures et autres écoutes en tous genres aient été incapables de fournir des éléments concrets aux magistrats de la cour d’assises spéciale.

Comment ces magistrats, professionnels du droit, certes, pourront-ils prononcer un jugement sur une affaire de narcotrafic avec une certitude absolue sans éléments de preuves irréfutables?

Comment…? Ah mais oui! Ce sera l’intime conviction!

Mais pensez-vous, lecteurs, que des leçons vont être tirés de cette affaire et qu’une vigilance accrue sera mise en place pour contrôler tous ces vols d’affaires? Que nenni! Bercy, actuellement est en train de casser la Douane en supprimant régulièrement des brigades et en diminuant les effectifs de celles encore maintenues.

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Bienvenue dans l’univers doré de l’aviation d’affaires! Prenons un exemple, à Cannes-Mandelieu, le manque de fonctionnaires est en tout cas criant.

Les trois douaniers en poste (contre cinq en 2012) doivent en priorité assurer un contrôle quotidien des bateaux qui arrivent au port de plaisance, situé à une vingtaine de minutes de l’aéroport. Résultat, le bureau des douanes est vide tous les jours de 10 heures à 16 heures. « Le type qui arrive avec des mallettes, il fait ce qu’il veut, résume Claude. Je dirais même que s’il s’intéresse un peu à notre fonctionnement, il sait exactement à quel moment il n’y a personne. »

Une note interne de la direction régionale des douanes confirme ce constat accablant.

Daté du 28 mars 2018, ce document, dont l’objet initial est d’évaluer l’impact futur du Brexit, relève que « l’effectif actuel de trois agents [à Cannes] n’est pas suffisant [et ne permet pas de] réaliser le moindre contrôle alors que l’on connaît la sensibilité de la Côte d’Azur pour certains trafics, notamment liés au blanchiment des capitaux ». Un effectif de douze agents, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui, « serait un minimum pour permettre une présence quotidienne », ajoute la note.

Gérald Darmanin, le ministre très réactif dés qu’il s’agit de se faire mousser des saisies douanières effectuées, est d’une discrétion absolue sur ce sujet.

Rodolphe Gintz, le DG de la Douane Française, qui est un twitteur confirmé, ne twitte pas à ce sujet et ne semble pas concerné par cette carence d’effectif. C’est Jérôme Fournel qui mène la danse et le démembrement!

Depuis quelques jours, des directives pleuvent sur DR et DI soumis et au panurgisme avéré, puisque suite au mouvement des douaniers, Rodolphe Gintz va jusqu’à faire surveiller les douaniers qui font des contrôles par des policiers avec l’aide de préfets de régions tout en donnant l’ordre de limiter les contrôles…Naturellement, avec la plus grande attention de Jérôme Fournel…Même qu’il y aurait eu des menaces de sanctions!

Sont-ils tous devenus fous et l’arrivage de la cocaïne et autres « marchandises »…sur l’hexagone ne semblent donc pas les émouvoir autrement ?

Pourtant l’aviation d’affaires est régulièrement dans le collimateur des renseignements, notamment pour le transport d’argent liquide aussi.

« Le passage de pognon en cash, malgré les transferts électroniques, ça reste une valeur sûre. Un avion privé, pour ça, c’est bonnard« , confirme un agent de la DNRED. Mais ce n’est pas tout. Selon un rapport d’Europol publié en 2011, y circulent aussi illégalement des « diamants, bijoux, drogue et armes à feu », et même des migrants, victimes du trafic d’êtres humains.

Interrogé en 2018, un porte-parole de la police européenne affirme que le phénomène est toujours en augmentation.

En France, tout baigne!

Ah! Mais bon sang, mais c’est bien sûr, j’avais oublié que désormais pour maintenir la fluidité de circulation des marchandises, la douane française a conçu une solution technologique innovante: la frontière intelligente.

Ouf, on est sauvé! Adieu BSI, BSE et autres SURV, l’avenir est dans la DATA!

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A Calais, des policiers sont affectés à la surveillance des douaniers …

Le commissaire divisionnaire de la CSP Dunkerque à informé les douaniers qu’un contrôle douanier constitue un trouble à l’ordre public…

Situation surréaliste décidée par Rodolphe Gintz, le Directeur Général de la Douane Française avec la bénédiction de Jérôme Fournel !

Faudra que l’on m’explique les raisons profondes qui ont poussé des gens considérés jusqu’alors comme intelligents et prévoyants  à prendre ce genre de décisions totalement invraisemblables.

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En France, on aime bien signer des protocoles…

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Signature du protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane

Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la justice, Annick Girardin, ministre des outre-mer, Christelle Dubos, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Laurent Nunez, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, ainsi que Rodolphe Gintz, directeur général des douanes et droits indirects, ont signé ce mercredi 27mars le protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane.

Ce protocole permettra de renforcer et mieux coordonner les efforts de ces acteurs dans la lutte contre ce fléau, tant en métropole qu’en Guyane.

Nicole Belloubet et Annick Girardin avaient annoncé lors de leur déplacement en Guyane un plan interministériel de lutte contre le trafic de cocaïne vers la métropole .

Le protocole, conjugué aux nouvelles dispositions légales récemment entrées en vigueur dans la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, va permettre de relever ce défi.

Il est le fruit d’un travail de concertation intense entre les différents ministères concernés.

C’est ainsi qu’aux termes de ce protocole, l’ensemble des parties prenantes s’engage :

En Guyane :

Premièrement, à renforcer les contrôles dès la frontière avec le Suriname. A cet égard, les effectifs de la brigade de recherche de Saint Laurent du Maroni seront renforcés dès cet été, passant de 18 à 22 militaires ;

Deuxièmement à intensifier les contrôles à l’aéroport de Cayenne en accentuant le ciblage des passeurs de drogue et en assurant un meilleur échange de renseignements entre les brigades des douanes de Cayenne et d’Orly.

Troisièmement à créer de nouvelles chambres d’hôpital à Cayenne, permettant de doubler le nombre des passeurs de drogue in corpore pris en charge, de 4 à 8 ;

Quatrièmement à reconduire les opérations de dissuasion renforcée aux abords de l’aéroport.

En Métropole :

Tout d’abord à renforcer la qualité du ciblage effectué par les agents des douanes pour affiner la détection des passeurs de drogue, y compris s’ils parviennent à échapper aux contrôles dans les aéroports ;

Ensuite à renforcer les effectifs douaniers permettant une intensification des contrôles des passeurs en provenance de Cayenne ;

Enfin à créer en septembre prochain une antenne de l’OCRTIS, office central de police judiciaire spécialisé dans la lutte contre les trafics de stupéfiants, à l’aéroport d’Orly, à l’instar de ce qui existe à Roissy.

En bout de chaîne, une politique pénale de fermeté sera mise en œuvre par les parquets de Cayenne et de Créteil en termes de poursuites et de réquisitions à l’audience.

Source

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FRANCE 🇫🇷 (DOUANE – DNRED – SNDJ): lettre ouverte à Gérald Darmanin

Publié: 24 mars 2019 par Marc Fievet dans Blanchiment, DG de la Douane française, DNRED, Douane française, INTERPOL, Justice, Narcotrafic INFOS, NS 55, Secret Defense, SERVICES FRANCAIS, Suisse, TRACFIN
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A Bercy, l’administrateur civil Thomas Charvet,  l’administrateur des douanes Michel Baron comme Elizabeth Melscoet de la DG de la Douane (DGDDI), certainement des grands spécialistes des actions d’infiltration à l’international, ont réécrit l’histoire en interprétant les actions que Marc Fievet a menées pour le compte de la DNRED, dans le seul but de dégager la Douane Française et la DNRED de toutes responsabilités.

Le ministre Michel Charasse qui avait promu ces actions n’a pas assumé le service après-vente comme l’ensemble de la hiérarchie douanière qui a terriblement souffert d’amnésie sélective!

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The international informant

Séphanie Gibaud, malgré le rôle décisif dans l’enquête sur la banque UBS 🇨🇭, n’a pu bénéficier ni du statut de lanceuse d’alerte, ni de la protection qui y est liée, ni d’aucune rétribution.

Comme Marc Fievet, aka NS 55 DNRED, malgré son rôle décisif dans des enquêtes durant 6 ans sur les organisations de narcotrafiquants, n’a pu bénéficier ni du statut de lanceur d’alerte, ni de la protection qui y est liée, ni d’aucune rétribution après avoir été incarcéré 3888 jours et malgré une décision de justice française établissant qu’il était un agent infiltré et non pas un trafiquant.

Il semble que le refus de prendre en compte les lanceurs d’alerte n’est pas une nouveauté pour ceux qui sont aux manettes.L’interprétation des faits pour le cas de Marc Fievet par l’administrateur des douanes, Michel Baron, qui ont permis au tribunal administratif de rejeter sa demande d’indemnisation…

Voir l’article original 1 082 mots de plus

DNRED 🇫🇷 (Douane française): la controverse, quand Christian Gatard contredit l’administrateur Michel Baron

Publié: 23 mars 2019 par Marc Fievet dans 36, Albanie, Allemagne, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, ASIE, Balkans, BAN, Belgique, Blanchiment, Canada, Canaries, CELTIC, Ceuta, Colombie, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, Espagne, EUROPE, Gendarmerie, GIBRALTAR, GRC - RCMP (Canada), Guardia Civil, HM Customs Excise (UK), INTERPOL, Italie, Justice, Maroc, Moyen-Orient, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, NS 55, OCEAN INDIEN, OCRTIS, Pakistan, Police, Policia, Saint-Martin, Santo Domingo, Sardaigne, Sénégal, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UAR, Venezuela
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Il y a le film et… la réalité!

« Gibraltar » : l’auteur du livre rétablit SA vérité.
lundi 3 février 2014 – 18h00
L’auteur du livre et protagoniste des faits qui ont inspiré le film « Gibraltar », écrit par Abdel Raouf Dafri et réalisé par Julien Leclercq, a tenu à répondre aux propos des deux hommes, tenus sur le site ALLOCINE.
© Mika Cotellon / SND 

Réponse de Marc Fiévet, suite à la polémique autour du tournage de Gibraltar, dans son intégralité :

« Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Marc Fievet, je suis l’homme qui a inspiré le film « GIBRALTAR » après la parution de mon livre « L’AVISEUR ».

Suite aux vidéos mises en ligne sur Allocine (celles d’Abdel Raouf Dafri et Julien Leclercq) et la controverse soulevée, j’estime nécessaire d’apporter quelques précisions supplémentaires sur le film produit par Dimitri Rassam et réalisé par Julien Leclercq, avec dans le rôle de Marc Duval, Gilles Lellouche, dans le rôle de l’officier recruteur des douanes françaises et agent traitant, Tahar Rahim et dans le rôle du narco Claudio Pasquale Locatelli – considéré comme le Copernic du narcotrafic mondial par Roberto Saviano dans son dernier livre Zero, zero, zero – Riccardo Scamarcio.Le  scénario initial tiré du livre « L’Aviseur » que j’ai écrit, et qui a inspiré l’écriture par Abdel Raouf Dafri, du scénario auquel j’ai participé et pour lequel j’ai signé un contrat de consultant, n’a pas été respecté par le réalisateur et ne correspond en rien à ce qui devait être tourné…

En effet comment aurais-je pu accepter d’être présenté comme ce Marc Duval, tenancier d’un « bar à tapas » de troisième zone, incapable de faire marcher son business et s’entêtant toutefois à garder un voilier qu’il n’était pas capable d’assumer financièrement ?

Comment aurais-je pu accepter que le réalisateur Julien Leclercq tourne des scènes qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de mon vécu ?

Comment aurais-je pu accepter de voir sali le rôle que j’ai joué auprès des autorités régaliennes et des opérations undercover des services de lutte contre le narcotrafic ?

J’ai rencontré le réalisateur Julien Leclercq pour la première fois lors de la projection privée à laquelle j’ai assisté, accompagné de mes avocats, le 15 juin 2013. Je lui ai immédiatement demandé pour quelles raisons la scène de ma rencontre avec le ministre Michel Charasse ne figurait pas dans le film (alors qu’elle se trouvait dans le scénario d’Abdel Raouf Dafri)? 

Après un bafouillage, il m’expliqua que c’était une question de coût !

Fichtre, tourner une scène dans un bureau avec un ventru à bretelles fumant le « Cohiba » aurait au moins démontré la volonté politique des actions d’infiltration. Mais c’était trop cher !!!

Ce sera l’unique rencontre que j’aurais eu avec ce « grand » professionnel.

Ce qui me navre, c’est que je suis présenté dans ce mauvais film comme un pauvre mec aux abois et pis encore, comme un mauvais agent d’infiltration. »

Pourtant, si l’on en croit les propos de :

Christian Gatard (le douanier joué par Tahar Rahim) a été interviewé par Ouest France le 7 octobre 2013:

« Marc Fiévet a été très productif et très professionnel en matière de renseignements. Il travaillait de manière rigoureuse avec une production dense, riche et intéressante sur les individus et les mouvements de bateaux. Il a rencontré plusieurs fois le ministre, Michel Charasse, et les Douanes lui ont même financé l’achat d’un restaurant à Estepona, près de Marbella.

Notre coopération opérationnelle a duré six ans et malheureusement il a été arrêté par les Britanniques, à la demande des Canadiens. »

À la question « Pourquoi a-t-il été arrêté ? » :
« Au fil du temps, il s’est infiltré dans les réseaux et a été, entre autre, en relation avec un gros baron de la drogue, Claudio Locatelli. Il a participé à de nombreuses opérations, notamment six tonnes de cocaïne au Canada. Bien que les Britanniques aient profité des renseignements de Marc Fievet, ils avaient une dent contre lui au sujet d’une livraison de cocaïne pour l’IRA qui n’avait pas eu lieu et ils l’ont « flingué ».
Grâce à lui, on les avait informés de cette livraison, ils étaient très intéressés, ils espéraient arrêter des membres de l’IRA et ont donné des instructions précises.
Marc Fievet devait attendre en pleine mer la livraison par avion, en provenance du Vénézuela. Mais, dans la zone concernée, les Américains ont procédé inopinément à des contrôles renforcés et le largage n’a donc pas eu lieu.
Après un mois d’attente, Marc Fievet est reparti et les Anglais ont été très désappointés.
Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le film de manière déformée. Après son arrestation, il n’a pas été soutenu par la France. Il aurait peut-être pu bénéficier d’une remise de peine suite à son rapatriement du Canada, deux ans après sa condamnation, mais le directeur général des douanes avait changé ainsi que le ministre. »

Que pensez-vous du film ?
« Il est assez violent. Heureusement, ces meurtres n’ont pas existé ! Il y a des invraisemblances. On me fait faire des contrôles en Espagne alors que c’est impossible. Il y a des choses aménagées par rapport à la réalité.
Je n’ai pas un mauvais rôle, mais le film ne retrace pas les nombreux échanges qu’on a eus avec Marc Fievet. J’ai toujours des contacts avec lui et une certaine admiration, car il fallait du courage pour faire ce qu’on lui demandait.L’angélisme et le milieu du renseignement sont deux mondes très éloignés. Depuis cette période, il y a eu de gros progrès technologiques mais le renseignement est toujours nécessaire. »

Interrogé à mon tour le 18 octobre 2013 par Ouest France

Comment avez-vous rencontré Christian Gatard ?
« J’étais en recherche d’emploi, il m’a contacté par téléphone puis nous nous sommes rencontrés à Gibraltar. J’ai accepté de travailler pour les douanes car c’était une activité d’observation dans laquelle je pensais pouvoir m’intégrer et obtenir des résultats. J’estimais que j’étais en capacité de donner le change afin d’éviter le danger et de pouvoir passer au travers des suspicions et de la paranoïa des narco-trafiquants.
Nous avions des résultats exceptionnels. Cela a bien marché jusqu’à un changement de politique en mars 1993. Nicolas Sarkozy devenu ministre du budget du gouvernement Balladur a donné pour directive de supprimer toutes les actions d’infiltration, mais moi, j’étais déjà infiltré dans l’organisation dirigée par Claudio Locatelli, baron de la drogue. Les responsables des douanes avec lesquels j’étais en relation ont été mutés.
À l’époque, je naviguais sur un bateau, financé à 50 % par les douanes françaises et pour le reste par des narco-trafiquants anglais. N’étant pas informé de cette nouvelle orientation politique, j’ai continué mon activité et fin juin, j’ai organisé à l’hôtel Meurice un rendez-vous avec deux financiers d’un trafic de quatre-vingts tonnes de cannabis. J’ai avisé Christian Gatard pour que soit mis en place un dispositif afin de les identifier. La direction parisienne de la DNRED et en particulier Joseph Le louarn ont refusé de mettre à disposition des hommes pour soutenir l’équipe nantaise et le dispositif a échoué. »

Quelles ont été vos relations avec Christian Gatard ?
« Christian Gatard me disait d’être prudent, mais j’étais axé sur la culture du résultat et infiltré à un niveau tel que je ne pouvais plus reculer. Je me suis retrouvé sous la coupe de Locatelli qui m’a mis à l’abri avec ma famille à un moment où j’étais menacé ; les douanes françaises que j’avais sollicitées m’avaient laissé tomber.
Christian Gatard a ensuite été muté à Marseille et a reçu l’ordre de ne plus suivre mon affaire. Il a cependant été sollicité par sa hiérarchie pour se rendre au Canada après mon arrestation pour me dire que je devais plaider coupable, que je serai après rapatrié en France et qu’on solliciterait une grâce présidentielle.
Quand je suis rentré, François Auvigne, le directeur général des douanes de l’époque, a refusé d’intervenir et d’assumer la continuité du service de l’Etat. De son côté, Michel Charasse, que j’avais rencontré cinq fois, n’est pas intervenu auprès de Jacques Chirac pour que je sois gracié. Ce sont eux les deux responsables.
Christian Gatard ne m’a pas laissé tomber, on a travaillé ensemble pendant six ans et je ne vois pas pourquoi je lui en voudrais. On se rencontre de temps en temps et c’est toujours un plaisir, même si cela provoque chez moi un retour d’adrénaline et me renvoie des années en arrière. »

Que pensez-vous du film Gibraltar ?
« Il ne reflète pas du tout la réalité, ce n’est pas mon histoire. Je passe pour une vieille tâche. On oublie les relations politiques, il n’y a plus d’adoubement. La chronologie n’est pas du tout respectée et (lors de la promo de sortie du film faite par Gilles Lellouche) Je suis présenté par les médias comme un narco-trafiquant repenti, ce qui est faux.
Au début, j’ai eu un contrat de coscénariste et j’ai participé aux quatre premiers scénarios (il y en a eu sept). Après j’ai été écarté et je n’ai plus eu de nouvelles. Je n’ai pas été approché par Julien Leclercq, le réalisateur, ni par Gilles Lellouche qui joue mon personnage. »

« Comment aurais-je pu approuver le rôle du personnage censé me représenter, tel que le joue Gilles Lelouche, alors même que ce dernier s’est refusé à toute rencontre avec moi, arguant du fait qu’il ne voulait pas être « subjugué » ou « déçu » ».

« Un acteur, pour moi, lorsqu’il joue le rôle d’un individu bien réel qui a inspiré un scénariste,  doit respecter le profil de celui qu’il incarne à l’écran. Et s’il a la chance que ce dernier soit vivant et qui plus est consultant sur le film, le minimum semble au moins qu’il accepte de passer quelques jours avec lui sur le tournage.

Au lieu de cela, et c’est Gilles Lellouche lui-même qui le précisera lors d’une interview le 7 septembre 2013 avec Charlotte Bouteloup (Télématin-France 2),  il réécrivait les dialogues et revoyait la mise en scène avec Tahar Rahim lors des soirées à l’hôtel, pendant le tournage en Andalousie. L’acteur a donc arrangé le scénario et les dialogues à sa façon, avec l’aval du prétendu réalisateur.

Dans ces conditions, les états d’âme de Gilles Lellouche sont surprenants.
Alors, pourquoi ce film qui ne représente en rien la réalité ? C’est la question que je me pose et que je pose à Dimitri Rassam ! »

Pourquoi avoir changé le scénario, le titre du film et le nom du personnage principal ?

« J’ai appris de la bouche même d’Abdel Raouf Dafri (qui le tient de Dimitri Rassam avec lequel il a eu une conversation téléphonique assez houleuse à ce sujet) que le changement de mon nom en Marc Duval venait d’informations transmises à SND (le distributeur du film) par un agent de la DST (La Direction de la Surveillance du territoire était un service de renseignements du ministère de l’Intérieur, au sein de la Direction générale de la Police)… Ce mystérieux agent aurait informé la société SND que je serais un individu sulfureux… Et qu’il valait mieux changer mon nom.

Dafri n’en a pas cru un mot, s’est brouillé définitivement avec le producteur et le réalisateur et a tourné le dos au film, 8 jours avant le début du tournage.

Personnellement, je pense qu’il vaut mieux en rire quand on sait que la DST n’existait déjà plus à l’époque de la mise en chantier du film, car remplacée par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) au 1er juillet 2008, et que la postface de mon livre, Infiltré, au coeur de la mafia, fut écrite par un ancien patron de la DST qui « connait la chanson »! »

En réalité, c’est Jérôme Fournel, le DG de la Douane française, qui a manipulé Rassam et la production, allant même jusqu’à s’en vanter auprès de Jean Paul Garcia, à l’époque à l’A2, un service de la DG.

Marc Fievet

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A VOIR EGALEMENT
Trop cher de montrer un acteur jouant le ministre Michel Charasse recevant Marc Duval!
Mais pourtant, Julien Leclercq va créer une scène pour y faire tourner sa compagne…Là ça ne devait sans doute rien couter…Mais ça n’apportait rien au film!
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Les explications du chef de la brigade des douanes de Saint-Laurent, Thierry Massonie-Rouane:

« Ce trafic concerne entre 4000 et 5000 jeunes personnes qui partent tous les ans pour la Métropole chargés avec de la cocaïne et qui en font, un peu, leur projet de vie également. On envisage ça comme une ressource perenne au lieu de travailler. On fait la mule et on va avoir un revenu régulier grâce à cela. »

Tout est bon pour faire passer la drogue en Europe ingérée dans l’estomac, cachée dans des soutiens-gorges ou dans de la nourriture.

De la cocaïne saisie à Saint Laurent mais surtout à l’aéroport avant d’embarquer vers Paris mais de plus en plus, les mules guyanaises sont arrêtées dans l’hexagone.

L’an dernier, 850 kilos ont été saisis de l’autre côté de l’Atlantique.

En Guyane, l’évolution des effectifs des services de contrôle n’a pas suivi l’explosion du trafic.

Dans l’ouest de la Guyane, les douaniers sont vingt-cinq pour surveiller plusieurs centaines de kilomètres de frontière fluviale sans moyen nautique. Il suffirait de remplacer quelques DR et DI et de réaffecter les sommes récupérées pour recruter et équiper cette frontière.

Il est vrai que la gabegie de Jérôme Fournel et Hélène Crocquevieille dans le remplacement des moyens aéronautiques douaniers a eu un coût énorme.

La Douane Française est devenue aujourd’hui une véritable armée mexicaine où les gradés sont devenus plus nombreux que les opérationnels.

A quand des BSCD (brigade de surveillance composée de directeurs) avec régulièrement la participation de Rodolphe Gintz.

Peut- être verra t-on enfin, alors, des moyens à la hauteur des tâches à accomplir!

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Hambli recruté, Hambli exploité mais Hambli libéré!

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L’homme faisait bander tous les hiérarques de l’OCRTIS et de la DNRED.

Son carnet d’adresse pouvait permette à tous ces planqués de se faire mousser auprès de ministres toujours trop contents de poser devant des saisies bidons mais spectaculaires.

Ces escrocs de la fonction publique n’ont aucun honneur et seuls, pour eux, compte l’esbroufe et le déroulement optimisé de la carrière.

Je viens de relire les dépositions des douaniers suite à la plainte que j’avais déposée…

Des tissus de mensonges et de demi vérités.

Le gars de l’IGPN qui était au stylo était un faible enquêteur pour ne pas relever les incohérences des dépositions tellement ressemblantes.

Vous êtes la honte de ces régaliennes que j’ai servies avec la plus grande loyauté.

Vous êtes des canailles institutionnelles, c’est le seul constat possible aujourd’hui !

Marc Fievet aka NS 55 DNRED

PS:

J’ai été maintenu plus de 10 longues années (3.888 jours) dans des geôles de 4 pays « dits civilisés » sans jamais obtenir ne serait-ce qu’une seule journée de sortie…
Les nombreux fonctionnaires de justice de « japerie » rencontrés m’ont permis de constater une totale incapacité pour prendre des décisions sensées en se planquant tous derrière le sacro-saint Dalloz!
J’ai également constaté l’attitude scélérate de François Auvigne, un dg de la douane française, à qui je dois plus de 75 mois de détention en France comme celle des administrateurs Thomas Charvet et Michel Baron spécialistes de la réinterprétation des faits.
Un seul viendra témoigner, c’est Jean Henri Hoguet, ex directeur de la DNRED, devant la cour d’appel qui devait juger la plainte pour diffamation déposée par le Ministre Michel Charasse contre moi!
« J’avais osé dire que le ministre m’avait lâché! »
Jean Henri Hoguet soulignera avec force le caractère scandaleux de ma présence en prison!Aujourd’hui, les dalloziens libèrent Sofiane Hambli qui doit apprécier une telle mansuétude!
Quel gâchis!
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Interpellé en Belgique après quatre mois de cavale, le trafiquant est rapatrié en France dans un hélicoptère du GIGN.

Dépaysée depuis à Bordeaux, l’enquête a du plomb dans l’aile.

En juin, la chambre de l’instruction a rendu un arrêt au vitriol, estimant que la procédure douanière ayant conduit à la saisie parisienne est entachée d’irrégularités.

L’enquête a en effet démontré que, contrairement à leurs premières déclarations, les douaniers «travaillaient» depuis longtemps sur Sophiane Hambli, sur fond de rivalités entre services.

Une demande de supplément d’information a été demandée avant d’examiner à nouveaux les requêtes en nullité, qui pourraient faire tomber toute la procédure.

Mais Sophiane Hambli est également mis en cause dans une autre enquête instruite par des magistrats lyonnais. Selon nos informations, il a récemment été placé en garde à vue dans cette procédure dite «Avoine», ouverte notamment pour«faux en écriture publique» et «association de malfaiteurs».

Une enquête qui vient de s’accélérer, avec la garde à vue, il y a deux semaines, de François Thierry et de deux hautes magistrates du parquet de Paris. Le dossier pourrait connaître de nouveaux rebondissements dans les prochaines semaines.

LIRE PLUS

https://www.liberation.fr/france/2018/10/24/affaire-des-stups-l-hallucinante-liberation-du-trafiquant-indic_1687622

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Des dallozziens de Nancy et Paris avaient arrangé une garde à vue fantôme dans une chambre de l’hôtel Mercure de Nanterre le 3 avril 2012 !

Aujourd’hui, les dalloziens de Bordeaux ont décidé qu’il était temps de remettre dehors Sofiane Hambli, trafiquant notoire, condamné à 14 ans de prison, qui s’était vu promettre une sérieuse remise de peine s’il acceptait de passer commande de plusieurs tonnes de cannabis à son ancien lieutenant, installé en Algérie.

Sofiane Hambli, l’informateur préféré de Françaois Thierry, donc de l’OCRTIS, avait pu téléphoner de sa cellule à Nancy, comme il le faisait régulièrement d’ailleurs ; si ce n’est que dans ce cas précis les agents de l’OCTRIS tenaient à être à ses côtés pour ne rien rater de la séquence et donner en temps réel leurs informations et ordre en Espagne.

D’où l’organisation de la fausse garde à vue.

La fausse garde à vue avait été prolongée, après l’intervention de Véronique Degermann , selon sa collègue de permanence le même jour. Mais pas de chance, Véronique Degermann a perdu la mémoire lorsque les bœufs-carottes de l’IGPN la mettent en garde à vue il y a quelques jours.

A Bordeaux, pas loin de la maison ENM, les dalloziens de la chambre de l’instruction n’ont pas encore dit s’ils décidaient de passer par pertes et profits la saisie d’octobre 2015 du Boulvard Exelmans….

Souvenez vous, même Michel Sapin avait trainé son copain François à la DNRED où seule Hélène Crocquevieille, la DG de la Douane française était là pour le recevoir accompagnée bien sûr de l’énarque du service,le directeur de la DOD Erwan Guillemin.

Jean Paul n’était pas là, retenu pour affaires familiales…Savait-il que la DOD allait taper 7 tonnes Bd Exelmans? Jean Paul faisait totale confiance à ses directeurs qui ne lui disaient pas tout! Lui, n’avait pas ses propres taupes auprès de chacun d’entre eux! Depuis, dans son immense sagesse, la DG l’a mis dans un placard comme chef d’un obscur poste à Bordeaux en attendant de connaitre les suites de sa mise en examen décidé par la juge d’instruction parisienne Aude Buresi pour « détournement de fonds publics par négligence« .

La liberté pour Sofiane

Comment ne pas être surpris de cette élargissement décidé par des dalloziens au sens de discernement limité à la seule lecture du Dalloz, la seule chose qu’il semblerait qu’on apprenne à l’ENM.

« L’Etat de droit, se gargarisent-ils à longueur de séances entre deux rires, de quelques remémorations de soirées entre-soit, de vacances passées entre-soit et du prochain mercato-dallozien! »

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Mais revenons à notre affaire de la « Française des Stups » qui défraie la chronique depuis de trop nombreuses années maintenant!

Quid de François Thierry, l’homme qui portait des valises et savait parler à l’oreille des narcos? Pour l’instant, il est toujours payé par les deniers publics!

Quid du magicien Erwan Guilleminn, responsable d’un tour de passe-passe assimilable à une dissimulation de preuves. Il a été mis en examen ? Aura-t-il le courage de démissionner? Mais non, entre énarques, on se soutient! Une promotion, c’est sûr!

Quid de Magalie Noël, la numéro trois de la DRD, le service de renseignement de la DNRED, qui a été mise en examen pour « complicité d’importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics ».?

Quid de Pascal Schmidt, le responsable de l’échelon DNRED du Havre, qui est poursuivi pour ainsi que pour « complicité d’importation et détention en bande organisée de marchandise contrefaite, escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics corruption passive, destruction de preuves et faux et usage de faux ».

Quid de Vincent Sauvalère, parti en 2014 à l’Office européen de lutte antifraude de Bruxelles, où il dirige l’unité « tabac et contrefaçons ». qui a été, en juillet dernier, la cible de deux perquisitions, à son bureau et à son domicile bruxellois! Il n’est plus à Bruxelles!

Quid du trop confiant Jean Paul Garcia, mis en examen pour « détournement de fonds publics par négligence »?

Quid de l’enregistrement de 2010 réalisé rue de Charonne par la DRD?

Quid des « douaniers encaisseurs » de Roissy aux magots établis en Andorre et ailleurs?

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L’agent infiltré NS 55 de la DNRED a été maintenu plus de dix ans en prison sans une seule journée de sortie.

Il a tout au long de ce chemin de croix à 23 stations-prisons rencontré de nombreux fonctionnaires de justice en Japerie incapables de prendre une décision sensée, se planquant tous derrière le sacro saint Dalloz.

Constaté également l’attitude scélérate de François Auvigne le DG de la Douane française comme des administrateurs Thomas et

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En France contemporaine, il est régulièrement précisé que l’on n’intervient jamais dans une affaire judiciaire en cours et qu’une fois la chose jugée, on ne s’autorise pas à commenter la décision des fonctionnaires de justice que sont les « dalloziens » magistrats.

Et pourtant!

Trop souvent, il m’est arrivé de constater que des décisions contradictoires émanant de juges indépendants que sont les juges d’instruction n’arrivaient pas à faire changer les décisions de jugement émises par certains dalloziens du siège.

Trop souvent, il m’est arrivé de constater que nos éminents dalloziens aimaient clôturer un dossier sans pour autant avoir personnellement réussi à se convaincre de la justesse des décisions qu’ils prenaient!

Trop souvent, j’ai constaté que dans les dossiers d’affaires importantes, les manipulations et autres petits arrangements dans le traitement ou l’interprétation des procès verbaux pouvaient transformer un innocent en coupable ou un coupable en innocent!

Trop souvent, je constate que nos grands pouvoirs de la société actuelle française que sont les sociétés du CAC 40 (ACCOR HOTELS, AIRBUS GROUP, AIR LIQUIDE, ARCELORMITTAL, ATOS, AXA, BNP PARIBAS, BOUYGUES, CAPGEMINI, CARREFOUR, CREDIT AGRICOLE, DANONE, ENGIE, ESSILOR INTERNATIONAL, KERING, LAFARGE HOLCIM, LEGRAND, L’ORÉAL, LVMH, MICHELIN, ORANGE, PERNOD RICARD, PSA GROUPE, PUBLICIS, RENAULT, SAFRAN, SAINT-GOBAIN, SANOFI, SCHNEIDER ELECTRIC, SOCIETE GENERALE, SODEXO, SOLVAY, STMICROELECTRONICS, TECHNIPFMC, TOTAL, UNIBAIL-RODAMCO, VALEO, VEOLIA ENVIRONNEMENT, VINCI, VIVENDI), les hauts fonctionnaires (ENA, EHESP, INET, Polytechnique, Science Po, MINES etc.etc qui font pour la plupart des allers-retours entre privé et public), les gouvernants (Ministres et secrétaires d’état), les parlementaires (députés et sénateurs), les forces régaliennes de maintien de l’ordre (Police, Gendarmerie, Douane et services spéciaux), la Justice (indépendante…) et les médias (pas franchement indépendants, mais parfois instrumentalisés par des magistrats), bénéficient tous de la possibilité de s’adjoindre un partenaire supplémentaire, dés que besoin, qui s’appelle Alzheimer. Ce dernier permettant des pirouettes procédurales dans les affaires sensibles que doit gérer la justice aujourd’hui et arranger la sauce pour qu’elle paraisse vraisemblable aux yeux du peuple!

Et reste toujours à disposition le « secret défense », l’arme fatale pour protéger les turpitudes de nos puissants!

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Mais revenons aux affaires DNRED et OCRTIS

Dans l’ affaire de l’OCRTIS, comme dans celle de la DNRED il est certain que des individus de chacun de ces grands services ont eu des comportements pour le moins inappropriés, voire crapuleux pour ne pas dire criminels dans la tache qu’ils étaient sensés accomplir.

Des sanctions auraient du tomber, mais trop souvent ce sont des promotions qui récompensent les incapables, les incompétents et même les déviants !

Pourtant, il me semble que les magistrats qui semblent découvrir aujourd’hui toutes ces irrégularités ont fait preuve de grande naïveté ou… de complaisance!

Par exemple, comment imaginer à la lecture des fiches et affaires conclues sur l’ensemble du territoire français voire à l’international, par la mise en œuvre de MYRMIDON, que nos magistrats ne savaient pas, ignoraient tout et que c’est grande découverte aujourd’hui des actions menées par l’OCRTIS de François Thierry qui n’étaient que la continuation des opérations menées par l’OCRTIS depuis les années 1980. C’était l’époque de Mario Le Corff. (Ces magistrats auront-ils à assumer une quelconque responsabilité? J’en doute!)

Toutes ces opérations ont été inspirées par les actions douanières de la DNRED lorsque ses agents se retrouvèrent à lutter contre les narcotrafiquants alors qu’ils faisaient surtout dans la poursuite des valises de fric.

A l’époque, il fallut donc inventer de nouvelles méthodes pour obtenir des résultats.  Ce qui était nouveau, c’était l’infiltration d’agents et Jean Henri Hoguet qui était aux manettes avait demandé et proposé une loi inspirée de ce qui se faisait aux USA. Le texte fut transmis par le ministre Michel Charasse au ministère de la justice, lequel répondit au bout de plusieurs mois que ce qui était demandé était… » anticonstitutionnel « …!!!

Un  investissement immobilier à Estepona en Espagne sensibilisa alors le Ministre Michel Charasse!

Jean Dominique Comolli, le DG  de la Douane française d’alors, savait, comme le Directeur du Trésor, comme toute la hiérarchie douanière. Oui, tous savaient! Mais… souffrirent d’amnésie lorsqu’ils furent questionnés!

Les flics, à l’époque, n’avaient pas hésité à utiliser des méthodes douteuses pour « saper » les actions douanières. Et il est savoureux de noter que lorsque les flics ont fait incarcérer six douaniers avec la complicité d’un juge d’instruction, Michel Charasse a pu faire voter à l’unanimité en 15 jours une loi autorisant l’infiltration, plus l’amnistie pour les douaniers.

Peu après, lors de la visite que Michel Charasse rendit à Marc Fievet à San Pedro d’Alcantara à l’Hotel Puente Romano, le ministre se confia longuement sur l’incapacité des juges à gérer et juger des situations d’actions spéciales des services de l’Etat.

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Des magistrats incapables du discernement nécessaire dés que l’on aborde des affaires de services spéciaux.

En effet, alors que les comportement individuels délictueux devraient être sanctionnés avec la plus grande sévérité, nos dalloziens préfèrent jeter l’anathème sur l’ensemble des services indispensables à la société actuelle totalement minée par la drogue et ses effets dévastateurs.

Qui laisse fuiter tous ces documents dans une presse avide de lecteurs pour mieux vendre sa publicité?

Qui jette le discrédit sur nos régaliennes entrainant, pour la sacro-sainte transparence, le merdier dans lequel vivent aujourd’hui nos fonctionnaires de la Police, de la Douane et les militaires de la Gendarmerie?

Qui, si ce ne sont que les décideurs dont les décisions ne peuvent être remises en cause!

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A Gérald Darmanin, ministre

A Rodolphe Gintz, directeur général de la Douane française

Pour info:

A Messieurs les administrateurs Thomas Charvet et Michel Baron, à l’inspecteur des finances François Auvigne, à Pierre Mathieu Duhamel, à l’inspecteur général d’HSBC François Mongin, au directeur du Budget Jérôme Fournel, à l’énarque Jean Dominique Comolli, à Nicolas Sarkozy, à Jean François Copé et à Michel Charasse.

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Paris, le 06 mars 2008
Monsieur le ministre,

Après avoir parcouru plus de 24 000 kilomètres à la rencontre des douaniers et personnels de la douane française, en visitant les écoles, les centres opérationnels et de très nombreuses directions aux quatre coins de l’Hexagone, j’ai alerté sur la question de la drogue dans notre société comme sur ma situation personnelle.

Adoubé et envoyé mener la guerre contre le narcotrafic en première ligne il y a presque vingt ans par votre prédécesseur Michel Charasse, et suite à ses propos tenus il y a quelques jours dans son fief de Puy-Guillaume – « Que la douane fasse son travail et que le ministre actuel fasse le sien ! Ce sont à eux d’agir !» -, il m’a semblé tout naturel de boucler ce tour de France en cherchant à vous rencontrer. C’est d’ici aussi que sont partis les ordres et les envoyés spéciaux pour venir me demander de cacher mon identité d’agent infiltré, faisant de moi un coupable idéal et à bon compte.

Voici trois jours que je suis devant votre ministère jour et nuit et vous n’avez pas estimé possible, ni intéressant ni opportun, de me recevoir malgré les sollicitations adressées à votre cabinet.

Démontreriez-vous par là votre mépris pour les agents de l’ombre sans lesquels vos services perdent toute efficacité dans la lutte contre la grande criminalité ?

Vous avez jugé préférable de m’ignorer, refusant par là-même de vous pencher sur mon dossier que vous pouvez, par votre position et votre intervention, enfin solutionner.

Je n’ose imaginer que la décision de justice de 2006 m’innocentant n’a aucune valeur à vos yeux… Faudrait-il encore que vous puissiez la consulter pour en apprécier la teneur.

Face à la superbe ignorance dans laquelle vous me laissez me débattre, vous ne vous étonnerez pas que je transforme ce courrier en lettre ouverte, en le transmettant aux médias qui n’ont cessé de dénoncer le caractère scandaleux et inique de ma situation.

Confronté à une montagne d’indifférence, c’est la seule solution que vous me laissez pour espérer que vous lirez ce courrier.

On ne choisit pas toujours les armes avec lesquelles on va au combat, Monsieur le Ministre.
Ce 6 mars, NS55 de la DNRED dépose à vos pieds les armes de cette dernière campagne.

Ce faisant, soyez assuré que je continue le combat.

Respectueusement.

Marc Fiévet, NS55 DNRED
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A ce jour, les ministres successifs n’ont rien fait
et
les DG de la Douane française préfèrent réécrire l’histoire plutôt
que d’assumer les actions menées, toutes souhaitées par le ministre Michel Charasse.
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« François Thierry a manipulé ma cliente Karine Roussi-Sabourin, alors vice procureur, plaide son avocat Frédéric Monneret, en lui faisant croire en 2012 que le trafiquant de drogue se trouvait en garde en vue et qu’il fallait la prolonger. »

Manipulation? Que nenni qui dit François!

Dans la foulée, François Thierry l’ancien taulier de l’OCRTIS mouille les plus hauts magistrats du parquet de Paris. Y compris François Molins, en soutenant qu’un « courrier du procureur est fallacieux« , un document dans lequel ce dernier affirme n’avoir jamais été informé de rien avant 2015, selon une révélation de Libération.

Cette accusation de l’ancien patron de l’OCRTIS est sans doute aussi l’une des causes de l’audition du procureur de Paris.

L’Express a demandé à François Molins s’il confirmait avoir été interrogé dans le cadre de cette information judiciaire pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture publique aggravé.

Voici sa réponse, qui illustre bien l’importance qu’il accorde à la question : « En application de l’article 11 du code de procédure pénale, seul le procureur de la République de Lyon est habilité à communiquer sur cette procédure. Le procureur de la République de Paris n’entend par conséquent faire aucun commentaire sur les investigations diligentées dans ce cadre. » Joint également par L’Express, le procureur de Lyon refuse de confirmer l’information.

PLUS

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Pourquoi l’IGPN n’interroge pas Corinne Cleostrate, l’actuelle directrice de la DNRED qui fut Cheffe de la division d’enquêtes spécialisée à la DED (direction des enquêtes douanières) de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) en 1994 – 1995.
Corinne Cléostrate fut ensuite directrice régionale, cheffe de la DRD (Direction du renseignement douanier), à la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) de 2008 à 2011.

Je n’imagine pas qu’étant responsable d’un service d’enquêtes et ensuite d’un service du renseignement au sein de la DNRED, Corinne Cleostrate ne soit au courant de rien concernant L’OCRTIS et ses pratiques inspirées des premières opérations douanières.

Qu’elle n’ait pas utilisé le 40 du CPP à sa disposition…Çela semble certain! Mais peut-être ne savait-elle pas?

LIRE aussi:

 

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Par Pierre Delval, illustré et commenté par Marc Fievet


François Mongin – DG de la Douane française de 2002 à 2007

La douane française évolue résolument avec son temps. Mais elle n’a probablement jamais connu de bouleversements aussi importants que depuis ces 20 dernières années. Historiquement, cette grande administration a toujours été une référence internationale et apporte, encore aujourd’hui, de véritables innovations réglementaires pour nombre de pays. Pourtant, elle ressort profondément meurtrie de 5 années de révision générale des politiques publiques.

En application des règles du marché commun, le territoire de l’Union constitue un territoire douanier unique. Ce sont les douaniers, aux points d’entrée, qui procèdent au contrôle des marchandises et qui perçoivent les droits de douane. Le trafic entrant sur le territoire de l’Union représente 16% de l’ensemble des importations mondiales et plus de deux milliards de tonnes de marchandises par an. Les transports de marchandises sont assurés pour 90% d’entre eux par la voie maritime. Pour le fret, bien qu’il n’en déplaise, les ports français ne sont pas l’essentiel des importations maritimes en Europe. Les principaux points d’entrée sont situés à Anvers et Rotterdam. Les douaniers français sont donc contraints de se remettre à la vigilance de leurs collègues européens.

Bien que les administrations douanières européennes doivent appliquer les mêmes normes réglementaires, la mise en œuvre de ces normes communes reste pour l’instant illusoire.

Seul un produit sur 10.000 est vérifié par les douanes avant d’entrer sur le territoire européen. Pire encore, seul le premier Etat membre en charge d’accueillir la première escale d’un navire sur le territoire de l’Union reçoit les données des marchandises.

A l’exception d’informations avérées suspectes, les données ne sont pas retransmises par ce premier Etat membre aux autres pays de l’UE concernés par les escales suivantes. La France n’étant pas le plus souvent l’escale d’entrée dans l’UE, sa douane a de grandes difficultés à cibler automatiquement les marchandises déchargées. Sans un effectif consolidé, la douane française est dans l’incapacité d’une surveillance systématique, malgré ses efforts sur l’amélioration des ciblages et la dématérialisation des bordereaux de détaxe de TVA. De même, la concurrence entre les différents ports européens accroît les impératifs de fluidité croissante du trafic. La rapidité de dédouanement devient un élément essentiel de la compétitivité des douanes européennes. Les exportateurs le savent et choisissent leur première escale en conséquence. Dans un tel contexte, à quoi sert le zèle d’un douanier si la performance du délai d’immobilisation d’une marchandise en douane doit être de moins de 5 minutes ?

L’efficacité de l’ICS démontre aussi ses limites, notamment sur le partage des profils de ciblage.

Pour les douanes belges et hollandaises, l’ICS est perçu comme un moyen d’espionner les flux et parts de marché des ports et aéroports les plus fréquentés ainsi que sur l’efficacité des moyens de contrôle. La Hollande, par exemple, défend le principe selon lequel l’important est le résultat des contrôles et non le nombre de contrôles effectués. D’où le faible taux de contrôle constaté de conteneurs, de l’ordre de 0,79% (contrôles physiques et par scanner). Avec de pareilles statistiques, le port de Rotterdam est particulièrement attractif, puisque peu pénalisant pour les opérateurs économiques !

La France, pour sa part, a développé la DSDT (déclaration sommaire de dépôt temporaire), un dispositif « sûreté et sécurité » renforcé construit autour d’une analyse de risque automatisée et d’éventuels contrôles sur toutes les marchandises arrivant par voie maritime ou aérienne dans l’hexagone. Mais, sans une parfaite coopération des douanes des autres Etats membres et le sérieux des opérateurs, la DSDT démontre elle aussi ses limites.

Jérôme Fournel (2)- DG de la Douane française de 2007 à 2013

En conséquence, malgré des transformations importantes conduites par la douane française au cours des 12 dernières années, et les difficultés occasionnées pour les personnels par ces transformations qui n’ont pas toujours été conduites dans de bonnes conditions de dialogue social, la douane française connaît aujourd’hui un tournant décisif pour son avenir, avec toutes les conséquences que cela pourrait engendrer.

En 2013, un emploi douanier disparaissait chaque jour, confirmant ainsi la réduction des effectifs de 22000 au début des années 80 à près de 16000 au début de l’année 2014. Sans le drame des attentats de Paris en 2015, les effectifs douaniers auraient continué leur dégraissage, inéluctablement, sans que les technocrates de l’Etat ne se posent sérieusement la question : qui est en première ligne pour filtrer les trafics de marchandises aux frontières, qu’ils soient licites ou illicites ? Le contexte du marché commun réduit en ce sens la portée réelle de la douane en France. Pourquoi ?

Dans un monde où la libre circulation des marchandises devient un vecteur essentiel de l’économie mondiale, la douane est perçue comme un frein au développement et non un atout pour la régulation et la richesse d’un pays. Comme indiqué précédemment avec l’exemple des Pays-Bas, pour renforcer l’attractivité de quelques plateformes de dédouanement (port et aéroport), certains Etats ont pris le parti de réduire sensiblement le nombre de contrôles, réduisant à leur tour le temps de passage en douane. Cette course à la performance a créé une concurrence malsaine entre les administrations douanières européennes, au détriment de la sécurité des Etats membres et de leur population ainsi que du commerce loyal des entreprises. Dans ce contexte, la France n’a pas eu d’autres choix que de suivre la tendance opérée par ses voisins, en mettant en place un projet stratégique de la douane (PSD) qui définit les conditions d’intervention de ses fonctionnaires à l’horizon 2018. Le PSD planifie, entre autre, une suppression d’effectif d’environ 400 agents par an, ayant pour objectifs saugrenus d’augmenter l’efficacité des services et de remplir les objectifs budgétaires pour la loi de finance 2014. Ces objectifs très technocratiques n’ont évidemment pas tenu compte des menaces criminelles et terroristes – pourtant déjà prévisibles, mais néanmoins volontairement ignorées – qui embrasent aujourd’hui l’Europe. Or, en la matière, la réalité des chiffres pour la période 2006 à 2012 démontre une vraie dégradation de la situation.

Selon les chiffres émanant directement des services douaniers, le nombre de contentieux à enjeux « lutte contre la fraude » sur la période 2011/2013 passe de 8831 contentieux à 6300, soit une baisse de 28,5%. Concernant les saisies de stupéfiants, on constate une baisse de 50% entre 2008 (65,7 tonnes) et 2012 (33,8 tonnes). Les saisies qui baissaient depuis 2010, se placent, pourtant, en 2014 à des niveaux élevés. Ainsi, la baisse des saisies constatée par la douane française démontre qu’elle n’est malheureusement pas liée à une baisse des consommations de stupéfiants, mais tout simplement impactée par une réduction des effectifs. Car il ne suffit pas de réorganiser et de spécialiser les services pour obtenir des résultats! Il convient aussi de maintenir la pression sur le terrain par des contrôles fréquents, en maintenant les irremplaçables expériences et intuitions qui prévalent dans le corps des contrôleurs des douanes. Sans un effectif adapté 24h sur 24 et 7 jours sur 7, la douane est incapable d’assurer le premier filtre de la sécurité en France.

Douanes 2018

Malgré les nombreux enjeux économiques et sécuritaires de ces prochaines années, la direction française de la douane (DGDDI) entreprend un vaste plan de modernisation « Douanes 2018 » défavorable au bon fonctionnement des contrôles douaniers: poursuite de la dématérialisation des procédures, tant fiscales que douanières, adaptation des moyens et de l’organisation de l’action douanière, allègement des contrôles pour les opérateurs offrant des garanties suffisantes et renforcement du dispositif de lutte contre la fraude. Cette modernisation, de prime abord, semble cohérente au vu de l’évolution du trafic mondial des marchandises et des impératifs européens. Mais elle n’est pas sans conséquences. A commencer par le principe de contrôler moins mais mieux, cher aux hollandais. Or, cette démarche ne peut être valable que si le corps des contrôleurs est sérieusement formé aux risques de demain, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Pour exemple, le décèlement précoce ne fait pas partie du programme de sensibilisation des douaniers. Leur capacité d’anticipation reste limitée, alors que les méthodes frauduleuses ne cessent d’évoluer.

En matière de cybercriminalité, la DGDDI a créé une Cyberdouane dotée d’une dizaine d’analystes. Or, depuis 2014, la France est passée du 15ème au 14ème rang mondial des pays où la cybercriminalité est la plus active avec une hausse de 25% sur un an. La vente en ligne de produits illicites augmente dans des proportions insoupçonnées.

En limitant l’effectif des analystes, la DGDDI n’a pas reconnu le niveau de priorité nécessaire. Ce n’est pas dix personnes, mais cinquante au minimum qu’il conviendrait dorénavant de mettre en place pour permettre à la douane d’identifier les personnes physiques ou morales dissimulées derrière des pseudonymes sur les sites de vente, de forums, de blogs et réseaux sociaux.

De même, sur le terrain, le traitement différencié des flux intracommunautaires impose des compétences dédiées en matière de fret postal ou express. Là encore, les douaniers ont besoin d’un renforcement des effectifs de contrôle, ainsi qu’une formation adaptée en matière d’analyse de risques, d’amélioration de la connaissance de la menace et d’orientation des contrôles a posteriori sur les flux.

Dans un tel contexte, le bouleversement des méthodes de travail douanières, dans une explosion mondialisée des flux de marchandises et dans un environnement criminel de plus en plus tendu, implique une refonte en profondeur des dispositions prises par les politiques. Ces derniers doivent en tirer toutes les conséquences en termes d’investissement dans les nouveaux moyens technologiques, dans le recrutement et la formation des agents. Dans un domaine aussi sensible que celui des ciblages et des analyses, la sous-estimation des dispositifs ne peut être acceptable, surtout en matière de financement du terrorisme et de développement des nouveaux commerces criminels.

L’Etat ne peut, par une simple règle de calculs dans les réductions des déficits budgétaires, procéder au dépouillement d’une administration indispensable à la sûreté de l’Etat et à la sécurité de ses concitoyens.

La France accuse un grand retard dans les capacités de contrôle de premier niveau, dans les ports comme dans les aéroports, dans la cybercriminalité comme dans le décèlement des signaux faibles. Il est plus qu’urgent de doter enfin une douane dite moderne d’outils adaptés face à l’ampleur du trafic qu’elle doit surveiller. D’autant qu’aujourd’hui, ses performances non contestables rapportent à l’Etat 15% de ses recettes.

Hélène Crocquevieille (2)- DG de la douane française de 2013 à 2017

Alors que les actes terroristes répétés de 2015 en France avaient amené le Président Hollande à annoncer la création de 1000 emplois dans la Douane, la DGDDI ne semble pas vouloir changer de cap et continue ses suppressions de bureaux et de brigades entraînant irrémédiablement une perte significative des effectifs (moins de 500 entre fin 2014 et début 2016).


La responsabilité de François Mongin, Jérôme Fournel et Hélène Crocquevieille est entière comme celle des cadres supérieurs de la DGDDI qui n’ont su que courber l’échine pour favoriser un déroulement parfait de carrière personnelle!


Que va faire Rodolphe Gintz, le nouveau DG de la Douane française depuis février 2017

Sachant que l’argent du trafic de drogue, de la contrefaçon et du blanchiment d’argent est l’une des principales sources de financement du terrorisme, et malgré les rapports détaillés en 2015 de la Cour des comptes et du Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale en faveur d’une réorganisation de la douane tout en maintenant, voire en renforçant ses effectifs, il semble difficile de comprendre l’entêtement de la DGDDI de poursuivre son « détricotage » acharné.

 

1http://www.douane.gouv.fr/articles/a12330-tout-savoir-sur-le-systeme-de-controle-des-importations-import-control-system-ics

2https://ns55dnred.wordpress.com/2017/02/12/douane-francaise-jerome-fournel-et-helene-crocquevieille-ont-jete-largent-du-contribuable-par-les-fenetres/

FRANCE (Anti-stups): les infiltrés seraient-ils condamnés à n’être que des mythomanes et des fusibles pour les hautes hiérarchies policière et douanière

Publié: 7 mars 2018 par Marc Fievet dans 36, AMERIQUE CENTRALE - CARAÏBE, AMERIQUE du NORD, BAN, Blanchiment, Canada, Cannabis - Hachis - Haschich, CELTIC, Cocaïne, DEA (USA), DG de la Douane française, DNRED, Douane française, EUROPE, Gendarmerie, GRC - RCMP (Canada), Guardia di Finanza (Italie), INTERPOL, Justice, MAFIA, NARCOTRAFIC, Narcotrafic INFOS, Narcotrafic maritime, NS 55, OCRTIS, Police, Saint-Martin, Secret Defense, SERVICES ANTI-DROGUES, SERVICES ESPAGNOLS, SERVICES FRANCAIS, SVA, TRACFIN, UK
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Article d’ Emmanuel Fansten , revu par Marc Fievet, AKA NS 55 DNRED

Hubert Avoine, 55 ans, est cet ancien infiltré qui en octobre 2015, date de sa première lettre au procureur de la République de Paris, François Molins, dénonçait les étranges méthodes de l’ OCRTIS (office central de la répression des trafics illicites) et de son ancien boss, François Thierry.

Il avait informé et précisé, ‘textos’ de François Thierry à l’appui, qu’il avait été mandaté, en avril 2012, pour garder une villa à Estepona, en Andalousie dans le sud de l’Espagne, où il avait constaté que des policiers avaient chargé et déchargé 19 tonnes de cannabis destinées au marché français. Pour cette mission, Hubert Avoine avait été payé 32 000 euros en billets usagés, sans le moindre reçu.

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Mais d’où vient ce cash?

De la trésorerie générale ou de la vente de stups?

Décidément c’est une habitude chez nos régaliens, j’ai en mémoire le cash en livres sterling (billets usagés) anglaises qu’avait remis à mon épouse le divisionnaire de la douane française Hervé Maignier de l’échelon de Nantes, venu spécialement à Malaga pour lui remettre dans un parking en sous-sol de l’aéroport…pour « faciliter » mon plaidoyer de culpabilité au Canada.        Marc Fievet

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Après le premier témoignage d’Hubert Avoine dans le journal Libération, sous pseudo, au printemps 2016, plusieurs pontes de la PJ avaient d’abord laissé entendre en off que l’ancien infiltré était un mythomane, la police ne trempant pas dans ce genre de magouilles.

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Marc Fievet avait aussi été traité de mythomane par certains hauts fonctionnaires de Bercy et de la DG de la Douane française, qui n’ont pas hésité à refuser le témoignage de son officier traitant Christian Gatard dans toutes les réponses produites par Thomas Charvet, administrateur civil et Michel Baron, administrateur des douanes. Dans ce témoignage destiné à être produit en justice Christian Gatard, l’ancien chef d’Echelon de la DNRED à Nantes écrivait:

« Officier traitant de Marc Fievet de 1988 à 1994, j’atteste de l’exactitude des faits relatés de son action au sein de l’organisation LOCATELLI. Je certifie l’exactitude des éléments et des faits pour en avoir été le témoin ou en avoir été informé en ma qualité d’officier traitant de Marc Fievet durant cette période. Je tiens à ajouter que Marc Fievet a toujours fait preuve de la plus grande loyauté à l’égard des douanes françaises notamment dans le cadre de son infiltration au sein de l’organisation LOCATELLI qui l’a exposé à de très nombreux dangers.« 

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Depuis, le commissaire François Thierry a été mis en examen pour «complicité de trafic de stupéfiants» et la procédure distincte basée sur les révélations d’Avoine, dépaysée à Lyon, inquiète au plus haut niveau. Pour preuve, cette écoute téléphonique versée au dossier judiciaire, qui relate une conversation enregistrée le 23 août 2017, la veille de l’audition fatidique du commissaire Thierry.

C’est le magistrat Patrick Laberche (ici en photo avec François Hollande), ancien procureur à la section antiterroriste du parquet de Paris, bras droit du patron des Stups, qui contacte un certain Rick, le correspondant auprès de l’office de la DEA, l’agence antidrogue américaine.

«Salut Rick, ça va ? attaque Laberche. Tu as le bonjour de François.

Il va bien ?

Oui, ça va. On a discuté beaucoup hier soir. Euh… Ouais, il a l’air assez offensif, assez combatif. […] Il est prévu qu’il soit entendu jeudi par le juge d’instruction […].

Ouais.

Voilà, donc je lui ai donné le document que tu m’as transmis mais c’est pas pour qu’il le remette, hein, parce qu’il a bien compris que, euh, c’était un truc qui devait rester confidentiel comme tu l’avais écrit, mais c’est pour constituer ses dossiers, si tu veux, pour faire un panorama de tous les dossiers de manière un peu exhaustive dans sa tête, quoi.»

Quel est donc ce document confidentiel ?

Transmis par les Américains pour « étoffer » la défense de François Thierry, ce document auquel la justice ne semble pas avoir eu accès semble très sensible puisqu’il apparait clairement qu’Hubert Avoine a également travaillé pour le compte du département américain de la Justice, comme en attestent des documents authentifiés par Libération.

Barbouzes

Cette collaboration fait d’ailleurs l’objet d’une question sibylline de Patrick Laberche au cours de la même conversation. «Dans le dossier Avoine, comme… ça n’a pas changé, la situation a pas changé par rapport à ce qu’on avait dit il y a quelque temps, hein ? Tu te souviens ?» s’enquiert le bras droit du patron des Stups auprès de son interlocuteur. «Je peux te dire entre nous qu’Avoine a travaillé pour le FBI, pas pour la DEA, OK ? Il aurait dû savoir la différence», rétorque le dénommé Rick.

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En 1994, Marc Fievet rencontrait régulièrement David May du bureau DEA de Paris. Ce fonctionnaire lui avait remis 10.000 US dollars en billets usagers pour défraiement d’une mission à Saint Martin aux Caraïbes, mais s’est opposé à tous témoignages réclamés par la justice…

Quelle était la provenance de ces liasses de petites coupures remises en présence du douanier Jo Lesquert, adjoint de Christian Gatard, dans les locaux de l’Ambassade américaine?

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Une distinction fondamentale aux yeux des Américains : alors que la DEA n’hésite pas à recourir à des barbouzes pour certaines de ses missions, le FBI agit dans un cadre juridique beaucoup plus strict, sous le contrôle étroit du département de la Justice.

Un nouveau front qui pourrait pousser les magistrats français à se rapprocher de leurs homologues américains.

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Flics contre juges, les stups en plein bad trip

Par Pascal Ceaux et Anne Vidalie, publié le

De fortes tensions opposent policiers et magistrats sur les méthodes de lutte contre le trafic de drogue. Entre les uns et les autres, la défiance est à son comble.

Récit de l’intérieur.

Il n’est pas près d’oublier ce jour-là. Dans les bureaux de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) à Nanterre (Hauts-de-Seine), la colère a éclaté avec la violence d’un orage trop longtemps contenu.

« Le mouvement a été spontané, raconte ce policier qui préfère garder l’anonymat. On s’est réunis. On avait le sentiment de n’être soutenus ni par le ministère, ni par la direction de la police judiciaire. On s’est dit, puisqu’ils ne veulent pas prendre notre défense, on va faire quelque chose de marquant. »

C’est ainsi que les quelque 70 enquêteurs de l’Office ont décidé, lundi 16 octobre, le dépôt des armes pour la durée d’une semaine. Certains ont pris des vacances. D’autres ont eu recours au congé maladie, ou ont tout simplement levé le pied, au risque de paralyser la chasse aux trafiquants de drogue.

L’OCRTIS se débat depuis des mois dans les rets de plusieurs procédures judiciaires qui ont déjà coûté son poste au charismatique patron du service, François Thierry. Au début d’octobre vient le tour de l’un de ses adjoints, le commissaire Stéphane L., et celui d’un chef de groupe, tous deux mis en examen pour « complicité de trafic de stupéfiants ».

Entre policiers et magistrats, le duel s’envenime

« A ce moment-là, on s’est dit que cela pouvait arriver à n’importe lequel d’entre nous », reprend le policier. La popularité, au sein de l’Office, du commissaire cible des juges ne fait qu’attiser le mécontentement. Stéphane L. est réputé pour son courage sur le terrain. En 2000, il a été grièvement blessé lors d’une interpellation à Argenteuil (Val-d’Oise). Une balle de fusil l’a atteint au thorax, malgré son gilet pare-balles.

Flics contre juges. Le duel est presque aussi vieux que le monde et ses trafics. Sauf que, cette fois, entre police et justice, le conflit s’envenime. Un combat âpre et silencieux, loin des caméras et des micros. D’un côté, les policiers de l’Office des stups, en poste à Nanterre ou à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, qui luttent au quotidien contre les trafiquants de drogue. « Et qui restent plus motivés que jamais », insiste l’un d’eux.

De l’autre côté, les 16 magistrats de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris (l’une des huit « Jirs » de France), experts de la criminalité organisée et de la grande délinquance financière. Entre les uns et les autres, la défiance est à son comble.

« Quelques juges d’instruction, propolice, nous soutiennent, nuance un fonctionnaire de l’Office. Mais d’autres pensent que nous sommes borderline et n’ont qu’une idée en tête: casser nos méthodes. Leur éthique est heurtée, car ils pensent que nos indicateurs, impliqués dans la logistique des livraisons de drogue sur lesquelles ils nous informent, tirent un bénéfice de ces opérations! »

Dans l’environnement de la Jirs de Paris, ce classement insidieux entre bons et mauvais indigne. Il n’est, dit-on, rien d’autre qu’une « stratégie de défense » et ne correspond en rien à la réalité. « Quand des policiers dérapent, précise une source anonyme, j’espère qu’il y aura toujours des juges pour les sanctionner. »

« Les pratiques de l’OCRTIS sont contraires à l’esprit de la loi »

Un magistrat instructeur naguère en poste à la Jirs soutient ses anciens collègues: « Ils répugnent à annuler des procédures, car ils ne veulent pas casser le moral des policiers et mettre à terre leur travail. Mais ce qui est inacceptable, c’est qu’on essaie, parfois, de nous enfumer en passant sous silence le rôle trouble d’un informateur. »

Un magistrat spécialisé, en poste en province, ne retient pas ses mots: « Les pratiques de l’OCRTIS sont contraires à l’esprit de la loi », tranche-t-il. Visée, entre autres, l’enquête ouverte à Créteil (Val-de-Marne) qui empoisonne l’ex-numéro 3 de l’Office, Stéphane L., et un officier. En mars 2014, le commissaire L. et son groupe saisissent 132 kilos de cocaïne à l’aéroport d’Orly. Mais, très vite, les juges d’instruction soupçonnent les policiers d’avoir initié ce trafic avec l’aide de deux indicateurs, pour mieux démanteler le réseau à l’oeuvre. Ce que la loi interdit expressément.

Sur le procès-verbal, les deux « tontons » accablent les fonctionnaires des stups. « J’ai agi sous les ordres de l’OCRTIS », assène « José le Portugais ». « A moi, on m’a demandé d’être la personne qui serait à l’origine du pseudo-passage au fret d’Orly », précise son comparse, « Lionel ». Lorsqu’il est entendu par le juge en mai 2015, le commissaire conteste avoir agi dans l’ombre.

« On obtient des informations, déclare-t-il au magistrat, et les choses sont faites en transparence avec le parquet de Créteil, qui donne des instructions. On ne prend pas de décisions seuls dans notre coin sur ce genre de choses. » Pas suffisant pour rétablir la confiance…

Pour l’interpellation et la garde à vue de « Lionel », le juge a préféré désigner la section de recherches de la gendarmerie de Paris. Dans cette affaire, la hiérarchie de la police judiciaire, elle, joue la montre. « Mireille Ballestrazzi [la directrice centrale de la PJ] est venue nous voir plusieurs fois pour nous dire qu’il était urgent d’attendre sous prétexte qu »on ne sait pas quels éléments a la justice dans le dossier d’Orly' », regrette un fonctionnaire.

Un contentieux de plus en plus lourd

Entre la Jirs de Paris et l’Office des stups, le contentieux s’est encore alourdi le 17 octobre 2015. Ce jour-là, la Douane met la main sur 7 tonnes de cannabis stockées dans trois camionnettes garées dans le XVIe arrondissement de Paris. Au fil des mois, cette affaire dévoile les liens très étroits entretenus par François Thierry, l’ancien patron des Stups, avec l’un de ses indicateurs, gros importateur de cannabis marocain.

« Cette opération était une livraison surveillée [un transport de stupéfiants sous l’œil de la police, avec l’accord de la justice, pour identifier les trafiquants], affirme un policier de l’OCRTIS. Le parquet était parfaitement au courant. Des preuves de ces échanges existent. » Bémol apporté par un magistrat de la Jirs: « Tout dépend du niveau d’information qu’on nous donne… »

Les fonctionnaires des Stups 

Les fonctionnaires des Stups dénoncent cette « précarité », cette « insécurité juridique totale ». « Un magistrat dit OK, puis un autre remet en cause la méthode », regrette l’un d’eux. Pour résoudre ce casse-tête, un de ses collègues suggère « la tenue d’une table ronde avec la Direction centrale de la police judiciaire, le ministère de la Justice et la juridiction spécialisée de Paris ».

Message reçu 5 sur 5 au sommet de l’Etat, où cette guerre intestine entre policiers et magistrats inquiète. Ainsi, le garde des Sceaux a récemment mis en place un groupe de travail chargé de plancher sur les deux sujets qui fâchent: les fameuses livraisons surveillées et le rôle des indicateurs.

Les stups boudent la juridiction de Paris

En attendant, les fonctionnaires de l’Office des stups boudent la juridiction spécialisée de Paris.

« Tant que les magistrats qui nous sont hostiles resteront en poste, nous nous interdirons de commencer la moindre affaire qui pourrait leur être confiée, affirme l’un.

En revanche, nous travaillons mieux avec les Jirs de province. »

Certes, l’OCRTIS a réalisé récemment deux belles opérations, main dans la main avec les magistrats de Bordeaux, en saisissant 1,7 tonne de cocaïne en juin dernier sur une plage de Mimizan (Landes), puis plus d’une tonne du même produit et 350000 euros en cash à Lacanau voilà trois semaines. Dans les six autres Jirs, pourtant, beaucoup renâclent à travailler avec les spécialistes parisiens des Stups.

« S’ils s’imaginent que nous, magistrats provinciaux, sommes prêts à rentrer dans leurs magouilles, ils se trompent!, s’étrangle un procureur. Dans ma juridiction, nous avons eu des soucis similaires à ceux de Paris; alors, plus question de saisir l’Office. »

A Nanterre, l’ambiance est morose. « Beaucoup de collègues ont envie de changer de service, constate un fonctionnaire. Il y a eu des départs, il y en aura d’autres, et nous avons de plus en plus de mal à recruter. » Pendant que les spécialistes parisiens des Stups travaillent, de leur propre aveu, « avec le frein à main », les trafiquants, eux, peuvent se frotter les mains.

Entre 2015 et 2016, les saisies de cannabis ont reculé de presque 7 tonnes, passant de 77,6 à 70,9 tonnes, et celles de cocaïne ont chuté de 10,9 à 8,5 tonnes…

Deux poids, deux mesures?

Mieux vaut être policier que douanier.

Au printemps dernier, le corps d’élite des gabelous, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), a été décapitée par le DG Rodolphe Gintz sans autre forme de procès. (Jean Paul Garcia, le Boss de l’ « Agence », a jeté l’éponge à la demande du DG de la Douane.)

Motif: elle aurait fermé les yeux sur les trafics de l’un de ses indics en l’échange de tuyaux en or massif.

Entre les mutations forcées et les placards pas tous dorés, de nombreuses têtes sont tombées.

Rien de tout cela à l’Office des stups, soupçonné lui aussi d’avoir franchi la ligne jaune avec certains informateurs. Seul François Thierry a dû quitter son poste. L’ancien numéro 1 de la lutte antistups a d’abord été exfiltré à la SDAT, la sous-direction antiterroriste. Mis en examen en août pour « complicité de trafic de stupéfiants » et privé par la justice, deux mois plus tard, de son habilitation d’officier de police judiciaire, il a été affecté à la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité.

source: L’Express

Revoir:

http://dai.ly/x63jndt

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En 1881, l’État se fit fabricant de drogue à Saïgon, alors en Indochine française, comme il était fabricant de tabac en métropole.

Par Gérard-Michel Thermeau.

Tout avait bien commencé pourtant. La loi du 19 juillet 1845 assimilait l’opium à un poison, le rangeant, au même titre que la morphine, dans la liste des substances vénéneuses et renforçant son contrôle à la vente. À l’occasion de l’Exposition universelle de 1851, les Français dénonçaient vertueusement les méthodes britanniques en Inde : l’administration fiscale britannique avait créé des bureaux de débit de liqueurs et d’opium pour favoriser les recettes de la taxe dite akbarie. Seuls des Anglo-saxons pouvaient ainsi faire fi de la santé publique pour remplir les caisses de l’État.

Dix ans plus tard, toutes ces belles intentions et ces nobles indignations avaient été oubliées. La Cochinchine était devenue une possession française : la conquête de l’Indochine commençait. Avec l’arrivée d’immigrants chinois, la consommation d’opium allait se développer. L’administration coloniale française vit tout de suite les profits qu’elle pouvait en retirer : l’opium fut taxé comme l’était l’alcool. L’impôt fut d’abord affermé à des Chinois mais la redevance annuelle rapportait peu en regard de l’accroissement continuel de la vente.

Une manufacture d’État pour fabriquer la drogue

Aussi, en 1881, le système de la ferme fut abandonné au profit de la régie. L’État se fit fabricant de drogue comme il était fabricant de tabac en métropole. Une superbe manufacture d’opium, une manufacture d’État, fut construite au centre même de Saïgon, rue Paul-Blanchy, occupant plus d’un hectare. Elle employait 25 Européens et 200 Asiatiques.

Dans les premières décennies, l’opium fumé en Indochine provenait en presque totalité de l’Inde britannique, suite à l’arrêt des exportations du Yunnan.

L’Administration des Douanes et Régies vendait les boîtes d’opium, par l’intermédiaire des Receveurs, soit directement aux consommateurs soit par l’intermédiaire de débitants qui tenaient des maisons spéciales, appelées fumeries.

L’opium était livré aux fumeurs dans des boites en laiton de 5, 10, 20, 40 et 100 grammes. On employait une telle quantité de feuilles de laiton parce qu’il y avait une forte concurrence en France pour en obtenir la fourniture auprès des adjudicataires.

Ces boites portaient l’estampille de la Régie et des marques de lot qui permettaient de se référer au procès verbal en cas de présomption de fraude.

En effet, l’État voulait bien trafiquer mais ne supportait pas la concurrence.

Les prix de vente étaient fixés par arrêté par souci du service public : il s’agissait de s’adapter aux moyens de chacun pour que même les plus modestes puissent accéder sans problème au poison.

Une circulaire de l’administration des Finances aux résidents d’Indochine précisait cette belle et noble volonté d’assurer la « continuité territoriale » et un égal accès de tous aux ressources : « je me permets de vous adresser une liste des débits qu’il y aurait lieu d’installer, dans les divers villages mentionnés, dont la plupart sont totalement privés de dépôt d’opium et d’alcool. Par l’intermédiaire des gouverneurs cambodgiens et des mesrocs1, votre influence prépondérante pourrait heureusement faire valoir à certains petits marchands indigènes les avantages qu’ils auront à se livrer à un négoce supplémentaire, les licences d’opium et d’alcool étant gratuites. (…) Ce n’est que par une entente complète et constante entre votre administration et la nôtre que nous obtiendrons les meilleurs résultats pour le plus grand bien des intérêts du Trésor. »

En 1905, on avait évalué les recettes du monopole à 8,1 millions pour un budget de 32 millions : c’était donc environ le quart des recettes du budget général de l’Indochine qui était demandé à l’opium.

Ce chiffre devait même parfois dépasser ce seuil : 37 % des recettes publiques en 1914 venaient de la vente de l’opium ! On le voit, la colonisation contribuait ainsi largement à civiliser les « indigènes ».

Le meilleur opium du monde… enfin presque

À l’Exposition coloniale de Marseille, une maquette de la manufacture d’opium était présentée et la qualité de l’opium national, par opposition aux médiocres opiums étrangers, largement soulignée ! Selon un élu du peuple, Henri Cosnier, député de l’Indre, un radical-socialiste spécialiste des questions agricoles et sans doute tout pénétré des « valeurs républicaines » : « l’opium qui sort de cet établissement modèle, était non seulement le meilleur du monde entier, mais aussi, chose à considérer, le moins dangereux. »2

On le voit, le brave élu n’était pas loin de considérer l’opium comme un fortifiant d’intérêt public.

Bien sûr, face au monopole étatique, les perfides Chinois n’hésitaient pas à pratiquer la contrebande, vendant sous le manteau des produits nécessairement de moins bonne qualité. En effet l’administration, toujours soucieuse de son rôle de service public, s’efforçait au maximum de satisfaire les usagers.

Les Annales coloniales (18 août 1928) annonçaient ainsi : « L’administration des Douanes va très prochainement mettre en vente et à titre d’essai un opium composé de Bénarès auquel on aura incorporé de l’excellent opium local dans une proportion de 10 %. (…) Des fumeurs tant Européens qu’Asiatiques qui en ont goûté, n’ont pas caché qu’il leur donnait entière satisfaction ; certains ont même assuré qu’ils le préféraient au Bénarès pur. Dans ces conditions, il est apparu que l’essai devrait être poursuivi et qu’il devenait nécessaire de demander son appréciation à la masse des consommateurs. »

Malheureusement, la qualité tant vantée n’était pas toujours au rendez-vous : en 1932 on signalait l’importance de la contrebande dans la province du Nghê-An, la Direction des Douanes persistant à imposer un opium absolument infumable. « Or ce que la Régie fait là – une falsification pure et simple – mènerait un simple particulier en correctionnelle. » 3

Mais ce qui est interdit au particulier, comme chacun sait, ne l’est pas nécessairement à l’administration.

En 1933 devait éclater le scandale de « l’opium à la bouse de vache » : l’administration avait acheté en 1927 au Laos, en guise d’opium, et pour 20 millions de francs, une grande quantité de bouses de vaches, courge, brique pilée, latex de laine à caoutchouc. Un gaspillage de plusieurs millions d’argent public : le tout inutilisable devait être jeté à la mer. L’administration, selon sa bonne vieille habitude, avait tout fait pour étouffer le scandale.

Cette production d’opium devait continuer jusqu’en 1946. Ensuite, disons-le, les choses sont devenues beaucoup plus compliquées pour les Français.

Mais c’est une autre histoire…

maires des villages cambodgiens ↩
Les Annales coloniales, 8 février 1913 ↩
L’Éveil de l’Indochine, 17 avril 1932 ↩

Source

FRANCE: quand la République faisait du trafic de drogue

Georges MOREAS, Commissaire principal honoraire de la police nationale

Les tribulations des agents en charge de la lutte contre les narcotrafiquants ne cessent de nous étonner. Vu de l’extérieur, on a l’impression qu’ils se livrent à une course au trésor dans laquelle les coups de Jarnac sont comme des pratiques rituelles. Mais il semble bien que la récente mise en examen de l’ancien patron de l’office des stups, François Thierry, va apporter un coup de projecteur sur les méthodes utilisées, tant par les enquêteurs que par la justice, et peut-être même un coup d’arrêt. Sans remonter à la création de l’OCRTIS (office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants), le plus ancien office après celui de la fausse monnaie (OCRFM), les turpitudes actuelles qui font l’actualité démarrent bien loin de chez nous, en Républicaine dominicaine, lors de cette fameuse nuit du 19 au 20 mars 2013, au moment où un avion privé appartenant à la SA Alain Afflelou, le Falcon F-GXMC, est stoppé in extremis sur le tarmac de l’aéroport de Punta Cana. Dans le même temps, en France, gendarmes et douaniers du Var peaufinent un plan d’intervention. Des mois de surveillance pour ce moment tant attendu : l’arrestation en flag d’une équipe de la « french cocaïne ». Dans quelques heures, lorsque le Falcon va atterrir sur la piste de l’Aéroport international du Golfe de Saint-Tropez, tout sera plié. « Aéroport international »… un titre bien ronflant pour un terrain intimiste qui a accueilli moins de 8 000 passagers en 2016. Les enquêteurs ont flairé le gros coup, mais pour éviter de se voir dessaisir au profit de l’OCRTIS, ils ont préféré minimiser l’affaire, en symbiose avec le TGI de Draguignan. Et là, ils sont sur des charbons ardents, prêts à cueillir le fruit de leur labeur. Ils ne savent pas encore que de l’autre côté de l’Atlantique, les policiers dominicains, assistés d’un détachement local d’agents de la DEA (Drug enforcement administration), ont investi l’appareil. Comment la DEA a-t-elle été informée ? Un esprit tordu pourrait imaginer une fuite venant de France… En tout cas, le tuyau est bon : 26 valises bourrées de cocaïne. Plusieurs dizaines d’employés des services de l’aérogare sont interpellés, ainsi que les deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odos, et leurs deux passagers. Une affaire qui tombe à pic pour les autorités du pays dont l’objectif est d’éliminer la corruption dans les services de l’État. Personne ne sait comment l’affaire a été éventée, ou personne n’ose le dire à haute voix, mais le juge de Draguignan et les gendarmes du Var sont priés de transmettre leurs éléments, pour le premier à la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (JIRS) et pour les seconds à l’OCRTIS. Il faut bien reconnaître que nous, simples spectateurs, en apprenant cette histoire, nous sommes restés sur notre faim, même si les moyens financiers énormes et paramilitaires utilisés plus tard pour exfiltrer les deux pilotes français nous ont laissés sur le cul. Mais qui a organisé tout ça ? On saura peut-être bientôt qui se cachait derrière cette organisation criminelle, puisque le procès doit prochainement démarrer devant les assises de Marseille… D’autant que l’un des accusés, Frank Colin, un bodyguard du showbiz, soutient qu’il avait été infiltré dans le réseau par les enquêteurs des douanes. Cela n’a évidemment rien à voir, mais en 2015, ce sont justement les douanes françaises qui obtiennent un tuyau béton. On ne sait trop comment, un « aviseur » sans doute ! Dans des camionnettes en stationnement dans les beaux quartiers de la capitale, ils découvrent 7 tonnes de résine de cannabis. Une super prise qui leur vaut les félicitations de François Hollande. L’office des stups est saisi de l’enquête, sans moufeté, jusqu’au moment où un cadre de renseignement des enquêtes douanières confie au procureur François Molins le rôle majeur joué dans cette affaire par un certain Sofiane H, enregistré au bureau des sources comme un informateur de l’OCRTIS. Un beau et riche mec que ce Sofiane, qui depuis des années est l’indic du commissaire François Thierry. Cela date du temps où celui-ci était le chef du service interministériel d’assistance technique (SIAT), qui justement gère le bureau des sources. Sofiane aurait été infiltré dans le réseau. L’Office est dessaisi et l’enquête est confiée entre autres à la section de recherches de la gendarmerie de Paris. Comment expliquer qu’un tel stock de stups circule dans la capitale sous l’œil bienveillant des policiers spécialisés dans la répression du trafic ? Pas évident ! Sept tonnes quand même ! Pour sa défense, après avoir tenté de noyer le poisson, François Thierry déclare qu’il s’agissait d’une « livraison surveillée » et que ce plan avait été mis en place avec l’accord du parquet de Paris – et je suppose de sa hiérarchie. Mais sa défense n’a pas convaincu les juges de sa bonne foi. Après une audition-fleuve, ils ont décidé de le mettre en examen pour complicité de trafic de stupéfiants en bande organisée. Une mise en examen sans contrôle judiciaire et sans interdiction d’exercer pour des infractions qui relèvent de la cour d’assises, cela montre l’hésitation d’une justice qui elle aussi s’emmêle les pinceaux dans la chasse aux narcotrafiquants. Il faut dire qu’en matière de stups, à force de ruses, de menteries et de manipulations, en vérité, personne n’y comprend plus rien. Ni les enquêteurs, ni les magistrats, ni même les truands. Mais ceux-ci s’en fichent, tant qu’ils s’en mettent plein les poches. Comme l’a dit à peu de chose près un douanier après la mise en examen récente de deux hauts responsables des enquêtes douanières (DNRED) à la suite de la saisie invraisemblable de 43 tonnes, non pas de drogue mais de café frelaté dans le port du Havre (tandis que 77 tonnes de marchandise non identifiée passaient à travers les mailles du filet), et la découverte de 700 000 € en espèces, la tendance est forte de s’inventer des affaires et des indics pour gonfler les résultats et éventuellement empocher les primes qui vont avec (voir l’article du Monde). Ils ne sont pas les seuls intéressés. Ainsi, l’AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués), reverse le produit des avoirs confisqués aux trafiquants de drogue à la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Et la Mildeca répartit ces fonds (en moyenne 12 millions par an) entre la gendarmerie, la police, la justice, et pour une faible partie, pour assurer ses propres missions. Le trafic de drogue représenterait 1% du PIB mondial. Pour l’Union européenne, les coûts cachés ou apparents de ce trafic oscilleraient entre 30 et 40 milliards d’euros par an. La France, à elle seule, y consacrerait un budget (non comptabilisé) de plusieurs milliards. Du fric partout qui tourne dans un petit monde de bons et de méchants. Comme une multinationale avec ses règles propres qui tourne bien, et qui tourne en rond. La prohibition des produits stupéfiants s’appuie à la fois sur un critère moral (c’est mal !) et sur un critère plus concret, la protection de la santé publique (c’est pas bon !). C’est sur ces fondements, l’un subjectif, l’autre justificatif, que s’est peu à peu constitué un système dérogatoire au droit commun pour réprimer le trafic de stupéfiants. Ainsi, l’encadrement juridique de la livraison surveillée, infraction qui semble à la base des faits reprochés à François Thierry, remonte à 1991.

Cette année-là, en février, des douaniers se retrouvent derrière les barreaux pour avoir « accompagné » une cargaison de produits stupéfiants, selon une technique qu’ils pratiquent de longue date. C’est un coup d’assommoir !

(DNRED: quand la Douane française transportait le cannabis qu’elle avait acheté au Maroc: https://ns55dnred.wordpress.com/2016/07/21/dnred-quand-la-douane-francaise-transportait-le-cannabis-quelle-avait-achete-au-maroc/)

Le 19 décembre de la même année, pour couper court aux poursuites, les parlementaires adoptent une loi qui amnistie tous les faits identiques commis par des agents de l’État et qui, surtout, modifie le code de la santé publique et le code des douanes, en régularisant la livraison surveillée. Le texte prévoit qu’une simple information au procureur suffit lorsqu’il s’agit de surveiller l’acheminement de produits stupéfiants, mais qu’il est nécessaire de recueillir son accord ou celui d’un juge d’instruction, lorsque les enquêteurs doivent aller plus loin, comme en acquérir ou en livrer, ou lorsqu’ils sont amenés à fournir des moyens aux trafiquants pour assurer leur négoce. Cette loi de 1991 rejoint d’ailleurs les accords de Schengen du 14 juin 1985 et la convention des Nations Unies du 19 décembre 1988 qui invitent les États à permettre le recours aux livraisons surveillées. Depuis, il y a eu la loi de 2004, voulue par le ministre de l’Intérieur de l’époque, dit ministre du chiffre, qui a sacrifié pas mal de nos principes à l’efficacité. Une efficacité toute relative puisque des moyens d’enquête jusque-là prohibés sont devenus monnaie courante, le plus souvent en utilisant le prétexte de la lutte antiterroriste. Au point qu’aujourd’hui, à lire les différents articles du code de procédure pénale consacrés au sujet, on a l’impression que la chasse aux narcotrafiquants donne tous les droits : surveillances techniques tous azimuts, acquisition de produits stupéfiants, fourniture de moyens aux trafiquants, infiltration du réseau par un OPJ ou un APJ spécialement habilité, lequel bénéficiera alors de l’impunité pour les délits qu’il pourrait être amené à commettre pour assurer sa mission (art. 706-82), etc. Autant de libertés dans les moyens à utiliser, autant de pouvoirs d’investigation, autant de dérogations au droit du commun des citoyens, ne peuvent se faire sans un contrôle sérieux. Et dans la mesure où il s’agit d’actes de police judiciaire, et non de police administrative, tout cela doit se faire sous l’œil attentif du magistrat de l’ordre judiciaire, garant des libertés publiques. Or, au vu des affaires qui s’accumulent, il est permis de penser que certains procureurs ont détourné le regard. Pourtant, l’utilisation de ces moyens est placée sous leur responsabilité. Leur utilisation n’est pas destinée à un maillage de la population pour détecter des suspects, comme cela peut-être le cas en matière de lutte antiterroriste, mais pour effectuer des enquêtes judiciaires destinées à identifier des personnes ou des entreprises qui se livrent au trafic de stupéfiants et à en apporter les preuves à la justice.

L’article 706-32 est clair : ces moyens juridiques dérogatoires sont réservés « aux seuls fin de constater les infractions d’acquisition, d’offre ou de cession de produits stupéfiants » pour en identifier les auteurs et complices et effectuer les saisies.

Et même si nombre de policiers expriment leur ras-le-bol devant la paperasse qui s’accumule sur leur bureau, dans une enquête judiciaire, chaque acte nécessite la rédaction d’un procès-verbal. Si l’on dénie la procédure pénale, alors, il faut agir en dehors des magistrats et en assumer les risques. Je ne connais pas le fond de l’affaire, mais je crois que si le commissaire Thierry était venu devant ses juges avec un épais dossier contenant la procédure de l’enquête préliminaire établie par ses hommes, il n’y aurait pas eu d’affaire. Et pas de billet sur ce blog.

SOURCE

http://moreas.blog.lemonde.fr/2017/08/28/police-douane-gendarmerie-la-drogue-les-rend-fous/


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